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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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18 janvier 2023 3 18 /01 /janvier /2023 17:52

 

Les dynamiques agraires englobent puissance, conflit et territoire

 

MARS, le Mouvement Agricole Rural et Solidaire, organisait le 04 octobre 2022 une réunion sur le thème "Géopolitique de l'agriculture" avec Pierre Blanc*.

* Ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts, docteur en géopolitique (HDR), Pierre Blanc est professeur de géopolitique à Bordeaux Sciences Agro et à Sciences Po Bordeaux et chercheur au Lam

(Les Afriques dans le Monde, CNRS/Sciences Po).

 

Voir le compte rendu Géopolitique de l’agriculture sur le site du Mouvement Agricole Rural et Solidaire.

 

Géopolitique de l’agriculture : puissance, conflit, territoire
Une réflexion géopolitique sur l’agriculture

Synthèse réalisée par Gérard Choplin

La guerre en Ukraine a mis au cœur de l’actualité l’importance des aspects géopolitiques de l’agriculture et de l’alimentation. Pour Pierre Blanc, qui examine les dynamiques agraires à l’aune de la géopolitique, on peut les articuler autour de trois mots-clés : puissance, conflit et territoire.

 

L’approche géopolitique des puissances selon les États est en lien avec leur géographie (situation géographique, ressources). L’agriculture est un objet géopolitique : il s’y joue des rivalités d’acteurs à propos de territoires, pouvant se transformer en conflits, notamment autour de la terre et de l’eau. L’agriculture est une fabrique de territoire (contrôle, conquête).

 
Puissance

La puissance est la capacité à peser sur d’autres, à ne pas trop dépendre des autres, à faire, à faire faire, à empêcher de faire, à refuser de faire. L’Histoire récente a illustré les liens entre puissance et agriculture, la puissance étant indexée, pour partie, sur l’agriculture.

En voici quelques exemples :

 

  • Pour Hitler, dans sa recherche de « l’espace vital », dans une Allemagne à l’étroit, l’acquisition de terres nourricières a été une visée centrale de la guerre (opération Barbarossa vers l’Europe orientale en 1941).

     

  • États-Unis : Après la 1e Guerre Mondiale, les USA sont passés du rang de 2e exportateur agricole (derrière la Russie) à celui de 1er. Son pouvoir alimentaire s’est développé parallèlement à son pouvoir militaire. De 1950 à 1990, l’aide alimentaire US est destinée en priorité aux pays de l’encerclement de l’URSS. Autre utilisation du food power US : en 1979, dans l’accord de Camp David entre l’Égypte et Israël, les USA ont inclus une aide alimentaire conséquente à l’Égypte.

     

  • Russie/URSS : 1er exportateur avant la 1e Guerre Mondiale, la Russie devenue URSS a soviétisé l’agriculture, ce qui ne lui a plus permis de réaliser son potentiel agricole. L’extermination par la faim des Ukrainiens (Holodomor) dans les années 1930, sur les meilleures terres du monde, la collectivisation (manque de motivation des agriculteurs), puis le développement irréfléchi dans les années 1950-60 de cultures intensives en Asie centrale, débouchant sur la disparition de la mer d’Aral, ont nui à l’URSS comme puissance agricole. Après la dislocation de l’URSS, l’agriculture a été marginalisée et la Russie est devenue importatrice. L’arrivée de V. Poutine au pouvoir en 1999 a conduit à la privatisation des terres au profit d’oligarques. La production agricole a augmenté et la Russie est redevenue le 1er exportateur en 2015, pouvant désormais utiliser sa puissance alimentaire : pour sauver le gouvernement syrien de Bachar El Hassad (Daech contrôlant la plaine de l’Euphrate), la Russie y a envoyé du blé.

     

  • Inde : certes « non alignée », l’Inde a été une cible importante de l’aide alimentaire US, jusqu’à la Révolution verte, l’Inde voulant s’émanciper des USA.

     

  • Chine : Après la collectivisation et la grande famine du « Grand Bond en avant » de 1958-1962 (environ 45 millions de morts), Deng Xiaoping a déconstruit le système collectivisé en redonnant de la responsabilité aux agriculteurs et la production a augmenté. Aujourd’hui, la Chine reste dépendante pour son alimentation, mais elle diversifie ses approvisionnements, en gardant un objectif d’autosuffisance pour les grains (blé, riz).

     

  • Le Brésil est dans une stratégie de puissance agricole depuis 60 ans, en défrichant d’immenses territoires de savane et de forêt, avec un lobby agro-industriel très puissant.

     

  • Au Moyen-Orient, l’eau est le facteur limitant et stratégique de l’agriculture contre la domination US. L’Égypte de Nasser a barré le Nil pour ne plus dépendre de l’aide alimentaire. L’Iran, après la révolution islamique de 1979, a beaucoup augmenté le prélèvement dans les nappes phréatiques, au nom d’un Jihad agricole. Tout comme l’Arabie Saoudite.

Mais cette volonté d’autosuffisance et de non-dépendance se heurte à la rareté de l’eau et au réchauffement climatique, qui fait du Moyen-Orient une région agricole fortement importatrice.

 
Conflits (terre, eau)

Les conflits fonciers existent depuis toujours. Partout l’inégalité d’accès à la terre a provoqué des conflits et écrit l’Histoire à travers des moments agro-politiques. Ainsi, les dérives autoritaires en Espagne, Italie, Portugal, au 20ème siècle sont très liées à la concentration foncière. De même que plus récemment en Amérique Latine, aux Philippines (rebelles djihadistes du Mindanao), au Liban (paysans sans terre à l’origine du Hezbollah), en Turquie (paysans sans terre du PKK).

Les moments agro-politiques interviennent quand les acteurs de ces conflits croisent des formulations idéologiques qui les agrègent : socialisme en Amérique Latine, nationalisme en Irlande, islamisme au Moyen-Orient.

La façon dont un régime politique règle la question foncière après un moment agro-politique est très caractéristique de la nature de ce régime. Par exemple en Italie, Espagne, Portugal, une réforme foncière a été engagée juste après les dictatures.

 

Les conflits liés à l’eau sont plus circonscrits et concernent surtout le Moyen-Orient, depuis les années 1980-90, dans un contexte de tension géopolitique forte et de changement climatique très prononcé. La violence hydraulique sévit dans plusieurs bassins hydrographiques comme le Jourdain, l’Euphrate, le Nil, où c’est le rapport de force militaire qui fait l’hydro-gémonie, d’autant plus qu’il n’y a pas de droit international sur cette question.

 

Territoire (faute de temps, P. Blanc n’a pu développer ce 3e point).

L’agriculture se trouve au cœur de politique de conquête et de contrôle de territoires en situation de conflit. Le conflit israélo-palestinien en est un bon exemple.


 

Cet article est le 3200 ème sur le blog MRC 53 - le 468ème, catégorie AGRICULTURE et PAC

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14 janvier 2023 6 14 /01 /janvier /2023 22:29

 

Rompre avec la logique du marché qui guide le système agroalimentaire

 

MARS, le Mouvement Agricole Rural et Solidaire, organisait le 10 novembre 2022 une réunion sur le thème "Assurer une alimentation saine, quelles implications pour le système agroalimentaire" avec Michel Duru*.

