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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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6 août 2020 4 06 /08 /août /2020 22:23

 

Europe : le choc du réel

 

Le 26 mai 2019, avaient lieu les élections européennes. Emmanuel Maurel avait animé une réunion publique à Laval. Voir Européennes 2019 : réunion de la liste Manon Aubry le 14 mai à Laval.

 

Elu sur la liste de La France insoumise en mai 2019 (après un mandat de cinq ans avec le groupe des socialistes), Emmanuel Maurel est membre du groupe de la Gauche unitaire européenne. Notons avec satisfaction que Les insoumis sont les Français les plus actifs au Parlement européen.


 

Le nouveau parti de la Gauche républicaine et socialiste (GRS), qu'il anime au niveau national (voir aussi Gauche Républicaine et Socialiste), était associé à La France insoumise (LFI) lors des élections européennes 2019.

 
Au bout d'un an de mandat, il publie le document "Europe : le choc du réel – 1 an de mandat". Une première année marquée par la crise du Coronavirus Covid-19.


 

A noter aussi cette vidéo compte-rendu de mandat d'Emmanuel Maurel. Et cette intervention récente au Parlement européen Emmanuel Maurel - NON AU DÉPEÇAGE DE L'INDUSTRIE.

 
Le 4 août 2020, Emmanuel Maurel interrogeait la Commission européenne après la non ratification par le parlement de Chypre du traité commercial de l'UE avec le Canada (CETA).

"En conséquence, pouvez-vous nous indiquer à quelle date l’application « provisoire » du CETA sera suspendue ? Par ailleurs, n’est il pas temps de réinterroger la politique commerciale de l’Union ?"

Voir Chypre refuse le CETA : sa suspension doit intervenir rapidement


 

Cet article est le 3163 ème sur le blog MRC 53 - le 153ème , catégorie France et Europe

Emmanuel Maurel intervenait à Laval (Mayenne) le 14 mai 2019 lors d'une réunion publique dans le cadre de la campagne des élections européennes.

Emmanuel Maurel intervenait à Laval (Mayenne) le 14 mai 2019 lors d'une réunion publique dans le cadre de la campagne des élections européennes.

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17 mai 2019 5 17 /05 /mai /2019 22:17

 

Emmanuel Maurel : "Pour obéir au peuple, se préparer à désobéir aux traités"

 

La réunion publique organisée en Mayenne par la France insoumise et la Gauche Républicaine et Socialiste a eu lieu à Laval le 14 mai. Voir (11 mai) : Européennes Laval : réunion publique de la liste Manon Aubry le 14 mai.

Voir aussi (11 mai) : L'Europe divise la gauche et rapproche la GRS de la France insoumise
 

Christelle Hunault a lancé la réunion, parlant des résistances en Mayenne menées contre les politiques libérales, notamment concernant les services publics. Puis se sont succédé les trois candidats, Matthias Tavel, Edith James et Emmanuel Maurel, avant de répondre aux questions de la cinquantaine de personnes présentes.
 

Matthias Tavel commence par indiquer que la diversité des candidats ici présents est à l'image de la composition de la liste conduite par Manon Aubry. Il souhaite que les Gilets jaunes soient aussi nombreux à mettre des bulletins dans les urnes qu'ils l'étaient sur les rond-points.

Des phrases-choc. La politique est l'affaire de tous. Le vote-sanction contre Macron est un vote de légitime défense. Quand tout sera privé, on sera privé de tout.

L'un des enjeux de ces élections, c'est le maintien ou non de l'austérité budgétaire et de la course au moins-disant fiscal. L'UE nous touche au quotidien. Elle fait une politique qui profite aux riches, pas au peuple. Macron et Le Pen sont les Dupont et Dupond de la politique. Il y a un lien entre ces politiques et la démocratie. Pour eux, le peuple est un problème, pour nous il est la solution.

Le traité budgétaire de 2012 a institué le semestre européen, qui contraint les Etats à perpétuer des politiques d'austérité. Comment, dans ces conditions, investir dans la transition énergétique ?

Nous avons le choix entre le modèle actuel du tout-marché et le modèle républicain. Voter pour notre liste le 26 mai, c'est dire stop à Macron, envoyer à Strasbourg des députés de combat et préparer le futur de la France.
 

Edith James se présente comme étant une militante de base, intervenant pour la 3ème fois seulement en public, intéressée surtout par la transition écologique et énergétique.

Elle cite en exemples le combat du groupe des 17 députés LFI à l'Assemblée nationale pour l'urgence climatique.et celui mené par Younous Omarjee, député LFI au Parlement européen, pour interdire la pêche électrique.

Elle défend la règle verte, qui consiste à ne pas prendre à la nature plus qu'on ne peut lui restituer.
 

Emmanuel Maurel commence par évoquer le "hold-up" de Macron, le combat des Gilets jaunes, la sanction électorale le 26 mai contre Macron. Notre maître-mot, c'est la souveraineté, économique, alimentaire, diplomatique et en défense (pas l'OTAN).

Nous ne sommes pas hostiles à l'idée européenne mais nous ne voulons pas de cette Europe à côté ou contre les peuples. Nous refusons le traité de Lisbonne après le NON au référendum de 2005. Nous n'acceptons pas ce qui a été fait à la Grèce en 2015 et la réponse de Juncker, qui fait passer le respect des traités avant la démocratie.

Nous disons le contraire. Nous voulons obéir au peuple et nous sommes prêts à désobéir aux traités. Car ces traités figent dans le marbre des orientations politiques qui obligent à l'austérité budgétaire, ce qui a pour effets de fermer des hôpitaux, des coupes dans les services publics. Le principe de la concurrence libre et non faussée interdit les aides d'Etat à l'économie. La Cour de justice refuse les aides publiques au logement social pour ne pas introduire des distorsions de concurrence. Il commande de privatiser les barrages hydroélectriques comme les autoroutes, les biens communs que sont l'eau et l'énergie. Le marché libre implique la libre circulation des capitaux, non seulement au sein de l'UE mais aussi avec les pays tiers. C'est ainsi que la Chine peut acheter des terres agricoles en France, des ports, des aéroports. Les impôts sur les sociétés tendent vers zéro. Des pays comme le Luxembourg, les Pays-Bas, Malte, l'Irlande, font du dumping fiscal.

Les traités de libre-échange pour faciliter le commerce sont la religion de l'UE. Au moment du TAFTA négocié entre l'UE et les USA, même les députés européens membres de la commission du commerce (dont Emmanuel faisait partie) n'avaient pas accès aux documents de négociation. Ils l'ont obtenu dans des conditions très restrictives (fouille, salle sécurisée). Leur ténacité a permis l'interruption des négociations. Mais elles sont actuellement relancées. L'UE réintroduit le TAFTA par la fenêtre.

La logique du libre-échange est absurde (prix, coûts). Ainsi les importations de lait (19 000 km). Il faut faire l'inverse, relocaliser la production : c'est le protectionnisme solidaire. Un autre traité, le TISA, négocié en Suisse, concerne les services (eau, santé, déchets), dans le but d'introduire déréglementations et dérégulations.

Le Parlement européen a le pouvoir de refuser par le vote les traités de libre-échange. La libéralisation du fret ferroviaire a été votée par 24 voix de majorité.

Voter pour notre liste, c'est voter pour des députés qui auront la capacité de se battre, de renverser la table, de faire en sorte que les rouages tournent moins vite. Vous pouvez compter sur nous. Nous comptons sur vous.

