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Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.

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Note de Patrick QUINQUETON sur la revalorisation du travail

 

REVALORISER LE TRAVAIL … OUI, MAIS COMMENT ? 

 

Sur le thème « Retrouver la croissance et l’emploi », Patrick Quinqueton était intervenu le 9 septembre à l'université d'été du MRC aux Ulis (voir sur ce blog, l’article paru le 23 septembre) en développant cinq points :

 D’abord, la politique de l’euro,

 Puis, les grands projets d’intérêt communautaire,

 La question du commerce international et des clauses sociale et environnementale,

 La valeur du travail,

 Les politiques d’immigration et de coopération.

 L’année précédente, il avait rédigé une note interne, dans laquelle il indiquait la ligne directrice des réflexions du MRC en ce qui concerne la revalorisation du travail.

 Quand la gauche est accusée par le président de l’UMP de « mépriser le travail » (selon le titre du journal Le Monde, daté du 24 juin 2006), quand des citoyens, en Mayenne, justifient leur engagement à l’UMP en qualifiant celui-ci de « mouvement qui véhicule la valeur du travail » (selon le Courrier de la Mayenne du 5 octobre), nous devons expliquer précisément ce que nous entendons par « revaloriser le travail ». C’est pourquoi il me semble utile de faire connaître cette note de Patrick Quinqueton (voir, ci-après).

 

Note de Patrick QUINQUETON  – Université permanente du MRC                

 REVALORISER LE TRAVAIL 

 Revaloriser le travail, c’est l’axe fort autour duquel nous développons nos prises de position.

 C’était l’une des dix propositions de Jean-Pierre Chevènement, dans son discours de Vincennes le 9 septembre 2001.

 Sur ce thème, nous pouvons aborder les points suivants :

 

 Ne pas détruire le droit du travail.

 Il ne faut pas se laisser abuser par la relative complexité du droit du travail, car elle est souvent accentuée par ceux qui lui font ce reproche. La multiplication des possibilités de contourner les règles de l’ordre public social a commencé avec l’application des lois Aubry (dérogations accordées pour aller plus vite dans la généralisation des 35 heures) et s’est accentué avec les lois libérales des gouvernements Juppé et Raffarin (possibilité de déroger aux règles dans tous les domaines et dans chaque entreprise).

 Il faut réaffirmer quelques règles simples, qui ne souffrent aucune dérogation. La productivité du travail ne se maintiendra à un haut niveau que si les salariés se sentent en sécurité, par des règles simples applicables à tous sans exception et des accords de branche ouvrant des droits complémentaires adaptés.

 

 L’opposition aux délocalisations.

 Notre opposition concerne la mise en concurrence des salariés entre eux pour faire baisser les charges sociales (il ne s’agit pas de nous opposer au développement économique dans d’autres régions du monde). Seules une politique industrielle déterminée, prenant appui sur la recherche et l’innovation, et une politique monétaire tournant le dos à l’euro fort, sont de nature à armer la France et l’Europe à moyen terme contre les délocalisations.

 

 La taxation des licenciements.

 Pour la première fois, elle est évoquée dans le rapport Camdessus (qu’il ne faut donc pas rejeter en bloc). Nous y sommes favorables, dans le contexte d’une politique économique d’expansion. C’est une façon de ne pas regarder le travail comme une simple marchandise et de regarder le travailleur en tant que citoyen qui a des droits, dont celui de la garantie de son emploi, ce qui est à soutenir.

 

    Solidarité contre charité.

 Le plan Borloo se situe dans le prolongement de toutes les politiques sociales depuis vingt ans, menées par la droite et par la gauche (RMI). Il s’agit de réduire le coût de la solidarité d’un côté et de développer la charité publique et privée de l’autre. Il faut refonder les politiques sociales sur le travail, sans pour autant que l’ensemble des charges se traduise par des cotisations. Mais le discours sur la lutte contre l’exclusion n’a de sens que si l’on revalorise le travail et les avantages qui y sont liés.

 

   Le niveau des salaires directs.

 La revalorisation du travail doit se traduire dans le niveau des salaires directs. La proposition du rapport Camdessus de limiter à la seule inflation la progression du SMIC doit être combattue. Il faut maintenir un écart suffisant entre SMIC et RMI afin d’éviter toute incitation à ne pas travailler, ce qui est facteur d’exclusion. La progression des salaires et, en particulier, des bas salaires, est possible par la poursuite d’une politique de réduction des charges et des crédits d’impôt, mais la solution, à terme, est le glissement de points de cotisations sociales vers la TVA pour la première partie du salaire.

 

   La question des 35 heures.

 La tendance à la réduction de la durée du travail est une donnée liée au développement de la productivité du travail. Pour autant, nous n’avons jamais été des doctrinaires des 35 heures, surtout telles qu’elles ont été conçues par Martine Aubry dans une perspective d’application par les grands groupes. Dans les petites entreprises, elles se sont traduites par une baisse des salaires et, dans la fonction publique, par une baisse du service rendu.

 Aujourd’hui, il ne s’agit pas de « défendre les 35 heures » mais de défendre les intérêts des salariés, dans le cadre d’une exigence de revalorisation du travail. Il faut s’opposer à l’action revancharde de la droite et soutenir les assouplissements qui sont négociés équitablement, c’est-à-dire avec une réelle contrepartie au niveau des salaires.

 

   L’accès à la citoyenneté.

 Le niveau du chômage ne doit pas nous amener à délaisser un objectif majeur : assurer, notamment par l’accès à l’emploi qualifié, un véritable accès à la citoyenneté des jeunes issus des quartiers sensibles. Des politiques volontaristes sont nécessaires, en prenant appui sur le talent des jeunes, et sans discrimination positive, qui serait jugée insultante, avec raison.

 Telles sont les orientations qui peuvent accompagner l’objectif de revalorisation du travail, conformément à la tradition de la république sociale, mais aussi de manière originale et en toute indépendance.     

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