Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Par SORIN Michel
Moins de régulation et plus de marché
La très libérale Commissaire européenne à l’agriculture, Mariann Fischer Boel, publie un « bilan de santé » de la Politique Agricole Commune (PAC), c’est-à-dire un constat de la mise en œuvre de la réforme de 2003.
Cette réforme historique de 2003 faisait plonger l’agriculture dans le marché, délaissant les mécanismes de régulation de la production agricole. C’était une forme d’abandon de la politique agricole, ne tenant pas compte de la spécificité de l’agriculture, qui est d’assurer la sécurité de l’approvisionnement en produits alimentaires (en quantité et en qualité).
Pour 2008-2013, Bruxelles persiste et amplifie la démarche libérale, se limitant à des interventions à la marge sur les aides directes (plafonnement des aides aux très grandes structures – la France est peu concernée) et sur les modalités de versement de ces aides (il serait tenu compte davantage des surfaces cultivées que de l’historique des aides).
Il ne s’agit donc pas d’une réorientation ni d’une réforme de la PAC, mais d’une légère adaptation en fonction de l’évolution erratique des marchés agricoles. Jusqu’en 2013, le budget restera stable (environ 42 milliards d’euros, ce qui est le premier poste de dépenses - 43% du total – mais relativement beaucoup moins que dans les années 1970 – plus de 85% du budget européen).
Ce texte va être soumis à la discussion au niveau des Etats avant une décision du Conseil des ministres de l’agriculture qui aura lieu au cours du second semestre 2008, lorsque la France assurera la présidence de l’Union.
Quelle sera la position du président Sarkozy qui, en septembre, voulait une réorientation de la PAC, compte tenu de l’augmentation spéculative de certaines matières premières agricoles. Le ton du ministre de l’agriculture a déjà baissé. Hier, il souhaitait une PAC « plus durable et plus équitable ». On verra, mais il y a fort à parier que la France ne contestera pas l’orientation néolibérale portée par la Commission européenne.
Il est clair qu’une nouvelle politique agricole ne pourrait venir que de la gauche, d’une gauche qui aurait la volonté politique de réorienter la politique européenne et de faire de la politique agricole et alimentaire une application concrète de ce changement d’orientation.
A la primauté du libre-échange, elle devra préférer de nouvelles priorités :
- la sécurité alimentaire, qui implique des prix permettant aux agriculteurs de mettre sur le marché des produits correspondant à la demande des consommateurs ;
- une agriculture économe et écologique, tout en restant intensive, afin de répondre à la demande alimentaire croissante dans le monde ;
- des aides publiques plafonnées et réorientées vers les petites et moyennes exploitations et en lien avec des objectifs sociaux et territoriaux.
Il faudra tenir compte des bouleversements climatiques qui risquent de compromettre la production agricole dans de vastes zones de la planète.
Nourrir un monde marqué par d’énormes disparités, cela suppose de favoriser la mise en œuvre d’une politique agricole et alimentaire, environnementale et rurale, prenant en considération les besoins des populations dans leur diversité, et, d’abord, sur le plan de la santé publique.
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