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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 23:19

 

Vouloir amender le projet Macron est se placer dans une position d’acceptation

 

La Tribune de Jean-Pierre Chevènement et de Patrick Quinqueton, publiée par Le Monde (voir cet article paru le 25 juillet Dans une Tribune, Chevènement amende la réforme du Code du travail) mettait sur un piédestal le modèle allemand de participation des salariés aux processus de décision dans les entreprises, ce qui est appelé communément la Codétermination (définition La Toupie). Voir aussi ce qu’écrit Hans Böckler-Stiftung : La codétermination* en Allemagne

Dans cette Tribune, les signataires donnent l’impression de cautionner la réforme du Code du travail et de vouloir compléter celle-ci par la codétermination afin de lui donner de meilleures chances de réussite. C’est opter franchement pour le soutien à la démarche du président de la République, pendant que la gauche à l’Assemblée nationale et une majorité de français s’opposent à cette réforme libérale.

Voici deux réactions qui m’ont été communiquées par des militants du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), Gérard Beillard et Alain Gély.

- Gérard Beillard (MRC 53)

S’inspirer de l’ordo-libéralisme et de la codétermination qui se pratiquent en Allemagne, c’est une façon de ne pas vouloir prolonger l’histoire sociale de la France. C’est effacer les combats contre le capital et les contreparties obtenues pour les plus faibles. C’est accepter la logique de produire pour un maximum de résultat financier en engageant le minimum d’effort en matière de dépenses, d’énergie et de facteur humain.

Amender le projet Macron, c’est accepter l’idéologie néolibérale qui le sous-tend et la volonté du président de la République d’imposer une marche forcée vers une Europe libérale sur le modèle allemand. C’est prendre la responsabilité d’en finir avec le modèle républicain et social solidaire. C’est considérer que nos concitoyens ne sont pas capables de décider ce qu’ils veulent pour leur pays.

Cessons d’être des idiots utiles de l’idéologie néolibérale qui vise à détruire l’équilibre social à la française.

- Alain Gély (MRC Ile-de-France)

C'est positif dans la mesure où cela témoigne d'un regain d'intérêt pour l'entreprise (en reprenant ici une idée, bonne celle-ci, du rapport Gallois) et reprend des critiques de l'entreprise dans le capitalisme financier mondialisé.

Je crois qu'on peut retenir cette contribution mais assortie de quelques remarques :

- il y a des erreurs historiques surprenantes de leur part ; en particulier : la planification, apparue puis développée dans le cadre de l'économie de guerre après 1914,  n'a pas grand chose à voir avec la charte d'Amiens de 1906 qui préconise le syndicalisme révolutionnaire, ou  d'action directe (reconstruction par le prolétariat de ses propres institutions), et la "double besogne" (améliorer le sort immédiat des travailleurs tout en préparant la société future) ;

- la planification n'a pas non plus, comme on le croit souvent à tort, grand chose à voir avec le marxisme d'avant Staline : elle est en est même à certains égards, dans sa version soviétique centralisée et microéconomique, la négation ! En revanche une « planification à la française », ardente obligation mise en œuvre par de Gaulle, constitue une référence utile en ce qu'elle fixe des objectifs à l'Etat tout en organisant un vaste débat avec les interlocuteurs sociaux ;

- il y a des lacunes sérieuses : quid des PME et, surtout, des "fausses PME" que constituent les holdings financiers et autres donneurs d'ordre pilotant avec peu de salariés d'énormes réseaux de sous-traitants ? Il suffirait, pour contourner la codétermination, de transférer le pouvoir vers de telles structures (quand il n'y est pas déjà !) Mais ces lacunes ne sont évidemment pas une raison pour rejeter cette proposition ;

- sur le fond politique, on semble vouloir faire un « bon usage du macronisme » » en se plaçant dans une logique d'amendement de ses projets de redéfinition du code du travail, ce qui me semble politiquement naïf. L'article présente ainsi le projet Macron comme un assouplissement du code du travail alors qu'il s'agit plutôt d'un durcissement, voire d'une entreprise de destruction ; par ailleurs, on a l'air d'accepter l'ordolibéralisme sous prétexte qu'il marcherait (ou qu'il pourrait être « En marche » ?) alors que ce ne serait pas une raison suffisante pour l'importer !

La codétermination n'est évidemment pas à rejeter - sous le prétexte polémique de « collaboration de classes » ou en référence à une hypothétique pureté du syndicalisme - mais devrait s'inscrire dans un projet plus vaste de démocratie économique et de République sociale. Il s'agirait de refonder le projet socialiste des années 70-80 en tenant compte des évolutions survenues depuis, non pour l'ânonner mais pour s'y ressourcer. Cela nécessite en premier lieu de désigner et de combattre ce qui était à l'époque et demeure plus que jamais l'ennemi principal de l'égalité citoyenne et du progrès social : "dompter les requins de la finance" ou au moins préconiser des moyens concrets de limiter leur nocivité.

Cet article est le 3007ème sur le blog MRC 53 - le 137ème catégorie Travail Economie

Gérard Beillard (MRC 53), retraité de l'industrie textile Laval, militant CGT

Gérard Beillard (MRC 53), retraité de l'industrie textile Laval, militant CGT

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Published by Michel SORIN - dans Travail Economie
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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 23:50

 

Il propose de s’inspirer de l’Allemagne en introduisant la codétermination

 

La Fondation Res Publica a publié le 24 juillet 2017 une Tribune parue dans le quotidien Le Monde (édition des 23 et 24 juillet) sous la signature de Jean-Pierre Chevènement et de Patrick Quinqueton. Puisque le président de la République a pris comme référence l’ordo-libéralisme allemand, pourquoi ne pourrait-il s’inspirer aussi du modèle allemand en ce qui concerne la participation des salariés aux processus de décision économique ?

 

Voici le texte de cette Tribune :

Osons la codétermination pour réformer le code du travail !

Si la réforme du code du travail obéit à une logique compréhensible, la crainte légitime est que ce " droit du travail de terrain " ouvre la voie à une réduction des coûts salariaux sans contrepartie solide en matière d'investissement et d'emploi. Des " contrats de projet ", d'un à huit ans, se substitueraient progressivement au contrat à durée déterminée. 

