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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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28 novembre 2020 6 28 /11 /novembre /2020 23:43

 

Près de 2000 participants pour réaffirmer les principes républicains

 

"Le rassemblement de contestation de la Loi Sécurité globale, initié par la Ligue des droits de l’homme 53 et 14 organisations syndicales, politiques et associatives, a réuni ce samedi 28 novembre 2020, à Laval (Mayenne) près de 2 000 personnes" (Ouest-France, 28 novembre 2020).

 

Voir Plus de 1 000 participants ont dit non au projet de loi Sécurité globale

 

Voir aussi France Bleu : A Laval, plus de 1.000 personnes manifestent contre la loi Sécurité globale

 

Voir le communiqué commun des organisations : APPEL POUR LES MARCHES DES LIBERTÉS SAMEDI 28 NOVEMBRE PARTOUT EN FRANCE

Appel pour les marches des libertés, samedi 28 novembre partout en France
Nous appelons à participer aux Marches des Libertés organisées partout en France ce samedi 28 novembre 2020. A Paris, celle-ci aura lieu de 14h à 18h de la place de la République jusqu’à la place de la Bastille, sur laquelle un rassemblement se tiendra avec des prises de paroles d’artistes et de grandes voix des libertés. Nous vous invitons à marcher avec une croix X sur votre masque, symbolisant l’atteinte à la liberté d’expression.
Après les rassemblements du 17 novembre à l’Assemblée nationale, du 21 novembre sur la place du Trocadéro et aux quatre coins du pays, réunissant des dizaines de milliers de personnes, le mouvement pour la liberté de l’information et pour le respect de l’État de droit et de nos libertés ne cesse de croître.
Le ministre de l’Intérieur nous a reçu sans nous écouter. Face à cette politique autoritaire et au basculement possible dans un Etat de police, comme sur la place de la République, dans la nuit du lundi 23 novembre au cours de laquelle des demandeurs d’asile et des journalistes ont été tabassés par les forces de l’ordre, il est urgent de rassembler toutes les forces syndicales, associatives, politiques et culturelles du pays qui s’opposent au Nouveau schéma national du maintien de l’ordre ainsi qu’à la Loi sécurité globale, avant qu’elle ne soit soumise au Sénat.
Nous ne voulons pas d’une loi qui porte atteinte aux libertés fondamentales et au regard des citoyen.nes.
Nous refusons que la France soit le pays des violences policières et des atteintes à la liberté d’informer.
Nous alertons sur le fait que la France risque de se retrouver cette année aux côtés du Pakistan, du Soudan, de la Somalie, de la Turquie, d’Israël et de la Chine… sur la liste des pays qui violent la liberté de la presse, lors de la prochaine session du Haut-Commissariat aux droits de l’Homme des Nations unies, à Genève,début 2021.
Nous soutenons que sans images diffusées par la société civile, les violences policières resteront impunies.
Nous ne voulons pas d’une société où l’État peut voir avec des drones et des caméras piétons, sans être vu.
Nous rappelons que le droit français sanctionne les actes et non les intentions, comme le prévoit l’article 24.
Nous affirmons que l’atteinte au droit des citoyens et de la presse à informer est disproportionnée et que l’arsenal juridique existant est amplement suffisant pour protéger les forces de l’ordre d’éventuelles agressions consécutives à la diffusion d’images
Nous rappelons que l’article 12 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen institue une force publique et non pas une force floutée.
Nous sommes aux côtés de l’ONU, de la Commission européenne, du Parlement européen, de la CNCDH, de la Défenseure des droits, et de toutes les forces progressistes pour condamner ces lois liberticides.
La coordination « StopLoiSecuriteGlobale », composée de syndicats, sociétés, collectifs, associations de journalistes et de réalisateurs, confédérations syndicales, associations, organisations de défense de droits humains appelle tou·tes les citoyen·nes à signer cet appel, à se mobiliser et à organiser des Marches des libertés partout en France ce samedi 28 novembre 2020. Nous ne resterons pas silencieux·ses ni assis·es, nous ne laisserons pas la France devenir une démocratie illibérale sans réagir.

 

Cet article est le 3165 ème sur le blog MRC 53 -  le 77ème dans la catégorie République Parlement

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26 septembre 2018 3 26 /09 /septembre /2018 22:04

 

Alimentation ultra-transformée : la DGAL appelle à anticiper les risques

 

Auditionné le 10 juillet 2018 à l'Assemblée nationale par la commission d'enquête sur l'alimentation industrielle, Patrick Dehaumont a lancé l'alerte sur les risques d'une alimentation ultratransformée. Pour le directeur général de l'alimentation (DGAL) au ministère de l'Agriculture, les doutes sur l'utilisation des auxiliaires, des additifs, des composés néoformés pourraient être comparés avec la situation des produits phytosanitaires.

Voir (Agri72, 10 juillet 2018) : Patrick Dehaumont appelle à anticiper les risques pour la santé

Cette information était reprise (édition du 20 juillet 2018) par l’hebdomadaire L’avenir agricole (Pays de la Loire).

Auditionné le 10 juillet à l’Assemblée nationale par la commission d’enquête sur l’alimentation industrielle, le patron de la Direction Générale de l’Alimentation (DGAL, Ministère de l’agriculture) Patrick Dehaumont a alerté les députés sur les risques d’une alimentation ultra-transformée.
« Il y a un champ d’investigation que l’on est en train de découvrir, et il faut s’y pencher de manière sérieuse si on ne veut pas avoir des lendemains qui déchantent », prévient-il.

Déjà, en février 2018, une étude des chercheurs de l’Inserm, de l’Inra et de l’université Paris 13, suggérait, sans pouvoir l’affirmer, un lien entre la consommation d’aliments « ultra-transformés » et un sur-risque de développer un cancer. Les chercheurs avaient eux-mêmes prévenu que les résultats devaient être considérés comme une première piste d’investigation, dans l’attente d’être confirmés dans d’autres populations d’étude.

Pour Patrick Dehaumont, les doutes liés à la multiplication des produits auxiliaires (non consommés), des additifs, des composés néoformés (produits apparaissant durant la transformation comme les acrylamides) pourraient être comparés avec la situation des produits phytosanitaires. « Nous avons une production végétale qui a pu être développée en quantité et en qualité grâce à l’usage de phytos », dit-il en rappelant que ceux-ci permettent de lutter contre des organismes nuisibles pour la plante, et parfois pour l’homme.

