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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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30 novembre 2020 1 30 /11 /novembre /2020 23:12

 

Ce journal aura été un lien de vie, pas seulement professionnelle, pour les ruraux


 

Nous ne nous y attendions pas à cette mort de L'Avenir agricole. En fait, elle signifie la disparition d'un monde, celui de l'après-guerre. Ce journal, né en décembre 1944, a fait preuve dans sa vie d'un grand dynamisme et d'une qualité rédactionnelle tout à fait remarquable. Il meurt aussi parce que le monde économique et politique n'est plus le sien, et la crise sanitaire n'a fait qu'aggraver les difficultés auxquelles il devait faire face depuis une dizaine d'années.


 

Voici la lettre des dirigeants, la première et la dernière, l'unique lettre signée par Xavier Chauvel, en tant que directeur de publication, et Fernand Thuault, en tant que président de l'association-support "Graines d'avenir", Avec l'espoir que des graines germeront pour faire vivre une nouvelle initiative originale et indépendante, qui prendra le relais.

 

 

Aux lectrices et lecteurs de l’Avenir agricole
 

L'Avenir agricole va s'arrêter. L'édition du 18 décembre 2020 sera la dernière.

C’est avec une émotion toute particulière que nous nous adressons directement à vous cette semaine dans les colonnes de l’Avenir agricole. C’est la première fois. Ce sera la dernière.

Comme vous toutes et vous tous, nous sommes abonnés à l’Avenir agricole et nous prenons le même plaisir à le retrouver chaque semaine dans nos boîtes à lettres ou sur Internet depuis quelques mois.

L’association Graines d’avenir porte le capital de la société éditrice Pressavenir. Adhérents de l’association, nous avons accompagné et soutenu l’Avenir agricole, animés par la seule volonté de lui permettre d’être un journal de qualité, libre et indépendant, dans un monde de la presse agricole où, bien souvent, beaucoup plus que de journalisme il s’agit de communication sélectionnée et présentée en fonction d’enjeux économiques ou syndicaux.

Depuis bientôt dix ans s’était ouverte une période difficile sur le plan de la rentabilité du journal. Les initiatives se sont succédé pour conquérir de nouveaux lecteurs en remplacement de ceux qui partaient en retraite, quittaient l’agriculture ou partaient s’informer par d’autres moyens et pour faire face aux baisses des recettes de publicité, de petites annonces et d’annonces légales.

Pendant ce temps, malgré des efforts constants d’optimisation, les coûts du papier, de l’imprimerie, de La Poste ne cessaient d’augmenter, plus ou moins vite. Nous avons tenu à préserver l’effectif de l’équipe salariée, de la rédaction. C’était indispensable au maintien de la richesse et de la diversité des articles et des informations.

Depuis un an et demi, le décès du directeur délégué et rédacteur en chef Michel Guillet, puis la crise sanitaire, ont apporté bien des difficultés supplémentaires. Nous avons fait front et, avec l’équipe salariée, renforcée par l’arrivée en décembre 2019 d’une nouvelle directrice déléguée Lucie de Castro, un ensemble de réflexions et d’actions ont été menées dont vous avez pu voir certains effets : nouveau site internet avec offres numériques, rajeunissement de la présentation du journal.

Jusqu’à ces derniers jours, nous avons continué à rechercher des solutions malgré des conditions bien perturbées par la crise sanitaire.

Aucune piste ne s’est dégagée permettant d’envisager de poursuivre sereinement l’activité. Les réorganisations qu’il aurait fallu entreprendre pour cela auraient conduit à véritablement dévitaliser l’Avenir agricole sans pour autant rassurer à moyen terme.

Nous avons donc décidé l’arrêt de sa publication au 18 décembre. Cette décision entraîne un projet de licenciement économique pour l’ensemble des salariés, auxquels nous apportons et apporterons la plus grande attention.

Au nom de Graines d’Avenir, au nom de tous les lecteurs qui par leur fidélité n’ont pas cessé de témoigner de leur reconnaissance des qualités du journal, nous tenons à exprimer nos plus sincères remerciements aux salariées et aux salariés. Chacune et chacun, à sa place et dans son rôle, a apporté sa contribution personnelle à la conception, à la production et à la diffusion du journal avec un haut niveau de conscience professionnelle, de sens de la responsabilité et de solidarité au sein de l’équipe.

Nous souhaitons que de nouveaux horizons prometteurs s’ouvrent rapidement devant eux.

Nous saluons les annonceurs. Nous les remercions pour les collaborations et le dialogue que l’Avenir Agricole a entretenus avec eux, en particulier dans les années récentes avec la mise en place de sa régie de publicité intégrée.

Nous souhaitons aux agricultrices et aux agriculteurs de trouver dans le foisonnement des médias indépendants et des nouveaux outils d’information et de communication une presse à la hauteur de ce que l’Avenir Agricole a eu pour ambition constante de leur proposer.

 

Cet article est le 3166 ème sur le blog MRC 53 - le 462ème, catégorie AGRICULTURE et PAC

L'édition du 27 novembre 2020 de L'avenir agricole

L'édition du 27 novembre 2020 de L'avenir agricole

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24 juin 2020 3 24 /06 /juin /2020 15:31

 

Anticiper l’après Covid-19

 

Le laboratoire d'idées Urgence Transformation Agricole et Alimentaire (UTAA) a publié le 22 juin 2020 la seconde partie des réflexions liées à la crise sanitaire et aux enseignements à en tirer au niveau de notre système alimentaire, sous le titre "Covid-19 : dès maintenant, préparer l'après-crise", par Barthélémy Chenaux, agronome, et Romain Dureau, agroéconomiste.

Rappel sur le site de UTAA :
- (1ère partie) Covid-19 : dans l’urgence, garantir l’approvisionnement alimentaire

- Romain Dureau (Marianne, 30 mars 2020) : « La crise du coronavirus est le grain de sable qui bloque l’agriculture mondialisée »


 

Cette seconde partie sera présentée en 4 articles successifs sous le titre global :

Covid-19 : analyser les fragilités de notre système alimentaire


 

Ici, le quatrième : Anticiper l’après Covid-19

 

L’intrication des économies à l’échelle planétaire est désormais telle un réseau de chemin de fer : une crise peut en cacher une autre.

