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Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.

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Extraits de l'intervention de JP Chevènement hier soir au gymnase Japy à Paris

 

Le texte complet de l’intervention de JP Chevènement est à voir sur le site du candidat www.chevenement2007.fr

 Ci-après, la seconde partie sous le titre

 Faire respecter le vote du 29 mai 2005

« La situation est grave, beaucoup plus encore qu’en 2002. Ce sont les mêmes problèmes qui se posent mais considérablement aggravés.

 Au plan international d’abord : au Moyen-Orient où la funeste « guerre des civilisations » décrétée au lendemain des attentats du 11 septembre a détruit l’Irak et nous fait côtoyer le précipice de nouveaux conflits qui ne nous laisseraient pas indemnes.

 Aux Etats-Unis, la conjoncture économique se retourne et l’année 2007 s’annonce difficile. Le dollar baisse et l’euro cher asphyxie l’économie européenne.

 En France même, que voyons-nous ?

 Quasi stagnation économique depuis cinq ans, l’euro cher – 60 % de plus qu’en l’an 2000, 1 dollar 32 centimes au lieu de 80 centimes de dollars – accélère les délocalisations, pénalise les exportations, décourage l’investissement ; un chômage de masse s’est installé, qui ne recule pas, malgré les statistiques trompeuses, comme le sont aussi celles qui concernent le pouvoir d’achat. Depuis l’instauration de l’euro, le prix du café au comptoir a plus que doublé et celui du litre d’huile a augmenté de 82 % !

 Jamais les inégalités n’ont été aussi profondes et aussi scandaleuses entre les salaires faramineux des grands patrons et les salaires de misère des travailleurs pauvres – 7 millions qui gagnent moins de 700 euros par mois. Rockefeller, qui n’était pas un anticapitaliste forcené, déclarait jadis qu’il ne devait pas y avoir entre son salaire et celui de l’ouvrier le moins payé un écart supérieur à 40 : nous en sommes loin ! Entre le salaire de M. Tchuruk et celui d’un ouvrier d’Alcatel le rapport est de 1 à 1500 !

 L’injustice triomphe. La jeunesse piétine devant un avenir bouché. L’ascenseur social ne fonctionne plus. L’intégration des jeunes issus de l’immigration est de plus en plus difficile. La peur et la rancœur dominent trop souvent le paysage de nos banlieues. La République s’efface devant la montée des communautarismes.

 Or, les candidats en lice ne proposent aujourd’hui que des remèdes ordinaires, voire de simples placebos.

 Dans la psychologie des Français, deux tendances se manifestent, si je mets à part les rentiers de la finance, les classes moyennes en effet dans leur appréhension de l’avenir, rejoignent de plus en plus les classes populaires.

 Nous observons d’une part une tendance au sauve-qui-peut, caractéristique de l’hyper individualisme libéral, au triomphe de l’égoïsme individuel et à la résignation collective. Ce fatalisme, ce « no future », est terriblement inquiétant, quand il touche tout un peuple, comme ce fut le cas à la fin des années trente.

 Mais d’autre part il y a dans notre pays un refus de l’écrasement, une aspiration au changement. Il peut certes prendre la forme du rejet, mais le rejet n’est-il pas déjà la manifestation en creux de l’espoir en l’avenir ? Depuis le 21 avril 2002, la société française nous dit que cela ne peut plus durer. Ne l’a-t-elle pas manifesté de manière éclatante, le 29 mai 2005, en rejetant le projet de « Constitution européenne » ? Son adoption aurait signé l’arrêt de mort de la démocratie républicaine et l’acquiescement à l’ordre de plus en plus injuste du monde, à cette dictature du capitalisme financier qui s’est progressivement installée depuis deux décennies.

 Tout l’enjeu de cette campagne présidentielle est de savoir quelle tendance l’emportera. D’un côté, la résignation à subir. Ou de l’autre, l’espoir du changement ?

 Oui, l’enjeu de cette campagne est d’armer la volonté de notre peuple et d’abord pour faire respecter son vote du 29 mai 2005.

 Quelle suite aujourd’hui a-t-elle été donnée au vote de nos concitoyens ? Quelles propositions ont été faites à nos partenaires européens ?

 Nous avons eu droit aux mines contrites, défaites, de nos dirigeants qui cherchaient à s’excuser à Bruxelles du vote de leur peuple. Ils avaient honte de leur propre peuple !

 Notre pays en a assez de ces hommes politiques qui s’excusent des choix de la France, que ce soit contre la guerre d’Irak ou à propos du référendum. Il est temps de renouer la confiance entre les citoyens et leurs dirigeants.

 Il est temps que celles et ceux qui ont la charge de la France commencent par en être fiers !

 Les citoyens français n’ont pas dit Non pour des prunes !

 Qui aujourd’hui est en mesure de prendre appui sur le vote populaire pour sortir de l’ornière et ouvrir le chemin de l’avenir ?

 J’entends parler d’un candidat antilibéral, à vrai dire introuvable … Mais le candidat antilibéral, c’est moi !

 Depuis des années, de toutes mes forces, j’ai averti mes concitoyens sur les périls d’une intégration aveugle, sur le contenu du traité de Maastricht, sur la manière absurde dont était conçue la monnaie unique, sur la politique dogmatique et dangereuse de la concurrence.

 Avec le temps, les Français ont à présent établi le lien entre ces choix européens qui n’eussent pas été possibles sans la confiscation de la souveraineté populaire et les délocalisations, le chômage de masse, la liquidation des services publics. Voilà pourquoi je vous propose de conduire le pays vers des choix novateurs, de tirer l’Europe libérale de son impasse, pour impulser les électrochocs nécessaires et redresser enfin l’entreprise et cela dans l’intérêt de la France et de l’Europe elle-même.

 Oui je suis le seul candidat antilibéral et républicain à la fois.

 Car l’antilibéralisme n’est pas en soi un programme, si on n’affirme pas en même temps la responsabilité du citoyen.

 Les marchés financiers ne sont pas l’horizon de l’Humanité. Ceux qui ont décrété la fin de l’Histoire se trompent et vous trompent. Le capitalisme patrimonial chanté par Alain Minc n’est pas le terminus de l’Histoire. Ce sont les peuples qui font l’Histoire, à commencer par le nôtre, le peuple français, qui n’a pas dit son dernier mot ».

 Voir www.chevenement2007.fr

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