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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 23:25

 

En France, le débat doit désormais s'appuyer davantage sur des expertises

 

La France a fortement contribué au résultat de la COP 21 qui a eu lieu pendant deux semaines près de Paris (Voir Conférence de Paris de 2015 sur le climat - Wikipédia) et s'est terminée le 12 décembre sur un accord entre les 195 nations représentées.

L'association « Sauvons le climat », le 14 décembre, a publié sur son site une explication détaillée du contenu de ce accord.

Voir COP21 : forces et faiblesses de l’Accord de Paris

1. L’Accord de Paris signé dans le cadre de la COP21 doit être salué. SLC se félicite du rôle de la France qui a  su mobiliser les pays les plus réfractaires, pays en développements ou pays bénéficiant de ressources fossiles abondantes, en présentant des compromis certes insuffisants, mais qui ont pu emporter le vote.

· Le réchauffement climatique et son origine anthropique sont reconnus par la totalité des 195 états et une démarche volontariste de limitation du réchauffement entre +1,5 °C et +2 °C est envisagée ;

· Les plus grands émetteurs (Chine, USA, Russie, Canada, Australie etc.) se sont désormais engagés à limiter puis diminuer leurs émissions. 

· Les pays acceptent que leurs progrès soient périodiquement évalués sur la base de leurs propositions de contribution à la réduction des gaz à effet de serre.

· Cet accord n'est pas "juridiquement contraignant", mais seulement ambitieux, global et moralement contraignant. C’est un compromis arraché à la limite de l'acceptable pour les parties dont les intérêts divergents se sont affrontés jusqu'à la dernière minute. 

2. Le succès technique est moins évident, car la limitation du réchauffement au-dessous de 2 degrés sera extrêmement difficile à obtenir et s’engager sur une limitation à nettement moins, vers 1,5 °C, est illusoire sans ouvrir nettement un recours à toutes les voies non carbonées, en ne déséquilibrant pas les écosystèmes (par un recours massif à la biomasse par exemple). Des points importants sont à souligner :

· Pas d’indications des mécanismes de formation d'un prix du carbone, pourtant largement demandés par le monde scientifique.

· Si tout recours aux énergies fossiles est appelé à disparaître avant 2100, les technologies les plus aptes à réduire les émissions de CO2 dans des conditions économiquement et socialement acceptables ne sont pas citées.

· Le traitement sibyllin du problème crucial de la production d'énergie durable, avec le cas particulier des énergies renouvelables en Afrique, montre que le débat sur l'énergie n'est pas abouti et que l'énergie nucléaire et la séquestration du carbone restent des tabous imposés par certaines ONG.

· La réduction d’ici 2030 des émissions de 50 à 40 milliards de tonnes mentionnée dans l'Accord de Paris, soit environ 5 t CO2 par an par habitant, est insuffisante pour passer nettement au-dessous de 2 degrés de réchauffement, a fortiori pour atteindre l'objectif de +1,5 degrés qui sera évalué en 2016.

3. Le travail à accomplir reste immense

· Tous les 5 ans, la COP évaluera les évolutions de chaque «contributions nationales déterminées», en laissant aux instances techniques le soin de préciser les moyens d’action qui seront recommandés.

· Il est demandé au GIEC de déterminer les effets d’un réchauffement de 1,5°C et les scénarios d’émissions de gaz à effet de serre correspondants..  

· Les mécanismes pour répartir les efforts de manière équitable restent à préciser : par exemple pourquoi, en Europe, la France devrait elle s’imposer des objectifs plus contraignants que ceux de voisins moins vertueux ? Le risque est d'obtenir des «contributions nationales déterminées» insuffisantes pour atteindre l'objectif.

· La trajectoire actuelle conduisant plutôt à 3°C, les dispositions à prendre vis-à-vis des populations menacées (niveau des mers, sécheresses, etc.) devront se développer parallèlement aux dispositions de réduction des gaz à effet de serre.

· Le constat des évolutions de chaque pays pourrait être le départ de conflits d’intérêt très clivants, qui pourraient paralyser les mécanismes futurs d’action. Quelles responsabilités historiques des uns et des autres dans l’évolution du climat et ses conséquences pour les populations fragilisées ? Qui paiera quoi ?  Le changement climatique, s’il était mal maîtrisé, ne mettra pas la planète en danger, comme veulent le faire croire les activistes de l’écologie punitive, mais sera injuste, certains pays en bénéficiant et d’autres en souffrant. Comment équilibrer les financements apportés par les pays de l’OCDE (et la Chine) entre action contre les émissions, adaptation au réchauffement et aides aux pays les plus fragilisés : presque tout reste à faire… or, il y a urgence. 

4. SLC estime qu'une limitation du réchauffement climatique résultera principalement des progrès réalisés dans les 15 prochaines années, avec essentiellement des technologies déjà matures. Certains pays et ONG ont réussi à marginaliser l'énergie nucléaire, à brider l’hydraulique. Or, les énergies intermittentes ou saisonnières auront besoin d'un back-up pilotable et non carboné, que seul le nucléaire et hydraulique pourraient offrir dans de nombreux pays ayant le niveau technologique requis.

 Le grand climatologue James Hansen et de nombreux scientifiques de tous pays ont souligné qu’un recours au nucléaire, en support des énergies renouvelables, sera obligatoire pour respecter l'objectif. Ils ont plusieurs fois pris exemple sur la France et la Suède pour démontrer l'efficacité du remplacement des centrales électriques à charbon par des centrales nucléaires et la possibilité d'une transition en une vingtaine d'années.

Il serait grand temps que les ONG qui font profession de lutter contre le réchauffement climatique reconnaissent que l'énergie nucléaire est une part importante de la solution de la question climatique avec les énergies renouvelables.

Conclusion :

L’unanimité du vote donne à cet accord une force certaine, probablement supérieure à celle d’un accord juridiquement contraignant inapplicable. Mais deux points essentiels résultent des discussions et des compromis acceptés. Le premier est que les deux notions qui devraient guider les futurs débats sont le niveau de gaz à effet de serre acceptable et l’inventaire des énergies durables disponibles à court terme en priorité (15 ans) et envisageable raisonnablement à moyen terme (30/40ans), dans chaque pays et dans des conditions économiques et sociales supportables. Le second est que les constats futurs devront être correctement évalués, qu’il s’agisse des émissions ou des évolutions du climat et ses conséquences, pour limiter les conflits d’intérêt.

Concernant la France, Sauvons Le Climat ne peut que noter le peu de crédibilité du discours politique français, fondé sur la loi sur la transition énergétique. Il reste en-dessous des mérites reconnus de la France en matière de baisse des émissions de gaz à effet de serre. Il est en effet surprenant que la France n’ait pas mis en avant ses performances actuelles, qui lui permettent d’être très en avance sur les autres grands pays européens, et pratiquement à l'objectif de 5 tonnes de CO2 par habitant et par an, grâce à ses énergies renouvelables, comme l’hydraulique et la biomasse, à des efforts qui devraient être amplifiés sur l’efficacité énergique et au nucléaire pour la production d’électricité.

Le débat doit sortir du terrain des alliances électorales pour s’appuyer sur des expertises techniques et économiques. Il n’y aura pas de solution unique, chaque pays devant agir à la fois efficacement et dans l’intérêt de sa population.