En effet, au niveau mondial, la récolte 2020 de céréales devrait être la « la deuxième plus grosse récolte jamais enregistrée » d’après le CIC, avec un total de 2170 millions de tonnes. La baisse de la production de maïs est visiblement moins importante que prévue, et est largement compensée par la hausse de la production de blé et d’orge.

D’après la FAO, cette hausse de l’offre en céréales devrait être compensée par une hausse de leur utilisation, ce qui assurerait la stabilité des marchés internationaux. Toutefois, le risque existe que cette moisson record se traduise par une baisse du cours des céréales au niveau mondial. Si une telle baisse des prix internationaux était effective, les producteurs européens et français seraient négativement impactés, car la production européenne de céréales est, quant à elle, annoncée en baisse par le Coceral.

En mars 2020, la récolte européenne de blé était estimée à 136,5 millions de tonnes, soit 9,2 millions de tonnes de moins qu’en 2019. Ceci est dû, notamment, aux évènements climatiques ayant impacté les cultures (pluies excessives retardant les semis, sécheresse, canicule, gel). Les déficits hydriques des premiers mois de l’année 2020 risquent d’être la cause d’une baisse significative des rendements européens (FAO). En France, si la pluviométrie du mois de juin 2020 est suffisante, les rendements devraient pouvoir se maintenir à bon niveau. Pour l’instant, les précipitations de mai et juin 2020 semblent avoir redonné de l’élan aux cultures céréalières françaises.

Ainsi, si ces tendances se confirment, l’Union Européenne devrait dès à présent anticiper le risque d’une baisse des cours mondiaux des céréales, notamment par la mise en œuvre d’un prix minimum à l’importation, ceci afin de maintenir le prix des céréales à un niveau stable. Sinon, les agriculteurs européens se retrouveront dans la même situation qu’en 2016, avec des conditions climatiques défavorables au printemps avaient fait chuter les rendements céréales d’environ 30%, dans le contexte d’une production record et de stocks importants au niveau mondial.

Sans des mesures de régulation des marchés, l’Union Européenne sera contrainte, une fois encore, de gérer une crise agricole à courte vue en débloquant des fonds publics d’aide conjoncturelle.

Conclusion provisoire

Si une telle pandémie ne pouvait être prédite avec précision, il est toutefois remarquable que ses conséquences sur notre système alimentaire sont exacerbées par des fragilités internes à ce système, c’est-à-dire des fragilités structurelles. Ces fragilités sont, depuis deux décennies au moins régulièrement mises au jour par des crises sectorielles : flambée des prix en 2007, crises de l’élevage 2015-2016 et crise des céréales en 2016.

Une première analyse nous permet de nous rendre compte que cette crise sanitaire peut en cacher d’autres, notamment des crises liées au dérèglement climatique. Nous avons souffert, face à cette pandémie, d’un manque d’anticipation des responsables politiques. Apprenons de cette erreur. Nous devrons rapidement tirer les conséquences de cette crise sanitaire devenue crise globale, notamment dans l’objectif majeur de sécuriser notre système alimentaire face aux risques financiers, économiques et écologiques croissants.

Ces réflexions feront l’objet de la troisième partie de cette note.


 

Cet article est le 3162 ème sur le blog MRC 53 -  le 461ème, catégorie AGRICULTURE et PAC

Les fragilités du système alimentaire français vues par UTAA - partie 4
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24 juin 2020 3 24 /06 /juin /2020 15:00

 

Assumer une rupture avec les dogmes libéraux


 

Le laboratoire d'idées Urgence Transformation Agricole et Alimentaire (UTAA) a publié le 22 juin 2020 la seconde partie des réflexions liées à la crise sanitaire et aux enseignements à en tirer au niveau de notre système alimentaire, sous le titre "Covid-19 : dès maintenant, préparer l'après-crise", par Barthélémy Chenaux, agronome, et Romain Dureau, agroéconomiste.

Rappel sur le site de UTAA :
- (1ère partie) Covid-19 : dans l’urgence, garantir l’approvisionnement alimentaire

- Romain Dureau (Marianne, 30 mars 2020) : « La crise du coronavirus est le grain de sable qui bloque l’agriculture mondialisée »

Cette seconde partie sera présentée en 4 articles successifs sous le titre global :

Covid-19 : analyser les fragilités de notre système alimentaire

 

Ici, le troisième : Assumer une rupture avec les dogmes libéraux

Comment en est-on arrivé là, alors qu’il y a 30 ans, par exemple, nous étions autosuffisants en fruits et légumes ? L’idéologie libérale, et notamment la théorie des avantages comparatifs de David Ricardo, est passée par là. D’après cette théorie, un pays aurait intérêt à se spécialiser dans les productions pour lesquels il a le plus d’avantages comparativement aux autres productions, et à importer ce qu’il ne produit pas.

La France a ainsi volontairement délaissé certaines productions (maraîchage) pour se concentrer sur d’autres (céréales, viande bovine, lait) afin de les exporter. Nous avons perdu notre capacité de production de fruits et légumes, et les importons désormais d’autres pays de l’Union Européenne (Espagne) ou non (Maghreb). Or, nos sols et nos paysans pourraient parfaitement produire ces fruits et légumes que nous consommons.

La seule raison qui rend les pays mentionnés plus « compétitifs » que la France est un travail moins bien rémunéré, des conditions sanitaires et environnementales de production peu enviables (usage massif de plastiques et de pesticides) et un coût de transport faible (prix du pétrole). Or, en production de fruits et légumes, le besoin en main d’œuvre est environ 10 fois supérieur à la moyenne du secteur agricole. La main d’œuvre constitue le premier poste de dépense des exploitations maraîchères. Par exemple, le travail en Espagne « coûte » 1,7 fois moins qu’en France. On comprend mieux la difficulté de ces exploitations à être compétitives, d’autant plus qu’elles ne touchent que peu d’aides européennes, car celles-ci sont réparties au prorata de la surface et ne tiennent aucun compte de l’emploi.

L’absurdité de ce système réside aussi dans la destruction des systèmes alimentaires locaux au profit de grandes filières mondialisées. Les produits agricoles sont transportés d’un bout à l’autre du continent et du monde, et font parfois de nombreux va-et-vient : un porc né ici, engraissé là, abattu ailleurs, transformé et conditionné autre-part, pour finalement revenir en France pour être commercialisé.

