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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 22:54

La haine du multiculturalisme porté par la gauche

 

L’attentat et la fusillade - qui viennent de mortifier nos amis norvégiens - seront analysés avec une grande précision dans tous les pays d’Europe. Car, bien que s’agissant d’une initiative individuelle, le drame a été conçu par son auteur pour avoir une signification collective.

Voir Attentat et fusillade en Norvège : huit questions sur un massacre (Rue89, Laurent Mauriac, 24 juillet). Deux jours après l’attentat d’Oslo et la fusillade d’Utoya, Anders Behring Breivik, le tireur de 32 ans, a avoué sa participation aux deux attaques qui ont fait plus de 90 morts.

 

Comment un cerveau, apparemment normal, a pu penser un tel évènement destructeur ? Il faudra chercher les éléments familiaux qui auraient pu contribuer au dérèglement de ce cerveau. Voir Le père du tueur norvégien, installé en France, est sous le choc (Le Figaro, 24 juillet).

 

Lui-même a livré 1500 pages d’explications. Chloé Woitier (Le Figaro, 23 juillet) en a tiré des orientations à fondement politique. Ce Norvégien «de souche» impliqué dans la fusillade d'Utoeya et l'attentat d'Oslo faisait aussi part sur Internet de sa haine du marxisme, des musulmans et de l'église protestante.

Voir Norvège : le tueur présumé cultivait une grande haine du multiculturalisme.  

 

Il faut prendre au sérieux cet acte terroriste isolé mais froidement prémédité, qui pourrait bien faire des émules dans d'autres pays. Il y a des signes du glissement vers le refus du multiculturalisme dans la plupart des pays d'Europe.

C'est à relier avec la destruction des valeurs traditionnelles par le capitalisme financier et le néolibéralisme, qui portent les valeurs de la possession matérielle individuelle sans contraintes et du libre-échange intégral.

L'ouverture à une société pluriculturelle doit être pensée dans le cadre des valeurs républicaines (la laïcité, évidemment, la liberté mais aussi l'égalité) et démocratiques.

Le principe de solidarité et de coopération doit s'appliquer à tous les niveaux de la décision politique, y compris par rapport à l'économie et la finance, en géopolitique. Nous sommes actuellement dans une contradiction qui menace la vie en société.

La priorité est de mettre la politique à l'endroit (faire la révolution, au sens étymologique). Les candidats à l'élection présidentielle 2012 seraient bien inspirés de se situer à ce niveau de réflexion. 

 

 

Cet article est le 3ème sur ce blog dans la catégorie Europe, hors Union européenne.

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26 décembre 2008 5 26 /12 /décembre /2008 23:54

La crise mondiale aggrave la tension en Ukraine
Il y a une situation objective, source de dangers, dans ce pays qui s’inscrit géographiquement en Europe et dont l’histoire est, pour une bonne part, commune avec la Russie.

Le Monde Diplomatique, le 4 avril 2007, titrait déjà sur la Crise politique en Ukraine.

Laure Delcour, directrice de recherche à l’IRIS, publiait un article, le 14 novembre 2008, L’Ukraine en crise (s) - affaires-strategiques.info, qui éclaire le lecteur.

L’Ukraine en crise (s)

Sous-jacente depuis le printemps, évidente depuis l’éclatement de la coalition orange en septembre, la crise politique vient de connaître de nouveaux rebondissements en Ukraine. Proche du Président Viktor Iouchtchenko, le Président de la Verkhovna Rada (le Parlement) Arsenii Iatseniouk vient d’être destitué au terme d’un vote houleux. 233 députés principalement issus des partis d’opposition (parti des Régions, parti communiste) se sont prononcés pour le limogeage de M. Iatseniouk, à laquelle s’opposaient le bloc Ioulia Timochenko et l’essentiel des députés de Notre Ukraine, le parti présidentiel.

Au-delà de ce limogeage, l’Assemblée ukrainienne a été le théâtre d’un piètre spectacle, les députés en venant aux mains après que les partisans de Ioulia Timochenko eurent tenté de bloquer le vote électronique. En proie depuis plusieurs années à une instabilité favorisée par une Constitution bancale, l’Ukraine semble donc s’enfoncer dans la crise politique. Début octobre, le Président Iouchtchenko avait appelé (pour la seconde fois en treize mois) à des élections législatives anticipées pour sortir de la crise. Mais celles-ci, rejetées par le Premier ministre Ioulia Timochenko, ont été reportées en raison de la crise économique.

