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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 23:30

 

Deux réponses différentes pour la France, avec ou sans sortie de l’euro

 

Les chiffres du commerce extérieur de la France au premier semestre 2017 marquent une forte dégradation du solde (exportations-importations). La France creuse son déficit pendant que l’Allemagne augmente son excédent, dans des proportions qui donnent le vertige. Ce déséquilibre structurel est, pour une part importante, lié à l’existence de l’euro, monnaie unique pour les deux pays, alors que leurs performances économiques sont divergentes.

Le constat et l’explication sont dans cet article du quotidien Ouest-France (10 août 2017, Jacques Sayagh) : Le Made in France reste cloué au sol

Airbus un peu moins performant, le pétrole un peu plus cher : le commerce extérieur plonge au premier semestre. L'Allemagne, elle, continue de briller sur les marchés étrangers.

Le constat

Le Made in France ne parvient pas à remonter la pente à l'étranger. Le déficit du commerce extérieur s'est creusé de 8 milliards d'euros entre le premier semestre 2017 et les six derniers mois de 2016.

Les entreprises françaises ont acheté beaucoup plus de produits auprès des autres pays (ou plus cher) qu'elles n'en ont vendus. Et c'est comme ça depuis 2004... « Ce déficit n'est pourtant pas une fatalité, notamment pour la France, qui a une base exportatrice forte, du fait de ses champions nationaux dans l'aéronautique, la navale, le luxe ou l'alimentation », rappelle Sylvain Broyer, responsable de la recherche économique à la banque Natixis.

Mais sa force est aussi sa faiblesse. Et le moindre accroc chez ses stars, comme une performance un peu moins flamboyante d'Airbus au premier semestre, écrase négativement la balance. Sans compter le prix du pétrole qui remonte.
 

L'explication

D'abord, un problème de taille de nos petites et moyennes entreprises. « Elles sont souvent trop petites pour exporter », indique Sylvain Broyer. L'économiste s'interroge aussi sur le positionnement de l'industrie française : « La France a des coûts de production élevés par rapport au niveau intermédiaire de la gamme de ses produits. »

De quoi la désavantager par rapport à ses voisins. « L'Espagne est, elle aussi, sur une gamme moyenne, mais à des coûts plus faibles. Quant aux produits allemands, ils sont chers mais de grande qualité », souligne Sylvain Broyer.Si bien que la part des exportations dans la richesse française ne dépasse pas 20 %. C'est moitié moins que l'Allemagne.

Et pourtant…

La France va mieux. Selon la Banque de France, la croissance devrait atteindre 1,6 % cette année (contre 1,1 % en 2016). Mais chez nous, la reprise est portée par la demande intérieure. L'immobilier des particuliers, notamment.

Les entreprises, elles aussi, recommencent à investir et achètent leurs machines... à l'étranger. « En France, la croissance contribue à creuser le déficit commercial. Ce n'est pas le cas en Allemagne. » Bilan : quand la France creuse son déficit, l'Allemagne a dégagé un excédent de 257 milliards l'an dernier. Des déséquilibres incompatibles avec une monnaie unique.

D'où l'urgence de l'harmonisation qu'Emmanuel Macron appelle de ses voeux.

Une autre explication est fournie par l’économiste JACQUES SAPIR, sur son blog (11 août 2017) : Le déficit commercial et l’Euro

Les derniers chiffres du commerce extérieur confirment ce que nous savions depuis des années. L’Euro est, pour la France, un piège mortel. L’accroissement récent du déficit commercial avec les autres pays montre bien la nature même de ce piège. Le problème, ici n’est pas conjoncturel. Cela fait plus de 15 ans que le commerce extérieur de la France est régulièrement en déficit. Au-delà d’accidents qui peuvent être liés à la conjoncture, et qui peuvent accroître ou diminuer ce déficit, la question de l’Euro doit donc être posée.

La publication de l’édition 2017 du External Sector Report du FMI a souligné ce problème. Dans ce rapport, les économistes et les statisticiens du FMI calculent, par rapport à la balance courante mais aussi à la balance des capitaux, les écarts du taux de change réel (soit corrigé de l’inflation) entre les pays. On voit que cet écart est aujourd’hui dramatique entre l’Allemagne, dont la monnaie est largement sous-évaluée, et la France l’Italie et l’Espagne. Si l’Euro n’existait pas, les taux de change se seraient modifiés, à la hausse pour l’Allemagne, et à la baisse pour la France bien évidemment. Ces résultats ne sont que la confirmation de ceux du même rapport de l’année précédente. Déjà, le External Sector Report 2016 montrait bien l’ampleur du problème.

L’Euro provoquait un écart de change de 19% à 23% avec l’Allemagne. Ceci s’est aggravé en un an. Si l’on regarde les résultats de l’édition de 2017 de External Sector Report on constate d’ailleurs cette aggravation. L’écart entre la France et l’Allemagne, du à la rigidité de l’Euro, atteint désormais de 24% à 28%.

Il est clair que l’Euro a abouti à un déséquilibre massif au niveau des taux de changes virtuels. Comme l’Euro a supprimé la possibilité de rééquilibrer les niveaux par des dépréciations et des appréciations de taux de change, il ne laisse que deux solutions : la dévaluation interne (ce que le gouvernement tente de faire) ou les transferts budgétaires dont on sait qu’ils sont impossibles politiquement.

On constate aussi que les politiques visant à améliorer la compétitivité de nos entreprises en transférant une partie des charges sociales sur les impôts, ce que fait le CICE, ne fonctionne pas. Ces politiques se traduisent en réalité par des cadeaux fiscaux aux grandes entreprises, cadeaux qui sont immédiatement utilisés pour accroître les dividendes des actionnaires. 

On le constate donc à nouveau. La seule solution pour sauvegarder une industrie française et pour réduire le déficit commercial est une sortie de l’Euro. Le plus tôt sera le mieux.

 

L’option Ouest-France, c’est de faire confiance au président de la République, Emmanuel Macron, pour rechercher un accord avec l’Allemagne et les autres partenaires de la zone euro afin de réduire les déséquilibres économiques au sein de la zone euro.

L’option Sapir, c’est la sortie de l’euro car les autres solutions sont impossibles à réaliser.

 

Cet article est le 3009ème sur le blog MRC 53 - le 148ème dans la catégorie France et Europe

 

Le 8 novembre 2016, visite de l'entreprise industrielle GYS à Saint-Berthevin (Mayenne) par Bastien Faudot, candidat à l'élection présidentielle 2017

Le 8 novembre 2016, visite de l'entreprise industrielle GYS à Saint-Berthevin (Mayenne) par Bastien Faudot, candidat à l'élection présidentielle 2017

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18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 17:40

 

Un gouvernement de transgression du clivage gauche-droite


 

Le gouvernement nommé par Emmanuel Macron le 17 mai 2017, dirigé par Edouard Philippe, est composé - en plus du Premier ministre - de 22 membres (16 ministres, 2 ministres délégués et 4 secrétaires d’État – globalement 11 femmes et 11 hommes). La mixité est aussi politique puisque la moitié de ses membres (11) n’est pas inscrite à un parti politique. L’autre moitié se répartit entre la gauche (4 PS et 2 PRG), le centre (3 MODEM) et la droite (3 LR, le Premier ministre et les deux ministres de Bercy – sur ce point, voir Alternatives économiques, 18 mai 2017 : Passation de pouvoir à Bercy : les mots qui font peur).

Voir (MAIRE info, 18 mai 2017) : Un nouveau gouvernement paritaire de 22 membres

Voir aussi (Le F, 17 mai) : Gouvernement Édouard Philippe : qui sont les ministres de Macron

Rappel (17 mai) : 1er gouvernement Macron-Philippe, libéral, élitaire, franco-européen


 

MAIRE info (18 mai) présente chacun des membres du gouvernement.

 

Qui sont les ministres du gouvernement Philippe ?

 

Gérard Collomb, ministre d’État, ministre de l’Intérieur
À 69 ans, le nouveau numéro 2 du gouvernement n’a jamais encore été ministre. Il est surtout connu en tant que sénateur-maire de Lyon (sénateur depuis 1999 et maire depuis 2001). Depuis 2015, il est président de la Métropole de Lyon, après avoir été président du Grand Lyon de 2001 à 2015. Fils d’ouvrier, Gérard Collomb a été enseignant. Il est conseiller municipal socialiste de Lyon depuis 1977. Il a également été conseiller régional, de 1992 à 1999. Gérard Collomb est le premier élu de grande collectivité à avoir rejoint En Marche !, le mouvement d’Emmanuel Macron, dès juillet 2016.

