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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 17:04

Les 12 idées neuves du volet agricole de son programme
 

C’est sur la base du slogan « La République partout, la République pour tous » que Bastien Faudot a lancé le 7 février 2016 sa candidature à l’élection présidentielle.

Voir (4 février 2017) : Le programme de Bastien FAUDOT pour l'élection présidentielle 2017

 

Le volet agricole du PROGRAMME contient 12 propositions sous le titre « Le chemin de la souveraineté alimentaire ». Voir le plan du programme.

 

Un nouveau contrat de développement pour la France périphérique

Pour une stratégie équilibrée d’aménagement du territoire

Le chemin de la souveraineté alimentaire

 

LE CHEMIN DE LA SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE

 

Le sentiment d’abandon est encore renforcé par la crise sans fin que traverse l’agriculture française, qui s’aggrave singulièrement depuis quelques années. Les politiques productivistes engagées à la Libération, où existaient encore les tickets de rationnement, ont été maintenues et amplifiées au fil des années, alors que leur raison d’être avait disparu. La structuration même de l’agriculture française ne lui permet pas d’être compétitive face à celle des États-Unis, voire de l’Allemagne. Pendant de nombreuses années, la politique communautaire de soutien des prix a permis de masquer la réalité et a interdit, en privilégiant une approche exclusivement quantitative, une orientation résolue vers des productions à forte valeur ajoutée. Les syndicats majoritaires ont employé ce délai pour consacrer leur énergie contre le système des quotas. Son démantèlement n’a mis que quelques mois à produire ses effets. C’est au moins la moitié des exploitations agricoles qui risquent de disparaître dans les prochaines années. Cette perspective aurait deux effets : l’industrialisation massive de l’agriculture et l’abandon de l’espace rural. Dans les deux cas, c’est un monde qui est en train de disparaître.

 

L’agriculture française semble en effet vivre actuellement le même drame que notre industrie et ce pour des raisons similaires. Dans les deux cas, au lendemain de la guerre, l’enjeu était de produire, et de produire beaucoup, dans un pays ravagé et souffrant de la faim. La production industrielle française, souvent basée sur la masse et une faible valeur ajoutée unitaire, était en adéquation avec des transports coûteux et un marché intérieur relativement protégé ; elle n’a pu résister ni à l’effondrement du prix des transports, ni à l’ouverture des frontières sur des pays dépourvus de législations sociales et environnementales. La production agricole a mis plus de temps à se confronter aux mêmes problématiques, mais uniquement parce que les aides massives de la politique agricole commune ont longtemps masqué des réalités que leur démantèlement remet en pleine lumière.

 

Le bilan de cette politique agricole est désastreux, avec une agriculture qui a été acculée au productivisme et à des productions à faible valeur ajoutée. Simultanément, les budgets national et européen consacrés au secteur agricole français avoisinent les quinze milliards d’euros ! C’est plus de 15 000 euros de subvention par actif et par an, soit plus de la moitié du revenu moyen. Étant entendu qu’un flou artistique est savamment entretenu sur les revenus agricoles, il reste aujourd’hui une certitude : un quart des exploitants ne sont pas capables de dégager un SMIC et ont des revenus proches ou inférieurs aux minima sociaux. Il est certain que la grande distribution a étranglé l’agriculture française, en lui imposant des productions de piètre qualité pour être compétitive sur les prix. En outre, les pratiques agricoles ignorantes des enjeux environnementaux stérilisent les sols. Les hauts rendements actuels ne sont atteints que par la substitution de plus en plus profonde de la chimie industrielle à la chimie naturelle. Comme si cela ne suffisait pas, l’endettement massif des exploitations représente probablement l’un des obstacles majeurs à une politique de reconversion vers la montée en gamme et vient interdire toute forme d’espérance si l’on poursuit la politique du laisser-faire.

 

J’entends précisément rompre avec les politiques du passé afin de bâtir une agriculture nouvelle pour la France du XXIème siècle, orientée vers des productions de qualité, verte et écologique, plus locale, performante, ouverte aux nouvelles technologies, qui permette aux agriculteurs de vivre décemment des fruits de leur travail. L’enjeu, c’est bien notre souveraineté alimentaire.

 

117- Établir un système de prix garantis pour sauver l’agriculture française

 

118- Orienter la production agricole et alimentaire vers une montée en gamme qualitative

 

119- Protéger le marché national agricole et alimentaire par des normes qualitatives et environnementales plus élevées

 

120- Privilégier pour le versement des aides agricoles, les agriculteurs qui produisent dans des conditions conformes aux critères suivants : qualité écologique et sanitaire, limitation des intrants, productions nécessaires à la consommation alimentaire intérieure, emploi rural, préservation des paysages

 

121- Résorber la dette des installations agricoles en conversion et mettre en place des instruments publics de crédit pour le financement de nouveaux investissements

 

122- Utiliser l’introduction du mécanisme de prix garantis pour engager un plan national d’affranchissement de l’agriculture aux intrants

 

123- Renforcer l’ancrage territorial de l’alimentation avec des contrats de territoire pour l’alimentation avec les collectivités locales afin de fournir les cantines, les restaurants universitaires et les entreprises en produits français, locaux et durables : objectif de 50 % de viande française dans les cantines et de produits issus des labels régionaux/de qualité et des modes de production durables

 

124- Porter un Plan numérique pour l’agriculture : cartographie, géo-référencement des sols français, des conditions climatiques, des écosystèmes présents et fournir les données en open data

 

125- Numériser et recenser les données d’utilisation des pesticides par les agricultures, accessibles en ligne sur un site national en open data, pour favoriser la substitution et renforcer la protection

 

126- Renforcer le bien-être animal en augmentant les effectifs de l’inspection vétérinaire ; en renforçant la surveillance des abattoirs par la vidéo et en généralisant les abattoirs mobiles pour les éleveurs désirant accompagner leurs animaux ; en généralisant le statut des êtres sensibles pour tous les animaux ; en pénalisant les tortures contre les animaux sauvages au même titre que pour les animaux domestiques

 

127- Généraliser les journées de l’agriculture et de l’alimentation le 16 octobre (journée mondiale de l’alimentation) avec des visites d’exploitations agricoles, d’industries agroalimentaires et de maraîchages

 

128- Privilégier des solutions de stockage de l’eau par des réserves sur le modèle des bacs de récupération plutôt que par des barrages

Cet article est le 2959ème sur le blog MRC 53 - le 429ème en catégorie AGRICULTURE et PAC

Bastien Faudot le 8 novembre 2016, lors de la visite de la ferme de Mickaël Lepage à Changé (Mayenne)

Bastien Faudot le 8 novembre 2016, lors de la visite de la ferme de Mickaël Lepage à Changé (Mayenne)

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 23:07

 

La force potentielle des organisations de producteurs (OP)

 

La suppression des quotas laitiers (régulation administrative de la production) est effective depuis le 1er avril 2015 au sein de l'Union européenne. Désormais, les producteurs ont la liberté de produire autant qu'ils veulent, dans le cadre de la loi.

Le problème, c'est qu'ils sont sous la dépendance de leurs acheteurs, les industriels, transformateurs de leur lait, qui fixent le prix payé aux éleveurs. Et celui-ci, à l'exception de certains groupements de producteurs, est désespérément bas, au point qu'il est nettement inférieur à leur coût de production. Les industriels tiennent compte du cours des marchés mondiaux, qui concerne le lait transformé en poudre de lait et en beurre, produits qui valorisent peu la matière première, car soumis à la concurrence mondiale très rude des pays à faible coût de production.

Pour se préparer à la fin des quotas, « la France, par la loi de modernisation agricole de 2010, a favorisé la contractualisation entre les transformateurs et les producteurs. Ces derniers négocient directement leur contrat qui prévoit le volume de lait à produire pendant cinq ans. Une mesure unique en Europe. Les premiers ont été signés fin 2011, leur renouvellement est prévu à l’automne 2016 ».

- Voir cet article de Jérémie Lamothe (Le Monde, 5 septembre 2016) : Entre les producteurs de lait et Lactalis, des contrats de défiance.

