Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Par SORIN Michel
Donner aux salariés et à leurs syndicats les moyens d’exercer leurs responsabilités dans l’entreprise et dans l’ensemble de la vie sociale
Le 18 octobre, la réflexion a été engagée à partir des propositions de Georges Minzière, suivies d’un bref débat, qui sera prolongé lors de la prochaine réunion le 15 novembre. Les chiffres de la DARES (voir article mis en ligne le 5 novembre) montrent que les syndicats sont représentatifs des salariés (78 % des suffrages exprimés lors des élections aux comités d’entreprises et d’établissements en 2004). La loi ARTT (35 heures), qui a obligé les salariés à choisir un mandataire syndiqué pour les représenter dans la négociation, a contribué à implanter le syndicalisme dans les petites entreprises. On ne peut pas obliger les salariés à se syndiquer. Par contre, il faudrait renforcer l’information à l’embauche, concernant les droits des salariés et les services proposés par les syndicats. Il y a un déséquilibre entre les patrons qui sont, presque tous, syndiqués (les cotisations, très élevées, sont dans les comptes de l’entreprise) et les syndicats qui, pourtant, eux aussi, ont un lien fort avec l’entreprise. Tenant compte de son expérience au sein de son groupe industriel, Georges Minzière regrette que les non syndiqués, qui ne contribuent pas aux avancées sociales dans l’entreprise, bénéficient comme les syndiqués des retombées positives des accords d’entreprise et des conventions collectives signées par les syndicats. Il préconise de faire évoluer la loi sur ce point. Par ailleurs, il suggère de développer les conventions collectives territoriales et de donner aux partenaires sociaux les moyens et l’obligation de se rencontrer et de passer des accords, selon les conditions financières de l’entreprise. Le niveau territorial est trop délaissé. Il faudrait des mesures fortement incitatives pour que les branches et les organisations départementales se rencontrent sur un même secteur géographique. Lors du débat, les militants sont intervenus sur les points suivants : - Donner un plus grand poids aux syndicats dans la négociation des salaires et conventions collectives et faire en sorte que l’Etat ne se défausse pas. - Veiller à l’application des conventions collectives, laquelle est de la responsabilité des employeurs et des salariés. Tout ne passe par la loi. L’Etat doit laisser le temps aux partenaires sociaux de traiter les problèmes, puis il doit trancher. Il s’appuie sur ce qui existe. - Dans certaines entreprises, il n’y a plus de candidats aux responsabilités syndicales, pas même à l’engagement syndical. - Les patrons « intelligents » affirment qu’ils ont besoin de syndicats forts. On augmenterait le nombre de syndiqués en revalorisant les élections aux prud’hommes (vote électronique le même jour sur les lieux de travail). - Les syndicats ont des responsabilités dans la formation des salariés. Mais encore faut-il qu’ils aient les moyens d’agir. On se souvient de la politique du gouvernement Barre en 1979-81. Si Giscard d’Estaing avait été réélu en 1981, on peut se demander comment le syndicalisme aurait pu survivre. - Ce sont dans les petites et moyennes entreprises que la syndicalisation augmente, et dans les grandes (EDF-GDF, La Poste…) qu’elle baisse. - On pourrait lancer l’idée de reconstituer les bourses du travail, lieux d’informations et de promotion des droits des salariés et de la syndicalisation. - Il y a besoin de légiférer pour éviter les dérives patronales actuelles (création de petites unités juridiques, transfert du personnel, changement des conventions collectives…). Le développement de Besnier, aujourd’hui Lactalis, s’est bâti sur le refus du fait syndical, grâce à des dispositions juridiques rendant quasi-impossibles l’implantation syndicale dans l’entreprise (voir l’article mis en ligne le 1er novembre sur ce blog). C’est vrai aussi dans les banques qui utilisent toutes les ficelles juridiques à plusieurs fins, fiscales et syndicales, notamment. C’est ainsi que des filiales sont installées au Luxembourg afin de bénéficier de meilleures conditions fiscales. Face à l’individualisme forcené, encouragé par le patronat, la loi est nécessaire pour permettre l’organisation collective des travailleurs.
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