Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Par SORIN Michel
Une opposition vraiment républicaine et crédible Jean-Pierre Chevènement a signé plusieurs articles le 1er août sur son blog www.chevenement.fr sélectionnant quelques thèmes importants de l’actualité politique. Le traité européen, prétendument simplifié, est l’objet d’une critique en règle, dans laquelle le président de la République est accusé d’avoir fait toutes les concessions sans rien obtenir en contrepartie. Sur le traité « simplifié » : silence et désinformation. « Il peut arriver à Nicolas Sarkozy d'avoir de bonnes idées : revaloriser le rôle du Parlement, excessivement abaissé dans nos institutions, ou encore revoir la « gouvernance » des universités, aujourd'hui frappée de débilité. Mais sur un point essentiel, Nicolas Sarkozy s'est révélé incapable de desserrer les contraintes européennes. Dans le projet de traité baptisé par antiphrase « simplifié », il a fait toutes les concessions : Haut représentant pour la politique extérieure, Charte des droits fondamentaux d'essence fédéraliste, qui va donner d'immenses pouvoirs à la Cour de Justice de l'Union européenne, pondération des votes au Conseil par la démographie, rompant ainsi la parité entre l'Allemagne, la France et les autres « grands pays ». A la timide demande exprimée par Jean-Pierre Jouyet d'une discussion de la politique de change par les gouvernements, avec quelle hauteur M. Trichet n'a-t-il pas répondu ! Sur ce sujet capital, le silence, quand ce n'est pas la désinformation, règnent en maîtres. Ces commentateurs oublient de rappeler que nos entreprises font, pour l'essentiel, leurs bénéfices à l'étranger. Le monde du travail en France est le grand oublié… Mais au bout du chemin, il se rappellera au bon souvenir de ces messieurs… et de M. Sarkozy, s'il ne fait rien ». Mais Sarkozy n’est pas le seul visé par le président d’honneur du Mouvement Républicain et Citoyen. Il met en garde la gauche contre une attitude critique qui consisterait à relayer les attaques en provenance de la Commission européenne ou de dirigeants allemands. Ce serait montrer au peuple français qu’elle n’a rien compris du vote du 29 mai 2005. Garder la boussole « Enfourcher la rossinante des critiques bruxelloises pour combattre la politique de Nicolas Sarkozy est une tentation dont la gauche doit se prémunir. On entend certains socialistes se réfugier sous les jupes de la Commission et reprendre ses attaques, pour prendre à Paris des habits d'opposants. Mais la gauche aurait tout à perdre à se confondre avec la critique libérale qu'on entend exprimer à Bruxelles ou à Berlin. Elle aurait tout à perdre à déplorer le déficit budgétaire français au nom du carcan du pacte de stabilité européen, à rejeter le volontarisme industriel national au nom de la libre concurrence communautaire, ou à critiquer la capacité d'action et les atouts propres à la France dans les relations internationales. L’élu de Belfort, qui a démissionné de son mandat de maire mais reste conseiller municipal et président de l’agglomération belfortaine, s’en prend aussi avec une pointe d’ironie au candidat de l’Union européenne à la fonction de directeur du FMI. Les socialistes français, maîtres du monde ? « D'ici quelques semaines, le Fonds monétaire international (FMI) devrait nommer à sa direction Dominique Strauss Kahn. L'Organisation mondiale du commerce (OMC) a déjà choisi pour la diriger Pascal Lamy. De sorte que les deux institutions phares du système capitaliste mondialisé auront à leur tête un socialiste français. Ceux-ci sont-ils devenus « maîtres du monde » ? De deux choses l'une : ou bien ce système est devenu fou, ou bien ces deux personnalités n'étaient point socialistes. A vous de choisir l'hypothèse la plus vraisemblable ». Voir à ce sujet l’article de Xavier Dumoulin sur son blog http://sr07.unblog.fr ce jour. Pour ma part, je pense qu’il y a une opportunité pour le député du Val-d’Oise. Dans les cinq ans à venir, il est en droit de considérer qu’il sera beaucoup plus influent à la direction du FMI qu’à l’Assemblée nationale. Nous avons des raisons de penser que la gauche sera plus libre de ses choix d’avenir sans lui, qui représente une composante libérale de la gauche mondialisée. Quant aux socialistes français, ils sont bien loin d’être les maîtres du monde... Laissons-les affirmer une opposition constructive au Parlement, face à une droite que Xavier Dumoulin caractérisait ainsi dans son article paru le 1er août sur son blog, que je recommande. « Monsieur Sarkozy a de la suite dans les idées mais il a de bien mauvaises idées. Il croit à son génie et à sa destinée. Vous allez voir ce que vous allez voir, se convainc sans doute ce président agité en pressant son entourage de conduire à pas de jogging son satané programme ! Mesures symboliques et réformes profondes s'enchevêtrent pour signifier à une opinion engourdie et ébahie sa fidélité à son projet de rupture. Enrichissez-vous ! A bas le fiscalisme et dehors la chienlit ! La droite, la vraie, gouverne… et ne fait pas semblant. Et tous les empêcheurs de tourner en rond n'ont qu'à bien se tenir ! Avis aux grévistes ! Et pas de quartier pour les jeunes récidivistes ou clandestins ! La logique de cette furieuse politique repose sur une vision économique très libérale couplée d'une idéologie néo-conservatrice sur fond de volontarisme et de personnalisation d'un pouvoir hyperconcentré, le tout, façon Second Empire » (…).
En échange de ces concessions, quelle contrepartie a-t-il obtenu, sur le gouvernement économique de la zone euro, par exemple ? Rien !
On nous explique ainsi dans la presse que les bénéfices des entreprises françaises explosent, et que, par conséquent, elles n'ont pas besoin d'un euro plus faible.
Les responsables de la gauche n'ont pas à se transformer en exilés de Coblence, et à reprendre les fatwas de la Commission contre la politique française dès lors qu'elle sort – si peu que ce soit - des sentiers battus de l'orthodoxie monétaire, du dogme de la concurrence ou de la paralysie communautaire. Si la gauche se laissait enfermer dans cette posture, elle se couperait du peuple !
La crédibilité d'une opposition vraiment républicaine ne consiste pas à faire flèche de tout bois, mais à s'arrimer à un projet exigeant qui donne cohérence à la critique démocratique ».
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