Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Par SORIN Michel
Un siècle après les lois de 1905
Les relations des cultes avec les pouvoirs publics
au cœur des débats sur la laïcité
Avec son livre sur La République et les religions, Nicolas Sarkozy a cherché à remettre en question la laïcité à la française, considérant que les lois laïques de 1905 ont besoin d’une actualisation dans un sens communautariste.
En plaçant sur orbite « la Commission de réflexion juridique sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics » présidée par le professeur Jean-Pierre Machelon, il veut aboutir à faire évoluer les textes, mais aussi les pratiques de financement des religions, considérant celles-ci comme des auxiliaires des services publics. Cette volonté n’a pas manqué de susciter des réactions, notamment depuis la publication le 20 septembre dernier du rapport de la Commission Machelon. Le débat doit avoir lieu et s’inscrire dans la perspective de l’élection présidentielle, très proche maintenant. Je renvoie au journal en ligne ReSPUBLICA (voir le lien Internet sur ce blog) qui publie dans ses numéros 482 et 483 des échos des débats laïques, notamment la réflexion de Bernard Teper (l’un des deux conférenciers de la rencontre CIVIQ du 20 avril 2006 à Laval) et les cinq questions à Nicolas Sarkozy, liée à l’interrogation « La religion, service public ? », par le professeur Henri Pena Ruiz (qui était aussi venu à Laval le 27 janvier 2005, invité par le collectif laïque mayennais, créé dans le cadre du centenaire de la loi de 1905). Commençons par les questions pertinentes du professeur Pena Ruiz, auteur du livre « Qu’est-ce que la laïcité ? » aux éditions Gallimard. La religion, service public ? Cinq questions à Nicolas Sarkozy Monsieur le Ministre, vous avez repris à votre compte une formule forte. "Pas de tabou". Très bien. Alors posons cinq questions devenues cruciales après la publication du rapport Machelon. La laïcité, aujourd'hui menacée de toutes parts, mérite bien que toute la lumière soit faite sur des révisions annoncées. Le débat public pourra ainsi être pleinement éclairé. Première question. Les humanistes athées doivent-ils jouir des mêmes droits que les croyants ? Deuxième question. Quelle égalité s'agit-il de promouvoir ? Troisième question. Quelle priorité pour les pouvoirs publics ? Quatrième question. Quelle conception de la lutte contre le fanatisme ? Cinquième question. Que reste-t-il de la laïcité, et de la République, si on rétablit un financement discriminatoire ? Voir ReSPUBLICA n° 483 sur www.gaucherepublicaine.org Ensuite, la réponse intéressante de Bernard Teper à la question « Pourquoi n’arrivons-nous pas à coordonner nos forces ? » (question de celles et ceux qui ne comprennent pas pourquoi les laïques sont si divisés). Voir ReSPUBLICA n° 482. D'abord, il faut se mettre d'accord sur l'analyse du monde actuel. Est-on d'accord, par exemple, que ce qui caractérise la période est un monde ou le néolibéralisme est allié au néo-communautarisme? Et donc qu'il faut combattre les deux en même temps !!! Si oui, il faut se regrouper dans une organisation qui reprend les idées de Jean Jaurès: "lier le combat laïque et le combat social pour pousser la république jusqu'au bout !!!". On ne me fera pas croire que l'on peut rassembler les laïques sans fixer le cadre politique de ce rassemblement. Aujourd'hui pour différentes raisons (en particulier l'effondrement de la bourgeoisie nationale, creuset historique des républicains de droite et du gaullisme), la stratégie d'alliance des républicains des deux rives est une impasse (que ce soit pour Chevènement ou pour d'autres). C'est pour cela que les gaullistes de gauche conséquents sont passés de l'alliance gaulliste à un positionnement à gauche ! Refuser l'organisation des laïques et des républicains de gauche et d'extrême gauche, c'est refuser de mener à terme la bataille laïque et républicaine tant nous avons besoin d'une organisation pour cela. Venons-en à cette autre question. Oui ou non, est-il nécessaire de s'organiser dans une organisation démocratique ou suffit-il de fonctionner en collectif sous la règle implicite anti-démocratique du consensus sans fondement explicite ? Croire un instant que l'on peut lutter pleinement pour la laïcité sans construire un espace démocratique avec délibération démocratique, c'est continuer à croire au père Noël !!! Terminons par la troisième condition. Toute tentative de vouloir sanctuariser la laïcité du reste des principes républicains est vouée à l'échec. La laïcité n'est pas un principe désincarné sans lien avec les autres principes. Prenons un exemple : les banlieues populaires. Croire un instant qu'il suffit seulement de la laïcité ou seulement de la sûreté ou seulement du social est une imposture !!! Pour un laïque et un républicain de gauche ou d'extrême gauche, il n'y a pas de combat républicain qui ne lie pour la période les principes de liberté, d'égalité, de fraternité, de laïcité, de solidarité, de démocratie, de sûreté, de souveraineté populaire et de développement durable. Toute séparation dans ces principes voue ceux qui l'organisent à rester dans une impasse théorique et pratique. On ne peut pas raisonner en dehors de l'analyse du monde. Si je paraphrase Condorcet, je dirais que si un des principes énoncés n'est pas appliqué, nous ne sommes plus dans une république. Voilà dans quel cadre, la laïcité peut être un principe révolutionnaire ! »
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