« Aujourd’hui, on déchante car d’autres signaux sur la santé apparaissent, avec les faibles doses, les effets cocktails, les combinatoires des effets biologiques… L’étude de l’Inserm et de l’Inra le montre bien. Dans la foulée, Patrick Dehaumont prévient. « J’ai l’impression que pour les aliments ultra-transformés, on pourrait se retrouver dans la même logique ». Quid de la « multiplication des auxiliaires,des additifs, des composés néoformés, de certains effets perturbateurs endocriniens », s’interroge Patrick Dehaumont ? « Je n’ai pas la réponse mais j’ai le sentiment qu’il qu’on se préoccupe de ces questions-là ».

Qu’est-ce qu’un aliment ultra-transformé ? L’étude conduite par l’Inserm, l’Inra et l’Université Paris 13 cite notamment les pains et brioches industriels, les barres chocolatées, les biscuits apéritifs, les sodas et boissons sucrées aromatisées, les nuggets de volaille et de poisson, les soupes instantanées, les plats cuisinés congelés ou prêts à consommer, et tous produits transformés avec avec ajout de conservateurs autres que le sel. Des colorants, émulsifiants, texturants, édulcorants et d’autres additifs, sont souvent ajoutés à ces produits.

Ce 26 septembre 2018, la presse a fait état des travaux de la Commission d'enquête sur l'alimentation industrielle. Voir (Le Monde, Pascale Santi) : Un rapport sur l’alimentation

Loïc Prud'homme, président de la Commission chargée d’enquêter sur l’alimentation industrielle (qualité nutritionnelle, rôle dans l’émergence de pathologies chroniques, impact social et environnemental de sa provenance) s’est exprimé sur la radio de service public. Après six mois de travail et une quarantaine d’auditions, la commission devait voter son rapport ce 26 septembre à l’Assemblée nationale. Additifs, aliments trop sucrés, trop salés, transformés sont dans la ligne de mire de cette commission, constituée à la demande du groupe de La France Insoumise (LFI).

Le rapport présente des pistes pour une alimentation plus saine, inciter le secteur agroalimentaire à mettre moins de sel, de gras, de sucre et d’additifs dans ses produits, et éduquer les enfants à bien manger.

Dès le 6 juin 2018, sur le site Nouvelobs.com, Anne Crignon expliquait Pourquoi il faut dire halte aux aliments ultra-transformés.

Chercheur en alimentation préventive nutritionnelle à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), Anthony Fardet était invité ce mercredi à l’Assemblée dans le cadre d'une commission d’enquête dirigée par Loïc Prud’homme. Cette commission va évaluer les travaux du chercheur sur les aliments ultra-transformés et leur rôle éventuel dans la survenue de plus en plus massive de maladies graves et chroniques - obésité, diabète, certains cancers.

Les parlementaires ont découvert les travaux de ce chercheur en janvier dernier à l’occasion d'un entretien à "BibliObs", suite à la parution de son livre "Halte aux aliments ultra-transformés". Une interview vidéo mise en ligne peu après a été vue 4,6 millions de fois sur Facebook. Le signe que les aliments ultra-transformés, déversés dans nos supermarchés depuis les années 80 et plébiscités jusqu’à remplacer peu à peu l’alimentation traditionnelle, suscitent le plus vif intérêt.

Dans Halte aux aliments ultra transformés ! Mangeons vrai, Anthony Fardet détaille la classification NOVA, qui ne tient pas compte des valeurs nutritionnelles mais du degré de transformation des aliments.

Les préconisations d’Anthony Fardet dans son livre :

  •  Réviser les recommandations nutritionnelles à la population française.

  •  Abandonner l’étiquetage nutritionnel Nutri-Score, non validé scientifiquement, pour un étiquetage beaucoup plus simple et beaucoup plus efficace basé sur le degré de transformation des aliments.

  • Encourager les industriels à proposer des aliments peu transformés, avec moins d’additifs.

     

    Cet article est le 3093 ème sur le blog MRC 53 - le 76ème dans la catégorie République Parlement

Patrick Dehaumont, actuel directeur général de l'alimentation (capture image 2010)

Patrick Dehaumont, actuel directeur général de l'alimentation (capture image 2010)

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31 juillet 2018 2 31 /07 /juillet /2018 21:39

 

La contamination des boîtes de lait infantile n’était pas accidentelle

Le leader mondial de l’industrie fromagère, Lactalis, dont le siège est à Laval (Mayenne), produisait des laits infantiles dans son usine de Craon (au sud-ouest de ce même département) avant d’être contraint de s’arrêter, suite à la découverte d’une contamination par des salmonelles. Voir Reprise progressive de l'activité à l'usine de Craon.

Pour information, les articles précédents sur les blogs CiViQ et MRC 53 :

- (7 fév. 2018) : La persistance de salmonelles dans l'usine de Craon fait chuter Lactalis

- (8 février) : Les leçons à tirer de l'affaire des laits infantiles contaminés Lactalis

- (20 février) : Lactalis et contamination des laits infantiles : les contrôles en question

 

Lactalis appartient exclusivement à la famille Besnier (dirigeants André, puis Michel, puis Emmanuel). Voir Emmanuel Besnier, cinquième fortune de France.

L’émotion provoquée par la contamination des laits pour bébés a incité les députés à mener leur enquête. C’est Christian Hutin (Mouvement Républicain et Citoyen, apparenté Nouvelle Gauche) qui est le président de la commission d’enquête sur l’affaire Lactalis. Il a présenté récemment son rapport. Voir :

-  (Lcp Assemblée nationale) : Lait infantile : le patron de Lactalis évoque "un accident" et se défend de toute « fraude »

(Europe 1, 18 juillet 2018) : Affaire Lactalis : "Ce n'était pas un accident"

 

Dans « La Voix du Nord » (entretien), le 18 juillet, Christian Hutin espère que sa commission «ne sera pas la dernière avec le même pouvoir d’investigation»

De toutes les mesures préconisées par le rapport, à laquelle tenez-vous le plus ? 

