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En trois mois, les lignes on bougé, ce n’est qu’un début…
La décision de retrait de candidature, prise le 1er février par Jean-Pierre Chevènement, était inéluctable car il n’avait pas les moyens d’aller au bout. Mais il n’est pas pour autant au terme de sa démarche.
S’il a réussi à faire bouger les lignes du positionnement de François Hollande (prise de distance vis-à-vis des écologistes, énergie nucléaire, siège de la France à l’ONU, dissuasion nucléaire), le compte n’y est pas en ce qui concerne l’Europe, qui est le nœud du problème. Voir Pour Chevènement, l'Europe et l'euro sont l'enjeu de la présidentielle - 5 janvier 2012.
Le candidat socialiste veut ajouter quelque chose au traité européen, mais il ne conteste pas le traité. Lui-même et son entourage sont favorables au traité de Maastricht. La France est prise dans la récession européenne. Elle a un problème de compétitivité. Hollande n’a pas de réponse suffisamment forte sur ce point. Comment fera-t-il bouger les lignes en Europe, s’il est élu président ? On ne sait pas.
Lire la Déclaration de Jean-Pierre Chevènement
Je me suis porté candidat à la Présidence de la République le 5 novembre 2011, "pour faire bouger les lignes" et mettre la
gauche et la France à la hauteur des défis qu’elles doivent relever.
Dans la grave crise à travers laquelle une construction européenne mal pensée dès l’origine, peut conduire la France à une position définitivement subordonnée, j’ai voulu, à travers cette
"candidature pédagogique", rendre nos concitoyens attentifs à quatre enjeux majeurs de la période qui s’ouvre :
1) Pour réindustrialiser le pays, condition de la survie du modèle républicain, il faut, chose non suffisante mais indispensable, une monnaie moins chère que l’euro actuel.
2) Il est nécessaire, en second lieu, d’organiser la croissance en Europe et non pas la récession à perte de vue, comme nous y conduirait le projet de traité européen dont les grandes lignes ont
été entérinées hier, le 30 janvier 2012, à Bruxelles. Si le gouvernement de Mme Merkel, qui prétend dicter sa loi au suffrage universel, n’acceptait pas la révision du traité pour étendre les
missions de la Banque Centrale européenne et organiser la relance en Europe, mieux vaudrait alors transformer l’euro de monnaie unique en monnaie commune.
3) La souveraineté budgétaire et fiscale de la France doit rester dans les mains du Parlement français. Sa préservation est la condition, à tous égards, de notre indépendance future, y compris
diplomatique et militaire.
4) Il est temps de redresser l’Europe à partir de ses nations. Celles-ci sont le cœur vivant de la démocratie. Le but est d’édifier une "maison commune européenne", ou comme disait le général de
Gaulle, une "Europe européenne", ouverte vers la Russie à l’Est et vers la Méditerranée et l’Afrique, au Sud. Cette construction se fera avec les peuples, c’est-à-dire par la force des choses, à
géométrie variable, avec ceux qui le veulent.
Ayant pu exercer, autant que je le pouvais, le rôle pédagogique que je m’étais assigné, et n’ayant plus aujourd’hui les
moyens de continuer ma campagne, je décide de retirer ma candidature à l’élection présidentielle. Je continuerai cependant, demain comme hier, à faire entendre ma voix pour servir la
République.
Dans les temps difficiles qui sont devant nous, rien n’est plus important que de maintenir un recours républicain. J’indiquerai bien sûr, le moment venu, le candidat à l’élection présidentielle
auquel, les yeux ouverts, j’apporterai mon soutien.
Cet article est le 32ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012
CiViQ, l’agriculture, l’euro et la présidentielle, le plus souvent
Depuis 52 mois, au début de chaque mois, nous reprenons les titres des articles parus le mois précédent sur ce blog (voir Titres des articles du mois précédent). C’est l’occasion d’adresser un courriel aux amis inscrits sur les listes de distribution, afin de les informer des thèmes abordés sur ce blog. Ceux-ci évoluent dans le temps, selon l’actualité et nos priorités.
Depuis 5 ans et demi, 2040 articles - classés en 50 catégories - ont été publiés sur ce blog.
Les 32 titres en janvier se répartissent ainsi :
- Thèmes abordés par CiViQ : Jaurès à St-Berthevin, propositions Weil (9 articles),
- Agriculture, filière laitière principalement (5 articles),
- Euro, banques, marchés financiers, Europe (4 articles),
- Chevènement, MRC, élection présidentielle (3 articles),
- Emploi, chômage (2 articles),
- Ecole, collège (2 articles),
- Mamie Ranc (105 ans) à St-Berthevin (2 articles),
- Dépendance personnes âgées et handicapées (1 article).
