Proche de Robert Buron, de Coluche et de Maria Nowak
C'est une personnalité de grande envergure qui s'est éteinte à l'âge de 87 ans, le 7 septembre 2007 à Paris et dont les obsèques se sont déroulées le 13 septembre à St-Berthevin.
Cet évènement a fait l'objet ce jour d'un article dans le quotidien "Le Monde" (page Disparitions, 20 septembre) sous la signature de Maria Nowak, présidente de l'Association pour le droit à l'initiative économique (ADIE) et d'un autre dans "le Courrier de la Mayenne" (page Mayenne, 20 septembre).
A mon tour d'évoquer Francis en reprenant l'essentiel de ces deux articles de presse et en ajoutant mon témoignage personnel. Car nos chemins se sont croisés à partir de 1973 à St-Berthevin.
Francis Bour était marié à Denise Boisseau du Rocher, fille de l'ancien maire de St-Berthevin (dont le successeur a été Bernard Le Godais en 1965). Il avait créé le verger des Vallonnières et construit une belle maison près d'un petit bois au lieu-dit le Petit Gravier à St-Berthevin.
Francis, né à Paris le 22 avril 1920, était diplômé de Polytechnique, spécialisé en télécommunications. Il a participé à des cabinets ministériels avant de s'engager dans des organismes de coopération et de développement en Afrique (au Burkina, à Madagascar, au Sénégal, partout en mettant son énergie au service de l'agriculture africaine et des petits paysans).
Retraité en 1985, il s'est engagé dans l'action sociale fondant, aux côtés de Coluche, les Restaurants du coeur. Il a fortement contribué à structurer l'organisation aux niveaux régional et départemental puis orienté les Restos vers les actions d'insertion (logement, travail, lutte contre l'illettrisme). "Le grand dessein de Francis était de permettre aux personnes accueillies de s'extraire durablement de leur détresse" (témoignage d'un responsable des Restos à l'issue de la cérémonie religieuse).
Maria Nowak est bien placée pour témoigner de son engagement dans le microcrédit. Il est cofondateur et trésorier de l'ADIE. "Grande figure du bénévolat, il savait combiner engagement et efficacité, autorité et modestie, pour agir concrètement au service des autres".
Pour ma part, j'ai croisé le chemin de Francis Bour en 1973, au moment de mon adhésion au PS. Attiré à St-Berthevin par Michelle Legay, conseillère municipale et épouse de mon collègue professionnel et ami Daniel Legay, j'ai fait la connaissance de Francis, qui avait suivi Robert Buron en 1971 en adhérant au PS (ils s'étaient connus au MRP). Nous avons créé, tous les trois, la section PS de St-Berthevin, qui rassemblait alors une dizaine de membres.
Au-delà de nos différences d'approche politique, je me souviens que Francis aimait le débat, n'hésitant pas à provoquer l'interlocuteur, tout en respectant ses positions, même s'il est vrai qu'il aimait bien avoir raison, mais il n'était pas le seul dans ce cas...
Il s'était éloigné ensuite du PS. Je le revoyais de temps en temps, notamment après mon élection en tant que maire de St-Berthevin en 1990. Il m'avait toujours apporté son soutien au moment des élections et prenait plaisir à évoquer la situation locale.
C'était un homme de coeur, dans la ligne de Robert Buron, qui misait sur la capacité humaine de progresser, de s'amender, même quand les conditions sont difficiles.