Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Le président Lula pratique la diplomatie de l’éthanol
La lecture, ce matin, du site www.liberation.fr permet de bien se documenter sur les biocarburants, que cherche à promouvoir le Brésil afin de tirer parti de son avance technologique dans ce domaine. Le président Lula participait ce jour à la conférence organisée par la Commission européenne. Son pays s’est lancé depuis longtemps dans la production de l’éthanol à partir de la canne à sucre. Chantal Rayes donne des explications à ce qu’elle appelle « un pari écologique et économique risqué ». L’éthanol le plus compétitif et le plus écologique est brésilien « Premier exportateur d’éthanol, le Brésil veut encourager la consommation mondiale du biocarburant, et cela, en multipliant les pays producteurs (…). Devenu second producteur mondial d’éthanol derrière les Etats-Unis, le pays veut se poser en puissance énergétique, pour mieux se faire entendre dans le concert des nations. Pour Lula, les biocarburants, même s’ils ne remplaceront que partiellement les combustibles fossiles, sont une solution pour réduire le risque de réchauffement climatique et la dépendance vis-à-vis des pays pétroliers notamment du Moyen-Orient (…). C’est après le premier choc pétrolier que le pays, décidé à réduire sa facture énergétique, a commencé à développer l’éthanol, à grand renfort de subventions. Aujourd’hui, l’éthanol brésilien n’est plus subventionné, mais son prix de revient reste le plus bas au monde. Et son prix à la pompe est inférieur à celui de l’essence. Le rendement à l’hectare de la canne à sucre, duquel il est tiré, est près de 2,3 fois plus élevé que celui du maïs, dont est issu l’éthanol américain, mais légèrement inférieur à celui de la betterave, l’équivalent européen. L’éthanol brésilien est néanmoins le plus écologique ». Inquiétudes en ce qui concerne l’impact sur l’environnement Mais le Brésil devra également prouver que cette politique respecte l’environnement. L’UE envisage déjà une certification de certaines plantations. A Bruxelles, Lula répétera donc que l’expansion de la canne à sucre ne met pas en péril l’Amazonie. La canne occupe aujourd’hui 6,7 millions d’hectares (8,9 % de plus que l’an dernier) et disposerait de 22 millions d’hectares vacants pour s’étendre encore. Sans menacer la forêt ni les cultures alimentaires, assure le gouvernement. Les ONG s’inquiètent pourtant. «L’avancée de la canne à sucre pourrait repousser le bétail et le soja dans la forêt amazonienne, où la terre est moins chère qu’ailleurs, explique Paulo Adario, de Greenpeace. Et le risque pour la sécurité alimentaire n’est pas exclu car la canne est plus rentable que d’autres cultures. Le gouvernement doit absolument encadrer son expansion». Dans un autre article, Julie Majerczak et Alexandra Schwartzbrod apportent des précisions en répondant à des questions. D’où vient l’emballement pour les biocarburants ? Confrontés au double impératif de lutter contre le changement climatique et de réduire leur dépendance aux pays producteurs de pétrole, les pays développés ont découvert qu’ils pouvaient compter sur de nouveaux carburants, à base de végétaux, qui offrent aussi l’avantage de fournir un débouché à leurs agriculteurs. Les Etats-Unis, qui ambitionnent de réduire leur consommation de carburants fossiles de 20 % d’ici à dix ans, se sont engouffrés dans la brèche, ainsi que le Brésil qui voit là le moyen de rentabiliser ses champs de canne à sucre. Du coup, l’UE veut suivre. En mars, les chefs d’Etat et de gouvernement des 27 ont décrété que les biocarburants représenteraient 10 % de la consommation totale d’essence et de gazole destinée au transport en 2020. L’objectif est-il réaliste dans la mesure où la production de biocarburant représente aujourd’hui moins de 1 % de la consommation de l’UE en essence et diesel ? « On est conscient qu’il va falloir faire de gros efforts », reconnaît Mogens Peter Carl, le directeur général chargé de l’environnement à la Commission, tout en soulignant que la production européenne a augmenté de 60 % entre 2004 et 2005. Selon lui, on va assister à une véritable explosion de la production avec la deuxième génération de biocarburants, à base de cellulose, beaucoup plus prometteuse. Pari risqué, car ces nouveaux carburants ne font pas l’unanimité, notamment parmi les ONG. Quel est le réel impact écologique des biocarburants ? A priori, l’intérêt écologique est réel. Si l’on en croit Jean-Louis Bal, expert de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), pour la même quantité d’énergie produite, on économise 60 % d’émission de gaz à effet de serre en utilisant de l’éthanol plutôt que de l’essence. Mais tout dépend des conditions d’exploitation. «Les cultures destinées aux carburants sont engraissées aux pesticides, produits à partir de la filière pétrole», explique la primatologue Emmanuelle Grundmann. Sans parler de l’utilisation massive d’OGM, notamment pour la production américaine de maïs. Y a-t-il un lien entre biocarburants et déforestation ? Il est de plus en plus évident. Emmanuelle Grundmann, qui est venue aux biocarburants en enquêtant sur la disparition des orangs-outans du fait de la déforestation, a ramené des témoignages accablants d’Indonésie ou du Pérou. «Pour augmenter les cultures de palmiers à huile, on rase ou l’on brûle des forêts tropicales entières. Or, la déforestation, sous les tropiques, est la principale cause du réchauffement, bien avant les émissions de gaz des transports et de l’industrie. L’Indonésie, qui compte aujourd’hui 6 à 7 millions d’hectares de palmiers à huile, compte passer très vite à 16 millions, notamment pour alimenter la demande européenne. Est-ce la demande de biocarburants qui fait grimper les prix agricoles ? « Ils participent sans doute à la hausse, mais les sécheresses à répétition de ces dernières années en sont la principale raison» répond Jean-Louis Bal. Hier, un rapport de la FAO, l’agence des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation tirait pourtant la sonnette d’alarme sur la hausse du prix des végétaux que risque d’entraîner le boom des biocarburants, une hausse «problématique pour les populations pauvres ». Que répondent les écologistes ? Ils sont partagés. Chez Greenpeace, on dit : «Non aux biocarburants, sauf.», exploitation locale certifiée «plutôt que, oui, mais.». On met en avant les problèmes posés par la déforestation et la migration forcée qu’elle entraîne, l’utilisation de pesticides et d’OGM, et la sécurité alimentaire. Au WWF, on se veut plus pragmatique. «C’est facile d’être contre les biocarburants. Mais toutes les sources d’énergies renouvelables posent des problèmes. Il n’y a pas de solution miracle. Si on veut lutter contre le réchauffement, il faut diversifier les sources d’énergie» réagit un de ses experts, Jean- Aux critiques, Mogens Peter Carl, répond : « On a jamais dit que les biocarburants étaient la panacée, c’est un élément dans une panoplie de mesure». Mais surtout, «l’objectif européen doit être atteint sous réserve que la production ait un caractère durable». L’UE prépare pour l’automne un paquet de mesures en ce sens. En tout cas, conclut un expert, «le Brésil ne sera jamais aux biocarburants ce que l’Arabie Saoudite est au pétrole», sa production n’y suffirait pas.