 

Voir le compte rendu Alimentation saine et système agroalimentaire sur le site du Mouvement Agricole Rural et Solidaire.

 

* Directeur de recherche à l'INRAe. Agronome de formation, Michel Duru a mené des recherches sur les systèmes d’élevage et la prairie, en considérant les impacts environnementaux des différents modèles d’élevage, ainsi que leur effet sur la composition du lait et de la viande en acides gras. Actuellement, il travaille sur la « transition agroécologique des systèmes alimentaires » en tant que chargé de mission à l'INRAe.

 

Assurer une alimentation saine. Quelles implications pour le système agroalimentaire ?

Synthèse réalisée par Michel Rieu, membre du collectif d'animation de MARS.

Télécharger la présentation en cliquant ici

 

L’avenir de l’agriculture et du système agroalimentaire passe par une rupture de logique, ni en continuité avec le passé, ni par la logique libérale sous l’influence des forces des marché. Face à la raréfaction des ressources naturelles dont les humains peuvent disposer, il est indispensable de faire des choix orientés par la satisfaction de besoins clairement définis.

 

Le système alimentaire a d’abord pour but d’assurer la vie et la santé par une nourriture suffisante, équilibrée et sans nuisance. Cela n’exclut pas les autres finalités (lutte contre le changement climatique, protection de la biodiversité, usage des terres, effet sur les paysages, etc.). Tout cela est en interaction dans un système complexe.

 

Si l’objectif alimentaire n’est pas nouveau, il est plus rare de le décliner en orientations opérationnelles pour tout le système alimentaire et agricole, en partant du consommateur et de sa santé pour aller au champ et à son amont.

 

Agronome de formation, ayant longtemps travaillé sur les systèmes agricoles et leur impact environnemental, Michel Duru a investi fortement sur le lien entre alimentation et santé. L’ensemble de son parcours lui permet donc de suivre ce chemin qui part des besoins humains pour identifier les caractéristiques du système alimentaire qui doit les satisfaire.

 

Lors de sa présentation à MARS, Michel a illustré son propos par de récentes découvertes en physiologie de l’alimentation humaine, souvent méconnues. Cela lui a permis de caractériser les bons régimes alimentaires et de préconiser de bonnes façons de produire les matières agricoles et de les transformer en aliments.

 
Intervention de Michel Duru (extrait) - Télécharger la présentation en cliquant ici

 

En tant qu’agronome spécialiste des systèmes d’élevage, Michel a pris conscience il y a une douzaine d’années des effets de l’alimentation des vaches sur la qualité du lait, donc sur les qualités nutritives du lait et finalement du lien entre alimentation et santé. Avec la crise Covid, il a aussi pu voir l’impact de l’alimentation sur le système immunitaire et la sensibilité au Covid.

Il se place dans une logique « One health » en associant santé humaine, santé du système terre et santé des écosystèmes.

La planète compte 1 milliard de personnes sous-nutries, 2 milliards de malnutries. On a simultanément manque de calories dans certaines régions du monde et excès de calories dans les pays occidentaux, associé à une densité nutritionnelle insuffisante et un gaspillage important.

 
Le constat des problèmes de santé

Les maladies chroniques non transmissibles sont en augmentation (diabète, cancers, cardiovasculaire, obésité…). Les maladies ne touchent pas que les personnes les plus âgées et se développent chez les plus jeunes et tranches intermédiaires. Elles coûtent 90 milliards d’euros par an en France, mais seulement pour moitié en raison du vieillissement de la population.

On parle de maladies déclencheuses (obésité, diabète…) entraînant les maladies finales, dont on meurt (cancers, affections cardio-vasculaires…). On estime que pour 1 € dépensé pour l’alimentation, il faut presque 1 € pour réparer la nature et la santé, soit environ 0,50 € pour la santé.

 

Quelle alimentation pour la santé ?

On dispose d’une profusion d’informations, mais le PNNS, Plan National Nutrition et Santé (plan public français), ne prend pas en compte les dernières avancées scientifiques sur la santé humaine et ne tient pas compte de la santé de la planète.

Le consommateur est perdu (PNNS, Nutriscore, labels bio, sans…), et les chercheurs aussi parfois.

Quelques constats sur la consommation de Français par le PNNS :

    • Beaucoup sont en excès de viande rouge, de charcuterie

    • Trop de protéines animales en moyenne (2/3 contre des recommandations à 50/50)

    • ¾ de Français ne mangent pas assez de fruits et légumes

    • 95% pas assez de fibres et omega-3

    • Trop d’aliments ultra transformés : 35% des calories apportées

 

On estime que seulement 20% des maladies chroniques sont d’origine génétique (ce qui est propre à l’individu), 80% sont dues à l’environnement (ce qui vient de l’extérieur, qualité du milieu, alimentation…).

On est maintenant à même de distinguer les aliments et régime alimentaire-santé, de ceux qui accroissent le risque de maladies. Cela tient principalement à l’état du microbiote intestinal humain, ensemble des micro-organismes vivant dans le tube digestif.

La connaissance du microbiote est une révolution dans le monde scientifique. Il est très affecté par ce qu’on mange qui agit sur sa composition. Selon le cas, il peut être une « usine à médicaments » ou une « usine à problèmes ». Côté favorable, le carburant essentiel du microbiote, ce sont les fibres. Les antioxydants et oméga-3 ont un effet anti-inflammatoire.

Côté défavorable : excès d’acides gras saturés et de viande rouge, les résidus de pesticides (qui sont souvent des perturbateurs endocriniens), les édulcorants et émulsifiants contenus dans les produits ultra-transformés.

Ces avancées scientifiques devraient permettre de « piloter » le microbiote intestinal par l’alimentation. Mais dans les pays occidentaux, on va dans le mauvais sens. Il faudrait consommer bien plus de fibres (céréales complètes et légumineuses), manger plus de fruits et légumes, 5 par jours, voire 25 fruits et légumes différents par semaine pour avoir la palette d’anti-oxydants concourant à notre santé. On ne consomme pas assez d’oméga-3, par rapport aux oméga-6. Les produits animaux peuvent apporter des oméga-3 sous condition de leur alimentation.

Le régime occidental est inflammatoire, le régime méditerranéen anti-inflammatoire.

Les aliments ultra-transformés (AUT), faux aliments obtenus par cracking et recomposition ou vrais aliments enrichis en sucre, gras, cosmétiques, conservateurs… représentent une part importante des apports en poids et en énergie. Ça augmente le risque de cancers et autres maladies chroniques. Il y a le problème du repérage des AUT : il y a l’approche NOVA avec des applications comme YUKA ou SIGA. Mais c’est mal connu des Français.

Les pesticides : malgré la protection réglementaire, des effets de perturbateurs endocriniens à faible dose et des effet cocktails. Des produits non toxiques pour les cellules humaines agissent sur les bactéries du microbiote. Des études montrent aussi l’effet du régime alimentaire sur les risques de développer le Covid et les formes graves de la maladie.

La composition de l’assiette doit changer (voir diapos). Il faut aller vers un régime 3 V : végétal, vrai, varié.