« J’en retiens trois qui me tiennent à cœur : la première est « contrôler les contrôleurs » et « contrôler les contrôlés » ! Dans l’industrie, on marche à l’autocontrôle, ce qui n’est pas satisfaisant. Cela revient à décider soi-même si on est en pleine forme et si on peut conduire ! On veut un système d’État contrôlant les autocontrôles avec de la transparence, des registres à tenir et une communication obligatoire. Pour les laboratoires qui font ces contrôles, il faut regarder s’ils n’ont pas des liens avec les entreprises concernées. La deuxième priorité, c’est qu’on ne trouve plus jamais en France des produits en vente deux semaines après une procédure de retrait-rappel. Nous faisons une vingtaine de propositions sur ce sujet. Je suis personnellement pour une sorte de « crash test ». Qu’à un moment donné, l’État demande le retrait d’un produit dans les deux heures et vérifie ensuite. La troisième priorité c’est de mettre de l’ordre dans la police alimentaire de l’État ». 

 

Qui doit commander cette police alimentaire ? 

« Nous considérons que nous ce qui touche à la santé alimentaire doit être dirigé par la Direction générale de l’alimentation au ministère de l’agriculture même si ça ne fait pas plaisir à Bercy ! Il faut arrêter avec cette armée mexicaine entre trois ministères (santé, agriculture et économie NDLR) ». 


Vous avez finalement pu auditionner Emmanuel Besnier. Avez-vous eu le sentiment d’être face à quelqu’un qui fuyait ses responsabilités ? 

« J’ai terminé l’audition en lui disant qu’à un moment, il fallait forcer sa nature. Peut-être ai-je dépassé mon rôle de président mais cela m’a semblé tellement indispensable par rapport aux victimes ! » 
 

Et maintenant quelles suites attendez-vous pour ce rapport ? 

« On a déjà évité qu’il ne soit torpillé ! Il contient de belles propositions qui sont le résultat d’auditions de qualité et de la bonne entente au sein de la commission. Avec le rapporteur Grégory Besson-Moreau (député LaREM de l’Aube) je n’ai eu qu’une petite différence. Je voudrais qu’il y ait plus de fonctionnaires qui travaillent sur le sujet, la République en marche est moins « fonctionnaires » que moi ! Mais quand il n’y a qu’une seule personne pour s’occuper des produits laitiers en Mayenne, c’est peu. Les services sont à l’os… » 
 

Et vous, avez-vous eu assez de moyens pour travailler ? 

« Non. Les moyens des commissions d’enquête sont extrêmement limités. Le rapporteur et moi avons travaillé avec trois administratrices, souvent dans des petits bureaux tard le soir. On est très loin d’une commission d’enquête aux États-Unis. Et surtout il y a un problème majeur de dépendance par rapport à l’exécutif. On doit demander à la Garde des sceaux l’autorisation d’enquêter et les avocats de Lactalis ont essayé de torpiller nos travaux. Heureusement Mme Belloubet et François de Rugy ont résisté. Enfin, j’espère que ma commission ne sera pas la dernière avec le même pouvoir d’investigation. Avec la loi sur le secret des affaires, je ne suis pas certain que je pourrai disposer des mêmes documents. C’est gravissime ».

 

Cet article est le 3083 ème sur le blog MRC 53 - le 75ème dans la catégorie République Parlement

 

Christian Hutin, député MRC du Nord (circonscription de Dunkerque)

Christian Hutin, député MRC du Nord (circonscription de Dunkerque)

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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 21:25

 

Les élus locaux peu allants après 4 mois de « République en marche »

 

Dimanche 24 septembre 2017 aura lieu le renouvellement d’une partie du Sénat, la chambre haute du Parlement (171 sièges à renouveler dans la moitié des départements, sur un total de 348 sièges au Sénat). Voir Élections sénatoriales françaises de 2017 – Wikipédia

 

Au niveau national, personne ne prévoit de changement de la majorité - qui restera à droite - mais les groupes politiques auront une nouvelle consistance après ce scrutin.

Voir, 17 septembre, Sénatoriales 2017: les points chauds - L'Obs et cet article du Courrier des maires (14 septembre, Aurélien Hélias) : Sénatoriales : " Le temps passe vite et le temps joue contre La République en marche "

 

Au niveau régional (Pays de la Loire), le quotidien Ouest-France a fait le point (édition du 11 septembre) dans les trois départements concernés : la Loire-Atlantique (44), le Maine-et-Loire (49) et la Mayenne (53).

En Mayenne, deux sièges sont à pourvoir. Les sortants sont de centre-droit (UDI).L’un a choisi de rester maire de Laval (François Zocchetto), l’autre est candidate à un nouveau mandat, avec le soutien de LR, en plus de l’UDI (Elisabeth Doineau), ce qui lui donne les faveurs des pronostics.

Qui pour succéder au président du groupe centriste au Sénat ? Le maire de Mayenne, Michel Angot, candidat de la majorité présidentielle, est aussi candidat du PS, ce qui lui apportera les voix de gauche, face au candidat de l’UDI, le maire de Château-Gontier, Philippe Henry.

L’enjeu est de savoir si l’UDI retrouvera ses deux élus et parviendra à remplacer son sortant lavallois, victime de la loi sur le cumul des mandats. Entre « La République en Marche » - et ses deux candidats, Michel Angot pour le Nord-Mayenne, et Valérie Hayer pour le Sud-Mayenne, qui bénéficie du soutien influent du député au Parlement européen, Jean Arthuis - et l’Union des démocrates et indépendants( UDI), il y a une proximité idéologique et politique mais une vraie concurrence électorale.

Les Républicains (LR) proposent la candidature de l’ancien député du Sud-Mayenne, Guillaume Chevrollier, mais ils subissent un déclin amorcé depuis longtemps en Mayenne. La gauche, elle, se retrouve marginalisée.

Voir (Alan Le Bloa, 11 septembre) : Élections sénatoriales : les points chauds à suivre – Ouest-France ce qui concerne la Mayenne. Mayenne : crucial pour l'UDI

Deux : le nombre de sièges renouvelables en Mayenne. Un scrutin crucial pour l'UDI. Le parti tenu par le président du conseil départemental Olivier Richefou doit conserver le fauteuil occupé par François Zocchetto depuis 2001. L'élu lavallois, qui présidait l'Union centriste au Sénat, lâche la main pour se consacrer à son mandat de maire de Laval. Le parti a investi le maire de Château-Gontier, Philippe Henry, pour lui succéder. Élisabeth Doineau, élue en 2014, est par ailleurs candidate à sa succession.

