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  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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Santé et sécu sociale

Lundi 31 juillet 2006 1 31 07 2006 14:12

 

Pour un système de santé solidaire et progressiste

 Notre système de santé, pilier du pacte républicain, se doit d’assurer une couverture médicale universelle, égalitaire et solidaire. Pour le défendre, pérennisons son financement.

Dès lors qu’une société souhaite accorder à la santé la place qu’elle mérite, elle doit accepter que la santé a un coût. Les recettes doivent reposer sur un financement collectif : ce principe républicain, qui garantit la solidarité, s’est vu récemment mis à mal par de nombreuses mesures renforçant la part du financement à la charge du patient.

En effet, la volonté de rendre le financement individuel plutôt que collectif est à la base de l’idéologie des libéraux. En renfort du financement collectif, plusieurs pistes sont à explorer. Parmi elles, la taxation accrue des revenus financiers des entreprises et la mise à contribution de l’industrie pharmaceutique, tant est choquant le contraste entre les immenses profits des multinationales du médicament, et le déficit de la Sécurité sociale, toujours ressassé.

Quant aux dépenses, elles sont à optimiser. Une politique du médicament alliant renforcement de l’usage des génériques et gestion conventionnelle des prix, une réflexion sur les problèmes posés par la rémunération à l’acte des professionnels, un développement majeur de la prévention sont à mettre en œuvre.

 Rationalisons l’architecture du système de soins, autour de deux piliers principaux :

le médecin traitant, coordinateur des soins, justifiant une politique de valorisation de la médecine générale.

l’hôpital public, qui doit assumer son rôle social majeur, sa vocation d’excellence, et sa dimension de vitrine d’un service public égalitaire et performant.

 Réduisons les inégalités, tant géographiques que sociales. Un ouvrier a encore une espérance de vie inférieure de sept ans à celle d’un cadre.

Combattons les réformes de la droite : 

la nouvelle convention médicale qui ouvre la voie à une médecine à deux vitesses en organisant à la fois un parcours de soins, et la possibilité de le contourner au prix de dépassements d’honoraires non remboursables.

la tarification à l’activité, qui appréhende l’hôpital dans une logique de rentabilité pure, au risque d’aboutir à une sélection des malades, et ne garantit qu’insuffisamment les missions sociales de l’hôpital public.

la réforme « hôpital 2007 », qui met en concurrence public et privé, hôpitaux et services entre eux.

 Donnons à la santé toute sa dimension politique.

Rendons-la plus démocratique, en livrant au débat citoyen les enjeux majeurs de son avenir, en renforçant le rôle du Parlement dans le pilotage du système, en développant une gouvernance démocratique de l’hôpital où les syndicats doivent jouer un rôle majeur.

Rendons-la progressiste et laïque en donnant une impulsion majeure à la recherche publique, en assurant l’application optimale de la législation sur l’IVG, en favorisant un débat laïc sur les questions de bioéthique.

Rendons-la ambitieuse en diffusant largement les techniques et thérapeutiques nouvelles, en développant la prévention et l’éducation à la santé.

Nous venons de fêter le soixantième anniversaire de la Sécurité sociale, héritée du programme du Conseil National de la Résistance. Plus que jamais, face aux libéraux, nous devons défendre ce modèle social qu’ils détestent. Car nous le savons, il a été conquis de haute lutte et il constitue un élément fondamental du pacte social de ce pays.  

 
Par SORIN Michel - Publié dans : Santé et sécu sociale
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Lundi 31 juillet 2006 1 31 07 2006 14:31

 

NOTE CONCERNANT LE DEFICIT DE L’ASSURANCE MALADIE

  A) Des éléments récents viennent confirmer les réticences que nous avions exprimées concernant la réforme de l’Assurance Maladie :

 1) Le 8 juin, le rapport de la commission des comptes annonce que le déficit du régime général devrait atteindre 10,3 milliards d’euro en 2006, contre 11,6 milliards en 2005 : la prévision de ramener le déficit à 8,9 milliards ne sera pas atteinte, et l’objectif d’un retour à l’équilibre des comptes à l’horizon 2007 est très peu probable.

