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Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.

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La monnaie de la mondialisation baisse pour sauver l'économie américaine


L’euro fort affaiblit l’industrie européenne

 

Jean-Pierre Chevènement ne crie plus dans le désert. Louis Gallois*, président de EADS, menace de délocaliser certaines fabrications d’Airbus dans la zone dollar, suivi de près par Dassault Aviation. L’industrie aéronautique européenne n’est pas la seule à souffrir de cette situation, voulue par les USA pour faire face à leurs problèmes économiques. La Chine, elle-même, commence à prendre peur, car cela crée des tensions sur sa propre monnaie, le yuan, liée au dollar (www.lemonde.fr 20 novembre, reproduit ce jour).

 

Voici ce qu’on a entendu sur France Inter hier matin, 5 décembre (chronique de Bernard Maris reproduite aussitôt sur www.marianne2.fr).

 

« Faire chuter l’euro ou oublier l’industrie » 

 

« Deux fleurons de l'industrie aéronautique européenne, Dassault aviation et EADS, ont annoncé leur intention de délocaliser une partie de leur production soit en zone dollar, soit en zone « à bas prix ». Motif : la hausse de l'euro qui tue la compétitivité des productions. Au plus bas, l'euro valait moins d'un dollar (85% exactement), aujourd'hui il en vaut 1,50. Pratiquement, les prix des objets facturés en dollars ont été divisés par deux par rapport à ceux facturés en euros. Or les avions sont facturés en dollars et construits en euros.

Pour réduire les coûts de production, la solution toute simple est de faire les pièces dans des pays de main-d'œuvre bon marché et de monnaie bon marché. En ce moment, Airbus achète pour 76% et vend pour 61% en zone dollar. Et là, tout le monde pense bien sûr à une délocalisation en Chine, dont la monnaie est indexée sur le dollar...

Si Airbus est retenu pour le marché des avions ravitailleurs de l'US Air Force, le futur A330 cargo, Airbus ouvrira au moins une chaîne d'assemblage aux Etats-Unis. Du fait de la faiblesse du dollar, l'ouvrier américain est moins cher que l'ouvrier français. Mais la Chine est évidemment une terre de délocalisation puisque la main d'œuvre et la monnaie y sont bon marché. Airbus y délocalisera sa première chaîne d'assemblage en 2008 suivi d'une deuxième en 2009. La conception et l'assemblage resteraient en zone euro, mais tout ce qui est fabrication et sous-traitance, les pièces d'avion, les portes, les ailes etc…  

Remarque : avec Airbus, c'est toute la sous-traitance qui part. Actuellement, Airbus supporte directement 16% de ses coûts, et le reliquat, 84% est commandé à des sous-traitants. Par exemple Latécoère, un des constructeurs historiques de l'aviation civile en France, le père de l'Aéropostale, a commencé à délocaliser au Brésil, au Maroc, en Tunisie. A terme, c'est la désindustrialisation de l'Europe qui est en cause.


Que faire pour enrayer ce processus ? Faire chuter l'euro. Mais cela, Monsieur Trichet ne le veut pas, au nom de la sacro-sainte lutte contre l'inflation et d'une conception de l'économie fondée sur la lessiveuse et le bas de laine. On peut noter que même certains milieux d'affaires allemands, traditionnellement hostiles à toute dévaluation de l'euro y sont désormais favorables. Remarquons que Monsieur Trichet est allé poliment en Chine demander aux Chinois de réévaluer le dollar chinois, appelé yuan. Qu'ont fait les Chinois ? Ils lui ont ri au nez. Alors ? »

Retrouvez « L'autre économie » de Bernard Maris, en direct sur France Inter, du lundi au vendredi à 6h49

 

 

Le 4 décembre, dans un article signé Jean-Pierre Robin, Le Figaro se montrait alarmiste sur cette question. Voici ce qu’on pouvait lire sur www.lefigaro.fr.

 

« Euro-dollar, un drame pour l’Europe ? »

.

« La devise américaine est de plus en plus faible tout en restant la monnaie mondiale ultraprédominante.