    • Réduire les pesticides

    • Moins mais mieux d’élevage

    • Bonne transformation des produits. Pas d’AUT, par exemple avec les légumineuses.

Le meilleur régime pour se nourrir réduit les émissions de GES et la surface nécessaire, consomme moins d’énergie pour produire. Le PNNS est en retard sur les connaissances. Il faut « révolutionner » la manière de se nourrir et aller au-delà du PNNS.

Conséquences pour l’agriculture ?

Il faut changer la transformation et l’agriculture, changer l’occupation du territoire et changer la façon de faire l’agriculture et l’élevage. Il faut introduire la triple diversité : plantes, paysages, sols. La biodiversité vient d’abord, la technologie ensuite.

Il fait quintupler les surfaces de légumineuses, multiplier par 5 à 10 la consommation de fruits à coque, réduire les céréales et l’export, pour produire plus de fruits et légumes.

Pour réduire l’utilisation des pesticides, il faut changer l’occupation des sols.

L’élevage est à redimensionner (diviser par 2 la consommation), redistribuer sur le territoire, réorienter (élevage multiservice). Élever à l’herbe, donner du lin aux monogastriques (BBC).

 

Cet article est le 3197 ème sur le blog MRC 53 - le 467ème, catégorie AGRICULTURE et PAC

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13 janvier 2023 5 13 /01 /janvier /2023 17:46

 

Les plans stratégiques nationaux (PSN) sont-ils à la hauteur des enjeux ?

 

MARS, le Mouvement Agricole Rural et Solidaire, organisait le 06 décembre sa dernière réunion 2022 sur le thème de la Politique Agricole Commune (PAC) et des Plans stratégiques nationaux (PSN avec Gérard Choplin*.

 

Voir le compte rendu Les PSN sont-ils à la hauteur ? sur le site du Mouvement Agricole Rural et Solidaire.

* Gérard Choplin est membre du collectif d’animation de MARS. Agronome de formation, il a joué un rôle moteur dans la construction, le développement et l’animation de la Coordination Paysanne Européenne de 1982 à 2008. Il est aujourd’hui analyste-rédacteur indépendant sur les politiques agricoles, commerciales et alimentaires.

 

Les plans stratégiques nationaux des États membres de l’UE sont-ils à la hauteur des enjeux ?


 

Synthèse réalisée par Jean-Claude Guesdon, membre du collectif d'animation de MARS.

 

La nouvelle Politique agricole commune de l’Union européenne pour 2023-2027 va s’appliquer au 1er janvier. Elle a laissé aux États membres des marges de manœuvre importantes pour sa mise en œuvre, notamment au travers du Plan Stratégique National (PSN), que chaque État a présenté à la Commission européenne. Cette fin décembre, quelques jours après notre réunion, tous les PSN sont validés.

 
Exposé de Gérard Choplin (extrait)

 

Gérard Choplin, analyste des politiques agricoles basé à Bruxelles, nous a présenté les points forts de ces différents PSN, en particulier les plans de l’Allemagne et des Pays Bas, en les comparant au PSN français, et en s’interrogeant sur leur capacité à répondre aux enjeux sociaux, économiques et environnementaux auxquels l’agriculture européenne est confrontée.

 

Des choix différents ont été faits en matière de plafonnement des primes, de paiement redistributif, d’éco-dispositifs, de mesures environnementales, d’investissements, etc. Ces éléments sont clairement présentés dans le diaporama qu’il a réalisé et utilisé dans sa présentation : vous pouvez le télécharger ici.

 

A l’heure du Green deal de l’UE, de sa déclinaison agricole et agroalimentaire prévue dans la stratégie « de la ferme à la fourchette », de la COP 27 sur le climat, de la COP15 sur la biodiversité et de la guerre en Ukraine, le lobby agro-industriel est à la manœuvre, soulignera notre intervenant, pour freiner la nécessaire transition agroécologique de l’agriculture européenne.

 

Qu’en sera-t-il dans deux ans, lors du premier bilan et de la confrontation entre les objectifs affichés et leur mise en œuvre, en particulier des mesures contenues dans les PSN ? Et au-delà, qu’en sera-t-il sur cette période 2023/2027, de la traduction en directives précises des objectifs affichés dans le Green deal ? Ces questions restent bien évidemment ouvertes.

 

Dans son exposé introductif, Gérard Choplin est revenu sur le contexte bien particulier de cette « réformette » (depuis la réforme clef de 1992, c’est la 5e réformette de la PAC, toujours dans la ligne destructrice de 1992). Avec un changement de Commission entre les premières propositions (2018) et l’adoption de la réforme en juin 2021. Mais aussi la publication du Pacte vert en décembre 2019 et sa déclinaison « de la ferme à la fourchette » en mai 2020. Puis l’élaboration des PSN par les États membres, et enfin évidemment la guerre en Ukraine.

 

Tous les PSN n’étaient pas encore validés début décembre (au 6 décembre, il en manquait 3, qui ont été validés depuis) et néanmoins, la réforme va s’appliquer au premier janvier 2023, avec des mises à jour prévues ultérieurement, en particulier pour tenir compte des changements que pourraient impliquer la déclinaison concrète des changements induits par le Pacte Vert.

 

Si les principaux mécanismes restent les mêmes que dans la PAC antérieure, avec un pilier 1 financé à 100% par le budget UE et un piler 2 cofinancé par les États membres, de nombreux mécanismes de subsidiarité interviennent : certaines mesures étant obligatoires, d’autres facultatives (des facultatives devenant obligatoires et inversement !)

 

Les Eco-régimes qui, au minimum, correspondent à 25 % des paiements directs sont la grande innovation. Les paiements redistributifs (plus de soutien aux premiers hectares) sont à 10 % minimum et les paiements couplés sont plafonnés à 13% du premier pilier. Ceci pour ne rappeler que quelques points clefs (voir le diaporama pour plus de précisons).

 

L’éco conditionnalité est renforcée mais complexifiée et accompagnée de trop nombreuses mesures dérogatoires, notamment en ce qui concerne la rotation des cultures et les surfaces d’intérêt écologique, pour en apprécier pleinement la portée !

L’élargissement de l’éco conditionnalité au champ social (respect du droit social et du travail de l’État membre) est important mais là-encore, il faudra attendre 2025 pour évaluer la portée de sa mise en œuvre. Les mesures d’éco régimes sont particulièrement diverses et complexes à appréhender ! Particulièrement en France, avec 3 voies d’accès et 2 niveaux d’ambitions ! La complexité de l’éco régime en France est à son paroxysme ! (...).

 

 

Cet article est le 3196 ème sur le blog MRC 53 - le 466ème, catégorie AGRICULTURE et PAC

Gérard Choplin (sur son site)

Gérard Choplin (sur son site)

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12 janvier 2023 4 12 /01 /janvier /2023 19:07

 

Un pays où l'on parle de ferme familiale avec un troupeau de 5000 vaches

 

MARS, le Mouvement Agricole Rural et Solidaire, organisait le 10 janvier sa première réunion 2023 sur le thème de la restructuration et de la relocalisation laitières aux USA. Lire la suite sur le site du Mouvement Agricole Rural et Solidaire.
 