La confrontation sur le prix du lait vient de se produire fin août entre le géant laitier Lactalis et les producteurs syndiqués à la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles) et à JA (Jeunes agriculteurs).

- Voir cet article d'informations (blog CiViQ, 4 septembre 2016) : Crises en agriculture : récoltes en chute, prix du lait excessivement bas

Dans l'hebdo de l'information agricole des Pays de la Loire L'Avenir Agricole, édition du 2 septembre 2016, Frédéric Gérard se situe dans l'après-accord.

Voir Après un accord, encore des effortsIl tire « Les leçons de l'accord avec Lactalis ».

La pression médiatisée des producteurs contre le géant mayennais a pesé sur les négociations. L'accord reste insuffisant sur le prix du lait, reconnaissent les syndicats. Mais il laisse entrevoir d'autres perspectives.

 

- La fin d'une spirale à la baisse.

L'accord a été expliqué sans fanfaronnades. Car derrière « une victoire syndicale » face au leader de la transformation laitière, les prix obtenus par cet accord ne permettent pas d'obtenir le prix de revient d'une bonne partie des éleveurs. Mais le fait que Lactalis s'aligne désormais sur ses concurrents leur ôte tout argument de baisse pour se caler sur « leur environnement ». Avec une progression de + 5 euros/1000 litres par mois, et une réévaluation à 280 euros dès le mois d'août, les producteurs Lactalis de l'Ouest seront payés 300 euros en décembre, 275 euros sur l'année 2016. C'est 10 euros de plus que la proposition de départ de Lactalis, depuis juillet.

- Envisager de nouveaux modes de fixation du prix du lait.

C'est un autre point obtenu lors de ces négociations. Les indicateurs actuels « ne correspondent plus à la réalité des marchés ». Les OP (Organisations de producteurs) veulent maintenant parvenir à une meilleure prise en compte des PGC (produits de grande consommation) dans un calcul qui devra correspondre au mix-produit de l'entreprise (selon les informations fournies…). Si 75 % du chiffre d'affaires de Lactalis est aujourd'hui réalisé à l'étranger, c'est en grande partie dû au rachat de groupes à l'international (dernièrement en Roumanie, en Géorgie, en Inde, etc.). Toutefois, tempère Sébastien Amand, vice-président de l'OPNC (Organisation Normandie Centre) et président de la FDSEA 50), cette orientation, même inscrite dans le protocole d'accord, reste de l'ordre de « l'intention ». Elle devra se vérifier lors de prochaines discussions. « Il ne faudra pas attendre un an, clament les OP. Le risque sera ensuite de ne pas trop « coller » à la réactivité de marchés mondiaux ou aux prix d'autres pays européens aux coûts de production plus bas qu'en France.

- Lactalis a reculé.

C'est le sentiment laissé par le retour aux négociations de l'industriel et l'accord obtenu. Dur en affaire, le groupe a cédé derrière la mobilisation devenue nationale. Après une première semaine médiatisée à Laval, une seconde a entamé dès lundi le blocage de 18 sites Lactalis en France, usines et plateformes logistiques, selon la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait, liée à la FNSEA). C'est surtout l'appel au boycott de marques plus connues que le nom de l'entreprise lavalloise qui semble avoir pesé. Cette nouvelle stratégie de mobilisation a notamment permis de rallier une partie des consommateurs, souvent très éloignés des problématiques agricoles, des revendications des producteurs. Les représentants de Lactalis ont même confié : « Il y a un avant et il y aura un après ». Ils sont les premiers à savoir qu'une bonne communication vaut mieux que des pneus brûlés.

- Les OP rassemblées.

Pour la première fois, les principales organisations de producteurs Lactalis étaient réunies pour négocier face aux dirigeants du groupe. Celles du Grand-Ouest (APLBL, OPLGO,et OPNC)*, le président de l'Unell (union nationale), Claude Bonnet, ainsi que Florent Renaudier, responsable de la section laitière de la FDSEA 53, moteur de l'action de la première semaine. Les représentants d'OP entendent « en tirer les leçons » pour envisager de travailler ensemble. Si elles parviennent à faire bloc dans les négociations (sur les prix, les volumes, les orientations stratégiques), cela s'avérera un atout indéniable dans les phases de négociations. « Nos OP vont devoir construire quelque chose ensemble. Le rassemblement d'un maximum de producteurs est nécessaire pour continuer à avancer, appuie Frédéric Lachambre, président de l'APLBL. On se doit d'aller vers une vraie organisation des producteurs livrant à Lactalis, qui ne pourra plus faire ce qu'il fait depuis cinq ans et devra revoir sa relation contractuelle avec ses producteurs ».

* APLBL (organisation de producteurs Pays de la Loire et Bretagne Lactalis) avec Frédéric Lachambre ; OPLGO (organisation de producteurs Lactalis Grand-Ouest) avec Jean-Michel Yvard ; OPNC (Organisation Normandie Centre) avec Sébastien Amand.

Ce conflit social Lactalis est la conséquence des erreurs de conception et de mise en œuvre de la contractualisation. « Il y a un avant et il y aura un après ». Rien ne sera comme avant pour Lactalis mais pas seulement.

Voir à ce sujet sur le site du ministère de l'agriculture (8 février 2016) Mise en oeuvre de la contractualisation dans la filière laitière française le rapport** de Yves Berger, François Champanhet, Yves Marchal et Yves Riou.

Dans le contexte de la suppression des « quotas laitiers », la contractualisation écrite, rendue obligatoire en France, devait répondre à un double enjeu, stabiliser le revenu des producteurs et leur donner plus de visibilité, garantir aux entreprises de transformation un approvisionnement ajusté à leurs débouchés.

Ce rapport, après avoir dressé un bilan argumenté de l'application de cette régulation privée, formule des recommandations visant notamment à renforcer le rôle des organisations de producteurs et à améliorer la concertation stratégique au sein de la filière laitière.

 

** Mise en œoeuvre de la contractualisation dans la filière laitière française [Enjeux de la filière lait de vache dans le contexte de la fin des quotas]

Rappel (7 mars 2016 : Salon de l'agriculture 2016 : Bastien Faudot y a rencontré les syndicats

Cet article est le 2925ème paru sur le blog MRC 53, le 428ème catégorie AGRICULTURE et PAC

Salon de l'agriculture - 1er mars 2016 - Table ronde sur la crise laitière, au stand de la Confédération paysanne, avec Thierry Roquefeuil (FNPL), Laurent Vial (FNCL), Véronique Le Floc'h (OPL Coordination rurale), Yves Sauvaget (Confédération paysanne), le représentant de la FNIL, , Boris Gondouin (APLI), de gauche à droite.

Salon de l'agriculture - 1er mars 2016 - Table ronde sur la crise laitière, au stand de la Confédération paysanne, avec Thierry Roquefeuil (FNPL), Laurent Vial (FNCL), Véronique Le Floc'h (OPL Coordination rurale), Yves Sauvaget (Confédération paysanne), le représentant de la FNIL, , Boris Gondouin (APLI), de gauche à droite.

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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 22:24

 

Une crise agricole d'une gravité sans précédent, accentuée par la libéralisation

 

Le Salon International de l'agriculture, du 27 février au 6 mars cette année, reste « un rendez-vous d’amour entre les citadins et les ruraux avec pour unique fil rouge l’avenir de notre agriculture » (voir aussi les commentaires de RFI Salon de l'Agriculture en France: un bilan en demi-teinte).

La présence des organisations représentatives des agriculteurs Porte de Versailles à Paris a incité Bastien Faudot* à solliciter des rencontres avec leurs responsables. Cela s'est fait lundi 29 février avec l'ensemble des syndicats, la Confédération paysanne (CP), Jeunes Agriculteurs (JA), la Coordination rurale (CR), la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), le Mouvement de défense des exploitations familiales (MODEF), ainsi qu'avec l'Association des producteurs de lait indépendants (APLI).