Nicolas Hulot, ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire
Voir Environnement : Nicolas Hulot face à des dossiers brûlants pour les maires

François Bayrou, ministre d’État, ministre de la Justice
À 66 ans, François Bayrou, patron du Modem, a déjà été ministre (de l’Éducation, entre 1993 et 1997). Il a également connu la plupart des fonctions d’élu : maire de Pau depuis 1994, il a également été député, député européen, conseiller général et président du conseil général des Pyrénées-Atlantiques.
Son premier chantier sera celui de la loi de modernisation de la vie politique, dont le président de la République a toujours dit que ce serait le premier texte déposé – sans doute avant même les élections législatives.

Sylvie Goulard, ministre des Armées
On notera d’abord le retour de la dénomination de « ministère des Armées » en lieu et place de ce qui s’appelle, depuis les débuts de la Ve République, le ministère de la Défense. Ce portefeuille a échu à Sylvie Goulard, 52 ans, membre du Modem, dont le nom a été souvent cité comme potentielle Première ministre. Fervente européenne, Sylvie Goulard est députée européenne depuis 2009. Elle a travaillé au ministère des Affaires étrangères, au Conseil d’État et au Centre de recherches international.

Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères
Pour la première fois dans l’histoire de la République, le Quai d’Orsay change de nom et ne s’appelle plus (seulement) ministère des Affaires étrangères. L’ajout, en première place, de « l’Europe » en dit long sur les convictions du président et du Premier ministre. Le socialiste Jean-Yves Le Drian, 69 ans, quitte donc à la surprise générale la Défense pour entrer au « Quai ». C’est, avec Annick Girardin, l’un des deux ministres rescapés de l’équipe précédente. L’ancien maire de Lorient (1981-1998) et encore président du conseil régional de Bretagne – poste qu’il avait conservé pendant son précédent mandat de ministre – a été ministre de la Défense de façon ininterrompue dans les cinq gouvernements sous la présidence Hollande.

Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires
Ancien journaliste originaire de Rodez, Richard Ferrand, 54 ans, a débuté sa vie politique en 1991 en intégrant le cabinet du secrétaire d’État aux Affaires sociales et à l’Intégration, Kofi Yamgnane. Il a ensuite repris la direction générale des Mutuelles de Bretagne avant d’être élu, en 1998, conseiller général du Finistère puis conseiller régional de Bretagne en 2010. Depuis 2012, il est élu député socialiste de la sixième circonscription du Finistère. Il a été membre de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée et nommé rapporteur, en janvier 2015, de la loi Macron.

Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé
Encore un nouvel intitulé pour l’ancien ministère des Affaires sociales et de la Santé. Les chefs de l’exécutif ont fait le choix de la société civile pour cette ministre novice en politique mais très connue dans le milieu de la santé : médecin hématologue rattachée à plusieurs hôpitaux parisiens, elle est également la première femme à avoir été nommée présidente de la HAS (Haute autorité de la santé).

Françoise Nyssen, ministre de la Culture
Société civile encore avec la nouvelle ministre de la Culture. Françoise Nyssen a 65 ans, elle est de nationalité belge et naturalisée française. Elle a passé sa jeunesse en Belgique où elle a obtenu des diplômes de chimie et d’urbanisme. Elle a travaillé à la direction de l’architecture du ministère belge de l’Environnement. Elle est ensuite devenue patronne de la maison d’éditions Actes sud, fondée par son père.

Bruno Le Maire, ministre de l’Économie
À 48 ans, Bruno Le Maire (Les Républicains, ancien candidat aux primaires de la droite et du centre), devient ministre de l’Économie après avoir été secrétaire d’État aux Affaires européennes et ministre de l’Agriculture sous Nicolas Sarkozy. Normalien et énarque, Bruno Le Maire a également été directeur de cabinet du Premier ministre Dominique de Villepin entre 2008 et 2009. Élu en Normandie, il a été conseiller régional et député de l’Eure de 2012 à 2017.

Muriel Pénicaud, ministre du Travail
Issue de la société civile, Muriel Pénicaud, 62 ans, va être chargée de l’un des premiers chantiers du quinquennat – la deuxième réforme du Code du travail, sujet sur lequel Emmanuel Macron prévoit de légiférer dès cet été par ordonnance. Diplômée en histoire, sciences de l’éducation et psychologie, elle a été un temps administratrice territoriale et cadre au CNFPT. Elle a également été cadre supérieure au ministère du Travail et membre du cabinet de Martine Aubry, ministre du Travail, entre 1991 et 1993. Muriel Pénicaud a également une longue carrière dans le privé : elle a occupé successivement des postes de direction dans les groupes Dassault, Danone, SNCF et Orange.

Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale
À 52 ans, ce spécialiste du droit public connaît très bien le monde de l’éducation : il a été recteur de l’académie de Guyane, directeur adjoint de cabinet du ministre de l’Éducation nationale (2006) et recteur de l’académie de Créteil, et enfin directeur général de l’enseignement scolaire en 2009. Il a également été directeur général de l’Essec (École supérieure des sciences économiques et commerciales).
Son premier acte sera certainement le décret permettant aux maires qui le souhaitent de renoncer à la semaine de 4,5 jours. Il devrait être publié avant l’été.

Jacques Mézard, ministre de l’Agriculture et de l’alimentation
À 69 ans, membre des Radicaux de gauche, Jacques Mézard est sénateur du Cantal depuis 2008. Il également, depuis 2001, président de la communauté d’agglomération du Bassin d’Aurillac. Au Sénat, il est l’auteur de plusieurs propositions de lois –mais aucune qui concerne directement l’agriculture – notamment une proposition de loi relative « au rétablissement des critères de classement des communes situées en zone de revitalisation rurale tels qu'ils existaient avant l'adoption de la loi de finances rectificative du 29 décembre 2015 ». Le fait d’ajouter l’alimentation au ministère de l’Agriculture est une nouveauté. C’est Jacques Mézard qui sera donc en charge du dossier important des circuits courts et de l’alimentation locale dans les cantines scolaires.

Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des comptes publics
À 34 ans, c’est l’un des benjamins du gouvernement qui sera en charge du budget, de la sécurité sociale, de la fonction publique et de la réforme de l’État. Diplômé de l’IEP de Lille, membre du parti Les Républicains, il est maire de Tourcoing (59) depuis 2014 et membre du comité directeur de l’AMF. Élu député de la 10e circonscription du Nord entre 2012, il a démissionné de ce mandat début 2016, après son élection comme vice-président du conseil régional des Hauts-de-France fin 2015. Ce gaulliste social, passionné de géographie et de sociologie électorale, devra démissionner de ses mandats locaux.

Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation
Née le 6 mai 1964 à Monaco, biochimiste, elle présidait depuis 2012 l’université de Nice-Sophia-Antipolis, où elle a exercé les fonctions de maître de conférences et celles de professeur des universités en biochimie, biologie moléculaire et cellulaire. De 1999 à 2003, elle est membre extérieure du conseil scientifique de l'Institut national de recherche médicale.

Annick Girardin, ministre des Outre-mer
Elle a été secrétaire d'État chargée du Développement et de la Francophonie (2014-2016), puis ministre de la Fonction publique à la suite du remaniement du 11 février 2016. Agée de 52 ans, membre du Parti radical de gauche, elle est conseillère territoriale de Saint-Pierre-et-Miquelon depuis 2000 et députée de la circonscription depuis 2007. Elle est candidate à sa succession lors des législatives de juin prochain et devra démissionner du gouvernement en cas de défaite.

Laura Flessel, ministre des Sports
L’exécutif a fait le choix de placer une championne sportive à la tête du ministère des Sports – comme cela avait déjà été le cas dans le passé avec Guy Drut, Bernard Laporte ou David Douillet. À 45 ans, la Guadeloupéenne a été quintuple médaillée olympique et six fois championne du monde à l’épée. Membre du Cese et du Conseil national du Sport, elle est également très investie dans le dossier de candidature de Paris aux JO de 2024.