- Le point sur l’évolution de l’intercommunalité en Mayenne (1 article).
- Collectif en Mayenne pour un audit citoyen de la dette (1 article).
- Itinéraire de Jacques Declosmenil, militant à St-Lô (1 article).
- Le musée Robert Tatin à Cossé-le-Vivien (1 article).
Titre des articles parus en janvier 2012 sur http://mrc53.over-blog.com
Cet article est le 52ème paru sur ce blog dans la catégorie Titres des articles du mois précédent
12 questions posées aux candidats à la présidentielle
Marc Reybaud m’a confirmé son accord de participation à la rencontre CiViQ* prévue le 28 février 2012 à Saint-Berthevin avec la participation de l’association Résistance Sociale. Son état de santé nous avait amenés à reporter le rendez-vous, initialement programmé le 27 septembre 2011 (voir Financement de la dépendance : débat le 27 septembre à St-Berthevin - 21 mai 2011).
Voir aussi Le Céas53 fait le point sur la réforme de la dépendance, mise en attente - 3 décembre 2011
* Rappel : Rencontre CiViQ : Jean Jaurès (JP Fourré) à St-Berthevin le 2 février - 26 janvier 2012
En tant que vice-président de la Fédération Nationale des Associations de Personnes Âgées Et de leurs Familles** (FNAPEF), Marc Reybaud m’a transmis le communiqué remis à la presse.
La FNAPEF s’adresse aux candidats à la présidence de la République
Les personnes âgées en situation de handicap après 60 ans et leurs familles demandent que soit rétablie l’égalité face au handicap quel que soit l’âge comme c’était le cas avant 1995 !
Elles se prononcent pour une cinquième branche de la sécurité sociale couvrant les besoins matériels, et humains du handicap.
Elles dénoncent : Des promesses, accompagnées d'effets d'annonce, sans cesse reportées depuis 2007. Le cinquième risque de protection sociale universelle, abandonné. Les textes législatifs européens et français de non-discrimination par l'âge remis en cause notamment :
- l’article 15 de la Charte sociale européenne révisée en 1996 : Toute personne handicapée a droit à l'autonomie, à l'intégration sociale et à la participation à la vie de la communauté.
- l’article 13 du traité d’Amsterdam et l’article 21 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne qui interdit toute discrimination fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, les origines ethniques ou sociales, les caractéristiques génétiques, la langue, la religion ou les convictions, les opinions politiques ou toute autre opinion, l'appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance, un handicap, l'âge ou l'orientation sexuelle.
- l’article 11 de la loi du 11 février 2005 « La personne handicapée a droit à la compensation des conséquences de son handicap quels que soient l'origine et la nature de sa déficience, son âge ou son mode de vie. » et l’article 13 :
« Dans un délai maximum de cinq ans, les dispositions de la présente loi opérant une distinction entre les personnes handicapées en fonction de critères d'âge en matière de compensation du handicap et de prise en charge des frais d'hébergement en établissements sociaux et médico-sociaux seront supprimées. »
Nous sommes des citoyens conscients des difficultés que traverse notre pays mais nous exigeons le respect des engagements pris par les représentants que nous avons élus (Article 13 loi du 11 février 2005).
Nous réaffirmons qu'au-delà de 60 ans nous comptons bien rester des citoyens à part entière. Nous dénonçons le système actuel qui nous condamne à une double peine, celle d'avoir pour certains d'entre nous la malchance de subir une altération de nos capacités physiques ou psychiques et celle de devoir assurer le financement de cette situation en utilisant la totalité de nos revenus, de notre patrimoine, jusqu'à faire appel à l'obligation du soutien financier de nos enfants, voire de nos petits enfants !
Nous refusons tout aménagement de l'APA (Allocation Personnalisée à l’Autonomie) véritable discrimination financière liée à l'âge : le financement de l'accompagnement au domicile avant 60 ans peut atteindre 10 000 €, alors que le montant maximum pour le même accompagnement après 60 ans est de 1261 €.
Nous n’ignorons pas que les besoins peuvent être différents en fonction du projet de vie et de l'âge de la personne, mais à projet de vie identique entre une personne touchée par un AVC, un accident de la route ou domestique avant ou après 60 ans, la réponse doit être la même au regard de son handicap pour compenser les actes de la vie quotidienne qu'elle n'est plus en mesure d'accomplir seule.
En tant que candidat à la Présidence de la République, que comptez-vous faire pour :
1) En priorité rétablir l'égalité de traitement du handicap sans discrimination d’âge et de territoire, sans recours sur les successions ni aux assurances privées.
