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  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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 Les secrétaires nationaux du MRC autour de leur président,

Jean-Pierre Chevènement

 

 A l’aile gauche, le secrétaire national à l’agriculture, en charge du développement du MRC dans le Grand Ouest,

Michel Sorin


22 juin 2008 - Congrès du Mouvement Républicain et Citoyen, Le Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne)

Dimanche 8 novembre 2009

La Roumanie, traumatisée, métamorphosée, mais constante

 

La Maison de l’Europe en Mayenne avait invité Edith Lhomel, le 19 octobre, dans une salle du Conseil régional, quai Gambetta à Laval, pour mieux comprendre la situation de la Roumanie, vingt ans après la chute du couple Ceaucescu.

 

J’ai eu plaisir à revoir Édith Lhomel, enseignante à l’université Paris VIII, et auteur de nombreux livres sur les pays de l’est de l’Europe, car elle était venue à Saint-Berthevin, en 1999, pour apporter un éclairage sur ce pays avec lequel, en tant que maire - avec mon équipe municipale, notamment René Camus - nous avions des échanges (voir Présentation des jumelages).

 

Mme Lhomel a laissé percer son sentiment de déception au vu de l’évolution de la Roumanie. De 1990 à 2000-2002, les dirigeants politiques ne pesaient pas. Avec la crise, les Roumains sont désabusés, voire agacés par la politique. Il est vrai qu’à la lecture du site du quotidien Le Monde, le 13 octobre, on pouvait les comprendre. Voir Le gouvernement roumain est tombé.

Résumé de l’exposé de Madame Lhomel

Depuis le 22 décembre 1989 (Révolution), ce qui surprend dans ce pays, c’est le manque de considération vis-à-vis du fait politique.

La vie politique roumaine est une forme sans fond. Le président Basescu, qui est un « animal politique », a déclaré que la crise politique aurait des conséquences économiques. Mais la crise politique est le mode de gouvernement en Roumanie.

En 1996, ce fut la première alternance politique et une immense déception. Les partis furent incapables d’assumer le pouvoir. En 2000, il y eut un plébiscite en faveur de l’ancien homme d’appareil, Iliescu. En 2004, ce fut la surprise : Basescu (centre droit) a été élu président de la République, en battant les social démocrates (anciens communistes), suscitant un véritable espoir d’alternance.

Les rivalités politiques persistent ; l’ancien parti communiste reste le premier parti, mais la coalition gouverne, alors que les négociations sont en cours pour l’adhésion à l’union européenne. Tous les partis, ou presque, sont encore des rejetons de la collaboration (la Securitate avait des dossiers sur les dirigeants des partis en 2004). Les baronnies politiques se doublent d’intérêts économiques.

En 2009, toutes les forces politiques sont issues du même moule et certaines sont compromises. Elles sont dirigées par des « nomenclaturistes » de 2ème génération, qui ne sont pas sortis du post-communisme.

En 1996, le parti de l’alliance civique n’était pas de ce moule, mais il s’est dissous dans des associations qui, en fait, jouent un rôle important de contre-pouvoir.

La minorité magyare (hongroise), par l’union démocratique des magyars de Roumanie, a servi (et continue de servir) de force d’appoint aux différentes majorités. Elle est unie sur la défense de la communauté, tout en étant traversée par des courants différents. Le problème est la radicalisation du discours nationaliste en Hongrie, avec des incidences en Roumanie et en Slovaquie. Le parti de la Grande Roumanie (Romana Mare, nationaliste) n’est plus représenté au parlement roumain, contrairement au parlement européen, où il a trois députés.

L’adhésion à l’union européenne était-elle pertinente ? Il y a eu beaucoup de discussions. La France a été avocate de la Roumanie dans les négociations. Mais l’intégration est difficile, car elle implique des efforts énormes d’adaptation pour un pays, dont le PIB/habitant n’est que 28% de la moyenne européenne actuelle.