Même si la branche maladie voit une modeste diminution de son déficit, -contrairement aux branches vieillesse et famille qui voient leur situation s’aggraver-, la part majeure du déficit de la Sécurité sociale provient de la branche maladie (8 milliards en 2005).

  2) Le 8 juin toujours, à l’occasion du congrès de la Mutualité Française, son président Jean-Pierre Davant, en présence de Jacques Chirac, a prononcé un discours très critique, déclarant notamment que « la somme [des] intérêts particuliers ne peut pas constituer une politique de santé ».

  3) Lors des élections professionnelles du 2 juin dernier, les médecins libéraux ont voté majoritairement pour les organisations qui s’étaient opposées à la convention médicale qui instituait la réforme du « médecin traitant ». C’est un signe du désaveu des médecins face à un gouvernement qui ne ménage pourtant pas ses efforts de clientélisme pour s’attirer la sympathie du « corps médical ».

 B) La politique du gouvernement va à l’encontre de notre conception de la Sécurité Sociale.

 1) Plusieurs mesures prises tendent à renforcer la part individuelle du financement : forfait de un euro par acte, augmentation du forfait journalier hospitalier, forfait de 1 euro pour les actes d’un montant supérieur à 91 euro, introduction de nouveaux dépassements d’honoraires non remboursables.

 

Ces mesures diminuent donc encore la part collective du financement du système de soins, principe de base de notre pacte républicain puisqu’il garantit la solidarité du système.

 2) La réforme dite du « médecin traitant », en instituant à la fois un parcours de soins et la possibilité pour les plus favorisés de le contourner en payant des dépassements d’honoraires non remboursables, va à l’encontre du principe d’égalité car elle favorise l’instauration d’une médecine à deux vitesses.

 C) Notre approche de la question du financement de la Sécurité sociale doit envisager la question des recettes et celle des dépenses :

1) Concernant les recettes : il faut cesser d’augmenter la part individuelle du financement du système, le financement collectif repose sur les cotisations (salariales et patronales) et sur la CSG :

 a) les cotisations salariales doivent être transférées sur la CSG.

 b) pour le calcul des cotisations patronales, la prise en compte de la valeur ajoutée des entreprises plutôt que de la masse salariale doit permettre de favoriser une politique de l’emploi indissociable des préoccupations quant au financement du système. Cette mesure, que nous avions préconisée depuis longtemps, a récemment été reprise à son compte par le Président de la République. Nous serons vigilants quant à la suite qui sera donnée à ces déclarations.

c) le financement par la CSG reste satisfaisant car, portant sur l’ensemble des revenus, y compris sur les revenus financiers des ménages, il comporte une dimension égalitaire. Son apport aux recettes de la Sécurité sociale doit donc être renforcé, quitte à rendre la CSG progressive donc plus juste.

d) par ailleurs, dans le cadre de la politique d’augmentation des recettes, il convient d’envisager les modalités d’une taxation accrue des revenus financiers des entreprises, de mettre largement à contribution l’industrie pharmaceutique.

 

 

 2) Concernant les dépenses, il faudra notamment :

a) mener une vraie politique du médicament, premier poste de dépenses après l’hôpital. Pour cela il faut : continuer de renforcer l’usage des génériques,

pratiquer une gestion conventionnelle du prix du médicament,

poursuivre le déremboursement des médicaments à service médical rendu insuffisant, tout en menant une réflexion sur les conditions d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) des médicaments, afin que seules les molécules ayant réellement prouvé leur efficacité soient considérées comme des médicaments et donc légitimement remboursées à taux maximal.

b) développer avec ambition la prévention et l’éducation à la santé.

c) entreprendre une réflexion profonde concernant la rémunération des médecins à l’acte et la légitimité éventuelle de l’introduction d’une rémunération forfaitaire assortie d’un encouragement liant une part des revenus à l’activité réelle.