La France a perdu de vue l’essentiel, qui est de produire pour nourrir sa population, en rapprochant les lieux de production et de consommation. La spécialisation exacerbée des exploitations agricoles et des territoires au nom des avantages comparatifs, le manque de diversité agronomique et alimentaire, fragilise notre système agro-alimentaire. L’avenir sera fait d’une stratégie d’indépendance nationale vis-à-vis des importations pour les produits de base. Il est indispensable de relocaliser l’ensemble du secteur, de la production agricole à la transformation. La production agricole française stagne mais demeure largement suffisante pour nous nourrir et assurer notre souveraineté alimentaire.

Pourquoi les gouvernements successifs ont-ils cependant refusé d’agir réellement dans ce sens, préférant le marché unique européen et les accords de libre-échange ?

Ils n’ont de cesse, depuis des années, de nous vendre la France comme une « puissance agricole », exportatrice, parfaitement intégrée sur les marchés internationaux. L’agroalimentaire serait ainsi indispensable à l’équilibre de notre balance commerciale. Le solde agroalimentaire du pays est certes positif et se place en 3e position. Il est cependant aujourd’hui relativement faible (6,8 milliards d’euros en 2018) et a surtout été divisé par deux entre 2011 et 2017.

La France ne parvient en réalité pas à conserver ses parts de marchés tant la compétition mondiale s’exacerbe et les prix internationaux sont faibles et volatiles. Il est ridicule d’imposer à l’ensemble de notre production les prix des marchés internationaux qui ne concernent pourtant que 15% des échanges. A moins d’accepter de produire n’importe comment, dans n’importe quelles conditions sociales et environnementales, nous n’avons plus d’intérêt à participer à cette concurrence mortifère.

Cela est d’autant plus vrai que l’essentiel de notre excédent commercial agroalimentaire repose sur des produits sous signe de qualité, à forte valeur ajoutée, tels que les vins, le cognac, les fromages, et non sur des produits standards (poulets de batterie, porc industriel, céréales conventionnelles…).

La force de notre agriculture à l’export ne reposera jamais positivement sur une « compétitivité-prix » mais au contraire sur la différenciation, la qualité et la typicité de nos produits de terroir.

Cet article est le 3161 ème sur le blog MRC 53 -  le 460ème, catégorie AGRICULTURE et PAC

Les fragilités du système alimentaire français vues par UTAA - partie 3
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24 juin 2020 3 24 /06 /juin /2020 12:56

 

Dépendance aux marchés internationaux et souveraineté alimentaire

 

Le laboratoire d'idées Urgence Transformation Agricole et Alimentaire (UTAA) a publié le 22 juin 2020 la seconde partie des réflexions liées à la crise sanitaire et aux enseignements à en tirer au niveau de notre système alimentaire, sous le titre "Covid-19 : dès maintenant, préparer l'après-crise", par Barthélémy Chenaux, agronome, et Romain Dureau, agroéconomiste.

Rappel sur le site de UTAA :
- (1ère partie) Covid-19 : dans l’urgence, garantir l’approvisionnement alimentaire

- Romain Dureau (Marianne, 30 mars 2020) : « La crise du coronavirus est le grain de sable qui bloque l’agriculture mondialisée »

Cette seconde partie sera présentée en 4 articles successifs sous le titre global :

Covid-19 : analyser les fragilités de notre système alimentaire

Ici, le second : Dépendance aux marchés internationaux et souveraineté alimentaire

La crise induite par le Covid-19 affecte également le fonctionnement des marchés agricoles. L’agriculture française et européenne est totalement inscrite dans les règles du commerce international édictées par l’OMC, et fait l’objet d’accords de libre-échange bilatéraux supplémentaires (CETA, Mercosur…). Notre économie agricole est dépendante des marchés internationaux, que ce soit pour son approvisionnement ou la commercialisation de ses produits. Les biens agricoles sont devenus une monnaie d’échange sur ces marchés, ce qui a fait perdre de vue le caractère essentiel et stratégique du secteur agricole.

D’un côté, les productions qui sont fortement intégrées sur les marchés internationaux et destinées à l’export, telles que les vins (30% de la production exportée) et spiritueux, les céréales (50% du blé exporté) ou les produits laitiers (10% de la production exportée), se retrouvent confrontées à la perte de débouchés ou la diminution de la demande mondiale. C’est le cas de la poudre de lait exportée en Chine ou encore du porc et des broutards exportés en Italie. Dans ce cas, celui des broutards, les jeunes bovins sont exportés vivants en Italie, où ils sont engraissés : le fait de ne pas pouvoir les vendre et de les garder plus longtemps sur la ferme augmente les coûts de production pour les éleveurs, coûts qui ne seront très certainement pas compensés par un prix de vente plus élevé après la crise.

De l’autre côté, nous l’avons vu, les producteurs engagés dans des circuits de proximité (vente directe, notamment en maraîchage) sont également concernés par la réduction du nombre de marchés locaux, seuls 35% d’entre eux étant ouverts à cette heure. Certains paysans ont toutefois trouvé d’autres manières de commercialiser leur production, bénéficiant de la plus forte adaptabilité de leurs systèmes agricoles.

Les filières d’élevage sont déstabilisées par les effets induits du coronavirus. La perte des débouchés en Restauration Hors Domicile (RHD) n’est pas contrebalancée par la hausse des achats des ménages, qui s’orientent vers des produits différents. Cette baisse des abattages ainsi que la diminution des importations n’ont pas évité la chute des prix des vaches laitières, ce qui pèse à la baisse sur l’ensemble du marché de la viande, sans pour autant que les prix en rayons n’aient été affectés. La principale difficulté semble reposer sur le déséquilibre de valorisation des différents quartiers des animaux abattus, notamment ceux qui étaient habituellement exportés : le cours des jeunes bovins est en baisse, et le nombre d’animaux abattus est plus faible qu’à la même période de l’année passée. Seule la demande italienne semble se maintenir, les autres exports, notamment vers les pays tiers, diminuent.