Les négociations, entre 2004 et 2006, n’ont pas vraiment abouti au niveau économique (application de 31 chapitres d’adhésion), car il y a un problème évident. L’accord d’adhésion est politique, la Roumanie étant le deuxième pays d’Europe de l’est. L’essentiel était de rentrer. Après, la Roumanie, comme la Bulgarie, fait comme elle peut.

La crise a pour conséquence de re-dramatiser le processus d’intégration économique et sociale.

La Roumanie a subi deux traumatismes :

- La période communiste n’est pas soldée. Le président Basescu, doté d’un vrai charisme, ancien militaire (marine nationale), n’a pas rompu avec les mentalités en vigueur sous le régime précédent. C’est un régime présidentiel avec un parlementarisme « garniture ». Pas d’examen de conscience. Les dossiers Securitate sont consultables, mais très peu de personnes demandent à les consulter. 1,3 million de Roumains étaient adhérents du parti communiste roumain (10%). Cela laisse des traces. Pas d’épuration ou purges, mêmes juges et procureurs.

- Il n’y a pas d’immigration, mais une forte émigration (hommes et femmes, vers l’Espagne et l’Italie, principalement). Deux millions de personnes parties, mais pas pour toujours (retours fréquents).Conséquence : baisse du taux de natalité, déclin du milieu rural.

La Roumanie a vécu deux grandes métamorphoses :

- Une mutation du tissu urbain vers le polycentrisme, avec de nombreuses villes moyennes (présence de la grande distribution, changement des modes de vie…).

- La Roumanie se repense en tant que nation qui compte. Elle est la deuxième frontière de l’union européenne (Moldavie, Mer Noire). Elle doit assumer le flanc sud de l’Europe. Son entrée, en 2004, dans l’OTAN a été un évènement important. Auparavant, elle avait un complexe d’infériorité, après la propagande de Ceaucescu sur son rayonnement dans le monde, puis en raison de l’image très négative laissée par cette période.

La Roumanie a trois constantes :

- L’intrusion de l’Eglise orthodoxe, très prégnante, notamment dans les campagnes (nouvelles églises partout, fort conservatisme).

- La question magyare : c’est une hantise dans le mental roumain (la Roumanie n’a pas reconnu le Kosovo, par peur de la contagion autonomiste).

- Les campagnes sont une zone de repli, de préservation (40% de population rurale, 35% de population active (mais 11% du PIB). La manne européenne des fonds structurels est très importante. Mais elle ne va pas aux micro-exploitations agricoles (3 exploitations sur 5 ont moins de 1,5 ha). Pas de projet de modernisation. Pas de porte-parole du monde agricole. Dans le contexte de la forte émigration, qui perturbe, cette agriculture est un môle de résistance. La cohésion sociale n’existe pas.

La Roumanie est un pays sous-développé (10% de revenus très élevés, classes moyennes en difficulté, un tiers des Roumains sous le seuil de pauvreté). Et, pourtant, elle a des atouts :

- Sa situation géostratégique (oléoducs, gazoducs, pas de dépendance énergétique),

- Son extrême diversité, une grande capacité, un énorme potentiel (quoique phagocyté par les politiques), son renouvellement culturel (théâtre, cinéma), une modernisation qui peut se faire par des voies différentes.

La crise a accentué les traumatismes (-8% de croissance en 2009 et, probablement, en 2010), destruction d’emplois, chômage autour de 10% (masqué dans les campagnes et rendu plus supportable par l’émigration).

Réponses à des questions de la salle

L’intellectualité roumaine ? Elle doit régler ses comptes avec le passé. Les intellectuels se sont engagés en politique et se sont abîmés. En 1992, le mouvement civique s’est associé à trois partis (le parti national paysan, le parti libéral, le parti social-démocrate), ce qui a abouti à la création d’un nouveau parti, la Convention démocratique, mais c’était prématuré.

En 1995-1996, les privatisations ont donné naissance à des grands groupes économiques, une oligarchie, contrairement au début de l’après-Ceaucescu (privatisation de masse).

La hiérarchie de l’Eglise orthodoxe est, toujours, au côté du pouvoir en Roumanie. Elle défend son patrimoine (l’Eglise uniate, dissidente, n’a pas recouvré le sien).