Enfin, il est indispensable que ces questions soient débattues publiquement devant les citoyens : aussi, il conviendra de renforcer le rôle du Parlement dans le pilotage de notre système de santé.  

Par SORIN Michel - Publié dans : Santé et sécu sociale
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Dimanche 28 janvier 2007 7 28 01 2007 12:11

 

On ne choisit pas d’être malade

 Elie Arié est cardiologue, enseignant associé à la chaire d’économie et gestion des services de santé au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM). Il est proche de Jean-Pierre Chevènement et a été, au MRC, délégué national à la santé.

 

  Que signifie « responsabiliser le patient » ?*

 

 Dans une interview récente (Le Monde, 23 janvier), Nicolas Sarkozy, abordant le thème des dépenses de santé, répète à deux reprises : « Il faut essentiellement responsabiliser le patient » par des franchises de remboursement (ticket modérateur - qui existe déjà et qui est un des plus élevés d’Europe).

 Responsabiliser financièrement le patient n’a économiquement aucun sens dans la consommation médicale qui est, pour l’essentiel, une économie subie et non choisie ; on ne choisit pas d’être malade et, quand on l’est, on n’est pas compétent pour juger des dépenses qui vous sont prescrites : si votre médecin vous prescrit un scanner, sur quelles bases pouvez-vous juger qu’il n’est pas indispensable ?

 

  Ticket modérateur ou ticket d’exclusion ?

 

  Par contre, l’importance de la franchise peut dissuader financièrement les plus faibles revenus de se soigner : le ticket modérateur est en réalité un ticket d’exclusion, puisqu’il ne joue que sur les possibilités financières de chacun, sans prendre en compte aucun critère d’utilité médicale.

 Cette injustice sociale se double d’un non-sens économique complet : tous les spécialistes de santé publique savent qu’il faut faciliter financièrement le plus possible l’accès au médecin de premier recours - c’est-à-dire le médecin généraliste - car les diagnostics et traitements précoces, susceptibles d’éviter qu’une maladie ne devienne grave - donc chère - constituent le premier facteur d’économies des dépenses de santé.

 

  Le plus important : l’accès au médecin généraliste

 

  C’est pourquoi, dans la plupart des pays développés, l’accès au médecin généraliste est dispensé de toute avance de frais et de franchise ; il est absurde de dissuader financièrement ce que les considérations de santé publique et d’économies de santé devraient inciter à encourager !

 La seule responsabilisation financière possible serait celle des ordonnateurs des dépenses, c’est-à-dire des prescripteurs... celle que Nicolas Sarkozy écarte d’office : « La médecine libérale, qui ne représente que 15 % des dépenses, a fait beaucoup d’efforts. »

 Je ne vois pas lesquels, en dehors des combats facilement gagnés par les spécialistes pour obtenir des droits quasi constants aux dépassements d’honoraires, et dont le montant vient s’ajouter à la franchise financière pour majorer d’autant la part laissée à la charge des malades.

 

  Les choix différents de la France et de l’Allemagne

 

  Il convient ici de rappeler que :

 - entre 1990 et 2004, le revenu des médecins spécialistes a progressé trois fois plus vite que celui des salariés, selon le prochain rapport du haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM), attendu cette semaine, et qui illustre le fait que les efforts financiers ont toujours été demandés aux seuls salariés ;

 - en Allemagne, le montant des honoraires médicaux est fixé en fin d’année, en fonction des comptes de l’assurance maladie : en cas de déficit, il est abaissé, et les médecins doivent rembourser le trop-perçu, compte tenu des nouveaux tarifs à effet rétroactif (système dit des « lettres-clés flottantes »).

 Mais ces cinq dernières années, le gouvernement a été tétanisé par son obsession d’éviter de mécontenter de quelque façon que ce soit les médecins ; ce qu’on peut appeler son « syndrome plan Juppé », auquel il attribue son échec aux législatives de 1997.