Ces modifications dans la structure des marchés internationaux avaient conduit la FNB à demander au Ministre de l’agriculture la mise en place d’un prix minimum payé aux éleveurs équivalent au coût de production (4,89€/kg), alors que, fin mars 2020, les animaux étaient vendus « à un prix inférieur d’1 euro du kilo, en moyenne, à [leur] coût de production », soit 3,71€/kg. Cette proposition d’une intervention publique forte est plus que bienvenue, ne serait-ce que temporairement. En effet, en termes de rapport de force, ces situations sont plus que défavorables aux éleveurs : d’une part, à court terme, la baisse de la demande à l’export n’occasionne pas de hausse de prix payé à l’éleveur, et le report de la consommation domestique vers des viandes françaises cache une disparité de valorisation des différents morceaux ; d’autre part, une fois les bêtes arrivées à leur poids de vente, allonger leur durée de séjour sur l’exploitation revient à augmenter le coût de production, ainsi que les risques de frais vétérinaires supplémentaires.

Le gouvernement n’a donné aucune réponse à la demande la FNB, ce qui a conduit la Fédération à appeler les éleveurs à garder leurs animaux sur les fermes : de toute évidence, seule une action collective et solidaire de la profession est à même de mettre une pression suffisante sur les intermédiaires. Cet appel a été rejoint par les Jeunes Agriculteurs et la Confédération Paysanne.

Précisons cependant, comme le mentionne la Confédération Paysanne dans son communiqué, que ces propositions de régulation des marchés agricoles (prix minimum et volumes) devront être portées au-delà de la période présente : il n’est pas du tout étonnant d’observer une inadéquation des prix avec les dynamiques d’offre et de demande sur les marchés agricoles, cette sous-rémunération des produits agricoles étant structurelle, et non spécifiquement liée aux effets du coronavirus.

De plus, si nous produisons et exportons de manière importante des excédents pour certaines denrées (vins et spiritueux, céréales, produits laitiers), nous sommes également dépendants des importations pour plusieurs produits indispensables. Un rapport d’information du Sénat en date de mai 2019 estime que nous importons environ 20% de notre alimentation. Cela concerne principalement les fruits et légumes (50% sont importés, pour un coût de 2,5 à 3 milliards d’euros), la viande de porc (25% importés), la volaille (34%), la viande bovine (environ 30%), la viande ovine (50%) mais aussi les aliments pour les animaux d’élevage (3 millions de tonnes de soja importés d’Amérique latine chaque année). Nous ne parlons pas là de produits annexes, mais de produits de consommation quotidienne.

Cette dépendance aux importations pose enfin la question de la traçabilité de la production. Il est estimé que 10 à 25% des importations ne respecteraient pas les normes sociales, sanitaires et environnementales françaises. Nous voyons aujourd’hui le danger que représente cette dépendance aux marchés internationaux sciemment organisée : notre souveraineté alimentaire – comprendre : pour les denrées alimentaires de consommation quotidienne – a été perdue du fait de choix politiques contraires à cet intérêt fondamental de la Nation.

Nous alertons sur l’importance de réfléchir désormais à une véritable politique d’indépendance et de sécurité alimentaire : qu’arriverait-il si, pendant plusieurs mois, les échanges internationaux et intra-communautaires devaient être stoppés ? Nous ferions face à un risque effectif de pénurie pour un certain nombre de produits agricoles, notamment les oléo-protéagineux et les fruits et légumes, produits indispensable à une alimentation équilibrée. Une telle situation de dépendance alimentaire n’est pas acceptable, d’autant plus qu’elle n’est en aucun cas une fatalité, mais le résultat de politiques délibérées et fondées sur des dogmes avec lesquels nous devons rompre d’urgence.

Cet article est le 3160 ème sur le blog MRC 53 -  le 459ème, catégorie AGRICULTURE et PAC

Les fragilités du système alimentaire français vues par UTAA - partie 2
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23 juin 2020 2 23 /06 /juin /2020 22:09

 

Manque structurel de main-d'oeuvre agricole

 

Le laboratoire d'idées Urgence Transformation Agricole et Alimentaire (UTAA) a publié le 22 juin 2020 la seconde partie des réflexions liées à la crise sanitaire et aux enseignements à en tirer au niveau de notre système alimentaire, sous le titre "Covid-19 : dès maintenant, préparer l'après-crise", par Barthélémy Chenaux, agronome, et Romain Dureau, agroéconomiste.

Rappel sur le site de UTAA :
- (1ère partie) Covid-19 : dans l’urgence, garantir l’approvisionnement alimentaire

- Romain Dureau (Marianne, 30 mars 2020) : « La crise du coronavirus est le grain de sable qui bloque l’agriculture mondialisée »

Cette seconde partie sera présentée en 4 articles successifs sous le titre global. Ici, le premier :

Covid-19 : analyser les fragilités de notre système alimentaire

Basiquement, la crise du coronavirus est ce grain de sable que beaucoup redoutaient, et qui vient bloquer les engrenages d’une économie agricole fortement dépendante des marchés internationaux, pour son approvisionnement comme sa commercialisation. Cette fragilité – qui était latente et ponctuellement mise en lumière par des crises sectorielles – est désormais en plein jour.

Quels sont les impacts de cette crise sanitaire globale sur notre système agricole ? Didier Guillaume a appelé l’« armée des ombres » (sic) à aller travailler dans les champs pour répondre au manque de main d’œuvre étrangère habituellement employée lors des pics saisonniers. L’agriculture française est fortement intégrée sur les marchés internationaux, ce qui, en période de crise globale, n’est pas sans conséquence.

Nous le voyons : le seul exemple du manque de main d’œuvre sur les fermes françaises suffit à démontrer que notre système alimentaire comporte des fragilités inquiétantes, qui sont aujourd’hui mises à jour par la crise induite par la pandémie de Covid-19, mais qui étaient latentes depuis de nombreuses années.