Ensuite, les candidats ont répondu aux questions de la salle.

Cet article est le 3131 ème sur le blog MRC 53 -  le 152ème , catégorie France et Europe

Le 14 mai 2019, salle du Palindrome à Laval, de gauche à droite : Emmanuel Maurel, Christelle Hunault, Matthias Tavel et Edith James.

Le 14 mai 2019, salle du Palindrome à Laval, de gauche à droite : Emmanuel Maurel, Christelle Hunault, Matthias Tavel et Edith James.

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11 mai 2019 6 11 /05 /mai /2019 13:53

 

Participation des candidats Edith James, Matthias Tavel et Emmanuel Maurel

 

Le rendez-vous est proche. La liste de la France insoumise conduite par Manon Aubry organise une réunion publique participative dans le cadre de la campagne des élections européennes qui auront lieu le 26 mai 2019 en France.

Cette liste - qui a l'appui de Jean-Luc Mélenchon - propose cette rencontre

Mardi 14 mai 2019 à 19h30 à Laval, Le Palindrome (salle n°1), 25 rue Albert Einstein.

Cette soirée sera introduite et présentée par Christelle Hunault, membre des Insoumis de Laval. Interviendront ensuite les trois candidats présents : Matthias Tavel (Sarthe), Edith James (Loire-Atlantique) et Emmanuel Maurel, député européen sortant et l'un des animateurs de la Gauche Républicaine et Socialiste depuis les Rencontres Fondatrices de Valence le 3 février 2019.

- Matthias Tavel : voir Matthias Tavel - La France insoumise. "Mon premier engagement politique a été en 2005 à l’occasion du référendum sur le traité constitutionnel européen. J’ai fait campagne pour le « non » car j’étais convaincu qu’aucune politique républicaine, sociale et écologiste ne pouvait être menée avec le traité qu’on nous proposait. La suite n’a fait que confirmer cette crainte. Si on veut changer les choses en France, il faut sortir des traités et faire respecter la souveraineté du peuple !"
Livres : Le cauchemar européen: comment s'en sortir!, Insoumis, en Europe aussi!
- Edith James : voir Edith James - La France insoumise. "Après le bac, je suis entrée à l’Université dans un cursus de géographie, préoccupée par les problématiques environnementales et le dérèglement climatique. J’ai milité auprès de Greenpeace, je suis passée par la maison de résistance à la poubelle nucléaire de Bure tout en m’intéressant aux différents mouvements citoyens comme ATTAC, Nuit Debout, Les Colibris, Alternatiba et aux luttes collectives pour une société plus juste, inclusive et féministe".

- Emmanuel Maurel : voir Emmanuel Maurel - La France insoumise. "Depuis 2014, je suis député européen, membre des commissions « commerce international » et « affaires économiques ». Après le scandale « Panama Papers », je participe également à la commission d’enquête sur l’évasion fiscale. Tout au long de mon mandat, je m’engage notamment contre les méga-accords commerciaux qui vont à l’encontre des intérêts des salarié·e·s, des consommateur·rice·s et du respect de la planète (TAFTA, CETA, JEFTA…). Je me mobilise également en faveur du protectionnisme solidaire, proposant des textes législatifs visant à défendre les salaires, les savoir-faire et les territoires menacés par les délocalisations et le dumping social. Enfin, je suis en première ligne dans le combat pour une fiscalité plus juste au moment où les multinationales comme McDonalds, Facebook, Google, etc. ne paient quasiment pas d’impôts dans les pays où ils réalisent des bénéfices. En octobre 2018, je quitte le Parti Socialiste afin de fonder l’APRES (Alternative pour un Programme Républicain, Écologiste et Socialiste). Au Parlement, je siège désormais au groupe de la Gauche unitaire européenne".
 

Voir aussi : Emmanuel Maurel - Wikipédia et en tant que député européen Emmanuel MAUREL.

L'équipe de campagne en Mayenne est composée de membres de La France insoumise et de la Gauche Républicaine et Socialiste.
 

Cet article est le 3124 ème sur le blog MRC 53 -  le 151ème dans la catégorie France et Europe

L'affiche de cette réunion publique à Laval le 14 mai, avec les trois candidats intervenants

L'affiche de cette réunion publique à Laval le 14 mai, avec les trois candidats intervenants

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21 avril 2018 6 21 /04 /avril /2018 21:38

 

Au bout d’une année, il est urgent de lancer cette alternative citoyenne

 

Un an de macronisme. Nous savons maintenant ce qu’il est. Il est temps de lancer une alternative globale au projet Macron, qui est global.

 

Pour une alternative politique à Macron

 

Macron prolonge, en les radicalisant, les politiques de ses deux prédécesseurs, Sarkozy et Hollande qui étaient complices - et ce n’était pas l’effet du hasard - de la décision de ne pas tenir compte des résultats du référendum du 29 mai 2005. Ils voulaient graver dans le marbre constitutionnel les traités européens interdisant, de fait, toute autre politique que néolibérale dans un pays de l’Union européenne.

Le projet du président de la République est global, à la fois sociologique - il rassemble les catégories sociales favorisées : la bourgeoisie d’affaires, grands propriétaires, professionnels impliqués dans la mondialisation - et idéologique - il galvanise les valeurs libérales, autant culturelles qu’économiques. Ce projet correspond à ce qu’attendent impatiemment les élites de l’oligarchie européenne, qui ne cessent d’appeler aux réformes libérales en France.

Le président Macron utilise l’autorité de l’État pour passer en force car il n’ignore ni la robustesse du modèle social républicain, issu de la Révolution française, ni la résistance démocratique dont est capable le peuple français quand l’enjeu est décisif pour la souveraineté nationale. Il sait que son bloc élitaire d’adaptation à la mondialisation libérale est en fait minoritaire sociologiquement dans le pays.

Ayant réussi au niveau national à défaire la droite et la gauche, en rassemblant les libéraux réformateurs de droite, du centre et de gauche, il lui reste à accomplir la même performance au niveau européen lors des élections de mai 2019, afin de consolider son pouvoir en France.

La seule question qui vaille est celle de l’existence, ou non, d’un projet alternatif à celui de Macron. Aujourd’hui, la réponse est non. Or, il y a urgence.

- L’alternative pourrait venir de la droite conservatrice, si elle acceptait de s’accorder avec l’extrême droite. Mais cela provoquerait des fuites importantes de son électorat vers le pouvoir macronien.

- Cette alternative peut-elle venir de la gauche, qui repart à zéro (25 % de l’électorat actuellement), à la suite de la désertion d’une partie de ses électeurs vers le libéralisme au pouvoir ?

Ma conviction est qu’il existe une voie étroite mais réelle pour un projet républicain alternatif au néolibéralisme européen, prenant appui sur la citoyenneté et la capacité du peuple français à se prendre en mains. En mobilisant les énergies et les intelligences citoyennes.

Cela suppose - dans un premier temps - de ne pas mettre en avant le clivage droite-gauche, car il a perdu sa pertinence dans l’ambiance néolibérale de la politique actuelle. Mais, par nature, ce projet républicain sera porté pour l’essentiel par des forces de gauche, avec l’appui de républicains combattant le néolibéralisme et l’européisme atlantiste. L’engagement qui sera exigé des citoyens sera de se mettre au service du peuple et de la nation.

Mes références, au moment où j’écris ces lignes, sont les auteurs des livres que je lis en ce moment : Benoît Biteau, le paysan charentais qui a publié « Paysan résistant ! » et Pierre de Villiers, le général vendéen qui a résisté à Macron et publié « Servir ». Ce sont des personnalités qui ont comme point commun d’être de grande valeur, autant humaine que professionnelle, et de servir l’intérêt général.