Le 1er mars, il a publié sur son site de campagne (voir FAUDOT 2017 | Bastien Faudot, la gauche avec le peuple) le texte suivant.

LA SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE

COMME RÉPONSE À LA CRISE DU MONDE AGRICOLE

Bastien Faudot s’est rendu au Salon de l’Agriculture lundi 29 février 2016, arpentant les allées de la grand-messe annuelle du monde agricole français pendant près de huit heures.

Si le candidat à la présidence de la République n’a pas manqué de déguster les spécialités gastronomiques de nos terroirs, qui font la fierté de notre pays, ni d’admirer les animaux qui étaient exposés, il a choisi, dans un contexte de crise particulièrement prononcée de la profession, de prendre le temps d’échanger avec l’ensemble des organisations syndicales (Confédération paysanne, Jeunes Agriculteurs, FNSEA, Coordination Rurale, Mouvement de Défense des Exploitants Familiaux, Association des Producteurs de Lait Indépendants).

Si leurs pistes divergent pour sortir de l’impasse, l’ensemble des syndicats agricoles ont insisté sur la gravité d’une crise sans précédent de mémoire d’homme.

Tandis que la financiarisation rend les cours plus volatiles, la surproduction au niveau mondial a provoqué leur effondrement. La concurrence déloyale s’étend pendant que l’Union Européenne protège moins que jamais ses exploitants agricoles. Et alors que la grande distribution et les industriels pressurent les marges des producteurs comme jamais, beaucoup de ceux-ci sont confrontés à l’épuisement du modèle productiviste.

Dans cette superposition de crises, la responsabilité de la classe politique française est grande : ce sont eux qui se sont livrés, depuis plus de trente ans, à la libéralisation effrénée de l’agriculture française. Dans ce secteur économique comme dans les autres, la débâcle en est l’unique et prévisible résultat. Et ils voudraient aller encore plus loin dans l’échec avec le TAFTA !

Face à la menace de disparition pure et simple qui pèse sur de très nombreuses exploitations, l’urgence est à la mobilisation de tous les moyens pour en sauver le plus possible. Les producteurs doivent vendre au minimum à hauteur de leurs coûts de production, ce qui aurait comme incidence sur le prix seulement quelques centimes pour les consommateurs.

Mais une sortie de crise implique également d’inventer le modèle agricole des trente prochaines années.

Bastien Faudot a défendu sa vision, articulée autour de la souveraineté alimentaire de la France. Il a rappelé n’y avait pas d’indépendance nationale sans autosuffisance agricole. Il a affirmé la nécessité pour l’Europe de remettre à plat sa Politique Agricole Commune, sans écarter la possibilité pour la France de conduire à l’avenir de nouveau sa propre politique agricole nationale si un compromis conforme aux intérêts de notre pays était impossible à trouver.

Bastien Faudot continuera dans les prochains mois à aller à la rencontre du monde agricole dans le cadre de l’élaboration de son projet présidentiel. 

 

* Rappel (8 février 2016) : Bastien Faudot, candidat 2017 pour la République partout et pour tous

Cet article est le 427ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC

Bastien Faudot, le 29 février 2016, en visite au Salon de l'agriculture, porte de Versailles à Paris

Bastien Faudot, le 29 février 2016, en visite au Salon de l'agriculture, porte de Versailles à Paris

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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 16:24

 

Lait, porc : les ministres régulateurs prendront-ils le dessus sur les libéraux ?

 

Il y aurait une opportunité de renversement du rapport de force entre libéraux et régulateurs au sein du Conseil des ministres de l'agriculture de l'Union européenne, qui se réunira à Bruxelles le 15 février 2016.

C'est ce que Stéphane Le Foll a mis en avant en présentant à la presse le memorandum - contenant des pistes de régulation des marchés pour sortir de la crise de l’élevage -  qu'il a transmis à ses homologues de l'UE.

Voici le texte de l'article publié par La France Agricole le 8 février et signé Elsa Casalegno :

Crise de l'élevage - Stéphane Le Foll veut faire bouger les lignes européennes

La France propose notamment de :

« Lever l’embargo sanitaire russe sur le porc (mis en place depuis janvier 2014 après des cas de peste porcine en Pologne), qui aggrave l’embargo politique lié au conflit ukrainien. Une action diplomatique énergique doit être engagée rapidement par la Commission en ce sens », explique le site du gouvernement.

« Débattre de nouveaux outils de régulation des marchés, notamment dans les secteurs du lait et de la viande de porc, afin de limiter la production quand le marché est saturé ». Pour le lait, Stéphane Le Foll proposera des mécanismes de régulation des volumes (sans pour autant revenir aux quotas), éventuellement assortis de compensations financières. En revanche, espérer réguler un secteur aussi dérégulé que le porc semble une mission difficile.

« Mettre en place des mesures ponctuelles de soutien des marchés (poursuite du dispositif de stockage privé, mesure d’indemnisation pour réduction de cheptel, relèvement temporaire du prix d’intervention sur la poudre de lait/beurre) ».

« Développer un véritable outil de crédit export européen qui faciliterait la recherche de débouchés ». Sur le porc en particulier, la recherche de débouchés à l’export vers les pays tiers soulagerait le marché européen.

« Créer un groupe à haut niveau sur le secteur laitier afin de revoir les mécanismes d’intervention, de favoriser la maîtrise de la production en période de prix bas ou encore d’aider à la modernisation du secteur ».

• La directive européenne sur les travailleurs détachés est aussi en ligne de mire. Le ministère de l’Agriculture y travaille avec le ministère du Travail. Leur objectif : une révision de cette directive « afin de faire cesser le dumping social sur les coûts salariaux », explique le Cabinet du ministre.

• Enfin, sur la traçabilité de la viande, Stéphane Le Foll souhaite faire bouger les lignes concernant l’étiquetage de l’origine des viandes dans les plats préparés. Mais ça bloque au niveau de l’Europe, tous les États membres n’ayant pas la même définition de l’origine. En particulier l’Allemagne, qui abat des animaux nés et élevés dans des pays frontaliers. En France, un décret sur l’origine des viandes (avec étiquetage volontaire des viandes fraîches et dans les plats préparés) sera malgré tout déposé et notifié à Bruxelles

Voir aussi, sur le site Alim'agri (ministère de l'agriculture) :

- Plan de soutien à l'élevage : Stéphane LE FOLL dresse un premier bilan de la mise en œuvre des mesures décidées

- Crise de l'élevage - Voir l'intervention de Manuel Valls (vidéo)

Cet article est le 426ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC

Stéphane Le Foll, le 4 août 2011 dans le Gers, lors des Controverses de Marciac.

Stéphane Le Foll, le 4 août 2011 dans le Gers, lors des Controverses de Marciac.

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27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 14:58

 

Organisons-nous pour proposer une politique à la hauteur des besoins

 

La situation de l'agriculture, de l'élevage tout particulièrement, est une grande source d'inquiétudes, le temps d'espérer un changement de politique agricole européenne étant malheureusement passé. Il faut maintenant prendre le problème à bras-le-corps. En partant des besoins de la population en matière d'alimentation, sans se limiter à l'horizon national et européen. Et en remettant la politique au premier plan. Il y a des choix collectifs à faire après avoir bien mesuré les enjeux et défini les moyens possibles.

Comment faire ? Il y a des bases de réflexion, à partir desquelles des citoyens volontaires pourraient travailler. Je propose de créer un groupe AGRAL (Agriculture et alimentation) qui ferait des propositions en amont des partis politiques.

 

Voici des liens avec des articles agricoles publiés sur les blogs MRC 53 (424 articles agricoles depuis 2006) et CiViQ (96 articles agricoles depuis le début 2014).

Voir (MRC 53) : AGRICULTURE et PAC et (CiViQ) :  Agriculture Alimentation

 

Sélection d'articles

Agriculture Pour une nouvelle PAC (1er mars 2005, site du MRC 92). Réflexions de Michel Sorin, délégué national MRC à l'agriculture

Intervention de Michel Sorin (MRC) sur l'agriculture - Libourne 16 mars 2007 (blog MRC 53, 1er avril 2007). A l'invitation de Patrick Nivet, MRC Gironde.