 

Consulter le site sauvonsleclimat.org

 

Rappel (5 octobre 2013) : Evolution du climat : les experts du GIEC renforcent leur diagnostic

 

(21 novembre 2013) : Conférence internationale sur le climat à Varsovie, le pays du charbon

 

Cet article est le 83ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

Le site de Coupeau à Saint-Berthevin

Le site de Coupeau à Saint-Berthevin

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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 21:27

Première source d’énergie de l’économie mondiale en 2020

 

Le charbon est, de loin, la source d’énergie la plus polluante (gaz à effet de serre) et dangereuse pour la santé - voir Les dangers du charbon (Bernard Durand, 16 novembre 2011, Sauvons le Climat) - et, pourtant, elle est en passe de devenir la principale énergie utilisée dans le monde.

 

On peut supposer que c’est avec l’espoir d’impliquer davantage la Pologne (championne du charbon) dans les actions contre le changement climatique que le choix s’est porté sur Varsovie pour accueillir la Conférence internationale sur le climat en 2013, avant Paris en 2015.

Cette Conférence a vu l’opposition entre les nations qui ont contribué à la pollution atmosphérique (les USA, en tête) et celles qui ne veulent pas s’interdire de le faire maintenant (notamment la Chine). Voir Climat : les ONG claquent la porte(Le Monde, 21 novembre 2013). Extrait. « Cet accord, qui doit entrer en vigueur en 2020, se veut le plus ambitieux jamais obtenu sur le changement climatique : universel, légalement contraignant, il devrait réduire les émissions de gaz à effet de serre afin de limiter le réchauffement à 2 °C par rapport à l'ère préindustrielle. Pour l'heure, les émissions sont à la hausse et mettent le monde sur la trajectoire d'un réchauffement de près de 4°C ».

Rappel : Evolution du climat : les experts du GIEC renforcent leur diagnostic - 5 oct. 2013 

 

Depuis une vingtaine d’années, des recherches ont été conduites sur le captage du gaz carbonique (CO2) des industries polluantes pour le stocker dans le sous-sol. Le quotidien Ouest-France a posé la question des résultats de ces travaux. Voici des extraits de l’article daté du 13 novembre 2013, intitulé « Le stockage du CO2 a du mal à faire son trou ».

Entretien de Serge Poirot avec Isabelle Czernichowski, géologue au Bureau de recherche géologique et minière.

La recherche a beaucoup progressé, mais le développement de cette technologie butte sur des limites financières. Pourtant, elle est considérée comme indispensable pour freiner le changement climatique.

 

Où en est le stockage du gaz carbonique (CO2) ?

Après vingt ans de recherche, on est à un moment charnière. En 1993, un premier projet de recherche européen avait pour but d’évaluer la faisabilité du captage du CO2 des industries pour le stocker dans le sous-sol afin de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Depuis, il y a eu de nombreux développements dans le monde. Maintenant, on a besoin d’expériences de terrain - de recherche et de taille industrielle - pour pouvoir préparer un développement commercial, à partir de 2020-2025 (…).

 

Quelles sont les perspectives ?

Dans tous les scénarios de lutte contre le changement climatique, on a besoin du stockage du CO2. Cela pourrait permettre d’éviter 17 % des émissions mondiales, soit presque autant que la part des énergies renouvelables. Mais il faudrait mille sites comme Sleipner (en Norvège). La capacité de stockage du sous-sol le permet : elle est estimée à au moins 2 000 milliards de tonnes alors que les émissions de CO2 humaines sont de 30 milliards par an. Mais pour que les industriels gros émetteurs - centrales électriques à charbon, cimenterie, sidérurgie… - aient intérêt à investir, il faudrait des contraintes réglementaires ou un marché du carbone plus fort. Il y a un problème de volonté politique.

 

Le rédacteur en chef de la publication Edito Matières Premières (publications AGORA), pécialiste des matières premières et des pays émergents a une connaissance approfondie de l'ensemble de la chaîne industrielle des matières premières - des pays producteurs aux marchés de consommation. Voici ce qu’il a écrit le 20 novembre 2013.

Le charbon "propre" est-il un mirage ?

 

Peut-on être écologiste et défendre le charbon ? Greenpeace s’est chargé de répondre à cette question cette semaine par la négative en occupant le toit du ministère polonais de l’Economie, à Varsovie, pour dénoncer son mix énergétique trop dépendant du charbon. Le choix de Varsovie n’était pas le fruit du hasard. La ville polonaise s’est prêtée au jeu du grand écart en accueillant en même temps deux manifestations autour de thèmes diamétralement opposés. La première était la conférence mondiale sur le climat des Nations unies, dix-neuvième du nom. Ouverte dans l’anonymat général, du moins en France, ce grand raout des acteurs de l’écologie lancera un cycle de deux ans pendant lequel seront étudiés les différents moyens de limiter l’augmentation de degrés Celsius de la température du globe. Pendant plusieurs jours s’est tenue une autre conférence qui a rassemblé ceux qui tiennent justement entre leurs mains la solution pour limiter ce réchauffement, puisque Varsovie a accueilli le sommet international du charbon.

 

Le charbon, une énergie paria

Il y a peu de temps, le charbon était encore présenté par les mouvements verts comme une énergie que l’on pouvait maîtriser. Bien entendu, le charbon est la plus polluante des énergies fossiles. La combustion d’une tonne équivalent pétrole (tep) de charbon rejette 1 123 kilos de CO2. Mais les technologies de capture du CO2 ont longtemps été présentées comme la clef pour rendre cette énergie inoffensive pour le climat. Tout était question d’investissement et de R&D. L’enthousiasme est aujourd’hui quelque peu retombé. Les technologies de captage/stockage du CO2 (CSC) peinent à percer, et l’emprise du charbon sur le mix énergétique mondial continue de s’étendre. Le charbon propre n’est peut-être pas la meilleure énergie pour lutter contre le réchauffement climatique du fait de son prix.

 

Un coût extrêmement élevé

Voici une publication qui donnera un argument de plus aux défenseurs des énergies vertes. Selon un rapport de la Banque mondiale publié le 18 novembre dernier, le réchauffement climatique coûterait 200 milliards de dollars par an. Toutefois, il semble encore que le coût des technologies de captation de carbone soit tout aussi ruineux. Aux 200 milliards de la Banque mondiale, l’Agence Internationale de l’Energie oppose le chiffre de 900 milliards de dollars. C’est le coût global estimé de la séquestration géologique des émissions mondiales d’ici 2050. Bien que ce chiffre représente une dépense de 24 milliards par an, le calcul de l’AIE pointe bien le principal du problème des technologies CSC, son prix.

Effectivement, les projets qui ont été lancés ces dernières années se sont révélés particulièrement peu rentables. Le Wall Street Journal s’est fait l’écho en octobre dernier du désastre de la centrale au charbon propre de Kemper aux Etats-Unis. Ce projet de centrale doit capter 65% des émissions de CO2 pour une puissance de 582 MW. Alors qu’aucun électron n’a encore été produit, les coûts ont déjà augmenté de plus de 50%. Le projet a englouti 4,7 milliards de dollars, contre 2,9 prévus au départ. Comme le décrit Michael Haggarty, analyste chez Moody’s Investors Service, Kemper “fait fuir les gens”.