La Roumanie a redécouvert ses voisins, la Bulgarie, la Serbie, l’Ukraine. Mais elle fait profil bas par rapport à la Moldavie (qui était roumaine avant 1939 et est confrontée au problème de dissidence de la Transnitrie).

Témoignage de Georges Heuveline, qui présente l’historique depuis 20 ans des échanges de la commune dont il a été le maire, Changé, avec la Roumanie. Relations d’abord très bonnes avec un maire très dynamique, mais qui a été tué dans un accident de voiture. Son successeur avait les anciennes méthodes. Il a fallu chercher une autre commune, mais le jeune maire a été remplacé. Le système politique (5 ou 6 partis) place souvent le maire en opposition avec le vice-maire, désigné par le conseil municipal. Changé s’est donné un an avant de décider de l’avenir des échanges avec la Roumanie.

Les Roumains n’ont pas le sens de l’intérêt collectif, y compris au niveau local (individualisme, clientélisme politique). Les élites politiques locales s’usent et ne reçoivent pas le soutien de l’Etat.

La réforme agraire, en 1991, a été ratée ; les maires ont éprouvé beaucoup de difficultés dans la redistribution des terres (cadastre). De grandes exploitations existent en Valachie, mais la balance agroalimentaire nationale est déficitaire.

Georges Garot, qui fut député au Parlement européen, puis président de la Maison de l’Europe en Mayenne, pose la question de l’incidence du libéralisme sur les services publics. La Roumanie a-t-elle suivi le chemin de l’est de l’Allemagne, où ces services ont diminué ?

Edith Lhomel assure que les Roumains regrettent l’égalitarisme social, les services liés à l’enseignement et à la santé et, surtout, l’explosion des inégalités. Au cours des années 1970, le pays était dirigé par des communistes éclairés, mais les années 1980 furent très difficiles, surtout la fin. Du communisme primaire, la Roumanie est passée au capitalisme sauvage. L’entrée dans l’Union européenne devrait favoriser la transition vers un Etat de droit, mais l’UE est en crise. L’esprit collectif a été laminé dans les anciennes fermes d’Etat. Par contre, sur les contreforts des Carpates, il y eut résistance à la collectivisation.

Les Roms (entre 800 000 et 2 millions) ont énormément souffert, car ils n’avaient pas de terres, tout en étant sédentarisés. Les filières artisanales ayant été laminées, ils sont devenus des habitants de seconde zone, comme en Bulgarie. Ils se sont reconvertis très difficilement, victimes de discriminations au sein de leur propre communauté. Ils se sédentarisent autour des villes et il est très difficile d’avoir des interlocuteurs dans la communauté.

Merci Edith Lhomel, j’espère que ces notes retranscrites sont fidèles à votre pensée.

Cet article est le 22ème sur ce blog dans la catégorie Etats Union européenne.

Par SORIN Michel - Publié dans : Etats Union européenne - Communauté : Les blogs républicains
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Samedi 7 novembre 2009

Première rencontre de formation
AFPS 53 très réussie

 

L’association France Palestine Solidarité 53 (voir Laval : l'association de solidarité France Palestine Mayenne, relancée - 2 avril 2009) a organisé à Laval une rencontre de formation, sur un après-midi (voir Conférence et film sur l'histoire de la Palestine - Laval, le 10 octobre - 6 octobre 2009).  

La présence (voir photo, ci-contre) de Julien Salingre, professeur, spécialiste de la Palestine, a été un atout pour cette réunion, de même que le témoignage de Jean-Luc Bansard, qui revenait d’une tournée théâtrale en Palestine.

Voici le compte rendu qu’en a fait Morgan Legay, l’un des membres du bureau de l’association.

 

Compte rendu de la réunion du 10 octobre

 

Samedi 10 octobre 2009, l'Association France Palestine Solidarité en Mayenne (AFPS 53) et le CRIDES-Les 3 Mondes organisaient leur première rencontre de formation sur le thème de l'Histoire de la Palestine.