Élisabeth Borne, ministre auprès du ministre d’État, ministre de la Transition écologique, chargée des Transports
Élisabeth Borne, 56 ans, est ingénieure (Polytechnique et Ponts et chaussées), haute fonctionnaire et préfète. Elle a travaillé dans les cabinets des ministères de l’Équipement et de l’Éducation nationale et a été, en 2013, la première femme préfète de région (Poitou-Charentes), avant de devenir pendant un an, directrice de cabinet de Ségolène Royal au ministère de l’Environnement. Elle a une importante expérience des transports, côté opérateurs, puisqu’elle a été directrice à la SNCF et chez Eiffage, avant de devenir patronne de la RATP en 2015.

Marielle de Sarnez, ministre auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargée des Affaires européennes
Collaboratrice historique de François Bayrou, dont elle a été directrice de campagne en 2007 et 2012, et directrice de cabinet au ministère de l’Éducation nationale, cette élue parisienne de 66 ans est députée européenne depuis 1999. C’est sa première participation à un gouvernement. Elle est candidate aux législatives à Paris.

Christophe Castaner, secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement
À 51 ans, ce compagnon de la première heure d’Emmanuel Macron occupera donc le poste délicat de porte-parole du gouvernement. Il a été élu député socialiste des Alpes-de-Haute-Provence en 2012 et est maire de Forcalquier depuis 2001. Il a également été vice-président du conseil régional de Paca de 2004 à 2012. Christophe Castaner a été, à l’Assemblée, rapporteur de la loi Macron. Il est candidat à sa succession aux léglislatives.

Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l'Égalité des femmes et des hommes
Marlène Schiappa, 34 ans, s’est fait connaître en animant un blog, « Maman travaille », devenue ensuite un réseau et une association, le « premier réseau des mères actives ». Elle milite notamment pour davantage de transparence dans l'attribution des places en crèches, idée que le candidat Macron a reprise dans son programme. Cette élue locale (adjointe au maire du Mans, en charge de l'égalité, élue communautaire) était responsable du pôle « égalité femmes-hommes » du mouvement politique En Marche !, après un passage éclair au cabinet de Laurence Rossignol en 2016, alors ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes.

Sophie Cluzel, secrétaire d'État chargée des Personnes handicapées
Elle-même mère d’un enfant handicapé, Sophie Cluzel, 56 ans, a créé différentes associations de scolarisation d’enfants handicapés. Elle a créé l'association « Grandir à l'école » et préside depuis 2011 la Fédération nationale des associations au service des élèves présentant une situation de handicap (Fnaseph). Sur le site de cette association, elle milite pour des avancées sur la scolarisation en milieu ordinaire.

Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État chargé du Numérique
Benjamin du gouvernement, à 33 ans, Mounir Mahjoubi est un proche de François Hollande et de Ségolène Royal, dont il a dirigé la communication numérique pendant leurs campagnes. Il a été nommé en 2016 président du Conseil national du numérique. Il a été créateur et chef d’entreprise (Equanum, BETC Digital et French Bureau). Il aura en charge le lourd dossier de l’accès au numérique des communes rurales. Il est candidat aux législatives à Paris.

 

Cet article est le 2990ème sur le blog du MRC 53 - le 147ème dans la catégorie France et Europe

Qui sont les ministres du premier gouvernement E Macron - E Philippe
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17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 23:41

 

La France dispose d’un gouvernement qui est à confirmer par les urnes le 18 juin

 

L’élection de Emmanuel Macron à la présidence de la République, le 7 mai 2017, introduit une nouvelle ère politique pour la France. Après la désignation du Premier ministre, Edouard Philippe, le 15 mai, la composition du nouveau gouvernement a été proclamée ce 17 mai.

Voir (France Info) : Le gouvernement d'Édouard Philippe : 18 ministres et 4 secrétaires d'Etat

Voir aussi (France Inter) : Qui sont les ministres du gouvernement d'Edouard Philippe ?

 

Le constat de Jean-Pierre Chevènement est réaliste. Voir Le gouvernement Philippe met un terme à trente ans d’hypocrisies et de faux-semblants

La répartition des portefeuilles au sein du gouvernement d’Edouard Philippe qui fait une place très substantielle à des ministres issus de la droite et du centre, illustre la profondeur de la recomposition politique qu’a voulue Emmanuel Macron.
Une ère se clôt : cette recomposition met un terme à trente ans d’hypocrisies et de faux-semblants. Le système fondé sur « l’alternance du pareil et du même » a turbulé.
Le paradoxe de la situation tient à ce que le gouvernement d’Edouard Philippe concentre, à gauche et à droite, la quintessence des élites formées à la Doxa maastrichtienne au moment où, justement, le système que symbolisait Maastricht est arrivé à son épuisement. En effet, les problèmes qui ont mis la construction européenne en crise demeurent : déficit démocratique, Brexit, fragilité de la monnaie unique, chômage de masse dans les pays de l’Europe du Sud, insuffisance de la croissance dans la zone euro, réfugiés et migrants, enlisement en Ukraine, etc.
Les héritiers de dogmes européistes ou atlantistes obsolètes vont devoir s’en dégager, car tel est le prix de la réussite. Ils doivent ensemble s’affranchir des tabous d’une vision du monde dépassée pour ouvrir, comme l’a dit le Premier ministre, « une voie difficile et risquée », celle de la réussite, pour eux-mêmes mais aussi, et avant tout, pour la France (...).

 

 

La nomination d'un Premier ministre libéral de droite ouvre la possibilité pour la gauche de se reconstruire. C’est ce qu’affirme Gaël Brustier dans cet article publié ce 17 mai sur Slate.fr

Extrait. "Si l’on regarde la carte électorale, seule une gauche organisée est véritablement de nature à devenir une opposition susceptible de gagner. Elle est électoralement présente sur tous les territoires d’élection du macronisme, dans la France «optimiste» de l’Ouest, dans les métropoles, dans le Sud-Ouest. La France insoumise a, de surcroît, une capacité de pénétration dans les milieux populaires qui manquait jusqu’ici à la gauche et qui peut s’avérer utile pour ôter au FN le monopole de la contestation".

Voir Emmanuel Macron et Edouard Philippe construisent l’opposition de gauche

Emmanuel Macron élu et son Premier ministre Edouard Philippe nommé, le système partisan de la Ve République apparaît en voie d’effondrement, nous assistons à une mutation plus ou moins rapide des différentes familles politiques. La gauche ne fait pas exception.

Extrait.

(…) À plus long terme, au-delà des prochaines élections législatives, les conditions de la construction d’un nouveau sujet politique sont apparues et révèlent les fondations possibles d’une stratégie de conquête électorale, mais aussi de l’hégémonie à partir de la gauche. Les faits sont là. Plus de 7 millions d’électeurs ont porté leurs voix sur la candidature de Jean-Luc Mélenchon tandis que 2,3 millions d’électeurs portaient leurs suffrages sur la candidature de Benoît Hamon. Étudiants pour Jean-Luc Mélenchon, jeunes diplômés précarisés pour Benoît Hamon constituent le noyau de cette coalition électorale en devenir. La crise, frappant cas catégories jusqu’alors relativement épargnées, a fait éclater le noyau électoral de la social-démocratie des idéopôles et fourni les clés d’une jonction avec des secteurs populaires séduits par la campagne de Jean-Luc Mélenchon et par le versant contestataire de gauche des politiques inspirées par le consensus économique au sein de l’Union européenne. Un front électoral décisif au cœur des métropoles s’est ouvert où elle se trouve en concurrence directe avec le mouvement du nouveau président de la République.

La question de l’égalité apparaît déterminante dans la construction politique de la gauche d’après.

Une gauche à organiser

Le président Macron a délibérément décidé de laisser à la gauche, dans sa diversité, le temps de se retourner. Passé le charme exercé par l’ancien ministre sur les plus sociaux-libéraux des responsables du PS, c’est en effet le cœur du projet politique macronien qui se trouve clairement identifié, révélé, mis en lumière, incarné par la seule personnalité du Premier ministre et des membres de son cabinet.