Plus généralement, les études menées ne laissent pas un grand espoir aux défenseurs du charbon propre. Selon les calculs de Philippe Le Moal, professionnel du commerce des certificats d’économie d’énergie (CEE), le surcoût du MWh produit à partir du charbon vert oscille entre 40 et 60% au regard de l’exemple allemand. En 2009, c’est le Centre International de recherche sur l’environnement et le développement (CIRED) qui a conclu que le coût de production d’énergie augmentait de 25 à 50% avec un système de CSC. Le problème, c’est que si les technologies de CSC stagnent, l’utilisation du charbon elle décolle.

 

Le charbon, première énergie au monde en 2020

Dans le monde, le charbon représente 40% de la production d’électricité. En Chine et en Inde, cette proportion atteint respectivement 70% et 80%. Or malgré l’importance prise ces dernières années des thématiques environnementales en Chine, la consommation continue de progresser. La consommation de charbon hors OCDE a augmenté de 8,4% en 2011, principalement du fait de Pékin. La progression est si forte que selon le cabinet Wood Mackenzie, le charbon devrait en 2020 devenir la première source d’énergie de l’économie mondiale. Pour inverser cette tendance, les décideurs se sont attaqués à son principal atout face aux autres énergies, son coût. Comme le souligne un article de ParisTech Review, selon le C2ES (Centre de recherche indépendant sur le climat et l’énergie), “un dollar de charbon permet de produire autant d’énergie que 6 dollars de pétrole ou de gaz naturel”.

Pourtant, les gouvernements ont essayé de renchérir le coût du charbon en obligeant les industriels à payer pour sa facture “environnementale”. C’était l’idée de la création d’un marché du CO2. Malheureusement, les cours de la tonne de CO2 en Europe se sont effondrés depuis plusieurs années, passant au-dessus des 30 euros lors de son pic de 2006 à moins de 5 euros actuellement.

 

Qui saura verdir le mix énergétique ?

Tout espoir n’est pourtant pas perdu. Si la consommation chinoise est effectivement en pleine progression, Pékin vient de créer à son tour son propre marché du CO2. Son bon fonctionnement pourrait permettre au minimum de contrôler les émissions de CO2 de l’empire du Milieu. Il n’en demeure pas moins qu’à l’avenir il est peu probable que le charbon soit sévèrement concurrencé par les énergies renouvelables, ne serait-ce que pour une simple question de performance. Toutefois, le charbon est en train de perdre du terrain face à une autre énergie fossile, du moins aux Etats-Unis : le gaz.

Le développement des gaz de schiste a effectivement fait reculer la consommation de charbon américaine, alors même que son industrie montait en puissance depuis 2000. Moins efficace que la technologie CSC, la fracturation hydraulique est pour l’instant le moyen le plus rapide et le plus économique de réduire les émissions de CO2 (…).

 

Cet article est le 82ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 23:11

Aggravation de la concentration de gaz à effet de serre

 

L’affaire est entendue : le réchauffement climatique prend de l’ampleur sous l’influence des activités humaines. Le groupe  intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) a fait connaître ses conclusions.

Voir l’article de Stéphane Foucart sur le site du quotidien Le Monde (27 septembre 2013), intitulé Réchauffement climatique : les experts du GIEC durcissent leur diagnostic.

 

Les experts du climat aggravent leur diagnostic. Au terme d'une négociation-marathon qui s'est achevée à Stockholm (Suède), vendredi 27 septembre au petit matin, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a adopté le premier volet de son cinquième rapport. Sur plusieurs points cette édition apparaît bien plus alarmante que la précédente, publiée en 2007.

Le texte le plus attendu n'est cependant pas le rapport lui-même, qui sera publié en janvier, mais son Résumé à l'intention des décideurs, bref document d'une vingtaine de pages qui servira de base aux éventuelles actions politiques menées sur le front climatique.

Adopté ligne à ligne par les délégués et les scientifiques de l'ensemble des pays membres du GIEC, il présente l'état des connaissances scientifiques sur le réchauffement en cours de la manière la plus consensuelle possible. Celles-ci n'en dessinent pas moins un tableau assez sombre. "C'est une confirmation mais aussi un renforcement des diagnostics précédents", résume Jean-Pascal van Ypersele (université catholique de Louvain), vice-président du GIEC (…).

 

Communiqué  du 5 octobre 2013 de l’association Sauvons Le Climat

 

Résumé pour décideurs de la partie « bases scientifiques » (travaux du Groupe de Travail I) du 5ème rapport du GIEC (2013).

 

Le réchauffement depuis les années 1950 ne fait aucun doute. Chacune des 3 dernières décennies est plus chaude que toutes les précédentes depuis qu’on a des mesures systématiques (seconde moitié du 19ème siècle). Les 30 dernières années sont la période la plus chaude de l’hémisphère nord (températures moyennes de l’hémisphère) depuis au moins 1400 ans. Le réchauffement concerne l’atmosphère et les océans qui ont stocké plus de 90% de la chaleur accumulée par la Terre depuis 40 ans. Le réchauffement a provoqué une disparition massive de glace de la quasi-totalité des glaciers de montagne, des calottes polaires et de la partie pérenne de la banquise, ainsi que la diminution notable de la neige de printemps de l’hémisphère nord. Depuis le milieu du 19ème siècle, le niveau de la mer a monté à un e vitesse supérieure à celle des 2 millénaires précédents.

Les concentrations de gaz à effet de serre ont atteint dans l’atmosphère des valeurs inconnues aussi loin qu’on sache remonter avec certitude (800 000 ans). Elles ont augmenté de 40% depuis le début de l’ère industrielle, majoritairement du fait de l’utilisation des combustibles fossiles, de façon importante aussi du fait du changement d’utilisation des sols. L’océan a absorbé 30% du dioxyde de carbone d’origine fossile, ce qui a entraîné une acidification de ses eaux de surface.

On a de nombreuses preuves croissantes de l’action de l’homme sur le climat.

Les modèles de climat se perfectionnent et s’améliorent et reproduisent les variations globales et régionales de divers paramètres climatiques ainsi que l’effet des éruptions volcaniques majeures, ce qui donne confiance dans la capacité des modèles à décrire l’évolution à venir du climat.

La poursuite des émissions de gaz à effet de serre va entraîner un surcroît de réchauffement et des changements dans toutes les composantes du système climatique. Limiter le changement du climat va nécessiter des réductions substantielles et soutenues des émissions de gaz à effet de serre.

Même avec les hypothèses les plus optimistes sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la température moyenne à la surface de la Terre aura augmenté d’au moins 1,5°C à la fin du 21ème siècle. Le réchauffement va se poursuivre, éventuellement modulé à l’échelle de l’année voire de la décennie par la variabilité naturelle du climat. L’océan va continuer à se réchauffer, avec un impact possible sur les courants océaniques. Les précipitations vont, sauf exceptions locales, s’accroître dans les régions ou aux saisons humides et décroître dans les régions ou aux saisons sèches. La masse de glace va continuer à décroître. Le niveau de la mer va continuer à s’élever, avec un rythme probablement accru. Les processus d’absorption du carbone atmosphérique vont être perturbés. L'acidification de l’océan va augmenter.