 

L'après-midi était animé par Jean Luc Bansard -qui revient tout juste d'une tournée théâtrale en Palestine1- et par Julien Salingue, doctorant spécialiste de la Palestine et professeur de Science Politique à Paris VIII - http://juliensalingue.over-blog.com.

 

Au cours de cet après-midi de formation, un public d'une trentaine de personnes a pu  visionner le film documentaire en 2 parties de Simone BITTON, HISTOIRE D'UNE TERRE. Porte d'entrée très pédagogique, ce film éclaire la situation actuelle d'occupation israélienne et en particulier la situation de blocus (culturel, militaire, économique) de la Palestine, produit d'une Histoire longue et mouvementée remontant à la fin du XIXème siècle.

 

En évoquant la fin de la période ottomane, la période du mandat britannique (1917-1947), période assez méconnue de l'Histoire de la Palestine, puis la période récente (de l'expulsion des Palestiniens et de la création de l'Etat d'Israël en 1948 à la conférence de Madrid de 1991), le film de Simone BITTON a fourni la base d'une discussion nourrie entre le public et Julien Salingue. Puis il a pu avec Jean Luc Bansard mieux expliquer la situation de la Palestine occupée d'aujourd'hui et les conséquences historiques de la mise en place des Accords d'Oslo en 1993.

 

Malgré les Accords d'Oslo, il apparaît aujourd'hui que les territoires palestiniens (Gaza et Cisjordanie) sont véritablement mis en coupe réglée. Fournissant chaque jour une main d'œuvre peu chère à Israël, les Palestiniens sont quotidiennement aux prises avec l'occupant : multiplication des contrôles aux « checkpoints », fait accompli de la colonisation israélienne qui s'accroît, construction du mur de séparation et répression militaire brutale sont le lot quotidien des Palestiniens.

 

Sans pouvoir véritable, l'Autorité Palestinienne (AP) ne gouverne seulement que la police et l'administration de 8 % des territoires palestiniens. Vassalisés de fait par l'Etat d'Israël depuis la mort de Yasser Arafat en 2004, ses dirigeants sont de plus en plus distants et ont de moins en moins de prises avec les réalités quotidiennes des Palestiniens confrontés à de nombreuses restrictions. Pour éviter la contestation, l'AP a favorisé la corruption au sein de la société palestinienne et encouragé le retour à la régulation sociale par les grandes familles sur des bases coutumières et religieuses.

 

De fait, l'AP apparaît en survie : elle est en conflit permanent avec la population palestinienne qui l'accuse de corruption et de collaboration -économique et policière- avec Israël et a été éliminée de Gaza par le Hamas en 2007. Jamais la fragmentation territoriale, politique et sociale de la Palestine, et les contradictions internes de la société palestinienne n'ont été aussi profondes.

 

Malgré tout, la guerre sale et brutale menée par Israël à Gaza l'hiver dernier a contribué à ressouder la population palestinienne. Même si elle apparaît de plus en plus épuisée par l'occupation et la répression.

 

Pour aider à son émancipation collective, le peuple palestinien a besoin de « solidarité » et non pas de charité. La solidarité se comprenant comme émancipatrice, elle doit se faire avec des interlocuteurs choisis et non corrompus. Ainsi, sur le plan éducatif, l'AFPS-53 s'associe aux démarches de la « société des amis d'Al Rowwad» qui vise à aider et développer les pratiques culturelles et l'éducation à ces pratiques culturelles dans le camp d'Aida3.

 

1 Pendant 10 jours à l'invitation de la compagnie palestinienne ALKAWATTI le théâtre du Tiroir et la compagnie Rire du Miroir ont bravé le blocus culturel dans 3 villes de Palestine occupée

2 http://www.amis-alrowwad.org/spip.php?rubrique46

3  Camp situé en Cisjordanie qui regroupe  les familles de 41 villages rasés en 1948 par les occupants. Les habitants de ce camp géré par l'UNRWA (agence de l'ONU chargée des réfugiés palestiniens) vivent dans des conditions de vie misérables et ont besoin d'une aide culturelle et économique


 