Si l’on regarde la carte électorale, seule une gauche organisée est véritablement de nature à devenir une opposition susceptible de gagner. Elle est électoralement présente sur tous les territoires d’élection du macronisme, dans la France «optimiste» de l’Ouest, dans les métropoles, dans le Sud-Ouest. La France insoumise a, de surcroît, une capacité de pénétration dans les milieux populaires qui manquait jusqu’ici à la gauche et qui peut s’avérer utile pour ôter au FN le monopole de la contestation. Le PS peut, quant à lui, résister encore dans les idéopôles et le Sud-Ouest. En nommant un Premier ministre de droite, Emmanuel Macron a sans doute désorganisé une droite française déjà en plein chaos mais n’a pas porté l’estocade à la seule opposition véritablement dangereuse pour son pouvoir, celle qui subsiste encore sur son flanc gauche. Cette opposition de gauche pourrait se reconstruire plus vite qu’on ne le pense… sous les coups de fouet du macronisme toujours.

Cet article est le 2989ème sur le blog du MRC 53 - le 146ème dans la catégorie France et Europe

 

1er gouvernement Macron-Philippe, libéral, élitaire, franco-européen
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24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 17:40

 

Les Britanniques ont opté démocratiquement pour le Brexit

 

Que c'est beau un peuple qui se détermine en toute liberté pour reprendre ses affaires en mains, plus de 40 ans après avoir décidé tout aussi démocratiquement d'adhérer à ce qui était alors le Marché commun européen ! Pas étonnant que ce même peuple ait été historiquement le premier à pratiquer la démocratie. Nous, Français, avons à méditer cet exemple britannique, onze ans après avoir vu le résultat du référendum du 29 mai 2005 confisqué par nos dirigeants politiques.

 

D'abord, les faits rapportés sur le site de Libération (Voir Le Royaume-Uni, déchiré, vote sa sortie de l'UE), puis l'avis de tempête sur les institutions européennes, décrit sur le site de Huffington Post (Voir Brexit : ces pays préparent les prochains avis de tempêtes sur le projet européen).

 

Les tempêtes souffleront aussi à l'intérieur du Royaume-Uni, en Ecosse (Voir Libération : L'Ecosse va-t-elle divorcer du Royaume-Uni ?) et en Irlande du Nord (Voir Europe 1 : Brexit : le Sinn Fein appelle à un référendum sur une Irlande unifiée).

 

Laurent Bouvet, sur Facebook, voit deux types de commentaires :

- Les européistes convaincus et militants sont déçus d'un vote contre l'UE mais satisfaits que le Royaume-Uni qui n'a jamais été très en pointe quitte le navire qu'il ralentissait. Ainsi, d'après eux, l'Europe va enfin pouvoir devenir ce qu'elle est aurait dû être : intégrée, fédérale, pleinement profitable aux Européens...

- Les anti-UE se félicitent bruyamment du vote britannique, ils y voient l'espoir d'un rejet général de l'UE qui va pouvoir se diffuser sur le continent : "il est possible d'en sortir !". Mais dans le même temps, ils comprennent bien que sans le frein britannique dans les institutions communautaires, le moteur fédéraliste et intégrationniste pourrait tourner plus beaucoup plus vite dans le sens précisément qu'ils abhorrent.

 

Stéphane Rozès, également sur Facebook, souligne :

J'ai acquis sur le tard la conviction, après avoir coorganisé et travaillé sur "L'identité, la mémoire et l'imaginaire des peuples européens" dans un séminaire de recherche deux ans avec Anima Mundi et le Collège des Bernardins, après avoir échangé avec les représentants de 6 pays que les politiques bruxelloises actuelles sont contraires au génie européen. Je l'ai fait savoir.
Le recul économique de l'Europe depuis 15 ans, le retour des nations, ou du nationalisme, le repli sur soi, le populisme, viennent de l'illusion de la plupart des décideurs et élites européennes, illusion économiste et technocratique qui voudrait que l'économie ferait les sociétés, lisserait leurs identités... Que par le haut, des politiques monétaires, budgétaires uniques, de libre concurrence et libre échange, pourraient faire converger ou fusionner des peuples culturellement et politiquement différents.
Le génie européen depuis des siècles est de faire du commun, de la civilisation à partir de la diversité culturelle de ses peuples et non l'inverse comme aujourd'hui.
Si les peuples doivent choisir entre leurs prospérité, survie économique et leur identités, entre l'avoir et l'être... Ils choisissent toujours l'être ... 
C'est l'incapacité de penser ensemble l'entrelacement entre questions culturelles, politiques et économiques qui empêche de comprendre les raisons de la crise européenne et d'esquisser des solutions. 
Chaque peuple a le droit et le devoir de faire exceller son modèle et c'est par la complémentarité,
les convergences, les politiques communes et la protection européenne que se fera la renaissance européenne.
Une conférence entre européens, si possible avec les anglais, avec la méthode de la dernière Cop 21, doit se mettre en place, débattant sur 1) le souhaitable,qui sommes nous, o
ù voulons nous aller, 2) le réel actuel de l'Europe 3) les leviers de la renaissance.

 

Bastien Faudot, candidat MRC à l'élection présidentielle, réagit ainsi sur son site de campagne : L’UNION EUROPÉENNE, TELLE QUE NOUS LA CONNAISSONS, EST MORTE CETTE NUIT

La démocratie a parlé, les Britanniques ont tranché nettement la vieille question de leur appartenance à l’Union européenne. Ce référendum souverain ne rejoindra pas le cimetière des votes bafoués et des référendums revotés : nos amis anglais sont fair play, pas seulement au football.

De nombreux responsables politiques se bousculent pour se réjouir du départ des Britanniques et y voir le signal d’une nouvelle étape d’intégration par le « saut fédéral ». Les grands partis proposent déjà d’accélérer alors que nous sommes déjà dans le mur ! Ces discours sont irresponsables car ils prennent congé de la démocratie.

La crise de l’Europe est généralisée : elle concerne les membres fondateurs, les nations du sud comme les nouveaux arrivants. Les négociations qui vont s’engager pour mettre en oeuvre la volonté claire des Britanniques ne doivent pas faire diversion : l’Union européenne, telle que nous la connaissons, cette union irréversible, nouvel horizon historique indépassable est morte cette nuit.

La France est absente de la scène européenne depuis de longues années et nos débats européens ne pourront plus se résumer à des marchandages comptables sur le chiffre après la virgule des 3 % de déficit public. L’avenir de l’Union européenne doit être au coeur de la campagne de 2017.

Je ne propose pas un référendum sur la sortie de l’UE mais un nouveau départ pour une Europe conçue comme une coopérative de nations : nationalisation de l’euro, traité dé-fédéral et suppression de la Commission européenne.

Je félicite le peuple britannique d’avoir été au bout du débat, malgré le meurtre de Jo Cox, malgré les marchands de peur, les bookmakeurs, les sondeurs… on a vraiment tout à gagner à poser directement des questions au peuple.

Aux quatre nations britanniques, qui ont fait des choix divergents hier, je souhaite de faire face à cette étape historique dans l’unité.

Voir aussi les communiqués de presse

- de Ladislas Polski (MRC) : Brexit : un vote sans appel

- de Jean-Luc Laurent (président MRC) : Brexit : une procédure admirable et un choix de liberté

- de Jean-Pierre Chevènement (RM) : Le Brexit peut être un service rendu à l'Europe

 

Cet article est le 145ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

Les institutions européennes à Bruxelles

Les institutions européennes à Bruxelles

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 23:55

 

La gauche qui s'oppose aux politiques néolibérales en Europe se renforce

 

La belle élection de Jeremy Corbyn à la tête du parti travailliste britannique est un nouveau signe de la baisse d'audience populaire de la gauche des partis liés aux politiques néolibérales en Europe. C'est une bonne nouvelle, qui incite les résistants à se battre avec enthousiasme pour le retour au pouvoir des peuples, ce qui prendra beaucoup de temps.

Voici deux articles qui méritent notre attention.

 

- Philippe Marlière, Le Monde, 13 septembre 2015 : « Jeremy Corbyn, nouveau leader du Labour, va perturber la gauche européenne ». Extrait.

Tendre la main à toute la gauche

Avec Jeremy Corbyn, le Parti travailliste va tendre la main à l’ensemble de la gauche : sociale-démocrate, verte, nationaliste (SNP et Plaid Cymru) et radicale. En Europe, il s’adressera aussi aux dirigeants du Front de gauche, de Podemos ou de Syriza. Il ambitionne de construire un front anti-austérité avec tout le monde. On n’entendra pas Corbyn pérorer sur les notions de « souveraineté nationale-populaire », mais il tentera d’œuvrer concrètement à la construction d’un mouvement contre l’hégémonie néolibérale au sein des institutions communautaires. En socialiste conséquent, il sait que la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne ne ferait pas disparaître par enchantement au niveau national les structures de domination capitaliste.