Manque structurel de main d’œuvre agricole

Entre 40 000 et 280 000 saisonniers travaillent chaque année dans l’agriculture, ce qui représentait 15,4% de la main d’œuvre agricole en 2016. Parmi eux, 40% environ sont des saisonniers étrangers, soit environ 100 000 personnes, avec un nombre croissant sous statut de travailleurs détachés : ils étaient 67 601 en 2017 (contre 26 000 en 2016), principalement en viticulture, en maraichage et arboriculture, mais aussi en grandes cultures et production ovine, en moindre mesure. Ce recours au travail détaché est en forte hausse dans le secteur agricole : on estime que cela représente un total de 550 000 jours de travail détaché par an. Ces travailleurs, venus du Portugal, de Pologne, d’Allemagne, de Roumanie, mais aussi du Maghreb et d’Amérique latine, n’ont pas un contrat de travail français, puisqu’ils sont employés par une entreprise installée hors du territoire national, et n’ont donc pas les mêmes droits que les travailleurs embauchés en France. Ils ne paient également pas les cotisations sociales en France, mais dans le pays où a été signé leur contrat. En Roumanie, par exemple, les cotisations sociales ont quasiment été supprimées. La conséquence est bien sûr l’absence de protection sociale pour les travailleurs. Nous savons également que le statut de travailleur détaché est propice à de nombreuses fraudes et dérives. C’est ce que met en lumière le bilan intermédiaire 2018 du Plan National de lutte contre le travail illégal. Ces détournements concernent soit le recours à une activité régulière qui ne devrait pas relever du travail détaché, soit le non-respect du droit du travail minimum français. 11% des exploitations agricoles contrôlées étaient en infraction. La profession dans son ensemble s’est engagée à améliorer cette situation, mais c’est en réalité le travail détaché lui-même qu’il faut remettre en cause. Or, la « libre-circulation des travailleurs » est inscrite dans le traité de Rome de 1957, et la directive européenne sur le travail détaché organise honteusement ce dumping social au sein du marché unique. Profiter du déracinement d’un travailleur agricole est un comble inacceptable.

L’agriculture a, depuis la deuxième moitié du XXe siècle et la mise en œuvre de la « deuxième révolution agricole des Temps modernes », perdu plusieurs millions d’emplois dans les secteurs de l’agriculture. Alors que l’agriculture représentait plus de 20% des actifs du pays en 1950, elle en représente aujourd’hui que moins de 3%. Ces 15 dernières années notamment, l’agriculture a perdu environ 350 000 actifs permanents. En 2016, l’emploi agricole correspondait à 564 000 exploitants et co-exploitants agricoles, 191 000 salariés permanents. L’INSEE estime qu’en moyenne, chaque jour, 110 000 saisonniers sont actifs dans le secteur agricole. En 2016 toujours, l’agriculture employait 149 000 salariés saisonniers et/ou temporaires avec une hausse des travailleurs saisonniers (+3 % depuis 2010).

L’évolution historique, depuis les débuts de la deuxième révolution agricole des Temps modernes, mais aussi l’évolution récente de la structure de l’emploi agricole et de ses caractéristiques (productivité du travail, part de l’emploi permanent et de l’emploi saisonnier, part du travail détaché) démontrent que ce manque de main d’œuvre agricole est pour partie structurel, ce qui est d’autant plus évident lorsque l’on connaît le rythme de travail effréné de nombreux agriculteurs. Les agriculteurs qui ont recours à l’emploi de travailleurs détachés argumentent souvent qu’ils ne trouvent pas cette main d’œuvre en France. C’est étonnant dans un contexte de chômage de masse, et cela en dit long sur la perte d’attrait des métiers de l’agriculture, ou du moins de certains modes de production qui sont aujourd’hui décriés. Ainsi et d’une part, si les contrats saisonniers sont indispensables à l’agriculture (notamment en production de fruits et légumes), ils pourraient être moins courants et massivement employés qu’aujourd’hui, notamment dans l’objectif d’un meilleur partage du travail. D’autre part, l’agriculture – et notamment celle reposant sur les principes de l’agroécologie – pourrait créer 300 000 emplois permanents si les politiques publiques l’accompagnaient dans ce sens. Cela passe par une revalorisation des métiers de l’agriculture : développer un espace rural agréable à vivre, notamment en développant des services publics, assurer une digne rémunération du travail paysan, permettre l’accès plus facile à un service de remplacement pour prendre des vacances, assurer la formation initiale et continue des futurs agriculteurs… Il y a une volonté assez puissante dans la société d’un « retour à la terre », et donc potentiellement une main d’œuvre disponible pour travailler dans les champs. Toutefois, ces « néo-paysans » ont également la volonté d’une autre agriculture, plus écologique et produisant pour les besoins locaux de la population. Si le secteur veut attirer de nouveaux paysans, il doit aussi accepter de se transformer.

L’agriculture peut et doit créer massivement de nouveaux emplois paysans, permanents et saisonniers, si elle veut relever les défis posés par la relocalisation écologique de notre production alimentaire. Cela appelle à une meilleure création et un meilleur partage de la valeur ajoutée au sein du système alimentaire.

Cet article est le 3159 ème sur le blog MRC 53 -  le 458ème, catégorie AGRICULTURE et PAC

Les fragilités du système alimentaire français vues par UTAA - partie 1
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29 février 2020 6 29 /02 /février /2020 12:01

 

Le ministère de l'agriculture a publié ces informations concernant 2018


 

Selon la lettre Agri Mutuel du 28 février 2020, la France touche quelque 9 milliards d'euros par an de Bruxelles pour son agriculture et sa production alimentaire, attribués aux agriculteurs selon deux « piliers » principaux : aides directes et aides au développement rural. Voici l'utilisation et la ventilation des fonds européens en 2018, selon un document ministériel obtenu par l'AFP.


Comment la France dépense-t-elle les fonds de la Pac ?

 

Intitulé "Politique agricole commune de demain", ce document a été publié par le ministère de l’agriculture et obtenu par l’AFP en marge du salon de l’agriculture. Il vise à préparer le Débat public national et le plan stratégique national sur l’agriculture, que la France doit remettre à Bruxelles d’ici la fin de l’année.


 

1 – Aides directes : 6,8 milliards d’euros

  • Aide directe de 3 milliards d’euros, à raison de 115 euros par hectare en moyenne, versée annuellement par hectare cultivé.

     

  • Paiement « vert » de 2 milliards d’euros, à raison de 80 euros par hectare en moyenne, attribué sous conditions environnementales, soit à un exploitant en agriculture biologique, soit à un agriculteur qui respecte trois critères bénéfiques pour l’environnement : maintien d’un ratio de prairies permanentes, cultiver au moins trois cultures sur les terres arables, présence de surfaces d’intérêt écologique sur au moins 5 % des terres (haies, mares, cultures fixant l’azote).