Pour des politiques agricoles de maîtrise des productions et de sécurité alimentaire

Intervention prononcée par Michel Sorin, Ingénieur agronome, responsable des questions agricoles au MRC, lors de la table-ronde « Quelle politique agricole au défi de la crise alimentaire mondiale ? » de la Fondation Res Publica, Paris, 9 juin 2008.

Des orientations nouvelles pour l'agriculture (par Michel Sorin, secrétaire national du MRC à l'agriculture, 10 octobre 2009, site MRC)

Agriculture et alimentation : 8 juin 2011 - intervention de Michel Sorin à Surgères (17). Blog MRC 53, 27 juin 2011. Soirée-débat à l'initiative de Serge Maupouet (MRC 17).

Lycée agricole Laval : 50 ans d'agriculture mayennaise (4) par Michel Sorin. A l'occasion des 50 ans du Lycée agricole de Laval (blog CiViQ, 13 octobre 2014).

Michel Sorin invite les citoyens à réfléchir à l'évolution de l'agriculture. (10 septembre 2015).

Atelier Agriculture de l'université de rentrée MRC : éléments de réflexion (21 septembre 2015)

Université de rentrée 2015 MRC : compte rendu de l'atelier Agriculture (28 septembre 2015)

L'agriculture européenne, grande victime de l'accord de libre-échange (22 janvier 2016)

Il y a le feu dans l'élevage français, laitier et porcin, Bretagne en tête (24 janvier 2016)

 

Cet article est le 425ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC

Les éleveurs européens participant à la grande manifestation devant les bureaux de la Commission européenne à Bruxelles le 7 septembre 2015

Les éleveurs européens participant à la grande manifestation devant les bureaux de la Commission européenne à Bruxelles le 7 septembre 2015

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24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 23:52

 

Face à la politique néolibérale européenne, les éleveurs ne sont pas soutenus

 

La situation des éleveurs laitiers est quasi désespérée, car ils ne peuvent compter sur personne. La Commission européenne, qui pilote l'agriculture, a décidé de laisser le pilotage au marché, selon la doctrine néolibérale en vigueur dans cette instance, comme au niveau d'une majorité de chefs d’État et de gouvernement. Cela revient à confier le pilotage aux industriels de l'agroalimentaire, qui jouent la carte de l'exportation de produits laitiers - à des prix qui tirent à la baisse les prix payés aux éleveurs. La grande distribution prend sa part de la valeur ajoutée au passage et les producteurs sont impuissants, n'étant soutenus ni par le gouvernement, ni par leurs représentants professionnels du syndicat majoritaire (FNSEA) car l’État a remis ses pouvoirs aux technocrates libéraux de la Commission européenne et les syndicats majoritaires cautionnent l'orientation néolibérale de la Commission.

Dans le quotidien Les Echos, le 28 juillet 2015, un article de Nicolas-Jean Brehon* posait bien le problème. Voir La mauvaise bataille des producteurs de lait

Extrait. (…) La France est le pays qui a le plus de potentiel laitier : l'eau, l'herbe, le climat, l'histoire, des groupes internationaux, une image d'excellence, des fromages réputés. Mieux, les barrages se déroulent dans la région qui a tous les atouts. Normand, qu'as-tu fait de tes talents ? C'est aussi simple que ça.

Et pendant ce temps, nos concurrents se frottent les mains. La fin des quotas libère les dynamiques laitières. Trois grands pays laitiers s'enfoncent dans la brèche; l'Allemagne, les Pays- Bas et l'Irlande. « Produisez tout ce que vous pouvez, on prend tout », disent les laiteries aux éleveurs. Quand les Français doutent encore du fameux potentiel du marché chinois et ne savent pas ce qu'ils vont faire, les concurrents se préparent. C'est aussi simple que ça.

Enfin, le monde politique a été d'une incroyable lâcheté. Chaque camp se renvoie la responsabilité de la fin des quotas laitiers. Cette guéguerre politique est pitoyable. L'abandon des quotas laitiers a été initié, acté, formalisé, et rappelé par des gouvernements de gauche et de droite. Pis, on continue de tromper le monde de l'élevage. Les quotas laitiers ont assuré une production laitière partout en France. Aujourd'hui, alors que le cadre réglementaire a changé, on continue à faire croire aux éleveurs que cela va durer.

Les gouvernants ont un choix simple : ou jouer la carte économique de la compétitivité, miser sur les dynamiques laitières et accepter les concentrations de la production dans le Grand Ouest, ou jouer la carte politique de l'équilibre du territoire et tout faire pour préserver les fermes et l'outil de transformation, y compris dans les régions en déprise laitière. Mais il faut assumer ce choix et assumer les coûts (800 millions par an dans les deux cas). Qui va choisir, qui va payer ? Qui osera poser le problème en ces termes ?

La profession a moins besoin de prix que d'un cap. C'est aussi simple que ça.

* Nicolas-Jean Brehon est professeur à l'Idrehea, institut des hautes études de droit rural et d'économie agricole.

 

Revue de presse (Ouest-France) :

- 7 janvier 2016, Hervé Plagnol : Agriculture. Ces éleveurs inquiets de ne pas passer 2016

- 13 janvier 2016, Antonin Garnier : Agriculture. Toute l'Europe prise dans la tourmente

- 13 janvier 2016, Xavier Bonnardel :Les légumiers eux aussi embourbés dans la crise

- 14 janvier 2016, Christophe Violette : Crise du porc. Les raisons de la colère

- 15 janvier 2016, Guillaume Le Du : Le marché du lait se dégrade

- 21 janvier 2016, Christophe Violette : Crise agricole. Le spectre de la faillite hante les éleveurs

 

Rappel :

- Vidéo de l'INA (1982) sur la grève du lait (1972) : Historique de la grève du lait, il y a dix ans

- Université de rentrée 2015 MRC : compte rendu de l'atelier Agriculture

Cet article est le 424ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC

Manifestation des éleveurs européens le 7 septembre 2015 devant les bureaux de la Commission européenne à Bruxelles

Manifestation des éleveurs européens le 7 septembre 2015 devant les bureaux de la Commission européenne à Bruxelles

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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 23:57

 

Un groupe de réflexion est né, animé par Michel Sorin et Thibaut Corneloup

 

L'un des quatre ateliers réunis samedi 26 septembre - en matinée pendant une heure-et-demie - lors de l'université de rentrée du Mouvement Républicain et Citoyen à Clermont-Ferrand traitait de l'agriculture.

Les animateurs, Michel Sorin et Thibaut Corneloup, ont fait leur exposé introductif, que l'on peut retrouver ici - voir Université de rentrée 2015 du MRC : atelier Agriculture samedi matin (9 septembre 2015) et Atelier Agriculture de l'université de rentrée MRC : éléments de réflexion (21 septembre 2015).

 

Michel Sorin en a rendu compte dimanche matin en séance plénière. Voici le texte de son intervention.

Il y a toujours eu un intérêt des militants de notre Mouvement pour l'agriculture. Un peu plus maintenant que les travers de la politique européenne sont plus visibles. L'agriculture fut longtemps la seule et elle reste la principale politique commune européenne (la PAC). La libéralisation, la priorité à l'OMC, au marché, ont fait tomber les principes qui avaient fondé la PAC. La loi, maintenant, c'est la directive sur les travailleurs détachés et la concurrence libre et faussée.

A partir de 1980, on a assisté à la marchandisation de l'agriculture, les consommations intermédiaires passant de 40 % à près de 60 % de la production agricole. Les productions végétales ont pris le pas sur les productions animales. La situation des éleveurs (porcs, bovins viande, lait) est encore plus préoccupante depuis le début 2015.