LREM aligne deux candidats en face : Valérie Hayer, qui n'avait pas obtenu l'investiture aux législatives, et le maire divers gauche de Mayenne, Michel Angot.

Deux candidats centristes, Monique Bourgoin, ancienne assistante parlementaire de François Zocchetto et Jean-Marc Allain, maire de Gorron, tentent leur chance, sans étiquette. A droite Guillaume Chevrollier, battu aux législatives, a obtenu la seule investiture concédée. Les Républicains soutiennent en effet la sénatrice sortante Élisabeth Doineau. Le PS, le FN, le PC et EELV présentent chacun un candidat.

Voir aussi le site leglob-mayenne (14 septembre) : Sénatoriales Mayenne 2017 : vers un nouveau train de sénateurs

Article paru également sur le blog de Réseau CiViQ le 18 septembre 2017

Cet article est le 3015ème sur le blog MRC 53 - le 74ème dans la catégorie République Parlement

Forte contestation citoyenne à la création d'une Commune nouvelle entre Le Genest-Saint-Isle et Saint-Berthevin, en Mayenne, le 1er octobre 2015 au Genest.

Forte contestation citoyenne à la création d'une Commune nouvelle entre Le Genest-Saint-Isle et Saint-Berthevin, en Mayenne, le 1er octobre 2015 au Genest.

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 22:37

 

Assemblée nationale : la vague Macron va noyer les oppositions

 

Les élections 2017 ne ressemblent à aucune de celles qui les ont précédées. Le 18 juin ne sera pas seulement la date qu’on retient en référence à l’appel historique du Général de Gaulle en 1940. Ce sera aussi, en 2017, la date du second tour d’élections législatives hors norme qui fera de l’Assemblée nationale une chambre parlementaire à près de 80 % au service du nouveau chef de l’État, Emmanuel Macron.

 

- Tout d’abord, retour sur les résultats du 1er tour des élections législatives, le 11 juin 2017.

Voir Élections législatives 2017- Ministère de l'Intérieur

Voir aussi des articles à ce sujet :

. (11 juin) Une vague en trompe l’œil ? par Jacques Sapir

. (12 juin, Gaël Brustier, Libération) : Législatives : vers la poursuite d'une crise de régime

            . (15 juin, Le Figaro) : Une Assemblée nationale de moins en moins représentative
 

- Et puis, ce qui est annoncé pour le second tour, le 18 juin 2017.

Voir (15 juin, Les Echos) : législatives : vers un raz-de-marée En Marche au second tour

 

Extrait. Ce n'est plus une vague qui semble se dessiner pour les candidats de La République En Marche (LREM), mais un véritable raz-de-marée. Invités à voter pour le second tour des législatives dimanche, les électeurs qui se déplaceront devraient donner au mouvement du chef de l'Etat une très large majorité absolue.

Plus large encore que celle imaginée au soir du premier tour puisque selon le sondage hebdomadaire LégiTrack d'OpinionWay-ORPI pour « Les Echos » et Radio classique, LREM et le Modem devrait décrocher de 440 à 470 sièges (dont 50 à 60 pour le parti de François Bayrou) sur les 577 que compte l'Assemblée nationale.

Loin, très loin derrière, le premier groupe d'opposition serait celui de la droite et du centre avec 70 à 90 sièges dont 10 à 15 pour l'UDI. La droite aurait donc un groupe amputé de plus de moitié.

Quant au Parti socialiste avec ses alliés (EELV, divers gauche...), il devrait connaître - c'est la suite logique du premier tour - une défaite plus sévère encore puisqu'il ne devrait recueillir que 20 à 30 sièges. Le PS seul pourrait ne pas pouvoir constituer de groupe car ses élus seraient au maximum 15 à entrer au Palais-Bourbon. De même, la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon confirmerait sa contre-performance par rapport à la présidentielle, avec seulement 5 à 15 sièges qu'elle partagerait avec le PCF.

Le FN aussi puisque le parti de Marine Le Pen, dans une mauvaise passe, décrocherait au mieux 5 sièges et plus certainement un - celui de Marine Le Pen - à deux.

 

Un cas significatif : la 1ère circonscription du Doubs, où la députée PS sortante, Barbara Romagnan, s’est qualifiée difficilement pour le second tour. Ce qu’elle écrit sur son site de campagne Barbara Romagnan – Législatives 2017 est très éclairant. Elle exprime sa conception du rôle de député(e).

Voir Non à une République qui marche « au pas » !

Cet article est le 2999ème sur le blog MRC 53 - le 73ème dans la catégorie République Parlement

2017 en France : un changement politique comparable à celui de 1958
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17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 23:30

 

Défense de la République et de la laïcité par des personnalités de gauche

 

Le 11 mars, "Marianne" relaie l'initiative prise par des intellectuels, des politiques et des acteurs de la société civile qui se situent à gauche mais jugent la République et la laïcité aujourd'hui malmenées. Voici leur appel : Manifeste pour un printemps républicain

 

Deux membres de la direction du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) sont signataires de cet appel : Fatiha Boudjahlat et Thierry Cotelle. Bastien Faudot, porte-parole, candidat MRC à l'élection présidentielle 2017, leur a emboîté le pas. Voici la Tribune qui a été publiée sur le site de Marianne le 16 mars 2016.

 

 

Cher Printemps Républicain,

Tu profites du retour des beaux jours pour affirmer ton attachement à l’idéal républicain et au régime de laïcité. Tu nous rappelles aussi que la nation est le lieu privilégié d’exercice de la démocratie. Ton appel ne pouvait que susciter mon adhésion tant il rejoint les principes qui guident mon engagement politique. J’ai donc signé ton manifeste sans réserve.

Que des citoyens de gauche dépassent les clivages internes à notre camp est vraiment salutaire. Ces questions sont piégées depuis qu’une fraction de la gauche est travaillée par le relativisme culturel et le différentialisme. Faire de la « diversité » une valeur et un principe normatif, alors qu’elle n’est qu’un fait brut, est une erreur. Je ne t’apprendrai rien: la fétichisation des différences se fait souvent au détriment du « commun ». Transformer les différences, qui font la richesse d’un groupe, en un droit à la différence ouvre la voie à trop d’accommodements déraisonnables.