 

  Des efforts équitablement répartis, condition de la réussite

 

  L’exemple de l’Allemagne nous montre pourtant qu’une réforme de l’assurance maladie, nécessairement douloureuse, ne peut réussir que si les sacrifices sont équitablement répartis entre les assurés, les professionnels de santé et l’industrie pharmaceutique : en choisissant, pour des considérations aussi électoralistes qu’idéologiques, de favoriser ces deux dernières catégories et de faire porter tout le poids financier des réformes aux seuls assurés, Nicolas Sarkozy opte pour une médecine de classe et prépare une situation socialement explosive.

 * Les sous-titres sont de ma composition, afin de faciliter la lecture.

Par SORIN Michel - Publié dans : Santé et sécu sociale
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Jeudi 8 février 2007 4 08 02 2007 17:09

 

Pour une véritable politique de la médecine générale

 Les syndicats de médecins menacent de bloquer la télétransmission des feuilles de soins aux caisses primaires. Les généralistes exigent désormais l’alignement du tarif de consultation (21 € en secteur 1, conventionné) sur celui des spécialistes (23 €), faisant valoir que la médecine générale est devenue une spécialité et qu’il faut donner de l’attractivité au métier, la moitié des généralistes partant à la retraite dans les sept prochaines années. Ils mettent en avant la question de l’égalité dans l’accès aux soins.

 Bien sûr, la période choisie ne doit rien au hasard. On se souvient de 2002 : les médecins généralistes avaient fait pression pendant six mois sur la caisse nationale d’assurance-maladie et sur les candidats à l’élection présidentielle, faisant une grève des gardes. Leur but était alors d’obtenir d’être payés 20 € par consultation à leur cabinet.

 Il importe de réfléchir aux mesures à prendre pour permettre à notre système de santé de mieux répondre aux besoins de la population. C’est ce que fait Ladislas Polski, secrétaire national MRC à la santé, par le biais du texte qui suit. A voir aussi sur le site du MRC www.mrc-france.org .

 VALORISER LA MEDECINE GENERALE

 REFLECHIR À LA QUESTION DU PAIEMENT A L’ACTE

 « Une partie des syndicats de médecins libéraux entend devancer l’aboutissement des négociations avec l’Union des Caisses d’assurance Maladie (UNCAM) en invitant ses adhérents à pratiquer un tarif de 23 euro au lieu de 21 euro pour les consultations au cabinet.

 Sur la forme, cette tentative de passage en force n’est pas acceptable : elle pénalise les patients qui, une fois encore, risquent de voir augmenter le montant de la consultation restant à leur charge. Mais l’aspiration d’une revalorisation de la médecine générale et de sa rémunération est légitime. Depuis la réforme du concours de l’internat de médecine devenu Examen National Classant, la médecine générale bénéficie du statut de spécialité à part entière, censé la revaloriser.

 Le rôle pivot du médecin généraliste

 Par ailleurs, le médecin traitant est amené à jouer un rôle de pivot dans notre système de santé, notamment dans le cadre de la coordination des soins en réseaux, et de la prévention.

 Ce rôle majeur de santé publique implique de conduire une véritable politique de la médecine générale : en la rendant plus attractive auprès des étudiants, en redéfinissant les modalités de la permanence des soins, en axant davantage la formation des étudiants sur l’exercice professionnel ultérieur, en promouvant une formation médicale continue indépendante de l’industrie pharmaceutique, en menant une politique d’incitation à l’installation dans les zones de faible densité médicale.

 La question de la rémunération des médecins

 La question de la rémunération s’inscrit dans le cadre de la valorisation indispensable de la médecine générale. La rémunération moyenne des médecins généralistes reste très inférieure à celle des spécialistes, de même qu’il existe de trop grandes disparités entre les revenus moyens au sein des différentes spécialités médicales.

 Il est donc grand temps d’entreprendre une réflexion profonde sur la rémunération à l’acte des médecins. Plusieurs pistes doivent être envisagées, notamment l’opportunité d’introduire la notion d’une rémunération forfaitaire, éventuellement assortie d’un encouragement liant une part des revenus à l’activité réelle.