Pour le lait, les producteurs s'opposent directement à la Commission européenne à Bruxelles. Le commissaire à l'agriculture, libéral, a une grande confiance dans les mécanismes de marché. Il refuse d'étudier les dispositifs proposés par les éleveurs (mesures de maîtrise de l'offre au niveau européen). Régulation contre libéralisme. L'agriculture est soumise à la volatilité des prix et des revenus. Le nombre d'agriculteurs ne cesse de baisser. Au niveau français, il a été divisé par 4 en 40 ans. L'agriculture familiale et paysanne peine à survivre, pendant que les grandes exploitations céréalières et les élevages industriels se développent.

Le ministre français de l'agriculture ne favorise aucun type d'agriculture, mais les décisions prises à Bruxelles sont favorables à l'agriculture qui concentre de gros moyens de production. L'agro-écologie, qui était réservée au domaine scientifique interdisciplinaire, est devenue, à l'initiative du ministre, une façon de concevoir l'agriculture sur des bases renouvelées (moins de consommations intermédiaires, plus de régulations biologiques). C'est positif.

Dans son introduction au débat, Thibaut Corneloup s'est efforcé de réfléchir aux enjeux et défis pour l'avenir de l'agriculture. Il a évoqué la réduction de la consommation de viande et de lait, les questions liées à la santé et à l'environnement.

La notion de productivisme est controversée. Elle doit être abordée sous ses différentes facettes. Quant aux systèmes de production, ils devront évoluer avec l'environnement, dans la plus grande diversité, en incluant l'agroforesterie et les biotechnologies. L'agriculture a évolué ces derniers temps en mettant en pratique de nouvelles appellations : agriculture écologiquement intensive, agriculture de conservation, agriculture raisonnée et intégrée, agriculture biologique.

Tout cela nécessite des développements qui n'ont pu se faire car les participants ont eu la parole pour intervenir. Ils se sont exprimés avec clarté et passion.

- Thierry Cotelle a souhaité que le MRC s'adresse aux citoyens en leur montrant en quoi l'agriculture est importante.

- Christophe Roux a développé plusieurs idées pour réfléchir.

- Benoît Tourne a mis en avant la notion de valeur ajoutée et la production d'énergie par les agriculteurs.

- Alain Gély a souhaité bien distinguer productivité et productivisme.

- Daniel Salé, apiculteur, a insisté sur les aspects emploi, ruralité, développement du territoire.

- Serge Lezement a souhaité que le groupe Agriculture dégage une ligne politique claire, à valoriser lors des campagnes électorales.

- Jacques Pérez a mis en évidence l'apport des AOC dans l'activité économique de sa région (comté, fruitières).

- Arthur Riedacker a affirmé des désaccords avec le texte diffusé aux participants, sans avoir le temps de préciser lesquels. Il a développé de nombreuses idées qui devront être reprises et discutées.

Les participants ont souhaité prolonger les réflexions dans le cadre d'un groupe Agriculture qui réunira d'abord ceux qui ont indiqué leur adresse électronique. Ce groupe sera ouvert aux bonnes volontés. On a tous ressenti la volonté de partager nos compétences et de confronter nos approches différentes de l'agriculture. Avec Thibaut, nous ferons en sorte que cet atelier soit un point de départ.

Cet article est le 423ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC

Michel Sorin, rendant compte des travaux de l'atelier Agriculture, le 27 septembre 2015, lors de l'université de rentrée du MRC, à Clermont-Ferrand (les autres rapporteurs sont Fatiha Boudjahlat, Paul Zurkinden et Martine Souvignet sous le contrôle de Catherine Coutard).

Michel Sorin, rendant compte des travaux de l'atelier Agriculture, le 27 septembre 2015, lors de l'université de rentrée du MRC, à Clermont-Ferrand (les autres rapporteurs sont Fatiha Boudjahlat, Paul Zurkinden et Martine Souvignet sous le contrôle de Catherine Coutard).

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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 23:21

 

Thibaut Corneloup propose de réfléchir aux enjeux et défis pour l'avenir

 

Le secrétariat national du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) a opté cette année pour des ateliers le samedi matin à la place d'une table ronde. Il y en aura cinq proposés, dont l'un sur l'agriculture. Voir URMRC2015 Programme

Le thème général est présenté par Jean-Luc Laurent, président.

Voir Université de rentrée 2015 du MRC : Pour la France et pour l'Europe, il y a une alternative !

 

Voici le texte proposé par Thibaut Corneloup, en 2ème partie de l'introduction à cet atelier de réflexion (1ère partie : Université de rentrée 2015 du MRC : atelier Agriculture samedi matin).

Enjeux et défis pour l’avenir, systèmes de production et réformes

Précédemment, ce résumé de la crise de l’élevage et de la PAC a permis de dégager les enjeux : réorientation des systèmes de production, réforme de la structure des filières pour retrouver des marges plus justes, réflexion sur le système de production et les volumes. Quelles sont les réflexions générales à retenir ? Nous serons 9 milliards en 2050 sur Terre, peut-être quelques millions de plus en France, il faut réfléchir par rapport à cela, car nous ne vivons pas en autarcie.

  1. Volumes de production de viande et de lait : une réduction de la consommation

La viande et le lait sont des produits trop consommés dans les pays riches, on sait qu’on recommande 15% de protéines dans un régime alimentaire (25% lipides avec une diversité et 50% de glucides, SOURCE ANSES). Ce pourcentage approche les 20% voire plus, en France. La réduction des volumes ne doit pas être un objectif politique (sinon de décroissance) vu que la demande va de toute façon augmenter avec la démographie et la France doit tenir son rang dans ce domaine (le secteur agricole est le seul qui reste assez excédentaire dans la balance commerciale et nous perdons des parts de marché avec nos voisins, l’élevage représente aussi 882 000 emplois selon le ministère de l’agriculture), cependant on doit réduire la consommation de ces produits. Niveau santé, la viande rouge a un impact plus probable (cancers de l’intestin ou du colon). Niveau écologie, c’est celle qui consomme le plus de fourrages et d’eau par rapport à la volaille ou même le porc (10 kg de cultures fourragères pour 1 kg de viande rouge, pour le lait une vache boit 200 L d’eau par jour, source FAO/Institut de l’élevage). L’évolution du régime alimentaire est aussi « naturel » quand son mode de vie augmente et donc la demande de protéines animales va augmenter, afin qu’écologiquement ce soit tenable, c’est notre devoir de réduire cette consommation pour les pays en développement.

Par rapport à l’environnement, la déforestation, l’extension des prairies n’est pas l’argument le plus pertinent car ce problème est réduit par une plus forte productivité et une réduction des surfaces utilisées (on observe d’ailleurs un ralentissement maintenant et en France on gagne désormais de la forêt grâce à cette forte productivité). En plus les prairies sont souvent sur des sols pauvres et il ne rapporte rien de les retourner pour les cultiver. Elles rendent également des services écologiques (drainage, biodiversité, séquestration de carbone) non négligeables. Il faut donc réfléchir en système, en flux et en bilan, certains constats ne sont pas pertinents pour incriminer tel ou tel système de production. Ainsi, de nombreuses optimisations et bonnes pratiques dans les élevages restent à généraliser pour arriver à une réduction de 30% des émissions du CO2 (source FAO). La méthanisation est aussi une solution pour capter le méthane (qui ne partira pas dans l’atmosphère) et fournir des bioénergies pour la transition énergétique. C’est donc un problème complexe où une multitude de facteurs interviennent et qui ne peut être simplifié par des idées reçues souvent véhiculées dans les médias et internet. Cependant, on a perdu 10 kg/personne en 30 ans pour la France, c’est déjà donc amorcé depuis une dizaine d’années et il faut continuer vers une forme de flexitarisme (consommer moins de viande, 3 fois par semaine pas plus). La production s’adaptant à la demande solvable (ça vaut pour toute l’agriculture), les volumes s’adapteront, évidemment il faut une politique de régulation et un plafonnement comme on l’a évoqué précédemment.