Cette mutation prend acte du passage d'un capitalisme " fordiste " national à un capitalisme financier mondialisé beaucoup plus fluide, soumis à la pression des fonds " activistes " et aboutissant à la segmentation internationale de la production. Cette mutation ne sera supportable qu'en l'absence d'un nouveau choc économique qui ferait s'écraser le nouveau régime du droit du travail. Les employeurs ne sauront, aussi bien, pas forcément anticiper l'évolution de leurs marchés. Pour dynamiser et rendre cette réforme efficiente, les ordonnances doivent prévoir une nouvelle distribution du pouvoir au sein de l'entreprise. La prépondérance du pouvoir des actionnaires n'est pas tenable sur le long terme. Il faut penser une réforme du statut de l'entreprise faisant leur place aux salariés et aux acteurs de long terme. 

La réforme du droit du travail doit donner aux entreprises de notre pays et à leurs salariés le dynamisme et l'énergie pour réussir, alors même que les atouts scientifiques, technologiques et la capacité de travail et d'initiative ne manquent pas dans notre pays. Est-ce là la manifestation d'un gauchisme récurrent ? Il suffit de franchir le Rhin pour se convaincre du contraire. Pourquoi ne pas regarder avec plus d'attention, et dans la durée, les atouts que la République fédérale d'Allemagne tire de la mise en place de la " codétermination " (Mitbestimmung) ? C'est sous l'autorité et la responsabilité des chanceliers Konrad Adenauer puis Helmut Schmidt que s'est organisée cette participation des salariés aux processus de décision économique, par les lois du 21 mai 1951 puis du 1er juillet 1976. Dans les entreprises allemandes de plus de cinq cents salariés, les travailleurs sont représentés au conseil de surveillance à raison du tiers de ses membres et, dans celles de plus de deux mille salariés, à raison de la moitié. Bien sûr, la codétermination ne fonctionne pas parfaitement, et loin de là car, comme toute obligation, celle-ci, qui figure dans le droit des sociétés, connaît des -stratégies de contournement. Mais ce sont plusieurs milliers d'entreprises qui ont, en Allemagne, une organisation dans laquelle les représentants des salariés ont à connaître les stratégies de développement de ces mêmes entreprises, et un pouvoir susceptible d'influer sur les décisions.

Par ailleurs, la constitution sociale de l'entreprise qui résulte de la loi de 1952 (révisée en 1972 et en 1976) prévoit la mise en place d'un conseil d'entreprise ayant certaines compétences égales à celles du comité d'entreprise et des délégués du personnel en France, mais qui est présidé par un représentant des salariés. En outre, un syndicalisme puissant a le monopole de la négociation des salaires, dès lors que lui est reconnu, par sa puissance même, fondement de sa représentativité, la " capacité à négocier les salaires ". 

La codétermination allemande n'est pas du tout fondée sur un dialogue calme et serein, mais sur la confrontation d'idées et de réalités économiques sur lesquelles employeurs et salariés cherchent des compromis dynamiques. La loi " Hartz IV ", à l'initiative du chancelier Gerhard Schrö-der, avec ses emplois à un euro ou sa remise en question des allocations de chômage, n'est sans doute pas ce qui mérite le plus d'attention de ce côté-ci du Rhin. Les courbes démo-graphiques très différentes de la France et de l'Allemagne -conduisent naturellement les Français à s'inquiéter davantage de l'entrée des jeunes sur le marché du travail, et les Allemands du financement des retraites. Si l'Allemagne réussit, ce n'est pas principalement parce que son économie a été flexibilisée mais parce qu'elle a été organisée sur la base d'une anticipation partagée des perspectives de développement de l'entreprise. 
Portes entrouvertes 

Des avancées timides ont déjà été faites dans notre pays, qu'il ne faut pas laisser retomber. Bien sûr, la présence d'administrateurs salariés a été prévue par les lois de nationalisation qui ont correspondu à certains moments de l'histoire de notre pays. Mais
l'érosion de la sphère publique dans l'économie mondialisée ne permet plus de s'appuyer principalement sur ce modèle. Plus récemment, la loi n° 2013-504 du 14 juin 2013 a généralisé à toutes les grandes entreprises la représentation des salariés dans les conseils d'administration et de surveillance, et la loi n° 2015-994 du 17 août 2015 l'a étendue aux entreprises et groupes d'entreprise de plus petite taille. L'article L.225-27-1 du code de commerce fixe deux seuils pour la représentation des salariés au conseil d'administration, dans une proportion de deux à quatre, variant avec l'effectif : celui de mille salariés permanents dans la société et ses filiales situées sur le territoire français ; celui de cinq mille salariés permanents dans celles situées en France ou à l'étranger. Ce second seuil est celui qui joue le plus car les sociétés françaises sont largement internationalisées. Des portes ont été ouvertes, mais de manière timide. La formation des administrateurs syndicaux commence à se développer. Il est important de la soutenir. 

Le projet de loi d'habilitation du gouvernement prévoit, dans le 4° de l'article 2, que soient améliorées " les conditions de représentation et de participation des salariés dans les organes d'administration et de surveillance des sociétés dont l'effectif dépasse certains seuils ". Et si nous passions à la vitesse supérieure ? Et si nous utilisions avec audace cette ouverture pour préciser des conditions analogues à celles qui prévalent en Allemagne ? Nous fonderions alors un véritable système de codétermination à la française. La réforme du code du travail trouverait un sens " progressiste " si elle permettait un rééquilibrage des pouvoirs entre les actionnaires et les salariés au sein même de l'entreprise. Nous savons bien que la tradition française en matière de relations sociales, née de la charte d'Amiens et d'une conception de la négociation fondée sur l'irréductible opposition des classes, s'oppose à l'idée de la cogestion et de la codétermination. Mais il faut le reconnaître aujourd'hui : cette idéologie est dépassée. Personne n'envisage plus un retour à la planification car le système capitaliste a profondément muté. 

L'Allemagne a démontré la preuve de l'intérêt d'une gestion définie en commun par les représentants des entreprises et de leur personnel. Le renforcement du pouvoir des salariés dans l'entreprise serait un puissant correctif de l'assouplissement prévu de la législation du travail. Au moment où les " réformes " sont réclamées par le FMI, la Commission européenne et le patronat, sachons emprunter à l'Allemagne non pas seulement l'ordolibéralisme, mais aussi une conception des relations sociales qui a été, et reste, le fondement de sa réussite. Bref, allons dans le sens de ce qui marche.