C’est là le facteur aggravant de ce nouvel épisode dans la vie politique ukrainienne : le pays est touché de plein fouet par la crise financière et économique. Le système bancaire a montré toute sa fragilité début octobre, lorsque 25 établissements en panne de liquidités ont demandé des crédits à la Banque nationale. La monnaie nationale, la hryvna, a perdu près de 12% de sa valeur en quelques semaines. Les secteurs traditionnellement exportateurs, en premier lieu la métallurgie, doivent faire face à la concurrence chinoise ou russe, conjuguée à la baisse des prix mondiaux. Les prévisions économiques sont sombres : la production industrielle a diminué de plus de 4% en septembre et le déficit de la balance des paiements devrait atteindre cette année 10 à 12% du PIB. Pour soutenir l’économie, le Président Iouchtchenko a annoncé fin octobre la création d’un fonds de stabilisation de 150 millions d’euros (1 milliard de hryvnas). Mais le déficit de la balance des paiements ne pourra être financé qu’avec l’aide internationale : le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé début novembre un prêt de 16,4 milliards de dollars pour l’Ukraine. La crise économique alimente bien entendu les tensions politiques, les concurrents de Ioulia Timochenko espérant que les électeurs tiendront le gouvernement pour responsable.

Un troisième sujet de préoccupation s’ajoute à ce tableau très sombre. Le conflit géorgien a mis en lumière les fragilités d’une Ukraine tiraillée entre l’intégration euro-atlantique et les liens avec la Russie. La question centrale est bien celle de l’adhésion à l’OTAN. A Tallinn, l’Alliance atlantique vient d’appeler l’Ukraine à accélérer les réformes politiques et militaires en vue d’une éventuelle adhésion. Mais la perspective de celle-ci est toujours violemment rejetée par Moscou, qui dispose d’une large panoplie de moyens de pressions sur Kiev. Outre l’énergie, la population russe de Crimée apparaît ainsi comme une source potentielle de menaces pour l’intégrité du pays, au moment où la Russie fait de la protection des minorités russophones un objectif de politique étrangère. Surtout, l’adhésion à l’Alliance atlantique continue à diviser l’Ukraine. Favorable à l’entrée dans l’Union européenne, la population ukrainienne est majoritairement hostile à ce que le pays rejoigne l’OTAN. Dans ce contexte, les récents propos du Secrétaire général de l’Alliance, pour qui le gouvernement ukrainien devrait s’efforcer d’obtenir ce soutien de la population, apparaissent singulièrement déconnectés de la réalité politique et économique actuelle.

Plus récemment, Vendredi.info a signalé un article qui apporte des informations précises à propos de la situation de l’Ukraine (20 décembre 2008).

 

L’Ukraine se rapproche de sa crise « décisive »

 

L’Ukraine au rythme de sa crise


L’Ukraine est un bon candidat pour former une crise presque parfaite de type postmoderne. On y trouve des composants de tous ordres, avec les suite de l’ère soviétique, les influences américanistes déstabilisantes, les pressions russes, la corruption générale, les tendances centrifuges et, dernier élément, les pressions sur la stabilité du pays de la crise systémique générale (…).


La crise est économique, politique, stratégique, identitaire, conjoncturelle et structurelle, et attisée par diverses influences extérieures
. Elle est à la fois intérieure et extérieure. Pour la Russie, l’Ukraine a beaucoup plus d’importance que la Géorgie parce qu’elle joue un rôle stratégique majeur et qu’elle possède une population russe d’une très grande importance. Une crise de la Russie avec l’Ukraine devrait normalement entraîner des changements beaucoup plus profonds que la crise avec la Géorgie.