  1. Démythifier le productivisme

Ensuite, il faut aborder cette notion de « productivisme » sans cesse repris dans les médias et chez certains partis politiques, c’est devenu un mot valise. Il a bien sûr existé dans les années 80 avec des phénomènes de surproduction dans le lait, la viande et le porc et ses crises associées. Mais il s’agit de mécanismes cycliques courants en agriculture où il y a des tensions entre production et demande, c’est l’état de crise permanent, il s’agit de les gérer au mieux. Cela implique les mécanismes de régulation et de plafonnement, et d’optimisation des pertes également pour éviter le gaspillage. Il ne faut pas oublier que dans un système libre échangiste, on importe aussi énormément de volaille et de porc, produit-on donc tant que ça ? Le productivisme était nécessaire à une époque où on ne produisait que pour 10 mois et que la souveraineté alimentaire n’existait pas (avant 1950). Le gain de forêt depuis 2010 (110000 ha par an selon FAO) montre les effets positifs de ce productivisme passé, on ne se rend compte qu’avec le temps. Il faut rappeler que 50% de la production alimentaire dépend des engrais et phytosanitaires dans le monde et en France et donc l’agriculture « intensive » préserve la sécurité alimentaire (Académie d’agriculture).

De plus, c’est une idée fausse car homogène, nous sommes loin de la surproduction en ce qui concerne les productions végétales : les oléagineux ou les protéines végétales (légumineuses). Elles sont largement déficitaires. Chacun sait que le soja est importé pour faire des tourteaux pour l’élevage, c’est donc une dépendance non négligeable (60% selon FranceAgrimer). La diversification des grandes cultures avec ces légumineuses est aussi nécessaire pour l’agro-écologie et le climat en apportant moins d’engrais chimique (apport d’azote, rotations, diminution du protoxyde d’azote dans l’atmosphère). Elles rencontrent des problèmes de débouchés, de valorisation industrielle (dont l’alimentation animale ou humaine) et c’est un projet de recherche de l’INRA. En ce qui concerne les oléagineux (soja, colza, tournesol), on est aussi en déficit et on importe. Par contre, c’est sur la transformation en tourteaux, graines ou huiles où nous sommes excédentaire dans la balance. Idem pour légume et les fruits où il n’y a jamais eu vraiment d’aides par la PAC ni de protection sur les prix.

  1. Quels systèmes de production agricoles dans l’avenir ?

Il y aura 9/10 milliards d’habitants en 2050, actuellement la réduction du gaspillage peut permettre de nourrir les 800 millions de personnes, mais 2 milliards sont aussi mal nourris. Cela ne suffit donc pas, la demande sur toutes les productions va augmenter avec le niveau de vie. C’est aussi un problème social ou la pauvreté extrême est la cause principale de la faim (aides aux paysans pauvres et à l’agriculture familiale, source FAO).

Environnement : changement climatique, désertification et sécheresse, problèmes de salinité, augmentation des attaques de ravageurs (stress biotiques), des virus et espèces apparaitront dans nos climats autrefois tempérés avec ces changements. Il y a nécessité de concevoir des systèmes de production plus résilients (s’adapter aux changements climatiques et biotiques) et productifs : produire plus, mieux et avec moins !

L’agriculture conventionnelle du passé est révolue : elle a commencé à se diversifier depuis 15 ans et les normes et règlementations successives ont donné une sécurité alimentaire irréprochable en France et en Europe. L’agro-écologie en tant que science est une troisième voie bien entamée.

Pour l’avenir il existe une multitude de solutions et plusieurs systèmes de production sont possibles, la diversification sera nécessaire et à accompagner. Ce ne sont pas non plus des systèmes figés et chaque technique peut être adaptée dans n’importe quel système de production.

-Par exemple, l’agroforesterie (replanter des arbres avec les champs) est adaptée à tous ces systèmes. Elle peut être sous la forme d’un bois, au milieu des champs, ou simplement en haies/bandes. Il s’agit surtout de les réinsérer dans les paysages pour l’agro-écologie (abris d’auxiliaires de cultures, habitats, coupe-vent, favoriser la remontée des minéraux).

-La notion de diversité dans les cultures (génotypes, variétés, cultures associées) est aussi un levier important pour la résilience (une homogénéité rend plus sensible aux attaques et aux maladies), c’est applicable à tous ces systèmes.

-Le débat monoculture/polyculture est très binaire et dépend des objectifs des agriculteurs, dans ces systèmes on travaille avec l’un ou l’autre et les rotations de cultures (diminuent les résistances, favorisent la fertilité du sol) sont de toute façon obligatoires pour les monocultures.

-Les biotechnologies et les PGMs font partie des solutions également et sont compatibles (augmentation diversité, résistance aux maladies et aux insectes, augmentation des rendements, valorisation de l’azote et utilisation moindre d’engrais/ pesticides/ de surfaces) avec les systèmes de production ci-dessous, les dogmatismes doivent être évités. C’est un consensus scientifique sur l’impact sanitaire et environnemental au niveau mondial au même titre que le changement climatique. La recherche doit continuer et les essais autorisés avec contrôle (on connait depuis longtemps les techniques pour diminuer les risques) comme le montrent les rapports successifs de l’académie d’agriculture, le HCB, les agences sanitaires et toutes les études au niveau mondial.

  1. Agriculture écologiquement intensive avec l’agriculture de conservation

Elle repose sur une couverture permanente des sols avec un non labour. Il s’agit donc de réduire le travail du sol et la consommation d’énergies fossiles, le couvert sous forme de cultures/intercultures permet le captage de CO2 et restitue la matière organique au sol. Le travail du sol est fait via la macrofaune et microfaune: sol vivant. Les intercultures sont des engrais verts et qui agissent sur la structure du sol. Les rendements augmentent tout en restaurant la fertilité du sol avec la séquestration du carbone. Il existe cependant un blocage : la directive nitrate, il y a nécessité d’ajouter de l’azote qui part dans l’atmosphère en non labour et le rapport C/N est un équilibre, l’un défavorise l’autre. Les blés perdent en taux de protéines depuis cette directive. Il y a aussi des réticences dans la population d’agriculteurs, une loi est prévue bientôt.

  1. Agriculture raisonnée et intégrée : notion assez large, des exploitations différentes

On réduit les pesticides et les phytosanitaires, on pense en système les intrants et les sorties. Cela s’appuie sur une agriculture numérique et de précision avec nouvelles technologies : capteurs climatiques, quantification du besoin en engrais, pesticides encapsulés et utilisés seulement en cas de besoin, nouvelles machines et modélisation des cultures pour connaitre leurs besoins en temps réel. On aboutit à la réduction de la consommation en eau, en énergie en engrais et en phytosanitaires. Pour le maraichage ou l’arboriculture, On utilise aussi au maximum la lutte biologique c’est-à-dire le recours à des insectes auxiliaires plutôt que les pesticides pour neutraliser les ravageurs ou à des outils de déstabilisation (phéromones). On favorise la biodiversité pour les attirer en général (plan d’eau, herbes, bandes…).

  1. L’agriculture biologique

Médiatisée, beaucoup de promesses mais peu de résultats. C’est un objet marketing en tout cas très rentable, les distributeurs bio sont d’immenses conglomérats financiers (Lea Nature). D’ autant plus que c’est une copie de l’agriculture intensive avec des pesticides « naturels », ce qui n’enlève pas la toxicité potentielle pour les humains. L’impact sur les sols peut être aussi significatif sur le long terme (bioaccumulation du sulfate de cuivre). Elle est sans nul doute très utile pour la gestion de la biodiversité, mais là encore il y a des nuances (il y a labour, travail du sol), il y a aussi des exploitations conventionnelles où la biodiversité existe et du bio sans biodiversité. Les rendements restent moindres (à nuancer avec le contexte local) et donc les couts de productions et les prix sont plus élevés. La subvention est un choix possible vu qu’on subventionne de toute façon le capital dans les grandes exploitations. Cela augmente, mais très lentement (4% des exploitations), il existe encore de nombreux risques sur la sécurité alimentaire (6 fois plus de contamination à des bactéries pathogènes, aux mycotoxines). Les pesticides naturels dépassent largement les doses des pesticides chimiques très surveillés (15% de contrefaçon). Charge de travail très importante et de nombreux abandons.