En résumé, je propose une forme de réalisme politique qui consiste à prendre acte de la réussite de Macron, qui a occupé le terrain délaissé par des élites coupées du peuple et de l’intérêt national. Et à en tirer la leçon. En organisant l’alternative sous la forme d’un projet de rassemblement, républicain et citoyen.

Pour ma part, je vais porter cette proposition au sein du Mouvement Républicain et Citoyen. Et la confronter au réel au niveau local (département de la Mayenne et, plus précisément, commune de Saint-Berthevin) par le canal de Réseau CiViQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne).
 

Cet article est le 3067 ème sur le blog MRC 53 - le 150ème dans la catégorie France et Europe

Pour une alternative républicaine au projet élitaire de Macron
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4 avril 2018 3 04 /04 /avril /2018 22:16

 

La France doit se ressaisir et rejeter l’imposture néolibérale

 

Les perturbations liées à la grève des cheminots - principalement les conducteurs, aiguilleurs et contrôleurs de la SNCF - sont la conséquence de décisions erronées des représentants de la France au sein de l’Union européenne depuis deux décennies. L’ouverture à la concurrence a été faite dans l’optique de baisser les rémunérations salariales des cheminots et de démanteler la SNCF. Voir Wikipédia : Ouverture à la concurrence du transport ferroviaire en France. Nos représentants n’auraient pas dû l’accepter.

Résister à l’imposture néolibérale est salutaire et, au-delà des perturbations occasionnées par la grève au quotidien, l’intérêt profond du pays est de rejeter l’alignement de la France sur la norme européenne qui vise à contrarier les services publics et favoriser l’entrée des entreprises privées dans tous les rouages de la société.

Les cheminots résistants luttent pour la rénovation et le renforcement du service public ferroviaire. Ils ont raison car c’est la seule façon de faire face aux exigences de notre temps, à commencer par la question du changement climatique et la protection de l’environnement.

Voir (14 mars 2018) LE SERVICE PUBLIC : Une idée moderne, révolutionnaire ! et (20 mars 2018) Le MRC pour la défense de tous nos services publics !.

Communiqué de Jean-Luc Laurent, président du MRC

Pendant des décennies nous nous sommes enorgueillis de posséder parmi les services publics les plus performants du continent et au delà, nous nous sommes vantés des succès de nos grandes maisons : SNCF, EDF, Air-France, ou encore PTT. Puis les gouvernements successifs ont peu à peu cédé aux chimères de la privatisation, qui pour satisfaire aux demandes de l’OMC, qui pour satisfaire aux exigences de la commission européenne qui répète comme un mantra son dogme de l’ouverture à la concurrence. 
Aujourd’hui c’est la SNCF qu’il faudrait « mettre au pas » en transformant l’établissement public en société anonyme, en fermant davantage de lignes non rentables, en enterrant le statut des cheminots... Et d’oublier volontairement que le bilan général de ces privatisations, qu’il s’agisse d’exemples étrangers ou d’un recul critique sur nos propres expériences, varie entre « catastrophique » et « franchement médiocre », pour les salariés de ces entreprises comme pour les usagers de ces services. 
Une entreprise ou un établissement public n’a pas vocation à dégager du profit mais à remplir une mission d’intérêt général essentielle à la cohésion d’un peuple et d’une Nation : assurer l’égal accès de tous les citoyens à des biens ou services considérés comme primordiaux et ce à un prix raisonnable. Cela concerne, entre autre, l’électricité, l’eau, la santé, le logement et évidemment la mobilité !  
Le Mouvement Républicain et Citoyen, attaché à nos services publics qui œuvrent tous les jours pour le bien commun, appelle à participer aux marches qui se tiendront jeudi 22 mars et celles qui suivront.  
Défendre la SNCF contre son délitement programmé, c'est défendre tous les autres services publics qui seront, sans aucun doute, les prochaines victimes de ces attaques purement idéologiques. 
Face à cette offensive libérale, le rassemblement des citoyens pour des services publics de qualité et l'union de toutes les forces, tant politiques que syndicales, est la condition sine qua non à la mise en échec de cette réforme.

 

Arguments en faveur de la réforme ferroviaire

- Les premières annonces gouvernementales (vie-publique, 26 février 2018) : Réforme de la SNCF : les annonces du gouvernement suite au rapport Spinetta

- Le parti majoritaire (2 mars 2018) : Réforme ferroviaire | La République En Marche

- Un nouveau pacte ferroviaire (Premier ministre, 20 mars 2018) : Réforme ferroviaire 2018 : questions, enjeux et décryptages

Arguments contre la réforme ferroviaire

- Jean-Michel Naulot, 2 avril 2018 : SNCF: pourra-t-on maintenir le service public?

- Nolwenn Weiler, 3/04/18 : Comment la dette de la SNCF enrichit les marchés financiers

- Vincent Ortiz, 4 avril 2018 : La guerre psychologique des médias contre les grévistes

Extrait (Le Vent Se Lève). De nombreuses grèves ont éclaté ces dernières semaines dans plusieurs secteurs : le transport, mais aussi l’aviation, la santé, l’énergie, – auxquelles il faut ajouter les mobilisations étudiantes. Au premier abord, leurs revendications sont diverses et variées : les grèves de la SNCF et des salariés d’EDF sont une protestation contre les projets de privatisation de leur secteur ; les infirmiers réclament une augmentation des moyens alloués aux hôpitaux ; les salariés d’Air France revendiquent quant à eux une hausse de leurs salaires, gelés depuis 2011. En réalité, toutes ces grèves sont en dernière instance une réaction, directe ou indirecte, au programme d’austérité budgétaire et de libéralisation du monde du travail mis en place par le gouvernement d’Emmanuel Macron. Les économies budgétaires, les projets de privatisation, le gel des salaires, découlent mécaniquement de cet agenda politique dont il ne faut pas sous-estimer la cohérence. Il est celui que réclament les grandes fortunes françaises – et européennes. Celles-ci trouvent tout leur intérêt dans le gel des salaires, qui permet de maximiser leurs profits – toute hausse de salaire correspondant, jusqu’à preuve du contraire, à une baisse des profits – et dans les privatisations, qui leur permettront de faire main basse sur des biens étatiques. Cette politique a un nom : le néolibéralisme, et un agent : l’Union Européenne.

 

Cet article est le 3066 ème sur le blog MRC 53 - le 149ème dans la catégorie France et Europe

Photo Ouest-France - Inauguration à Rennes, le 1er juillet 2017, de la ligne à grande vitesse Bretagne Pays de la Loire, par le président de la République Emmanuel Macron

Photo Ouest-France - Inauguration à Rennes, le 1er juillet 2017, de la ligne à grande vitesse Bretagne Pays de la Loire, par le président de la République Emmanuel Macron

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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 22:30

 

Deux réponses différentes pour la France, avec ou sans sortie de l’euro

 

Les chiffres du commerce extérieur de la France au premier semestre 2017 marquent une forte dégradation du solde (exportations-importations). La France creuse son déficit pendant que l’Allemagne augmente son excédent, dans des proportions qui donnent le vertige. Ce déséquilibre structurel est, pour une part importante, lié à l’existence de l’euro, monnaie unique pour les deux pays, alors que leurs performances économiques sont divergentes.

