Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
La gauche française organise un forum à Paris
Le comité de liaison de la gauche organise le premier forum public (mais très limité en places) des partis de gauche et écologistes (MRC, PCF, PRG, PS, Les Verts) mardi 21 octobre à 18h dans une salle du Conseil régional d’Ile-de-France à Paris, sur le thème « Quelle alternative politique dans la mondialisation ». En voici la présentation.
Chacun mesure la gravité de la crise de la globalisation financière qui traverse aujourd’hui le monde. Face à la crise financière et économique, écologique et alimentaire, énergétique, sociale, d’autres politiques sont possibles. Ces crises ne datent pas d’hier, elles ont une ampleur mondiale. Pour autant, la responsabilité, dans le cadre national, des politiques menées ces dernières années ne peut être négligée. Ces crises ne sont pas apparues sans raisons, elles sont la conséquence de choix politiques exercés à l’échelle mondiale, mais aussi à l’échelle européenne et au niveau national.
Les Partis de gauche et écologistes se sont engagés dans une démarche d’organisation de forums pour débattre sur le fond des dossiers essentiels pour l’avenir de notre pays. Ouverts aux spécialistes, aux organisations syndicales, au monde associatif, à tous les citoyens, ces débats seront des moments de travail essentiels pour la gauche : pour confronter nos analyses et propositions alternatives.
Le premier forum a pour thème « quelle alternative politique dans la mondialisation. » Ensemble, les partis de gauche et écologistes veulent confronter leurs analyses et leurs propositions à celle de personnalités scientifiques et d’acteurs du monde social.
Jean-Pierre Chevènement s’exprimera au nom du MRC. C’est un thème qui n’est pas nouveau pour lui (voir Appel à une refondation de toute la gauche).
Il faut être conscient de la situation dégradée des partis de gauche en Europe. Stéphane Dupont le montre dans un article paru le 15 octobre sur le site des Echos (cliquer sur le titre).
Les socialistes européens privés d'espace vital
On vous l'avait bien dit. » La crise est du pain bénit pour tous ceux qui dénoncent depuis des années les « dérives du capitalisme financier », la « dictature des marchés » ou la « dérégulation sauvage ». L'Etat fait un retour en force remarqué un peu partout dans le monde, y compris aux Etats-Unis, gagnés par le « socialisme financier », de l'aveu même de son secrétaire au Trésor, Henry Paulson.
L'heure est clairement à plus de réglementation et d'interventionnisme public. Un boulevard s'ouvre devant les sociaux-démocrates européens. Mais ils peinent manifestement à s'y engouffrer. Qu'ils soient travaillistes, socialistes ou sociaux-démocrates, les partis de gouvernement de gauche sur le Vieux Continent semblent incapables de surfer sur la vague des faillites retentissantes et des nationalisations expresses, qui se succèdent depuis quelques semaines, si l'on se fie aux sondages ou aux derniers résultats électoraux.
La victoire à la Pyrrhus obtenue, voilà un peu plus de deux semaines, par les sociaux-démocrates aux élections législatives anticipées en Autriche et la défaite historique des conservateurs au scrutin régional en Bavière n'annoncent pas le retour gagnant de la gauche en Europe à la faveur de la crise financière. Bien au contraire.
Le SPÖ autrichien du probable futur chancelier Werner Faymann a perdu six points par rapport aux dernières élections parlementaires, il y a tout juste deux ans, au profit notamment d'une extrême droite à un plus haut historique. Et son cousin allemand, le SPD, n'a pas gagné de terrain face à une CSU en pleine déroute, contrairement aux libéraux ou aux indépendants. Au niveau fédéral, le parti reste à la traîne dans les intentions de vote derrière la CDU/CSU de la très populaire chancelière Angela Merkel, même s'il a repris un peu de poil de la bête récemment.
En Italie, le Parti démocrate de Walter Veltroni ne s'est toujours pas remis de sa très nette défaite, au printemps, face au Peuple de la liberté de Silvio Berlusconi. En Espagne, le PSOE de José Luis Rodriguez Zapatero est, pour la première fois depuis bien longtemps, devancé dans les sondages par le Parti populaire, qu'il avait clairement battu lors des élections législatives en mars. Et au Royaume-Uni, les travaillistes du Premier ministre Gordon Brown accusent un retard considérable dans l'opinion sur les conservateurs, même s'ils ont un petit peu réduit l'écart ces dernières semaines.
