Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
« Adieu, de Gaulle et Mitterrand, vivent M. et Mme Tout-le-Monde ! L'élection présidentielle de 2007 a un air de revanche : celle des gens ordinaires. Le citoyen de base, qui se sent si souvent oublié, voire méprisé, par les décideurs et les médias, tient aujourd'hui la vedette d'un film qui pourrait s'appeler L'Homme de la rue, ce héros. Sujet de préoccupation principale des compétiteurs, mais aussi acteur et non plus simple spectateur des émissions politiques, cet électeur ordinaire, avec ses joies et ses difficultés banales, marque la campagne, jusque dans le langage et le style des discours. Jamais les principaux candidats à une présidentielle n'avaient fait tant d'efforts pour se banaliser. Jamais ils n'avaient déployé autant d'énergie pour ressembler à un "Français moyen". Dominique Strauss-Kahn a résumé l'ambiance, en lançant le 6 mars, devant un parterre d'avocats : "Aujourd'hui, le fond n'a plus d'importance. Ce qui compte, ce n'est pas ce qu'on dit, mais la façon dont on le dit. Une des caractéristiques de cette élection présidentielle est ce changement-là : nos compatriotes ont envie d'être représentés par des gens comme eux." Le 8 mars sur France 2, lors de l'émission "A vous de juger", Nicolas Sarkozy affirmait contre toute évidence : "Je suis un homme comme les autres." Deux semaines plus tard, le 21 mars, au Zénith de Paris, François Bayrou se voyait en "président du peuple". Le nouveau slogan à double sens de Ségolène Royal, "La France présidente", est venu s'inscrire dans la même veine. Les candidats rivalisent donc de simplicité, voire d'humilité, dans leur manière de s'exprimer comme dans le choix des sujets, ou la façon de les aborder. Le positionnement de Mme Royal sur ce créneau est le plus spectaculaire, peut-être le plus réussi. Le 11 février à Villepinte, en affirmant pendant la présentation de son "pacte présidentiel" qu'elle réagissait "en tant que mère" au problème des jeunes de banlieue, la candidate socialiste a réussi à soulever la salle. Avant de choisir délibérément le terrain de l'émotion, le 19 février, lors de l'émission "J'ai une question à vous poser" de TF1. Le moment le plus percutant de la soirée a été celui où elle a quitté sa place pour aller réconforter un malade en fauteuil roulant. Les électeurs, et surtout les électrices, sensibles au "style Royal" se fichent des critiques sur ses flottements ou sa très forte atteinte de "sondagite" : ils sont séduits par une candidate qui leur ressemble, femme, mère de famille, préoccupée par le quotidien et les solutions concrètes, plus que par les grandes envolées idéologiques, apanage de la politique masculine. Et puis, désormais, les candidats écoutent. M. Bayrou a fait tout un tour de France en soulignant à chaque étape qu'il n'était pas là pour promettre, mais pour entendre et comprendre. Là encore, Mme Royal est allée plus loin en élevant l'écoute de l'électeur au rang de méthode politique, avec la "démocratie participative" pour bâtir son programme, puis, si elle accède à l'Elysée, des "jurys citoyens" à tous les niveaux pour contrôler le travail des élus. Cette tactique vise en particulier la "France d'en bas" chère à Jean-Pierre Raffarin, cette France des régions, présumée porteuse, plus que Paris l'élitiste, des valeurs des "vraies gens". Ainsi, au fil de la campagne, M. Bayrou s'est mis à jouer sur un registre de plus en plus proche du célèbre "J'suis qu'un pauv'paysan" de Fernand Raynaud. Jusque dans le légendaire sens de l'économie de la paysannerie française... Dans cette course à la simplicité, Nicolas Sarkozy le Neuilléen a d'ailleurs un handicap, lui qui ne peut se prévaloir ni de ses racines rurales, ni de sa proximité avec la France des banlieues. L'une des raisons majeures de cette inflexion est bien sûr le double traumatisme des 21 avril 2002 et 29 mai 2005. Ces deux scrutins avaient montré que toute une partie du pays se sentait incomprise, voire délaissée par les partis de gouvernement. Les dirigeants politiques, en particulier les candidats d'aujourd'hui, ont alors compris ce qu'il en coûte d'oublier les classes populaires, dans un pays où employés et ouvriers représentent plus de la moitié de la population active. D'autant que ces douloureuses piqûres de rappel intervenaient dans un climat déjà marqué par un flux de critiques face aux lourdeurs et à l'essoufflement de la "République monarchique" que représente la Ve aux yeux de ses détracteurs. PROMOTION DU CITOYEN LAMBDA Cette séquence présidentielle d'un nouveau genre a l'avantage d'être revigorante. La promotion inespérée du citoyen "lambda", en haut de l'affiche, participe sûrement à l'engouement qui marquera le cru 2007. Avec un inconvénient : on frôle quelquefois le degré zéro de la politique, quand l'orientation générale, la conception du bien public que chaque candidat est censé proposer, se noie dans le flou et l'addition de problèmes particuliers traités un par un. Avec parfois la tentation de céder à une certaine facilité, voire un zeste de démagogie. Sans oublier, comme l'a souligné M. Sarkozy le 8 mars sur France 2, que le nouveau président devra rester un "leader". Celui d'une des cinq premières puissances économiques mondiales et des trois premières militaires. Ce n'est pas un hasard si les critiques envers Mme Royal se sont, un temps, cristallisées sur les questions de défense nationale, en particulier nucléaires, avec lesquelles elle n'est visiblement pas à l'aise : le prochain président devra certes descendre de son piédestal, mais aussi garder, si l'on peut dire, un doigt prêt à appuyer sur le bouton nucléaire... De façon moins dramatique, on sait que le prestige, l'influence et la légitimité d'un grand pays se jouent, aussi, sur le magnétisme et l'autorité de son principal dirigeant dans les rencontres internationales. Autrement dit, il a longtemps été admis que le vainqueur à l'élection présidentielle était celui qui savait le mieux apporter de l'espérance, voire du rêve, au pays. Désormais, les candidats sont condamnés à manier avec aisance la conjonction des contraires : le charisme doit se combiner à la proximité. Enfin, si, après le "cocooning" dont il a fait l'objet pendant la campagne, l'électorat a de nouveau l'impression d'avoir été abusé, le retour de bâton pourrait être d'autant plus violent. Un peu comme la déception, après les promesses non tenues de M. Chirac en 1995 sur la "fracture sociale", avait sans doute contribué à propulser Jean-Marie Le Pen au second tour en 2002. Ce n'est pas le moindre des risques que courent les candidats, et la démocratie ».