S’il est inéluctable que le réchauffement se poursuive, impactant le climat pour des siècles. Mais l’amplitude de ce réchauffement et ses impacts dépendront  fortement de la quantité de dioxyde de carbone émis par l’homme.

Ceci conforte la lutte de Sauvons Le Climat pour réduire les émissions de gaz à effet de serre  de la France d’une façon économiquement et techniquement réaliste sans conséquences fâcheuses pour nos niveaux de vie. Sauvons Le Climat rappelle que l'Allemagne émet 50% de plus de CO2 par habitant que le France.  La principale raison en est que la France a, par le passé, pratiquement éliminé les énergies fossiles dans sa production d'électricité. SLC demande plus que jamais qu'une politique tout aussi volontariste soit conduite pour réduire fortement l'utilisation des énergies fossiles dans les autres domaines : habitat/tertiaire, industrie et mobilité.

La traduction des points forts du texte du GIEC se trouve sur le site de Sauvons Le Climat. Elle contient quelques-unes des figures très significatives du document du GIEC et des notes explicatives pour les non-spécialistes, rédigées par Sauvons Le Climat.

 

Cet article est le 81ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 22:21

Les énergies renouvelables intermittentes mises en cause

 

L’association « Sauvons le climat » (voir Le blog de Sauvons Le Climat) a fait des propositions dans le cadre de la transition énergétique, même si elle n’a pas été invitée à participer au grand débat organisé par le gouvernement. Voir Sauvons le climat : quinze propositions pour la transition énergétique - 26 juillet 2013.

 

Le 31 juillet 2013, elle a publié un communiqué dans lequel elle met en évidence la forte probabilité d’un « black-out » du réseau électrique si l’Europe ne consent pas à mettre sur pied une vraie politique commune. Les énergies renouvelables électriques, dites « intermittentes » ou « fatales » car non maîtrisables, bénéficient d’une obligation d’achat à des tarifs administrés. Les conséquences sur le marché rendent problématiques les investissements dans ce secteur. Lire ce communiqué.

 

Situation ubuesque en Europe : électricité à prix négatifs et chute des investissements

 

En Europe, les énergies renouvelables électriques bénéficient d’une obligation d’achat à des tarifs administrés (évidemment avantageux pour leurs producteurs sans quoi ces tarifs n’auraient pas lieu d’être) de sorte que notre “marché [dit] libre et non faussé” se trouve associé à un système quasi-soviétique de subvention de certains modes de production, forcément au détriment d’autres.

L’ennui, au-delà d’une distorsion que la Cour de Justice Européenne est en passe de qualifier “aide d’Etat”, réside dans l’intermittence structurelle des deux principales énergies « vertes » (à ce titre, dites “fatales”) :

- l’éolien européen ne produit de façon efficace que 15 à 25 % du temps sur terre (environ 35% en offshore),  et selon une météorologie plus ou moins prévisible ;

- le solaire-photovoltaïque ne donne que 10 à 15% du temps, certes de façon cyclique mais dépendante de la nébulosité, donc de la météorologie.

Cette donnée est rarement mise en lumière, les tenants de ces énergies (militants, politiciens) préférant vanter leur apport en termes de puissance installée, passant sous silence leur faible contribution à la production réelle (au prorata des facteurs de charges sus-indiqués). Régulièrement, au rythme de la progression de puissance installée de ce parc (de l’ordre de 7.000 MW dans l’hexagone à ce jour), le Syndicat des Energies Renouvelables émet des communiqués de victoire, complaisamment relayés par les medias, soulignant les pics de puissance instantanée atteints par le parc éolien.

Les mêmes acteurs se gardent bien de souligner les “pannes de vent” faisant chuter la puissance des aéro-générateurs à quelques % seulement de la puissance nominale (226 et 243 MW respectivement les 22, à 10:45, et 24 juillet 2013 à 11:15, selon le site RTE “éCO2mix”), ce qui se produit de façon récurrente. En cas d’anticyclone chaud, ce n’est guère gênant pour les gestionnaires du réseau, a contrario des grands froids hivernaux qui privent RTE de l’assurance d’une “puissance garantie” substantielle, essentielle à l’équilibre production-consommation (et ce sur toute l’Europe, bien souvent, comme l’a démontré une étude SLC).

 

Il y a plus grave !

L’essor des énergies intermittentes, dopé par l’obligation de leur achat, est tel (l’Allemagne cumule d’ores et déjà plus de MW éoliens et solaires que la France ne compte de MW nucléaires) que certaines conditions (épisodes venteux, soleil au zénith) provoquent des bouffées d’électrons verts submergeant toute l’Europe (Rép. Tchèque, Pologne, Pays-Bas, France, notamment), au gré des lois de Kirchhoff (lois physiques qu’un vote en Assemblée Nationale ne peut abolir !). En période de faible demande (fins de semaine, estivales surtout), ces excédents pèsent sur les cours boursiers, à la baisse bien sûr. Ce qui contraint certains opérateurs à arrêter leurs centrales dites “dispatchables” (c’est-à-dire susceptibles d’être mises à l’arrêt ou démarrées en fonction des besoins du réseau), qu’elles soient au gaz, au charbon ou à l’uranium, en fonction de leurs contraintes propres. Au solstice d’été 2011, EDF dut se résoudre à un véritable gâchis en déversant de l’eau de ses retenues ... sans la turbiner alors que l’hydraulique constitue presque la seule énergie renouvelable vraiment dispatchable. L’idéal serait de pouvoir engranger ces surplus d’énergie, sous réserve de disposer des moyens ad hoc : seule la technique des Stations de Transfert d’Energie par Pompage (STEP), stockant de l’eau en altitude, est industriellement opérationnelle à ce jour mais, à supposer que de telles installations, comme celles de Grand-Maison (38) ou Revin (08), soient acceptées par le public, il en faudrait de quoi ceinturer l’hexagone de Stations de Transfert d’Eau de Mer (STEM) compte tenu des puissances mises en jeu rien qu’en Allemagne !

 

Encore plus préoccupant, sur le moyen terme !

L’obligation d’achat a un autre effet, totalement imprévu : faute d’être le “marché électrique donnant un «signal-prix» cohérent ” (sujet d’interrogation de l’éditorial d’Enerpresse du 23 07 2013), le système européen de promotion des énergies renouvelables engendre, sur les Bourses, des prix d’électricité ... négatifs, des opérateurs préférant payer pour qu’on les débarrasse de leurs propres électrons plutôt que de devoir arrêter leurs propres moyens de production au risque de ne plus pouvoir les redémarrer quand la demande l’exigera ! Situation ubuesque qui dissuade les investisseurs, le modèle économique de leurs moyens de production ne pouvant plus s’appuyer sur des prévisions de recettes crédibles. Des centrales à gaz toutes neuves sont mises sous cocon, en France, en Allemagne ..., même les électriciens suisses en viennent à abandonner leurs projets de STEP si propices à leur commerce habituel !

