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Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.

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MRC : la gauche doit proposer des solutions à la crise du capitalisme


Face à la crise, l’Europe doit se réformer

 

Hier, j’ai évoqué la stratégie du MRC, en la distinguant des autres. Voir Michel Sorin : la gauche doit être rassemblée pour être populaire. Je vais aborder, aujourd’hui, en les résumant, les propositions du MRC pour mettre la gauche à la hauteur des défis de notre temps.

Nous partons des réalités de la crise

Nous sommes à la veille d’une crise sans précédent de l’économie capitaliste. La France ne sera pas épargnée. Le gouvernement prépare des réformes libérales qui ne feront qu’aggraver le mal. Elles visent à abaisser le coût du travail et à procéder au retrait de la puissance publique afin de laisser libre cours au marché.

En fait, cette crise trouve son origine dans la dictature des marchés financiers, qui a imposé la théorie de la « globalisation ». Celle-ci a deux composantes :

-          La domination du capital financier sur le capital industriel, suite à l’ouverture, à l’échelle mondiale, des marchés et mouvements de capitaux et des exigences de rentabilité des capitaux insoutenables par les industries européennes, provoquant les délocalisations vers les pays à coûts salariaux très bas.

-          Le rôle central des USA, qui ont fait de leur monnaie, le dollar, la monnaie mondiale, mais, dans les faits, l’utilisent comme si elle était seulement la leur.

La grande crise, qui s’annonce comme étant la plus grave depuis celle de 1929, est en réalité une crise américaine. Elle va déboucher sur un réexamen critique des postulats libéraux, que sont l’apologie du libre-échange, l’effacement de l’Etat, le marché roi.

C’est l’opportunité que doit saisir la gauche française pour faire entendre son message. Encore faut-il que son projet soit à la hauteur des défis de notre temps.

Les grands axes du projet républicain

- Faire face à la crise en réaffirmant clairement la souveraineté populaire et le rôle de l’Etat.

 

- Des mesures urgentes et exceptionnelles doivent être prises au niveau européen, par des institutions qui devront se réformer, en évoluant dans le feu de l’action, d’une part vers la confédération de nations au niveau des vingt-sept (le peuple français a rejeté par référendum la perspective fédérale) et, d’autre part, en instaurant un véritable gouvernement économique de la zone euro, prenant des décisions de relance dans la tradition keynésienne.

 

L’Europe doit veiller à préserver les services publics et l’agriculture. Il faut imposer à l’OMC la prise en compte de normes sociales et environnementales. La liberté des échanges n’a de sens qu’entre pays de niveau de développement économique comparable.

 

La responsabilité de l’Allemagne dans la réorientation de la construction européenne est déterminante, car ce pays, en comprimant excessivement ses coûts depuis 2000, a pu dégager d’énormes excédents commerciaux. L’Allemagne doit mettre en œuvre une stratégie coopérative de relance à l’échelle européenne. Il appartient à la France de l’y aider en formulant des propositions adaptées.

Cette perspective de réorientation de la construction européenne eût paru, il y a peu, hérétique, tant elle est contradictoire avec les dogmes de la globalisation, imposée au fil des décennies, par les Etats-Unis et relayée par l’Europe libérale. Mais aujourd’hui le système craque de toutes parts. Ce sont les Etats les plus libéraux (Grande-Bretagne - Etats-Unis - Suisse) qui utilisent les moyens de l’intervention publique.

- En France, le principe de souveraineté populaire aura matière à s’exercer. Le cadre et les repères de la République seront bien utiles dans la période qui vient.

 

- La priorité des priorités sera de maintenir notre tissu industriel. Nous ne devons pas hésiter à utiliser tous les moyens : réglementation stricte des OPA, constitution de pactes d’actionnaires stables, promotion de l’épargne salariale et de la participation des travailleurs au capital des entreprises, renforcement du rôle des grands intermédiaires publics et notamment de la Caisse des dépôts, instauration de « golden share » (action publique impliquant un pouvoir de veto), nationalisations partielles ou totales le cas échéant, de certaines entreprises stratégiques.

 

Il est temps de passer un pacte nouveau entre les entreprises, les acteurs concernés (détenteurs du capital mais aussi travailleurs), la puissance publique et les sous-traitants. Il faut remettre en cause l’actuelle dictature de l’actionnariat. Celle-ci est récente. Elle n’a pas de légitimité profonde. Nous trouverons beaucoup d’alliés, et d’abord dans le secteur productif, pour remettre en cause les règles du jeu immorales du capitalisme financier et pour définir les bases d’une nouvelle Charte de l’Entreprise.

Cette politique de redynamisation du tissu industriel s’appuiera :

- sur la relance d’un vigoureux effort de recherche orienté vers les technologies nouvelles (énergies renouvelables, réacteur nucléaire de quatrième génération, biotechnologies, NTIC, productique, nouveaux matériaux, nanotechnologies, promotion de normes et de standards ouverts),

- sur les économies d’énergie et la promotion de nouvelles formes d’habitat et de transport ainsi que sur un important programme de grands travaux d’infrastructures.

- Le renouveau de l’Etat ira de pair avec la reconquête du territoire et une décentralisation républicanisée.

La revalorisation du travail sera le socle d’une nouvelle croissance. Celle-ci permettra de garantir justement les protections sociales en tenant compte de priorités démocratiques (prise en compte de la pénibilité du travail) et en mettant fin à certains privilèges et abus (tarifs déconventionnés - concurrences privées déloyales au service public).

Cet immense effort de redressement collectif prendra appui sur une citoyenneté raffermie. Ce n’est pas le modèle républicain qui est en cause : ce sont les attaques qu’il subit. Egalité hommes-femmes, accès égal à la citoyenneté, défense de la laïcité, refondation républicaine de l’Ecole, rien de tout cela qui ne soit éminemment moderne.

Il faudra revoir notre politique d’immigration sans préjudice de la nécessaire maîtrise des flux migratoires dans le cadre d’accords de codéveloppement fondés sur l’intérêt mutuel avec les pays d’origine.

La science et la culture seront au cœur de notre démarche. Pour faire face au réchauffement climatique, une véritable écologie de l’Humanité éloignant toute tentation d’un obscurantisme paré aux couleurs de la modernité, est nécessaire. La culture doit s’ouvrir au plus grand nombre et la culture française sur le monde. La francophonie sera un des moyens de cette ouverture.

- En même temps que la France aura repris confiance en elle-même et en ses capacités, elle aura le devoir de parler aux autres pour dessiner les contours d’un monde multipolaire et pacifique, fondé sur le respect du droit international (…).

Voir Un contenu et un chemin pour la création d’un grand parti de toute la gauche

Motion d’orientation du MRC pour le Congrès des 21 et 22 juin 2008.

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