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Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.

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Gérard Beillard (MRC 53) : la Sécurité sociale, trésor à conserver


La protection sociale, un choix humaniste et solidaire

 

Gérard Beillard est très attaché au système de protection sociale français. Il constate ses atouts et ses limites, à partir de sa situation personnelle et d’après ses lectures sur ce thème.

 

Dans un premier texte, il livre ses réflexions sur la sécurité sociale, en insistant sur le bien fondé de ce système et pourquoi il faut le conserver. Face aux attaques dont il est l’objet, lesquelles cachent mal la volonté de leurs auteurs de le remplacer par un système privatisé, il demande aux responsables politiques d’être courageux et d’agir avant qu’il ne soit trop tard.

 

De bonnes raisons de garder notre Sécu, trésor national

 

Je ne parlerai pas de l’histoire de la Sécu, d’autres le font beaucoup mieux que moi, mais je m’en suis inspiré. Je débuterai par la réforme de 1995 (Juppé) qui a fait entrer la Mutualité française au Conseil d’Administration de la Caisse d’Assurance Maladie, ce qu’on appelle le régime complémentaire.

 

Depuis les années 1980, la Mutualité est devenue un véritable acteur du système ; 90% environ des assurés bénéficient d’une complémentaire santé. Signe de cette montée en puissance : à chaque plan de redressement, l’Etat opte pour un déremboursement supplémentaire, aussitôt pris en charge par les complémentaires, mutuelles et privées.

 

L’idée qu’il faut tenter de réguler ces transformations, plutôt que de continuer à les subir sur fond de concurrence totale entre Mutuelles, Assurances et Sécu, me paraît être, aujourd’hui, une bonne solution. En attendant, une partie de la santé a bien été privatisée, et l’assuré social est plus ou moins bien remboursé selon la qualité de la Mutuelle, ou de l’Assurance, à laquelle il a souscrit, sans parler de son coût, qui augmentera de plus en plus.

 

Parlons de la Couverture Mutuelle Universelle (CMU) qui, à l’observer de près, est un acquis social qui inspire quelques réserves. En installant la CMU, les pouvoirs publics reconnaissaient que la Sécu ne suffisait plus. Pour avoir accès aux soins, il fallait avoir les moyens de payer une complémentaire. Ce fut, en quelque sorte, un constat d’échec par rapport à l’histoire de la Sécu, un tournant sans gloire. La santé pour les riches, tout le monde sait faire, mais la santé pour les plus démunis, c’est une autre affaire !

 

Je suis d’accord avec Etienne Caniard*, qui souhaitait mettre une petite participation financière, de l’ordre de 5 euros par mois, ce qui était une façon de mettre ces gens dans une situation de droit commun. Cette idée était bonne, à condition de maintenir la participation financière à un niveau très faible.

Dans un système qui était dirigé à 75% par les syndicats, et le reste par le patronat, on est en droit de se poser des questions sur le rôle de l’Etat, qui tarde à payer sa part chaque année.

 

Mais ce qui vient surtout heurter la Sécu, ce n’est pas seulement la démographie, la vieillesse, la dépendance, qui sont financées sur la base du travail, c’est la mondialisation ultralibérale, qui percute violemment notre système de solidarité.

 

Les responsables politiques semblent, la plupart du temps, esquiver le sujet. Il faudra pourtant s’en occuper sérieusement, car c’est vital pour nos concitoyens. Il faut s’y atteler en urgence sans sombrer dans la facilité, qui serait de passer à la privatisation, comme beaucoup le souhaitent, notamment les mutuelles et les assurances privées.

 

Prendre ce chemin de la facilité conduirait tout droit à l’injustice sociale nationale, les plus démunis étant sans couverture par manque de moyens, pendant que les plus riches seraient de mieux en mieux couverts. Ce serait un formidable bond en arrière !

La politique, au sens noble du terme, doit s’emparer de ces questions, mais la complexité du sujet rend le débat difficile. Il faudra du courage pour mettre en œuvre une orientation humaniste et solidaire.

 

Regardons en face : avec le privé, les tarifs seraient fonction des risques, alors qu’avec la Sécu, ils sont proportionnels aux revenus. La Sécu, c’est le principe d’obligation et d’universalité. Tout le monde cotise et la prise en charge est la même pour tous.

 

Le problème de la Sécu, c’est le maintien de la légitimité de ce système, c’est-à-dire le fait qu’il continue d’être bien accepté, de génération en génération, y compris par les plus aisés, qui ne sont pas perdants avec ce système.

 

Il faut aussi évoquer la question de la dépendance. Avec la privatisation, celles et ceux qui auront eu une maladie assez grave avant la souscription de leur contrat ne seront pas acceptés par les mutuelles et les assurances privées. N’est-ce pas un argument de poids en faveur du maintien de notre remarquable système de protection sociale ?

 

·         * Voir le livre « Ma Sécu - de la Libération à l’ère Sarkozy » (Eric Merlen et Frédéric Ploquin, Fayard, 2008). Etienne Caniard est membre de la Haute Autorité de la Santé.

·         Voir aussi les articles Santé et sécu sociale parus sur ce blog.

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