Les milieux européens sont extrêmement alarmistes à propos de la situation ukrainienne. Ils estiment qu’un risque de crise, à la fois externe et interne, est aujourd’hui très élevé, à peu près de même intensité qu’entre la Russie et la Géorgie au printemps dernier. Les facteurs de déclenchement sont classiques, d’abord avec les relations énergétiques entre la Russie et l’Ukraine (dépendance ukrainienne de la Russie) ; avec la situation potentiellement séparatiste entre la partie orthodoxe d’origine russe et l’ouest du pays (les Ukrainiens d’origine russe disposent de passeports russes, selon la politique développée par la Russie vis-à-vis des minorités russes de la région) ; avec la situation politique explosive enfin.

L’état d’extrême fragilité de l’Ukraine à cause de la crise systémique internationale aggrave les conditions générales. Ce facteur est perçu par certains experts comme un possible détonateur incontrôlable pour une crise nationale active débouchant sur une explosion; on pourrait alors considérer l’Ukraine comme le premier exemple d’une grave crise internationale suscitée par les effets de la crise systémique sur une situation nationale.

Les intentions des Russes sont un des facteurs importants de la situation. Là aussi, la crise systémique générale peut jouer son rôle et pousser la Russie à un durcissement contre l’Ukraine, si la situation interne russe se détériorait trop fortement suite à cette même crise systémique; le durcissement russe serait alors le résultat de tensions internes au sein du pouvoir, et l’on verrait également l’un des premiers effets déstabilisants importants de la crise systémique générale (...).

Cet article est le 2ème sur ce blog dans la catégorie Europe, hors Union européenne.

 

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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 21:55

Le risque de nouvelles tensions est-ouest

 

C’était attendu. C’est fait. Le Parlement du Kosovo, province de Serbie, a proclamé hier l’indépendance du pays avec la bénédiction des Etats-Unis d’Amérique et des trois quarts des Etats membres de l’Union européenne, celle-ci laissant le soin à chaque Etat de reconnaître, ou non, l’indépendance du Kosovo. Parmi les opposants, Chypre, l’Espagne et la Roumanie. Et, au-delà de l’Union européenne : la Serbie, la Russie et la Chine.

 

Jean-Pierre Chevènement ne voit pas d’un bon oeil cette déclaration d’indépendance et l’empressement du président français à « bafouer le droit international ». Voici ce qu’il a déclaré à l’AFP le 17 février (www.mrc-france.org ou www.chevenement.fr).


Kosovo : Paris s'apprête à "bafouer le droit international"

Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), a estimé dimanche que la reconnaissance de l'indépendance du Kosovo, à laquelle s'apprête Paris, "bafoue le droit international" et "peut occasionner une nouvelle guerre froide".

 
"Cette reconnaissance unilatérale de l'indépendance d'une province de la Serbie, sans aucune consultation du Parlement français, bafoue le droit international et contribue à l'abaissement du conseil de sécurité de l'ONU dont la France est membre permanent", estime l'ancien ministre de la Défense dans une déclaration à l'AFP.


Le Parlement du Kosovo est convoqué dimanche pour une session extraordinaire au cours de laquelle doit être votée la proclamation d'indépendance de la province serbe à majorité albanaise.
Selon une source diplomatique française, Paris veut reconnaître cette indépendance dans la foulée de sa proclamation, simultanément avec la Grande-Bretagne, l'Allemagne et l'Italie. Les pays de l'Union européenne doivent se concerter sur la position à prendre, lundi à Bruxelles.


Pour M. Chevènement, "cette reconnaissance, hors du cadre du conseil de sécurité de l'ONU, aboutit au dépeçage d'un Etat aux frontières internationalement reconnues, lui-même membre de l'ONU, au mépris des accords de 1990 sur la sécurité et la coopération en Europe".


Le dirigeant du MRC estime aussi que l'attitude des autorités françaises "nous met à la remorque de l'unilatéralisme américain". "Elle est grosse de tensions dans les Balkans et légitime par avance la partition entre Serbes et Albanais, à hauteur de Mitroviça, car on ne voit pas au nom de quoi on refuserait aux uns ce qu'on autorise aux autres", ajoute-t-il.

 
"Cet acte unilatéral peut occasionner une nouvelle guerre froide en Europe avec la Russie, c'est un mauvais coup porté au droit international et à l'indépendance nationale", conclut M. Chevènement.