En réalité, ce sexagénaire sans charisme est le grand perturbateur des gauches sociales-démocrates et radicales, engoncées dans leurs certitudes droitières et gauchistes. Il vient en effet de donner un coup de vieux aux néolibéraux qui dirigent les partis sociaux-démocrates. Il a montré qu’on pouvait être populaire auprès de l’électorat en faisant des propositions anti-austérité : renationalisation des chemins de fer, augmentation de la masse monétaire (quantitative easing) pour investir dans les services publics et opposition aux partenariats privés-publics, contrôle des prix du loyer, non-intervention armée en Syrie et abandon de la force de frappe nucléaire ; autant de propositions qui sont plébiscitées par une large majorité de Britanniques. Voici un leader de parti social-démocrate qui n’essayera pas de gagner une élection au centre en singeant les politiques de la droite. On n’avait pas vu cela depuis plus de trente ans en Europe !

Le succès de Jeremy Corbyn devrait également amener la gauche radicale à repenser sa propre stratégie qui, trop souvent, entremêle langue de bois eschatologique et sectarisme auto-défaitiste. Avec Corbyn aux commandes, certains dirigeants « radicaux » pourraient enfin comprendre qu’insulter à répétition les chefs sociaux-démocrates ne fait qu’incommoder le public. Jeremy Corbyn pourrait aussi leur montrer qu’un mouvement majoritaire de gauche ne se construit pas en cultivant le soutien de fidèles radicalisés, mais en s’adressant à tous.

 

- Bernard Teper, ReSPUBLICA, 14 septembre 2015 : L'élection de Jeremy Corbyn à la tête du parti travailliste britannique rebat les cartes dans la gauche européenne. Extrait.

Cette élection rebat les cartes dans la politique européenne. Nous avons déjà dit dans ReSPUBLICA que nous considérions comme une croyance sans avenir l’idée qu’un groupuscule politique détenant la vérité révélée pouvait grossir par sa seule dynamique jusqu’à devenir majoritaire dans le peuple. Et que nous ne croyons pas plus à l’efficacité sur longue durée des cartels d’organisation comme Gauche unie en Espagne ou le Front de gauche en France (qui se présente sur plusieurs listes concurrentes à toutes les élections sur listes depuis la présidentielle…). Tout au plus un cartel a-t-il vocation à s’unifier ou à devenir inefficace. L’élection de Jeremy Corbyn montre que, même dans un parti de gauche néolibéral ayant justifié les politiques austéritaires anti-sociales, des circonstances particulières peuvent renforcer les forces internes qui petit à petit se dressent contre ces politiques austéritaires et recueillent alors un soutien externe dans le mouvement syndical revendicatif et dans la jeunesse. Cela ouvre en plus une perspective nécessaire (mais non suffisante !!!) de restructuration des gauches par action conjointe endogène et exogène à la fois. Là réside l’avenir.

Après la poussée de Tsipras et de Syriza en Grèce, de Pablo Iglesias et de Podemos en Espagne, l’arrivée de Jeremy Corbyn renforce le camp de ceux qui veulent s’opposer aux politiques austéritaires avec un soutien populaire significatif.
C’est mieux de vouloir s’y opposer plutôt que de s’y résigner, mais est-ce suffisant pour obtenir la victoire ? On a bien vu avec l’accord grec du 13 juillet qu’une simple volonté solipsiste ne permet pas de changer le réel. Est-ce qu’il suffit alors d’avoir un plan B pour sortir du carcan de la zone euro et de l’Union européenne ? Non. Vouloir s’opposer aux politiques austéritaires est un point de départ nécessaire.

Mais ensuite il faut produire toutes les conditions de la transformation culturelle, sociale et politique. Et pour cela, il faut tenir compte des lois tendancielles de la formation sociale capitaliste afin d’utiliser les crises paroxystiques au moment opportun pour un possible déclenchement du processus de transformation sociale ; ce qui implique de ne pas considérer la monnaie uniquement comme un moyen de paiement, de donner la priorité aux liens avec les couches populaires ouvrières et employées, avec la jeunesse, avec le mouvement syndical revendicatif, bref de promouvoir un processus global de développement d’une nouvelle République sociale.
Fêtons l’élection de Jeremy Corbyn tout en étant persuadés qu’il y a encore loin de la coupe aux lèvres !

Cet article est le 144ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

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14 août 2015 5 14 /08 /août /2015 17:57

 

Le projet européen intègre les contradictions de la gauche et de la droite

 

Les contradictions de l'oligarchie européenne sont mises à nu dans cette Tribune (FIGARO VOX) publiée par le Figaro le 13 août 2015 sous le titre : Traité transatlantique : quand les politiques organisent leur propre impuissance. L'auteur est Paul Zurkinden, membre du secrétariat national du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) depuis le récent congrès de Paris.

 

Disons-le d'emblée, ce traité signe la fin des chimères de «l'Europe qui protège les peuples» et du vieux rêve fédéraliste qui leur est naturellement associé. Car quel serait le sens d'éventuels Etats-Unis d'Europe, sinon de conduire des politiques économiques sur leur territoire - bref, de défendre une souveraineté européenne? Avec la signature du traité transatlantique, l'idée fédérale perd sa substance même: un traité décidera à la place des dirigeants de la politique des taux de change, des normes applicables en matière environnementale, sanitaire, agroalimentaire. Que serait donc ce pouvoir introuvable qui ne pourrait qu'agir sur le marginal, le mineur, le négligeable?

Ainsi, les promoteurs du fédéralisme se trouvent face à la contradiction de vouloir à tel point diluer les normes sociales, environnementales, sanitaires, au profit du marché qu'ils vident par avance leur entité supranationale de tout contenu. Mais, puisque marché unique nous voulons, celui-ci doit être de taille mondiale, et puisque toute souveraineté nationale entrave le marché, celle de l'Europe doit également passer à la trappe.

Cette contradiction entre le rêve fédéral et le mondialisme se trouve largement partagée par les partis politiques de gouvernement, et particulièrement à gauche où de telles positions sont dévastatrices. Être de gauche, n'est-ce pas concevoir et mettre en œuvre un projet de transformation sociale s'attacher à la protection des travailleurs, à la défense de normes sociales plus avantageuses? «Entre le riche et le pauvre, entre le fort et le faible, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit» disait Lacordaire. En signant le traité transatlantique, c'est l'effet inverse que l'on accomplit.

C'est là tout le symbole d'une certaine gauche qui s'est détournée de sa base électorale originelle: le peuple. Car c'est bien dans le projet européen que se trouve le nœud gordien des contradictions de tant de forces de gauche et de droite. Vous voulez mener une politique de relance keynésienne? Les traités européens instituent une interdiction d'un déficit supérieur à 3% et d'une dette supérieure à 60% du PIB . Vous voulez promouvoir le made in France ? Un arrêté de la Cour de Justice de l'Union Européenne vous en interdit la possibilité au nom de la concurrence libre et non-faussée . Vous souhaitez établir des frontières, migratoires ou économiques? Là encore, la liberté européenne n'est bonne que pour déréglementer, point pour laisser les peuples libres de leurs décisions. Tout est réglé comme du papier à musique par des traités dont les règlements et directives sont par avance constitutionnalisés en droit français.

Comment dès lors être surpris par la déception du peuple, après qu'un François Bayrou a promis de promouvoir le made in France, François Hollande de mener une politique de relance et Nicolas Sarkozy de réduire les flux migratoires? Toutes ces propositions, quoi que l'on en pense par ailleurs, ne sont pas compatibles avec l'Union européenne telle qu'elle fonctionne. C'est là un fait incontestable.

Ce n'est qu'en prenant cette réalité en compte que les partis politiques de gouvernement sauront retrouver une popularité dans les urnes. Et certainement pas par la signature d'un énième traité sans approbation démocratique.

Cet article est le 143ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 23:45

 

Europe néolibérale oligarchique contre Europe démocratique du progrès social

 

La Grèce, depuis l'accession de Syriza aux responsabilités gouvernementales, en janvier 2015, a déjà contribué à la renaissance de la démocratie. Car elle a révélé « le caractère autoritaire et dépolitisant »des institutions européennes.