Aux premiers plans, Yvon Mohammad et Martine Libot

Pour en savoir plus, concernant l’histoire de la Palestine
, voir le blog de Julien Salingre, notamment les articles suivants : 

Un siècle de conflit entre le Sionisme et les Palestiniens - 27 04 09
«Les négociations au Proche-Orient n'aboutiront pas»
- Libération 18 septembre 2009  

Abbas s'en va, quel avenir pour le Fatah? – Libération, 6 novembre 2009

 

Projection du film Rachel de Simone Bitton

 

Par ailleurs, Jean-Luc Bansard avait annoncé la projection du film Rachel de Simone Bitton au Cinéville de Laval, à l’initiative d’Atmosphère 53 (voir Le film Rachel de Simone Bitton, fin novembre au Cinéville de Laval -  14 octobre 2009).

Cette projection aura lieu, en sa présence, mardi 1er décembre à 21h.

 

Marche de la liberté à Gaza 

 

L’AFPS s’associe à l’initiative « Marche de la Liberté à Gaza », le 1er janvier 2010 à Gaza, une initiative pacifique à laquelle sont appelés les citoyens du monde entier auprès des Palestiniens pour exiger la levée du blocus israélien illégal et inhumain. Nous ne pouvons pas laisser mourir Gaza. La situation qui prévaut au Proche-Orient, les violations des droits humains et nationaux du peuple palestinien, ne peuvent plus durer. Voir Gaza, marche de la Liberté, 1er janvier 2010.


L’AFPS 53 étudie de quelle façon elle pourrait s’impliquer à son niveau dans cette initiative internationale.
L'idée d'un rassemblement à Laval le 29 décembre à 18h est retenue. L'AFPS 53 et le collectif Palestine pourraient se réunir, à ce sujet, le 2 décembre à 20h (ou un autre jour de cette première semaine de décembre).

 

Cet article est le 22ème paru sur ce blog dans la catégorie Proche Moyen Orient.

Par SORIN Michel - Publié dans : Proche Moyen Orient - Communauté : Les blogs républicains
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Vendredi 6 novembre 2009

Le débat sur la Nation, c’est le peuple qui doit le mener


Le ministère qui conduit le débat sur l’identité nationale a une malformation de naissance, dont est responsable le chef de l’Etat. Amalgamer l’identité nationale et l’immigration relève d’une conception de la France qui n’a rien de républicaine (voir le texte de Patrick Weil sur ce blog : Patrick Weil et le ministère associant l'immigration et l'identité nationale - 19 mai 2007).

 

Le président de la République a voulu ce débat, qui ne repose pas sur des bases incontestables. Il pourrait bien le regretter quand les Français lui demanderont des comptes sur ce qu’il fait de l’héritage républicain de la France. C’est ce qu’écrivait, hier, le Mouvement Républicain et Citoyen :

Pour le MRC, l’identité nationale, c’est d’abord l’identité républicaine

Le MRC a décidé de ne pas participer aux débats sur l’« identité nationale » organisés dans les préfectures à l’initiative du Président de la République avant l’échéance des élections régionales.

Nul plus que nous n’est convaincu de l’importance d’affirmer, dans un monde en perte de repères, l’identité républicaine de la France, fondée sur un message universel. C’était le projet de la Révolution française.

 

Aujourd’hui, même si la France n’a évidemment pas commencé en 1789, et se définit surtout à travers sa langue, le français, c’est bien le message de la République qui mérite d’être entendu haut et fort. L’identité de la France c’est celle de ce message universel qui se décline dans les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité.

Mais nous n’acceptons pas l’instrumentalisation de l’identité républicaine de la France, qui, dans les mains du ministre à la fois chargé de l’immigration et de l’identité nationale, se charge d’un sens défensif.

 

L’heure est à la compréhension du monde qui vient, celui du XXIè siècle, avec les repères solides fournis par l’héritage des Lumières. Elle n’est pas au repli identitaire sur un idéal national frileux qui tournerait le dos à la tradition dont nous nous réclamons, celle d’une patrie civique, généreuse et intégratrice.

