Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Le choix entre néo-conservatisme et désir d’avenir Il est en forme, cela se voit. A Tournus, invité par Arnaud Montebourg, le président (d’honneur) du Mouvement Républicain et Citoyen a réaffirmé que la candidate du PS, du MRC et du PRG, représente la seule alternative réelle, la seule possibilité de changement, par rapport à la régression sociale que porte le candidat, bien peu républicain, de la droite. Il l’écrit aussi sur son blog www.chevenement.fr en notant, au passage, que la Bourse de Paris est maintenant sous le contrôle de celle de New-York, pour le plus grand bonheur de la finance mondialisée. La relance de l’Europe n’est pas au programme des marchés financiers… Voici d’abord, paru le 7 avril sur sr07 « le blog citoyen, socialiste et républicain pour 2007 » , le compte rendu de la soirée du 6 avril à Tournus, en Saône-et-Loire (71) avec Arnaud Montebourg Jean-Pierre Chevènement. « Le vote utile pour que ça change ! » « Affûté, Jean-Pierre Chevènement. Invité hier soir à Tournus par Arnaud Montebourg dans le cadre de la campagne de soutien à Ségolène Royal, le « miraculé de la République » s'est montré en forme, maniant l'ironie aux dépens de François Bayrou et de Nicolas Sarkozy au cours d'une conférence de presse, puis devant plusieurs centaines de personnes dans la salle du Madeleine Palace. François Bayrou ? « Son programme tient sur un timbre poste. Ca ne coûte pas cher parce qu'il n'y a rien dedans ! » L'ancien ministre a estimé que le président de l'UDF, rebaptisé le « candidat de la droite onctueuse », cumule deux faiblesses : « contrairement à ma candidature en 2002, qui reposait sur un programme peut-être trop acéré, il n'a pas de programme. Et il n'a pas de majorité. » Jean-Pierre Chevènement a cependant estimé que le « véritable adversaire » de la candidate socialiste est Nicolas Sarkozy. Il a raillé son absence des banlieues. « Comment se fait-il que quelqu'un qui était encore Ministre de l'Intérieur il y a à peine dix jours ne puisse pas aller à la Croix-Rousse et à Argenteuil, et qu'il ne se risque pas dans les cités ? Parce qu'il a peur du contact avec la jeunesse. » L'ex-locataire de la place Beauvau dans le gouvernement Jospin a fustigé le comportement « anti-républicain » de M. Sarkozy, évoquant les « excuses » trouvées aux marins-pêcheurs auteurs de violences. « Son discours de Lorient n'est pas républicain. La violence, quelle qu'elle soit, doit être sanctionnée. La loi doit être la même pour tous, c'est le BA-BA de la République que M. Sarkozy ignore. On se souvient qu'il était de mèche avec les indépendantistes corses, jusqu'au référendum qui lui a donné tort en juillet 2003. » Ironisant sur le ralliement de Bernard Tapie « un maître de la spéculation », au président de l'UMP, l'ancien ministre a estimé que « Ségolène Royal représente la seule voie alternative à ce que signifie Nicolas Sarkozy ». « Elle porte l'ordre juste, le souci de reconstruire la société française, de rénover la République et de retisser le lien social. Elle est la seule candidate du changement, il n'y a pas d'autre voie. Je ne viens pas ici prôner le vote utile, mais le vote utile pour que ça change. » Auparavant, Arnaud Montebourg, porte-parole de la candidate, avait rappelé l'amitié et la proximité d'idées qui le lient à Jean-Pierre Chevènement, qualifié de « rénovateur de l'extérieur ». « Lorsqu'il a quitté son ministère, j'étais un de ceux qui est allé à Belfort le soutenir. C'est un homme d'Etat, avec une capacité de vision et d'action hors du commun. » Le député de la Bresse a également fait référence à une interview de M. Le Pen dans « Le Monde », portant selon lui les germes d'une alliance de M. Sarkozy avec le Front National.
« Cet entretien au Monde est un élément décisif à offrir à la réflexion de nos concitoyens. La famille Le Pen voyage dans les fourgons de Sarkozy.»