Cet article est le 3006ème sur le blog MRC 53 - le 136ème catégorie Travail Economie

Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica, le 1er décembre 2013, lors du colloque sur l'Europe

Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica, le 1er décembre 2013, lors du colloque sur l'Europe

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Published by Michel SORIN - dans Travail Economie
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24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 22:36

 

Les responsables et militants ont exprimé leurs analyses de la situation

 

Le 8 juillet à Saintes (Charente-Maritime), lors de cet après-midi d’échanges, à la fois sincères et chaleureux, un vrai débat politique a eu lieu entre des adhérents du Mouvement Républicain et Citoyen venant d’Aquitaine, du Limousin, de Poitou-Charentes (la Nouvelle Aquitaine) mais aussi de Normandie et des Pays de la Loire. Les uns ayant des responsabilités à des niveaux divers, d’autres étant plus engagés en tant qu’élus locaux ou dans des organisations syndicales et quelques autres étant seulement adhérents du MRC.

Comme tous les partis, le MRC a besoin de réfléchir à l’issue de cette période électorale printanière qui a bouleversé la vie politique française. Les militants de l’Ouest ont été les premiers à apporter leur contribution à cet effort de réflexion. Les autres régions suivront à l’automne.

La présence du président du MRC, Jean-Luc Laurent, a été bien perçue dans la mesure où il a pu se rendre compte de l’état d’esprit des adhérents de cette partie ouest du pays.

Un compte rendu détaillé des interventions a été transmis par Serge Maupouet à tous les participants.


 

En complément, un document résumant les échanges a été préparé afin d’assurer une information plus large concernant cette rencontre importante du 8 juillet. Voici ce document de synthèse.

Rencontre MRC Ouest à Saintes (17) – Samedi 8 juillet 2017 – Synthèse des échanges

Dans le contexte de l’après-campagnes présidentielle et législatives 2017, il a semblé indispensable à Michel Sorin (responsable MRC Pays de la Loire) et à Serge Maupouet (responsable MRC Limousin-Poitou-Charentes) de proposer aux camarades du MRC (Mouvement Républicain et Citoyen) dans l’Ouest (au sens large, de l’Aquitaine à la Normandie) une réunion permettant aux adhérents :

- d’avoir une meilleure perception des débats internes au Mouvement,

- de réfléchir à davantage de fluidité dans les relations entre les adhérents de base et ceux qui ont des responsabilités régionales et nationales,

- et de rechercher ensemble une liaison territoriale au sein du MRC.

 

Répondant à leur invitation, une vingtaine d’adhérents, dont des responsables départementaux, régionaux, nationaux, se sont réunis à Saintes (Charente-Maritime) le 8 juillet 2017. Jean-Luc Laurent, président du MRC, a pu participer à une partie de la réunion, tenant à être présent pour entendre directement les adhérents. Il a insisté sur le caractère précurseur de l’initiative prise dans l’ouest, le Conseil national, le 2 juillet, ayant décidé de l’organisation de ces réunions régionales ou inter-régionales à partir de septembre, en présence de membres du Secrétariat national.

 

Les débats du 8 juillet ont montré l’envie d’agir des militants, et l’urgence à développer le Mouvement en lui donnant les caractéristiques d’un parti politique de plein exercice, ce qui nécessite de changer en profondeur la conception même du MRC et son fonctionnement.

 

Les objectifs pourraient être de :

- donner au MRC (parti politique populaire, laïc, républicain et social) une place visible dans la vie politique française, en trouvant des solutions aux problèmes de l’accès aux media,

- permettre l’adhésion, notamment des jeunes et des personnes de condition modeste,

- assurer la formation des militants et des cadres par une relance de l’action de l’ARECA (Association Républicaine des Elus Citoyens et Apparentés),

- développer la démocratie interne sur la base d’un dialogue effectif entre le haut et le bas.

 

A sa fondation en 2003, la qualité des fondamentaux légués par Jean-Pierre Chevènement donnait au MRC deux décennies d’avance. En 2017, le constat doit être fait que le Mouvement n’a pas su trouver toute sa place. Son nom, fondé sur des notions essentielles et actuelles, n’est pas dévalué, mais beaucoup reste à faire pour faire mieux vivre et partager ses valeurs : avancer des idées simples, accessibles au grand public, continuer à en proposer de nouvelles qui soient originales – comme Bastien Faudot a pu le faire pendant sa campagne présidentielle – en les soumettant largement au débat militant, et en évitant l’écueil de l’intellectualisme pour être au contact des préoccupations quotidiennes des citoyens. Alors, le MRC, refondé, renforcé, développé, jouera un rôle majeur dans la recomposition de la gauche.

 

Il est vrai que le contexte actuel est difficile :

- le PS porte de lourdes responsabilités dans l’affaiblissement de toute la gauche ;

- le PCF est fragilisé ;

- Jean-Luc Mélenchon a mis en œuvre son projet de renouvellement de la gauche en créant une formation politique originale, La France insoumise, mais il ne pourra construire un projet crédible de gouvernement s’il continue de refuser la discussion avec les autres forces de gauche ;

- Benoît Hamon vient de jeter les bases d’une nouvelle structure politique ;

- Arnaud Montebourg a disparu du paysage mais pas ses amis, qui restent attelés au PS ;

- les Républicains dits « de l’autre rive » se sont extrêmement éloignés de la rive gauche ...

 

Mais il existe un espace politique à prendre. La reconstruction de la gauche exige d’être à l’écoute et en contact avec l’ensemble des partenaires, tout en construisant avec une confiance renouvelée notre propre chemin, en revisitant, actualisant, approfondissant notre réflexion politique par rapport aux enjeux actuels et d’avenir, et en nous renforçant en termes de structures et de forces militantes. Parmi les priorités du mouvement, sont à inscrire le développement des secteurs jeunesse, femmes, monde du travail et entreprises.

 

Nous avons conscience de l’affaiblissement actuel des partis de gauche. Depuis 1983, la perte des valeurs fondatrices de la gauche et l’oubli du peuple ont éloigné les électeurs, non seulement du Parti socialiste, mais aussi des formations de gauche qui n’ont pas su se détacher nettement de ce parti. Ils se sont réfugiés dans l’abstention, faute de voir émerger un débouché politique crédible. Ce phénomène s’est accompagné d’une dépolitisation politique qui profite aux forces conservatrices.