 

Tenus peu avant les élections régionales, ces débats en préfecture sentent de loin l’opération politicienne visant à ramener les brebis perdues de l’extrême-droite dans le bercail de l’UMP.

Quant au débat ouvert dès aujourd’hui sur Internet, il peut être l’occasion de quelques rappels salutaires mais plutôt à l’adresse de nos gouvernants.

 

La force de notre pacte républicain vient de ce que les Français s’y reconnaissent massivement. Ce dont ils doutent, ce serait plutôt de la volonté du président de la République de continuer à leur assurer une assise solide.

 

Liberté ? Voyez du côté de la réforme de la justice, faite pour remettre celle-ci dans la main du pouvoir. Regardez les transferts massifs de pouvoir opérés au profit d’institutions européennes déconnectées du suffrage universel, au détriment du parlement.

Egalité ? Voyez du côté de la panne de l’ascenseur social - sauf à Neuilly.

Fraternité ? Voyez du côté du copinage des banquiers, des grands medias et des partis politiques assoiffés de « rupture » avec la protection sociale.
Laïcité ? Voyez les appels du Président de la République aux autorités religieuses pour leur demander d’investir l’espace public et les accords passés avec le Vatican pour la reconnaissance des diplômes délivrés par l’enseignement confessionnel.


Nous ferons quant à nous valoir notre point de vue, comme nous l’avons toujours fait, chaque fois que cela nous semblera utile et notamment quand le gouvernement s’attaquera aux valeurs républicaines. Mais de grâce, n’inversons pas les vrais défis. Ce n’est pas aux autorités nationales de demander aux Français confirmation de leur livret de naissance.

 

C’est à nous, Français, d’interpeller les autorités nationales en leur demandant compte de ce qu’elles font de l’héritage républicain de la France.

 

Revue de presse :

 

Il y a aussi du rouge dans le drapeau tricolore (Libération, Laurent Joffrin, 17 octobre)

 

(…) Encore faut-il rappeler les valeurs communes de la nation, au moment où une partie des citoyens voient leurs droits niés ou dépréciés par la relégation sociale. Elles ne sont ni ethniques, ni religieuses ni culturelles. Il n’y a pas d’essence nationale. Il y a une adhésion volontaire à des principes, qui sont ceux de la République et des droits de l’homme, comme le préconisait déjà Renan.

C’est la volonté de vivre ensemble dans la coopération et la liberté qui définit la nation, et non un soi-disant fait de nature ou d’histoire, intangible et fermé. A condition, bien entendu, que ces principes deviennent réalité et que l’égalité des droits entre dans les faits pour les minorités victimes de discrimination. Renan disait aussi que la nation repose sur une histoire et une culture communes, établies par le temps (…).

 

"Il n'y a pas d'identité française" (Le Monde, 6 novembre)

Dans un entretien au Monde.fr, Jean-François Bayart, directeur de recherche au CNRS, revient sur les dangers de soulever la question de l'identité nationale.

 

Aux racines de l'identité nationale (Le Monde, Thomas Wieder, 6 novembre)

L'expression est née dans les années 1980, au moment où la France se sentait vulnérable et se cherchait un refuge identitaire.

(…) C'est une conférence d'Ernest Renan, prononcée en 1882 à la Sorbonne, qui est souvent citée comme fondatrice de la seconde. A la question "Qu'est-ce qu'une nation ?", l'historien répondait que celle-ci ne se définissait ni par la race, ni par la langue, ni par la religion, ni par la géographie, ni même par une communauté d'intérêts. Pour lui, la nation était une "grande solidarité", constituée par "les sacrifices que l'on a faits et ceux que l'on est disposé à faire encore". Si "elle suppose un passé", elle ne se conçoit pas sans "le désir clairement exprimé de continuer la vie commune". Une formule a fait florès : "L'existence d'une nation est (...) un plébiscite de tous les jours comme l'existence de l'individu est une affirmation perpétuelle de vie." Cette définition volontariste de la nation - Renan parle du "désir de vivre ensemble" - repose sur l'adhésion à un certain nombre de valeurs communes (...).

