Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Par SORIN Michel
Pour un meilleur équilibre entre le travail et le capital, il faut un syndicalisme unifié, représentatif et puissant
Trois faits m’incitent ce soir à évoquer la question syndicale. Le premier est local et concerne le groupe laitier Lactalis (ex-Besnier), lavallois de naissance et de fait car il a tenu à maintenir son siège à Laval et à rester mayennais alors que tout l’attirait vers la région parisienne. Le second est national : le Conseil économique et social (CES) propose de changer les règles de représentativité syndicale et va publier un avis qui peut contribuer à faire évoluer le paysage social en France. Le troisième est mondial : en ce moment, à Vienne (Autriche), est en train de naître une confédération syndicale internationale qui est une quasi-unification du syndicalisme à l’échelle de la planète. Au niveau de la Mayenne, le groupe Lactalis, dont l’origine remonte à André Besnier en 1933 (fromagerie, un employé), est le second groupe laitier mondial (26 500 employés, 119 unités industrielles, dont 43 à l’étranger). Cette entreprise s’est organisée avec la volonté d’exclure le fait syndical. Elle s’est structurée en sociétés indépendantes, imbriquées les unes dans les autres, qui ont donné naissance à autant de comités d’entreprise. La discussion d’ensemble et la représentation syndicale y ont toujours été très difficiles, surtout en Mayenne, où la CFDT n’y a des représentants que depuis deux ans. Il a fallu le rapprochement de Lactalis et Nestlé (création d’une filiale commune sur les produits laitiers frais en Europe, dominée à 60% par Lactalis) pour que débarquent en Mayenne (pour des visites et réunions de travail) des responsables CFDT des différents sites de la nouvelle unité et que la direction admette le fait syndical. Car les syndicats CFDT et CFTC sont présents chez le groupe suisse depuis une trentaine d’années. Impossible de ne pas les reconnaître. Au niveau national, en réponse à la demande du Premier Ministre concernant la réforme du dialogue social, le Conseil Economique et Social va proposer, notamment, de baser la représentativité syndicale sur « un choix des salariés exprimé lors d’une consultation électorale nationale », qui pourrait être les élections prud’homales. Cette proposition ne fait pas l’unanimité des syndicats. La CGT est pour, la CFDT est contre car, pour elle, il faut partir des entreprises et des branches. Les trois autres confédérations expriment des réticences à remettre en cause leur droit actuel de représenter les salariés quelle que soit leur implantation réelle dans les branches ou dans les entreprises. Pour leur part, UNSA et Solidaires attendent avec impatience la modification de ces règles. Dans son avant-projet d’avis, le CES fait aussi des propositions « sur le financement des syndicats, l’évolution vers des règles d’accord validé par une majorité d’engagement des salariés, et sur la syndicalisation dans les PME ». Au niveau mondial, l’initiative de recomposition syndicale, qui va aboutir à la création de la Confédération syndicale internationale* rassemblant 360 organisations (dont la CGT, la CFDT, FO et la CFTC) réunissant 190 millions de salariés de 150 nations, est un événement qui peut aider le syndicalisme à se renforcer et être mieux reconnu dans les négociations face aux firmes multinationales et aux organismes internationaux. Selon le futur responsable de la CSI, celle-ci « devra conduire des stratégies syndicales mondiales pour contrer celles du capitalisme, dont la mondialisation a entraîné en vingt ans un basculement majeur des revenus au détriment des salaires et au profit du capital. Elle devra défendre le syndicalisme là où il est faible et oppressé ». La CSI recherchera les contacts avec les ONG et sera présente dans les forums sociaux des altermondialistes. * La Fédération Syndicale Mondiale, 3ème confédération internationale, n’est pas partie prenante de ce rassemblement à Vienne.
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