USA : la course aux très grands troupeaux laitiers s’accélère malgré les dégâts avérés

Ancien ingénieur à l’Institut de l’Élevage
Auteur de Europe laitière, valoriser tous les territoires pour construire l’avenir (Éditions France Agricole 2010)

 

Malgré les turbulences climatiques, économiques, géopolitiques, malgré une restructuration accélérée, la production laitière américaine continue de progresser. En 2021, 9,4 millions de vaches (dans 30 000 troupeaux) ont produit 102,5 millions de tonnes, soit près de 11 000 kg de lait par vache par an. Qu’est ce qui se cache derrière ces données moyennes ?

 

Début 2021, André Pflimlin nous avait présenté sa critique d’une étude d’économistes de l’USDA qui concluait que la rentabilité n’était possible qu’avec 1 000 vaches au moins.

Certes les troupeaux à plus de 1 000 vaches font désormais près des deux tiers de la collecte US, mais est-ce une preuve de rentabilité et de durabilité ?

 

En septembre 2022, André est retourné aux États-Unis pour voir et comprendre pourquoi cette restructuration s’est accélérée, notamment dans le Wisconsin, toujours n°1 en nombre de producteurs et en fabrication fromagère, un État où il avait constaté un retour au pâturage très significatif dans les années 2000-2007. Mais là aussi, les grands troupeaux se multiplient, décourageant la reprise des troupeaux familiaux. Et malgré la chute spectaculaire du nombre de livreurs (- 23% entre 2018 et 2021) et les alertes à la pollution des eaux, la collecte laitière continue de progresser.

 

Dans l’Indiana et les États voisins du Corn Belt où les troupeaux laitiers sont en baisse depuis des décennies, des migrants hollandais se sont installés avec des troupeaux de 1 500 à 3 000 vaches avec l’appui technique et financier d’une société de consulting néerlandaise ; cette dernière a fait faillite mais les troupeaux à plus de 1 000 vaches sont restés. Des migrants internes venant de Californie aussi choisissent de s’installer dans ces grandes plaines à maïs pour mieux assurer l’autonomie fourragère de leurs très grands troupeaux.

Tel Fair Oaks Farms avec ses 34 000 vaches au bord de l’autoroute d’Indianapolis Chicago produisant 400 000 tonnes de lait par an et qui est devenue la vitrine des mega-dairies, ouverte au public, accueillant 500 000 visiteurs par an. Quel est le secret de cette réussite spectaculaire ?

 

Mais c’est dans l’Ouest aride que la plupart de grands troupeaux se sont installés dès les années 1990.

- D’abord dans les Rocheuses semi désertiques, sans contraintes environnementales et sociales, pompant abondamment dans les nappes ou les rivières pour l’irrigation et les animaux, mettant le Colorado à sec à l’estuaire.

- Puis à l’est des Rocheuses, sur la plus grande nappe souterraine du monde -l’aquifère Ogallala- dont le niveau baisse de façon inquiétante. C’est là que les immenses feedlots d’engraissement et les abattoirs se sont installés à partir des années 1970 ; c’est là aussi que s’installent de nouvelles laiteries et les grands troupeaux depuis plus d’une décennie.

La guerre de l’eau est déclarée avec les autres usagers mais les autorités sont comme paralysées par un droit de l’eau datant de la conquête de l’Ouest : « premier arrivé, premier servi » !

 

Qui sont ces agri-managers qui se revendiquent toujours du modèle familial, forts de leur mission de nourrir le monde et disposant de moyens financiers importants ?

Jusqu’où cette restructuration peut-elle aller, au mépris des conséquences environnementales, sociales, territoriales ? Dans un contexte mondial de plus en plus tendu et imprévisible, quelle place pour des filières alternatives, plus sobres, à forte valeur ajoutée, face à ce modèle laitier global qui s’est exporté en Chine et dans les pays pétroliers.

Qu’en pensent les éleveurs et les chercheurs américains rencontrés ? Quels enseignements pour nous, pour la France et l’Europe ?

 

A suivre dans un prochain article...


 

Cet article est le 3195 ème sur le blog MRC 53 - le 465ème, catégorie AGRICULTURE et PAC

André Pflimlin, le 7 septembre 2015, à Bruxelles, lors de la grande manifestation des producteurs de lait européens

André Pflimlin, le 7 septembre 2015, à Bruxelles, lors de la grande manifestation des producteurs de lait européens

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27 avril 2022 3 27 /04 /avril /2022 16:09

 

Face aux horreurs de la guerre en Ukraine, opter pour la solidarité européenne

 

Après avoir lancé l'alerte à la famine en conséquence de la guerre russe en Ukraine (voir André Pflimlin lance l'alerte à la famine et propose de réguler le marché), André Pflimlin, ancien ingénieur de l'Institut de l'élevage, auteur du livre Europe laitière - Valoriser tous les territoires, membre de l'Académie d'agriculture, a écrit ce texte en tant que citoyen (24 avril 2022).

 

L’embargo sur le gaz russe, plutôt que la livraison d’armes, pour arrêter la guerre ?


 

Faut-il relancer la course aux armements pour soutenir l’Ukraine ? En tant que citoyen, on doit s’interroger sur ces choix qui nous engagent, avec, en prime, un risque d’escalade et de surenchère aux dépens des vies humaines et au profit des marchands d’armes. On n’a pas le choix ? Vraiment ? Cela mériterait débat pour le moins !

 

L’UE continue d’acheter du gaz, du pétrole, du charbon russes, pour un milliard € par jour !. Ainsi depuis deux mois l’UE a versé 60 Mds € à la Russie permettant à Poutine de continuer cette guerre. Somme à comparer aux 3 $Mds d’armements livrés par les USA à l’Ukraine. Si nous arrêtons ces achats d’énergie fossile russe, Poutine ne peut pas trouver de suite de nouveaux clients, surtout pour le gaz, et sera obligé de négocier très rapidement.

 

Face à cette guerre et aux horreurs subies par les habitants de Marioupol, de Kharkiv et autres villes martyres, où des centaines de milliers de personnes n’ont plus de chauffage depuis deux mois, plus de nourriture, ni d’eau, cachées dans des caves, sous une pluie de bombes de plus en plus sophistiquées, de plus en plus meurtrières, ne sommes-nous pas capables de prendre des mesures nationales et européennes de rationnement, notamment de réduire un peu le chauffage en hiver et nous passer de climatisation cet été, pour nous passer de suite du gaz russe ?

 

Les Pays Baltes l’ont fait depuis début avril ; ils ont montré l’exemple en mutualisant leurs stocks. La plupart des pays de l’Union pourraient faire de même, notamment la France qui dispose de trois mois de stocks et ne dépend du gaz russe que pour 20%. L’Allemagne est nettement plus dépendante mais elle devra choisir elle aussi malgré les mises en garde de la Deutsche Bank, du ministre de l’économie et des industriels craignant l’effondrement de l’Allemagne !

 

Or une équipe d’universitaires de haute volée (Los Angeles, Londres, Bonn, Munich) a publié le 7 mars une étude qui montre que l’arrêt immédiat des importations de charbon, pétrole et gaz russe pour l’Allemagne, le grand pays de l’UE le plus dépendant de la Russie, pourrait se traduire par une réduction du PIB de 0,3 à 3% (à comparer avec la perte de PIB 4,5% du Covid en 2020). Soit une perte de l’ordre de 100€ à 1000€ par habitant par an. Ce n’est pas rien mais cela permet de mieux réaliser ce que vaut la vie des Ukrainiens aujourd’hui et le prix de notre liberté demain.

