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Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.

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L'agriculture biologique n'occupe que 2% des surfaces agricoles utiles en France

 

Des moyens nouveaux pour répondre à la demande 

 Les consommateurs français sont demandeurs de produits bio (+ 10% par an depuis 1999) mais cette aspiration n’est pas satisfaite par les producteurs français, car l’offre bio n’est pas suffisante (+ 2,5% d’exploitations par an) et elle peine à s’organiser, trop atomisée dans un système de distribution très concentré.

 Avant de citer des chiffres, il faut tenter de définir ce qu’est l’agriculture biologique. Le mieux est de faire appel à l’encyclopédie libre Wikipédia, réalisée par des bénévoles et ouverte à tous les utilisateurs d’Internet (chacun peut modifier les articles). Voici la définition donnée sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Agriculture_biologique.

 « L’agriculture biologique est un système de production agricole, basé sur la gestion rationnelle de la fraction du sol, dans le respect des cycles biologiques et de l'environnement, tenant compte des connaissances en écologie, pour une production de qualité, équilibrée, plus autonome, plus économe et non polluante. En France, le décret du 10 mars 1981 la définit comme étant une « agriculture n'utilisant pas de produits chimiques de synthèse ».

 L'agriculture biologique est, au sens propre, un pléonasme (il n'existe pas d'agriculture non biologique). Le terme est apparu vers 1950, par opposition au système de production qui s'est mis en place à partir du XIXe siècle, qualifié de chimique en raison de son usage d'intrants chimiques, c'est-à-dire des produits de synthèse : engrais, produits phytosanitaires (pesticides tels que herbicides, insecticides ou fongicides …) ou qualifié de système productiviste par sa logique. Ce système étant souvent considéré comme dangereux pour la Terre (pollution des nappes phréatiques …), et non durable. On parle maintenant d'agriculture "conventionnelle", face à l'agriculture biologique.

 L'agriculture biologique se caractérise principalement par son refus d'utiliser des produits « chimiques ».

Les fondements théoriques de l'agriculture biologique utilisent les notions de :

 - système : il ne s'agit pas de nourrir directement la plante, mais de fonctionner avec tout l'écosystème air-eau-sol-plantes-animaux sans le forcer;

 - respect des éléments naturels : nourrir une vache avec de l'herbe, et non avec des concentrés contenant des sous-produits animaux; la terre est un milieu vivant que l'on "nourrit" par la pratique du compostage des matières organiques pour assurer sa fertilité.

 De tels fondements s'appuient sur des notions :

 - d'équilibre : tout acte ou toute pensée doit veiller à respecter un équilibre avec l'environnement. Le développement réside dans le déplacement des équilibres naturels.

 - de diversité : les systèmes techniques ou philosophiques dépendent des contextes locaux spécifiques avant de répondre à des fondements immuables.

 - d'autonomie : en fonction du contexte et des équilibres en place, l'action ou la pensée vise aussi à ne pas priver les êtres humains de leur autonomie.

 Ces fondements, dans leur version contemporaine ayant rationalisé sa démarche, conduisent à une forte recherche d'amélioration qualitative par une recherche constante d'alternatives aux comportements de l'agriculture productiviste en s'appuyant sur des expertises pluridisciplinaires (biologiste, agronome, écologiste, pédologue, géologue…) et le partage des expériences.

 C'est la mise en œuvre concrète d'une alternative pour les agriculteurs productivistes, soumis aux pressions commerciales des firmes agro-pharmaceutiques. L'agriculture biologique s'est distinguée d'une part en refusant le productivisme et a également permis de renouer avec un savoir agricole empirique totalement nié dans le productivisme inspiré par le scientisme, et a donné naissance à de nouvelles pratiques respectant ces idéaux.

 L'agriculture biologique est en plein développement et comprend tout un éventail de techniques allant de l'agriculture biologique intensive à des pratiques agricoles basées sur une vision plus sensible de la nature comme par exemple l'agriculture biodynamique qui prend en compte le cycle des saisons, le cycle lunaire et des planètes de façon très précise afin d'augmenter le rendement des cultures et de permettre leur développement de manière naturelle et plus efficace ».

  Je vais compléter cette présentation générale par des informations parues dans l’hebdomadaire « L’Avenir agricole » qui est diffusé, à partir de Laval, sur le Maine et l’Anjou.

 Dans le dernier numéro (semaine du 3 au 9 août 2007), Jérôme Poinsu fait le point sur l’importance relative de l’agriculture biologique selon les régions françaises.

Sept régions concentrent les deux tiers des exploitations certifiées bio. Le sud-est et l’ouest arrivent en tête. Après la Drôme, le Maine-et-Loire et la Loire-Atlantique sont sur le podium. Par contre, la Mayenne et la Sarthe sont peu concernées par l’engouement en faveur du bio.

 Au niveau national, fin 2006, près de 12 000 exploitations étaient engagées dans le bio (environ 550 000 hectares). Le bœuf et le veau sont les viandes les plus présentes sur le marché du bio (65% des volumes).

 Dans l’Avenir agricole du 18 au 24 mai 2007, Eliane Moret (Chambre d’agriculture 53 et Civam Bio) décrivait la situation de la Mayenne. La bio ne concerne que 1,7% de la SAU et 151 agriculteurs, principalement producteurs de lait et de viande bovine, mais aussi 43 transformateurs (industriels, artisans, boulangers et paysans).

 Au niveau national, citant l’agence BIO, groupement d'intérêt public en charge du développement et de la promotion de l'agriculture biologique (http://www.agencebio.org), elle indique que le marché alimentaire bio (1,6 milliard d’euros), en forte croissance, se partage entre trois circuits de distribution.

 - Les GMS (grandes et moyennes surfaces) font 40% de l’ensemble des produits bio, principalement les produits peu transformés.

 - Les circuits courts (18%) rencontrent un succès grandissant, notamment dans le secteur des vins, fruits et légumes.

 - Les magasins spécialisés (42%) progressent et sont en tête dans le secteur de l’épicerie et des produits traiteurs.

 Depuis 2002 et le changement de majorité politique, suivi immédiatement de la suppression des CTE (contrat territorial d’exploitation) et des incitations à produire bio, la progression de l’agriculture biologique en Mayenne, comme en France, s’est arrêtée, en dépit de la croissance des débouchés. Elle pourrait reprendre en 2007 avec les nouvelles aides à la conversion, intégrées dans les mesures agro-environnementales proposées aux agriculteurs dans le cadre des aides PAC (Politique Agricole Commune).

 De son côté, sur la même page de l’Avenir agricole, Didier Désarménien (Chambre d’agriculture de la Mayenne) compare les résultats économiques des élevages laitiers bio et non bio, qui utilisent beaucoup d’herbe dans leur système fourrager. L’efficacité économique des élevages bio est excellente, grâce au prix du lait supérieur et au coût alimentaire plus faible, compensant une production moindre par vache. En fait, l’atout essentiel des élevages laitiers bio, c’est leur bonne technicité (conduite de l’herbe, des rotations, des surfaces et des animaux). 

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