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Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.

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Le gouvernement a confirmé la suspension du maïs transgénique Monsanto 810


Non aux plantes pesticides qui disséminent des OGM

 

Il fallait qu’une décision soit prise sur cette question de maïs OGM, qui perturbait de plus en plus les campagnes françaises (voir, à ce sujet, l’article paru sur ce blog (catégorie Agriculture et PAC), le 10 août 2007, sous le titre « Le maïs transgénique Monsanto sème la zizanie dans le monde agricole »).

 

Le président de la République a dû arbitrer entre ses ministres de l’agriculture et de l’écologie, le premier tenant compte de la position du syndicat majoritaire (la FNSEA) et des semenciers, très favorables à l’autorisation de cette culture OGM, le second très attentif à la mise en œuvre des décisions prises lors du Grenelle de l’environnement, défavorables aux cultures OGM.  

 

Voici ce qu’on pouvait lire, le 12 janvier, sur le site du Nouvel Observateur www.nouvelobs.com

« La France suspend la culture de maïs OGM »

« Le gouvernement français a activé la clause de sauvegarde sur le maïs Monsanto 810, permettant d'interdire provisoirement la culture de cet OGM autorisé par Bruxelles. José Bové se dit "très satisfait" et arrête sa grève de la faim entamée le 3 janvier.

 

Le gouvernement français a annoncé, vendredi 11 janvier, l'activation de la clause de sauvegarde sur le maïs Monsanto 810, ce qui permettra d'interdire provisoirement en France la culture de cet OGM autorisé par Bruxelles, en attendant une réévaluation de ses effets par l'Union européenne. José Bové, qui observait une grève de la faim depuis le 3 janvier avec quinze autres militants anti-OGM pour obtenir cette décision, a aussitôt annoncé qu'il mettait fin à son action. "Le gouvernement engage la procédure contradictoire afin de déposer une clause de sauvegarde sur la culture du maïs OGM MON 810 jusqu'à la réévaluation par les instances européennes de l'autorisation de commercialisation de cet OGM", a déclaré Matignon dans un communiqué. 

"Eléments scientifiques nouveaux" 

Les services du Premier ministre précisent que cette décision s'appuie sur les conclusions du comité de préfiguration de la Haute autorité sur les OGM, rendues mercredi. Celui-ci a "fait état d'éléments scientifiques nouveaux" et la "nécessité d'expertises complémentaires sur les effets sanitaires et environnementaux" à long terme de ce maïs génétiquement modifié, souligne Matignon. Lors du Grenelle de l'environnement en octobre dernier, Nicolas Sarkozy avait annoncé le gel de ce maïs transgénique, le seul autorisé à la culture commerciale au niveau européen, en attendant l'avis de la Haute autorité sur les OGM. Mais Bové et les écologistes réclamaient un "vrai moratoire" ». 

 

Sur www.lemonde.fr, dès le 10 janvier, on pouvait lire les commentaires suivants, à la fin de l’article intitulé « Des "doutes sérieux" ouvrent la voie à l'interdiction d'un maïs OGM ».

 

(…) « La perspective d'une clause de sauvegarde est bien sûr accueillie favorablement par les écologistes et par les élus Verts, qui mettent en avant depuis des années les lacunes dans la connaissance sur les effets environnementaux et sanitaires des OGM. Mais aussi par une partie du monde agricole. La Confédération paysanne et la Coordination rurale sont défavorables aux OGM, plutôt pour des raisons économiques : elles craignent la mainmise des entreprises fabricant les OGM sur les semences.

En revanche, le syndicat agricole majoritaire et les semenciers sont désemparés. "Ce dont il est question, c'est de la compétitivité de l'agriculture française, j'ai l'impression qu'on l'oublie, déplore Christian Pèes, président de la coopérative Pau-Euralis, favorable aux OGM. Nous discutons d'un vieil OGM, et pendant ce temps les cultures se développent dans le monde entier." Pour les agriculteurs français, le MON810, cultivé sur 22 000 hectares en 2007, représente un avantage économique, avec un rendement supérieur de 10 % à 30 % selon les cas.