 

Le MRC doit porter la question de la redéfinition de la gauche – appuyée sur l’Humain, l’Egalité, la Fraternité, les autres valeurs communes en partage à gauche – afin de la reconstruire, remettre la question sociale en avant, être pleinement à l’écoute du monde du travail, refuser le démantèlement du droit du travail, porter la volonté de changer l’Union européenne, concevoir des outils et mettre en place des moyens pour renouer avec l’éducation populaire, nécessaire à l’émancipation des citoyens.

 

Le MRC doit devenir un point d’appui pour le rassemblement des gauches afin de gouverner, conduire une politique de transformation sociale. Le développement de son ancrage territorial sur l’ensemble du territoire national, une animation plus efficiente au niveau du Secrétariat national, le soutien aux initiatives régionales, en sont des préalables.

 

C’est pourquoi les composantes du MRC Ouest réunies le 8 juillet 2017, affirmant être favorables au développement et à l'action du MRC :

1 – constatent l’importance de notre ancrage régional et territorial pour la vie et le développement de notre mouvement et veulent faire reconnaître ce fait. Cet ancrage régional et territorial doit être étoffé et renforcé dans l’optique du développement et du renforcement du MRC sur l’ensemble du territoire.


2 – constatent la nécessité de fonctionner autrement en interne afin de concilier le mouvement d’en-haut et le mouvement d’en-bas, d’assurer une animation nationale plus efficiente, de mieux prendre en compte et soutenir les initiatives venant des fédérations au niveau du Secrétariat national, de relancer la formation des élus, des cadres, des militants.


3 – constatent la nécessité d’assurer une communication plus efficace en direction des citoyens, des élus, de la presse.


4 – mettent en place à compter de ce jour, un comité de coordination composé des membres du Bureau de chacune des fédérations interdépartementales présentes (Aquitaine, Limousin-Poitou-Charentes, Pays de la Loire, Normandie).

Ce comité de coordination peut, entre autres possibilités et de manière non limitative, se concerter sur des positions à discuter à l’échelle du MRC Ouest, sur la réalisation de communiqués, de tracts, à propos d’un site MRC Ouest couvrant le territoire, sur des formations en direction des élus, des militants, des conférences en direction des citoyens, pour proposer des réunions à l’image de celle de ce jour, etc.


5 – soulignent l’importance de rencontres en interne comme celle de ce jour et en proposent une périodicité annuelle.

 

Cet article est le 3005ème sur le blog MRC 53 - le 222ème dans la catégorie MRC national

 

 

 

Photo : François Mas (33). Une partie des participants le 8 juillet 2017 à Saintes (17) autour de Jean-Luc Laurent, président du MRC, et de Serge Maupouet (MRC 17)

Photo : François Mas (33). Une partie des participants le 8 juillet 2017 à Saintes (17) autour de Jean-Luc Laurent, président du MRC, et de Serge Maupouet (MRC 17)

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 23:49

 

La gauche est morte. Vive la gauche républicaine, renouvelée et rassemblée !

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen a opté, lors de son dernier congrès, en juin 2015, pour une stratégie à gauche et pour présenter un candidat à l’élection présidentielle 2017.

Bastien Faudot n’a pu aller au bout de sa candidature, n’ayant pas obtenu suffisamment d’engagements de parrainage d’élus. La gauche, divisée, n’a pas accédé au second tour et elle a subi aux élections législatives les conséquences de sa défaite à l’élection présidentielle. Le MRC n’a pu faire élire qu’un seul candidat, Christian Hutin, député du Nord depuis 2007 (13ème circonscription, Dunkerque).

 

Réuni le 2 juillet 2017, le Conseil national du MRC a longuement débattu de la situation politique après les élections.

Nous sommes entrés dans une période de reconstruction de la gauche, dont on ne connaît pas la durée. Le MRC doit être partie prenante de cette reconstruction. C’est à reformuler les fondamentaux de la gauche républicaine qu’il faut nous atteler. Le MRC peut apporter une précieuse contribution sur ce point.

La situation actuelle fait penser à celle qui a suivi l’élection présidentielle de 1969, marquée par la division de la gauche et son échec dès le premier tour. Le congrès de refondation du PS à Epinay-sur-Seine a suivi deux ans après.

Voir* : Michel Sorin au Conseil national MRC : refonte complète du Mouvement

A l’issue des débats, le 2 juillet, le Conseil national a décidé d’organiser des réunions avec les adhérents dans les régions** à partir de septembre 2017 d’une part et de poursuivre les échanges et discussions avec les différents mouvements et personnalités à gauche d’autre part.

* Pour information, voici la réponse de Michel Sorin à l’un de ses interlocuteurs qui avaient commenté ce texte sur un réseau social et demandait en quoi le MRC pourrait contribuer à la reconstruction de la gauche. "Son originalité serait d'écrire la plateforme de rassemblement de la gauche républicaine, cette gauche présente dans les groupes politiques à l'Assemblée nationale, de la "Nouvelle gauche" (PS) à la "France insoumise" en passant par le groupe PCF, présente aussi ailleurs dans des groupes en formation (Mouvement du 1er juillet) ou chez de nombreux citoyens isolés. Ce MRC refondé devrait être capable de tisser des liens à la base entre les citoyens favorables à cette stratégie de conquête du pouvoir par une gauche renouvelée et rassemblée".

** Dans l’ouest, nous avons anticipé. Un document sera diffusé, suite à cette rencontre MRC ouest. Voir Les responsables Ouest du MRC étaient à Saintes (17) le 8 juillet 2017

Cet article est le 3004ème sur le blog MRC 53 - le 221ème dans la catégorie MRC national

Rencontre MRC ouest à Saintes (17) le 8 juillet 2017

Rencontre MRC ouest à Saintes (17) le 8 juillet 2017

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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 22:37

 

Vers un congrès 2018 ouvert aux citoyens de la gauche républicaine


 

Dans son intervention, le 2 juillet 2017, en séance du Conseil national du Mouvement Républicain et Citoyen, Michel Sorin a commencé par dire que c’est le moment de pleinement s’engager dans l’action politique car nous allons vivre une période de recomposition après la décomposition en cours - que nous avions vu venir depuis longtemps, sans savoir quelle forme elle prendrait.

Notre Mouvement a confirmé ses limites. Cela ne doit pas nous amener à renoncer mais à repartir sur des bases nouvelles en corrigeant nos erreurs.

