Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Par SORIN Michel
Refonte et pérennisation du système par répartition
Gérard Beillard avait travaillé cette question des retraites, qui lui tenait à cœur. Voir, sur ce blog, l’article paru le 5 juin Gérard Beillard : contribution à la réflexion du MRC sur les retraites.
Le comité MRC 53 en a fait un projet d’amendement à la motion d’orientation du congrès 2008 Un contenu et un chemin pour la création d’un grand parti de toute la gauche à placer dans l’annexe « Un projet républicain plus que jamais d’actualité » à la fin de la partie 1-2, avec le titre suivant «Remettre le système de retraite dans la logique de solidarité».
1-2 - Revaloriser le travail
Rééquilibrer les revenus du travail et du capital
La revalorisation du travail, par rapport aux revenus du capital, peut commencer en France par la réforme des charges sociales. Nous proposons que les cotisations sociales patronales, aujourd’hui assises sur les salaires, soient graduellement remplacées par une taxe assise sur la valeur ajoutée comptable de l’entreprise. Les cotisations salariales, à l’exception de la retraite, doivent être transférées vers une CSG ne supportant pas l’impôt. Ces transferts permettront aux entreprises de poursuivre l’effort de revalorisation du SMIC et de rendre aux salariés du pouvoir d’achat. A l’inverse, les revenus du capital seraient appelés à financer bien davantage la protection sociale. Une taxe sur les contrats précaires pourrait être instituée.
Garantir les protections sociales
Le chômage important des jeunes et des salariés après 50 ans constitue une immense perte de cotisations pour les régimes de protection sociale. L’issue n’est pas dans les fonds de pension qui ne font qu’engendrer de nouveaux risques. Elle est dans la réforme de l’assiette des cotisations, l’amélioration du taux d’activité en fin de carrière... et dans le recul du chômage.
Nous voulons renforcer un système de protection universel, égalitaire et solidaire, dégagé des contraintes de rentabilité mais équilibré financièrement. Nous proposons de rendre au Parlement un rôle directeur dans la politique de santé publique et dans les dépenses de santé : prévention, politique du médicament, libérée des pressions des grands groupes pharmaceutiques, modernisation de l’hôpital public, et synergie entre médecine de ville et établissements, Agences régionales de santé, organisation du risque dépendance, etc.
Le système de retraite est un enjeu de société. Si nous voulons promouvoir une politique alternative aux politiques libérales, fondée sur l’intérêt général et respectant un humanisme républicain et socialiste, nous devons faire en sorte de pérenniser le système par répartition, c’est-à-dire garantir les retraites pour toutes les générations.
Pour cela, le gouvernement de la gauche devra procéder à une refonte du système de façon à le remettre dans une logique de solidarité :
- Prise en compte de la pénibilité et des conditions de travail, ouvrant des droits qui auront pour effet de réduire le nombre de trimestres de cotisation pour ceux qui seront concernés.
- Revalorisation des pensions à hauteur du SMIC de ceux qui, tout en ayant cotisé régulièrement, perçoivent des pensions inférieures au SMIC - pour des raisons liées à la maladie, l’invalidité, la précarité de l’emploi (CDD, intérim, temps partiel subi).
- Mise à contribution de tous les revenus du travail (l’intéressement inclus), de manière à élargir l’assiette des cotisations sociales.
- Indexation des pensions sur l’évolution des revenus du travail, et non sur les prix.
Ces propositions vont dans le sens de ce qui a été proposé par Gérard Beillard. Il est bien vrai que les salariés en situation de précarité et de faibles revenus, pour des raisons indépendantes de leur volonté, subissent l’équivalent de la « double peine » en matière de justice, ce qui provoque des inégalités croissantes et des prédispositions à la révolte, pouvant conduire à des violences sociales.
Il est vrai aussi que les méthodes de plus en plus utilisées par les directions d’entreprises (pressions individuelles sur les salariés les poussant à la démission, certes avec indemnités mais avec débouchant sur la précarité) sont de plus en plus intolérables.
Par ailleurs, de manière générale, il est anormal de ne pas accepter un traitement à part pour les postes de travail en équipes, dans des conditions de répétitivité et de pénibilité telles qu’elles ont pour conséquence d’abaisser la durée moyenne de vie de celles et ceux qui les ont occupés.
Et, comment se fait-il que les pouvoirs publics aient pu accepter de laisser perdurer la contradiction entre la multiplication des licenciements des salariés âgés de plus de cinquante ans d’une part, et la volonté affirmée d’allonger au-delà de quarante années la durée des cotisations ouvrant droit à une retraite à taux plein d’autre part ?
Il faut maintenir à quarante ans la durée de cotisation pour tous, encourager l’emploi des seniors et compenser les effets de la précarité de l’emploi sur les petites retraites, qui sont fort nombreuses.
La question des retraites est un bon test de la volonté et du courage de l’engagement réel de la gauche en faveur d’une politique de solidarité et de justice sociale, prenant en considération le besoin de dignité des êtres humains et donnant de la crédibilité à l’objectif de cohésion sociale.
On peut en dire autant de la question du système fiscal. Rappelons que la contribution par l’impôt direct est à la base de la citoyenneté. Il importe donc qu’elle soit réhabilitée.
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