De ce fait, alors que le parc de production fatale, c’est-à-dire immaîtrisable, ne cesse de croître, celui des moyens garantis, voire dispatchables, stagne. Il devrait même régresser avec l’entrée en vigueur, en 2016, des nouvelles normes environnementales visant les centrales thermiques à flamme. Et c’est dans ce contexte que certain(s) envisage(nt) de se priver des 1760 MW de Fessenheim …

Sans gravité en été (il faut tout de même construire de longues lignes THT pour acheminer une énergie théoriquement destinée à la consommation locale vers les centres de consommation !), cette situation sera ingérable en hiver, sauf délestages, quand la consommation de pointe ne sera plus assurée par une production défaillante pour cause d’anticyclone ...

D’où, pour la toute première fois, de sombres prévisions de RTE qui n’ont pas échappé à la presse spécialisée comme le « Journal de l’Environnement » du 9 07 2013 titrant “Vers un maxi black-out en 2016 ?”. Un tel black-out, hautement probable si l’Europe ne réagit pas, constituera plus qu’un avertissement car les délais de reconstruction d’un parc cohérent feront perdurer quelques années le déséquilibre alors patent, pesant sur la compétitivité de notre économie.

Il est vrai que la France, après l’Espagne (qui en fait les frais …) et quelques autres Etats européens, semble n’avoir d’autres soucis que d’imiter l’Allemagne, ignorant que celle-ci n’en fait qu’à sa tête ; assise sur son lignite et adossée, grâce à Gerhardt Schröder et Joschka Fisher, à ses contrats de gaz russe, elle n’hésite pas à transférer sur ses voisins les déséquilibres de ses réseaux qu’elle ne peut résoudre seule !

De nombreuses voix déplorent l’absence d’une vraie politique européenne. Les risques encourus, en l’occurrence sur le réseau le plus réactif et le plus fragile qui soit, semblent ignorés de nos dirigeants. Le sacro-saint principe de précaution les contraindra-t-il à ouvrir les yeux ?

 

Cet article est le 80ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 17:43

Réunir les conditions pour préserver le climat

 

L’association « Sauvons le climat » (voir Qui sommes-nous ? et Ce que nous voulons) n’a pas été invitée au débat national sur la transition énergétique (voir Delphine Batho : ce qu'a été le grand débat sur la transition énergétique - 3 juillet 2013). Pour autant, elle a des propositions précises à faire, comme on peut le constater, ci-après (communiqué du 24 juillet 2013) :

« Sauvons le Climat » décline ses « 15 propositions du Débat national sur la transition énergétique »

 

N°1 : Une transition qui donne une orientation de Long Terme et qui respecte les engagements de la France.

N°2 : Une transition par tous et pour tous.

N°3 : Priorité à la lutte contre la précarité énergétique.

N°4 : Inscrire l’efficacité énergétique et la sobriété dans le modèle de croissance.

N°5 : un cap incontournable : porter l’ensemble du parc bâti d’ici 2030 à un haut niveau de performance thermique.

N°6 : Pour une mobilité durable.

N°7 : La transition énergétique peut être un levier pour la compétitivité de la France.

N°8 : La transition énergétique,  moteur de dynamisme pour revitaliser le monde rural.

N°9 : Valoriser les forces et les valeurs du système français.

N°10 : Un bouquet énergétique résilient, diversifié, équilibré et compétitif, marqué par le développement des énergies renouvelables.

N°11 : Attirer et orienter massivement les investissements vers la transition énergétique.

N°12 : Renforcer les compétences des territoires pour faciliter la décentralisation de la mise en œuvre de la transition énergétique.

N°13 : Pour développer l’emploi, anticiper, préparer et réussir les transitions professionnelles.

N°14 : une exigence : une politique européenne plus ambitieuse et mieux coordonnée.

N°15 : Conduire et adapter la transition énergétique

 

Rappel : Transition énergétique : après des mois de débats, tout reste à décider - 22 juillet 2013

Sauvons le climat s'est prononcé en AG pour le réalisme énergétique - 15 avril 2013 

 

Cet article est le 79ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 22:23

Des objectifs peu réalistes, de nombreuses difficultés

 

Ce rapport de la Cour des comptes vient à point nommé pour le gouvernement, qui doit préparer un projet de loi, après le grand débat sur la transition énergétique. Voir Le Débat national sur la transition énergétique s'achève sans consensus (Maire Info, 22 juillet 2013).

 

La politique de développement des énergies renouvelables 

 

La Cour des comptes rend public, jeudi 25 juillet 2013, un rapport sur la politique de développement des énergies renouvelables. Bénéficiant d’une énergie moins carbonée et d’une électricité moins chère que la plupart des autres grandes puissances industrielles, notamment en raison de ses parcs hydraulique et nucléaire, la France s’est fixé des objectifs plus ambitieux que de nombreux pays européens en matière d’énergies renouvelables, avec une cible de 23 % de la consommation finale brute toutes énergies à l’horizon de 2020, contre 10,3 % en 2005. Dans son rapport, la Cour analyse les conditions d’atteinte de ces objectifs dans les deux secteurs de la chaleur et de l’électricité, qui représentent respectivement 59,4 % et 40,6 % de l’utilisation des énergies renouvelables (hors biocarburants).

Un effort croissant à consentir

Une conjonction de difficultés

Le besoin de choix de long terme soutenables

Recommandations 

Un effort croissant à consentir 

Longtemps moins encouragée aux niveaux européen et français, la production de chaleur progresse depuis 2005 et constitue le premier usage des ressources renouvelables, devant l’électricité. La production électrique renouvelable augmente également depuis 2005. La place de l’hydroélectricité reste prépondérante, mais avec une progression régulière des productions éolienne et photovoltaïque.

En 2011, la trajectoire que la France s’est fixée était presque respectée. La proportion d’énergies renouvelables (13,1 %) était supérieure à la moyenne des pays de l’Union européenne.

L’objectif de 23 % en 2020 sera néanmoins difficile à atteindre, car l’effort à consentir entre 2012 et 2020 doit être beaucoup plus important que celui accompli entre 2005 et 2011. La production supplémentaire de chaleur et d’électricité renouvelables devra être six à sept fois supérieure à celle déjà réalisée.

Une conjonction de difficultés 

Les coûts de production de la plupart des énergies renouvelables, qui varient dans des proportions très importantes entre les filières et au sein même des filières, sont encore aujourd’hui trop élevés pour assurer leur déploiement sans un soutien public :

-    l’énergie solaire est, globalement, très largement plus coûteuse que les autres sources d’énergie avec, en outre, un large éventail de coûts de production ;

-    la filière éolienne terrestre se situe dans une position intermédiaire souvent très proche de la rentabilité, ce qui en fait une énergie sur le point d’être compétitive ;

-    les coûts de production d’énergie à partir de la biomasse, de la géothermie ou de la puissance hydraulique sont globalement les moins élevés.

L’État met en œuvre de multiples moyens de soutien, souvent complexes : aides à l’investissement, achat de la production à prix garantis, mesures fiscales ou encore financement de programmes de recherche. Il s’est insuffisamment organisé, dispersant ses efforts et n’évaluant pas suffisamment les effets socio-économiques de ses décisions, en particulier le contenu en emplois et l’impact sur la balance extérieure. Le cadre juridique ne facilite pas l’association des collectivités locales.

Par ailleurs, l’acceptabilité sociale des énergies renouvelables, leurs contraintes physiques, voire les conflits d’usage (notamment en ce qui concerne les cours d’eau et l’usage de la biomasse), posent des problèmes difficiles à surmonter. 

