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Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.

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Sauvons le climat a transmis ses propositions au Grenelle de l'environnement

 

Réflexions concrètes pour le groupe climat et énergie

 Le « Grenelle de l’environnement » est une consultation organisée par le gouvernement en vue de sélectionner une quinzaine de projets qui ancreront la France dans le développement durable. Six thèmes ont été retenus (chacun étant traité par un groupe) : changement climatique et énergie ; biodiversité et ressources naturelles ; environnement et santé ; production et consommation durables (qui comprend l'agriculture) ; démocratie écologique ; emploi et compétitivité. Chaque groupe est structuré en cinq collèges paritaires (Etat, ONG, collectivités locales, syndicats, patronat).

 L’association « Sauvons le climat » a souhaité y participer (2ème collège) mais sa candidature n’a pas été retenue. Par un communiqué, le 5 juillet dernier, elle s’exprimait ainsi.

 « Un Grenelle de l'environnement cadenassé »

« L'initiative prise par le Président de la République de convoquer un " Grenelle de l'Environnement " est judicieuse. Dans son principe elle devait permettre de prendre des décisions nécessaires et urgentes en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre après un large débat où tous les points de vue pourraient s'exprimer. Malheureusement on doit bien constater qu'il y a loin de la coupe aux lèvres. En effet, si on peut espérer que le monde syndical et celui des politiques sera représenté de façon suffisamment exhaustive, on doit constater que le monde associatif ne le sera pas, loin de là.

 Rappelons que, indépendamment de la fondation Nicolas Hulot, les seules ONG parties prenantes des groupes de travail sont membres de l'Alliance pour la Planète (WWF, Greenpeace, Amis de la Terre, Ecologie sans Frontière, France Nature Environnement, Réseau Action Climat, Ligue de Protection des Oiseaux, Ligue ROC) . Toutes ont signé la demande d'un quadruple moratoire sur l'EPR, sur les OGM, sur les constructions d'autoroutes et sur les incinérateurs.

 Pour ce qui concerne le réchauffement climatique, l'Alliance considère que les économies d'énergie et les énergies renouvelables " nouvelles " (éolien et solaire) suffiront à ramener les émissions de CO2 à un niveau suffisamment bas pour que sa concentration dans l'atmosphère se stabilise. La plupart des membres de l'Alliance souhaitent également une sortie plus ou moins rapide du nucléaire.

 Le monopole de fait qui a été attribué à l'Alliance pour représenter le secteur associatif au Grenelle de l'Environnement pourrait se justifier si cette approche était indiscutable. Il se trouve qu'elle a été très précisément celle suivie depuis une vingtaine d'années par le Danemark. Ainsi, le Danemark est le meilleur élève européen en ce qui concerne l'intensité énergétique alors que la Suède voisine fait, apparemment, beaucoup moins bien. De même le Danemark produit 17% de son électricité grâce aux éoliennes, un record mondial, alors que la production éolienne de la Suède est négligeable.

 Et pourtant, malgré une politique conforme aux souhaits de l'Alliance, chaque danois émet 10,5 tonnes de CO2 alors que les " mauvais élèves " suédois n'en émettent que 6 par tête. On voit sur cet exemple concret, que les recettes proposées par l'Alliance sont, pour le moins, discutables, et qu'il serait extrêmement regrettable que des associations les mettant en cause ne puissent se faire entendre.

 Cependant, dans un esprit constructif, Sauvons le climat a voulu faire connaître son point de vue aux participants du groupe 1, présidé par Jean Jouzel. Voici les propositions concrètes adressées au président Jouzel début septembre.

Propositions adressées au Groupe 1 du Grenelle de l'Environnement 

Atelier n°1 : Transports et déplacements 

Déplacements urbains - Transports collectifs  
Développer l'usage des transports doux (vélo, zones piétonnes). Développer l'offre de transport ferroviaire interurbaine et périphérique (TER) grâce à des cadencements suffisants, des tarifs attractifs et une régularité assurée.

Infrastructures
Améliorer le ferroutage et généraliser les terminaux rail-route. Rendre compétitif l'usage du ferroutage par rapport aux transports routiers lourds. Développer le trafic fluvial à grand débit. Reprendre et réaliser le projet de liaison Rhin-Rhône.

 Report modal - Fret
Rendre obligatoire la compatibilité rail route pour les nouveaux véhicules routiers lourds, de façon à ce que tous les poids lourds puissent être, à terme, chargés sur les navettes ferroviaires.

 Véhicules individuels  
Encourager fortement la diffusion de petites voitures électriques (ou hybrides électriques) ayant une autonomie d'au moins 100 km et une vitesse inférieure à 90 km/h. Généraliser l'échange standard des batteries par les stations services (pleines contre vides). En ville, réserver des places de stationnement équipées de prises de courant aux véhicules électriques. Malus bonus sur les véhicules automobiles avec un fort bonus pour les voitures électriques.

Atelier n°2 : Bâtiment et Urbanisme  

Etalement urbain  
Prise en charge des trajets domicile-travail par les entreprises.

 Rénovation
Augmenter et réserver les crédits d'impôts aux opérations d'isolation et de mise en œuvre de moyens de chauffage et de climatisation non émetteurs de gaz à effet de serre.

 Ceci entraîne l'arrêt des subventions au solaire PV (actuellement le crédit d'impôt utilisé pour le solaire PV, sans effet sur les émissions de CO2, n'est plus disponible pour les investissements qui réduisent effectivement les émissions), sauf pour des installations de climatisation d'été.