Le constat et l’explication sont dans cet article du quotidien Ouest-France (10 août 2017, Jacques Sayagh) : Le Made in France reste cloué au sol

Airbus un peu moins performant, le pétrole un peu plus cher : le commerce extérieur plonge au premier semestre. L'Allemagne, elle, continue de briller sur les marchés étrangers.

Le constat

Le Made in France ne parvient pas à remonter la pente à l'étranger. Le déficit du commerce extérieur s'est creusé de 8 milliards d'euros entre le premier semestre 2017 et les six derniers mois de 2016.

Les entreprises françaises ont acheté beaucoup plus de produits auprès des autres pays (ou plus cher) qu'elles n'en ont vendus. Et c'est comme ça depuis 2004... « Ce déficit n'est pourtant pas une fatalité, notamment pour la France, qui a une base exportatrice forte, du fait de ses champions nationaux dans l'aéronautique, la navale, le luxe ou l'alimentation », rappelle Sylvain Broyer, responsable de la recherche économique à la banque Natixis.

Mais sa force est aussi sa faiblesse. Et le moindre accroc chez ses stars, comme une performance un peu moins flamboyante d'Airbus au premier semestre, écrase négativement la balance. Sans compter le prix du pétrole qui remonte.
 

L'explication

D'abord, un problème de taille de nos petites et moyennes entreprises. « Elles sont souvent trop petites pour exporter », indique Sylvain Broyer. L'économiste s'interroge aussi sur le positionnement de l'industrie française : « La France a des coûts de production élevés par rapport au niveau intermédiaire de la gamme de ses produits. »

De quoi la désavantager par rapport à ses voisins. « L'Espagne est, elle aussi, sur une gamme moyenne, mais à des coûts plus faibles. Quant aux produits allemands, ils sont chers mais de grande qualité », souligne Sylvain Broyer.Si bien que la part des exportations dans la richesse française ne dépasse pas 20 %. C'est moitié moins que l'Allemagne.

Et pourtant…
La France va mieux. Selon la Banque de France, la croissance devrait atteindre 1,6 % cette année (contre 1,1 % en 2016). Mais chez nous, la reprise est portée par la demande intérieure. L'immobilier des particuliers, notamment.

Les entreprises, elles aussi, recommencent à investir et achètent leurs machines... à l'étranger. « En France, la croissance contribue à creuser le déficit commercial. Ce n'est pas le cas en Allemagne. » Bilan : quand la France creuse son déficit, l'Allemagne a dégagé un excédent de 257 milliards l'an dernier. Des déséquilibres incompatibles avec une monnaie unique.

D'où l'urgence de l'harmonisation qu'Emmanuel Macron appelle de ses voeux.

Une autre explication est fournie par l’économiste JACQUES SAPIR, sur son blog (11 août 2017) : Le déficit commercial et l’Euro

Les derniers chiffres du commerce extérieur confirment ce que nous savions depuis des années. L’Euro est, pour la France, un piège mortel. L’accroissement récent du déficit commercial avec les autres pays montre bien la nature même de ce piège. Le problème, ici n’est pas conjoncturel. Cela fait plus de 15 ans que le commerce extérieur de la France est régulièrement en déficit. Au-delà d’accidents qui peuvent être liés à la conjoncture, et qui peuvent accroître ou diminuer ce déficit, la question de l’Euro doit donc être posée.

La publication de l’édition 2017 du External Sector Report du FMI a souligné ce problème. Dans ce rapport, les économistes et les statisticiens du FMI calculent, par rapport à la balance courante mais aussi à la balance des capitaux, les écarts du taux de change réel (soit corrigé de l’inflation) entre les pays. On voit que cet écart est aujourd’hui dramatique entre l’Allemagne, dont la monnaie est largement sous-évaluée, et la France l’Italie et l’Espagne. Si l’Euro n’existait pas, les taux de change se seraient modifiés, à la hausse pour l’Allemagne, et à la baisse pour la France bien évidemment. Ces résultats ne sont que la confirmation de ceux du même rapport de l’année précédente. Déjà, le External Sector Report 2016 montrait bien l’ampleur du problème.

L’Euro provoquait un écart de change de 19% à 23% avec l’Allemagne. Ceci s’est aggravé en un an. Si l’on regarde les résultats de l’édition de 2017 de External Sector Report on constate d’ailleurs cette aggravation. L’écart entre la France et l’Allemagne, du à la rigidité de l’Euro, atteint désormais de 24% à 28%.

Il est clair que l’Euro a abouti à un déséquilibre massif au niveau des taux de changes virtuels. Comme l’Euro a supprimé la possibilité de rééquilibrer les niveaux par des dépréciations et des appréciations de taux de change, il ne laisse que deux solutions : la dévaluation interne (ce que le gouvernement tente de faire) ou les transferts budgétaires dont on sait qu’ils sont impossibles politiquement.

On constate aussi que les politiques visant à améliorer la compétitivité de nos entreprises en transférant une partie des charges sociales sur les impôts, ce que fait le CICE, ne fonctionne pas. Ces politiques se traduisent en réalité par des cadeaux fiscaux aux grandes entreprises, cadeaux qui sont immédiatement utilisés pour accroître les dividendes des actionnaires. 

On le constate donc à nouveau. La seule solution pour sauvegarder une industrie française et pour réduire le déficit commercial est une sortie de l’Euro. Le plus tôt sera le mieux.

 

L’option Ouest-France, c’est de faire confiance au président de la République, Emmanuel Macron, pour rechercher un accord avec l’Allemagne et les autres partenaires de la zone euro afin de réduire les déséquilibres économiques au sein de la zone euro.

L’option Sapir, c’est la sortie de l’euro car les autres solutions sont impossibles à réaliser.

 

Cet article est le 3009ème sur le blog MRC 53 - le 148ème dans la catégorie France et Europe

 

Le 8 novembre 2016, visite de l'entreprise industrielle GYS à Saint-Berthevin (Mayenne) par Bastien Faudot, candidat à l'élection présidentielle 2017

Le 8 novembre 2016, visite de l'entreprise industrielle GYS à Saint-Berthevin (Mayenne) par Bastien Faudot, candidat à l'élection présidentielle 2017

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18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 16:40

 

Un gouvernement de transgression du clivage gauche-droite


 

Le gouvernement nommé par Emmanuel Macron le 17 mai 2017, dirigé par Edouard Philippe, est composé - en plus du Premier ministre - de 22 membres (16 ministres, 2 ministres délégués et 4 secrétaires d’État – globalement 11 femmes et 11 hommes). La mixité est aussi politique puisque la moitié de ses membres (11) n’est pas inscrite à un parti politique. L’autre moitié se répartit entre la gauche (4 PS et 2 PRG), le centre (3 MODEM) et la droite (3 LR, le Premier ministre et les deux ministres de Bercy – sur ce point, voir Alternatives économiques, 18 mai 2017 : Passation de pouvoir à Bercy : les mots qui font peur).

Voir (MAIRE info, 18 mai 2017) : Un nouveau gouvernement paritaire de 22 membres

Voir aussi (Le F, 17 mai) : Gouvernement Édouard Philippe : qui sont les ministres de Macron

Rappel (17 mai) : 1er gouvernement Macron-Philippe, libéral, élitaire, franco-européen


 

MAIRE info (18 mai) présente chacun des membres du gouvernement.

 

Qui sont les ministres du gouvernement Philippe ?