Le besoin de choix de long terme soutenables 

L’atteinte des objectifs fixés pour 2020 et au-delà aura un coût élevé pour la collectivité, et conduit à s’interroger sur leur soutenabilité.

L’ensemble des coûts publics de la politique de soutien aux énergies renouvelables peut être globalement estimé à 14,3 Md€ pour la période 2005-2011, dont 3,3 Md€ au titre de la contribution au service public de l’électricité (CSPE).

Sans bouleversement de la politique de soutien menée jusqu’à présent, et en ne prenant en compte que la seule CSPE, le coût pourrait atteindre 40,5 Md€ pour la période 2012-2020, directement supportés par les consommateurs d’électricité, particuliers ou professionnels. S’y ajouteront les dépenses fiscales, les autres aides budgétaires à l’investissement et le financement public de la recherche. Parallèlement, le coût de l’adaptation des réseaux est estimé par ERDF et RTE à 5,5 Md€ à l’horizon 2020.

L’interrogation sur la soutenabilité est d’autant plus importante que les contreparties attendues du soutien financier apporté aux filières renouvelables ne sont pas au rendez-vous, tant en termes de développement industriels que de créations d’emplois.

Afin de préserver les atouts énergétiques français tout en soutenant le développement des énergies renouvelables, des arbitrages s’imposent, à commencer entre les filières à soutenir, notamment en fonction du coût relatif de leur soutien au regard de leur contribution au mix énergétique. L’efficience des dispositifs de soutien (tarifs d’achat, appels d’offres, aides à l’investissement) doit également être un critère de choix.

Par ailleurs, la soutenabilité à long terme de la politique requiert aussi une valorisation réaliste du coût des émissions de CO2, soit par les mécanismes du marché, soit par la fiscalité. 

Recommandations 

La Cour formule huit recommandations :

•    mettre en place un dispositif centralisé du suivi statistique permettant de donner toute la visibilité requise pour éclairer les décisions, notamment en matière de connaissance des coûts de production par filière, des emplois et des marchés ;

•    simplifier le régime juridique applicable à la production d’énergies renouvelables (géothermie, éolien terrestre ;

•    mettre en œuvre une planification et une cartographie des énergies renouvelables en tenant compte des contraintes de raccordement aux réseaux électriques ;

•    réserver les appels d’offre aux technologies les plus en retard dans la réalisation de leurs objectifs de capacité et aux installations qui ne bénéficient pas d’un tarif d’achat fixé par arrêté, afin d’éviter les effets d’aubaine ;

•    organiser un dispositif de contrôle efficace des installations bénéficiant d’un soutien public, notamment dans les filières solaires et biomasse ;

•    réserver les moyens de soutien aux installations les plus efficientes compte tenu de leur coût, de leur part dans la production énergétique et de leur contenu en emplois ;

•    redéployer les crédits au sein du fonds chaleur en faveur des filières les plus efficientes ;

•    revoir le principe du financement par le seul consommateur d’électricité des charges de soutien aux énergies renouvelables électriques, compensées par la CSPE (recommandation déjà formulée par la Cour en 2011). 

 

Consulter le rapport  

 

Voir aussi : Volée de bois vert de la Cour des comptes contre les énergies vertes (Marianne, Charles des Portes, 25 juillet 2013). L'institution de la rue Cambon estime qu’il faut rationaliser le soutien apporté aux énergies renouvelables. Elle considère l’objectif de la France en la matière, « difficile à atteindre ».

 

Cet article est le 78ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 23:57

Pas vraiment un échec, mais de vrais désaccords

 

Le « débat national sur la transition énergétique » devait déboucher sur des « recommandations » servant de base à la future loi de programmation énergétique. En l’absence d’accord sur une dizaine de points, la synthèse des travaux a été faite et s’achève par des propositions d’actions. Le président du comité d’experts, Alain Grandjean, ne veut pas que ce résultat soit qualifié d’échec.

Voir cet article publié le 21 juillet 2013 sur le site du Nouvel Observateur : Transition énergétique : le gouvernement doit tracer un cap ambitieux et clair

 

Voir aussi ce compte rendu du site Maire-Info (Association des maires de France) le 22 juillet 2013 : Le Débat national sur la transition énergétique s'achève sans consensus

 

Rappel : Delphine Batho : ce qu'a été le grand débat sur la transition énergétique - 3 juillet 2013

Débat sur la transition énergétique : les gaz de schiste perturbateurs - 7 juillet 2013

 

Le collectif « Sauvons le climat » a exprimé, le 12 juillet 2013, les Regards de Sauvons le Climat sur les rapports des sept Groupes de Travail du Débat National sur la Transition Energétique

 

Le Débat National sur la Transition Energétique entre dans une phase décisive, celle où les travaux des différents groupes de travail vont faire l’objet d’une synthèse débouchant sur des propositions.

Sauvons le Climat, association comprenant de nombreux experts travaillant sur la problématique climat-énergie et ayant une expérience de terrain, n’a pas été retenue pour participer au collège des associations. Elle est donc à même de porter un regard extérieur sur le résultat tel qu’il s’exprime au travers des sept rapports publiés par les groupes de travail.

SLC note d’abord que le débat a été faussé par la fixation d’un objectif de réduction à 50% du nucléaire dans le mix électrique en 2025, sans examen de la façon dont un tel objectif pouvait être atteint. De plus, les scénariosprésentés n’ont pas été traités avec l’équité voulue, deux des scénarios, celui de l’ADEME et NEGAWATT, ayant bénéficié d’une surreprésentation au sein du CNTE.

L’efficacité économique est restée pratiquement absente  du débat, sauf sous forme d’affirmations peu étayées. C’est pourtant la première préoccupation exprimée par les citoyens invités au débat !

SLC souscrit  pleinement à cet objectif de simplification administrative que l’on retrouve en plusieurs endroits des rapports, en vue d’un cadre réglementaire simple, lisible, stable, proportionné et cohérent avec les objectifs fixés, une simplification qui bien entendu doit bénéficier à toutes les filières de façon équitable.

La non publication des notes d’experts ayant justifié les prises de position des GT ne permet pas d’apprécier la référence faite par les GT à des sujets comme le foisonnement des EnRs à l’échelle européenne ou la place accordée à la RT 2012, alors que, dans un cas comme dans l’autre, des clarifications auraient été nécessaires.

Le travail entrepris manque cruellement d’analyses préalables de nature à éclairer le débat. C’est le cas notamment (i) des expériences de pays qui, comme la RFA, font pour certains figure de pionnier en matière de transition (le surcoût dû aux EnRs devrait y dépasser 53 €/MWh en 2013 – contre 7€/MWh en France) ou (ii) de la politique conduite  à Bruxelles.

C’est pourtant Peter Altmaier, ministre allemand de l’environnement, qui nous dit : la plus grave erreur que nous avons commise fut de financer les renouvelables à guichet ouvert, (en d’autres termes, l’obligation d’achat). On ne saurait être plus clair. Philip Lowe,  ancien directeur général de l’énergie à la Commission, ne dit pas autre chose.