Voir cet article de Gaël Brustier, paru sur le site Slate.fr le 2 août 2015 Comment la menace du Grexit pousse les gauches à se défaire de leurs automatismes

La crise grecque et la confrontation de la gauche radicale avec la réalité du processus d’intégration européenne l'obligent à un examen de conscience. Extrait.

La question démocratique est au cœur du débat en cours. Elle n’est pas entre les «pro» et les «anti»-européens (ces derniers brillant souvent par leur analyse faussée et erronée): elle est entre l’acceptation d’une évolution dépolitisante et autoritaire de l’UE et la réaffirmation de la souveraineté populaire et du principe démocratique. Il va donc falloir aux gauches l’énergie de se déprendre de quelques automatismes de la pensée relatifs à l’Europe et à sa«construction».

 

Voir aussi :

 

- Marianne, 3 août 2015, Jean-Pierre Chevènement : Jean-Pierre Chevènement : « la médecine administrée à la Grèce a échoué »

Dimanche 2 août, Jean-Pierre Chevènement était invité sur iTélé. Après avoir rappelé « l’hypocrisie » sur le dossier des migrants et que « la vraie solution » se trouve dans « le co-développement de l’Afrique », le président de la fondation Res Publica s’est attaqué aux maux de l’Europe et précisément à la mauvaise médecine administrée à la Grèce avant de conclure que « L’euro est une mauvaise monnaie, mal conçue » préconisant un passage « de la monnaie unique à une monnaie commune ».

(…) Interrogé sur le dossier grec, Jean-Pierre Chevènement, là-aussi, n’a pas fait dans la demi-mesure. « De toute évidence, ces 177 % (dette grecque par rapport au PIB), c’est le résultat d’une chute de son PIB de 25 % depuis qu’on a appliqué ces remèdes depuis 2010, et de pointer du doigt les choix des dirigeants européens dans leur gestion de la crise, je vous rappelle que les états se sont substitués aux banques, françaises ou allemandes, qui s’étaient engagées en Grèce. On leur a permis de se dégager et ce sont les contribuables qui ont pris le relais. Mais la médecine administrée à la Grèce a échoué. Donc ils ne pourront pas rembourser. Il faudrait se mettre autour d’une table et définir un sentier de croissance possible. » Mais, l'ancien Ministre de l'Intérieur ne s’arrête pas en si bon chemin et fait part de ses doutes sur la "résolution" du cas grec : « Je crains cependant que l’arbre grec nous cache la forêt de l’Euro. L’Euro est une mauvaise monnaie, mal conçue qui juxtapose des pays très différents. Les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent. Il faudrait revoir les règles monétaires européennes. Il faut passer de la monnaie unique à une monnaie commune, c’est à dire une devise que nous aurions en commun qui servirait aux échanges internationaux mais réintroduire des éléments de flexibilité à l’intérieur de l’Europe. »

 

- Marianne, 3 août 2015, Pierre Khalfa : Après la Grèce, l’affrontement inévitable

Pierre Khalfa, coprésident de la Fondation Copernic, tire les leçons de l'épisode grec. Pour lui, il est clair qu'il "n’y aura pas d’alternative aux politiques néolibérales sans l’ouverture d’une crise politique en Europe". "Prendre des mesures unilatérales, même si elles sont contraires aux traités et aux directives européennes, est la condition pour appliquer un programme de rupture", écrit-il ainsi. Quant à la sortie de l'euro, si elle "ne peut être un projet en soi", "la refuser d’emblée, c’est, comme l’a montré l’exemple de la Grèce, se paralyser soi-même."

(…) C’est dans ce cadre que se pose la question de la sortie de l’euro. Sortir de l’euro a d’abord un coût économique important et, de l’aveu même de ses partisans, ses possibles bénéfices prendraient un certain temps. La sortie a aussi un coût politique. Au-delà même du fait que, dans beaucoup de pays européens, la population reste attachée à l’appartenance à la zone euro, la sortie marquerait un échec de la tentative de refondation de l’Europe sur des bases progressistes. Elle risquerait d’isoler le pays qui la pratiquerait et pourrait aggraver la concurrence entre les pays si elle s’accompagne d’une politique répétée de dévaluations compétitives. Elle ne résout pas par miracle la question des rapports de forces dans l’affrontement avec les politiques néolibérales. C’est pourquoi elle ne peut être un projet en soi. Elle ne peut cependant être a priori exclue. Si un pays décide d’entamer un bras de fer avec les institutions européennes, son résultat pourrait aboutir à cette solution. La refuser d’emblée, c’est, comme l’a montré l’exemple de la Grèce, se paralyser soi-même. La sortie de l’euro ne peut être un projet politique, mais elle peut être le résultat circonstanciel d’une bataille politique. Il faut rompre avec l’austérité et le néolibéralisme, dans la zone euro si possible, en dehors si nécessaire.

- La Tribune, 3 août 2015, Michel Santi :  : Grèce : la mort par la dette !

 

Rappel (29 juillet 2015) : Bernard Cassen tire les enseignements des tribulations de la Grèce

 

 

Cet article est le 142ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 23:23

 

Avis à la gauche radicale : l'euro va devenir le fossoyeur de l'idée européenne

 

La gauche radicale est en pleine effervescence depuis le traitement qui a été infligé à la Grèce par les autorités de la zone euro, sous la pression de l'Allemagne et de pays du nord de l'Europe. Le débat fait rage au sein du Front de gauche… sur le site de Marianne :

- 26 juillet 2015, Jacques Sapir : Grèce, Europe, euro : l'illusionniste Pierre Laurent

- 27 juillet 2015 : Alexis Corbière : "Au PG, notre “plan B” envisage la sortie de l'euro"

 

Auparavant, dans un article publié le 17 juillet par Mémoire des luttes, Bernard Cassen avait analysé l'accord accepté sous la contrainte par la Grèce et, en conclusion, demandait à la gauche radicale d'abjurer son « euro-angélisme primaire ».

Voici (Lettre d'information de Mémoire des luttes, n° 47, juillet-août 2015) ce texte de Bernard Cassen

Tsipras n'avait pas de plan B, Merkel en avait deux

IL FALLAIT PRENDRE SCHÄUBLE AU MOT !

On voit mal un sprinter dont une jambe a été plâtrée affronter des concurrents parfaitement valides dans un meeting d’athlétisme. Aucun spectateur ne parierait un euro sur sa victoire. Face à la coalition des institutions européennes et du FMI, c’est malheureusement dans cette situation handicapante que s’est trouvé Alexis Tsipras. Son boulet se nomme euro.

Fidèle à ses promesses électorales et au sentiment majoritaire de ses concitoyens, le premier ministre avait cru pouvoir obtenir de ses créanciers à la fois un allègement des mesures d’austérité qui ont dévasté la Grèce ET le maintien de cette dernière dans la zone euro.

A sa décharge, il faut dire qu’il se situait dans une sorte de consensus de la quasi totalité de la gauche radicale européenne pour laquelle le principe des bienfaits d’une monnaie unique européenne ne souffrait pas de contestation, ne serait-ce que pour éviter tout compagnonnage coupable avec l’extrême-droite.

Il suffisait pourtant d’un minimum de raisonnement logique pour comprendre que, par définition, une politique monétaire ne peut être la même pour des économies profondément différentes, voire divergentes, comme par exemple celles des Pays-Bas et de Chypre ou de la Grèce. Une solution tout aussi « européenne » aurait été une monnaie commune, seule convertible, permettant de conserver des monnaies nationales aux parités révisables par concertation entre les gouvernements en fonction des situations.

Contre le plus élémentaire bon sens, l’euro aura été fétichisé. Il aura fallu la crise des dettes souveraines, et particulièrement le cataclysme grec, pour qu’une partie – encore très minoritaire – de la gauche radicale européenne commence à opérer une révision déchirante et se rende enfin compte que l’euro n’est pas simplement une monnaie, mais aussi une arme politique au service des intérêts de l’Allemagne et accessoirement de ses satellites européens. La survie de l’euro, les mesures d’austérité et les pouvoirs de police de la troïka (rebaptisée les « institutions ») imposés aux pays de la périphérie de l’UE sont structurellement liés.