2) Revoir et uniformiser les critères d’évaluation du handicap quel que soit l’âge.
3) Restructurer le secteur de l’aide à domicile : Imposer le régime d’autorisation et supprimer le droit d’option entre l’agrément et l’autorisation pour les interventions sur les personnes les plus fragiles. Mettre à leur disposition du personnel qualifié et en nombre suffisant pour répondre aux réels besoins d'accompagnement médico-social de leur handicap. Aujourd'hui l’accompagnement d’une lourde perte d’autonomie auquel s’ajoutent les frais courants, nécessite des revenus mensuels de 5000 à 7000 euros au minimum !
4) Résoudre le grave problème de la désertification médicale des zones rurales et des zones périurbaines qui nuit à toute politique du Bien Vieillir et donc de la prévention.
5) Réformer le mode de financement des établissements notamment au niveau du bâti, afin de ne plus faire supporter le poids des amortissements par les personnes accueillies. La collectivité qui finance les écoles, les collèges, les Universités, les gymnases, les hôpitaux publics … doit aussi financer les lieux de vie en faveur des personnes âgées. Il n’est plus acceptable pour les personnes en incapacités physique ou psychique contraintes d’entrer en EHPAD (Etablissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) de supporter 60% du budget global de leur établissement. En hôpital le forfait journalier est de 18 euros alors qu’en EHPAD le prix de journée est de 50 à 150 euros voire plus. Par ailleurs les EHPAD sont devenus progressivement des USLD (Unités de Soins de Longue Durée, anciens longs séjours) sans en avoir les moyens financiers.
6) Légaliser (Art. 4 - Loi n° 75-535 du 30 juin 1975) des ratios de personnel adaptés au degré de « dépendance » des personnes accueillies, a minima conforme aux objectifs du Plan Solidarité Grand Âge afin que chaque personne puisse bénéficier d’une écoute attentive, d’un accompagnement social et humain qui respecte son rythme.
7) Permettre aux EHPAD de garder les résidents jusqu’à la fin de leur vie, grâce à une véritable filière gériatrique, la généralisation de l’Hospitalisation A Domicile (HAD) et des moyens consacrés aux soins palliatifs.
8) Mettre fin aux expulsions arbitraires de résidents dans les EHPAD, notamment ceux qui sont désorientés. Ces résidents victimes de dysfonctionnements et de conflits qu’ils n’ont pas provoqués doivent être protégés et en mesure de faire valoir leurs droits.
9) Développer les établissements de proximité accessibles aux budgets moyens ce qui suppose un investissement dans le secteur public. Augmenter les accueils temporaires et de jour pour donner aux aidants familiaux des temps de répit indispensables au bien-être de tous.
10) Assurer la formation du personnel avant embauche. Imputer à 100 % sur le tarif soins les postes d’aides-soignants, d’ergothérapeutes, de psychologues, d’animateurs...
11) Imposer un contrat de séjour, de base, sans clauses abusives, à tous les établissements.
12) Faire respecter les 7 outils de la loi 2002-2. Donner au conseil de vie sociale les moyens d’être conforme à la loi : « Associer les personnes bénéficiaires des prestations au fonctionnement de l'établissement » (CASF art L 311-6). Assurer une formation aux candidats afin qu'ils remplissent pleinement leur mission auprès des résidents et des familles en recueillant l'ensemble des besoins, et en les informant.
Les personnes âgées handicapées après 60 ans et leurs familles attendent la mise en oeuvre d'une véritable branche de sécurité sociale fixant le cadre d'un accompagnement solidaire, matériel, humain et financier à la hauteur des besoins.
Elles regrettent le non-respect des engagements du Président Sarkozy : «Nous ne pouvons plus attendre. (…) Attendre encore serait une faute morale impardonnable, ce serait refuser de regarder la réalité en face, ce serait refuser d'assumer mes responsabilités.» ! ! ! (Palais d’Iéna 08/02/2011).
** Fédération Nationale des Associations de Personnes Âgées Et de leurs Familles Espace Associatif : 53 impasse de l’Odet – 29000 Quimper
Cet article est le 58ème paru sur ce blog dans la catégorie Santé et sécu sociale.
Changement de statuts : l’Apli s’organise et se normalise
Rappelons que l’Apli était née d’un mouvement de colère, en 2008-2009, parti du sud-ouest (Pascal Massol), à l’initiative de producteurs de lait révoltés par des prix à la production insupportables (grèves des livraisons de lait en septembre 2009, dans de nombreux pays d’Europe).
