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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 19:42

L’implosion du système financier est inéluctable

 

Le système financier ne s’est pas réformé après la crise financière de 2008. Bien au contraire, il s’enfonce toujours plus dans la spéculation, ce qui ne peut conduire qu’à son implosion avec pertes et fracas. Le monde est sous l’emprise de la finance dérégulée, qui met en avant l’économie casino au détriment de l’économie réelle. Comment espérer, dans ces conditions, une solution à la crise ?

 

Les perspectives d’encadrement de la finance par les Etats n’existent plus vraiment. L’Europe est dominée par des politiques d’austérité et de soumission aux intérêts financiers, comme on peut le vérifier au Sommet européen, ces 7 et 8 février 2013, à Bruxelles.

 

En France, l’accord interprofessionnel sur la flexibilité de l’emploi est déséquilibré, toujours en défaveur du monde du travail. Les suppressions d’emplois en cascade, qui confirment la dégradation de notre appareil industriel, déclenchent des conflits sociaux qui vont prendre de l’ampleur.

 

Toutes les décisions vont dans le sens de la concentration des moyens économiques et de la réduction des moyens sociaux. Comment s’étonner du mécontentement croissant du peuple, qui tend à ne plus distinguer la gauche de la droite, mettant tous les responsables politiques - qui sont ou ont été au pouvoir - dans le même sac ?

 

La démocratie est en péril, comme le montre l’abstention croissante à toutes les élections, la plus récente étant celle aux chambres d’agriculture. Les paysans, les éleveurs surtout, sont dans l’angoisse de l’avenir, ce qui ne favorise pas la participation citoyenne.

 

La politique n’est plus crédible depuis qu’elle plie devant les désirs narcissiques de la finance. L’Europe n’est plus crédible depuis qu’elle a cédé aux lobbies financiers et agi contre la volonté et les attentes des peuples. Cela donne du crédit aux analyses du Front national, mais les Français savent bien que ce parti n’a pas les solutions.

 

La solution est républicaine et citoyenne. Anticipons l’inéluctable implosion du système financier (qui l’aura bien mérité) en sachant qu’elle sera accompagnée de perturbations économiques, sociales et politiques au caractère imprévisible.

 

Préparons la reconstruction citoyenne du pays en mettant en place des comités CiViQ locaux de redressement national. Il faut repartir de la base pour construire une « République irréprochable » et préparer la renaissance de la démocratie, mise à mal par 30 ans d’hégémonie de la finance à travers les politiques néolibérales.

 

C’est le sens de ce qui vous est proposé : 

Dans la perspective de troubles sociaux et politiques : le réseau CiViQ - 6 février 2013. 

Dans la période troublée que nous allons vivre (affrontements sociaux de grande ampleur pour le maintien de l’emploi dans les entreprises, affrontements européens entre politiques de croissance et d’austérité, affrontements politiques entre gauches gestionnaire et radicale en France), il y aura besoin d’un lieu pour réfléchir et débattre entre citoyens sur les conditions de la réussite du changement, aux niveaux économique et social (…).

 

Michel Sorin : pour rassembler la gauche, il faut une initiative citoyenne - 2 février 2013.

 

Cet article est le 3ème paru sur ce blog dans la catégorie Réseau CiViQ

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 19:16

En 2014 et 2015, changements aux élections locales

 

La réforme des élections municipales, intercommunales et départementales, qui est en débat actuellement au Parlement, intéresse les groupes CiViQ (voir les informations à ce sujet : Dans la perspective de troubles sociaux et politiques : le réseau CiViQ - 6 février 2013).

 

Avant de faire le point sur l’avancée des travaux parlementaires, il est bon de revenir sur les articles précédents dans lesquels ces questions sont évoquées (projet du gouvernement) :

Projet de loi relatif aux élections locales : la réorganisation est profonde - 28 novembre 2012 

Projet de réforme des élections locales : ce qu'en dit La Lettre du Céas - 4 janvier 2013

 

Le conseil général deviendrait conseil départemental et les conseillers généraux, des conseillers départementaux.

 

On procèderait à l’élection de deux conseillers départementaux (binôme femme-homme) par canton au scrutin binominal majoritaire à deux tours. On conserverait ainsi l’ancrage territorial des élus et on obtiendrait la parité femmes-hommes. Chacun des candidats du binôme désignerait un remplaçant du même sexe. Une fois élus, les deux conseillers départementaux d’un binôme ne seraient plus solidaires (autonomie dans les décisions et les responsabilités).

 

Dans les communes, le seuil de population au-delà duquel les conseillers municipaux seraient élus au scrutin de liste serait abaissé de 3 500 à 1 000 habitants.