« Comme la République, la laïcité sera sociale ou ne sera pas. »

Nous devons défendre la laïcité contre les attaques dont elle fait l’objet, la défendre bec et ongles, mais la défendre pour ce qu’elle est : un moyen et non une fin. Comme le dit si joliment Régis Debray, « la laïcité c’est le cadre, ce n’est pas le tableau ». Elle ne peut suffire à elle seule à définir un horizon pour la France. La laïcité permet d’organiser, non la simple cohabitation des différences mais bien leur dépassement dans l’adhésion de tous à un projet commun. En revanche, elle n’est pas un étendard qu’il suffirait de brandir pour la faire vivre. Elle est un instrument très concret au service de la paix civile. Et c’est déjà beaucoup.

Comme le rappelait récemment un de tes signataires Marcel Gauchet, « tout le monde aime à se réclamer de la République ou de la laïcité, mais il reste peu de monde pour savoir encore les définir ». Il est donc temps d’en réactiver le sens, de leur donner de l’étoffe et de la chair, en commençant par énoncer les conditions de leur possibilité. Il nous faut aussi affronter les difficultés du quotidien, sans détourner le regard ou dissimuler des choix honteux. Vivre ensemble, ça n’est pas simplement vivre côte à côte avec des œillères.

Si elle n’est pas sociale, la République est un mensonge. Que serait une République qui tolérerait que certains de ses citoyens soient des acteurs de plein droit, pendant que d’autres, happés par l’insécurité économique et la précarité, seraient relégués au rang de spectateurs ? Quand les inégalités se creusent et le chômage croît sans discontinuer, la République se vide. Quand le gouvernement prétend remédier à cela avec une « loi travail » bâtie sur des préceptes néolibéraux d’un autre âge, il est temps de rappeler que la République ne se limite pas à la liberté – de conscience, d’opinion – mais que c’est aussi la justice et l’égalité.

 
« Il est temps pour cela que nous rompions avec cette Europe supranationale qui réduit la France à l’impuissance et la République à un théâtre d’ombres. »

Dans les débats qui font rage régulièrement, on hésite parfois à accoler un adjectif au mot laïcité, je vais pourtant m’y risquer. Comme la République, la laïcité sera sociale ou ne sera pas. Il existe des causes multiples au retour du religieux et des revendications identitaires. En France, par défaut d’intégration, par l’effritement des solidarités qui se tissent habituellement à l’école, puis dans le monde du travail, par un amoindrissement des possibilités de nouer des liens hors de sa supposée « communauté », on a créé des prisons identitaires. Ces prisons fermées à double tour par la religion offrent à certains de nos compatriotes une fraternité de substitution quand la fraternité républicaine est devenue vaine. Une religiosité très affirmée – et très incompatible avec la laïcité – devient une façon de renouer avec une image valorisante de soi-même. Elle signe le besoin de s’insérer dans un collectif auquel on s’identifie et qu’on accepte ainsi de servir. La République doit mener cette bataille de la fraternité.

La France ne sait plus s’aimer elle-même, condition intangible pour se faire aimer, et d’abord de ses propres citoyens. Ce manque de confiance en lui-même a conduit notre pays à tenter de se diluer dans l’Europe. Une Europe désormais en proie à des crises multiples : économique, démocratique, migratoire. Cette multicrise n’est pas une catastrophe naturelle qui nous tomberait dessus par le plus cruel des hasards : elle procède de la configuration de l’Europe telle que nous la connaissons. Celle-ci n’a pas été conçue pour rapprocher les nations et pour les faire coopérer, mais pour les dépasser et, au bout du processus, les effacer. Bien sûr, cela s’est fait contre les peuples, qui sont assez rarement candidats à leur propre dissolution…

Si comme tu le soulignes, la Nation est « une histoire et un destin commun », encore faut-il, pour avancer résolument vers ce destin, disposer de notre pleine et entière souveraineté. Il est temps pour cela que nous rompions avec cette Europe supranationale qui réduit la France à l’impuissance et la République à un théâtre d’ombres. Il est temps de lui substituer une Europe de la coopération, respectueuse de chacun des pays qui la composent, et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Poser la question laïque nous oblige donc à réexaminer l’ensemble du pacte civique qui fonde la République (...).

Cet article est le 72ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement

Bastien Faudot, le 29 février 2016, au Salon de l'agriculture, reçu au stand de la Confédération paysanne

Bastien Faudot, le 29 février 2016, au Salon de l'agriculture, reçu au stand de la Confédération paysanne

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25 décembre 2015 5 25 /12 /décembre /2015 23:49

 

Pourquoi inscrire dans la Constitution ce qui est du ressort de la loi ?

 

« Dès lors que le président de la République avait annoncé une telle mesure dans son discours solennel devant le Congrès le 16 novembre dernier, il lui était très difficile de revenir dessus. C'est d'ailleurs cette cohérence de la parole présidentielle qui a été mise en avant par le premier ministre mercredi lorsqu'il a annoncé que la mesure figurerait dans le projet de réforme constitutionnelle ».

C'est ainsi que Laurent Bouvet introduit l'entretien qu'il a accordé à Alexandre Devecchio, publié le 23 décembre 2015 sur le site du Figaro sous le titre Pourquoi la République française n'est pas qu'une affaire de papiers. Extraits.

Pour Laurent Bouvet*, l'affaire de la déchéance de nationalité révèle les contradictions d'une gauche fâchée avec la République et la nation.

(…) Concernant la déchéance de nationalité, chacun s'accorde, le premier ministre en tête, sur l'inefficacité de la mesure en matière de lutte contre le terrorisme et donc, sur son caractère purement symbolique. Dès lors, en quoi est-ce du pragmatisme? Comment justifier une mesure qui ne rompt pas seulement avec un discours mais avec les principes mêmes défendus par la gauche et plus largement par tous les républicains cohérents ?