 

Pour mieux comprendre ce problème très compliqué, je propose de se référer à l’article signé

  

Les Albanais du Kosovo vont faire la fête toute la nuit. Mais leur bonheur d'accéder ce dimanche à l'indépendance fera-t-il de nouveau le malheur des Balkans? Leur proclamation unilatérale d'indépendance, soutenue par une partie de l'Union européenne et les Etats-Unis, rouvre-t-elle la boîte de Pandore mal refermée de l'ex-Yougoslavie? Le dossier est complexe et à plusieurs dimensions.

Le statut légal

L'indépendance du Kosovo n'est pas de même nature que celles qui l'ont précédée dans l'éclatement de la Yougoslavie dans les années 90 et 2000. La Slovénie, la Croatie et les autres, jusqu'au Monténégro, le dernier à avoir rompu avec la Serbie en juin 2006, étaient des Républiques fédérées au sein de l'ex-Yougoslavie. Alors que le Kosovo était une Région autonome à l'intérieur de la République de Serbie. Ca n'est pas qu'une nuance: dans un cas, il s'agit d'un divorce entre entités qui avaient été artificiellement mariées, de l'autre, les Serbes ont le sentiment qu'on leur arrache une partie d'eux-mêmes.

D'autant plus que par une ironie cruelle de l'histoire, c'est dans cette petite région du Kosovo (à peine 11000 Km carrés) que se situe un des mythes fondateurs de leur histoire, la bataille de Kosovo Polje, en 1389, entre les Serbes et l'empire Ottoman, un équivalent serbe du Vase de Soissons pour les Français... Au fil des siècles, toutefois, les populations d'origine albanaise sont devenues majoritaires au Kosovo, bien que ce soit le coeur spirituel de la nation serbe. Ils constituent aujourd'hui plus de 90% des deux millions d'habitants du Kosovo, une proportion qui a augmenté après la fuite de plus de 200000 Serbes lors de la guerre de 1999.

Cette différence de statut entre la République fédérale de Slovénie, la première à quitter la Yougoslavie en 1991, et la Région autonome du Kosovo qui se sépare dimanche de la Serbie, explique la montée brutale de tension, alors que, par exemple, la sécession du Monténégro, il y a moins de deux ans, s'est déroulée sans le moindre soubresaut. Même si, au-delà de la dimension légale et du statut, c'est la même logique de séparation et d'émergence d'entités étatiques "ethniquement pures" (brrr) qui est en marche.

L'histoire récente

Contrairement aux autres Républiques issues de l'ex-Yougoslavie, qui ont acquis leur indépendance à l'issue des guerres des années 90, ou par un divorce relativement à l'amiable dans le cas du Monténégro, l'indépendance du Kosovo est l'aboutissement d'une défaite mal digérée par la Serbie lors de l'intervention de l'Otan en 1999, et restée sans issue légale claire. Depuis, le Kosovo vit sous administration des Nations Unies et sous protection de la KFOR, la force de l'Otan.

Toutes les négociations sur un statut définitif du Kosovo ont échoué, malgré les médiations internationales. Entre l'exigence des Albanais du Kosovo d'accéder à l'indépendance, et le refus catégorique de la Serbie, même post-Milosevic, il n'y a eu aucun compromis possible.

De manière prévisible, donc, la Serbie s'oppose bec et ongle à cette indépendance. Des manifestations de protestation ont eu lieu à Belgrade derrière une grande banderole proclamant "il restera à nous". Les Serbes se solidarisent en particulier avec les quelque 120000 Serbes qui vivent encore au Kosovo, dans des enclaves protégées par la KFOR.

Le nouveau Kosovo promet un respect des droits des minorités, mais les Serbes redoutent que leurs relations, déjà tendues, avec la majorité albanaise, ne devienne intenable une fois le cordon rompu avec la "mère patrie" serbe. Un cocktail dangereux puisque c'est le sort de la minorité albanaise de Serbie qui a provoqué la guerre du Kosovo en 1999, et certains redoutent que l'inversion des rôles ne débouche un jour, sinon sur une guerre, au moins sur une montée des violences.

Le contexte diplomatique

L'indépendance du Kosovo provoque de nouvelles grandes manoeuvres diplomatiques, et constitue un nouveau test à la fois de la cohésion de l'Union européenne, mais aussi des relations entre les Occidentaux et la Russie.