 

Gérard Collomb, ministre d’État, ministre de l’Intérieur
À 69 ans, le nouveau numéro 2 du gouvernement n’a jamais encore été ministre. Il est surtout connu en tant que sénateur-maire de Lyon (sénateur depuis 1999 et maire depuis 2001). Depuis 2015, il est président de la Métropole de Lyon, après avoir été président du Grand Lyon de 2001 à 2015. Fils d’ouvrier, Gérard Collomb a été enseignant. Il est conseiller municipal socialiste de Lyon depuis 1977. Il a également été conseiller régional, de 1992 à 1999. Gérard Collomb est le premier élu de grande collectivité à avoir rejoint En Marche !, le mouvement d’Emmanuel Macron, dès juillet 2016.

Nicolas Hulot, ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire
Voir Environnement : Nicolas Hulot face à des dossiers brûlants pour les maires

François Bayrou, ministre d’État, ministre de la Justice
À 66 ans, François Bayrou, patron du Modem, a déjà été ministre (de l’Éducation, entre 1993 et 1997). Il a également connu la plupart des fonctions d’élu : maire de Pau depuis 1994, il a également été député, député européen, conseiller général et président du conseil général des Pyrénées-Atlantiques.
Son premier chantier sera celui de la loi de modernisation de la vie politique, dont le président de la République a toujours dit que ce serait le premier texte déposé – sans doute avant même les élections législatives.

Sylvie Goulard, ministre des Armées
On notera d’abord le retour de la dénomination de « ministère des Armées » en lieu et place de ce qui s’appelle, depuis les débuts de la Ve République, le ministère de la Défense. Ce portefeuille a échu à Sylvie Goulard, 52 ans, membre du Modem, dont le nom a été souvent cité comme potentielle Première ministre. Fervente européenne, Sylvie Goulard est députée européenne depuis 2009. Elle a travaillé au ministère des Affaires étrangères, au Conseil d’État et au Centre de recherches international.

Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères
Pour la première fois dans l’histoire de la République, le Quai d’Orsay change de nom et ne s’appelle plus (seulement) ministère des Affaires étrangères. L’ajout, en première place, de « l’Europe » en dit long sur les convictions du président et du Premier ministre. Le socialiste Jean-Yves Le Drian, 69 ans, quitte donc à la surprise générale la Défense pour entrer au « Quai ». C’est, avec Annick Girardin, l’un des deux ministres rescapés de l’équipe précédente. L’ancien maire de Lorient (1981-1998) et encore président du conseil régional de Bretagne – poste qu’il avait conservé pendant son précédent mandat de ministre – a été ministre de la Défense de façon ininterrompue dans les cinq gouvernements sous la présidence Hollande.

Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires
Ancien journaliste originaire de Rodez, Richard Ferrand, 54 ans, a débuté sa vie politique en 1991 en intégrant le cabinet du secrétaire d’État aux Affaires sociales et à l’Intégration, Kofi Yamgnane. Il a ensuite repris la direction générale des Mutuelles de Bretagne avant d’être élu, en 1998, conseiller général du Finistère puis conseiller régional de Bretagne en 2010. Depuis 2012, il est élu député socialiste de la sixième circonscription du Finistère. Il a été membre de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée et nommé rapporteur, en janvier 2015, de la loi Macron.

Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé
Encore un nouvel intitulé pour l’ancien ministère des Affaires sociales et de la Santé. Les chefs de l’exécutif ont fait le choix de la société civile pour cette ministre novice en politique mais très connue dans le milieu de la santé : médecin hématologue rattachée à plusieurs hôpitaux parisiens, elle est également la première femme à avoir été nommée présidente de la HAS (Haute autorité de la santé).

Françoise Nyssen, ministre de la Culture
Société civile encore avec la nouvelle ministre de la Culture. Françoise Nyssen a 65 ans, elle est de nationalité belge et naturalisée française. Elle a passé sa jeunesse en Belgique où elle a obtenu des diplômes de chimie et d’urbanisme. Elle a travaillé à la direction de l’architecture du ministère belge de l’Environnement. Elle est ensuite devenue patronne de la maison d’éditions Actes sud, fondée par son père.

Bruno Le Maire, ministre de l’Économie
À 48 ans, Bruno Le Maire (Les Républicains, ancien candidat aux primaires de la droite et du centre), devient ministre de l’Économie après avoir été secrétaire d’État aux Affaires européennes et ministre de l’Agriculture sous Nicolas Sarkozy. Normalien et énarque, Bruno Le Maire a également été directeur de cabinet du Premier ministre Dominique de Villepin entre 2008 et 2009. Élu en Normandie, il a été conseiller régional et député de l’Eure de 2012 à 2017.

Muriel Pénicaud, ministre du Travail
Issue de la société civile, Muriel Pénicaud, 62 ans, va être chargée de l’un des premiers chantiers du quinquennat – la deuxième réforme du Code du travail, sujet sur lequel Emmanuel Macron prévoit de légiférer dès cet été par ordonnance. Diplômée en histoire, sciences de l’éducation et psychologie, elle a été un temps administratrice territoriale et cadre au CNFPT. Elle a également été cadre supérieure au ministère du Travail et membre du cabinet de Martine Aubry, ministre du Travail, entre 1991 et 1993. Muriel Pénicaud a également une longue carrière dans le privé : elle a occupé successivement des postes de direction dans les groupes Dassault, Danone, SNCF et Orange.

Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale
À 52 ans, ce spécialiste du droit public connaît très bien le monde de l’éducation : il a été recteur de l’académie de Guyane, directeur adjoint de cabinet du ministre de l’Éducation nationale (2006) et recteur de l’académie de Créteil, et enfin directeur général de l’enseignement scolaire en 2009. Il a également été directeur général de l’Essec (École supérieure des sciences économiques et commerciales).
Son premier acte sera certainement le décret permettant aux maires qui le souhaitent de renoncer à la semaine de 4,5 jours. Il devrait être publié avant l’été.

Jacques Mézard, ministre de l’Agriculture et de l’alimentation
À 69 ans, membre des Radicaux de gauche, Jacques Mézard est sénateur du Cantal depuis 2008. Il également, depuis 2001, président de la communauté d’agglomération du Bassin d’Aurillac. Au Sénat, il est l’auteur de plusieurs propositions de lois –mais aucune qui concerne directement l’agriculture – notamment une proposition de loi relative « au rétablissement des critères de classement des communes situées en zone de revitalisation rurale tels qu'ils existaient avant l'adoption de la loi de finances rectificative du 29 décembre 2015 ». Le fait d’ajouter l’alimentation au ministère de l’Agriculture est une nouveauté. C’est Jacques Mézard qui sera donc en charge du dossier important des circuits courts et de l’alimentation locale dans les cantines scolaires.

Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des comptes publics
À 34 ans, c’est l’un des benjamins du gouvernement qui sera en charge du budget, de la sécurité sociale, de la fonction publique et de la réforme de l’État. Diplômé de l’IEP de Lille, membre du parti Les Républicains, il est maire de Tourcoing (59) depuis 2014 et membre du comité directeur de l’AMF. Élu député de la 10e circonscription du Nord entre 2012, il a démissionné de ce mandat début 2016, après son élection comme vice-président du conseil régional des Hauts-de-France fin 2015. Ce gaulliste social, passionné de géographie et de sociologie électorale, devra démissionner de ses mandats locaux.

Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation
Née le 6 mai 1964 à Monaco, biochimiste, elle présidait depuis 2012 l’université de Nice-Sophia-Antipolis, où elle a exercé les fonctions de maître de conférences et celles de professeur des universités en biochimie, biologie moléculaire et cellulaire. De 1999 à 2003, elle est membre extérieure du conseil scientifique de l'Institut national de recherche médicale.