Que dire de Macron et d’En Marche ? C’est une entreprise personnelle - bien pensée et bien mise en œuvre - de conquête et d’exercice du pouvoir national, en harmonie avec les institutions européennes et l’oligarchie financière, son projet étant libéral sur les plans économique et sociétal, avec un pouvoir politique fort et centralisé à l’intérieur, et une politique étrangère active afin de mettre la France en meilleure position au sein de l’Union européenne.

Pour cela, sa volonté est d’établir un groupe dominateur central au niveau national, avec deux oppositions principales autour de Le Pen et Mélenchon, après destruction du PS et de LR, leurs composantes étant disséminées dans des petits groupes impuissants.

Notre raison d’être est de constituer une gauche républicaine capable d’être le point d’appui du rassemblement de l’ensemble de la gauche de gouvernement. Nous y parviendrons en combinant l’action politique d’en haut, par des contacts avec toutes les organisations qui existent dans le champ de la gauche au niveau national, et d’en bas, par l’animation de groupes de citoyens se situant dans le champ de la gauche républicaine au niveau territorial.

Nous devons faire vivre les idées républicaines (notre logiciel) et mettre les citoyens républicains de gauche en position de débattre du projet de gouvernement de la France, ce que nous n’avons pu faire jusqu’à présent.

Cela nous conduit à organiser la refonte complète de notre Mouvement d’ici juin 2018. En étant à l’écoute des militants et responsables dans les régions.


 

Cet article est le 3003ème sur le blog MRC 53 - le 220ème dans la catégorie MRC national

Michel Sorin, intervenant le 15 décembre 2012 à Paris lors du congrès MRC (photo Bruno Chevalier)

Michel Sorin, intervenant le 15 décembre 2012 à Paris lors du congrès MRC (photo Bruno Chevalier)

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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 23:02

 

Confirmation de l’ancrage libéral et austéritaire du quinquennat Macron

 

« La première Conférence Nationale des Territoires s’est réunie lundi 17 juillet 2017 au Sénat, en présence du Président et du Premier ministre. Cette instance, présidée par le Premier ministre, est composée de membres du Gouvernement, de représentants des collectivités territoriales, du Parlement et des organismes de concertation territoriale existants. L’objectif est de bâtir un "pacte de confiance" entre les pouvoirs locaux et l’État, sur la base d’une organisation souple et intelligente ».

Voir Conférence nationale des territoires : un pacte de confiance entre l'État et les territoires

Conférence nationale des territoires - Sénat

 

Jean-Marc Nicolle, maire du Kremlin-Bicêtre (94), conseiller régional MRC d’Ile-de-France, s’est exprimé le 20 juillet sur son blog, à la suite de cette conférence.

Voir Conférence des territoires : de sombres perspectives pour les collectivités locales

 

Ce lundi 17 juillet au Sénat, Le Président de la République et le Premier ministre ont dévoilé les grandes orientations du quinquennat à propos des politiques territoriales et du rôle des collectivités.

Sans surprise mais avec consternation, les élus locaux dont je fais partie savent désormais que l’austérité s’imposera à eux de manière implacable . 

Par rapport à ce qui a été annoncé durant la campagne présidentielle, ce ne sont finalement pas 10 mais 
13 milliards d’euros auxquels devront renoncer les collectivités. 13 milliards d’euros qui seront amputés aux services publics de proximité : transports, crèche, logement social, voirie, et tant d’autres services déjà mis à mal par des restrictions budgétaires aussi absurdes qu’illégitimes, car directement issues des recommandations de Bruxelles. Le peuple grec a déjà pu apprécier l’efficacité du « remède »… 

Pourtant, pas de baisse des dotations prévues au programme pour l’année 2018 : en évoquant un « contrat de confiance » avec les élus locaux, Emmanuel Macron conditionne ce maintien à l’effort budgétaire des collectivités dans le sens de ses propres exigences comptables. 
La libre administration des collectivités territoriales, principe constitutionnel, ne s’en portera que plus mal

Avec la 
suppression confirmée de la taxe d’habitation pour 80% des foyers, nous ne pouvons en outre que déplorer la perte prochaine d’un levier de financement autonome essentiel pour les communes. Quand bien même le manque à gagner serait dans un premier temps compensé par l’Etat sur d’autres sources fiscales, l’expérience nous a hélas révélé la futilité de tels bricolages immédiats. La béquille qui accompagne la mesure choc a bien souvent tendance à être retirée… 

En guise d’argumentaire usé et rafistolé, voilà donc de nouveau le fameux « Les collectivités doivent prendre part à l’effort budgétaire » ! Particulièrement éprouvées financièrement, 
les communes devront une fois de plus se mettre au régime sec. Elles atteignent pourtant déjà un point de non-retour. Ajoutées à la démagogie anti-fonctionnaire ambiante, des restrictions budgétaires supplémentaires mettront d’autant plus en difficulté le maintien des services publics essentiels. Ceux-là n’ont pas à être une variable d’ajustement, car ils sont vitaux pour la cohésion sociale au sein de notre territoire. 

A-t-on d’ores et déjà oublié les raisons pour lesquelles des millions d’électeurs ont placé Marine Le Pen au second tour du scrutin présidentiel le 23 avril dernier ? Une fracture territoriale aggravée, avec la destruction des services publics, serait la pire des conduites à adopter. 


La réduction annoncée du nombre d’élus locaux contribue également à nourrir mes inquiétudes. La démocratie locale, notamment à travers l’échelon communal, garantit la proximité du citoyen avec le lieu de décision. La tendance à l’éloignement a pourtant été lancée par les précédentes réformes territoriales : métropoles et « super-régions » illustrent ce phénomène institutionnel. Les échelons de proximité que sont les départements et les communes sont sans ambiguïté la cible des annonces de l’exécutif. Réduire le nombre d’élus, véritables représentants du peuple souverain, c’est aussi donner plus d’importance aux bureaucrates et technocrates non issus du suffrage démocratique, et d’ainsi déséquilibrer cette balance nécessaire mais fragile. 

S’agissant enfin de la tenue programmée d’une « conférence territoriale du Grand Paris » à l’automne prochain, je me satisfais que l’enjeu institutionnel ait été mesuré, tout en restant vigilant sur les orientations qui seront prises dans les prochains mois. 