A quatre semaines de son neuvième anniversaire, la potion est amère. On nous avait promis que la monnaie européenne servirait de bouclier. Les frasques du dollar américain avaient fait tant de mal aux anciennes devises, comme le franc ou la lire italienne ! Hélas l’euro, qui campe aujourd’hui fermement au voisinage de 1,50 dollar, est devenu un épouvantail pour ses propres industriels. «Nous allons être obligés de faire fabriquer des pièces d’avion, des portes, des éléments de fuselage, des éléments d’aile, à l’extérieur de l’Europe», a de nouveau déclaré hier Louis Gallois, le patron d’EADS, la maison mère d’Airbus. Et de pronostiquer un processus de «délocalisation» des activités industrielles «sur la prochaine décennie ».

Si les industriels échafaudent des stratégies de rechange à moyen terme, les responsables savent que les dégâts se feront sentir bien plus vite. Après avoir prétendu des mois durant «adorer l’euro fort», Peer Steinbrück, le ministre allemand des Finances, a admis hier pour la première fois que «le taux de change du dollar et les prix (élevés) du pétrole pourraient peser sur le développement économique» en Europe. Il ne s’agit que d’un ordre de grandeur, mais les économistes, tels ceux de l’OFCE, s’accordent à chiffrer entre 0,5 et 1 point l’impact négatif sur la croissance annuelle chaque fois que l’euro gagne 10 %.

Le bras de fer qui se joue aujourd’hui entre l’euro et le dollar s’avère plus inégal que jamais, comme si le fait d’unir les anciennes devises nationales n’avait servi à rien. C’est qu’en dépit de sa force actuelle sur les marchés des changes, l’euro demeure un nain face au billet vert, auquel reste rattachée de facto l’immense majorité des autres devises de la planète. Comme l’explique Axel Bertuch-Samuels, directeur adjoint du Département des marchés de capitaux au Fonds monétaire international «l’euro est utilisé comme une monnaie internationale essentiellement dans les pays qui ont des liens régionaux et politiques avec la zone euro, à savoir les membres de l’Union européenne (UE) qui n’ont pas adopté l’euro, les pays candidats à l’adhésion à l’UE et les pays de la zone franc CFA d’Afrique».

Ce club apparaît bien provincial, une trentaine de pays au total, comparé à la maison d’en face, la zone dollar. Car cette dernière, à laquelle Louis Gallois et son confrère Charles Edelstenne, le patron de Dassault Aviation, viennent de donner une étrange publicité, constitue un monde autrement plus vaste et diversifié.

La zone dollar, loin de ne comporter que les pays où circule officiellement le billet vert, inclut toutes les économies dont la monnaie lui est plus ou moins directement indexée. C’est le cas de l’immense majorité de l’Amérique latine (à l’exception notable du Brésil), de la quasi-totalité des pays du Moyen-Orient et d’Asie. En particulier, le dollar de Hongkong est rattaché strictement au billet vert, et le yuan de la Chine continentale au moins en partie.

Outre ce réseau de connivences géographiques, la monnaie américaine garde l’énorme privilège d’être l’instrument dans lequel sont libellés plus de 60 % du commerce international de marchandises et de services, selon les chiffrages du FMI. C’est le cas de l’aéronautique, de l’ensemble des matières premières, et plus encore du pétrole, dont les transactions annuelles représentent quelque 2 700 milliards de dollars. Pour sa part l’euro ne joue pratiquement aucun rôle dans les échanges mondiaux, en dehors du commerce intra-européen bien sûr. Sans oublier les quelques secteurs pour lesquels les Européens manifestent une prééminence technologique, comme l’a montré la semaine dernière la signature des contrats Areva avec la Chine ».

* Louis Gallois fut le directeur de cabinet de Jean-Pierre Chevènement, ministre de l’industrie et de la technologie entre 1981 et 1983, puis directeur de l’industrie jusqu’en 1986.

De nombreux Mayennais se souviennent de sa venue en Mayenne en 1987. C’était dans le cadre d’une soirée-débat organisée sur le thème de l’industrie par le PS local au Centre de Rencontres de St-Berthevin.

L’orateur avait été d’une clarté exemplaire sur la comparaison des forces et des faiblesses des industries française et allemande (j’ai conservé de cette soirée une cassette réalisée par Georges Garel).

Pour l’anecdote, Louis Gallois m’avait demandé de le présenter publiquement sous le nom de Louis Vincent afin de ne pas attirer l’attention de ses employeurs industriels (il avait été viré de son poste à la direction de l’industrie, suite à l’alternance aux élections législatives de 1986)...

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