Je considère depuis longtemps en effet, à travers mes travaux et mes interventions publiques, que la gauche française gagnerait à se réapproprier de manière très volontariste les principes et symboles républicains (Nation, drapeau tricolore, Marseillaise, laïcité… mais aussi égalité, solidarité, lien indéfectible entre nationalité et citoyenneté…) qu'elle n'a pas su, pu ou voulu défendre et promouvoir depuis des années, et qu'elle a même, pour une partie de cette gauche, sciemment abandonnés. Cet oubli et cet abandon ayant principalement bénéficié au FN. On voit hélas aujourd'hui les conséquences de cette dérive dans l'installation du FN dans le paysage politique même s'il ne franchit pas encore la barrière électorale ultime. Il est très difficile aujourd'hui de voir comment va se recomposer la gauche française. (...)

C'est pour cela qu'il faut réinvestir massivement la République au quotidien, la République concrète, à la fois en termes de droits, d'égalité et de solidarité, pour tous les Français sans aucune exception, en même temps qu'en termes de devoirs et d'exigence au regard de ce commun dont nous sommes tous à la fois dépendants et garants. La République, notre commun, n'est pas qu'une affaire de papiers (carte d'électeur, carte d'identité ou carte de sécurité sociale…), c'est une affaire de volonté et de détermination. Il faut la faire vivre, chaque jour. C'est la tâche des élus bien sûr mais aussi de chacun de nous, les citoyens.

* Laurent Bouvet est professeur de science politique à l'UVSQ-Paris Saclay. Son dernier ouvrage, L'insécurité culturelle, est paru chez Fayard.

Voir aussi dans la presse :

- Le juge Trévidic, Francetvinfo, 24 décembre 2015 : Déchéance de nationalité : "On n'exporte pas un terroriste

- Patrick Weil, L'opinion, Jean-Dominique Merchet, 16 décembre 2015 : « Le projet de déchéance de nationalité crée de la suspicion à l'encontre d'une partie des Français

Depuis 1938, la déchéance de la nationalité des binationaux fait partie du droit français, mais son inscription dans la Constitution irait à l’encontre de la cohésion nationale, explique l’historien.

BFMTV, 24 décembre 2015 : Déchéance de nationalité: "Cette mesure va créer des divisions entre Français dans la Constitution", Patrick Weil

 

Commentaire politique :

 

Ce n'est sans doute pas par hasard si cette proposition de déchéance de nationalité, jusqu'à présent mise en avant par la droite et l'extrême droite, avait été introduite dans le discours solennel du président de la République devant le Congrès le 16 novembre 2015. Celui-ci cherche à apparaître comme le principal concurrent au FN dans la perspective du premier tour de l'élection présidentielle en 2017.

Ayant le sentiment qu'il est le seul à pouvoir représenter valablement la gauche dans cette élection et que le vote utile s'imposera en 2017 aux électeurs de gauche afin d'éviter l'élimination de la gauche au soir du premier tour, François Hollande prépare le rassemblement des libéraux derrière sa candidature face à la candidate du FN, dès le premier tour et surtout au second tour de l'élection présidentielle.

C'est ce qui justifiait, de son point de vue, la décision de retrait des listes PS qu'il a imposé après le premier tour des élections régionales dans les régions Nord-Pas-de-Calais-Picardie et PACA. Il s'agit d'une tentative de sauvetage de cette gauche qui, en 1983, s'est ralliée au néolibéralisme européen sans combattre et qui est de plus en plus contestée par le peuple français.

Cela justifie évidemment la décision du Mouvement Républicain et Citoyen de présenter un candidat à l'élection présidentielle. Voir (blog du MRC 53, 23 décembre 2015) : Le MRC sera présent en 2017 pour reconstruire une force républicaine.

 

Cet article est le 71ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement

Article paru le 25 décembre 2015 sur http://mrc53.over-blog.com

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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 22:18

 

Le Parlement examine un texte concernant les règles applicables aux étrangers

 

Dans le cadre du débat parlementaire, Jean-Luc Laurent, député du Val-de-Marne et président du Mouvement Républicain et Citoyen, s'est exprimé le 22 juillet 2015 sur la question de l'immigration.

 

Des règles pour maîtriser l'immigration

 

Après avoir adopté de nouvelles règles organisant le droit d’asile, le Parlement examine au milieu de l’été un second texte important qui concerne le droit du séjour et les règles applicables aux étrangers. 

L’objectif du gouvernement est de maîtriser l’immigration. L’immigration n’est ni une chance ni une calamité pour la France. Elle constitue une réalité: d’abord une réalité historique qui a façonné la France dans laquelle nous vivons, aussi une réalité contemporaine, plus discutable et moins acceptée dans un pays en stagnation. Comme les biens, les hommes circulent mais il n’est pas interdit de prévoir des règles. Il est même tout à fait légitime de s’interroger sur nos choix et sur les possibilités que nous acceptons d’offrir aux étrangers qui s’installent en France. La France compte 1,8 million d’étrangers ayant une carte de résident (10 ans) et 700 000 étrangers ayant une carte de séjour (1 an). Chaque année, plus de 200 000 personnes bénéficient d’un premier titre de séjour. En matière de règles et droit, dans les cadres des principes républicains, il ne peut y avoir de débat interdit. 

Le projet de loi présenté par le gouvernement crée une carte de séjour pluriannuelle (de 2 à 4 ans). Pour qui a été confronté à la mécanique infernale de la carte de séjour, cette proposition est une vraie avancée. L’Etat comme le demandeur sont gagnants de cet allégement qui repose sur un contrat d’intégration républicaine et une formation civique et linguistique. Cette nouvelle carte ne se substitue pas à la carte de résident valable 10 ans. 

Le projet propose également la création d’un titre de séjour pour « les talents ». Je comprends la nécessité de stabiliser les parcours des étudiants, autant je ne pense pas qu’il faille se lancer dans une chasse aux cerveaux, aux talents et aux diplômés dans les pays d’immigration. La mondialisation est une compétition mais il faut garder en tête l’objectif de codéveloppement, qui ne figure pas dans le projet de loi, et nous interdire d’organiser cet affaiblissement des pays d’origine. L’accueil des « talents » doit être une possibilité, un objectif parfois mais jamais la règle.

 

Etablir des règles nécessite de les faire appliquer : en matière d’immigration, cela veut dire expulser ou reconduire à la frontière. Le projet de loi propose une alternative à la rétention administrative par l’assignation à résidence. Personne ne peut se satisfaire de notre dispositif de rétention et la proposition du gouvernement peut être une solution. 

