Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.

Publicité

Réflexions de Gérard Beillard (CIVIQ, St-Berthevin) sur la Sécurité sociale


Des propositions concrètes pour sauver la sécu

 

Dans le cadre de notre groupe CIVIQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne) de St-Berthevin, nous avons décidé de travailler sur des thèmes concrets nous concernant en tant que citoyens, dans la vie quotidienne.

 

Gérard Beillard a été affecté par des problèmes de santé, à l’origine d’un long arrêt de travail. C’est ce qui l’a amené à consulter diverses sources d’information, à commencer par ce blog (catégorie « santé et sécurité sociale »), concernant le thème de la sécurité sociale, puis à retenir plusieurs propositions de mesures pour une solution durable au problème de l’assurance maladie et de son financement.

 

Le texte, ci-après, est important parce qu’il est rédigé par un ouvrier peu habitué à ce genre d’exercice. Je n’y ai apporté que quelques modifications de forme. Cela correspond bien à la démarche citoyenne et participative de CIVIQ (voir, sur ce blog, les articles parus, catégorie « CIVIQ » et « Rencontres CIVIQ »).

 

La suite, ce serait qu’il permette une discussion dans les groupes CIVIQ (ne pas hésiter à en créer). A bon entendeur, salut !...

 

Voici ce qu’a écrit Gérard Beillard

 

         « Par l’intermédiaire de la presse écrite et d’Internet*, j’ai pu me faire ma propre idée sur la sécu. Doucement mais sûrement, on veut supprimer le système de la protection sociale, tel que le législateur l’avait conçu au lendemain de la Libération (voir ATTAC 53, l’histoire de la sécurité sociale).

Aujourd’hui, on prône les franchises médicales, demain peut-être le déconventionnement des médecins, soit disant pour sauver la Sécu. Arrêtons de faire prendre des « vessies pour des lanternes » à nos concitoyens. Trop, c’est trop ! Depuis 1960, quand furent créées les « conventions médicales », d’autres mesures se sont ajoutées, notamment la dernière, la franchise médicale. On se demande à quoi cela a servi, étant donné que le trou s’est agrandi, soit disant.

A qui profite cette mascarade, sinon aux producteurs de soins, labos, entreprises pharmaceutiques, certains médecins libéraux peu scrupuleux… ?

J’entends dire de ci de là qu’il n’est pas normal que certaine branche dans le secteur public, ou même privé, reste sur des idées corporatistes, mais que font ceux qui sont dans le secteur médical pour être corporatistes ? Si la santé, et son pendant (la sécurité sociale), fonctionnaient dans le cadre d’un marché, les assurances privées et mutuelles prendraient le relais et seraient censées être plus efficaces que la tutelle de l’Etat organisant jusqu’alors la gestion du capital sanitaire de la nation.

           Quel serait le coût pour chaque citoyen ? A court terme, il ne pourrait plus suivre. On irait tout droit vers une médecine à deux vitesses, voire trois. C’est cela que l’on propose en ce début du 21ème siècle. Quel progrès !

 

La protection sociale est une assurance collective qui s’oppose radicalement à l’assistance et à la charité. Cette dernière a pour objet de soulager la misère et non de la combattre. L’assistance se développe lorsque la protection sociale recule.

La sécurité sociale a été construite sur le principe de la solidarité : chacun cotise en fonction de ses revenus et est soigné en fonction de son état de sa santé. Ne laissons pas ceux qui veulent inscrire définitivement la société dans le mouvement de la financiarisation générale du monde détruire la protection sociale.

           Sans critiquer les amis américains, nous allons vers leur système où les petites classes moyennes n’auront plus accès à la totalité de la couverture obligatoire sans parler d’une complémentaire.

 

Les propositions qui pourraient être suggérées sont les suivantes :

                 

- améliorer la prévention des malades, transformer les conditions de travail, de l’environnement et de l’alimentation.

- soumettre les stocks options des entreprises aux prélèvements pour la Sécu.

- revoir de manière juste le paquet fiscal, qui est trop en faveur des plus aisés.

- réintégrer les spécialistes médicaux peu scrupuleux du secteur 2 des honoraires libres dans le système conventionnel avec les avantages et les contraintes. L’assuré social devra, comme c’était le cas auparavant et c’est toujours le cas dans tous les pays développés, être remboursé des sommes réellement payées.