     

  • Aides « couplées » d’environ 1 milliard d’euros, attribuées à certaines productions spécifiques, afin de maintenir une production agricole dans certains territoires.

Dans ce cadre, en 2018, les éleveurs de bovins viande, veaux sous la mère, bovins laitiers, ovins et caprins ont reçu 850 millions d’euros, une enveloppe de 140 millions d’euros est revenue aux producteurs de fourrages, protéagineux, soja et semences fourragères, et une de 30 millions d’euros aux fruits transformés, blé dur, pommes de terre, chanvre textile, semences de graminées et houblon.

  • Paiement « redistributif » de 700 millions d’euros, attribué aux 52 premiers hectares d’une exploitation, pour favoriser le maintien des exploitations à taille familiale et humaine. La France est l’un des rares pays de l’UE à l’appliquer, à hauteur de 46,85 euros par hectare en moyenne en 2018.

     

  • Paiement jeunes agriculteurs : 80 millions d’euros (pour les moins de 40 ans, dans la limite de 34 hectares par exploitation et durant 5 ans maximum, à hauteur de 88,15 euros par hectare)

 

2 – Aides au développement rural : 2,8 milliards d’euros (dont une partie cofinancée par l’État et les régions)

  • Indemnités compensatoires des handicaps naturels (ICHN) d’un montant global de 1,1 milliard d’euros, attribuées à quelque 100 000 agriculteurs vivant dans plus de 14 200 communes situées en « zones défavorisées », c’est-à-dire essentiellement dans les massifs montagneux Jura, Vosges, Alpes, Massif Central et Pyrénées. La Pac contribue à hauteur de 75 % et l’État de 25 %.

     

  • MAEC (mesures agroenvironnementales et climatiques) d’un montant global de 245 millions d’euros par an pour des exploitants qui s’engagent dans des pratiques bénéfiques pour l’environnement et la biodiversité. Les régions déterminent quelles zones peuvent en bénéficier.

     

  • Aides à l’agriculture bio : 260 millions d’euros sous forme d’aide à la conversion afin d’augmenter les surfaces.

     

  • Aides à l’installation de jeunes agriculteurs pour encourager le renouvellement des générations : 150 millions d’euros, versés annuellement à environ 5 000 nouveaux jeunes agriculteurs.

     

  • Aides à l’investissement : 500 millions d’euros.

     

  • Programmes leader, forêt, et gestion de risques : 550 millions d’euros

 

3 – Mesures spécifiques :

S’ajoutent en cofinancement des mesures d’intervention spécifiques pour soutenir la promotion de certains produits (vigne, fruits et légumes, huile d’olive, apiculture, houblon) ou pour faire face à certaines « crises », climatiques ou de marché, qui varient chaque année, mais n’excèdent pas 4 % des aides directes.


 

Cet article est le 3151 ème sur le blog MRC 53 - le 457ème, catégorie AGRICULTURE et PAC

Près de Valenciennes, début juillet 2019.

Près de Valenciennes, début juillet 2019.

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12 novembre 2019 2 12 /11 /novembre /2019 23:52

 

Réflexion après un article de presse soulignant la valorisation des résidus viticoles


 

Le bioéthanol est-il écologique ? Après la publication des articles de Sud Ouest (1) au sujet de l’entreprise de Coutras (33) qui valorise ainsi les résidus des vendanges (Rafle…), Patrick Nivet - qui est médecin hospitalier, conseiller municipal délégué (MRC) de Libourne et conseiller communautaire (CALI) - a voulu essayer de comprendre l’utilité et surtout le rapport à l’écologie des carburants au bio éthanol.

En fait, après discussion avec les spécialistes de ce type de production, plusieurs  constatations s’imposent:

1° La fabrication de Bioéthanol serait plus chère que le gasoil si elle était taxée de la même manière.

2° Cet éthanol fait au moins autant de CO2 que le gasoil d’autant qu’il faut plus en consommer pour le même nombre de Km parcourus ( 50% en plus).

3° Le Bioéthanol tiré des résidus des vendanges n’est utilisable que pour les cars et les camions.

 

Pour ce qui concerne les bio carburants tirés d’autres cultures ( betterave...), ils sont certes utilisables pour les voitures mais leur développement ne peut prendre de l’ampleur que si, effectivement, on utilise beaucoup de sols sans garanties vraies quand aux manières de les cultiver ( utilisation notamment des produits phytosanitaires…) et si l’Etat ne leur applique pas les taxes classiques sur les carburants.

Pour le CO2 et les particules fines, il n’y a pas semble-t-il d’avantage versus utilisation du gasoil et/ou de l’essence.

Pour ce qui concerne l’utilisation d’huile de palme, il semble que ce soit le résultat de la volonté de l’Etat de mélanger le gasoil avec du bio carburant pour diminuer l’importation de pétrole mais, en conséquence, il prend le risque de l’importation d’huile de palme et de la déforestation des pays producteurs comme la Malaisie…

En fait, à propos du CO2, les producteurs de bio carburants s’appuient sur le fait qu’il y aurait une production d’O2 compensatoire dans les cultures qui permettent de produire les déchets de la vigne ou même les plantes dont ils sont issus (betterave…).

C’est la même idée qui sous-tend le chauffage au bois… qui produit plus de CO2 que les autres formes d’énergie, à l'exception du charbon (2)

Au total il n’y a pas d’avantage écologique évident à l’utilisation des biocarburants, l’avantage économique n’étant lié qu’à l’absence de taxes.

Par contre, c’est vrai que le valorisation des déchets de la viticulture est incomparablement plus rentable que celle qui était traditionnellement faite par les entreprises du secteur (alcool et dérivés…).

De la même façon, le débouché des biocarburants est sans doute utile pour les agriculteurs du secteur des oléagineux qui doivent assurer une rotation des cultures( blés, betteraves… jachères)

En fait, même si je ne conteste pas que les déchets de la vigne puissent être utilisés à faire rouler quelques cars dans la région ou telle ou telle agglomération, il n’y a pas lieu d’en faire un acte d’un écologisme avéré.

