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Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.

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Gérard Beillard : contribution à la réflexion du MRC sur les retraites


La gauche doit s’engager à fond sur les retraites

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen réunira son congrès les 21 et 22 juin au Kremlin-Bicêtre. Un texte (motion d’orientation) a été transmis aux adhérents, afin qu’ils en discutent dans les comités locaux. Gérard Beillard, militant du MRC 53, a travaillé la question des retraites et préparé une contribution qu’il a présentée à la réunion de Saint-Berthevin le 5 juin. Par Internet, il a consulté des publications d’origine syndicale (CGT et CFDT, notamment) et associative, comme ATTAC.

 

La meilleure référence, à ses yeux, est l’article publié dans Le Monde, daté du 31 mai 2008. On le retrouve sur le site d'ATTAC http://www.france.attac.org/spip.php?article8606

 

Il a consulté aussi les articles parus sur ce blog, classés en catégorie Les retraites.

 

Voici cette contribution de Gérard Beillard.

 

Le système des retraites, un enjeu de société

 

Il faudra bien, un jour, décider quel mode de société nous voulons proposer à nos concitoyens. Cela demandera du courage et de la sincérité.

 

Il n’est plus possible d’accepter les retraites à moins de 1000 euros nets par mois, et les inégalités qui se creusent sans cesse entre les grandes et les petites retraites.

 

C’est le devoir d’un Etat républicain de pérenniser le système par répartition, même si le gouvernement actuel le remet en cause, et garantir les retraites pour toutes les générations (contrat intergénérationnel). Les salariés actifs paient les pensions des retraités avec une partie de leur salaire, versée sous forme de cotisation sociale. Ils savent qu’une fois venu leur tour d’être à la retraite, la génération suivante fera de même. Comme tout contrat, il ne peut reposer que sur la confiance.

 

Or, les réformes en cours, voulues par le gouvernement, programment une paupérisation des retraites.

 

Le gouvernement actuel veut augmenter encore la durée de cotisation  (de 40 à 41 ans) et engager un processus d’allongement permanent de cette durée (le MEDEF s’est prononcé pour 43,5 ans).

 

C’est une rupture historique. Comme l’écrivent dans Le Monde les responsables d’ATTAC et des syndicats FSU et Solidaires, c’est un choix de société, une certaine philosophie, pas un problème idéologique.

 

Au-delà des critiques du système, ils proposent des solutions :

 

- Revoir les mesures Balladur, qui sont à l’origine d’une baisse de 0,3% par an du pouvoir d’achat de la retraite du régime général et de 0,6% de la retraite complémentaire. La baisse serait de 0,5% pour les fonctionnaires.

 

- Prendre au mot les libéraux (qui affirment que les charges sociales portent atteinte à la compétitivité des salaires, donc à l’emploi) en adoptant un financement par l’impôt, lequel offre l’avantage de porter sur tous les revenus, y compris les dividendes et plus-value bancaires.

 

- Appliquer la loi sur l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes (loi de 1972), le salaire étant le meilleur moyen de protection sociale.

Le problème principal n’est pas le manque d’actifs, comme le prétend le MEDEF, c’est le manque d’emplois et ce sont les entreprises qui en sont responsables ainsi que, à un degré moindre, les politiques, à qui le courage fait défaut.

 

- Supprimer les exonérations de cotisations patronales affectant certains contrats d’emploi précaire.

 

- Réintroduire l’indexation des pensions sur les salaires, et non sur les prix.

 

- Garantir un taux de remplacement moyen de 75% du salaire, ce taux pouvant être modulé afin de respecter une certaine équité. Par exemple, de 100% du salaire net (SMIC), à 65%, voire 60 % (très hauts salaires).

Pas de pension inférieure au SMIC, même en cas de précarité du travail dû au chômage, au handicap, à la maladie, au travail à temps partiel subi. Valider les périodes d’inactivité forcée. Revaloriser le minimum vieillesse.

 

Cela peut se faire par une redistribution des richesses, notamment en augmentant les cotisations patronales et la base de calcul des droits à pension de la personne (par référence au salaire à temps plein). En cas de carrière incomplète (moins de 150 trimestres), réduire l’importance des abattements des trimestres manquants.

 

Comment financer ces propositions ?

 

Un rééquilibrage de la part de la masse salariale dans la valeur ajoutée est parfaitement envisageable, sachant qu’en 25 ans, cette part a diminué d’environ 8 points de PIB.

 

Parmi les profits des entreprises, la part redistribuée aux actionnaires a fortement augmenté, au détriment de la part réinvestie dans l’entreprise.

 

Au fur et à mesure de l’augmentation des besoins de financement, il s’agira d’étudier la possibilité, dans certains cas, d’augmenter la part patronale des cotisations sociales, soit par une augmentation du taux de cotisation sans changer l’assiette, soit par un élargissement de l’assiette.

 

Afin d’assurer la pérennité du financement des retraites, il faudra faire contribuer davantage les profits, notamment les profits redistribués aux actionnaires, ce qui fera remonter la part relative de la masse salariale par rapport aux profits.

Ce nécessaire rééquilibrage serait plus facile à réaliser dès lors qu’il serait articulé au niveau de l’Union européenne.

 

Dira-t-on qu’un fonds de réserve est de nature à favoriser l’investissement, lequel représente une promesse de croissance à venir ?

 

L’idée d’un « magot » transmissible dans le temps fait rêver. En fait, « la richesse n’a pas sa source dans l’accumulation intergénérationnelle, mais dans le flux permanent du travail vivant ».

 

Puisque le véritable problème à résoudre est de transférer dans le temps des ressources réelles, c’est-à-dire physiques, alors, si l’on veut préparer l’avenir, il faut donner à la génération future la capacité de produire mieux et, éventuellement davantage.

 

Pour cela, il faut investir afin de transmettre des équipements et des savoirs adéquats, en faisant en sorte que les uns et les autres ne soient pas rendus trop obsolètes par le temps, mais, en aucun cas, les placements financiers ne peuvent constituer un avenir crédible.

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C
Alors on compte sur vous, ce sera, forcément, bien !
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S
Merci, Christine, de tes encouragements. La question des retraites n'est pas bien portée par la gauche ; la motion d'orientation du MRC n'en parle pas. Gérard Beillard, ouvrier du textile, est particulièrement motivé par ce problème et il a fait l'effort de consulter les propositions des uns et des autres. Nous allons rédiger un amendement à la motion pour le congrès.
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C
Bonne idée, Michel, que cette contribution et le dossier que tu mets à disposition sur ton blog. Bel outil de travail !
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