Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Le changement devra être aussi profond que la crise
Tout porte à croire que les effets de cette crise bancaire et financière sur l’économie réelle seront à la mesure de la gravité des déséquilibres accumulés par les Etats-Unis d’Amérique d’une part, et de la dérive de la finance mondiale sous l’impulsion, une fois encore, des USA d’autre part.
La construction et l’automobile seront les secteurs les plus touchés, après la finance. Les Bourses n’ont pas fini leur déprime, même si elles semblent revigorées par les mesures décidées par des gouvernements aux abois (voir L'Etat met 360 milliards sur la table pour sauver les banques, Libération, 13 octobre).
La crise financière est profonde et durable. Elle nécessitera des réformes que, seuls, des gouvernements ayant le soutien des peuples pourront mettre en œuvre. La majorité en place, celle du paquet fiscal en faveur des privilégiés et des réformes libérales conservatrices, est prise à contre-pied par cette crise.
La gauche républicaine est en situation de jouer un rôle dans la reconstruction nationale, en lien avec la réorientation de l’Europe.
Le Mouvement Républicain et Citoyen et Jean-Pierre Chevènement ont une ligne claire (voir Un véritable débat national sur la crise financière) qui peut se résumer ainsi :
1/Cette crise sera profonde et durable, à la mesure des déséquilibres qui se sont creusés : entre l’économie réelle et la sphère financière d’abord, mais aussi et surtout dans l’habitude qu’ont prise les Etats-Unis, au cœur d’une globalisation qu’ils ont impulsée, de vivre tellement au-dessus de leurs moyens, s’endettant à tout va (316 % du PIB), captant 80 % de l’épargne mondiale
2 /On n’a pas le droit de parler d’« union nationale » avant qu’un vrai débat national ait eu lieu, permettant d’aller aux racines de la crise et de dégager des propositions répondant à la fois à l’intérêt du pays et à la justice sociale
3/La leçon est claire : il faut innover franchement et, pour cela, se délivrer des mythes, du politiquement correct, de parler faux libéral et pseudo européen.
Autant d’Europe que possible oui, notamment par la création d’un gouvernement économique de la zone euro, mais autant de national que nécessaire ! Car nécessité fait loi.
Mieux vaut l’Europe des Etats que pas d’Europe du tout. Il faut revenir à un interventionnisme qui redonne aux Etats, c’est-à-dire aux peuples, la possibilité d’encadrer et de réguler le marché, si possible de concert.
Pour la République Sociale (PRS) et Jean-Luc Mélenchon parlent clair et sont présents sur le terrain. Voici le communiqué qu’ils ont transmis à la presse, au moment d’annoncer la venue à Laval de Jean-Luc Mélenchon, président de PRS, le 23 octobre à 20h30, salle de l’auditorium (sous la salle polyvalente) de Laval.
La crise financière que nous vivons est aussi une crise du régime économique mondial fondée sur l'endettement. Elle remet en cause l'hégémonie américaine et les orientations politiques néolibérales de nombreux pays depuis un quart de siècle.
Cette crise va frapper de plus en plus durement l'économie réelle et aura des conséquences toujours plus violentes au plan social. Sur la scène internationale elle annonce de nouvelles menaces sur la paix. Cette crise financière va nourrir une crise économique, sociale et politique profonde.
Il est possible d'en limiter les effets pour le plus grand nombre en bâtissant un « bouclier social » qui protège les travailleurs et l'outil productif.
Pour cela il faut l'arrêt immédiat des réformes néolibérales, un moratoire sur les directives européennes de libéralisation, l'abandon du projet de privatisation de la poste, l'abandon du bouclier fiscal, la hausse des salaires et des minima sociaux, un moratoire sur les prêts relais.
Sarkozy veut prendre appui sur la crise pour justifier l'aggravation du démantèlement de l'Etat et des acquis sociaux. Pendant ce temps, la sociale démocratie européenne n'incarne pas une alternative crédible, une voie de paix et de progrès. Elle se contente, hagarde, de relire ses odes à la mondialisation en se demandant ce qui n'a pas marché.
Cette crise globale du capitalisme demande pourtant de nouvelles réponses politiques.
Les organisations de gauche sauront-elles expliquer les racines de la crise, proposer une stratégie qui rende aux citoyens la maîtrise de leur devenir, opérer les ruptures qui s'imposent ?
C'est possible, car la crise invalide l'illusion que la gauche pourrait se contenter d'accompagner la mondialisation libérale et démontre l'urgence de sa réinvention.
Pour leur part, les Amis de ReSPUBLICA, sous la houlette de Bernard Teper, s’expriment dans un numéro spécial, paru ce jour, de leur revue électronique. Voici des extraits significatifs de l’édito, signé Evariste.
Notre système économique s’effondre et il ne survivra pas. Face à nous, l’opportunité unique de changer de fonctionnement se profile, il ne faudra donc pas laisser passer cette chance. Le libéralisme anglo-saxon est mort, et une alternative s’offre désormais à nous : soit un « capitalisme d’État » héritant de la culture sécuritaire du précédent régime ; soit un mode économique plus ouvert où le rôle de chaque individu est renforcé dans une « économie en réseau ».
Le capitalisme d’État est cette forme de régime où l’Etat prend le contrôle de l’appareil économique pour diriger un pays. Nul doute à avoir que cette ligne – bonapartiste – est celle qu’est en train d’épouser Nicolas Sarkozy. Il y a un an, cet homme tentait d’introduire les fameux prêts subprime en France et voulait privatiser la Poste ; aujourd’hui il renfloue la banque Dexia en la nationalisant avec les deniers des individus-citoyens. Pantin de l’Histoire, l’homme de l’Élysée est avant tout un être vulgaire car ne possédant aucune vision historique.
Mais si le capitalisme d’Etat est un changement radical à la tête du décideur économique, l’héritage du libéralisme anglo-saxon dans la culture sociale est, lui, toujours présent. Et un capitalisme d’État signifie l’accélération de la mise en place du régime sécuritaire, autoritaire, liberticide et policier. Le pétainisme d’un Sarkozy poursuivra donc sa dégradation de la justice, sa propagande normative sur les individus, sa culture de la division des citoyens, sa répression contre les plus faibles et l’éviction de quiconque tentera d’affirmer une individualité souveraine. Sarkozy tient le levier sécuritaire, dans un capitalisme l’État il tiendra également le levier économique (…).
Enfin, cette crise pose la nécessité de clairement définir une séparation économique entre ce qui relève de l’intérêt général (sphère publique) et ce qui relève de l’intérêt privé (société civile). La crise du capitalisme met ce fait en évidence, nous avons grand besoin d’une théorie claire de séparation pour asseoir une forme de régulation économique. De fait, nous avons à forger un nouveau concept pour le monde de demain : celui de la « laïcité économique ».