 

Cette étude a été reprise par les 2 principaux auteurs anglo-américains et élargie à l’ensemble des pays de l’UE avec la collaboration avec des enseignants–chercheurs de Sciences-Po. Cette étude a été publiée début avril apparemment sans faire la une des médias ! Et pourtant le message est très clair ! Pour la France, l’embargo immédiat et total se traduirait par une perte de PIB de 0,15 à 0,30% ! Pour l’Allemagne les chiffres précédents sont confirmés, les auteurs estimant que cette perte de PIB resterait globalement modérée et pourrait être absorbée. De même pour l’ensemble de L’UE, mais avec des variations fortes entre pays. Une taxation de 40% des énergies fossiles russes aurait un effet également très fort (-80% d’importations)

 

N’est-il pas étonnant que ces études qui montrent que le coût économique serait modéré pour l’Allemagne et faible pour la France, n’aient pas fait l’objet de débats publics alors que nous découvrons tous les jours de nouveaux crimes perpétrés par l’armée russe sur les populations civiles ukrainiennes ? En continuant à utiliser le gaz russe, nous finançons ces crimes !

 

Si nous acceptions tous de réduire notre chauffage et de rationner temporairement les secteurs industriels les plus consommateurs de gaz, nous pourrions nous passer du gaz russe et obliger Poutine à négocier, donc sauver les survivants héroïques de tant de villes. Pourquoi nos politiques n’ont-ils pas le courage de parler clair, d’en appeler à notre coresponsabilité pour arrêter cette guerre qui a déjà fait dix millions d’exilés et tous ces bombardements que nous continuons à financer ? Pourquoi parier sur un réarmement qui amplifie la guerre et les destructions à court terme alors qu’un embargo immédiat sur le gaz permettrait de les arrêter plus rapidement et plus sûrement ?


 

Cet article est le 3184 ème sur le blog MRC 53 - le 464ème, catégorie AGRICULTURE et PAC

André Pflimlin, le 7 septembre 2015, à Bruxelles, près des locaux de la Commission européenne, lors de la grande manif EMB des éleveurs laitiers

André Pflimlin, le 7 septembre 2015, à Bruxelles, près des locaux de la Commission européenne, lors de la grande manif EMB des éleveurs laitiers

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26 avril 2022 2 26 /04 /avril /2022 22:49

 

L'agression de l'Ukraine par la Russie conduit à une crise alimentaire

 

André PFLIMLIN a publié le 6 avril 2022 un article sur le site du Mouvement Agricole Rural et Solidaire. Voici le texte qu'il m'a adressé. Il mérite réflexion.

Notre note du 6 avril 2022 sur l’alerte à la famine* visait à démontrer que l’indignation contre l’agression de l'Ukraine et ses effets sur la flambée des cours du blé ne devait pas justifier des mesures inefficaces pour la sécurité alimentaire d’ici l’été 2023 sur la quantité de blé disponible, donc sur le prix du pain chez nous et surtout en Afrique et au Moyen Orient.

 

* L’alerte à la famine… au profit des marchands de grains ?

 

Nous ne manquons pas de blé mais de régulation du marché.

Plutôt que de reprendre le vieux slogan simpliste « produire plus pour nourrir le monde» qui conduit à polluer plus au Nord et à empêcher le développement des agricultures du Sud, nous avons rappelé les deux solutions nettement plus efficaces à court terme: arrêter de faire de l’éthanol carburant avec des céréales et réduire l’élevage industriel, gros consommateur de céréales et de soja. Ces deux secteurs utilisent les 2/3 s des céréales européennes (près de 200 sur 300 Mt).

Pour le blé seul, les économies sur ces deux secteurs seraient de 50 Mt, soit l’équivalent des exportations russes et ukrainiennes réunies ! Ainsi la France et l’UE peuvent décider, face à un risque de famine ou d’émeute de la faim, de réduire immédiatement ces deux secteurs, coupant court aux spéculations à la famine.

Mais en parallèle, il faut changer les règles du commerce mondial pour ces aliments de 1ère nécessité : la constitution des stocks de sécurité publics,la lutte contre la spéculation, les programmes d’intervention d’urgence… Ce que le G7 du 24 mars n’a même pas rappelé alors qu’il l’avait demandé en 2008 ! Le stockage public reste donc interdit par l’OMC car cela pourrait  fausser le marché ! 

C’est précisément pour lutter contre la spéculation sur la famine qu’il faut changer les règles du commerce international :

1) en interdisant la spéculation sur les commodités agricoles et alimentaires

2) en faisant des co-investissements dans les infrastructures de stockage des pays du sud importateurs,

3) en établissant des contrats d’approvisionnement avec un plafond de prix pour faire face à la crise actuelle, nous dit Jean-Louis Rastoin.

Face à la crise alimentaire qui parait inéluctable dans les prochains mois dans la vaste zone Afrique Moyen-Orient il faut changer les règles du commerce des aliments indispensables pour l’alimentation humaine. Il faut plafonner les prix pour éviter la spéculation et soutenir financièrement le stockage public dans les pays importateurs et exportateurs au lieu de l’interdire. Ce doit être la priorité de la prochaine réunion de l’OMC ( CM 12) à Genève à la mi- juin 2022!

Mais l’OMC est un gros paquebot lent à la manoeuvre, avec 150 pays aux intérêts divergents. Sans un accord préalable entre deux principaux acteurs, les Etats-Unis et l’UE, on ne peut guère espérer de miracle à court terme… Et la Russie se permet d’accuser l’UE et les USA de l’empêcher de fournir du blé aux pays africains, du fait des sanctions économiques, tout en accentuant sa guerre de destruction en Ukraine !

 

* http://www.mars-asso.fr/lalerte-a-la-famine-au-profit-des-marchands-de-grains/

 

Cet article est le 3183 ème sur le blog MRC 53 - le 463ème, catégorie AGRICULTURE et PAC

André Pflimlin, le 7 septembre 2015 à Bruxelles, devant les éleveurs laitiers lors de la grande manifestation européenne

André Pflimlin, le 7 septembre 2015 à Bruxelles, devant les éleveurs laitiers lors de la grande manifestation européenne

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30 novembre 2020 1 30 /11 /novembre /2020 23:12

 

Ce journal aura été un lien de vie, pas seulement professionnelle, pour les ruraux


 

Nous ne nous y attendions pas à cette mort de L'Avenir agricole. En fait, elle signifie la disparition d'un monde, celui de l'après-guerre. Ce journal, né en décembre 1944, a fait preuve dans sa vie d'un grand dynamisme et d'une qualité rédactionnelle tout à fait remarquable. Il meurt aussi parce que le monde économique et politique n'est plus le sien, et la crise sanitaire n'a fait qu'aggraver les difficultés auxquelles il devait faire face depuis une dizaine d'années.