 Les moyens de chauffage à encourager sont : le chauffage solaire, les pompes à chaleur, le chauffage biomasse (particulièrement en réseau de chaleur), la géothermie.

 Atelier n°3 : Energie et stockage du carbone 

Maîtrise de la demande
Il est nécessaire de bien préciser de quoi on parle. S'il s'agit de maîtriser et diminuer la consommation d'énergie finale, par exemple en instaurant des normes exigeantes sur les performances des équipements un consensus est relativement facile à établir.

 Il n'en n'est pas de même pour ce qui concerne l'énergie primaire : par exemple, passer d'un chauffage gaz à un chauffage électrique tout en maintenant la consommation finale se traduit par une importante augmentation de la consommation primaire (rendement des centrales électriques) mais peut se traduire par une diminution drastique des émissions de CO2, si l'électricité est produite sans émission de CO2.

Nous demandons que la quantité de GES émise sur le cycle de vie soit prise comme facteur de mérite principal dans les choix de politiques de lutte contre les émissions de GES. Pour l'utilisation de la biomasse ceci doit être modulé par la contrainte sur les ressources (terre arable et eau, par exemple).

 Les filières nucléaire, thermique et renouvelable.
La France possède une maîtrise pratiquement unique dans le monde dans le domaine de la production électrique nucléaire. Or l'énergie nucléaire est, avec l'hydroélectricité, et pour longtemps, la seule méthode massive de production électrique à la fois fiable, disponible, et non émettrice de CO2.

 Avec quelques autres rares pays (Suède, Suisse), notre pays pourrait diviser, sans sacrifices exagérés, les émissions de CO2 par 2 ou 3 d'ici 2030. En effet, dans la perspective de diminuer nos rejets de CO2 nous pouvons recourir à l'électricité pour les transports et la production de chaleur, ce que ne pourront pas faire l'Allemagne ou le Danemark, par exemple.

 Il faudra, pour cela, augmenter le nombre de centrales nucléaires, en spécialisant éventuellement les plus anciennes dans un fonctionnement en semi-base.

 Il ne faut évidemment pas accepter que le pourcentage de production par thermique à flamme augmente, sauf si les nouvelles centrales sont équipées du captage stockage. Enfin un programme important de construction d'éoliennes largement subventionné ne présente pas d'intérêt sur le plan des émissions de CO2.

Nous proposons la mise en construction dès maintenant d'un deuxième EPR et la fin de l'obligation d'achat pour les éoliennes.
Des centrales électriques, fonctionnant si possible en co-génération, réparties à proximité des zones de production agricoles importantes seraient un moyen très utile pour faire face à la demande électrique de pointe, pour fournir de la chaleur et pour contribuer à résorber les déchets agricoles. Nous proposons de construire plusieurs centrales utilisant la biomasse comme combustible.

 Stockage du carbone.
Le captage et stockage du carbone doivent être opérationnels avant toute mise en service industriel de nouvelles centrales à charbon, à gaz et au fioul.

 Biocarburants.
Le bilan énergétique et CO2 du bio éthanol est mauvais dans les pays européens. Nous ne pensons pas que cette production soit à encourager actuellement. Le bilan du bio-diesel est meilleur mais la productivité surfacique est faible. Nous proposons de réserver le bio-diesel à l'usage des agriculteurs et des marins de manière à protéger ces professions des fluctuations des cours du pétrole.

Nous pensons que le développement des biocarburants de deuxième génération doit être soutenu en priorité.

Récapitulation de nos propositions 

- Favoriser la diminution de l'intensité Carbone plutôt que de la simple intensité énergétique 

- Evaluer les choix de politique de l'énergie en fonction du coût de la tonne de carbone évité, en favorisant les actions qui minimisent ce coût 

- Renoncer progressivement à l'usage du fioul, du gaz et du charbon pour la production de chaleur 

- Augmenter la part de l'électricité dans la consommation finale et engager la construction d'un deuxième EPR. Soumettre toute nouvelle centrale utilisant des combustibles fossiles à l'obligation du captage-stockage. Développer l'usage du combustible bio-masse dans des réseaux de chaleur avec co-génération

- Encourager le développement des véhicules électriques

- Supprimer l'obligation d'achat de l'électricité éolienne et photovoltaïque

- Favoriser la mise au point et la diffusion des bio-carburants de deuxième génération.

 Règles d'urbanisme
Rapprocher zones d'activités et d'habitation. Mettre en œuvre une politique dynamique de soutien aux commerces de proximité par une taxe sur les grandes surfaces.

Nature des constructions et isolation
Interdire la construction de nouveaux logements ou bureaux utilisant le gaz, le fioul ou le charbon pour le chauffage et l'Eau Chaude Sanitaire. Instaurer une taxe progressive sur les chaudières à gaz, fioul et charbon de façon à décourager le remplacement des installations existantes vieillissantes par de telles installations (taxe sur le carbone actualisé)".  

  Le collectif "Sauvons le climat " fondé en mai 2004, association loi 1901 depuis Décembre 2005, a pour ambition d’informer nos concitoyens, de manière indépendante de tout groupe de pression ou parti politique, sur les problèmes relatifs au réchauffement climatique et sur les solutions proposées pour le ralentir. Il est doté d’un comité scientifique, présidé par Michel Petit, ancien responsable du groupe français d’experts au GIEC. Son manifeste a  été signé par plusieurs milliers de personnes.
La signature du manifeste et les adhésions sont possibles sur le site http://www.sauvonsleclimat.org .

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