Lutter contre la fraude est dans l’intérêt de tous, et d’abord des immigrés légaux qui bénéficient d’un titre de séjour. Le projet de loi crée un droit de consultation pour les préfets afin de mieux lutter contre la fraude. Dans son action régalienne de contrôle du séjour, l’Etat ne peut plus être borgne: il est légitime que les préfets aient accès à des informations publiques détenues par d’autres administrations. 

La droite ne manquera pas d’ouvrir de nombreux fronts pour défendre une illusoire « immigration zéro » qu’elle a d’ailleurs été incapable de mettre en œuvre entre 2002 et 2012. La droite ne manquera pas de rouvrir un débat sur la nationalité en faisant, à la suite de Nicolas Sarkozy, des propositions régressives en matière de droit du sol. Cette semaine doit aussi nous permettre de répondre à la droite sur ces
propositions qui naviguent entre le fumeux et le démagogique.

 

- Pour En savoir plus sur le droit des étrangers et la réforme de l'asile, voir le dossier  du projet de loi relatif au droit des étrangers en France (numéos 2183, 2923).

 

- Lu dans la presse : L'Assemblée nationale va examiner le projet de loi sur le droit des étrangers (Le Monde, 20 juillet 2015) et L'Assemblée adopte le titre de séjour pluriannuel pour les étrangers (Le Monde, 22 juillet 2015).

 

Cet article est le 70ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement

Jean-Luc Laurent, le 12 avril 2015, lors d'une réunion du Conseil national du MRC

Jean-Luc Laurent, le 12 avril 2015, lors d'une réunion du Conseil national du MRC

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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 22:48

 

Les réponses sont dans les principes fondateurs républicains de la loi de 1905

 

L'Assemblée nationale a adopté en première lecture, le 13 mai 2015, un texte différent de la proposition de loi déposée initialement par le groupe des radicaux de gauche.

Voir cet article publié le 12 mai sur le site du quotidien Le Monde :

Laïcité : une proposition de loi débarrassée de ses aspérités

Extrait. Les uns reprochent au texte des radicaux de gauche une conformité douteuse avec les principes constitutionnels d’égalité et de liberté de conscience. D’autres le jugent contraire à l’esprit et à la tradition de la laïcité. Dans une atmosphère déjà empoisonnée par les propositions visant à interdire aux mères voilées d’accompagner les sorties scolaires ou à prohiber le voile à l’université, et avant les élections départementales, le gouvernement et les chefs de file socialistes de l’Assemblée avaient imposé un report de l’examen du texte au mois de mai.

 

La position du Mouvement Républicain et Citoyen a été présentée par Marie-Françoise Bechtel, députée de l'Aisne. Voir : Baby Loup : la laïcité consiste à construire la libre conscience de tous et d’abord de l’enfant

Votée ici même après des mois de débats passionnés, la loi de 1905 est aujourd’hui un véritable contrat démocratique et républicain, porteur de paix public et propagateur d’un civisme qui fut longtemps militant. 
Nous voyons donc bien la contradiction qu’il y aurait aujourd’hui à voir en elle un texte vivant, porteur de solutions, fussent-elles à inventer, et en même temps à céder à la tentation de refaire un grand texte, une sorte de charte de paix sociale qui serait au même niveau de pensée et de volonté. 
Il s’agit bien d’une contradiction : ou la loi de 1905 reste un socle républicain, ou elle ne l’est plus. Mais on ne peut pas, mon cher collègue Tourret, appeler de ses vœux un nouveau texte si l’on croit en la vie et en la réalité juridique de la loi de 1905, comme c’est le cas des députés du Mouvement républicain et citoyen. 
Pourquoi, d’ailleurs, faudrait-il un nouveau texte ? Parce que la laïcité à la française rencontre des difficultés dans un présent mondialisé, différentialiste, individualiste, avec des tendances à la communautarisation ? 
Mais c’est au contraire dans la loi de 1905 – et nous en ferons la démonstration à propos de la crèche Baby Loup – que nous trouverons les réponses que nous recherchons. Inspirons-nous donc de ses principes fondateurs et nous y trouverons la réponse aux questions qui se posent. 
Le cas de Baby Loup est significatif. Je ne reviens pas sur l’historique et je ne dis pas que d’autres difficultés ne suivront pas, mais en réglant ce cas, nous donnerons la mesure de ce que peut une loi fondatrice qui reste le socle de solutions véritablement républicaines, autrement dit une loi qui nous oblige, mais aussi une loi qui nous inspire.

La présente proposition de loi présentée par nos collègues radicaux de gauche, qu’il faut féliciter de leur initiative en y associant d’ailleurs la sénatrice Françoise Laborde – à l’origine d’un texte un peu différent, M. Tourret l’a très bien expliqué – est bien inspirée. 
Elle bien inspirée parce que, vous l’avez compris, elle reste à mes yeux dans les rails de la loi de 1905 tout en témoignant de la capacité inventive résultant des principes définis par cette loi. 
À cet égard, je me félicite de la prise de conscience du rapporteur, qui a admis que le plus sage est de fixer dans la loi une jurisprudence polie par le temps – que vous avez fort bien rappelée – et efficace pour résoudre les problèmes dont nous parlons. 
J’approuve donc la nouvelle rédaction qu’il proposera si j’ai bien compris par voie d’amendement à l’article premier, et je retirerai probablement mes propres amendements à ce même article. 
Supprimer le « caractère propre », concept flou et très conflictuel, est une bonne chose. 
Ensuite, et c’est plus hardi, cesser de se référer aux critères de financement, qui n’apportaient rien par rapport à l’article premier de la loi de 1905 prohibant déjà le financement des cultes, et se référer de façon plus hardie au service public me semble une initiative bienvenue. 
Ceci conduit à distinguer trois cas de figure pour résoudre le cas Baby Loup et tout ce qui peut y être connexe, selon le degré de proximité au service public : intégration au service public, participation plus ou moins précise au service public, personne privée qui n’est pas dans le service public. 
Cela a des vertus simplificatrices, cela est clair et, encore une fois, harmonieux avec la loi de 1905.