Pour SLC, le coût du carbone évité doit être le déterminant essentiel des décisions d’investissements, notamment dans ces deux secteurs que sont le bâtiment et les transports

SLC appelle à la prudence face à un rééquilibrage du mix énergétique en faveur de sources d’énergie, certes séduisantes, mais qui n’en sont encore qu’au stade du laboratoire ou ont un coût exorbitant pour la communauté. Il rappelle la nécessité de rééquilibrer les subventions aux EnRs en faveur des énergies thermiques.

S’agissant enfin de l'évolution du parc nucléaire français, les décisions devraient être fondées sur des critères économiques chiffrés, sur les impacts industriels et sociaux  et sur le respect rigoureux des décisions de l’Autorité de sûreté.

SLC conclut ces brèves remarques en reprenant pleinement à son compte la conclusion des auteurs du GT3 :

Compte tenu des délais impartis au GT pour mener ses travaux, il (le GT3) considère qu’il n’a pas épuisé la problématique de l’intégration des EnRs aux réseaux et recommande que les réflexions sur cette question soient poursuivies, au-delà des présents travaux du GT.

Ce à quoi on pourrait ajouter : « dans la transparence» c’est à dire en mettant à la disposition du public les notes d’experts.

Ces différents points sont développés dans l’étude "Regards de SLC sur les rapports des 7 Groupes de Travail du Débat National sur la Transition Energétique" que l’on trouvera sur le site www.sauvonsleclimat.org

Pour prendre connaissance d’un autre communiqué (16 juillet 2013) de Sauvons le climat, cliquez ici

 

Pour sa part, le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) a publié le 12 juillet 2013 ce communiqué de Christophe Mouton (secrétaire national au développement durable) : Hausse des tarifs de l'électricité : oui à l'investissement productif, non à la spéculation

 

Cet article est le 77ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 23:54

Une nouvelle ligne majoritaire, plus favorable à l’industrie ?

 

Le débat est ouvert au sein du gouvernement à propos des gaz de schiste, mais pas seulement. Car la question porte sur l’orientation qui va être donnée à la deuxième phase du quinquennat de François Hollande.

 

L’approbation du rapport de Louis Gallois a pour conséquence de rompre avec la ligne qui avait nourri l’accord PS-EELV de 2011. Delphine Batho mettait en œuvre cette politique soutenue par les écologistes. Voir Delphine Batho : ce qu'a été le grand débat sur la transition énergétique - 3 juillet 2013. 

 

Le rapport Gallois, c’est une politique volontariste de redressement de l’industrie et de l’emploi, qui se rapproche davantage de l’accord PS-MRC de mars 2012. Voir Reprendre en mains notre avenir»: l'accord politique et électoral PS-MRC et Législatives 2012 : l'accord PS-MRC entre en application sur le terrain car Le contexte énergétique mondial pousse à revoir les choix de la France -  4 juillet 2013.

 

Les gaz de schiste agissent comme un révélateur de la fracture politique de la majorité présidentielle.

Rappel : Gaz de schiste : défenseurs de l'environnement et industriels opposés - 24 avril 2011 

Débat sur la transition énergétique : les gaz de schiste perturbateurs - 7 juillet 2013

 

Dans un premier temps, le Premier ministre a annoncé 722:31Douze milliards d'euros supplémentaires consacrés aux "investissements d'avenir" (Le Monde, 9 juillet 2013)  obtenant l’approbation des écologistes.

 

Au même moment, le ministre du redressement productif s’exprimait devant une commission parlementaire.

Voir Montebourg veut un groupe public pour exploiter le gaz de schiste (Le Monde, 10 juillet 2013) et « Pour les gaz de schistes, sans illusion » (Marianne, 11 juillet 2013).

 

Puis, ce 11 juillet, le Premier ministre a réaffirmé la position du gouvernement, mais c’est une position d’attente de décisions à venir :

Gaz de schiste : Ayrault réaffirme l'interdiction de l'exploitation

 

Cet article est le 76ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 22:31

La réflexion sur l’énergie mériterait être approfondie

 

La question énergétique, plus précisément, le débat sur la transition énergétique, est principalement à l’origine du départ de la ministre Delphine Batho du gouvernement. Celui-ci a pris un nouveau cap en adoptant l’essentiel des mesures préconisées par le rapport Gallois (voir Rapport Gallois : les 22 propositions pour reconquérir la compétitivité - 6 novembre 2012).

 

Or, la ministre de l’énergie mettait en œuvre le programme de François Hollande, inspiré des accords passés entre les écologistes (EELV) et le PS. Voir Delphine Batho : ce qu'a été le grand débat sur la transition énergétique - 3 juillet 2013. La ministre a fait l’impasse sur de nombreux sujets importants et a voulu aboutir à un consensus, qu’elle n’a obtenu, en fait, que par l’épuisement des participants au débat.

 

Les bouleversements constatés dans le monde sur le marché de l’énergie (révolutions arabes qui ont eu un impact sur l’énergie, accident de Fukushima (Voir Japon : le tsunami était la cause de l'accident nucléaire de Fukushima - 11 mars 2012) qui redéfinit la place de l’énergie nucléaire, la Chine devenue le premier investisseur mondial en énergies renouvelables, gaz et pétrole de schiste - « shale gas » - aux USA) n’ont pas été introduits dans le débat sur la transition énergétique (voir Le contexte énergétique mondial pousse à revoir les choix de la France - 4 juillet 2013).

 

Olivier Appert, président du Conseil français de l’énergie (voir Le contexte énergétique mondial, étudié lors du colloque Res Publica - 27 mai 2013 - les actes de ce colloque seront publiés dans quelques semaines)  évoque un changement de paradigme depuis trois ans dans le secteur de l’énergie. Entre 2009 et 2010, les prévisions de production de « shale gas » ont doublé aux USA. Ce pays, qui était importateur de gaz naturel liquéfié devient exportateur de gaz. La transition énergétique est incontournable, afin de diminuer les gaz à effet de serre, mais comment y parvenir ?

L’efficacité énergétique est un élément majeur. L’énergie nucléaire aura une place limitée. Les énergies renouvelables plafonnent à 17 % (dont la moitié à partir de la biomasse). Un pic d’investissements - 302 milliards de dollars - a été constaté en 2011 (recul en 2012, suite au problème des aides publiques). La captation du CO² (avec stockage en profondeur) est un enjeu supérieur aux renouvelables.

Les ressources potentielles en énergies fossiles (pétrole et gaz) continueront d’exister mais il y a un vrai problème de répartition géographique des réserves. Le défi du CO² est d’autant plus important que la conférence sur ce thème (recherche d’un consensus pour sauver la planète) aura lieu à Paris en 2015. Les pays développés (OCDE) sont responsables des deux tiers des émissions de CO² depuis le début mais les pays émergents sont passés devant.

 

Un rapport parlementaire (Voir, sur le site de l’Expansion, 6 juin 2013 : Gaz de schiste: le rapport qui relance la polémique) présenté au Sénat le 6 juin 2013 par Jean-Claude Lenoir (sénateur UMP) et Christian Bataille (député PS), conclut à la possibilité d’exploiter les gaz et pétroles de schiste selon des méthodes dont l’impact serait acceptable pour l’environnement, une façon de contourner la loi du 13 juillet 2011 qui interdit en France la méthode de la fracturation hydraulique pour la recherche de ces hydrocarbures non conventionnels. C’est le rapport Gallois, en novembre 2012, qui a déclenché cette mission parlementaire sur les techniques alternatives à la fracturation hydraulique.