Les dirigeants des gauches européennes ne parviennent manifestement pas à se faire entendre et à se démarquer, alors même que la crise financière vient de valider nombre de leurs analyses passées.
Les explications de cette impuissance ne manquent pas. Le PS en France, le Parti démocrate en Italie, le SPD en Allemagne ou le Labour en Grande-Bretagne se perdent, tout d'abord, en querelles de personnes quand il faudrait afficher un front uni.
Dans l'Hexagone, les « éléphants » ont rallumé la guerre des chefs dans la perspective du congrès de Reims et y consacrent une bonne part de leur énergie. Dans la péninsule, Walter Veltroni, affaibli après sa défaite face au « Cavaliere », essaie de se maintenir, alors que la fronde interne grossit. Outre-Manche, la jeune garde travailliste tente de pousser l'un des siens, David Miliband, l'actuel ministre des Affaires étrangères, au 10, Downing Street, à la place du très impopulaire Gordon Brown. Et outre-Rhin, le SPD vient de débarquer son trop peu médiatique numéro un, Kurt Beck, et de se choisir un nouveau candidat à la chancellerie, Frank-Walter Steinmeier, le très apprécié chef de la diplomatie au sein du gouvernement Merkel.
Les grands partis de gauche européens se sont, ensuite, beaucoup recentrés ces derniers mois, allant même parfois jusqu'à céder aux sirènes du social-libéralisme.
Un repositionnement pour le moins maladroit tactiquement, au moment où Wall Street appelait les fonds souverains et le Trésor au secours. Au moment où l'interventionnisme public et la régulation s'imposaient comme les nouvelles boussoles du capitalisme aux abois.
Avant même les élections d'avril dernier, le Parti démocrate, en Italie, avait, ainsi, jugé bon de couper les ponts avec la myriade de petits partis de gauche radicale. En France, Bertrand Delanoë s'était déclaré « libéral et socialiste » avant de se lancer à la conquête du parti socialiste. Et en Allemagne, le SPD vient de se choisir comme champion l'ancien bras droit de Gerhardt Schröder, l'un des principaux artisans du fameux « agenda 2010 », l'ensemble de réformes libérales du début de la décennie, aujourd'hui honni par la gauche du parti.
Mieux inspirés, les dirigeants de droite se sont, eux, empressés, cet été, de donner un coup de barre à gauche.
Du financement du RSA au discours de Toulon, Nicolas Sarkozy a été particulièrement en pointe dans ce domaine. Mais Silvio Berlusconi n'a pas démérité, non plus, en se muant en « sauveur » d'Alitalia. L'un comme l'autre, mais aussi Angela Merkel, ont lancé une véritable OPA sur des thèmes qu'auraient pu enfourcher avec profit leurs challengers de gauche. Les privant pour le coup d'espace vital.
Les gauches de gouvernement en Europe se retrouvent, en effet, désormais comprimées entre des droites recentrées et des gauches radicales revigorées par la déroute de la finance toute puissante et l'effondrement d'un système qu'elles n'ont cessé de combattre.
Die Linke (« la gauche ») outre-Rhin, est crédité de 15 % des voix au prochain scrutin fédéral dans un an, par certains sondages, contre à peine 20 % au SPD. Et le parti d'Oskar Lafontaine est donné gagnant lors des élections régionales à venir en Sarre.
Olivier Besancenot se classe souvent dans les enquêtes d'opinion comme le « meilleur opposant » à Nicolas Sarkozy. Et aux Pays-Bas, les travaillistes, actuellement au pouvoir avec les chrétiens-démocrates, sont débordés sur leur gauche par les socialistes aux positions nettement moins consensuelles.
Les sociaux-démocrates sont probablement convaincus que les événements actuels leur donnent raison et que leur heure fatalement viendra. Que la récession et la remontée du chômage feront leur oeuvre et leur profiteront à terme dans les urnes. Mais rien n'est moins sûr, le SPD et le SPÖ viennent d'en faire l'amère expérience en Allemagne et en Autriche.