Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Le chômage baisse mais les chômeurs sont plus nombreux ! Les chiffres officiels du chômage font état d’une baisse de 10% en un an des demandeurs d’emploi de catégorie 1, c’est-à-dire des personnes inscrites à l’Agence Nationale Pour l’Emploi et immédiatement disponibles, à la recherche d’un emploi à plein temps et à durée indéterminée. Le collectif « les autres chiffres du chômage » (ACDC*) ajoute les 2,3 millions de chômeurs classés dans les 7 autres catégories recensées par l’ANPE, qu’il qualifie de « chômeurs invisibles », ce qui portait à 4,4 millions le nombre total de chômeurs fin septembre 2006. * Le collectif "les autres chiffres du chômage" rassemble des associations (Réseau d'Alerte sur les Inégalités, AC ! MNCP, etc.) et syndicats (SNU-ANPE, Sud ANPE, CGT Insee). Le Nouvel Observateur, le 29 décembre (www.nouvelobs.com) apportait les précisions suivantes. « Parmi ces "chômeurs invisibles", le collectif distingue 220.000 chômeurs des départements d'Outre-Mer, 870.000 personnes demandeuses d'emploi temporaire ou à temps partiel, 412.000 "dispensés de recherche d'emploi", 452.000 ayant travaillé plus de 78 heures dans le mois mais cherchant un emploi et 321.000 "demandeurs d'emploi non immédiatement disponibles ». Pour en savoir plus, il fallait lire l’article que l’hebdomadaire publiait, le 29 décembre, sous la forme d’un entretien de Marie Desnos avec Jean-Pierre Guenanten, délégué national du Mouvement des chômeurs et précaires. "On arrive à 6 millions de chômeurs" NO - Le collectif d`association dont vous faites partie observe que la part de "chômeurs invisibles" a été multipliée par quatre sur le dernier quart de siècle et en conclut que "l`instrumentalisation politique de l`ANPE est plus forte que jamais". Pourquoi ? - Depuis vingt-cinq ans, les chiffres sont tronqués. En 1982, il y avait 10% de chômeurs invisibles, tandis que nous en sommes aujourd`hui à plus de 50%. Est-ce de la manipulation à proprement parler? En tout cas, c`est la direction nationale de l`ANPE qui met en place ces systèmes. NO - A quoi imputez-vous le fait que les chiffres officiels ne prennent pas en compte tous les chômeurs et se réfèrent à la seule et controversée catégorie 1 ? - Parce qu`ils considèrent, d`une part, les chômeurs "évidents", et d`autre part, les chômeurs "relatifs". NO - Les chiffres du chômage dans les autres pays résultent-ils des mêmes méthodes de calcul ? - Beaucoup de pays choisissent de catégoriser les chômeurs, mais ces catégories ne sont pas uniformes. Une harmonisation est en cours, mais dans le mauvais sens, car elle tend à se référer à ces critères, justement, qui faussent les chiffres. Je ne comprends pas qu`on prenne cette voie. Pour nous, les indicateurs sont mauvais.
Les systèmes informatiques sont imparfaits. Par exemple, un chômeur qui cherche un CDI mais à qui on propose un CDD va basculer automatiquement de la catégorie 1 vers la catégorie 2. Et les failles de ce type sont nombreuses.
Pour les politiques, il n`est pas du tout vendeur, ni électoraliste de dire frontalement qu`il y a plus de 6 millions de chômeurs. D`ailleurs, le gouvernement actuel n`est pas plus manipulateur que celui de Jospin par exemple; les "vrais chiffres" feraient l`effet d`une bombe atomique pour le gouvernement qui les dévoilerait.
Mais notre message, en tant qu`association, est "arrêtez de mentir aux Français"!
Notre but n`est pas de polémiquer mais de prendre le problème à bras le corps: connaître le nombre exact de chômeurs est nécessaire pour réagir en conséquence.
Par exemple, l`Insee ne prend généralement pas en compte, et ce pour toute sorte de sondages, les départements d`outre-mer. Pourtant, ils sont Français et devraient avoir la place subséquente dans les statistiques.
Les "dispensés de recherche d`emploi", englobant les plus de 55 ans, ne sont pas non plus comptés dans les chiffres officiels du chômage, ce qui est aberrant, car une personne de 55 ans peut très bien rechercher un emploi à temps plein de la même manière qu`une autre, faisant partie de la catégorie 1.
Il en est de même pour les "demandeurs d`emploi non immédiatement disponibles". Pourquoi ne pas intégrer dans les statistiques une personne qui est en formation, par exemple, souvent justement dans le cadre de sa réinsertion professionnelle, ou même une personne malade?
Même interrogation pour la mère de famille, toujours à titre d`exemple, qui, pour être une demandeuse "d`emploi temporaire ou à temps partiel", n`est pas incluse non plus.
Tous ces gens sont des demandeurs d`emploi, qui devraient apparaître dans les bilans.
Alors pourquoi ne le fait-on pas? Il faudrait poser la question à l`ANPE.
Les chiffres officiels ne reflètent pas toujours la réalité: à ce titre, on nous dit également qu`il y a entre 150.000 et 300.000 emplois vacants. Or ces emplois appartiennent souvent au domaine de la restauration, ou du bâtiment, des métiers très difficiles et mal payés. Si nous mettions les moyens pour les revaloriser, les chiffres sur les emplois vacants baisseraient.
Il est temps de regarder les choses en face.
Il faut être statisticien ou économiste pour être capable de comparer les chiffres d`un pays à un autre. Il ne faut en tout cas pas se contenter du pourcentage de chômeurs, mais regarder plus loin. Regarder, en outre, ce qui est mis en œuvre, autour, pour y remédier. Sans cela la comparaison n`aurait aucun sens.
Une étude a été faite par "Eurostat" -office chargé de fournir des données statistiques au niveau communautaire– sur les dépenses "actives", c`est-à-dire la mobilisation des dépenses en faveur de l`emploi, pour mettre en oeuvre des actions de réinsertion sur le marché du travail plutôt qu’une simple indemnisation, dite "passive", des chômeurs.
La France s`y trouvait très mal placée: 13ème, derrière le Portugal.
La part de PIB dans l`accompagnement des chômeurs est deux fois et demi plus élevée au Portugal qu`en France.
C`est ce genre de démarche qu`il faut regarder si l`on veut se rendre compte de la place qu`a notre pays au niveau du chômage par rapport aux autres.
Le bilan mensuel du chômage pour le mois de décembre paraît ce soir. Qu`il monte ou qu`il descende par rapport au mois dernier ne signifiera rien pour nous.
Il y a deux mois on nous annonçait une baisse du nombre de chômeurs, or dans le détail, elle ne correspondait qu`à 600 chômeurs en moins: à une délocalisation près, le pourcentage ne diminuait pas.
60% des RMIstes ne sont pas inscrits à l`ANPE. De notre fenêtre, ce sont des demandeurs d`emploi, même s`ils ne sont pas toujours disponibles dans l`immédiat.
Il y a aussi tous les chômeurs découragés, comme ceux qui n`ont pas travaillé les six mois nécessaires à l`ouverture de droit à indemnisation, qui ne s`inscrivent par conséquent pas à l`ANPE car cela ne leur apporte rien.
Toutes ces personnes ne sont pas quantifiables, mais bout à bout, on arrive facilement aux 6 millions de chômeurs…