D’une manière générale, ce premier rendez-vous aura 
aggravé l’inquiétude des élus locaux, en plus de confirmer définitivement l’ancrage libéral et austéritaire du nouvel exécutif. Souhaitons à Emmanuel Macron et Edouard Philippe une prise de conscience rapide des conséquences qu’engendrerait leur projet à l’égard des collectivités, des territoires et des citoyens qui y vivent. 

 

Cet article est le 3002ème sur le blog MRC 53 - le 56ème dans la catégorie Collectivités territoriales

Jean-Marc Nicolle, ici au côté de Martine Souvignet, le 20 septembre 2014 à Caen lors de l'université de rentrée du Mouvement Républicain et Citoyen

Jean-Marc Nicolle, ici au côté de Martine Souvignet, le 20 septembre 2014 à Caen lors de l'université de rentrée du Mouvement Républicain et Citoyen

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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 22:56

 

Préparer le MRC à être partie prenante de la reconstruction de la gauche

 

Les responsables Ouest du Mouvement Républicain et Citoyen étaient à Saintes (Charente-Maritime) samedi 8 juillet 2017. Voir Le MRC 17 organise une rencontre des MRC de l'ouest de la France.

 

- Le jour même, en soirée, Serge Maupouet (responsable Limousin, Poitou-Charentes) publiait cette information sur le site du MRC 17 :

Voir La rencontre MRC Ouest s'est tenue à Saintes le 8 juillet 2017 :

Une vingtaine de militants et responsables MRC, de l'Aquitaine à la Normandie, en passant par les Pays de la Loire, le Limousin et le Poitou-Charentes étaient réunis ce jour à Saintes (17). Avec la présence de Jean-Luc Laurent, président du MRC. Des échanges militants, nourris et constructifs, pour un après-midi de dialogue et de réflexion collective, tourné vers l'avenir. 
Michel Sorin (MRC 53, responsable Pays-de-la-Loire, membre du secrétariat national) et Serge Maupouet (MRC 17, responsable Limousin-Poitou-Charentes) ont proposé cette rencontre aux militants et responsables MRC de l’ouest de la France « afin de partager nos ressentis et nos aspirations après les élections nationales d’une part, et de réfléchir aux orientations à prendre par notre Mouvement d’autre part ». Retrouvez l'invitation sur ce précédent article : Rencontre MRC ouest à Saintes (17) le 8 juillet 2017)

 

- Le 10 juillet, Jean-Luc Laurent, président du MRC, publiait ce message sur un réseau social :

Reconstruire la gauche et préparer l'avenir, cela commence par aller à la rencontre des adhérents du MRC pour échanger, entendre et agir. J'étais à Saintes en Charente Maritime samedi 8 Juillet 2017 avec Serge Maupouet, Michel Sorin, Serge Lezement. Une bonne journée, utile, où j'ai entendu l'envie d'agir !

 

- Le 13 juillet, Patrick Nivet (secrétaire ancienne région Aquitaine) écrivait à ses correspondants :

Il faut vraiment remercier Serge Maupouet d’avoir organisé avec simplicité mais efficacité cette rencontre, née d’une initiative de Michel Sorin, que j’avais rejoint dans cette volonté de rencontre de Militants du Grand Ouest.

 

Nous reviendrons sur cette rencontre de Saintes.

 

Cet article est le 3001ème sur le blog MRC 53 - le 85ème catégorie MRC 53 et Pays de la Loire

Photo François Mas (33) - 8 juillet 2017 à Saintes (de g. à d.) : Gérard Beillard (53), Daniel Salé (49), Michel Sorin (53), Serge Lezement (14), Bruno Chevalier (44), Jean-Luc Laurent, président du MRC, Serge Maupouet (17)

Photo François Mas (33) - 8 juillet 2017 à Saintes (de g. à d.) : Gérard Beillard (53), Daniel Salé (49), Michel Sorin (53), Serge Lezement (14), Bruno Chevalier (44), Jean-Luc Laurent, président du MRC, Serge Maupouet (17)

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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 22:20

 

Le 8 juillet 2017, les militants sont invités à Saintes (Charente-Maritime)


 

Le Mouvement Républicain et Citoyen avait deux députés avant les élections législatives 2017. Il n’en a plus qu’un après : Christian Hutin, réélu dans la 13ème circonscription du Nord, à Dunkerque.

 

Un débat aura lieu le 2 juillet lors de la réunion du Conseil national du MRC. En complément, deux membres de cette instance, Serge Maupouet (MRC 17, responsable Limousin, Poitou, Charentes) et Michel Sorin (MRC 53, responsable Pays de la Loire, membre du secrétariat national), ont pris l’initiative de proposer une rencontre à leurs collègues de l’ouest de la France « afin de partager nos ressentis et nos aspirations après les élections nationales d’une part, et de réfléchir aux orientations à prendre par notre Mouvement d’autre part ».


Ce sera le 8 juillet à Saintes, ville de Charente-Maritime dont Serge Maupouet est conseiller municipal. Concernant le déroulement de cette journée, il faut s’adresser à la Fédération MRC de Charente-Maritime.


 

Cet article est le 3000ème sur le blog MRC 53 - le 84ème catégorie MRC 53 et Pays de la Loire

Serge Maupouet et Michel Sorin, le 8 juin 2011 à Surgères (17), lors d'une conférence MRC sur l'agriculture et l'alimentation

Serge Maupouet et Michel Sorin, le 8 juin 2011 à Surgères (17), lors d'une conférence MRC sur l'agriculture et l'alimentation

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 23:37

 

Assemblée nationale : la vague Macron va noyer les oppositions

 

Les élections 2017 ne ressemblent à aucune de celles qui les ont précédées. Le 18 juin ne sera pas seulement la date qu’on retient en référence à l’appel historique du Général de Gaulle en 1940. Ce sera aussi, en 2017, la date du second tour d’élections législatives hors norme qui fera de l’Assemblée nationale une chambre parlementaire à près de 80 % au service du nouveau chef de l’État, Emmanuel Macron.

 

- Tout d’abord, retour sur les résultats du 1er tour des élections législatives, le 11 juin 2017.

Voir Élections législatives 2017- Ministère de l'Intérieur

Voir aussi des articles à ce sujet :

. (11 juin) Une vague en trompe l’œil ? par Jacques Sapir

. (12 juin, Gaël Brustier, Libération) : Législatives : vers la poursuite d'une crise de régime

            . (15 juin, Le Figaro) : Une Assemblée nationale de moins en moins représentative
 

- Et puis, ce qui est annoncé pour le second tour, le 18 juin 2017.