Disons que cela économise des achats de pétrole mais à condition de se passer des taxes qui y sont afférentes...

Quant au développement éventuel des bio carburants à partir de cultures spécifiques, il y a un risque de larges utilisations de territoires retirés à la biodiversité, l’exemple du Brésil est sans doute de ce point de vue exemplaire.

1) Journal Sud ouest du 5 Novembre 2019

2) Les forêts sont effectivement, grâce à la photosynthèse, un puits à carbone qu’il faut entretenir mais, sur la planète, elles ont bien du mal puisque la production de CO2 est telle que le bilan est aujourd’hui largement négatif .Or le chauffage au bois produit plus de co2 que le pétrole et surtout le gaz, mais moins que le charbon….

Je conteste donc l’utilisation industrielle du chauffage au bois comme n’ayant pas d’avantage écologique.

Le caractère renouvelable d’une énergie n’est à mon sens pas suffisant pour en faire un modèle écologique convaincant.

 

Cet article est le 3142 ème sur le blog MRC 53 - le 456ème, catégorie AGRICULTURE et PAC

Patrick Nivet (Libourne) : l'intérêt écologique relatif des biocarburants
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31 octobre 2019 4 31 /10 /octobre /2019 23:08

 

Désaccords sur le budget de l'UE et sur la future Politique Agricole Commune


 

Au Sommet européen des 17 et 18 octobre 2019 à Bruxelles, sous présidence finlandaise, les chefs d'Etat et de gouvernement ont montré leurs divisions concernant le budget 2021-2027 :

- Budget de l'UE : la Commission proposait 1,114 % du revenu national brut de l'UE, la présidence du Conseil entre 1,03 et 1,08 %. Mais certains contributeurs nets (Allemagne, Danemark, Suède, Pays-Bas, Autriche) ne veulent pas aller au-delà de 1 %.

- La part réservée à l'agriculture (Politique Agricole Commune PAC) continue de baisser mais elle est encore nettement la première avec 37,6 % du budget. La présidence finlandaise a proposé une légère hausse des crédits pour le développement rural (2ème pilier) et de ne pas augmenter le montant actuel pour les dépenses du premier pilier (aides directes aux agriculteurs). Certains pays (France, Espagne, Irlande, Grèce) considèrent que c'est insuffisant et, surtout, qu'il faut reconduire à son niveau actuel le budget de la PAC à 27.

- Le départ du Royaume-Uni entraîne la disparition du "chèque britannique". La présidence finlandaise voudrait que cela fasse disparaître tous les mécanismes correcteurs. Mais certains pays veulent les maintenir (Pays-Bas, Autriche).

Suite au Brexit, la Commission avait annoncé, en juin 2018, une baisse de 10 % des aides à l'hectare (paiements directs) et de 28 % pour le développement rural, incluant les ides bio et environnementales.

Selon la présidence finlandaise, deux tiers des pays campent sur leurs positions, les autres recherchent un compromis. Dans ces conditions, elle ne pense pas réussir à mettre tout le monde d'accord lors de la session de décembre. L'Allemagne tient à ce que l'accord se fasse sous la présidence croate, au premier semestre 2020, car elle ne veut surtout pas devoir finaliser les négociations sous sa présidence au semestre suivant.
 

Les indécisions sont encore plus grandes concernant la réforme de la PAC.

Aurélie Trouvé, agro‐économiste maître de conférence à AgroParisTech, en avril 2019, avait résumé dans une note les éléments en cours de discussions pour la réforme de la PAC post 2020 : La Politique Agricole Commune après 2020 : changements prévus et débats institutionnels


 

Ouest-France (Guillaume Le Du, 23 octobre 2019) met le doigt sur le risque de renationalisation de la PAC : Réforme de la PAC : le risque d'une politique agricole moins européenne

 

Le ministre de l'agriculture, Didier Guillaume, répond (Agrimutuel, 30 octobre) : « Pas question » de « nationaliser » la Pac

Lire aussi Les parlementaires français dénoncent un « dialogue de sourds »

France Stratégie propose une remise à plat des aides PAC, comme l'écrit, dans Ouest-France, le 25 octobre, Patrice Moyon : Politique agricole commune : le rapport qui jette un pavé dans la mare. Extrait : "Instaurer des bonus-malus en agriculture. Rémunérer les services environnementaux rendus par les agriculteurs à la société. Mieux soutenir l’emploi et plus seulement les hectares. Simplifier… En clair, changer de modèle pour relever les défis d’une agriculture confrontée au changement climatique et à la nécessité de se réinventer dans certains territoires menacés par la friche".

La Coordination Rurale (CR), syndicat agricole minoritaire, réagissait le 25 octobre : France Stratégie : une vision punitive et dangereuse de la PAC !

France Stratégie (institution rattachée au Premier ministre et décidément toujours aussi mal inspirée !) propose une déclinaison française de la PAC basée sur la stricte application du principe pollueur-payeur (...).

Le bouillonnement des idées ne fait que commencer, s'agissant de la réforme de la PAC.

 

Cet article est le 3141 ème sur le blog MRC 53 - le 455ème, catégorie AGRICULTURE et PAC

Europe et réforme de la PAC : indécisions à tous les étages
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10 mai 2019 5 10 /05 /mai /2019 17:19

 

Un secteur d'intervention sur le thème "Agriculture et alimentation"

 

La Gauche Républicaine et Socialiste est née le 3 février 2019 lors des Rencontres Fondatrices de Valence. C'est un nouveau parti qui s'installe, avec l'idée qu'il pourra, avant 2022, faciliter le rassemblement de la gauche autour d'un programme de gouvernement.

Un premier pôle thématique a été lancé autour du secteur "Entreprises". D'autres suivront, notamment sur le thème "Agriculture et alimentation".

Michel Sorin, membre du Collectif d'animation national, est chargé d'animer ce secteur agricole et alimentaire. Il a communiqué un projet aux animateurs de la GRS, Emmanuel Maurel et Bastien Faudot, afin de préparer un texte d'orientation de ce secteur, après la campagne des élections européennes.

