Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Quelle que soit la capacité des Etats-Unis à maintenir le crédit dans leur monnaie qui domine les échanges monétaires, économiques et financiers dans le monde, les ménages américains ne sont pas voués à se surendetter éternellement. Nous sommes proches d'un seuil à partir duquel, comme les ménages australiens en 2004 et les ménages anglais en 2005, ils devront ralentir leur frénésie de dépenses, de la même façon que l'Australie et l'Angleterre ont vu leur consommation chuter à environ +1%, et leur croissance chuter à environ 1,5%. Les Etats-Unis devraient connaître le même phénomène à plus ou moins brève échéance. Dès lors, se posera la question de la stabilité du système mondial avec une consommation américaine réduite et, par conséquent, avec un investissement asiatique qui aura tendance à se ralentir, voire à se replier. Un événement massif s'est produit en Allemagne au cours de ces dernières années. Les entreprises industrielles allemandes exportatrices ont renégocié les conditions de rémunération de leur main- d'œuvre et de leur recherche-développement de telle façon que les Allemands, maintenant, travaillent beaucoup plus pour le même prix, voire pour un prix qui a été abaissé. Ceci s'accompagne d'accords de flexibilité qui ont été conclus à peu près partout. L'Allemagne a réduit massivement ses coûts unitaires de production pour maintenir sa sur-compétitivité externe et c'est ainsi qu'en 2003, l'Allemagne a reconquis sa position de premier exportateur mondial. Il ne peut pas y avoir de « big bang » libéral en Allemagne, tout simplement parce que celui-ci a eu lieu. Et je ne parle pas de ce qui s'est passé pour l'assurance maladie, pour les retraites, pour la fiscalité des ménages et la fiscalité des entreprises. Je ne vois pas ce qui restera à faire à Madame Merkel après ce qui aura été fait par Monsieur Schroëder. Observez ce qui se passe en ce moment même et qui contredit les schémas économiques traditionnels. Les pays d'Asie émergente, au sens large, importent pour la plupart des matières premières et, massivement, des biens d'équipement parce qu'ils sont en phase de rattrapage économique. Or la théorie économique nous enseigne qu'à ce stade, ces pays doivent être déficitaires. Ils devraient être d'autant plus déficitaires, si l'on prend le cas de la Chine, que le prix des matières premières a beaucoup augmenté (non seulement le pétrole mais le nickel, le cuivre, le zinc, les ferrailles). Or c'est le contraire, les soldes commerciaux de ces pays ont tendance à s'améliorer en contradiction avec le schéma économique traditionnel. Deux urgences. - Comment conserver la compétitivité internationale de nos sites de production ? Comment conserver une palette d'emplois suffisamment diversifiés au sein de nos économies anciennement industrialisées ? L’économie française continue à engranger chaque année des gains de productivité, relativement modestes au regard de ce que nous avons opéré pendant l'après-guerre mais qui, tout de même sont de l'ordre de 1,5% ou 2% l'an . Cette productivité est détournée de la sphère du travail et il faudrait pouvoir, de nouveau, en faire profiter la sphère du travail. Comment faire si nous continuons d'être soumis à une concurrence mondiale telle qu'elle a été définie depuis l'Uruguay Round, les accords de Genève et le Traité de Marrakech ? Première hypothèse : le tarif extérieur commun de l'Union européenne tel que nous l'avons connu dans l'ancienne communauté après la guerre. Cette solution présente deux défauts : C'est, d'emblée, se placer dans une position de faiblesse relative. Pourquoi préférer et ne pas traiter équitablement les producteurs et les sites des différents continents, des différentes nations ? Or, ce qu'il faut obtenir, en réalité, c'est un traitement équitable. Il ne faut pas mettre en concurrence la main d'œuvre du Jura avec la main d'œuvre du Nord de la Chine. Il ne faut pas mettre en concurrence nos ingénieurs avec les ingénieurs russes ou chinois. Sachez qu'aujourd'hui même, plusieurs grands groupes français (Lagardère, Véolia, par exemple) n'embauchent plus d'ingénieurs français. Que vont faire nos ingénieurs ? Dans nos relations commerciales, nous avons de grands partenaires qui ont des conditions de travail à peu près comparables aux nôtres : je pense aux Etats-Unis, au Canada et, bien sûr, au Japon – même si le Japon reste un marché fermé pour des raisons tout à fait particulières. Mettre en place un tarif extérieur commun, c'est risquer une sorte d'isolement politique de l'Europe et se placer en position de faiblesse. Il faut traiter équitablement les entreprises et les sites de production de notre Europe occidentale vis-à-vis des autres sites de production situés dans le monde et pour cela, mettre en place des taxes anti-dumping. Cela signifie que ces taxes seraient efficaces mais, surtout, elles ont un avantage : elles sont sélectives. Vous choisissez les produits et les pays que vous voulez frapper en fonction du caractère inéquitable de la concurrence qui affecte nos relations avec eux.
La croissance des échanges mondiaux est liée à la déflation salariale.
D’une part, on substitue des emplois à bas prix à des emplois relativement bien payés. Cela signifie qu'on abaisse globalement la rémunération de la ressource humaine au sens large.
D’autre part, on accroît la contrainte salariale qui pèse sur les employés de tous grades des entreprises d'Europe occidentale, d'Amérique du Nord et du Japon, du fait de cette compétition mondiale.
Mais cette déflation salariale a des conséquences : si l'on tend à abaisser constamment le coût de la ressource humaine, par définition, va apparaître un problème de débouchés pour la production mondiale. Pour l'instant ce problème ne se pose pas en raison de la surconsommation de certains pays dont la première puissance économique mondiale, les Etats-Unis. Le jour où cette surconsommation disparaîtra, nous devrions avoir un très fort ralentissement de l'économie mondiale, voire une récession.
Une anomalie économique.
- Comment faire pour reprendre une politique de progrès de la rémunération au fur et à mesure que les progrès de productivité se poursuivent ?
Les solutions.
La notion de préférence communautaire prête spontanément à la critique.
Je pense qu'il faut parler de traitement équitable plutôt que de préférence.
Le risque d'isolationnisme commercial européen. Pourquoi ?
Je préfère donc qu'on parle de taxes ou de tarifs anti-dumping en reprenant une formule très ancienne inaugurée par Monsieur Edgar Faure, l'un de nos grands hommes politiques d'après guerre dont je soutiens la mémoire. Il parlait déjà de dumping social, à cette époque, alors que nous n'étions pas en situation de mondialisation.
Je prends un exemple : par je ne sais quel mystère ou quel miracle, le vélo européen est protégé. Ne cherchons pas à connaître les arcanes de la décision bruxelloise… mais le résultat c'est que 47% de taxes sur le vélo chinois, 34% de taxes sur le vélo vietnamien, cela fait que nous maîtrisons notre marché de la bicyclette, alors que ce marché est croissant.
Vous pouvez aussi graduer, décider à un certain moment de taxer très fortement puis abaisser la taxe lorsque les conditions de la compétition auront changé. Vous pouvez faire évoluer votre système de façon souple, en fonction des circonstances et des interlocuteurs.
J'aurais donc tendance à demander une sorte de politique anti-dumping social avec toute la nomenclature des produits, des services qui peuvent être concernés par nos relations avec le reste du monde, tout particulièrement avec l'Asie.