 La santé et la sécurité sociale au cœur de notre modèle républicain

 Cette réflexion devra être menée sereinement, à l’abri de tout clientélisme. Il convient de valoriser la médecine générale, pivot d’un système de santé dont la vocation est d’assurer une couverture universelle, égalitaire et solidaire des dépenses de santé de toute personne qui vit en France.

 La réflexion sur notre système de santé doit être portée au cœur du débat présidentiel, parce que le système de santé et de protection sociale, hérité du programme du Conseil National de la Résistance , est un des piliers de notre modèle républicain ».

Par SORIN Michel - Publié dans : Santé et sécu sociale
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Dimanche 25 février 2007 7 25 02 2007 11:43

 

Les prescriptions du docteur Arié pour la Sécu

 Ce « point de vue » dans la rubrique « Rebonds », paru sur www.liberation.fr le 22 février, m’avait échappé. Heureusement, son auteur m’a transmis son texte, intitulé « Ce que les candidats à la présidentielle devraient prendre en compte ». Il traite d’un thème particulièrement important : la politique de la santé et son bras armé, l’assurance maladie. Ces propositions visent à remédier aux insuffisances et incohérences de notre système de santé, en repoussant le traitement libéral du candidat de l’UMP, dont le porte-parole n’est autre que le ministre de la santé.

 Elie Arié est cardiologue, enseignant associé à la chaire d’économie et gestion des services de santé au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), ancien secrétaire national du Mouvement républicain et citoyen (MRC).

 Il avait publié, dans L’Humanité du 25 janvier 2007, une « tribune libre » intitulée « On ne choisit pas d’être malade » (voir l’article mis en ligne le 28 janvier sur ce blog). Ses réflexions sont d’un grand intérêt, deux mois avant l’élection présidentielle.

  « Sept propositions pour l’Assurance Maladie »

 « Après l'invocation des mânes de Jaurès et de Blum, en attendant, si cela ne suffisait pas, celles de Trotski et de Kim-Il-Sung, la dernière mode, à l'UMP, consiste à minimiser les différences entre son programme et celui de Ségolène Royal, sans aller toutefois jusqu'à en tirer la conséquence logique, qui consisterait à appeler à voter pour elle.

 Voyons ce qu'il en est dans un domaine qui intéresse au premier chef les Français, celui de la santé (insuffisamment évoqué dans cette campagne pour 80 % d'entre eux, selon « Le Monde » du 26.01.07). Elle fait l'objet de 11 des 100 propositions de Ségolène Royal, et d'un mutisme total de Xavier Bertrand, porte-parole (si l'on peut dire) de Nicolas Sarkozy, sans doute parce qu'il est ministre de la Santé.

 Une seule déclaration de Nicolas Sarkozy: « Responsabiliser financièrement les assurés», en créant une franchise de plus, non remboursable par les assurances complémentaires, sur une consommation qui, pour l'essentiel, est subie : on ne choisit pas d'être malade.

 Or ce projet est à la fois anticonstitutionnel et incompatible, par l'interdiction du remboursement de cette franchise par les organismes complémentaire, avec le traité de l'Union européenne sur la liberté d'assurance que l'ancien assureur Xavier Bertrand semble ignorer; mais que cela ne mette surtout pas un frein à la campagne médiatique sur l'« incompétence » présumée de Ségolène Royal. Mais surtout, cette unique proposition relève bien d'un choix de société dans le droit fil de l'action menée depuis cinq ans, radicalement opposé au nôtre. Les gouvernements de droite, depuis cinq ans, n'ont cessé de déréguler la prise en charge des soins courants.

 Voici les problèmes essentiels de l'assurance-maladie française auxquels la gauche devrait s'atteler:

 Le financement

 1- Son financement, assuré à l'origine par les seuls revenus du travail, est devenu déséquilibré à partir du moment où les revenus du capital les ont rejoints ou dépassés; la CSG avait pour objectif de pallier cette injustice, mais elle ne finance aujourd'hui l'assurance-maladie qu'à 40%; il convient de basculer la totalité des cotisations sociales sur la CSG, et de remplacer les cotisations patronales par une taxe sur la valeur ajoutée, de façon à ne pas pénaliser les entreprises à forte main-d'œuvre.