Le projet diffère très peu de celui qui a été publié sur le blog de Réseau CiViQ, le 8 mars 2019. Voir Réflexions autour de la nécessaire révolution agricole, par Michel Sorin

Pour une agriculture plus respectueuse du vivant et de l'environnement

 

L'agriculture s'inscrit dans une évolution de la société et des choix politiques. L'ordre actuel du monde entraîne l'humanité sur une voie dangereuse, car il pervertit les bases même de la politique, qui sont de définir des orientations d'intérêt général.

Tout concourt - dans la mondialisation financière - pour ne pas tenir compte du parti du vivant. C'est l'inverse qu'il faut faire. Il faut changer l'ordre du monde, prendre le parti du vivant, mettre sous contrôle les puissances économiques et financières, en faisant en sorte que la société soit plus sobre, plus harmonieuse et mieux intégrée dans son environnement.

Changer l'ordre du monde en agriculture, c'est engager une transformation profonde du mode de production actuel, trop soumis à la pression des marchés mondiaux, trop tourné vers des objectifs de productivité du travail et de rentabilité du capital.

Livrer l'agriculture au libre-échange mondial et au marché, c'est la mettre dans la main des entreprises multinationales et de la grande distribution. Le revenu des agriculteurs et leur santé ainsi que celle des consommateurs, la pérennité des terres agricoles, sont autant de problèmes qui semblent de plus en plus insolubles.

Depuis le traité de Rome, en 1957, et les accords européens créant la Politique Agricole Commune (PAC) au début des années 1960, l'agriculture française est placée sous gestion européenne. Elle en a bénéficié, ainsi que l'industrie en amont et en aval, mais la PAC se réduit aujourd'hui à des mécanismes, ce n'est plus une politique, en dehors de servir les intérêts des firmes multinationales.

Les objectifs initiaux du traité de Rome ont été perdus de vue. Les responsables des Etats se sont privé volontairement des outils de régulation des productions agricoles, de manière à satisfaire l'idéologie libérale des dirigeants institutionnels européens. C'est ainsi que l'agriculture a été livrée au libre-échange et au marché mondial sans protection, avec l'objectif premier de conquérir des parts de marché à l'export, face à la concurrence des marchés américains.

Les conséquences ont été, notamment :

- la concentration excessive des moyens de production et des fermes,

- la recherche d'une productivité toujours plus grande, délaissant les principes de base de l'agronomie, utilisant à l'excès les produits chimiques,

- la tendance généralisée à la baisse et à la variation des revenus agricoles, entraînant de trop nombreuses cessations d'activité et suicides d'agriculteurs,

- la dégradation de la capacité de production des sols,

- les risques croissants pour la santé des producteurs et des consommateurs.

Ce constat rassemble les différents courants politiques de gauche mais c'est au niveau des moyens à prendre qu'il faudra approfondir les réflexions et les discussions.

Nous affirmons, dans le texte d'orientation de la Gauche Républicaine et Socialiste, intitulé "La grande bifurcation", qu'il faut "engager la révolution agricole", en sachant que cela ne concerne pas que l'agriculture, mais aussi les politiques liées à l'alimentation, à la santé, à l'environnement, à la ruralité.

La révolution agricole nécessite de mobiliser l'ensemble des citoyens, concernés en tant que consommateurs de produits alimentaires et au niveau de leur santé. Elle exige une cohérence globale, intégrant les modifications climatiques, le mode de production agricole et la réorientation des aides européennes.

La révolution agricole conduit à respecter le principe de la souveraineté alimentaire au niveau le plus approprié, par pays ou par groupe de pays, ou les deux à la fois, la question alimentaire et l'agriculture étant traitées aux deux niveaux, de l'Union européenne et des Etats.

La politique agricole est organiquement liée à la politique alimentaire :

- Les consommateurs doivent avoir confiance dans les produits alimentaires.

- Les agriculteurs doivent avoir des revenus suffisants pour produire dans des conditions satisfaisantes (qualité, environnement).

Il faut donc tirer vers le haut à la fois la qualité de l'alimentation et la qualité des revenus agricoles :

- Tenir compte de ce qu'attendent les consommateurs.

- Réguler l'offre de produits alimentaires aux niveaux national et européen.

L'assiette du consommateur doit être de meilleure qualité, pas seulement de produits issus de l'agriculture biologique. Il faut une politique publique d'offre alimentaire, sachant que les liens entre aliments et maladies sont très importants (cancers, maladies cardio-vasculaires, notamment). Les aliments ultra-transformés, avec additifs et conservateurs alimentaires, ont des effets sur la santé.

Et il faut agir sur la demande alimentaire :

- informer le consommateur, encadrer la publicité,

- agir sur les conditions de la production agricole,

- faire en sorte que l'Etat ait des moyens de contrôle suffisants.

La question alimentaire a un lien direct avec les conditions sociales (précarité et obésité, mal bouffe). C'est pourquoi il faut une politique agricole et alimentaire, à la fois cohérente et volontariste.

Sur ces bases, il est certainement possible de nouer des accords au sein de la gauche. L'agriculture pourrait être le fer de lance du rapprochement nécessaire des forces de gauche lors des prochaines échéances électorales qui suivront les élections européennes.

 

Cet article est le 3123 ème sur le blog MRC 53 -  le 454ème, catégorie AGRICULTURE et PAC

Gauche Républicaine et Socialiste : bientôt un pôle thématique agricole
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30 septembre 2018 7 30 /09 /septembre /2018 22:58

 

La gestion de la Commission européenne est vertement critiquée

 

André PFLIMLIN analyse la situation de la production laitière 2018 dans un texte daté du 26 septembre 2018. Il fait le point sur cette crise qu’il avait annoncée mais qui n’a pas eu lieu, en titrant « Collecte laitière européenne : de l’excédent à la «pénurie» mais toujours pas de pilote ! ».

Voir ces deux articles publiés sur le blog CiViQ les 28 et 30 septembre 2018.


 

Cet article est le 3094 ème sur le blog MRC 53 - le 453ème, catégorie AGRICULTURE et PAC

André Pflimlin, le 7 septembre 2015 à Bruxelles lors de la manifestation des éleveurs européens devant les locaux de la Commission européenne

André Pflimlin, le 7 septembre 2015 à Bruxelles lors de la manifestation des éleveurs européens devant les locaux de la Commission européenne

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