Annick Girardin, ministre des Outre-mer
Elle a été secrétaire d'État chargée du Développement et de la Francophonie (2014-2016), puis ministre de la Fonction publique à la suite du remaniement du 11 février 2016. Agée de 52 ans, membre du Parti radical de gauche, elle est conseillère territoriale de Saint-Pierre-et-Miquelon depuis 2000 et députée de la circonscription depuis 2007. Elle est candidate à sa succession lors des législatives de juin prochain et devra démissionner du gouvernement en cas de défaite.

Laura Flessel, ministre des Sports
L’exécutif a fait le choix de placer une championne sportive à la tête du ministère des Sports – comme cela avait déjà été le cas dans le passé avec Guy Drut, Bernard Laporte ou David Douillet. À 45 ans, la Guadeloupéenne a été quintuple médaillée olympique et six fois championne du monde à l’épée. Membre du Cese et du Conseil national du Sport, elle est également très investie dans le dossier de candidature de Paris aux JO de 2024.

Élisabeth Borne, ministre auprès du ministre d’État, ministre de la Transition écologique, chargée des Transports
Élisabeth Borne, 56 ans, est ingénieure (Polytechnique et Ponts et chaussées), haute fonctionnaire et préfète. Elle a travaillé dans les cabinets des ministères de l’Équipement et de l’Éducation nationale et a été, en 2013, la première femme préfète de région (Poitou-Charentes), avant de devenir pendant un an, directrice de cabinet de Ségolène Royal au ministère de l’Environnement. Elle a une importante expérience des transports, côté opérateurs, puisqu’elle a été directrice à la SNCF et chez Eiffage, avant de devenir patronne de la RATP en 2015.

Marielle de Sarnez, ministre auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargée des Affaires européennes
Collaboratrice historique de François Bayrou, dont elle a été directrice de campagne en 2007 et 2012, et directrice de cabinet au ministère de l’Éducation nationale, cette élue parisienne de 66 ans est députée européenne depuis 1999. C’est sa première participation à un gouvernement. Elle est candidate aux législatives à Paris.

Christophe Castaner, secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement
À 51 ans, ce compagnon de la première heure d’Emmanuel Macron occupera donc le poste délicat de porte-parole du gouvernement. Il a été élu député socialiste des Alpes-de-Haute-Provence en 2012 et est maire de Forcalquier depuis 2001. Il a également été vice-président du conseil régional de Paca de 2004 à 2012. Christophe Castaner a été, à l’Assemblée, rapporteur de la loi Macron. Il est candidat à sa succession aux léglislatives.

Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l'Égalité des femmes et des hommes
Marlène Schiappa, 34 ans, s’est fait connaître en animant un blog, « Maman travaille », devenue ensuite un réseau et une association, le « premier réseau des mères actives ». Elle milite notamment pour davantage de transparence dans l'attribution des places en crèches, idée que le candidat Macron a reprise dans son programme. Cette élue locale (adjointe au maire du Mans, en charge de l'égalité, élue communautaire) était responsable du pôle « égalité femmes-hommes » du mouvement politique En Marche !, après un passage éclair au cabinet de Laurence Rossignol en 2016, alors ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes.

Sophie Cluzel, secrétaire d'État chargée des Personnes handicapées
Elle-même mère d’un enfant handicapé, Sophie Cluzel, 56 ans, a créé différentes associations de scolarisation d’enfants handicapés. Elle a créé l'association « Grandir à l'école » et préside depuis 2011 la Fédération nationale des associations au service des élèves présentant une situation de handicap (Fnaseph). Sur le site de cette association, elle milite pour des avancées sur la scolarisation en milieu ordinaire.

Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État chargé du Numérique
Benjamin du gouvernement, à 33 ans, Mounir Mahjoubi est un proche de François Hollande et de Ségolène Royal, dont il a dirigé la communication numérique pendant leurs campagnes. Il a été nommé en 2016 président du Conseil national du numérique. Il a été créateur et chef d’entreprise (Equanum, BETC Digital et French Bureau). Il aura en charge le lourd dossier de l’accès au numérique des communes rurales. Il est candidat aux législatives à Paris.

 

Cet article est le 2990ème sur le blog du MRC 53 - le 147ème dans la catégorie France et Europe

Qui sont les ministres du premier gouvernement E Macron - E Philippe
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17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 22:41

 

La France dispose d’un gouvernement qui est à confirmer par les urnes le 18 juin

 

L’élection de Emmanuel Macron à la présidence de la République, le 7 mai 2017, introduit une nouvelle ère politique pour la France. Après la désignation du Premier ministre, Edouard Philippe, le 15 mai, la composition du nouveau gouvernement a été proclamée ce 17 mai.

Voir (France Info) : Le gouvernement d'Édouard Philippe : 18 ministres et 4 secrétaires d'Etat

Voir aussi (France Inter) : Qui sont les ministres du gouvernement d'Edouard Philippe ?

 

Le constat de Jean-Pierre Chevènement est réaliste. Voir Le gouvernement Philippe met un terme à trente ans d’hypocrisies et de faux-semblants

La répartition des portefeuilles au sein du gouvernement d’Edouard Philippe qui fait une place très substantielle à des ministres issus de la droite et du centre, illustre la profondeur de la recomposition politique qu’a voulue Emmanuel Macron.
Une ère se clôt : cette recomposition met un terme à trente ans d’hypocrisies et de faux-semblants. Le système fondé sur « l’alternance du pareil et du même » a turbulé.
Le paradoxe de la situation tient à ce que le gouvernement d’Edouard Philippe concentre, à gauche et à droite, la quintessence des élites formées à la Doxa maastrichtienne au moment où, justement, le système que symbolisait Maastricht est arrivé à son épuisement. En effet, les problèmes qui ont mis la construction européenne en crise demeurent : déficit démocratique, Brexit, fragilité de la monnaie unique, chômage de masse dans les pays de l’Europe du Sud, insuffisance de la croissance dans la zone euro, réfugiés et migrants, enlisement en Ukraine, etc.
Les héritiers de dogmes européistes ou atlantistes obsolètes vont devoir s’en dégager, car tel est le prix de la réussite. Ils doivent ensemble s’affranchir des tabous d’une vision du monde dépassée pour ouvrir, comme l’a dit le Premier ministre, « une voie difficile et risquée », celle de la réussite, pour eux-mêmes mais aussi, et avant tout, pour la France (...).

 

 

La nomination d'un Premier ministre libéral de droite ouvre la possibilité pour la gauche de se reconstruire. C’est ce qu’affirme Gaël Brustier dans cet article publié ce 17 mai sur Slate.fr

Extrait. "Si l’on regarde la carte électorale, seule une gauche organisée est véritablement de nature à devenir une opposition susceptible de gagner. Elle est électoralement présente sur tous les territoires d’élection du macronisme, dans la France «optimiste» de l’Ouest, dans les métropoles, dans le Sud-Ouest. La France insoumise a, de surcroît, une capacité de pénétration dans les milieux populaires qui manquait jusqu’ici à la gauche et qui peut s’avérer utile pour ôter au FN le monopole de la contestation".

Voir Emmanuel Macron et Edouard Philippe construisent l’opposition de gauche

Emmanuel Macron élu et son Premier ministre Edouard Philippe nommé, le système partisan de la Ve République apparaît en voie d’effondrement, nous assistons à une mutation plus ou moins rapide des différentes familles politiques. La gauche ne fait pas exception.