Sur son blog www.chevenement.fr (et ci-après), Jean-Pierre Chevènement commente l’actualité : deux notes datées du 6 avril, concernant la campagne présidentielle, et une autre du 31 mars sur la Bourse.
« Les choix se resserrent »
« Une semaine de déplacements à travers la France - Grenoble, Ivry, Marseille, La Ciotat, Toulon, Châtenois les Forges, Tournus - permet de sentir le pouls du pays, les attentes des milieux populaires à l'égard de Ségolène, l'adhésion de plus en plus franche du monde enseignant, un moment troublé, les interrogations des ingénieurs, inquiets de voir contestée leur expertise, l'élan des femmes et des jeunes dans lesquels notre candidate trouve ses meilleurs soutiens. A chaque fois, il faut argumenter sur la politique énergétique, sur le redressement de l'Europe, sur le dépassement du clivage entre le oui et le non au projet de Constitution européenne.
Au fur et à mesure que monte l'étoile de Ségolène Royal, on sent que les choix se resserrent : Sarkozy s'identifie de plus en plus à un choix de régression sociale. Bayrou ne tente pas. Certains comparent sa situation à la mienne, en 2002. Il n'y a qu'une différence : j'avais un programme, et plutôt acéré ! Bayrou n'a pas de programme : c'est son avantage mais c'est aussi son handicap. Finalement, le sigle de Désirs d'avenirs a été bien choisi : la France a-t-elle encore un « désir d'avenir » ? Ou préfèrera-t-elle se tourner vers une variété de néo-conservatisme dont l'heure de gloire est passée, dans le monde anglo-saxon lui-même ? Le choix est simple ».
« Pas très républicain »
« N. Sarkozy tolère mieux la violence des marins-pêcheurs que celle des cités. Celle des indépendantistes corses est pour lui une des voies du dialogue qu'il recherchait en 2003. M. Sarkozy n'est pas très républicain. Il oublie que la loi doit être la même pour tous, qu'on habite en banlieue ou au centre ville, voire à la campagne, à la mer comme à la montagne, sur une île comme sur le continent. Une même règle pour tous, voilà la République impartiale qui est la définition de « l'ordre juste ». M. Sarkozy n'inspire pas confiance. Sa règle est à géométrie variable ».
« On vend même la corbeille ! »
« La politique de la France, disait fièrement le général de Gaulle, ne se fait pas à la corbeille ». Nous n'en sommes plus là depuis longtemps : sous les deux gouvernements qui se sont succédés depuis 2002, Péchiney (l'aluminium), Arcelor (la sidérurgie), Thomson (les téléviseurs), les Chantiers de l'Atlantique, c'est-à-dire tout ce qui reste de notre construction navale sont passés sous contrôle étranger. Triste bilan du « patriotisme économique » ! On se souvient à peine d'un sommet franco-allemand en 2006, où Mme Merkel et Jacques Chirac avaient souhaité le rapprochement d'Euronext et de la bourse de Francfort. Celui-ci ne s'est pas fait. Et ce sont les mêmes qui parlent aujourd'hui de « relancer l'Europe ». Quelle meilleure démonstration que le vrai pouvoir, depuis longtemps déjà, leur a filé entre les doigts ? Quasiment pas de protestation. Triomphe de la finance mondialisée dans le silence assourdissant d'une opinion anesthésiée ».
Mais aujourd'hui on fait mieux : c'est la corbeille elle-même, c'est-à-dire la Bourse de Paris, hier encore dominante dans Euronext, qui passe sous le contrôle de la Bourse de New-York (le New-York Stock Exchange). Cette offre publique d'achat se solde par un remarquable succès : 91 % des actionnaires ont apporté leurs titres à l'opération ! On en fait des gorges chaudes dans nos milieux financiers ! Ainsi, Wall Street a pris Paris. Jean-Paul Fitoussi parle ironiquement d'une simple délocalisation du NYSE à Paris, comme si Wall Street avait repris une vulgaire PME.
Aucune réflexion sur les conséquences de ce hold-up, en particulier la primauté, désormais assurée, des règles boursières américaines sur lesquelles nous n'aurons plus aucune prise. Aucun débat, même et surtout pas en pleine campagne présidentielle : le sujet n'est pas grand public ou plutôt la question de l'Europe financière n'a pas été posée.