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Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.

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Jean-Michel Quatrepoint : des vérités sur l'Europe que les élites politico-médiatiques cachent


L’Europe, variable d’ajustement des richesses

 

On a pu constater, lors de la ratification du traité de Lisbonne, que la politique libérale de l’Union européenne est masquée par les grands moyens d’information. Heureusement, il existe des médias indépendants, dont la lucidité mérite d’être soulignée.

C’est le cas du site www.marianne2.fr de l’hebdomadaire Marianne qui, ce 8 mars, propose une chronique de Jean-Michel Quatrepoint, journaliste indépendant, qu’on peut retrouver sur www.LaLettreA.fr.

« Dieu sauvera-t-il l'Europe ? »

Les récentes sorties du président Sarkozy, imprégnées d'esprit religieux, masquent mal une réalité bien palpable, faite d'inflation, de croissance en panne, de morosité européenne.

Nicolas Sarkozy posait de bonnes questions. Il apporte désormais de mauvaises réponses. Ou plutôt, il n'a pas de réponse. Durant la campagne présidentielle, il a mis le doigt sur la baisse du pouvoir d'achat, la croissance insuffisante, une Europe trop ouverte et qui ne fait pas suffisamment valoir ses intérêts. A-t-il péché par naïveté ? A-t-il cru qu'il pourrait inverser par son seul volontarisme des mouvements qui nous dépassent ? Peut-être. Reste que les Français ont pris au pied de la lettre son constat. D'autant que les faits sont venus confirmer bien vite les propos du candidat. Oui, le pouvoir d'achat est en berne. Oui, la croissance est en panne.

Les effets du libre-échange à outrance


Il y a quelques jours, Michel Barnier a eu ce cri du cœur à propos des négociations à l'OMC : nous ne pouvons pas ouvrir librement nos marchés aux technologies américaines, à la viande argentine, à l'éthanol et au soja brésiliens, aux produits manufacturés d'une Chine devenue l'usine du monde et aux services indiens. Le tout sans contrepartie.

 

Et Michel Barnier de nous expliquer que l'Europe ne peut pas être la variable d'ajustement des déséquilibres mondiaux. Pourtant, c'est bien ce qui est à l'œuvre depuis une quinzaine d'années. Dès lors que les Européens ont privilégié une vision purement libre-échangiste de la construction européenne, la messe était dite. La globalisation, dont on nous a expliqué qu'elle ne faisait que des gagnants, aboutit, en réalité, à de vastes transferts de richesses. Ces phénomènes ont été longtemps masqués au bon peuple.

Des vérités inavouables


Comment lui avouer que la mondialisation est le moyen que les multinationales ont trouvé pour décupler leurs profits ? Comment lui expliquer que c'est là un moyen de récupérer les avantages acquis par les classes moyennes occidentales sous le fordisme et pendant les Trente Glorieuses ?

 

Comment dire l'indicible ? A savoir que le capitalisme a été vertueux, performant et redistributif, parce qu'il avait en face de lui des régimes concurrents et qu'il s'agissait d'éviter que ses clients (c'est-à-dire ses salariés électeurs) ne passent chez l'adversaire. Comment nos dirigeants avoueraient-ils que le monde est régi par des rapports de force, alors qu'ils ont refusé de faire de l'Europe une puissance, pour ne pas dire une forteresse ?

 

Après quinze ans de globalisation, nos emplois à valeur ajoutée se sont évaporés. Les déficits commerciaux deviennent abyssaux. L'envolée des prix immobiliers est devenue un facteur d'exclusion. Et voilà que les prix au détail flambent à leur tour. La ponction sur le pouvoir d'achat devient bien réelle. Pas seulement en France. Elle touche pratiquement tout le monde.

Invoquer Dieu pour faire diversion


Nos dirigeants étant impuissants à agir, on lâche donc « aux chiens » quelques boucs émissaires : des centaines de fraudeurs par-ci, un trader par-là, une brochette de patrons ailleurs. Une chasse à l'homme, qui évite de se poser les questions de fond d'une mondialisation débridée, d'analyser les circuits, ô combien complexes et opaques, de la facturation d'un produit entre son départ de Chine et son arrivée dans les gondoles des pays occidentaux.

 

Et comme les boucs émissaires ne suffiront pas à apaiser la colère du bon peuple, rien de tel qu'un bon retour vers le religieux pour faire accepter la dureté des temps. Voilà pourquoi Nicolas Sarkozy nous parle de Dieu. Il n'est pas le seul. Les parlementaires allemands de la CDU-CSU étaient réunis, jeudi dernier, pour débattre autour d'un thème: « L'Europe peut-elle s'en sortir sans Dieu ? »

Retrouvez d'autres chroniques et informations sur le site de La Lettre A.

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