Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Par SORIN Michel
Benoît Hamon et l’aile gauche au complet
Le Conseil national du PS a enregistré ce soir six motions (textes d’orientation), qui seront présentés au vote des adhérents le 6 novembre. C’est conforme à ce qui se dessinait dimanche (voir PS : la logique est respectée dans les alliances internes de congrès - 21 septembre 2008).
En fait, quatre motions se partageront les votes ; les deux autres feront de la figuration.
La géographie politique du Parti socialiste est bouleversée à quelques mois du congrès de Reims. Les quatre principales motions déposées hier dessinent un drôle de paysage. L'affrontement annoncé, depuis des mois et des mois, entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë a cédé la place à une bataille quadripolaire aussi ambiguë qu'incertaine.
Les deux présidentiables les plus en vue – celle qui a déjà été candidate et celui qui voudrait l'être – sont certes toujours dans la course. Mais Royal et Delanoë ont dû prendre des gants. Consciente de l'affaiblissement de son influence dans le parti, la présidente de Poitou-Charentes s'abrite désormais derrière Gérard Collomb et les barons d'une « Ligne claire » qui ne mérite plus vraiment ce nom. Quant à l'ambition du maire de Paris, elle doit encore plus être dissimulée depuis le ralliement de Pierre Moscovici, l'homme qui était prêt à faire don de sa personne aux socialistes pour leur éviter de passer sous la coupe d'un présidentiable.
Les militants savent pourtant qu'en choisissant l'une de ces deux motions, ils avantageront Royal ou Delanoë dans la perspective de la présidentielle de 2012. Car ce n'est pas l'orientation de fond qui diffère vraiment entre elles. La nuance qui les distingue porte plutôt sur la pratique politique. La motion Collomb-Royal porte en germe une mutation du PS tandis que la motion Delanoë-Hollande incarne une certaine fidélité à sa tradition. Ce n'est pas un hasard si c'est la question de l'alliance avec le MoDem – envisagée par la première et rejetée par la seconde – qui apparaît ici la plus clivante.
On n'en saurait cependant exagérer la cohérence de ces deux motions. Le camp de la « mutation » est soutenu par certaines grosses fédérations comme les Bouches-du-Rhône qui n'ont jamais brillé par leur sens de l'innovation. Et le camp « traditionnel » de l'appareil hollandais est tout de même appuyé par bon nombre de rocardiens historiques. La confusion atteint cependant des sommets avec la troisième motion, emmenée par Martine Aubry. Celle-ci mêle des partisans de Laurent Fabius et de Dominique Strauss-Kahn. Elle balaie tellement large qu'elle risque de donner le tournis aux militants. La question stratégique de l'alliance au centre va d'ailleurs mettre mal à l'aise le maire de Lille qui a passé un accord local avec le MoDem dans sa propre ville. La motion Aubry pourra, au mieux, proposer une vaste redistribution des cartes et, au pire, un front du refus aux deux principaux présidentiables.
La motion Hamon va peser
Reste la motion la plus aisée à définir : celle du député européen Benoît Hamon. Pour la première fois depuis des lustres, la gauche du PS s'est unie autour d'un seul texte à proposer aux militants. Cette motion rassemble à la fois les amis d'Henri Emmanuelli, ceux de Paul Quilès et Marie-Noëlle Lienemann, de Jean-Luc Mélenchon et même de Pierre Larrouturou. S'y mêlent à la fois des vétérans de la gauche historique et des figures plus récentes. La clarté de son discours devrait lui assurer une audience non négligeable.
Or il suffira que la gauche du parti recueille entre 15% et 20% des mandats, un score qui semble tout à fait à sa portée, pour qu'elle puisse être en position d'arbitrer l'issue du congrès. Les motions Royal et Delanoë auront le plus grand mal à s'allier, rivalité d'ambitions oblige. La motion Aubry tentera également de jouer sa propre carte. L'appoint de la motion Hamon a donc toutes les chances d'être décisif pour forger la future majorité du PS.
Voir aussi Union «historique» de l'aile gauche du Parti socialiste (Le Figaro, 23 septembre).
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