 

Nicolas Sarkozy veut gêner la gauche ; en réalité, il ébranle la cohésion nationale, par Guillaume Bachelay (Le Monde, 6 novembre)


Cet article est le 2ème paru sur ce blog dans la catégorie Immigration et intégration

Par SORIN Michel - Publié dans : Immigration et intégration - Communauté : Les blogs républicains
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Jeudi 5 novembre 2009

Alliance durable, base du rassemblement de la gauche

 

La direction actuelle du Parti socialiste, issue du congrès de Reims, fragilisée par les résultats des élections européennes, a manifesté, hier, de bonnes dispositions à l’égard du Mouvement Républicain et Citoyen.

 

La délégation du MRC (Jean-Pierre Chevènement, Jean-Luc Laurent, Georges Sarre et Marie-Françoise Bechtel) a rendu compte, hier soir, au secrétariat national de la rencontre avec la délégation du PS (Martine Aubry, François Lamy, Claude Bartolone, Benoît Hamon).

 

Tout porte à croire qu’il s’agit d’un bon accord, si l’on se fie au texte adopté par les deux parties et à la volonté de partenariat et de confiance mutuelle, telle qu’elle a été exprimée par les deux délégations.

 

Incontestablement, la position du PS a évolué, notamment sur la question européenne. Et l’accord porte plus loin qu’à l’échéance des prochaines élections des 14 et 21 mars 2010. C’est la stratégie de rassemblement de la gauche qui s’en trouve confortée, ce qui encourageant dans la perspective 2012.

 

Dans chaque Région, des rencontres vont avoir lieu afin de définir les modalités d’un projet d’accord régional, qui devra être validé au niveau national.  

En Pays de la Loire (cinq départements : Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Vendée, Sarthe et Mayenne), les discussions vont s’engager avec Jacques Auxiette, président sortant et tête de liste PS. J’aurai plaisir à revoir mon ancien collègue du Conseil régional (1998-2004, du temps où nous étions dans l’opposition à François Fillon).

 

Dans deux articles précédents, j’avais présenté des informations concernant ces élections :  

Elections régionales 2010 : ce qui se prépare dans les Pays de la Loire 1 août 2009  

Elections régionales 2010 en Pays de la Loire : Auxiette face à Béchu - 24 octobre 2009

Communiqué du Mouvement Républicain et Citoyen et du Parti Socialiste

Les délégations du Parti Socialiste et du Mouvement Républicain et Citoyen conduites respectivement par Martine Aubry et Jean-Pierre Chevènement se sont rencontrées le 4 novembre 2009 au siège du Parti Socialiste.

Nos deux partis partagent des analyses communes sur la situation que connaît aujourd’hui notre pays.

La France est profondément affectée par la crise de la globalisation financière et par la récession économique. Le chômage et les inégalités vont croissant. Pendant ce temps, les banquiers ont repris leur course folle aux bonus et autres avantages extravagants. Les facteurs de la crise demeurent.

L’Union européenne, qui aurait pu profiter de la coordination opérée entre les principaux gouvernements au plus fort de la crise pour se réformer et instaurer un véritable gouvernement économique, n’a pas apporté de réponse à la mesure de la situation
. Au contraire, la Commission européenne n’a de cesse que d’appeler au rétablissement des règles de concurrence et d’orthodoxie budgétaire comme si l’orage passé, tout pouvait recommencer comme avant. Entre la concurrence déloyale des pays à très bas coût salarial et celle du dollar, la France et l’Europe sont prises en tenaille.

Le gouvernement Sarkozy-Fillon, au-delà des mesures d’urgence, se révèle incapable d’inscrire son action dans une stratégie du long terme visant à mettre sur pied un nouveau modèle de développement et une société plus juste.

Il continue sa sape méthodique du modèle français de l’action publique et collective. La prochaine étape est la reprise en main politique et la rigueur financière administrée aux institutions locales.

Dans les faits,
les collectivités locales, majoritairement gérées par la gauche, sont aujourd’hui un vecteur essentiel d’une puissance publique qui répare, protège et prépare l’avenir
. Les régions gérées par la gauche sont bien souvent les derniers outils efficaces d’aménagement du territoire, de soutien au développement économique à l’emploi ou à la formation.