Extrait.

(…) À plus long terme, au-delà des prochaines élections législatives, les conditions de la construction d’un nouveau sujet politique sont apparues et révèlent les fondations possibles d’une stratégie de conquête électorale, mais aussi de l’hégémonie à partir de la gauche. Les faits sont là. Plus de 7 millions d’électeurs ont porté leurs voix sur la candidature de Jean-Luc Mélenchon tandis que 2,3 millions d’électeurs portaient leurs suffrages sur la candidature de Benoît Hamon. Étudiants pour Jean-Luc Mélenchon, jeunes diplômés précarisés pour Benoît Hamon constituent le noyau de cette coalition électorale en devenir. La crise, frappant cas catégories jusqu’alors relativement épargnées, a fait éclater le noyau électoral de la social-démocratie des idéopôles et fourni les clés d’une jonction avec des secteurs populaires séduits par la campagne de Jean-Luc Mélenchon et par le versant contestataire de gauche des politiques inspirées par le consensus économique au sein de l’Union européenne. Un front électoral décisif au cœur des métropoles s’est ouvert où elle se trouve en concurrence directe avec le mouvement du nouveau président de la République.

La question de l’égalité apparaît déterminante dans la construction politique de la gauche d’après.

Une gauche à organiser

Le président Macron a délibérément décidé de laisser à la gauche, dans sa diversité, le temps de se retourner. Passé le charme exercé par l’ancien ministre sur les plus sociaux-libéraux des responsables du PS, c’est en effet le cœur du projet politique macronien qui se trouve clairement identifié, révélé, mis en lumière, incarné par la seule personnalité du Premier ministre et des membres de son cabinet.

Si l’on regarde la carte électorale, seule une gauche organisée est véritablement de nature à devenir une opposition susceptible de gagner. Elle est électoralement présente sur tous les territoires d’élection du macronisme, dans la France «optimiste» de l’Ouest, dans les métropoles, dans le Sud-Ouest. La France insoumise a, de surcroît, une capacité de pénétration dans les milieux populaires qui manquait jusqu’ici à la gauche et qui peut s’avérer utile pour ôter au FN le monopole de la contestation. Le PS peut, quant à lui, résister encore dans les idéopôles et le Sud-Ouest. En nommant un Premier ministre de droite, Emmanuel Macron a sans doute désorganisé une droite française déjà en plein chaos mais n’a pas porté l’estocade à la seule opposition véritablement dangereuse pour son pouvoir, celle qui subsiste encore sur son flanc gauche. Cette opposition de gauche pourrait se reconstruire plus vite qu’on ne le pense… sous les coups de fouet du macronisme toujours.

Cet article est le 2989ème sur le blog du MRC 53 - le 146ème dans la catégorie France et Europe

 

1er gouvernement Macron-Philippe, libéral, élitaire, franco-européen
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24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 16:40

 

Les Britanniques ont opté démocratiquement pour le Brexit

 

Que c'est beau un peuple qui se détermine en toute liberté pour reprendre ses affaires en mains, plus de 40 ans après avoir décidé tout aussi démocratiquement d'adhérer à ce qui était alors le Marché commun européen ! Pas étonnant que ce même peuple ait été historiquement le premier à pratiquer la démocratie. Nous, Français, avons à méditer cet exemple britannique, onze ans après avoir vu le résultat du référendum du 29 mai 2005 confisqué par nos dirigeants politiques.

 

D'abord, les faits rapportés sur le site de Libération (Voir Le Royaume-Uni, déchiré, vote sa sortie de l'UE), puis l'avis de tempête sur les institutions européennes, décrit sur le site de Huffington Post (Voir Brexit : ces pays préparent les prochains avis de tempêtes sur le projet européen).

 

Les tempêtes souffleront aussi à l'intérieur du Royaume-Uni, en Ecosse (Voir Libération : L'Ecosse va-t-elle divorcer du Royaume-Uni ?) et en Irlande du Nord (Voir Europe 1 : Brexit : le Sinn Fein appelle à un référendum sur une Irlande unifiée).

 

Laurent Bouvet, sur Facebook, voit deux types de commentaires :

- Les européistes convaincus et militants sont déçus d'un vote contre l'UE mais satisfaits que le Royaume-Uni qui n'a jamais été très en pointe quitte le navire qu'il ralentissait. Ainsi, d'après eux, l'Europe va enfin pouvoir devenir ce qu'elle est aurait dû être : intégrée, fédérale, pleinement profitable aux Européens...

- Les anti-UE se félicitent bruyamment du vote britannique, ils y voient l'espoir d'un rejet général de l'UE qui va pouvoir se diffuser sur le continent : "il est possible d'en sortir !". Mais dans le même temps, ils comprennent bien que sans le frein britannique dans les institutions communautaires, le moteur fédéraliste et intégrationniste pourrait tourner plus beaucoup plus vite dans le sens précisément qu'ils abhorrent.

 

Stéphane Rozès, également sur Facebook, souligne :

J'ai acquis sur le tard la conviction, après avoir coorganisé et travaillé sur "L'identité, la mémoire et l'imaginaire des peuples européens" dans un séminaire de recherche deux ans avec Anima Mundi et le Collège des Bernardins, après avoir échangé avec les représentants de 6 pays que les politiques bruxelloises actuelles sont contraires au génie européen. Je l'ai fait savoir.
Le recul économique de l'Europe depuis 15 ans, le retour des nations, ou du nationalisme, le repli sur soi, le populisme, viennent de l'illusion de la plupart des décideurs et élites européennes, illusion économiste et technocratique qui voudrait que l'économie ferait les sociétés, lisserait leurs identités... Que par le haut, des politiques monétaires, budgétaires uniques, de libre concurrence et libre échange, pourraient faire converger ou fusionner des peuples culturellement et politiquement différents.
Le génie européen depuis des siècles est de faire du commun, de la civilisation à partir de la diversité culturelle de ses peuples et non l'inverse comme aujourd'hui.
Si les peuples doivent choisir entre leurs prospérité, survie économique et leur identités, entre l'avoir et l'être... Ils choisissent toujours l'être ... 
C'est l'incapacité de penser ensemble l'entrelacement entre questions culturelles, politiques et économiques qui empêche de comprendre les raisons de la crise européenne et d'esquisser des solutions. 
Chaque peuple a le droit et le devoir de faire exceller son modèle et c'est par la complémentarité,
les convergences, les politiques communes et la protection européenne que se fera la renaissance européenne.
Une conférence entre européens, si possible avec les anglais, avec la méthode de la dernière Cop 21, doit se mettre en place, débattant sur 1) le souhaitable,qui sommes nous, o
ù voulons nous aller, 2) le réel actuel de l'Europe 3) les leviers de la renaissance.

 

Bastien Faudot, candidat MRC à l'élection présidentielle, réagit ainsi sur son site de campagne : L’UNION EUROPÉENNE, TELLE QUE NOUS LA CONNAISSONS, EST MORTE CETTE NUIT

La démocratie a parlé, les Britanniques ont tranché nettement la vieille question de leur appartenance à l’Union européenne. Ce référendum souverain ne rejoindra pas le cimetière des votes bafoués et des référendums revotés : nos amis anglais sont fair play, pas seulement au football.

De nombreux responsables politiques se bousculent pour se réjouir du départ des Britanniques et y voir le signal d’une nouvelle étape d’intégration par le « saut fédéral ». Les grands partis proposent déjà d’accélérer alors que nous sommes déjà dans le mur ! Ces discours sont irresponsables car ils prennent congé de la démocratie.

