Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Par SORIN Michel
La peur du danger climatique commence à réveiller
les gouvernements et les citoyens Le rapport du gouvernement britannique chiffre à 5 500 milliards € les conséquences prévisibles du changement climatique au 21ème siècle, dans le cas où rien ne serait fait pour lutter contre la croissance des gaz à effet de serre (Le Monde, 1er novembre 2006). Cette évaluation du prix à payer, en termes de baisse de produit intérieur brut mondial, est spectaculaire et volontiers alarmiste. Mais elle est justifiée par l’ampleur du problème posé à l’humanité et, donc, aux citoyens que nous sommes, ainsi qu’ aux pouvoirs publics qui nous représentent. En outre, ce rapport présenté par le directeur du budget et des finances publiques du Royaume-Uni cherche à contrecarrer les arguments avancés par les Etats les plus pollueurs de la planète, notamment le principal d’entre eux, les USA. Ceux-ci n’acceptent pas les contraintes économiques liées à la lutte contre le réchauffement climatique. L’autre intérêt de ce rapport est son approche volontariste. Il met clairement la responsabilité de l’action dans le camp des artisans de la politique étrangère et économique. Le gouvernement britannique, appuyé par l’ensemble des forces politiques du pays, met la pression sur ses partenaires européens et américains (USA, Canada). Il mise sur la double présidence allemande (G8 et UE) en 2007 et peut compter aussi sur les élections législatives aux USA le 7 novembre, et sur l’action médiatique de l’ancien vice-président Al Gore (par son film sur la défense de la planète) pour faire pression sur l’administration Bush, afin que celle-ci décide de ratifier, enfin, le protocole du traité de Kyoto. En fait, les mesures préconisées par le rapport Stern ont pour objet d’impliquer tous les pays, riches et pauvres, dans l’action (le protocole de Kyoto n’a été signé que par 34 pays et les pays en développement sont autorisés à ne pas appliquer les conventions signées). Désormais, il faut passer à la vitesse supérieure : l’approche isolée ne suffit plus, elle doit laisser la place à une action internationale avec des objectifs communs à long terme. Les quatre grandes mesures concernent les permis d’émission de gaz à effet de serre, la coopération technique pour le développement des technologies qui n’émettent pas beaucoup de CO², la lutte contre la déforestation et l’adaptation économique (agricole et industrielle). La date de publication de ce rapport ne doit rien au hasard. En effet, s’ouvre le 6 novembre au Kenya, la 12ème conférence internationale sur le climat (Le Monde, daté du 4 novembre), et les principaux pays pollueurs ne semblent toujours pas déterminés à agir. Lors de la rencontre CIVIQ, le 26 octobre à Saint-Berthevin, Gérard Pierre avait indiqué le classement de quelques pays selon leur production de carbone par habitant. Ainsi, les tout premiers sont le Qatar (1er, 18 tonnes), l’Australie, les USA (6ème avec 6,6 t). L’Allemagne et la France sont classées respectivement 27ème (3,2t) et 54ème (2,3t). La Chine et l’Inde sont 97ème (1,1t) et 140ème (0,5t) mais avec une forte croissance économique et une grande consommation d’énergies fossiles (charbon, notamment, pour la Chine). Il avait aussi rappelé que 80% de l’énergie consommée dans le monde est d’origine fossile (charbon, pétrole, gaz, environ 1/3 chacun), et que la combustion de ces énergies est à l’origine des gaz à effet de serre. En France, l’autosatisfaction gouvernementale cache mal des moyens d’actions inappropriés et très insuffisants. Face à la réduction drastique de l’utilisation des énergies fossiles, la solution nucléaire ne suffira pas. Il faudra associer, dans une bonne complémentarité, énergie nucléaire et énergies renouvelables, en cherchant à économiser et à rendre plus efficace l’énergie consommée. C’est le moment de saisir l’opportunité de la période électorale pour engager un grand débat citoyen sur la politique énergétique nationale, en relation avec l’Union européenne.
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