C’est donc un devoir pour les forces de gauche de s’unir au-delà de leurs différences, pour continuer le travail mené dans les régions qu’elles dirigent.

Un certain nombre de formations à gauche sont tentées par l’isolationnisme dans l’espoir de gagner quelques sièges de plus. Le PS et le MRC appellent les uns et les autres à dépasser cette recherche illusoire. Les enjeux sont au-delà.
La gauche n’arrivera à mobiliser les électeurs que sur une démarche claire d’alternative à la politique libérale du gouvernement. Cela se prépare dès aujourd’hui.

A cet égard,
le MRC et le PS affirment avec force la nécessité d’une politique favorisant une croissance durable
. Il ne pourra y avoir de préparation de l’avenir, de réduction des inégalités ni même de développement durable sans création de richesse.

Sur ces bases, dans le respect de leurs différences, le PS et le MRC ont décidé :

1- La réunion d’un groupe de travail sur la préparation du projet de la gauche ;
2- La réunion d’un groupe de travail sur l’organisation des primaires ;
3- La construction de listes communes dès le premier tour des élections régionales de 2010.

Ces listes devront permettre l’expression et la représentation de nos deux formations dans l’ensemble des régions
. Elles ont vocation à être, avec les forces de gauche et républicaines qui voudront s’y associer, le socle d’une union de toute la gauche capable de réunir les acteurs de la société qui veulent inscrire leur action dans la préparation des échéances nationales prochaines.

Le PS et le MRC invitent donc leurs instances régionales, en lien avec les présidents de régions, à se rencontrer rapidement afin d’aboutir à la constitution de telles listes d’union au premier et au deuxième tour.

Cet article est le 3ème paru sur ce blog dans la catégorie Régionales 2010 .

- Publié dans : Régionales 2010 - Communauté : Les blogs républicains
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Mercredi 4 novembre 2009

L’homme qui réveille et stimule les agriculteurs

 

Si le ministre de l’agriculture et de la pêche, Bruno Le Maire, a réorienté l’Europe agricole sur la voie de la régulation (alors qu’elle avait mis le cap sur la libéralisation tous azimuts sous l’impulsion de la Commission de Bruxelles), il le doit principalement à l’initiative d’un agriculteur aveyronnais hors norme, Pascal Massol, qui a déclenché, en France, la grève des livraisons de lait, avec l’association des producteurs de lait indépendants (APLI) créée il y a moins d’un an.

 

A vrai dire, le ministre se sert de Pascal Massol au niveau européen, mais il se garde bien de le soutenir au niveau national, face au puissant syndicat majoritaire FNSEA, qu’il sait déstabilisé et divisé.

 

Le nouvel animateur paysan sait faire passer son message auprès de ses auditeurs, comme j’ai pu le constater lors des réunions publiques auxquelles j’ai participé :

 

Grève du lait : Pascal Massol (APLI) hier soir à La Chapelle-Craonnaise - 18 septembre 2009


Producteurs de lait APLI, La Chapelle d'Andaine (61) : Massol satisfait
- 25 octobre 2009

   

 

Il sera ce soir à Châteaubriant (Loire-Atlantique), précédé par un article de François Lemarchand, ce 4 novembre, dans le quotidien régional Ouest-France (voir Pascal Massol, éleveur insoumis ).

 

Sur le site de l’ASSOCIATION NATIONALE DES PRODUCTEURS DE LAITS INDEPENDANTS,  j’ai trouvé dans la revue de presse un article paru le 2 novembre sur le site Agrisalon.com, concernant la régulation de la filière laitière. L'Autorité de la concurrence a expertisé les solutions possibles au regard des règles de concurrence. Elle recommande la voie de la contractualisation entre producteurs et industriels, cette voie dont se méfie l’APLI.

  Voir : Quelle régulation pour sortir de la crise de la filière laitière ?

 

Cet article est le 144ème paru sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.  

Par SORIN Michel - Publié dans : AGRICULTURE et PAC - Communauté : Les blogs républicains
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