Voir (15 juin, Les Echos) : législatives : vers un raz-de-marée En Marche au second tour

 

Extrait. Ce n'est plus une vague qui semble se dessiner pour les candidats de La République En Marche (LREM), mais un véritable raz-de-marée. Invités à voter pour le second tour des législatives dimanche, les électeurs qui se déplaceront devraient donner au mouvement du chef de l'Etat une très large majorité absolue.

Plus large encore que celle imaginée au soir du premier tour puisque selon le sondage hebdomadaire LégiTrack d'OpinionWay-ORPI pour « Les Echos » et Radio classique, LREM et le Modem devrait décrocher de 440 à 470 sièges (dont 50 à 60 pour le parti de François Bayrou) sur les 577 que compte l'Assemblée nationale.

Loin, très loin derrière, le premier groupe d'opposition serait celui de la droite et du centre avec 70 à 90 sièges dont 10 à 15 pour l'UDI. La droite aurait donc un groupe amputé de plus de moitié.

Quant au Parti socialiste avec ses alliés (EELV, divers gauche...), il devrait connaître - c'est la suite logique du premier tour - une défaite plus sévère encore puisqu'il ne devrait recueillir que 20 à 30 sièges. Le PS seul pourrait ne pas pouvoir constituer de groupe car ses élus seraient au maximum 15 à entrer au Palais-Bourbon. De même, la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon confirmerait sa contre-performance par rapport à la présidentielle, avec seulement 5 à 15 sièges qu'elle partagerait avec le PCF.

Le FN aussi puisque le parti de Marine Le Pen, dans une mauvaise passe, décrocherait au mieux 5 sièges et plus certainement un - celui de Marine Le Pen - à deux.

 

Un cas significatif : la 1ère circonscription du Doubs, où la députée PS sortante, Barbara Romagnan, s’est qualifiée difficilement pour le second tour. Ce qu’elle écrit sur son site de campagne Barbara Romagnan – Législatives 2017 est très éclairant. Elle exprime sa conception du rôle de député(e).

Voir Non à une République qui marche « au pas » !

Cet article est le 2999ème sur le blog MRC 53 - le 73ème dans la catégorie République Parlement

2017 en France : un changement politique comparable à celui de 1958
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Published by Michel SORIN - dans République Parlement
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8 juin 2017 4 08 /06 /juin /2017 21:52

 

Le nouveau ministre de l’agriculture est un partisan de la régulation

 

Que faut-il attendre de Jacques Mézard ministre de l'agriculture ? C’est un homme qui a fait ses preuves au Sénat. Voir (19 mai 2017) : Jacques Mézard, sénateur PRG du Cantal, est ministre de l'agriculture

En attendant qu’il soit confirmé à son poste gouvernemental à l’issue des élections législatives des 11 et 18 juin, voici un texte qui fait le point sur l’évolution de l’agriculture française depuis 50 ans. L’auteur est un ancien haut fonctionnaire qui a exercé des fonctions importantes auprès de la ministre de l’agriculture Edith Cresson sous la première présidence de François Mitterrand (1981-1983).

 

Voir aussi, sur le même thème : Lycée agricole Laval : 50 ans d'agriculture mayennaise (4) par Michel Sorin. A l'occasion des 50 ans du Lycée agricole de Laval (octobre 2014).

 

L'agriculture au péril du libéralisme

 

La Politique Agricole Commune -PAC- a été mise en place dans les années 1960 pour répondre aux objectifs fixés par le traité de Rome : accroître la productivité de l’agriculture; assurer un niveau de vie équitable à la population agricole ; stabiliser les marchés ; garantir la sécurité des approvisionnements ; assurer des prix raisonnables aux consommateurs.

Ces objectifs ont été repris tels quels en 2007 dans le traité de Lisbonne, bien que l'Union Européenne les ait abandonnés quinze ans auparavant pour ouvrir le marché européen sur le marché mondial et favoriser l'inclusion de l'agriculture dans une économie marchande globalisée.

 

A l'origine, un des instruments principaux de la PAC consistait en prélèvements aux frontières destinés, non pas à fermer le marché européen, mais à compenser les différences de coût de revient avec des pays où les contraintes techniques, sociales et environnementales sont bien inférieures à celles imposées aux agriculteurs européens.

 

En 1992, suite à l'accord de Marrakech créant l'Organisation Mondiale du Commerce -OMC-, ces prélèvements ont été supprimés. Pour compenser la baisse des prix, l'UE a mis en place un dispositif d'aides directes assis sur les surfaces consacrées par l'agriculteur aux principales productions, notamment céréalières.

 

En 2003, pour se préparer aux accords OMC de Doha (qui n'ont jamais abouti), la Commission a affirmé que les aides liées à la production seraient considérées comme perturbant les marchés internationaux et qu'il convenait de les remplacer par des aides "découplées" (aides forfaitaires à l'hectare, sans lien avec l'utilisation des surfaces, ni la situation des marchés) à l'image de ce qu'allaient instaurer les USA.

Dès l'origine, il était évident que ce dispositif n'était pas viable, et allait servir de prétexte à de nouvelles restrictions. En effet, on ne peut justifier face à l'opinion publique un dispositif qui, par exemple, a conduit à verser des aides aux producteurs de céréales les années où les prix mondiaux de ces produits ont flambé sous l'effet de la spéculation, en entraînant des crises alimentaires dans plusieurs pays du Sud.

 

D'ailleurs, les USA ont fait machine arrière au bout de deux ans, en revenant à des aides "contra-cycliques", liées à la situation des marchés et donc aux pertes réellement subies par les agriculteurs. Par contre, la Commission européenne a persisté dans son schéma lors de la révision de 2008, pudiquement qualifiée de "revue de santé" de la réforme de 2003. Cette nouvelle réforme a consisté en : une réduction générale du montant des aides ; un durcissement des contraintes environnementales pour en bénéficier, au motif de rendre ces aides plus acceptables par l'opinion publique et de pouvoir mieux les justifier dans les négociations internationales ; mais aussi en la poursuite de la libéralisation du secteur, en supprimant les derniers instruments de régulation, notamment les quotas laitiers, dont la disparition progressive est programmée d'ici à 2015.