L'UE, autre ironie de l'histoire, est actuellement présidée par la Slovénie, la République qui a donné le coup d'envoi de l'éclatement de la Yougoslavie en 1991... La majorité des Etats de l'UE s'apprête à reconnaître le Kosovo indépendant, "une responsabilité européenne", selon l'expression de Bernard Kouchner, lui-même ancien Représentant de la Communauté internationale à Pristina. Mais il n'y aura pas unanimité des "27": la Grèce s'oppose farouchement à cette démarche, au nom d'une solidarité orthodoxe et, sans doute, de craintes pour ses propres tentations séparatistes internes. L'Espagne est plus que réticente pour les mêmes raisons de séparatisme, craignant un précédent pour le pays basque ou la Catalogne.

Mais il n'y a pas, au sein de l'UE, le climat de crise qui avait tant pesé en 1991, lorsque la France et l'Allemagne s'opposaient sur la reconnaissance de la Slovénie et de la Croatie. D'autant que les reconnaissances se feront sur une base bilatérale et pas collective, histoire de ne pas trop mettre en avant les divisions persistantes. L'Europe s'est toutefois mise d'accord pour dépêcher au Kosovo une force de police de 2000 hommes pour cette période de tensions.

La Russie est elle aussi farouchement opposée à l'indépendance du Kosovo. Pendant la guerre de 1999, elle s'était déjà opposée à l'intervention de l'Otan. Aujourd'hui, dans une phase de réaffirmation de sa puissance avec Vladimir Poutine, elle hausse le ton, même si elle n'a que peu de moyens de s'opposer à cette indépendance qui, déclarait récemment le ministre russe des Affaires étrangères, "saperait les fondements de la sécurité en Europe". Moscou convoquera sans doute une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU pour marquer sa mauvaise humeur, mais cette instance est paralysée par le retour des politiques de grandes puissances, et ne sera certainement pas en mesure de décider quoi que ce soit. Cette affaire obscurcit un peu plus les relations entre la Russie et les Occidentaux, mais ne provoquera assurément pas la rupture.

Rester vigilants

Dans les Balkans, il faut se méfier des menaces d'en découdre: ne pas les prendre au sérieux risque de permettre le pire. Mais il ne faut pas non plus surestimer la théâtralisation des antagonismes.

En 1991, le reste du monde n'avait pas voulu voir les signes avant-coureurs de ce qui allait suivre, c'est-à-dire une décennie de massacres, d'épurations ethniques, de violations flagrantes des droits des minorités. Les signes étaient pourtant là. Un modeste témoignage: en janvier 1991, je me trouvais à Belgrade pour "couvrir" une réunion de la dernière chance destinée à éviter le déclenchement de la première guerre du Golfe. Pendant que les ministres négociaient, je discutais avec plusieurs journalistes yougoslaves. Un Croate me confiait qu'on le traitait de "fasciste" et d'"Oustachi" (les collaborateurs croates des nazis) lorsqu'il arrivait à Belgrade... Un correspondant de la BBC me racontait que ses deux derniers dîners avec des Yougoslaves de différentes origines s'étaient terminés en pugilat... Une journaliste bosniaque musulmane me disait qu'elle se sentait "yougoslave" et pas "Musulmane", mais qu'ils étaient sans doute dix dans tout le pays à penser comme ça! Je ne comprenais rien à ce qui se passait, obnubilé par ce qui me semblait beaucoup plus grave, la guerre qui menaçait dans le Golfe.

Quelques mois plus tard, la guerre éclatait dans les Balkans pour ne s'arrêter que des années après, et un éditorial du New York Times résumait mon sentiment: faisant le même constat que moi, il soulignait que le monde n'était pas capable de gérer deux crises à la fois, et n'avait pas su empêcher celle des Balkans. En ira-t-il autrement cette fois au Kosovo?

Il appartiendra effectivement à l'Europe de servir de force de stabilisation, de force tampon pour empêcher les débordements, qu'il s'agisse du sort des Serbes du Kosovo qui ne doivent pas subir aujourd'hui ce qu'ils faisaient eux-mêmes subir aux Albanais..., ou les relations volatiles entre le Kosovo et la Serbie. Assurément, à défaut de réconcilier l'irréconciliable, les forces d'interposition de l'Otan sont là pour longtemps...

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