La tournure des événements a également surpris au sein de la majorité de droite, où le gouvernement est accusé de donner des gages à José Bové, en grève de la faim depuis le 3 janvier. "La clause est un mauvais message, au moment où la France s'apprête à présider l'Union européenne", affirme Jean Bizet, sénateur UMP de la Manche, favorable aux OGM. Les pro-OGM sont persuadés d'avoir été sacrifiés dans un "donnant donnant" du gouvernement avec les écologistes : une victoire sur les OGM contre leur silence sur le nucléaire lors des discussions du Grenelle de l'environnement.

Cependant, le déclenchement de la clause ne signifiera pas que la France statue définitivement sur le sort des OGM. C'est une méthode qui est mise en place par le gouvernement. La Haute Autorité rendra ses avis au cas par cas sur chaque OGM. Sa composition et son questionnement élargis devraient lui donner une légitimité que les instances précédentes, comme la commission du génie biomoléculaire, n'avaient jamais pu acquérir. La teneur de l'avis sur le MON 810 reflète ce nouvel état d'esprit. Deuxième pièce du dispositif, la loi, dont l'examen a finalement été repoussé au 5 février, définira les conditions de coexistence entre les cultures.

Sans surprise, on enregistre des réactions virulentes de la part de producteurs de maïs OGM, certains évoquant des actions de désobéissance civile, en écho à celles conduites précédemment par José Bové et les « faucheurs volontaires ».

« Plusieurs producteurs de maïs OGM implantés dans la région Midi-Pyrénées, où se trouvent plus des 2/3 des 22.500 hectares de maïs OGM semés en France, envisagent des actions de désobéissance civile, après l'annonce du moratoire sur la plantation de ce type de maïs dans le pays » (Nicolas Fichot, Toulouse, 12 janvier, www.lemonde.fr).

« Pour le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer, la Haute Autorité "a été nommée avec peut-être un peu de précipitation". Il réclame des expertises "indiscutables". Dans l'après-midi, les communiqués des céréaliers et semenciers pleuvent, évoquant une "présentation biaisée", une synthèse "préfabriquée". "Les scientifiques voulaient éviter d'être utilisés par un camp, ils l'ont été par l'autre", commente un membre de l'Autorité. Le sénateur Le Grand affirme que le travail mené a été "honnête, sincère et vrai" et condamne les "lobbies" à l'oeuvre selon lui » ( Gaëlle Dupont et Hervé Kempf, 12 janvier, www.lemonde.fr ).

A signaler, dans Ouest-France, les points de vue opposés d’un scientifique pro-OGM, Philippe Joudrier, président du groupe d’experts chargés de l’évaluation des OGM à l’Agence française de sécurité alimentaire des aliments (3 janvier) et d’un responsable du conseil scientifique de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique (Criigen), anti-OGM, Gilles-Eric Séralini (7 janvier). Le premier insiste « Rien n’est mieux contrôlé qu’un OGM ». Le second lui répond « Depuis 14 ans de commercialisation, les OGM dans les champs ne sont que des plantes modifiées pour contenir de nouveaux résidus de pesticides, soit en les absorbant sans mourir, soit en les fabriquant eux-mêmes. Les contrôles sur la santé doivent donc être rapprochés des évaluations sanitaires des pesticides ».

Des chiffres publiés dans Ouest-France, 10 janvier 2008.

« Les surfaces consacrées aux transgéniques en Europe ont bondi de 77% en 2007. Mais les OGM ne représentent qu’environ 1% des surfaces ensemencées en maïs en Europe. Sept pays de l’UE cultivent du maïs OGM, sur 110 000 hectares (principalement l’Espagne – 75 148 ha – et la France – 21 174 ha). En France, l’essentiel se situe dans les régions Midi-Pyrénées et Aquitaine ».

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