La démission, il y a trois mois, de Pascal Massol des responsabilités nationales de l’Apli a été suivie de son remplacement à la présidence par Richard Blanc (voir Richard Blanc (Nord) président de l'Apli après Pascal Massol (Aveyron) - 18 décembre 2011. Le siège de l’Apli est désormais à Luitré (Ille-et-Vilaine), au cœur de la région la plus laitière de France.
Afin de se mettre en règle avec la loi, l’association modifie ses statuts. Des responsables sont élus à chaque échelon, départemental, régional, national. Les Apli se regroupent en fédération nationale. Cela fait penser à l’organisation des syndicats, sans être un syndicat.
Les revendications actuelles de l’Apli sont les suivantes : prix rémunérateurs, Office national du lait avec tous les partenaires de la filière (producteurs, industriels, distributeurs, consommateurs et pouvoirs publics) et gestion européenne de la production, harmonisation des règles entre les différents pays européens (concurrence loyale).
L’Apli s’est associée aux organisations syndicales minoritaires (Coordination rurale et Confédération paysanne) pour créer l’Office du lait, montrant le chemin à suivre (la porte est ouverte à la FNSEA, syndicat majoritaire de la profession). Voir Le contrat laitier France MilkBoard pour une nouvelle dynamique de filière - 11 décembre 2011.
Voir aussi Lait : l'Apli et l'EMB au niveau européen pour de nouvelles régulations - 26 novembre 2011.
AG extraordinaire de l’Apli le 31 janvier
L’Assemblée Générale extraordinaire de l’Apli nationale est convoquée le 31 janvier 2012, de 10h à 17h, salle Longuenée, Le Plessis-Macé, à 10 km au nord d’Angers (Maine-et-Loire).
En matinée : rapport d’orientation (Richard Blanc), adoption des nouveaux statuts, situation financière, cotisations 2012 et point sur les CVO.
Après-midi : Lait équitable : présentation du Fair Milk belge par Erwin Schöpges, projet de lait équitable en France ; la contractualisation : rapport du Haut Conseil de la Coopération Agricole (HCCA), historique de la contractualisation, débat ; actions 2012.
Cet article est le 279ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.
Sarkozy, candidat de l’alignement de la France sur l’Allemagne
Le président de la République française était ce soir sur la défensive et il n’est pas sûr que la monopolisation des écrans de télévision lui aura été bénéfique. Faut-il être à ce point affaibli et défaitiste pour ne voir le salut de la France que dans l’imitation de l’Allemagne !
Lu dans la presse :
"Sarkozy s'est mis dans les pas d'Angela Merkel" (Le Monde, Françoise Fressoz, 29 janvier)
Sarkozy : le président savonne la planche du candidat (Marianne, Philippe Cohen et Laureline Dupont, 29 janvier)
Dans ce contexte, voici la prise de position de Julien Landfried, porte-parole de Jean-Pierre Chevènement, secrétaire national du
Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica. Elle a été publiée ce 29 janvier sur le site Atlantico.
L’urgence ensuite. Le traité européen qu’Angela Merkel a réussi à imposer à Nicolas Sarkozy condamne l’euro à l’explosion tant il fait le choix d’ajouter la rigueur à la récession. La route de la dépression est ainsi tracée. C’est sans doute l’intérêt de la rente, mais est-ce celui du monde du travail ? Pour éviter la déflagration de l’euro, il faut défendre fermement auprès de l’Allemagne la nécessité de transformer la Banque centrale européenne. Celle-ci doit pouvoir, comme la Fed aux Etats-Unis ou la Banque d’Angleterre, procéder à des politiques de monétisation de la dette et intervenir sur le marché des changes pour réduire le cours de l’euro face au dollar et au yuan. Aucun accord ne peut respecter les intérêts de la France sans que ce casus belli ne soit levé.
Transformation de l'euro
L’Allemagne ne pliera que si la France prépare le plan B de la transformation de l’euro. La monnaie unique deviendrait une monnaie commune. Les monnaies nationales seraient réintroduites dans les pays de la zone euro, inconvertibles entre elles, mais convertibles avec l’euro monnaie commune. Ce nouveau système monétaire européen redonnerait instantanément de la compétitivité aux pays européens qui ont le plus souffert de la surévaluation de l’euro. Une politique de change réaliste ferait plus que compenser les effets récessionnistes de politiques budgétaires restrictives.
Si la grande explication avec l’Allemagne n’aboutissait pas (plan A), le plan B aurait pour lui le réalisme géopolitique et économique. Un bon divorce vaut parfois mieux qu’un mauvais mariage.
Cet article est le 89ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe.
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