Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
La santé ne doit pas devenir un luxe Dans un article paru le 25 février sur ce blog, Elie Arié faisait 7 propositions pour remédier aux problèmes de l’assurance maladie. Sur ce même thème de la santé et de la sécurité sociale, j’ai lu avec intérêt dans le journal en ligne www.gaucherepublicaine.org des amis de ReSPUBLICA, numéro 515 , sous la signature de Raymond Mari, un article intitulé « La santé, un luxe désormais ? » qui pose bien le problème de la responsabilité de l’Etat (et donc du président de la République qui sera placé par les citoyens à la tête de l’Etat le 6 mai prochain) dans la façon dont cette question de la santé va être prise en considération dans les cinq ans qui viennent. Dans ce texte, l’auteur semble s’adresser, sans la nommer, à Ségolène Royal. Aussi me semble-t-il nécessaire de rappeler les propositions que la candidate du PS, du MRC et du PRG, a présentées à Villepinte le 11 février (à lire après le texte de Raymond Mari). « La santé, capital individuel et collectif »
« Que l'on soit riche ou pauvre, quel souhait formule-t-on prioritairement ? La santé, puisque c'est la condition primordiale de la capacité d'exister, d'espérer. Capital individuel, inégalement réparti, la santé est aussi une richesse collective. C'est elle qui garantira la faculté du collectif à consommer et à produire. C'est le niveau sanitaire d'une population qui lui évitera les catastrophes épidémiques. Une protection sociale efficace, pour instaurer le droit à la santé
Pendant le XXème siècle, plus particulièrement à l'issue de la seconde guerre mondiale, ce sont ces évidences qui ont conduit les politiques à développer simultanément les équipements sanitaires et le dispositif de protection sociale destiné à favoriser l'accès aux soins pour tous. Car la santé a un coût, de plus en plus important, dont la charge serait incompatible avec des ressources individuelles. A cet effet, nous nous sommes dotés d'un système de Sécurité Sociale utilisant des mécanismes de solidarité. La collectivité se substitue à la personne malade et chacun est soigné selon ses besoins et non selon ses moyens. Un droit à la santé bafoué, un débat occulté
C'est le principe qui a présidé à l'institution de l'Assurance Maladie en 1945. Mais un principe battu en brèche depuis quelques décennies. Un principe carrément nié depuis quelques années sous les coups d'un libéralisme cynique qui sape avec opiniâtreté le service public de la protection sanitaire et sociale. Alors que nous sommes en période pré-électorale pour deux échéances décisives, la présidence de la République tout d'abord, puis, les législatives, le débat de fond sur les défauts de notre protection sanitaire et sociale sont occultés par l'ensemble des forces politiques. Quelques grands principes évoqués ici ou là, des mesures ponctuelles qui sont autant d'arbres qui cachent la forêt. Pas ou peu d'analyses élaborées sur le financement qui comporte pourtant tellement d'interrogations et d'imperfections. Rien ou presque sur la dégradation de la couverture des dépenses de santé et sur le glissement du domaine de la solidarité vers l'assurance individuelle privée. Une certitude : l'avènement du libéralisme dégraderait l'accès aux soins
Dans les choix qu'ils devront faire pour désigner leurs représentants, nos concitoyens disposent d'une seule certitude : Si la droite libérale représentée par le candidat de l'UMP ou par le candidat centriste arrive au pouvoir, la politique menée depuis 2002 sera aggravée. Une politique qui s'est traduite par une augmentation des prélèvements (la CSG), par la prolongation de la dette sociale dont les cotisations pèsent sur les salaires, par la forte progression du coût des assurances complémentaires. Le triste bilan de la politique mise en oeuvre ces dernières années
Une politique particulièrement sournoise qui fait basculer la santé dans le domaine d'un marché libéral, où, évidemment, les malades sont confrontés à leurs limites financières. En réduisant le remboursement des soins (médicaments et autres), en taxant les malades de forfaits divers et variés (forfait hospitalier, 1Euro jusqu'à concurrence de 50 Euros par an, 18 Euros sur les actes lourds), en favorisant la dérive des honoraires médicaux par rapport aux tarifs de remboursement, la protection sociale solidaire (la sécu) se rétrécit. Pour la part des dépenses qui n'est pas remboursée, les ménages sont confrontés à la dure loi des assurances complémentaires. En comptant les titulaires de la CMUC, 8% de nos ressortissants n'ont pas de complémentaire. Pour ceux qui en disposent, 60% des assurés sont faiblement couverts et pas ou peu pour les dépassements tarifaires qui augmentent de 10% par an depuis 20 ans. Alourdissement des prélèvements, réduction des remboursements, recul de la solidarité.