 

Le cadre adopté par le Conseil européen en 2013 pour la PAC répond à la même logique, puisqu'il prévoit : une réduction de 14% des crédits pour la période 2014-2020 par rapport à la période précédente ; un nouveau durcissement des conditions environnementales dont va dépendre 30% du montant des aides ; la confirmation du refus de maintenir ou de rétablir les instruments de régulation des marchés.

 

L'évolution de l'agriculture française au cours des quarante dernières années s'inscrit dans ce contexte de concurrence exacerbée qui se traduit notamment par la pression constante que l'industrie de transformation, elle-même poussée par la distribution, exerce sur les prix. Le "productivisme" souvent reproché aux agriculteurs leur est imposé par le système. De 1970 à 2012 le nombre des exploitations agricoles a été divisé par trois et celui des actifs agricoles par quatre.

 

Les comptes de l'agriculture sont le reflet de cette situation et de la capacité de résistance ou d'adaptation des différents secteurs à cette pression. Pendant cette période 1970 - 2012 la part des productions végétales s'est maintenue à 54% des ressources de la "ferme France", alors que la part des productions animales diminue de 42% à 30%. Il n'y a pas de meilleure illustration de la crise de l'élevage, handicapé par des conditions de travail astreignantes et des cycles de production longs le rendant plus vulnérable aux aléas du marché. Dans le même temps, la part des subventions dans ces ressources disponibles pour les agriculteurs a augmenté de 1% à 11%.

 

La marchandisation de l'activité agricole se traduit également par l'augmentation des consommations intermédiaires de 40% à près de 60% de la valeur de la production agricole pendant la même période. Parmi ces consommations intermédiaires, trois postes significatifs augmentent proportionnellement deux fois plus que la moyenne : l'énergie ; les produits phytosanitaires ; les dépenses vétérinaires (alors que la part de la production animale diminue, c'est une illustration supplémentaire des difficultés de l'élevage liées aux problèmes sanitaires des grands troupeaux et à la fragilité des animaux plus productifs).

 

La hausse des consommations intermédiaires a entraîné mécaniquement une érosion de la valeur ajoutée et des résultats : le "résultat agricole", calculé avant rémunération des salariés, est ainsi passé de 48% du produit d"exploitation en 1970 à 33% en 2010. La réduction de la valeur ajoutée entraîne aussi une fragilité du résultat face aux fluctuations du marché. En 2013, une baisse de 3,8% de la valeur de la production a entraîné une diminution de 16,4% du revenu par actif.

 

En effet, en plus de l'évolution tendancielle déjà décrite, le secteur agricole est confronté à une volatilité croissante des prix, liée à la mise en relation sans précaution du marché européen et du marché mondial. Le graphique ci-dessous illustre l'évolution du résultat courant avant impôt en France. Ce résultat représente ce qui reste à l'agriculteur pour rémunérer son travail et son capital. Une relative stabilité jusqu'en l'an 2000 a été remplacée par des fluctuations de grande amplitude.

 

Les dispositions arrêtées pour 2014 – 2020 ne peuvent qu'accentuer ces difficultés en réduisant le montant des aides et en rendant plus difficile leur obtention, tout achevant l'élimination des dernières mesures de régulation des marchés et en poursuivant l'ouverture aux produits extérieurs grâce à des accords bilatéraux en particulier l'accord transatlantique. La diminution inévitable du revenu des agriculteurs se traduira par une réduction supplémentaire de leur nombre et par une nouvelle diminution de l'auto-approvisionnement alimentaire de l'Europe.

 

Il faut rompre avec cette logique néo-libérale en rétablissant une protection raisonnable aux frontières et en réactivant des outils de régulation du marché et de maîtrise de la production qui ont fait leur preuve, comme les quotas laitiers et sucriers ou les droits de plantation viticoles. Ce retour aux sources bénéficiera aux agriculteurs qui obtiendront des prix rémunérateurs leur permettant de vivre de leur travail. Il bénéficiera également au consommateur en garantissant son approvisionnement à long terme et en lui assurant de disposer de produits alimentaires sains et d'origine garantie.

 

Mise à jour en fonction des comptes provisoires de l'agriculture pour 2015

 

Les chiffres pour 2015 confirment les grandes lignes exposées précédemment.

Deux éléments sont toutefois à relever :

* malgré la baisse des prix de l'énergie, les consommations intermédiaires ont continué à augmenter et ont dépassé pour la première fois 60% (60,4%) de la production agricole aux prix de base (c'est-à-dire avant subventions d'exploitation). En 45 ans, l'agriculture française à perdu 21 points de valeur ajoutée !

* le résultat agricole (avant rémunération des salariés) a continué de diminuer (30,8% des ressources d'exploitation).

Pour le lecteur qui désirerait entrer dans le détail des comptes de l'agriculture, il faut signaler que leur présentation occulte l'importance des subventions dans les produits. En effet, ne sont comptabilisées à ce titre que les subventions liées à la production (1,2 milliard €), alors que les subventions d'exploitation (8,7 milliards €) ne sont introduites qu'après calcul de l'excédent d'exploitation et sont assimilées comptablement à un impôt négatif.

 

Mise à jour en fonction des comptes provisoires de l'agriculture pour 2016

 

L'année 2016 a été marquée par des incidents climatiques qui ont notamment entraîné un recul sensible de la production céréalière. Elle a aussi marqué la première année de la réforme de la PAC et a ainsi connu une réduction, encore modeste, des aides à l'exploitation (8,3 milliards € contre 8,7).

Cet accident climatique a illustré l'extrême vulnérabilité de la ferme France, analysée plus haut.

C'est ainsi que les consommations intermédiaires, en dépit d'une baisse des prix liée notamment aux prix de l'énergie, ont atteint 63,8% de la production agricole aux prix de base ; que le résultat agricole a encore baissé à 26,9% des ressources d'exploitation ; et que le résultat par actif non-salarié a diminué de 25,6% par rapport à 2015 (les auteurs du rapport à la commission des comptes de l'agriculture se sont limités à ce pourcentage, mais cela doit faire environ 18 800€, soit à peu près la moitié du chiffre atteint en 2012).

Dans ces conditions, il ne faut pas s'étonner des difficultés et des drames à répétition que connaît le secteur.

Cet article est le 2998ème sur le blog MRC 53 - le 431ème en catégorie AGRICULTURE et PAC

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