Forts de leur position dominante dans ce cadre contraignant, Angela Merkel et son ministre des finances, Wolfgang Schäuble, jouaient sur du velours dans leurs relations avec le gouvernement grec : en ignorant, consciemment ou non, la fonction réelle de la monnaie unique, Alexis Tsipras se jetait lui-même dans la gueule du loup en faisant des pieds et des mains pour rester dans la zone euro, c’est-à-dire dans un carcan interdisant toute politique économique alternative au néolibéralisme, et doté à cette fin d’un puissant arsenal répressif. Comme il s’était interdit, et pour cause, le seul plan B susceptible de renforcer sa main dans une négociation – la menace de sortie de l’euro –, il était condamné à capituler devant les créanciers, avec François Hollande dans le rôle de l’aide-soignant distribuant des comprimés anti-douleur pour faire supporter par les Grecs les opérations de vivisection des chirurgiens allemands (et finlandais).

Si, malgré son succès au référendum du 5 juillet, Tsipras n’avait pas de plan B, le tandem Merkel/Schäuble, lui, en avait deux au cas où, pour rester membre du club, Athènes ne se pliait pas à leurs exigences les plus humiliantes : d’une part, l’expulsion de la Grèce de la zone euro (leGrexit) ; d’autre part – une idée de Wolfgang Schäuble – sa sortie temporaire de cette zone (la « clause bye bye »), le temps de restructurer sa dette et de retrouver de la compétitivité avec une drachme dévaluée. Après quelques années, un retour dans la zone euro était envisageable.

Ce qui est frappant dans cette affaire, c’est que ses acteurs ont négocié dans le noir le plus total quant aux implications juridiques, financières et géopolitiques des différents scénarios. Une sortie définitive ou temporaire, forcée ou volontaire de l’eurozone est-elle compatible avec les traités européens ? Quel serait le coût du Grexit pour les créanciers et pour la Grèce ? Des chiffres invérifiables ont circulé. La vérité est que personne n’en sait rien.

Les simulations uniquement comptables à court terme – du type ratio dette/PIB – font l’impasse sur l’histoire, la culture et la géographie, toutes dimensions qu’ignorent (et sans doute méprisent) les « hommes en noir » du FMI, de la BCE et de l’Eurogroupe. Vu la situation géographique de la Grèce (qui en fait une porte d’entrée des immigrants du Proche-Orient), son antagonisme séculaire avec la Turquie (également membre de l’Otan), sa solidarité culturelle avec le monde orthodoxe, il n’est pas sérieux de ne pas prendre en compte les conséquences d’une possible déstabilisation du pays. Et cela ne se fait pas avec une calculette…

En fait, l’ « accord » de Bruxelles est essentiellement politique et idéologique. Il s’est agi de tuer dans l’œuf toute velléité de ruptures nationales avec le formatage néolibéral. Les électeurs, en particulier ceux d’Espagne, sont prévenus : leur éventuel vote pour Podemos n’aura strictement aucune incidence sur les politiques à mettre en œuvre. C’est à Bruxelles, à Francfort et à Washington (siège du FMI) que les choses se décident. Et pas plus à Madrid demain qu’à Athènes aujourd’hui.

Si l’on sous-estime cette priorité donnée à la domestication de peuples européens récalcitrants, on ne s’explique pas le caractère paradoxal, et à la limite irrationnel, des propositions en présence. Car la partie s’est jouée à fronts renversés, chacun des deux camps – un gouvernement contre 18 autres – défendant des positions qui auraient logiquement dû être celles de l’autre.

Du point de vue allemand, la décision d’Alexis Tsipras de faire passer le maintien de la Grèce dans la zone euro avant toute sortie de l’austérité aurait dû être accueillie avec empressement. Or Wolfgang Schäuble a multiplié rageusement les menaces de Grexit en ignorant complètement quelles pourraient en être les conséquences. Il a calmé ses nerfs en durcissant les conditions, pourtant déjà draconiennes, imposées à la Grèce. Son projet de « clause bye bye » était quelque peu improvisé et n’avait guère de chances d’être accepté par Alexis Tsipras qui y verrait une version allégée de sa bête noire, le Grexit.

Si l’on se place du côté des intérêts grecs, on voit rétrospectivement qu’ils auraient été mieux servis si le premier ministre avait fait siens les deux plans B allemands, et surtout le plan Schäuble de « congé sabbatique » de la zone euro. Il aurait fallu prendre le ministre des finances allemand au mot, et tabler sur sa phobie anti-grecque et son désir de réserver l’euro aux Etats « sérieux » pour négocier des conditions d’accompagnement favorables de la sortie – théoriquement provisoire – du dispositif de la monnaie unique.

Rien ne peut être pire que le plan décidé à Bruxelles et dont Tsipras a lui-même admis qu’il n’y croyait pas, tout en demandant à son Parlement de l’adopter... Le prix à payer est en effet énorme : la Grèce devient une sorte de territoire occupé, comme l’avaient été l’Allemagne et le Japon au lendemain de la deuxième guerre mondiale. La première différence entre les deux situations est que les forces d’occupation ne sont pas composées de militaires dirigés par un général américain, mais de civils des « institutions » sous le commandement suprême, mais à distance, de la chancellerie allemande.

L’autre différence, et elle est aussi de taille, est que, après une courte période « punitive » contre les plus notoires des criminels de guerre des pays de l’Axe, les puissances occupantes, qui avaient tiré les enseignements du traité de Versailles, s’inscrivaient dans la perspective de transformer les Etats vaincus en autant de marchés potentiels, en alliés idéologiques et en partenaires stratégiques contre l’Union soviétique et la Chine.

Rien de tel dans la démarche actuelle des « institutions » : pas question de composer avec les ennemis qu’elles ont mis sur leur liste noire, des ennemis non pas de l’extérieur, mais de l’intérieur, à savoir les peuples européens qui, par le suffrage universel, auraient l’outrecuidance de vouloir s’émanciper du régime de tutelle où les enferme l’appartenance à la zone euro.

Nul ne peut nier que l’Allemagne a remporté une victoire à Bruxelles, mais elle n’est que provisoire car, comme les précédents, le plan d’ « aide » adopté va dramatiquement aggraver les maux qu’il prétend combattre. Et la médiatisation européenne et même mondiale de cette expérience de laboratoire devrait permettre d’en dénoncer, à grande échelle et chiffres à l’appui, le caractère à la fois absurde et inhumain.

Il reste à la gauche radicale d’être à la hauteur des combats qui s’annoncent en abjurant son euro-angélisme primaire. Faute de quoi, c’est l’extrême-droite qui, par son discours sans ambiguïté, raflera la mise électorale et politique. Présenté comme l’emblème de l’idée d’Europe, l’euro risque au contraire d’en devenir le fossoyeur.

Voir aussi (Christophe Ventura, 14 juillet 2015) : Après « l'accord » insoutenable de l'Eurogroupe : un protectorat en Europe et une nouvelle ère sous domination de l'Allemagne

Cet article est le 141ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 23:37

 

Les grecs luttent pour la démocratie en Europe, à nous de les soutenir

 

Ce 5 juillet, le peuple grec a demandé aux créanciers de son pays le respect de sa dignité. C'est aussi un appel lancé à tous les responsables politiques européens pour qu'ils fassent de l'Europe un projet politique au service des citoyens.

Voir (site du JDD) : Pour Tsipras, le "non" grec ne veut pas dire "rupture avec l'UE"

Alexis Tsipras a réagi à la victoire du "non" dimanche soir, assurant que ce choix du peuple grec lui donne le droit de renégocier et non d'engager "une rupture" avec l'UE. "Il existe des solutions justes et viables. Je suis certain que la BCE comprend la dimension humanitaire de la crise dans notre pays", a-t-il souligné, répétant qu'il attendait un rééchelonnement de la dette nationale. "Quand un peuple a confiance, il peut surmonter de grandes difficultés, je vous remercie, indépendamment de ce que vous avez voté aujourd'hui", a-t-il aussi déclaré.

Voir aussi (site Europe1) : Référendum grec : conforté par la victoire du "non", Tsipras promet d'ouvrir une nouvelle page de l'histoire

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen était présent en Grèce ce 5 juillet. Voir photo et site du MRC :

Le MRC présent en Grèce pour le référendum

Le MRC rencontre Syriza à Athenes

Il a pris une position très favorable à la démarche du gouvernement grec. Voir "La France doit refuser le coup de force de l'Eurogroupe et soutenir la Grèce" et « Contre la folie de Bruxelles, la raison grecque »

 

Les Grecs ont voté majoritairement « non » au référendum organisé par le gouvernement. Après six mois de bras de fer entre la Grèce et ses créanciers, Alexis Tsipras remporte une victoire importante en se faisant confirmer son mandat par le peuple souverain.