- faire face à l’évolution de la démographie médicale (répartition inégalitaire sur le territoire). L’Etat et les collectivités devraient, dans les zones rurales, prendre des mesures pour remédier à la pénurie médicale : présence des écoles, bureaux de postes, petits commerces… N’oublions pas que la formation des jeunes médecins est assurée en partie par l’impôt, la ressource collective. Celle-ci pourrait leur demander, en contre partie, de commencer leur carrière dans les zones moins favorisées.

- limiter le marketing de l’industrie pharmaceutique (il est de plus en plus pesant).

- clarifier les responsabilités :

Actuellement, la Sécu paie les hospitalisations, l’Etat les gère ; la Sécu contrôle la prescription des médicaments, l’Etat fixe leurs prix et leurs taux de remboursement ; les recettes relèvent de l’Etat (cotisations sociales + CSG), les dépenses de la Sécu.

Or gérer, c’est avoir à la fois la responsabilité des dépenses, des recettes et de la politique choisie. Ce discours ne plaît pas toujours mais il faut choisir : ou bien les choix sur l’utilisation de l’argent public se feront selon des critères d’utilité et d’efficacité médicales et on pourra sauvegarder une assurance maladie solidaire, sinon, ce sera fait par le marché, chacun pour soi, selon ses moyens, bonjour l’égalité !

Il est curieux que les hommes politiques de droite comme de gauche hésitent à en parler et laissent justifier la régularisation médicale par l’offre et la demande, sans contrainte.

- mettre une taxe fiscale sur les marchandises produites par des salariés sous payés.

- revenir au médecin référent, comme c’était précédemment, il avait un certain nombre d’obligations, la formation permanente par exemple. Les médecins traitants n’en ont aucune.

Je l’ai constaté moi même pour mon épaule (soi disant une tendinite). Le kiné pourtant, dès la première séance, avait diagnostiqué une rupture de la coiffe des rotateurs. J’ai passé un an avant d’être opéré. Je veux bien croire que l’on peut se tromper dans un diagnostic mais pas si longtemps. D’ailleurs lorsque j’ai rencontré un spécialiste, il a fait tout de suite le bon diagnostic. Sans la solidarité par le biais de la Sécu, je serais mal.

C’est pour cela qu’il faut rester vigilant sur notre système de santé à la française.

Stop aux attaques tous azimuts sur la Sécu ! »

 

* Auteurs d’articles et de blogs consultés : Raymond MARI , Serge MAUPOUET , Bernard TEPER, Gaby BONNARD, Elie ARIE , Liêm Hoang NGOC, André GRIMALDI , Ladislas POLSKI, Xavier DUMOULIN, Christine TASIN, Patrick TRANNOY, Marinette BACHE, ATTAC…

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
S
J'entends par révolution la reconquête du pouvoir par le peuple en utilisant des moyens démocratiques. La méthode Sarkozy, qui consiste à vouloir tout changer en même temps, va très vite poser des problèmes à sa majorité, d'autant plus que les résultats économiques de sa politique (croissance, pouvoir d'achat, chômage, précarité) ne vont pas être bons. Ce sont les difficultés de la vie qui pousseront les Français à remettre en cause la politique libérale. Ensuite, des évènements peuvent s'enchaîner...
Répondre
C
Tu as raison, Michel, mais la société de consommation dissuade de faire la révolution, trop de gens ont peur de perdre leur écran plat ....Ils ne sont pas encore assez exploités ???
Répondre
S
Merci, Christine, de cette remarque très pertinente. Quelle contradiction entre les moyens technologiques utilisés et la façon dont sont traités les hommes et femmes au travail d'une part et l'accaparement des richesses par une minorité de plus en plus restreinte d'autre part ! Il y a trente ans, on parlait de changer la vie. Le résultat est pitoyable. Tu évoques le retour au Moyen-Age. La finance a pris la place du roi de droit divin. On n'en sortira pas sans une révolution.
Répondre
C
Excellents conseils. J'y ajouterais que nombre de Français iraient mieux si le stres génégé par les pressions du monde du travail s'estompaient .. est-il normal, dans une société technologique riche que les hommes soient transformés en esclaves qui travaillent non pas pour leur subsistance mais pour créer les richesses d'une élite ? Retour au Moyen-Age !
Répondre