 

Un mot sur l’objet précis du texte

Mme Buffet l’a rappelé tout à l’heure : il s’agit bien de légiférer sur des lieux de travail, ce qui a suscité nombre de difficultés, s’agissant notamment des lieux de travail privés. 
Lorsque le travail consiste à encadrer des enfants, deux aspects doivent être mis en équilibre : la liberté du travailleur lui-même, du salarié, et la liberté de conscience des enfants, dont j’ai la faiblesse de penser qu’elle est le bien le plus précieux et – c’est ce qui me distingue de Mme Buffet – qu’elle doit être placée au-dessus de tout. 
Oui, le travailleur est libre de s’exprimer mais il l’est dans la limite de la liberté de conscience de l’enfant. Autrement dit, il l’est dans les limites de ce que peut interdire la laïcité. 
En effet, faire de la liberté individuelle du travailleur un principe absolu, comme l’a un jour fait bien malheureusement la Cour européenne des droits de l’homme – mais ce n’est pas son unique méfait – revient directement à nier le principe citoyen, le civisme républicain. Nous tombons forcément dans cette contradiction. 
La laïcité ne se réduit pas à une question de liberté individuelle : l’œuvre de la laïcité consiste à construire la libre conscience de tous et, d’abord, de l’enfant. 
Tel est l’édifice construit depuis 1905 à la hauteur duquel nous devons tous être aujourd’hui. Cela n’est pas facile, mais qui a dit que la République était facile ?

 

Rappel (14 mai 2015) : La laïcité, une originalité française, expliquée par Claude Nicolet (MRC)

 

Cet article est le 69ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement

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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 22:53

 

 

La laïcité n'est pas contre les religions, elle est pour la liberté de conscience

 

 

Le Parlement examine la proposition de loi des radicaux de gauche sur la neutralité religieuse dans les crèches privées, qui reprend la jurisprudence « Baby-Loup ». Voir (13 mai) : . Crèches et laïcité: Les députés votent la jurisprudence «Baby-Loup»

 

L'UFAL s'opposait à cette proposition de loi Tourret. Voir le communiqué de presse (13 mai) : Pas de financement public pour les crèches confessionnelles ! Non à la proposition de loi Tourret. Mais le contenu du texte voté par les députés satisfait l'Union des Familles laïques. Voir le communiqué de presse (14 mai) : La proposition de loi Tourret sur les crèches vidée de son contenu : l’Assemblée nationale choisit la voie de la sagesse

Finalement, l’Assemblée Nationale aura enterré avec les honneurs, ce 13 mai 2015, la proposition de loi Tourret qui, sous couleur d’« étendre l’obligation de neutralité à certaines personnes ou structures privées accueillant des mineurs » autorisait (comme nous l’avons montré) le versement de fonds publics aux crèches confessionnelles (...).

L'UFAL organise une conférence publique sur le thème de la laïcité le 30 mai 2015 à 17h à Paris. Voir www.ufal.org/laicite-liberte

La laïcité est un principe d’organisation politique qui repose sur la séparation de l’État et des Églises, la liberté de conscience étant le but, la séparation le moyen. Mais elle est aussi, et d’abord, une conviction que des militants défendent au quotidien, parfois au péril de leur vie. En organisant cette réunion publique, l’UFAL souhaite mettre à l’honneur ces militants et montrer, à partir d’exemples concrets, comment le militantisme laïque permet de défendre nos libertés et d’en conquérir de nouvelles. Liberté d’expression, liberté de « blasphème », émancipation par l’instruction, liberté de mourir dans la dignité, liberté sexuelle : autant de libertés que la laïcité rend effectives. Après l’attentat contre Charlie Hebdo et l’attentat de Copenhague, nous voulons montrer que les laïques n’ont pas l’intention de baisser les bras !

 

La position du Mouvement Républicain et Citoyen est conforme à la conception traditionnelle de la laïcité. Voir les prises de position successives de Claude Nicolet, secrétaire national en charge de la citoyenneté et de la laïcité - En savoir plus sur cet auteur

- Entretien de Claude Nicolet avec l'Est Eclair, 11 mai 2015 : "La France a besoin de réaffirmer sereinement son identité républicaine". Extrait :

Nous sommes en pleine confusion. La laïcité n'est pas contre les religions. La laïcité, c'est la liberté de conscience, l'égalité des droits et des devoirs, la recherche de l'intérêt général. C'est également comme le disait Jules Ferry, "ne rien faire qui puisse heurter la conscience des élèves". Je ne confonds pas avec les repas halal ou casher par exemple puisqu'il y a un abattage rituel avec un taxe prélevée dans un but religieux. Mais des repas de substitution doivent toujours pouvoir être prévus, pour des raisons de santé par exemple ou de choix personnel tout simplement. 

- Tribune de Claude Nicolet sur Marianne.net le 18 novembre 2014 : Les attaques contre la laïcité se multiplient : ça suffit ! Extrait.

Après le combat de la crèche Baby-Loup, après un rapport remis au Premier ministre Jean-Marc Ayrault en novembre 2013, après les déclarations de Madame Najat Vallaud-Belkacem sur le sorties scolaires, les attaques frontales contre la laïcité se multiplient et il faut bien le reconnaître, la réponse de l'Etat n'est pas à la hauteur de l'enjeu. 
Il est stupéfiant de devoir rappeler à celles et ceux qui en ont la charge, que ce sont les fondements mêmes de la République et de la citoyenneté qui sont mis en cause.

Les religions, si elles doivent être approchées dans le cadre scolaire, ne doivent l'être qu'en ce qu'elles sont un objet social, culturel, historique et anthropologique comme tous les autres. Elles ne peuvent donc être abordées qu'au titre d'objet scientifique et en aucun cas comme des croyances. Sinon il y aura automatiquement introduction d'une dimension morale qui renverrait de fait la liberté de conscience, l'agnosticisme, l'athéisme où le matérialisme à des croyances comme une autre. Voire même une discrimination vis-à-vis de ceux qui n'adhèrent pas à une religion. Et puis lesquelles enseigner ? 
Faut-il encore dire que la laïcité est la garantie de la liberté de conscience, indépassable outil au service de l'émancipation des hommes et des femmes, inséparable de l'esprit critique, ciment de la citoyenneté et de l'égalité de tous vis-à-vis de tous.


Sur le thème de la laïcité, la Fédération départementale de la ligue de l'enseignement (FAL 53) et la FSU53 invitent à une conférence d'Henri PENA RUIZ le 26 mai à 20h dans l'amphithéâtre du Lycée agricole à Laval (Mayenne).

 

Cet article est le 68ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement

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