Alter-agriculture : permaculture, agriculture urbaine

Le monde scientifique ne considère pas la permaculture comme faisant partie de l’agro-écologie, c’est une invention de Pierre Rahbi et quelques autres penseurs, mais elle est étudiée et des travaux commencent à être publiés (ferme du Becq Hellouin). Plus que des champs, ce sont surtout de grands jardins avec une grande diversité de cultures en mélanges… On peut s’inspirer des techniques et de la logique pour les systèmes de production précédents. Cela peut donc être intéressant pour les serres de maraichage (couches chaudes et compost sans consommation d’énergie), le design des champs (complémentarité entre les écosystèmes, position des plans d’eau, bois, élevages…). Ce sont souvent des petites surfaces, on vient de démontrer à l’INRA que c’était possible d’être autonome économiquement sur 700m2 cultivé, il y a donc possibilité de l’importer en ville via l’agriculture urbaine qui peut reprendre sa logique. C’est une solution parmi d’autres pour nourrir la planète de façon plus écologique.

Conclusion

La transition écologique est en marche et les solutions existent : il reste à les favoriser et à accompagner les agriculteurs qui voudraient se lancer là-dedans. Il ne faut pas non plus se cacher que de nombreuses normes non fondées scientifiquement empêchent cette véritable agriculture plus écologique, ces demandes de simplification sont légitimes et doivent être examinées au cas par cas.

Discussion sur le résumé de ces modèles et états des lieux, autres points non abordés comme la commercialisation et la distribution (problème de la grande distribution et marges avec les producteurs), celle-ci est tout autant crucial que la production avec capacité de stockage et réduction des intermédiaires pour augmenter le revenu des agriculteurs. La vente directe est possible, mais elle reste limitée (charge de travail importante, compétences supplémentaires, marché saturé).

Questions globales sur les réformes à adopter et autres problèmes non abordés ou questions naïves pour en savoir plus sur l’agriculture.

 

Cet article est le 422ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC

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9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 22:14

 

Michel Sorin propose une introduction à l'atelier le 26 septembre

 

Le secrétariat national du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) a opté cette année pour des ateliers le samedi matin à la place d'une table ronde. Il y en aura cinq proposés, dont l'un sur l'agriculture. Voir URMRC2015 Programme

Le thème général est présenté par Jean-Luc Laurent, président.

Voir Université de rentrée 2015 du MRC : Pour la France et pour l'Europe, il y a une alternative !

 

Voici le texte que j'ai proposé, en introduction à cet atelier de réflexion.

 

L'agriculture est l'activité économique où une alternative est nécessaire et réalisable au niveau européen. La crise de l'élevage est d'une ampleur inconnue jusqu'à présent. La politique néolibérale de la Commission européenne est condamnée par les effets constatés de la libéralisation mise en œuvre depuis 25 ans. C'est dans la filière laitière que les mouvements sociaux se développent car la libéralisation est récente (fin des quotas laitiers) et l'organisation économique des producteurs est la plus massive.

La manifestation, le 7 septembre, à Bruxelles* (face à l'immeuble de la Commission européenne), des agriculteurs engagés dans la lutte pour la régulation et la maîtrise de l'offre de production, a été un évènement historique par sa mobilisation et sa force alternative.

 

L'agriculture est le terrain de jeu de l'Europe depuis la naissance du Marché commun, au début des années 1960. Ce fut longtemps la seule politique commune et cela reste la principale. Cela fait 50 ans que la politique agricole française est décidée à Bruxelles. Le pouvoir de proposition et de contrôle a été donné à la Commission européenne, instance non élue.

Qu'a fait la Commission de ce pouvoir ?

- Elle a persuadé les chefs d’État et de gouvernement que la politique agricole devait s'effacer devant les prérogatives de l'OMC et le libre-échange des produits agricoles et alimentaires, faisant ainsi entrer l'agriculture et l'alimentation dans le champ des négociations commerciales internationales de l'OMC.

- Ensuite, elle a milité pour que les aides financières aux agriculteurs soient déconnectées de l'acte de production, ce qui était le meilleur moyen de renoncer à orienter les productions selon des choix de politique agricole. Celle-ci, naturellement, devait s'effacer devant les marchés, seuls capables de fixer les priorités de production. Le principe de refus de toute régulation de l'offre de production s'imposait alors à l'agriculture européenne, en pleine contradiction avec les principes fondateurs de la politique agricole commune (PAC).

Dans un contexte de concurrence exacerbée, l'industrie de transformation des produits agricoles, aiguillonnée par la grande distribution, très concentrée, a exercé une pression constante sur les prix payés aux producteurs. C'est cela qui est, principalement, à l'origine du productivisme agricole.

 

Depuis 1970, l'agriculture s'est « végétalisée » et « marchandisée ».

- Les productions végétales se sont maintenues autour de 54 % des ressources de l'agriculture française, pendant que les productions animales ont baissé, de 42 à 30 %. Les subventions, dans le même temps (entre 1970 et 2012) sont passées de 1 à 11 %.

- Durant cette période, les consommations intermédiaires ont fortement augmenté (de 40 à près de 60 % de la valeur de la production agricole). Cette marchandisation de l'activité agricole a pesé sur l'évolution de la valeur ajoutée et du résultat, lequel est passé de 48 % du produit d'exploitation en 1970 à 33 % en 2010.

Les agriculteurs voient leurs revenus se fragiliser et varier beaucoup en fonction des fluctuations du marché. La volatilité croissante des prix est due à la mise en relation, sans précaution, du marché européen avec le marché mondial. Le revenu des agriculteurs est devenu très fluctuant depuis 2000.

 

Les décisions prises pour la PAC 2014-2020 répondent à la logique de libéralisation, comme les précédentes : confirmation du refus de maintenir ou de rétablir les instruments de régulation du marché, réduction des crédits (14%), durcissement des conditions environnementales, dont dépendront 30 % des aides. Il faut s'attendre, en outre, à davantage d'ouverture aux produits extérieurs à l'UE, conformément aux accords bilatéraux en négociation avec le Canada et les USA.

En conséquence, il faut prévoir une forte baisse des revenus agricoles et du nombre d'agriculteurs et, aussi, la diminution de l'auto-approvisionnement alimentaire de l'Union européenne.

 

Les conséquences de cette politique néolibérale se font sentir plus lourdement depuis le début de l'année 2015, tout particulièrement au niveau des éleveurs (lait, viande bovine et porcine).

 

La filière laitière est d'autant plus sensible à la libéralisation que celle-ci est récente pour elle (suppression en avril 2015 des quotas laitiers mis en place à l'initiative de la France en 1984).

Selon la Commission européenne, les perspectives de marché pour les produits animaux étant bonnes, il faut produire davantage et exporter et, selon la FNSEA, la « forteresse » syndicale française, il faut accélérer la modernisation et la concentration des exploitations d'élevage pour les rendre plus productives et plus compétitives.

En fait, les causes de la crise laitière sont à rechercher dans une triple erreur de diagnostic :

- La référence du marché mondial pour fixer le prix du lait est une aberration puisque le marché des produits laitiers ne porte que sur 7 % de la production laitière totale.

- La dérégulation, amorcée avant la suppression des quotas laitiers, a été à l'origine de la surproduction constatée en 2015, compte tenu de la dépression des marchés, accentuée par l'embargo russe et la situation de l'économie chinoise.

- La Commission continue de faire prévaloir l'idéologie néolibérale alors que les critiques se multiplient concernant l'extrême volatilité des prix du lait et l'absence d'études d'impact de la fin des quotas.

 

Des propositions alternatives permettraient de sécuriser la filière laitière européenne.

- Il s'agit, à court terme, de remettre en place une politique agricole qui assure une régulation de la production en fonction de la demande et des marchés.

- A moyen terme, il faut un changement radical d'orientation sans, pour autant, revenir au mécanisme des quotas. Au lieu de privilégier l'exportation de produits (beurre, poudre de lait) entrant en forte concurrence sur le marché mondial, il serait plus opportun de mieux valoriser 85 à 90 % du lait sur le marché interne européen (filière de qualité locale de proximité). Il s'agit d'équilibrer exportations ( répondre à la demande mondiale) et marché intérieur (produits des terroirs).