 

Voici la lettre des dirigeants, la première et la dernière, l'unique lettre signée par Xavier Chauvel, en tant que directeur de publication, et Fernand Thuault, en tant que président de l'association-support "Graines d'avenir", Avec l'espoir que des graines germeront pour faire vivre une nouvelle initiative originale et indépendante, qui prendra le relais.

 

 

Aux lectrices et lecteurs de l’Avenir agricole
 

L'Avenir agricole va s'arrêter. L'édition du 18 décembre 2020 sera la dernière.

C’est avec une émotion toute particulière que nous nous adressons directement à vous cette semaine dans les colonnes de l’Avenir agricole. C’est la première fois. Ce sera la dernière.

Comme vous toutes et vous tous, nous sommes abonnés à l’Avenir agricole et nous prenons le même plaisir à le retrouver chaque semaine dans nos boîtes à lettres ou sur Internet depuis quelques mois.

L’association Graines d’avenir porte le capital de la société éditrice Pressavenir. Adhérents de l’association, nous avons accompagné et soutenu l’Avenir agricole, animés par la seule volonté de lui permettre d’être un journal de qualité, libre et indépendant, dans un monde de la presse agricole où, bien souvent, beaucoup plus que de journalisme il s’agit de communication sélectionnée et présentée en fonction d’enjeux économiques ou syndicaux.

Depuis bientôt dix ans s’était ouverte une période difficile sur le plan de la rentabilité du journal. Les initiatives se sont succédé pour conquérir de nouveaux lecteurs en remplacement de ceux qui partaient en retraite, quittaient l’agriculture ou partaient s’informer par d’autres moyens et pour faire face aux baisses des recettes de publicité, de petites annonces et d’annonces légales.

Pendant ce temps, malgré des efforts constants d’optimisation, les coûts du papier, de l’imprimerie, de La Poste ne cessaient d’augmenter, plus ou moins vite. Nous avons tenu à préserver l’effectif de l’équipe salariée, de la rédaction. C’était indispensable au maintien de la richesse et de la diversité des articles et des informations.

Depuis un an et demi, le décès du directeur délégué et rédacteur en chef Michel Guillet, puis la crise sanitaire, ont apporté bien des difficultés supplémentaires. Nous avons fait front et, avec l’équipe salariée, renforcée par l’arrivée en décembre 2019 d’une nouvelle directrice déléguée Lucie de Castro, un ensemble de réflexions et d’actions ont été menées dont vous avez pu voir certains effets : nouveau site internet avec offres numériques, rajeunissement de la présentation du journal.

Jusqu’à ces derniers jours, nous avons continué à rechercher des solutions malgré des conditions bien perturbées par la crise sanitaire.

Aucune piste ne s’est dégagée permettant d’envisager de poursuivre sereinement l’activité. Les réorganisations qu’il aurait fallu entreprendre pour cela auraient conduit à véritablement dévitaliser l’Avenir agricole sans pour autant rassurer à moyen terme.

Nous avons donc décidé l’arrêt de sa publication au 18 décembre. Cette décision entraîne un projet de licenciement économique pour l’ensemble des salariés, auxquels nous apportons et apporterons la plus grande attention.

Au nom de Graines d’Avenir, au nom de tous les lecteurs qui par leur fidélité n’ont pas cessé de témoigner de leur reconnaissance des qualités du journal, nous tenons à exprimer nos plus sincères remerciements aux salariées et aux salariés. Chacune et chacun, à sa place et dans son rôle, a apporté sa contribution personnelle à la conception, à la production et à la diffusion du journal avec un haut niveau de conscience professionnelle, de sens de la responsabilité et de solidarité au sein de l’équipe.

Nous souhaitons que de nouveaux horizons prometteurs s’ouvrent rapidement devant eux.

Nous saluons les annonceurs. Nous les remercions pour les collaborations et le dialogue que l’Avenir Agricole a entretenus avec eux, en particulier dans les années récentes avec la mise en place de sa régie de publicité intégrée.

Nous souhaitons aux agricultrices et aux agriculteurs de trouver dans le foisonnement des médias indépendants et des nouveaux outils d’information et de communication une presse à la hauteur de ce que l’Avenir Agricole a eu pour ambition constante de leur proposer.

 

Cet article est le 3166 ème sur le blog MRC 53 - le 462ème, catégorie AGRICULTURE et PAC

L'édition du 27 novembre 2020 de L'avenir agricole

L'édition du 27 novembre 2020 de L'avenir agricole

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24 juin 2020 3 24 /06 /juin /2020 15:31

 

Anticiper l’après Covid-19

 

Le laboratoire d'idées Urgence Transformation Agricole et Alimentaire (UTAA) a publié le 22 juin 2020 la seconde partie des réflexions liées à la crise sanitaire et aux enseignements à en tirer au niveau de notre système alimentaire, sous le titre "Covid-19 : dès maintenant, préparer l'après-crise", par Barthélémy Chenaux, agronome, et Romain Dureau, agroéconomiste.

Rappel sur le site de UTAA :
- (1ère partie) Covid-19 : dans l’urgence, garantir l’approvisionnement alimentaire

- Romain Dureau (Marianne, 30 mars 2020) : « La crise du coronavirus est le grain de sable qui bloque l’agriculture mondialisée »


 

Cette seconde partie sera présentée en 4 articles successifs sous le titre global :

Covid-19 : analyser les fragilités de notre système alimentaire


 

Ici, le quatrième : Anticiper l’après Covid-19

 

L’intrication des économies à l’échelle planétaire est désormais telle un réseau de chemin de fer : une crise peut en cacher une autre.

En effet, au niveau mondial, la récolte 2020 de céréales devrait être la « la deuxième plus grosse récolte jamais enregistrée » d’après le CIC, avec un total de 2170 millions de tonnes. La baisse de la production de maïs est visiblement moins importante que prévue, et est largement compensée par la hausse de la production de blé et d’orge.

D’après la FAO, cette hausse de l’offre en céréales devrait être compensée par une hausse de leur utilisation, ce qui assurerait la stabilité des marchés internationaux. Toutefois, le risque existe que cette moisson record se traduise par une baisse du cours des céréales au niveau mondial. Si une telle baisse des prix internationaux était effective, les producteurs européens et français seraient négativement impactés, car la production européenne de céréales est, quant à elle, annoncée en baisse par le Coceral.

En mars 2020, la récolte européenne de blé était estimée à 136,5 millions de tonnes, soit 9,2 millions de tonnes de moins qu’en 2019. Ceci est dû, notamment, aux évènements climatiques ayant impacté les cultures (pluies excessives retardant les semis, sécheresse, canicule, gel). Les déficits hydriques des premiers mois de l’année 2020 risquent d’être la cause d’une baisse significative des rendements européens (FAO). En France, si la pluviométrie du mois de juin 2020 est suffisante, les rendements devraient pouvoir se maintenir à bon niveau. Pour l’instant, les précipitations de mai et juin 2020 semblent avoir redonné de l’élan aux cultures céréalières françaises.

Ainsi, si ces tendances se confirment, l’Union Européenne devrait dès à présent anticiper le risque d’une baisse des cours mondiaux des céréales, notamment par la mise en œuvre d’un prix minimum à l’importation, ceci afin de maintenir le prix des céréales à un niveau stable. Sinon, les agriculteurs européens se retrouveront dans la même situation qu’en 2016, avec des conditions climatiques défavorables au printemps avaient fait chuter les rendements céréales d’environ 30%, dans le contexte d’une production record et de stocks importants au niveau mondial.

