Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Une même envie de faire face ensemble à Sarkozy Comme l’écrit Jean-Pierre Chevènement dans son communiqué (voir plus loin), Michel Rocard n’en pouvait plus, depuis si longtemps, d’être empêché de s’allier avec Bayrou. Le temps qui passe et la menace Sarkozy ont été les détonateurs de ce coup médiatique qui le met sur le devant de la scène. Qu’on ne s’y trompe pas ! Ce dîner ne vient pas par hasard. Il y a entre les deux hommes une réelle proximité politique, notamment sur l’Europe. Michel Rocard précise sa position dans www.nouvelobs.com ce 18 avril « La France est en très mauvaise santé. L’aspect le plus immédiatement dramatique en est que la somme des chômeurs, des travailleurs précaires et des exclus du marché du travail devenus pauvres atteint maintenant le quart de notre population. La peur de l’avenir, des licenciements et des délocalisations s’est emparée de la majorité des familles. Cette situation est intolérable et explique largement la montée de l’abstention, celle du vote protestataire et le non au référendum européen. Or cette situation affecte tous les pays développés. Elle appelle une réponse globale, d’abord européenne, pour renforcer le poids des syndicats, imposer au système des règles éthiques qu’il ignore et une régulation qu’il rejette. Tel est mon altermondialisme qui est celui d’une sociale démocratie internationale. Le second élément du drame français c’est notre appareil d’Etat, dont trop de gens croient complètement à tort qu’il pourrait nous sortir de là tout seul dans une France isolée et qui en plus a été ces dernières années affreusement mal géré. Des déficits vertigineux et une balance des paiements négative nous paralysent pour longtemps. Nos politiques sociales notamment pourraient continuer à en pâtir beaucoup si l’élection présidentielle n’apporte pas un changement décisif. C’est à ce double titre que l’élection possible de Nicolas Sarkozy me paraît le danger majeur. La brutalité de cet homme et son goût de montrer une police qui cogne ont déjà suffi une fois à mettre le feu à nos banlieues. Je crains beaucoup qu’avec lui, cela ne se renouvelle. Pis, le monde d’aujourd’hui est un consortium de géants, USA, Chine, Inde, Russie, Brésil, au milieu desquels, l’Europe politique ayant été tuée, la France dispute son influence à quatre autres européens, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie, Espagne, parmi lesquels notre poids est principalement fait de l’amitié et de la confiance que nous témoignent l’Afrique et l’essentiel du Moyen-Orient. Il suffit de l’élection de Monsieur Sarkozy pour détruire tout cela. Son ralliement à Bush est pour la France une catastrophe internationale. C’est dans cette situation qu’il faut regarder à la fois nos vœux - une victoire sociale démocrate sur la tête de Ségolène Royal - et les sondages. Si je ne crois qu’à moitié à cet outil, la convergence de tous les instituts mérite d’être prise au sérieux. Ségolène Royal sera seconde au premier tour, et donc présente au second. Il s’en faut de cinq points qu’une autre hypothèse se présente. Je demande humblement que l’on veuille bien me laisser en paix avec toute hypothèse subliminale selon laquelle l’ampleur de cette évidence arithmétique ne m’aurait pas frappé. Ce que disent aussi ces instruments d’information c’est que Sarkozy gagne au second tour. J’ai la faiblesse de trouver cela dangereux comme, je pense, la totalité de mes camarades socialistes. Quand la somme des voix de gauche est donnée à moins de quarante pour cent, on cherche des alliés. J’accuse ici les gardiens du dogme socialiste qui considèrent toute alliance autre que communiste comme impure, d’être d’efficaces alliés de Sarkozy. J’appelle donc à une alliance par le moyen de désistements mutuels annoncés. Le mot d’alliance visait au-delà : si cela gagne il faudra que cela ait des suites pour les législatives. Mais pour le moment l’assurance des désistements suffit c’est vrai. Or c’est plus facile à négocier avant le premier tour qu’après : les plaies de la campagne seront plus dures à cicatriser chez celui qui a perdu. Mieux vaut négocier avant, quand la balance est incertaine. Je crains beaucoup qu’un résultat tragique ne confirme à quel point j’avais raison ». DSK : une alliance "hors de propos" (nouvelobs.com) De son côté, Dominique Strauss-Kahn a déclaré mercredi que toute alliance entre le Parti socialiste et l'UDF de François Bayrou était hors de propos. L'ex-ministre des Finances socialiste a estimé, lors du point de presse quotidien du PS, que deux personnalités du parti, Michel Rocard et Bernard Kouchner, avaient fait cette proposition "sans avoir suffisamment réfléchi." "Tout ce qui a été dit sur des alliances entre le parti socialiste et l'UDF est hors de propos (...) quand on est à gauche, on vote à gauche", a-t-il expliqué au siège du parti. Dominique Strauss-Kahn a appelé les électeurs de gauche à "passer par dessus" leurs divergences avec la candidate socialiste, Ségolène Royal, pour aller chercher "au fond de leurs tripes (...) un vote de conviction". L'ancien ministre a assuré n'avoir eu aucun contact avec François Bayrou. "Et je ne souhaite pas en avoir", a-t-il dit. En cas de cohabitation Dominique Strauss-Kahn a indiqué qu'il ne pourrait envisager d'être le Premier ministre de François Bayrou que si les socialistes disposaient d'une majorité à l'Assemblée nationale. Communiqué de JP Chevènement www.chevenement.fr Ainsi Michel Rocard est tombé du côté où il penchait depuis si longtemps. Réduit à jouer les mouches du coche au sein du Parti socialiste, il se retourne contre lui à trois jours du premier tour de l'élection présidentielle. François Bayrou a omis de dire quel plat de lentilles figurait au menu du dîner qu'il a offert, hier soir, à Michel Rocard. Tout cela fait bien ringard et François Bayrou en paiera l'addition.
"Un Premier ministre, sous la Vème République, c'est quelqu'un qui a une majorité. Donc, s'il n'y a pas de majorité socialiste à l'Assemblée nationale, il n'y a pas de Premier ministre socialiste", a-t-il dit. Mardi à Lille, François Bayrou a affirmé être "le seul qui puisse faire travailler ensemble" des personnalités comme Dominique Strauss-Kahn et l'UMP Jean-Louis Borloo".
Heureusement, Michel Rocard, que certains médias continuent à faire vivre très au-dessus de ses moyens, ne dispose plus que d'un pistolet à bouchon. Ce qu'il croyait être un SCUD ne peut, en fait, blesser personne. Cette manœuvre, plus inepte encore que dépourvue de loyauté, n'empêchera pas l'immense majorité des électrices et électeurs de gauche et de progrès de voter dimanche Ségolène Royal, seule capable de rassembler sur une perspective de changement véritable.