 

Ainsi, les gaz et pétroles de schiste viennent s’ajouter au vieux débat sur l’énergie nucléaire. Voir les réactions d’un blog antinucléaire, le 10 juin 2013, à un Point de vue publié par Ouest-France le 5 juin 2013 sous le titre Transition énergétique : le vrai débat » par Bertrand Barré, enseignant à Sciences Po Paris, professeur émérite à l’Institut national des sciences et techniques nucléaires.

 

* Rappel : Gaz de schiste : défenseurs de l'environnement et industriels opposés - 24 avril 2011 

 

Rappel complémentaire : le débat-confrontation organisé par CIVIQ le 26 octobre 2006 à Saint-Berthevin. Voir Echos de la rencontre CIVIQ du 26 octobre à Saint-Berthevin - 27 octobre 2006

Exposé de Gérard Pierre sur les énergies - rencontre CIVIQ 26 10 06 St-Berthevin - 21 avril 2007 et Exposé de Michel Lemosquet sur les énergies - rencontre CIVIQ St-Berthevin

 

Cet article est le 75ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 23:52

Difficultés de l’éolien et du solaire, attrait du gaz de schiste

 

L’accord de gouvernement passé entre le PS et les écologistes en novembre 2011, qui s’est révélé être un succès électoral aux élections législatives de juin 2012, semble se heurter à la réalité en 2013, ce qui pourrait expliquer le départ de la ministre Delphine Batho du gouvernement, le 2 juillet, dans des conditions bien peu académiques.

 

Conseil national MRC 240313 016 TVoir, à ce sujet, le communiqué de Gérard Pierre (MRC), publié le 3 juillet dans Le Bien Public (Côte-d’Or) : Gérard Pierre (MRC) : « Mme Batho est victime de l’accord intenable entre le PS et EELV ». Rappel des faits et commentaires par Gérard Pierre (extraits).

 

Martine Aubry (PS) signe avec EELV un accord électoral qui comporte entre autres :


• La réduction de la part du nucléaire de 75 à 50 % à l’horizon de 2025, c’est au-delà de la mandature et ne peut donc pas être considéré comme un engagement.
• La fermeture progressive de 24 réacteurs sans aucun nouveau projet de construction.
• L’arrêt immédiat de Fessenheim (reporté en 2016 par le président Hollande).
• La reconversion de la filière MOX (article supprimé de l’accord ensuite par l’équipe de Hollande, cet article aurait été mortifère pour la filière nucléaire).
• Un plan de réduction de la consommation d’électricité (bizarrement pas de l’énergie, donc augmentation de la consommation des énergies fossiles) (…).

 

Cet accord n’est tenable ni écologiquement ni économiquement. Il suffit de regarder les résultats de l’Allemagne pour s’en convaincre :

• Augmentation des émissions de CO2 par le développement des centrales au charbon.
• Coût estimé de "Energiewende" allemande par Altmeier (ministre allemand de l’Environnement) 1 000 Milliards d’€. Si l’Allemagne a peut-être les moyens de dépenser cette somme, ce n’est pas le cas de la France.

Actuellement, chaque Allemand rejette 60 % de CO2 de plus que chaque Français.
Les Verts seraient beaucoup mieux inspirés d’être plus écologistes en étant moins antinucléaires…

Voir L'accord PS et EELV : volet énergétique (Gérard Pierre, MRC, 24 novembre 2011)

 

Depuis l’accord de 2011, il s’est produit, en matière d’énergie, deux éléments nouveaux : les difficultés de l’éolien et du solaire d’une part, et la poussée des gaz de schiste d’autre part.

 

Voir, d’une part, L'éolien et le solaire créent la pagaille (Challenges, Nicolas Stiel, 28 juin 2013)

Gérard Pierre explique les problèmes posés, suite aux décisions énergétiques prises par l’Allemagne, où le prix de l’électricité a été multiplié par 2. Le vent et le soleil produisent de l’électricité par intermittence. Il arrive que les deux s’arrêtent en même temps. Dans ce cas, il faut faire appel aux centrales à gaz, non rentables. L’Etat les subventionne pour les maintenir en vie et, globalement, l’Allemagne produit trop d’électricité. Les répercussions se font sentir en France, ce qui accroît les risques accrus de panne électrique européenne. L’inorganisation de l’Europe est dangereuse, mais une Europe de l’énergie qui serait sous domination allemande n’est pas, non plus, acceptable.

 

Voir, d’autre part, Le contexte énergétique mondial, étudié lors du colloque Res Publica - 27 mai 2013. Cette réunion, le 17 juin 2013, proposée par la Fondation Res Publica (voir Présentation de la Fondation), a mis en évidence les problèmes posés à la France et à l’Europe dans le nouveau contexte énergétique mondial.

 

Olivier Appert, président du Conseil français de l’énergie, a montré les bouleversements du marché de l’énergie, qui autorisent à parler de nouveau paradigme, et les défis liés à la croissance de la demande en énergie et au changement climatique. Dans le débat, il a évoqué les possibilités de recherche du pétrole en Guyane et en Méditerranée, mais les opérateurs ont été dissuadés de poursuivre leurs travaux. Il y aurait du gaz de houille (grisou) en Lorraine, couvrant 5 % environ de nos besoins en gaz (Lacq : 1 %) et, concernant le gaz de schistes (sud-est de la France) et le pétrole de schistes (bassin parisien), l’autorisation de pouvoir évaluer les réserves n’a pas été donnée.

En matière de politique énergétique, des convergences existent entre la France et la Grande-Bretagne.  L’Allemagne en est très éloignée. Elle joue sa carte solitaire, sans aucune concertation, de manière irrationnelle.

 

Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation, a noté que la France importe 69 milliards d’euros en gaz et pétrole. Il se demande comment évoluera le prix du gaz, compte tenu des gaz de schistes, produits essentiellement par les USA et la Chine. Il constate beaucoup d’inconnues et de préjugés. Les opinions publiques sont façonnées, l’esprit critique ne pouvant fonctionner que si des informations circulent. Il n’y a pas de concertation européenne. La décision allemande est souveraine. Le débat sur la transition énergétique en France est plutôt inquiétant. Il faudrait ralentir pour y voir plus clair en ce qui concerne la fermeture de Fessenheim, voir s’il est opportun de prolonger la durée de vie des centrales nucléaires. Le coût des énergies renouvelables est élevé. Il faudrait un effort de recherche pour réduire le coût de revient du solaire (augmenter la durée de vie des panneaux photovoltaïques). Il n’est pas possible de laisser aller la facture d’électricité. Il a manqué une vue à long terme dans le pays de Descartes et de l’esprit critique. Il y a de quoi se poser beaucoup de questions.

A noter, concernant les gaz de schistes, que Louis Gallois, dans son rapport remis le 5 novembre 2012, préconisait de rouvrir le débat. Voir Rapport Gallois : Les gaz de schiste enterrés, de nouveau, par le gouvernement (L’Usine Nouvelle, Ludovic Dupin, 5 novembre 2012).

 

Cet article est le 74ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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