Sans des mesures de régulation des marchés, l’Union Européenne sera contrainte, une fois encore, de gérer une crise agricole à courte vue en débloquant des fonds publics d’aide conjoncturelle.

Conclusion provisoire

Si une telle pandémie ne pouvait être prédite avec précision, il est toutefois remarquable que ses conséquences sur notre système alimentaire sont exacerbées par des fragilités internes à ce système, c’est-à-dire des fragilités structurelles. Ces fragilités sont, depuis deux décennies au moins régulièrement mises au jour par des crises sectorielles : flambée des prix en 2007, crises de l’élevage 2015-2016 et crise des céréales en 2016.

Une première analyse nous permet de nous rendre compte que cette crise sanitaire peut en cacher d’autres, notamment des crises liées au dérèglement climatique. Nous avons souffert, face à cette pandémie, d’un manque d’anticipation des responsables politiques. Apprenons de cette erreur. Nous devrons rapidement tirer les conséquences de cette crise sanitaire devenue crise globale, notamment dans l’objectif majeur de sécuriser notre système alimentaire face aux risques financiers, économiques et écologiques croissants.

Ces réflexions feront l’objet de la troisième partie de cette note.


 

Cet article est le 3162 ème sur le blog MRC 53 -  le 461ème, catégorie AGRICULTURE et PAC

Les fragilités du système alimentaire français vues par UTAA - partie 4
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24 juin 2020 3 24 /06 /juin /2020 15:00

 

Assumer une rupture avec les dogmes libéraux


 

Le laboratoire d'idées Urgence Transformation Agricole et Alimentaire (UTAA) a publié le 22 juin 2020 la seconde partie des réflexions liées à la crise sanitaire et aux enseignements à en tirer au niveau de notre système alimentaire, sous le titre "Covid-19 : dès maintenant, préparer l'après-crise", par Barthélémy Chenaux, agronome, et Romain Dureau, agroéconomiste.

Rappel sur le site de UTAA :
- (1ère partie) Covid-19 : dans l’urgence, garantir l’approvisionnement alimentaire

- Romain Dureau (Marianne, 30 mars 2020) : « La crise du coronavirus est le grain de sable qui bloque l’agriculture mondialisée »

Cette seconde partie sera présentée en 4 articles successifs sous le titre global :

Covid-19 : analyser les fragilités de notre système alimentaire

 

Ici, le troisième : Assumer une rupture avec les dogmes libéraux

Comment en est-on arrivé là, alors qu’il y a 30 ans, par exemple, nous étions autosuffisants en fruits et légumes ? L’idéologie libérale, et notamment la théorie des avantages comparatifs de David Ricardo, est passée par là. D’après cette théorie, un pays aurait intérêt à se spécialiser dans les productions pour lesquels il a le plus d’avantages comparativement aux autres productions, et à importer ce qu’il ne produit pas.

La France a ainsi volontairement délaissé certaines productions (maraîchage) pour se concentrer sur d’autres (céréales, viande bovine, lait) afin de les exporter. Nous avons perdu notre capacité de production de fruits et légumes, et les importons désormais d’autres pays de l’Union Européenne (Espagne) ou non (Maghreb). Or, nos sols et nos paysans pourraient parfaitement produire ces fruits et légumes que nous consommons.

La seule raison qui rend les pays mentionnés plus « compétitifs » que la France est un travail moins bien rémunéré, des conditions sanitaires et environnementales de production peu enviables (usage massif de plastiques et de pesticides) et un coût de transport faible (prix du pétrole). Or, en production de fruits et légumes, le besoin en main d’œuvre est environ 10 fois supérieur à la moyenne du secteur agricole. La main d’œuvre constitue le premier poste de dépense des exploitations maraîchères. Par exemple, le travail en Espagne « coûte » 1,7 fois moins qu’en France. On comprend mieux la difficulté de ces exploitations à être compétitives, d’autant plus qu’elles ne touchent que peu d’aides européennes, car celles-ci sont réparties au prorata de la surface et ne tiennent aucun compte de l’emploi.

L’absurdité de ce système réside aussi dans la destruction des systèmes alimentaires locaux au profit de grandes filières mondialisées. Les produits agricoles sont transportés d’un bout à l’autre du continent et du monde, et font parfois de nombreux va-et-vient : un porc né ici, engraissé là, abattu ailleurs, transformé et conditionné autre-part, pour finalement revenir en France pour être commercialisé.

La France a perdu de vue l’essentiel, qui est de produire pour nourrir sa population, en rapprochant les lieux de production et de consommation. La spécialisation exacerbée des exploitations agricoles et des territoires au nom des avantages comparatifs, le manque de diversité agronomique et alimentaire, fragilise notre système agro-alimentaire. L’avenir sera fait d’une stratégie d’indépendance nationale vis-à-vis des importations pour les produits de base. Il est indispensable de relocaliser l’ensemble du secteur, de la production agricole à la transformation. La production agricole française stagne mais demeure largement suffisante pour nous nourrir et assurer notre souveraineté alimentaire.

Pourquoi les gouvernements successifs ont-ils cependant refusé d’agir réellement dans ce sens, préférant le marché unique européen et les accords de libre-échange ?

Ils n’ont de cesse, depuis des années, de nous vendre la France comme une « puissance agricole », exportatrice, parfaitement intégrée sur les marchés internationaux. L’agroalimentaire serait ainsi indispensable à l’équilibre de notre balance commerciale. Le solde agroalimentaire du pays est certes positif et se place en 3e position. Il est cependant aujourd’hui relativement faible (6,8 milliards d’euros en 2018) et a surtout été divisé par deux entre 2011 et 2017.

La France ne parvient en réalité pas à conserver ses parts de marchés tant la compétition mondiale s’exacerbe et les prix internationaux sont faibles et volatiles. Il est ridicule d’imposer à l’ensemble de notre production les prix des marchés internationaux qui ne concernent pourtant que 15% des échanges. A moins d’accepter de produire n’importe comment, dans n’importe quelles conditions sociales et environnementales, nous n’avons plus d’intérêt à participer à cette concurrence mortifère.

Cela est d’autant plus vrai que l’essentiel de notre excédent commercial agroalimentaire repose sur des produits sous signe de qualité, à forte valeur ajoutée, tels que les vins, le cognac, les fromages, et non sur des produits standards (poulets de batterie, porc industriel, céréales conventionnelles…).

La force de notre agriculture à l’export ne reposera jamais positivement sur une « compétitivité-prix » mais au contraire sur la différenciation, la qualité et la typicité de nos produits de terroir.

Cet article est le 3161 ème sur le blog MRC 53 -  le 460ème, catégorie AGRICULTURE et PAC

Les fragilités du système alimentaire français vues par UTAA - partie 3
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24 juin 2020 3 24 /06 /juin /2020 12:56

 

Dépendance aux marchés internationaux et souveraineté alimentaire

 

Le laboratoire d'idées Urgence Transformation Agricole et Alimentaire (UTAA) a publié le 22 juin 2020 la seconde partie des réflexions liées à la crise sanitaire et aux enseignements à en tirer au niveau de notre système alimentaire, sous le titre "Covid-19 : dès maintenant, préparer l'après-crise", par Barthélémy Chenaux, agronome, et Romain Dureau, agroéconomiste.