 Le déficit

 2- Le déficit chronique de l'assurance-maladie de 10 milliards d'euros par an, plus élevé que la totalité du budget de l'enseignement supérieur, est inacceptable en termes de solidarité intergénérationnelle; l'Etat devra compenser intégralement les exonérations de charges consenties aux entreprises, sa dette annuelle envers la Sécurité sociale dépassant 6 milliards d'euros par an, car le système de soins n'est pas une vache à lait ayant vocation à financer des emplois dans d'autres secteurs; il appartiendra au Parlement de faire les choix du contenu d'une politique de santé lorsqu'il votera l'ONDAM , qui ne peut se limiter au vote symbolique et aveugle d'un chiffre prévisionnel de dépenses toujours dépassées sans sanctions autres que celle des assurés.

Les spécialistes

 3- Les spécialistes médicaux, aux honoraires aujourd'hui pratiquement libres, devront choisir entre réintégrer le système conventionnel avec ses avantages et ses contraintes, ou en sortir : tout assuré social devra, comme c'était le cas autrefois et c'est toujours le cas dans tous les pays développés, être normalement remboursé des sommes réellement payées lorsqu'il consultera un spécialiste conventionné.

 Les généralistes

 4- Les médecins généralistes joueront réellement leur rôle tant de fois promis de « pivot du système de soins », par le rétablissement du système de médecin référent supprimé par la réforme Douste-Blazy, qui alliait évaluation de la qualité des soins, obligation d'une formation médicale continue, et forfaitisation de la part de leurs revenus correspondant à leur activité de prévention, aujourd'hui inexistante car incompatible avec le paiement à l'acte.

 La démographie médicale

5- La démographie médicale, souffre non pas de pénurie, mais d'une répartition inégalitaire sur le territoire (ainsi que d'une ventilation par spécialités établie en fonction des souhaits des étudiants, et non des besoins de la population); les incitations financières à l'installation étant fatalement vouées à l'échec, l'assurance-maladie pratiquera, comme dans d'autres pays européens, le conventionnement sélectif en fonction des besoins géographiques, et facilitera la mise en place de regroupements rendant les conditions d'exercice plus attractives dans les zones rurales.

 Le réseau hospitalier

 6- La restructuration du réseau hospitalier le plus dense du monde sera poursuivie, avec le même objectif de pallier les inégalités géographiques et d'assurer à chaque établissement la qualité et la sécurité des soins; si le principe de budgétisation de chaque hôpital en fonction de son activité réelle ne sera pas remis en cause, la montée en charge de la tarification à l'activité ne se poursuivra que lorsqu'un système efficace pour empêcher l'exclusion des malades non rentables aura été mis en place.

 Le médicament

 7- La politique du médicament s'attachera prioritairement à rendre la formation médicale post-universitaire indépendante de sa prise en main complète, grâce à Xavier Bertrand, par l'industrie pharmaceutique, et de limiter le marketing de plus en plus pesant de cette dernière, tant auprès des médecins que des patients; lorsqu'un médicament identique est commercialisé par plusieurs laboratoires, le remboursement se fera sur la base du prix de celui qui est vendu le moins cher ; de même, les hôpitaux retrouveront leur droit de faire jouer la concurrence par les prix pour leurs achats de médicaments identiques, droit qui leur a été retiré par le très « libéral » Jean-François Mattéi.

 C'est très volontiers que nous laissons à Nicolas Sarkozy et à Xavier Bertrand la possibilité de prendre connaissance de ces propositions, en leur précisant qu'elles ne sont protégées par aucun brevet, et qu'ils sont parfaitement libres de les « génériquer » (Version raccourcie) ».

Par SORIN Michel - Publié dans : Santé et sécu sociale
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