- Au niveau national, il importe de renforcer le pouvoir de négociation des producteurs afin de mieux répartir les marges dans l'ensemble de la filière.

- Au niveau des exploitations agricoles : réorientation des systèmes de production, plafonnement et adaptation des volumes de production en fonction de la demande.

 

* Voir, sur le blog de Réseau CiViQ : Manifs Bruxelles lundi : 2 politiques laitières, exportatrice ou régulatrice. Voir aussi sur ce blog de nombreux articles concernant Agriculture Alimentation

 

Cet article est le 421ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC

Des agriculteurs venant de nombreux pays européens, le 7 septembre, à Bruxelles, pendant les interventions des responsables de la manifestation EMB en faveur d'une politique de régulation au niveau de l'UE

Des agriculteurs venant de nombreux pays européens, le 7 septembre, à Bruxelles, pendant les interventions des responsables de la manifestation EMB en faveur d'une politique de régulation au niveau de l'UE

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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 18:02

Qu’attendre de l’APLI, que faire pour elle en 2014 ?

 

L’association des producteurs de lait indépendants (voir APLI Nationale) est née en 2008 en vue de combattre les causes de la baisse du prix du lait (l’année 2009 a été la pire pour le revenu agricole des 40 dernières années - voir Crise agricole 2009 : les explications des services économiques APCA- 30 décembre 2009 et Crise laitière : la politique européenne est la principale responsable- 15 juin 2009. Voir aussi Le LAIT de la colère !

 

Le 5 septembre 2013, André Lefranc présidait l’assemblée générale de l’APLI en précisant qu’il n’était pas candidat au renouvellement de son mandat. Voir AG 2013 de l'APLI : le président André Lefranc fait le bilan et rassure - 13 septembre 2013. En fait, il a cédé aux sollicitations des membres du Conseil d’administration et a été réélu à l’unanimité.

 

APLI AG 50913 052 TCe 31 décembre 2013, il fait le point de l’action de l’APLI en présentant  L’heure du Bilan

 

2013 a vécu, vive 2014 !

 

Cette période de fin d'année est traditionnellement le moment de faire le bilan de l'année écoulée et de tracer les perspectives accompagnées de vœux pour celle qui s'ouvre.

 

Le président de l'APLI Nationale ne va pas déroger à cet exercice. Le Conseil d'Administration renouvelé, alors que je souhaitais sincèrement transmettre le flambeau de la présidence de notre jeune association, n'a pas voulu tenir compte de ce désir et m'a réélu à l'unanimité à ce poste. Je n'ai accepté de prolonger mon mandat que pour mieux préparer la succession et assurer une stabilité à notre mouvement.

 

Notre combat juste et loyal, pour un prix du lait qui couvre les frais et permette une rémunération des producteurs, continue. Pour cela nous poursuivons notre lutteaux côtés de l'EMB pour la mise en place d’une agence de régulation européenne et pour une reconnaissance des coûts de production.

 

Nous sommes aujourd'hui dans une phase de construction.

 

Sans doute est-ce moins percutant médiatiquement qu’une grève ou un rassemblement de tracteurs dans nos régions. Et pourtant, que de travail accompli en 2013, grâce à l'engagement permanent de tous ceux qui m'entourent et que je tiens tout particulièrement ici à remercier. L’APLI Nationale garde son éthique, elle est et restera une association de producteurs ouverte à tous mais asyndicale.

 

Les OP France MilkBoard ont été créées : la construction de ces organisations de producteurs est une réponse à la demande du ministère. 3 OP France MilkBoard ont été reconnues mais elles ne pourront être efficaces qu'à deux conditions :

-         ces OP doivent rassembler un maximum de producteurs, et là chaque adhérent a un rôle mobilisateur à jouer,

-         ces OP transversales doivent se regrouper en une AOP la plus large possible.

 

Le lancement du lait FAIREFRANCE a nécessité beaucoup d’énergie. Le lait équitable français a vu le jour, conforme à l’éthique du projet initial.

Le départ est fulgurant, conforme aux prévisions. Le projet répond à une attente réelle des consommateurs qui sont aujourd’hui prêts à investir pour le maintien des fermes familiales et des agriculteurs sur tout le territoire, pour le maintien également de la qualité des produits et de la vie.

C'est une révolution sur le partage des marges. Le poids des producteurs dans la commercialisation est redevenu ce qu'il aurait toujours dû être. Mais, là encore, comme pour les OP, pour aller encore plus vite et que le mouvement devienne irréversible et incontournable, il faut que davantage de producteurs nous rejoignent.

 

Les perspectives 2014  sont moroses

 

-         Le prix du lait, qui est aujourd'hui plus en phase avec les réalités économiques (mais pour combien de mois ?) ne donne aucune lisibilité suffisante pour pouvoir investir sereinement à longue échéance.

Attention ! Ce prix plus élevé ne répond pas à notre vision à long terme. Ne nous laissons pas attirer par le chant des sirènes des coopératives qui nous demandent de produire 10 à 20 % de lait en plus sans garantie de prix. N'oublions pas 2008 – 2009 !

-         Les coûts de production, source de débat permanent ne sont toujours pas intégrés dans l’élaboration du prix du lait, de même que le temps de travail de l’éleveur générant  ainsi une morosité persistante qui entraîne la désertification laitière de nombreuses régions.

-         L’interprofession actuelle est inefficace : le prix du lait payé aux producteurs français est le plus bas d’Europe, et cependant reste le moins compétitif sur le marché mondial. Le CNIEL se contente de redistribuer une partie de l’argent collecté sur le dos des producteurs (CVO) à ceux qui occupent la place. Et demain, en donnant quelques miettes et strapontins aux syndicats minoritaires, rien ne changera. Le CNIEL sera alors, plus que jamais, un lieu de débat politico-syndical obsolète et inutile, réduisant à néant le rôle des OP.

-         L'Etat, avec la prochaine « loi d'avenir », devrait affirmer une réelle volonté politique en imposant une interprofession digne de ce nom, jouant un rôle important pour le développement et l'avenir de la filière avec chaque maillon représenté : industriel, distribution, consommateur et producteurs à travers les organisations de producteurs.

-          La régulation n’est toujours pas actée.

 

Le travail ne manque donc pas !

 

Nous comptons bien mettre tout en œuvre pour être entendus. Notre travail lors des réunions au ministère, bien que nous soyons très écoutés, n’apporte pour l’instant guère de retour. Mais nous ne sommes pas en place pour faire de la cogestion. Et nous restons très vigilants quant à l'élaboration de la loi d'avenir agricole.

Nous participons activement au niveau européen, avec l’EMB (qui regroupe 14 pays), à un vrai travail de fourmi pour faire avancer nos idées auprès de la commission et du parlement européen.

 

Cette année 2014 s'annonce donc comme celle :

-         du déploiement de toutes ces structures (Agence de régulation, OP, FaireFrance),

-         de négociations tous azimuts, avec l'Etat pour l'APLI, avec les laiteries pour les OP, avec les centrales d'achat et les consommateurs pour Fairefrance.

Pour être au plus proche de chaque adhérent, notre site a été refondu et je vous engage à aller dès maintenant le visiter et vous inscrire à la newsletter.

 

Au risque de me répéter, je ne peux engager seul la lutte, j'ai besoin, ainsi que le Conseil d'Administration tout entier, de chacun et de chacune d'entre vous pour réussir. En cette fin d'année, un de mes vœux serait que chacun se pose la question : j’ai adhéré à l'APLI, qu'est-ce que j'attends de l'APLI mais aussi et surtout qu'est-ce que j'ai fait pour l'APLI ?

 

Je vous souhaite, à toutes et à tous, une bonne et heureuse année. Que 2014 nous voie nombreux, unis et forts pour mener une action efficace, tremplin vers un avenir meilleur.

 

Cet article est le 420ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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Published by Michel SORIN - dans AGRICULTURE et PAC
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