 Depuis six mois, les créanciers s’acharnent à faire plier la Grèce et son gouvernement élu pour lutter contre la politique d’austérité. Récessive, déflationniste, cette politique est dangereuse pour tous les pays d’Europe. La victoire de Syriza constitue un point d’appui historique pour desserrer la camisole de l’ordo-libéralisme européen. Les chefs d’Etat européens de gauche, à commencer par François Hollande, doivent s’en saisir. 

 Contre l’Europe folle et dépressive, Syriza incarne depuis six mois la raison et la fidélité à son mandat. Toute entreprise punitive d’expulsion de la Grèce serait une faute devant l’histoire. Les Etats européens et les institutions européennes doivent dès lundi assurer la stabilité de l’Union en soutenant l’économie et les banques grecques. 

 Il faut cesser d’abreuver le continent de fausses informations sur la situation de la Grèce mais il faut aussi prendre en compte l’impossibilité pour les Etats européens d’assumer les solidarités, les contraintes et les interdépendances qu’implique une monnaie unique. Prenons une année pour réinitialiser l’Euro en transformant la monnaie unique actuelle en une monnaie commune.

 

Rappel :

Les députés MRC à leurs collègues : le déni du 29 mai 2005 doit cesser

29 mai 2005 : le NON du peuple français était visionnaire et déterminé

La Grèce, talon d'Achille de l'euro, est bien décidée à obtenir un sursis

L'originalité de la Grèce avec Syriza est d'être pour l'Europe des peuples

 

Cet article est le 140ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

Le porte-parole du MRC, Bastien Faudot, le 5 juillet 2015, manifestant à Athènes après la victoire du NON au référendum

Le porte-parole du MRC, Bastien Faudot, le 5 juillet 2015, manifestant à Athènes après la victoire du NON au référendum

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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 21:35

 

Rejeter le traité transatlantique pour défendre l'intérêt des peuples européens

 

Nous vivons une crise démocratique qui aurait pu être évitée si les partis au pouvoir avaient su tenir compte du résultat du référendum du 29 mai 2005 (54,5 % des votants contre la ratification du traité constitutionnel européen). Or, d'un commun accord, UMP et PS ont franchi la ligne blanche en tenant pour nul le vote des Français et en acceptant, en février 2008, de ratifier le traité de Lisbonne - qui reprenait pour l'essentiel le même texte - par la voie parlementaire.

Rappel : 29 mai 2005 : le NON du peuple français était visionnaire et déterminé (29 mai 2015)

 

Les trois députés du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC)* ont adressé une lettre à leurs collègues de l'Assemblée nationale, dans laquelle ils constatent que "faute d’avoir été écouté, le peuple français se tourne vers des apprentis sorciers", et notamment le FN. Mais ils ouvrent aussi des perspectives en appelant leurs collègues à se mobiliser aujourd'hui contre le traité transatlantique qui "ne peut être accepté, écrivent-ils, les yeux fermés par notre gouvernement et notre Parlement."

* Marie-Françoise Bechtel, députée de l'Aisne, Christian Hutin, député du Nord et Jean-Luc Laurent, député du Val-de-Marne.

 

Cette lettre est reproduite sur le site de Marianne (30 mai 2015) sous le titre : 29 mai 2005 – 29 mai 2015 : et maintenant ?

 

Chers collègues,

Le 29 mai 2005, le peuple français dans sa majorité disait « non » au projet de Constitution européenne. Dix ans après, la portée de ce vote crève les yeux.

D’abord, par la justesse du diagnostic populaire. A travers la mobilisation d’un électorat à la fois progressiste et républicain, majoritairement composé de jeunes actifs, s’exprimait le rejet d’une Europe dans laquelle ni la démocratie, ni la prospérité n’avaient trouvé leur compte.

Prémonitoire, cet avis de tempête l’était effectivement. Depuis 2005, la crise aidant, l’affaissement de nombreuses économies européennes, l’incapacité de ses institutions à donner un projet d’avenir à l’Union européenne, la grave crise de l’euro qui n’est pas terminée, tout cela questionne en profondeur le projet européen lui-même.

Qui pourrait feindre de ne pas voir les conséquences de ces dérives ? Les tendances centrifuges, souvent contradictoires, qui travaillent des Etats membres de l’UE (Grèce, Royaume-Uni, Europe du Nord, demain peut-être l’Espagne), n’existeraient pas sans la panne du projet européen. De même d’ailleurs, la conscience par l’Allemagne de sa position dominante fonde une nouvelle politique d’intérêt national bien loin de la « solidarité européenne », branche morte à laquelle on ne s’accroche plus que par peur du vide.

 

En France, cette tendance centrifuge est incarnée par le Front national. Il est inutile de rappeler combien la progression de ce parti doit à ses choix anti-européens. Mais il est juste aussi de constater que le détournement de la volonté populaire n’a pas été pour rien dans ce succès. En votant le traité de Lisbonne, la classe politique et notamment les grands partis de gouvernement ont assumé une responsabilité politique très lourde.

C’est bien parce que cette même classe politique ne veut pas poser le problème européen dans les bons termes qu’elle laisse un boulevard au Front national, lequel pose ce problème dans les mauvais termes.

Seul le diagnostic est juste : l’abandon de la Nation, renforcé par la mondialisation, est organisé par l’Europe contre les peuples au détriment de la prospérité. Mais le Front national ne fait qu’alimenter de faux espoirs. Il n’offre aucune alternative quant à ce que pourrait vraiment devenir l’Europe : une Europe démocratique, progressiste, respectueuse des souverainetés, ce qui ne l’empêche nullement de coopérer étroitement dans de grands projets d’avenir. Les solutions du Front national sont irresponsables. Mais le danger est là. Faute d’avoir été écouté, le peuple français se tourne vers des apprentis sorciers.

 

Et maintenant ? Dix ans après le déni infligé par le Congrès à la souveraineté populaire, il n’est plus temps de se morfondre. Il est temps pour une classe politique dont l’opinion publique se méfie et, au besoin se venge, de redresser la tête. Une occasion lui est donnée aujourd’hui de le faire.

Le traité transatlantique négocié en lieu et place des Etats par une Commission européenne tout acquise à la domination américaine ne peut être accepté les yeux fermés par notre gouvernement et notre Parlement. Car de quoi s’agit-il réellement ? D’offrir aux Etats-Unis un complément au Trans-Pacific Partnership (TPP)  lancé en 2011 permettant à ce pays d’assurer son hégémonie des deux côtés du monde. Simultanément, nous sommes au cœur de l’offensive des grandes firmes internationales pour s’affranchir de ce qui reste de la tutelle des Etats. L’agriculture, l’industrie, la santé, les services publics, la défense même, tout est dans le paquet. L’alignement total de l’Europe sur l’ordre libéral s’achèvera avec la possibilité de permettre aux grands groupes multinationaux de contester devant les tribunaux de leur choix ce qui restera de la réglementation des Etats. Ce serait rendre définitivement impossible « l’Europe européenne », ce continent qui pourrait faire briller dans le monde un modèle différent,  fondé sur ses grandes conquêtes sociales, technologiques et culturelles.

Ensemble, ne renonçons pas. Appelons l’exécutif et le législateur, chacun dans le cadre ses compétences, à veiller de la manière la plus active à ce que les intérêts du peuple français et des peuples européens ne soient pas une fois encore foulés aux pieds.  

Voilà un projet qui rassemblerait les Français. Il devrait parler à tous ceux qui, de bonne foi, ne veulent pas l’abaissement de notre continent, pas plus que celui de notre pays. Quel message ce serait pour un peuple en perte de repères !

 

Voir aussi (Claude Nicolet) : - 29 mai 2005-29 mai 2015, la République piégée et confisquée

- (Francis Daspe, l'Humanité, 26 mai 2015) : La gauche et le trou noir du 29 mai

- (Coralie Delaume , 29 mai 2015) : Référendum volé de 2005 : joyeux anniversaire à tous les démocrates !

 

Cet article est le 139ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

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Published by Michel SORIN - dans France et Europe
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