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Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.

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Jean Jaurès le précurseur socialiste et républicain, unificateur de la gauche

 

A Carmaux, Ségolène Royal revendique l’héritage de Jaurès

 Comme François Mitterrand avant elle, Ségolène Royal est allée dans le Tarn, à Carmaux, invoquer l’esprit du fondateur du socialisme républicain en France. Il faut lire les ouvrages qui relatent la vie de Jaurès. Cet homme était d’une puissance humaine, philosophique et politique inégalée ! Nous avons besoin de lui aujourd’hui pour nous remettre les idées au clair. Quand j’écris « nous », je pense à la gauche autour de Ségolène Royal dans cette campagne présidentielle de premier et de second tour (les deux étant liés, personne n’en doute) et ce qui suivra la victoire le 6 mai.

 Xavier Dumoulin a eu la bonne idée, très tôt ce matin, de mettre en ligne sur son blog sr07 deux articles complémentaires, le compte rendu de la visite de Ségolène Royal à Carmaux, repris du site www.lemonde.fr d’une part, et des extraits du discours de Jaurès à la jeunesse d’autre part.

 « N’ayez peur d’aucune formule et d’aucune idée neuve »

 « Ségolène Royal a invoqué, vendredi soir 6 avril, l'esprit de Jean Jaurès qui n'hésitait pas en son temps à "bousculer toutes les idées reçues" pour défendre son "contrat première chance". ''Ce devoir d'invention qui nous incombe pour relever la France, Jaurès aussi l'assuma en son temps. Sa pensée visionnaire et son œuvre fondatrice ont montré le chemin du socialisme du réel, celui que j'appelle aussi de mes vœux'', a-t-elle loué devant près de 2 000 personnes entassées salle ''François Mitterrand'' à Carmaux, dont Jaurès fut député à la fin du XIXe siècle.

 ''Le Jaurès le plus hardi, le plus iconoclaste est celui qui houspillait fraternellement ses camarades en leur disant : 'mais n'ayez peur d'aucune formule et d'aucune idée neuve'', a-t-elle clamé. Avant de commettre un lapsus en défendant son ''contrat première chance'', qu'elle a appelé par erreur…''contrat nouvelle chance'', une expression qui rappelle le ''contrat nouvelles embauches'' du gouvernement Villepin. 

''Quand je propose un contrat nouvelle chance (sic) et que j'entends dire que 'ce n'est pas possible' et 'oh la la, ça va être compliqué' et 'qu'est-ce qui va se passer', eh bien moi j'entends la leçon de Jaurès : n'ayons peur d'aucune idée, n'ayons pas peur d'essayer d'avancer'', a-t-elle répondu aux critiques émanant de l'extrême gauche. ''Répondons d'abord aux problèmes, au désespoir, donnons une chance''. ''Devant l'innovation, Jaurès n'a jamais reculé, et nous non plus nous ne devrons pas reculer'', a-t-elle encore ajouté.

 Plus classiquement, elle s'est posée en continuatrice du combat de Jaurès sur ''la défense de la valeur travail''. ''Lorsqu'il dénonçait un système de métal qui traite des millions d'hommes comme une matière première (…), finalement est-ce que nous ne disons pas la même chose aujourd'hui ? Moi je dis la même chose, parce que je n'accepte pas que les salariés soient traités comme une vulgaire variable d'ajustement, qu'ils soient exposés aux licenciements boursiers ou aux délocalisations brutales''.

''C'est important à gauche de savoir d'où l'on vient, parce que cela aide aussi à imaginer l'avenir''
, a conclu Ségolène Royal, quittant la salle un bouquet de roses rouges dans les bras.

 Lire dans Le Monde http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-893112@51-822961,0.html

 Le courage, selon Jaurès, dans son « discours à la jeunesse » (extraits)

 « Surtout, qu’on ne nous accuse point d’abaisser et d’énerver les courages. L’humanité est maudite, si pour faire preuve de courage elle est condamnée à tuer éternellement. Le courage, aujourd’hui, ce n’est pas de maintenir sur le monde la sombre nuée de la Guerre, nuée terrible, mais dormante, dont on peut toujours se flatter qu’elle éclatera sur d’autres. Le courage, ce n’est pas de laisser aux mains de la force la solution des conflits que la raison peut résoudre ; car le courage est l’exaltation de l’homme, et ceci en est l’abdication.

 Le courage pour vous tous, courage de toutes les heures, c’est de supporter sans fléchir les épreuves de tout ordre, physiques et morales, que prodigue la vie. Le courage, c’est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions et des forces ; c’est de garder dans les lassitudes inévitables l’habitude du travail et de l’action. Le courage dans le désordre infini de la vie qui nous sollicite de toutes parts, c’est de choisir un métier et de le bien faire, quel qu’il soit ; c’est de ne pas se rebuter du détail minutieux ou monotone ; c’est de devenir, autant que l’on peut, un technicien accompli ; c’est d’accepter et de comprendre cette loi de la spécialisation du travail qui est la condition de l’action utile, et cependant de ménager à son regard, à son esprit, quelques échappées vers le vaste monde et des perspectives plus étendues.

 Le courage, c’est d’être tout ensemble, et quel que soit le métier, un praticien et un philosophe. Le courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant à la vie générale.

Le courage, c’est de surveiller exactement sa machine à filer ou à tisser, pour qu’aucun fil ne se casse, et de préparer cependant un ordre social plus vaste et plus fraternel où la machine sera la servante commune des travailleurs libérés. Le courage, c’est d’accepter les conditions nouvelles que la vie fait à la science et à l’art, d’accueillir, d’explorer la complexité presque infinie des faits et des détails, et cependant d’éclairer cette réalité énorme et confuse par des idées générales, de l’organiser et de la soulever par la beauté sacrée des formes et des rythmes. Le courage, c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir mais de n’en pas être accablé et de continuer son chemin.

 Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense. 

Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. Ah ! Vraiment, comme notre conception de la vie est pauvre, comme notre science de vivre est courte, si nous croyons que, la guerre abolie, les occasions manqueront aux hommes d’exercer et d’éprouver leur courage, et qu’il faut prolonger les roulements de tambour qui dans les lycées du premier Empire faisaient sauter les cœurs ! Ils sonnaient alors un son héroïque ; dans notre vingtième siècle, ils sonneraient creux.

 Et vous, jeunes gens, vous voulez que votre vie soit vivante, sincère et pleine. C’est pourquoi je vous ai dit, comme à des hommes, quelques-unes des choses que je portais en moi ». 

Lire ces articles sur sr07 «  le blog citoyen, socialiste et républicain pour 2007 ».

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