En fin de compte, après intervention de l'assurance maladie obligatoire et des assurances complémentaires, il reste environ 13 milliards d'Euros à la charge des ménages ... ! En conséquence, 15% de nos concitoyens renoncent fréquemment à se soigner (30% des chômeurs). Médecine pour les riches ? Charité pour les pauvres ?
En ce qui concerne les équipements sanitaires, ces dernières années voient se profiler le spectre redoutable d'une médecine à plusieurs vitesses où ceux qui en ont les moyens pourront accéder à des équipements privés (cabinets libéraux, cliniques, etc...) suréquipés et onéreux et les autres (de plus en plus nombreux) seront confrontés à des dispositifs publics (hôpitaux, dispensaires) auxquels on attribuera avec parcimonie des budgets indigents. Pas de surprise donc sur les projets du candidat de l'UMP qui, malgré une prudence de circonstance, a réaffirmé par exemple ses choix pour le prélèvement d'une franchise individuelle (100 Euros par personne ?) et pour la liberté des honoraires médicaux. Obligeons les politiques alternatives à se prononcer et à agir
Mais face à ces options extrêmement graves pour le droit à la santé, où sont les propositions précises, argumentées, pour consolider le financement des dépenses de santé qui, avant d'être une dépense, sont un formidable investissement social ? Quelles sont les mesures qui permettraient de favoriser l'exercice médical (médecine de groupe, abandon du paiement à l'acte pour un financement des praticiens à la capitation, etc...) ? Si l'on conserve ce paiement à l'acte, comment et dans quel délai réintégrer la rémunération des actes médicaux dans le cadre strict de tarifs opposables ? Quelles mesures concrètes, pour restaurer le fonctionnement de nos hôpitaux publics, fleuron de notre dispositif sanitaire, aujourd'hui fortement dégradé ? Comment modifier une focale actuellement essentiellement curative, vers une action sanitaire préventive et environnementale ? Restaurer le service public de la santé. Reconstituer la solidarité.
Par quel moyens en fin de compte, remettre la santé au coeur des obligations de l'Etat et la solidarité au coeur des Hommes pour leur progrès et celui des générations à venir ? Si par crainte d'une action politique courageuse, les candidats aux responsabilités esquivent ces questions fondamentales, il appartient à chacun d'entre nous de les contraindre à y répondre ». Les propositions de Ségolène Royal (www.segoleneroyal2007.net)
La santé pour tous
36- Mettre en œuvre un grand plan de prévention et de recherche des maladies graves (cancer, SIDA, Alzheimer, maladies orphelines). 37- Assurer de façon pérenne le financement de l'hôpital public, de manière à lui permettre de faire face à toutes ses missions en veillant à l'égalité territoriale d'accès aux soins. 38- Créer des dispensaires, notamment dans les zones rurales. 39- Mettre en œuvre une carte santé jeune 16/25 ans ouvrant droit à la gratuité d'une consultation par semestre. Contraception gratuite pour les jeunes femmes de moins de 25 ans. 40- Renforcer les moyens de la médecine scolaire et universitaire, et de la médecine du travail. 41- Réaffirmer le droit à la CMU et sanctionner les refus de soins. 42- Adapter les conditions d'attribution de l'allocation adultes handicapés (AAH) aux maladies évolutives à diagnostic incertain. 43- Mettre en œuvre une politique de lutte contre l'obésité, fondée sur une détection précoce et des actions sur la qualité de l'alimentation. 44- Rétablir les moyens supprimés par la droite pour les soins aux étrangers en situation irrégulière, pour des raisons de dignité et de santé publique. 45- Négocier avec les partenaires sociaux le renforcement de l'indépendance de la médecine du travail. 46- Défendre l'accès aux soins des malades dans les pays en développement, par la promotion de médicaments génériques moins coûteux.