Rappel sur le site de UTAA :
- (1ère partie) Covid-19 : dans l’urgence, garantir l’approvisionnement alimentaire

- Romain Dureau (Marianne, 30 mars 2020) : « La crise du coronavirus est le grain de sable qui bloque l’agriculture mondialisée »

Cette seconde partie sera présentée en 4 articles successifs sous le titre global :

Covid-19 : analyser les fragilités de notre système alimentaire

Ici, le second : Dépendance aux marchés internationaux et souveraineté alimentaire

La crise induite par le Covid-19 affecte également le fonctionnement des marchés agricoles. L’agriculture française et européenne est totalement inscrite dans les règles du commerce international édictées par l’OMC, et fait l’objet d’accords de libre-échange bilatéraux supplémentaires (CETA, Mercosur…). Notre économie agricole est dépendante des marchés internationaux, que ce soit pour son approvisionnement ou la commercialisation de ses produits. Les biens agricoles sont devenus une monnaie d’échange sur ces marchés, ce qui a fait perdre de vue le caractère essentiel et stratégique du secteur agricole.

D’un côté, les productions qui sont fortement intégrées sur les marchés internationaux et destinées à l’export, telles que les vins (30% de la production exportée) et spiritueux, les céréales (50% du blé exporté) ou les produits laitiers (10% de la production exportée), se retrouvent confrontées à la perte de débouchés ou la diminution de la demande mondiale. C’est le cas de la poudre de lait exportée en Chine ou encore du porc et des broutards exportés en Italie. Dans ce cas, celui des broutards, les jeunes bovins sont exportés vivants en Italie, où ils sont engraissés : le fait de ne pas pouvoir les vendre et de les garder plus longtemps sur la ferme augmente les coûts de production pour les éleveurs, coûts qui ne seront très certainement pas compensés par un prix de vente plus élevé après la crise.

De l’autre côté, nous l’avons vu, les producteurs engagés dans des circuits de proximité (vente directe, notamment en maraîchage) sont également concernés par la réduction du nombre de marchés locaux, seuls 35% d’entre eux étant ouverts à cette heure. Certains paysans ont toutefois trouvé d’autres manières de commercialiser leur production, bénéficiant de la plus forte adaptabilité de leurs systèmes agricoles.

Les filières d’élevage sont déstabilisées par les effets induits du coronavirus. La perte des débouchés en Restauration Hors Domicile (RHD) n’est pas contrebalancée par la hausse des achats des ménages, qui s’orientent vers des produits différents. Cette baisse des abattages ainsi que la diminution des importations n’ont pas évité la chute des prix des vaches laitières, ce qui pèse à la baisse sur l’ensemble du marché de la viande, sans pour autant que les prix en rayons n’aient été affectés. La principale difficulté semble reposer sur le déséquilibre de valorisation des différents quartiers des animaux abattus, notamment ceux qui étaient habituellement exportés : le cours des jeunes bovins est en baisse, et le nombre d’animaux abattus est plus faible qu’à la même période de l’année passée. Seule la demande italienne semble se maintenir, les autres exports, notamment vers les pays tiers, diminuent.

Ces modifications dans la structure des marchés internationaux avaient conduit la FNB à demander au Ministre de l’agriculture la mise en place d’un prix minimum payé aux éleveurs équivalent au coût de production (4,89€/kg), alors que, fin mars 2020, les animaux étaient vendus « à un prix inférieur d’1 euro du kilo, en moyenne, à [leur] coût de production », soit 3,71€/kg. Cette proposition d’une intervention publique forte est plus que bienvenue, ne serait-ce que temporairement. En effet, en termes de rapport de force, ces situations sont plus que défavorables aux éleveurs : d’une part, à court terme, la baisse de la demande à l’export n’occasionne pas de hausse de prix payé à l’éleveur, et le report de la consommation domestique vers des viandes françaises cache une disparité de valorisation des différents morceaux ; d’autre part, une fois les bêtes arrivées à leur poids de vente, allonger leur durée de séjour sur l’exploitation revient à augmenter le coût de production, ainsi que les risques de frais vétérinaires supplémentaires.

Le gouvernement n’a donné aucune réponse à la demande la FNB, ce qui a conduit la Fédération à appeler les éleveurs à garder leurs animaux sur les fermes : de toute évidence, seule une action collective et solidaire de la profession est à même de mettre une pression suffisante sur les intermédiaires. Cet appel a été rejoint par les Jeunes Agriculteurs et la Confédération Paysanne.

Précisons cependant, comme le mentionne la Confédération Paysanne dans son communiqué, que ces propositions de régulation des marchés agricoles (prix minimum et volumes) devront être portées au-delà de la période présente : il n’est pas du tout étonnant d’observer une inadéquation des prix avec les dynamiques d’offre et de demande sur les marchés agricoles, cette sous-rémunération des produits agricoles étant structurelle, et non spécifiquement liée aux effets du coronavirus.

De plus, si nous produisons et exportons de manière importante des excédents pour certaines denrées (vins et spiritueux, céréales, produits laitiers), nous sommes également dépendants des importations pour plusieurs produits indispensables. Un rapport d’information du Sénat en date de mai 2019 estime que nous importons environ 20% de notre alimentation. Cela concerne principalement les fruits et légumes (50% sont importés, pour un coût de 2,5 à 3 milliards d’euros), la viande de porc (25% importés), la volaille (34%), la viande bovine (environ 30%), la viande ovine (50%) mais aussi les aliments pour les animaux d’élevage (3 millions de tonnes de soja importés d’Amérique latine chaque année). Nous ne parlons pas là de produits annexes, mais de produits de consommation quotidienne.

Cette dépendance aux importations pose enfin la question de la traçabilité de la production. Il est estimé que 10 à 25% des importations ne respecteraient pas les normes sociales, sanitaires et environnementales françaises. Nous voyons aujourd’hui le danger que représente cette dépendance aux marchés internationaux sciemment organisée : notre souveraineté alimentaire – comprendre : pour les denrées alimentaires de consommation quotidienne – a été perdue du fait de choix politiques contraires à cet intérêt fondamental de la Nation.

Nous alertons sur l’importance de réfléchir désormais à une véritable politique d’indépendance et de sécurité alimentaire : qu’arriverait-il si, pendant plusieurs mois, les échanges internationaux et intra-communautaires devaient être stoppés ? Nous ferions face à un risque effectif de pénurie pour un certain nombre de produits agricoles, notamment les oléo-protéagineux et les fruits et légumes, produits indispensable à une alimentation équilibrée. Une telle situation de dépendance alimentaire n’est pas acceptable, d’autant plus qu’elle n’est en aucun cas une fatalité, mais le résultat de politiques délibérées et fondées sur des dogmes avec lesquels nous devons rompre d’urgence.

Cet article est le 3160 ème sur le blog MRC 53 -  le 459ème, catégorie AGRICULTURE et PAC

Les fragilités du système alimentaire français vues par UTAA - partie 2
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