La crise de l’Europe est généralisée : elle concerne les membres fondateurs, les nations du sud comme les nouveaux arrivants. Les négociations qui vont s’engager pour mettre en oeuvre la volonté claire des Britanniques ne doivent pas faire diversion : l’Union européenne, telle que nous la connaissons, cette union irréversible, nouvel horizon historique indépassable est morte cette nuit.

La France est absente de la scène européenne depuis de longues années et nos débats européens ne pourront plus se résumer à des marchandages comptables sur le chiffre après la virgule des 3 % de déficit public. L’avenir de l’Union européenne doit être au coeur de la campagne de 2017.

Je ne propose pas un référendum sur la sortie de l’UE mais un nouveau départ pour une Europe conçue comme une coopérative de nations : nationalisation de l’euro, traité dé-fédéral et suppression de la Commission européenne.

Je félicite le peuple britannique d’avoir été au bout du débat, malgré le meurtre de Jo Cox, malgré les marchands de peur, les bookmakeurs, les sondeurs… on a vraiment tout à gagner à poser directement des questions au peuple.

Aux quatre nations britanniques, qui ont fait des choix divergents hier, je souhaite de faire face à cette étape historique dans l’unité.

Voir aussi les communiqués de presse

- de Ladislas Polski (MRC) : Brexit : un vote sans appel

- de Jean-Luc Laurent (président MRC) : Brexit : une procédure admirable et un choix de liberté

- de Jean-Pierre Chevènement (RM) : Le Brexit peut être un service rendu à l'Europe

 

Cet article est le 145ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

Les institutions européennes à Bruxelles

Les institutions européennes à Bruxelles

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 22:55

 

La gauche qui s'oppose aux politiques néolibérales en Europe se renforce

 

La belle élection de Jeremy Corbyn à la tête du parti travailliste britannique est un nouveau signe de la baisse d'audience populaire de la gauche des partis liés aux politiques néolibérales en Europe. C'est une bonne nouvelle, qui incite les résistants à se battre avec enthousiasme pour le retour au pouvoir des peuples, ce qui prendra beaucoup de temps.

Voici deux articles qui méritent notre attention.

 

- Philippe Marlière, Le Monde, 13 septembre 2015 : « Jeremy Corbyn, nouveau leader du Labour, va perturber la gauche européenne ». Extrait.

Tendre la main à toute la gauche

Avec Jeremy Corbyn, le Parti travailliste va tendre la main à l’ensemble de la gauche : sociale-démocrate, verte, nationaliste (SNP et Plaid Cymru) et radicale. En Europe, il s’adressera aussi aux dirigeants du Front de gauche, de Podemos ou de Syriza. Il ambitionne de construire un front anti-austérité avec tout le monde. On n’entendra pas Corbyn pérorer sur les notions de « souveraineté nationale-populaire », mais il tentera d’œuvrer concrètement à la construction d’un mouvement contre l’hégémonie néolibérale au sein des institutions communautaires. En socialiste conséquent, il sait que la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne ne ferait pas disparaître par enchantement au niveau national les structures de domination capitaliste.

En réalité, ce sexagénaire sans charisme est le grand perturbateur des gauches sociales-démocrates et radicales, engoncées dans leurs certitudes droitières et gauchistes. Il vient en effet de donner un coup de vieux aux néolibéraux qui dirigent les partis sociaux-démocrates. Il a montré qu’on pouvait être populaire auprès de l’électorat en faisant des propositions anti-austérité : renationalisation des chemins de fer, augmentation de la masse monétaire (quantitative easing) pour investir dans les services publics et opposition aux partenariats privés-publics, contrôle des prix du loyer, non-intervention armée en Syrie et abandon de la force de frappe nucléaire ; autant de propositions qui sont plébiscitées par une large majorité de Britanniques. Voici un leader de parti social-démocrate qui n’essayera pas de gagner une élection au centre en singeant les politiques de la droite. On n’avait pas vu cela depuis plus de trente ans en Europe !

Le succès de Jeremy Corbyn devrait également amener la gauche radicale à repenser sa propre stratégie qui, trop souvent, entremêle langue de bois eschatologique et sectarisme auto-défaitiste. Avec Corbyn aux commandes, certains dirigeants « radicaux » pourraient enfin comprendre qu’insulter à répétition les chefs sociaux-démocrates ne fait qu’incommoder le public. Jeremy Corbyn pourrait aussi leur montrer qu’un mouvement majoritaire de gauche ne se construit pas en cultivant le soutien de fidèles radicalisés, mais en s’adressant à tous.

 

- Bernard Teper, ReSPUBLICA, 14 septembre 2015 : L'élection de Jeremy Corbyn à la tête du parti travailliste britannique rebat les cartes dans la gauche européenne. Extrait.

Cette élection rebat les cartes dans la politique européenne. Nous avons déjà dit dans ReSPUBLICA que nous considérions comme une croyance sans avenir l’idée qu’un groupuscule politique détenant la vérité révélée pouvait grossir par sa seule dynamique jusqu’à devenir majoritaire dans le peuple. Et que nous ne croyons pas plus à l’efficacité sur longue durée des cartels d’organisation comme Gauche unie en Espagne ou le Front de gauche en France (qui se présente sur plusieurs listes concurrentes à toutes les élections sur listes depuis la présidentielle…). Tout au plus un cartel a-t-il vocation à s’unifier ou à devenir inefficace. L’élection de Jeremy Corbyn montre que, même dans un parti de gauche néolibéral ayant justifié les politiques austéritaires anti-sociales, des circonstances particulières peuvent renforcer les forces internes qui petit à petit se dressent contre ces politiques austéritaires et recueillent alors un soutien externe dans le mouvement syndical revendicatif et dans la jeunesse. Cela ouvre en plus une perspective nécessaire (mais non suffisante !!!) de restructuration des gauches par action conjointe endogène et exogène à la fois. Là réside l’avenir.

Après la poussée de Tsipras et de Syriza en Grèce, de Pablo Iglesias et de Podemos en Espagne, l’arrivée de Jeremy Corbyn renforce le camp de ceux qui veulent s’opposer aux politiques austéritaires avec un soutien populaire significatif.
C’est mieux de vouloir s’y opposer plutôt que de s’y résigner, mais est-ce suffisant pour obtenir la victoire ? On a bien vu avec l’accord grec du 13 juillet qu’une simple volonté solipsiste ne permet pas de changer le réel. Est-ce qu’il suffit alors d’avoir un plan B pour sortir du carcan de la zone euro et de l’Union européenne ? Non. Vouloir s’opposer aux politiques austéritaires est un point de départ nécessaire.

Mais ensuite il faut produire toutes les conditions de la transformation culturelle, sociale et politique. Et pour cela, il faut tenir compte des lois tendancielles de la formation sociale capitaliste afin d’utiliser les crises paroxystiques au moment opportun pour un possible déclenchement du processus de transformation sociale ; ce qui implique de ne pas considérer la monnaie uniquement comme un moyen de paiement, de donner la priorité aux liens avec les couches populaires ouvrières et employées, avec la jeunesse, avec le mouvement syndical revendicatif, bref de promouvoir un processus global de développement d’une nouvelle République sociale.
Fêtons l’élection de Jeremy Corbyn tout en étant persuadés qu’il y a encore loin de la coupe aux lèvres !

Cet article est le 144ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

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