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Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.

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L'agriculture revient à sa mission première : produire pour nourrir


Un tournant historique pour l'agriculture et la PAC

Hier, je ne pouvais pas être plus critique envers la politique, néo-conservatrice et néo-libérale, du président de la République. Est-ce le fait d'évoquer la politique agricole, ma spécialité ? En tout cas, aujourd'hui, je serai beaucoup mieux disposé à l'égard du ministre de l'agriculture et du président.

Nous allons vers une nouvelle donne en agriculture ! Ce n'est pas une découverte pour celles et ceux qui lisaient mes articles agricoles sur ce blog ( voir catégorie "Agriculture et PAC", notamment celui du 11 août était intitulé "hausse des prix des produits laitiers et retournement de situation agricole" et ceux du 1er juin et du 2 juin qui présentaient la nouvelle politique agricole selon mes voeux). 

Mais il y a du nouveau du côté des pouvoirs publics. D'abord, le ministre de l'agriculture, Michel Barnier (Le Monde, 5 septembre, "Produire pour nourrir redevient d'actualité") puis le président de la République à Rennes le 11 septembre (Le Monde, 12 septembre, "Le président français appelle les agriculteurs à se préparer pour une agriculture nouvelle") ont exprimé clairement le besoin d'affirmer une politique agricole sur de nouvelles bases et de refonder la Politique Agricole Commune (PAC) en utilisant la présidence française du second semestre 2008 pour lancer le processus.

 J'y reviendrai dans d'autres articles, je me limiterai ici à présenter l'essentiel de l'article signé Laëtitia Clavreul (Le Monde, 16 septembre, "Le grand retour de l'agriculture"), qui me semble bien résumer la situation.

Un rappel des faits. "Tout a basculé à partir de 2006, avec le début de la hausse des céréales, qui s'est accentuée cet été, et que personne n'a anticipée. Le blé a atteint le record historique de 300 euros la tonne à Rouen, le 5 septembre, contre 120 un an plus tôt. Sur les marchés, les intervenants s'intéressent subitement aux matières premières agricoles et la spéculation est en partie responsable de la brutalité de l'envolée. Les cours devraient rester à un niveau élevé pour des raisons conjoncturelles (sécheresse en Australie, pluies en Europe...) mais, aussi, structurelles. La demande mondiale va croissant, du fait de l'augmentation de consommation dans les pays émergents, particulièrement en Chine et en Inde, et les stocks mondiaux sont au plus bas. 

L'Union européenne a écoulé ses stocks de céréales, ses montagnes de beurre, de poudre de lait... On pensait qu'il n'y avait plus de marché pour ces deux produits. Or, il en manque aujourd'hui au niveau mondial. La question "Comment nourrir 9 milliards d'humains en 2050 ?" revient à grands pas. On gérait des excédents. Il va sans doute falloir gérer des déficits" (...).

Mais ne nous méprenons pas. Si l'agriculture nourricière revient sur le devant de la scène européenne, les temps ont changé. Certe, il va falloir, au niveau mondial, produire plus, mais aussi produire autrement. La nouvelle PAC (...) va devoir tirer les leçons du passé et revoir notamment son système de subventions, qui ne répond plus aux priorités (...). 

La nouvelle PAC devra insister encore davantage sur la sauvegarde de la planète (...). Elle devra permettre de produire mieux, tout en produisant plus. Du jamais fait".

Dans la Lettre économique de septembre, sous le titre "Politique agricole et spéculation", Lucien Bourgeois, responsable des études économiques à l'APCA (Chambres d'agriculture), manifeste sa satisfaction devant un retour aux réalités. 

"On nous a fait croire depuis quelques années que la libéralisation des marchés était nécessairement bénéfique au consommateur car elle accroissait la concurrence. On va s'apercevoir à l'avenir que les politiques agricoles et la PAC en particulier avaient d'abord pour but d'augmenter la production pour éviter la pénurie et pour faire baisser les prix pour les IAA et pour les consommateurs (...). 

On aurait tort de se priver des instruments de politique agricole qui avaient fait leurs preuves pour sécuriser le revenu des producteurs. Ces dispositifs avaient surtout fait la preuve de leur efficacité pour éviter la spéculation sur les produits alimentaires. C'est là un élément essentiel de la cohésion sociale de tous les pays".
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