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Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.

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Colloque des Amis de Louis Malassis : Michel Petit et la conclusion de Jo Guenanten


Le libre-échangisme n’est pas la solution

 

L’objectif, lié au thème du colloque, était ambitieux : les défis de l’agriculture au 21ème siècle. Ce colloque, qui a eu lieu le 27 novembre 2007 à l’Agrocampus de Rennes, a été magistralement introduit par un exposé de Bruno Parmentier (voir, sur ce blog, l’article paru le 17 décembre dernier) suivi d’une table ronde, les débats de la matinée ayant été résumés par Henri Baron (voir, sur ce blog, l’article paru le 30 décembre).

 

Je complète aujourd’hui cet aperçu du colloque par un extrait de l’intervention, l’après-midi,  de Michel Petit, ancien directeur de l’agriculture et du développement rural à la Banque mondiale. Les organisateurs lui avaient demandé de traiter la question de l’organisation agricole mondiale : est-ce possible, sous quelles formes, sous quelles conditions ?

 

Cette question évoquée dans ses ouvrages par Louis Malassis pose le problème de la gouvernance mondiale de l’agriculture en fonction des besoins alimentaires des populations.

 

Voici ce qu’en a dit Michel Petit, en faisant l’historique des décisions des pouvoirs publics, concernant les relations entre l’agriculture et le commerce.

 

Remise en cause au GATT

 

(…) La guerre débouche sur une forme de repentir intellectuel. La course au protectionnisme, et les crises qui ont suivi, sont considérées comme étant à l’origine de la guerre.

Sans parler de libéralisme, des instruments de libéralisation du commerce sont mis en place. A ce stade, il ne s’agit pas de marché commun.

 

Les USA mettent en avant l’exception agricole, car ils veulent une politique agricole nationale souveraine, par peur du marché commun agricole. L’Europe refuse de se soumettre aux pressions des USA. Elle ne bougera pas jusqu’à l’Uruguay Round.

 

Alors, se produit un revirement. En Europe, les agriculteurs sont isolés, les Français surtout, sur la question de la libéralisation du commerce des produits industriels et de services. A Blair House, les produits agricoles sont intégrés dans la libéralisation. On réexamine les bénéfices et les coûts de l’intervention sur les marchés. On constate que les bénéficiaires sont les propriétaires de foncier agricole (prix élevés) et les perdants sont les consommateurs, les contribuables et les concurrents. L’accord agricole de Marrakech, inéquitable pour les pays en développement, est un compromis.

 

Le rôle de l’OMC

 

L’Organisation mondiale du commerce, qui succède au GATT, joue un rôle important pour l’agriculture. Les négociations du GATT étaient dominées par la confrontation entre les USA et la CEE.

 

La création du groupe de Cairns (les pays les plus libéraux qui mettent en cause le protectionnisme européen et américain, notamment les subventions aux exportations de produits agricoles) a mis la CEE sur la défensive lors du nouveau cycle de négociations multilatérales et multisectorielles.

 

- Seattle (aux USA), en 1999, fut un échec lié aux manifestations d’opposition, la mobilisation étant surtout le fait des syndicats ouvriers américains.

 

- Doha (au Qatar), le lieu choisi en 2001 afin d’éviter les manifestations, a lancé le cycle du développement, de nombreux pays en voie de développement étant nouveaux adhérents de l’OMC.

 

- A Cancun (au Mexique), en 2003, un accord agricole est recherché, condition d’un accord global. Le texte commun provoque une levée de boucliers de la part des pays émergents (Brésil, Inde, Chine, notamment) qui mettent en cause les soutiens (USA et UE) à l’agriculture. Ces pays ne sont pas prêts à libéraliser le commerce des produits non agricoles.

Les pays les moins avancés (PMA) prennent du poids dans les négociations, le dossier du coton étant le plus emblématique.

 

- A Marrakech (au Maroc), en 1994, un nouveau règlement des différends avait été institué. Celui-ci s’appliquera si le cycle de Doha n’aboutit pas. Les procédures contentieuses se multiplieront.

 

Les principes d’une régulation agricole

 

Quelles seraient les bases d’une organisation des marchés agricoles (OMA) ? La Banque Mondiale, elle-même, n’a pas d’action au plan mondial. Un accord intergouvernemental est nécessaire. Un consensus n’est pas possible sur cette question entre les Etats.

 

Il faudrait d’abord qu’existe une communauté épistémique, c’est-à-dire, qui donne du sens, comme, par exemple, le GIEC* dans le domaine du changement climatique (* le GIEC - groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat - est une association de nations qui ont décidé de rassembler les informations afin de mieux comprendre les fondements scientifiques des risques liés au changement climatiques d’origine humaine).

 

Des accords intergouvernementaux ne sont pas en vue sur les questions agricoles débattues à l’OMC. Le laisser-faire n’est pas satisfaisant mais la solution n’est pas dans une organisation mondiale de l’agriculture, qui apparaît plutôt utopique. Il y a beaucoup à faire aux plans national et international et, d’abord, comme l’écrivait René Billaz, au niveau de l’organisation professionnelle des agriculteurs.

 

 

Conclusion par Jo Guenanten, président de l’association organisatrice de ce colloque

 

Ce colloque a réuni 300 personnes, dégagées de tout corporatisme, autour de l’idée de Louis Malassis : une agriculture nourricière, productive et durable.

 

A propos des femmes africaines, Malassis s’est intéressé à leur rôle, qu’il juge important, dans la formation des paysans.

 

Concernant le libéralisme, le libre-échangisme n’est pas la solution. Il faut mener le combat pour la souveraineté alimentaire, protéger les agricultures, les amener à s’organiser dans le cadre de blocs régionaux. Les produits agricoles ne sont pas des boulons, il ne faut pas les traiter de la même façon dans les échanges internationaux.

 

Louis Malassis milite pour une mondialisation humanisée et sa préférence va à l’agriculture familiale.

 

Ce colloque a été préparé par des « anciens combattants » avec des jeunes du MRJC. Un compte rendu en sera fait. Pour l’avenir, on verra (…).

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