 

Pour les communautés de communes et les communautés d’agglomération, l’option retenue par le gouvernement est celle d’un mode de scrutin permettant l’élection concomitante des conseillers municipaux et des conseillers communautaires dans le cadre d’un scrutin fléché.

 

Le site « Localtis » (Caisse des Dépôts) propose des articles bien documentés. Voici ceux qui concernent les travaux des sénateurs (en janvier), puis des députés (en février).  

Conseillers départementaux : le Sénat rejette le coeur de la réforme (18 janvier 2013)

Réforme des élections locales : le Sénat demande au gouvernement de revoir sa copie (21 janvier 2013)

Les députés commencent à retoucher le projet de loi Valls (6 février 2013)

 

La commission des lois de l'Assemblée a examiné ce 6 février les amendements au projet de loi organisant les élections locales. En réponse à l'inquiétude des élus ruraux, l'une des dispositions adoptées permet, de manière limitée, de prendre en compte la "répartition de la population" pour le redécoupage des cantons. Sur le volet intercommunal, une majorité de députés s'est prononcée pour l'application du scrutin de liste aux communes de 500 habitants et plus, contre un seuil de 1.000 initialement prévu.

Après le rejet par le Sénat de son projet de loi créant un nouveau mode de scrutin pour les élections des conseillers généraux - rebaptisés au passage conseillers départementaux - le gouvernement ne pouvait pas ignorer l'inquiétude des élus ruraux sur la représentation de leurs territoires au sein des assemblées départementales. Lors de son audition par la commission des lois de l'Assemblée nationale (voir notre article du 31 janvier), le ministre de l'Intérieur avait affirmé que le gouvernement soutiendrait l'introduction dans le texte de critères tendant à tenir compte des réalités géographiques pour le redécoupage des cantons inhérent à la mise en place des futurs binômes hommes-femmes.
Cette plus grande souplesse donnée aux territoires ruraux se concrétise par un amendement du rapporteur (SRC), Pascal Popelin, que la commission des lois a adopté le 6 février. La population d'un canton ne sera "ni supérieure ni inférieure de plus de 20% à la population moyenne des cantons du département", comme le prévoit le projet de loi initial. Mais lorsqu'il élaborera les décrets modifiant les limites territoriales des cantons, le gouvernement pourra s'écarter de cette règle "pour des considérations géographiques, de répartition de la population sur le territoire, d'aménagement du territoire". Les exceptions devront cependant être "de portée limitée" et devront être "spécialement justifiées"
(…).

Moins d'élus municipaux

L'examen des amendements sur le volet du projet de loi concernant l'élection des délégués communautaires a donné lieu à l'adoption de plusieurs dispositions importantes. A commencer par l'abaissement à 500 habitants du seuil à partir duquel s'appliquera le scrutin de liste pour les municipales (et donc en même temps le "fléchage" pour l'élection des délégués intercommunaux). L'Assemblée des communautés de France (ADCF) voit donc l'une de ses revendications aboutir provisoirement (dans l'attente de l'examen en séance qui débutera le 18 février prochain). Bien qu'ayant rejeté le projet de loi, le Sénat était parvenu en première lecture, après une longue discussion, à se rallier au seuil de 1.000 habitants proposé par le gouvernement (voir notre article du 21 janvier). Présent au cours d'une partie des débats de la commission, le ministre de l'Intérieur s'est déclaré "ouvert" à un seuil abaissé à 500 habitants, constituant cependant la limite la plus basse selon lui. "Je crois qu'il faut garder le fait qu'on procède par étapes pour tenir compte de la vie de certaines de nos communes", a-t-il précisé.
Les députés ont, par ailleurs, adopté un amendement socialiste qui prévoit de réduire de deux le nombre des conseillers municipaux dans toutes les communes de moins de 3.500 habitants. Ils ont aussi rendu obligatoire le dépôt d'une déclaration de candidature à la préfecture ou à la sous-préfecture pour les élections municipales dans les communes de moins de 500 habitants (celles où subsistera le scrutin majoritaire plurinominal). La commission des lois du Sénat avait adopté cette disposition, qui ne demeure pas dans le texte examiné par l'Assemblée, puisque les sénateurs ont rejeté le texte.

Composition des conseils communautaires : délais moins serrés

En outre, la commission des lois a décidé que les élus municipaux qui siégeront dans les conseils communautaires seront appelés "conseillers intercommunaux". Ils ont aussi mis en place un système de suppléance lorsqu'un conseiller intercommunal démissionnera de ses fonctions.
On retiendra, par ailleurs, que les députés ont repoussé du 30 juin au 31 août 2013 la date butoir fixée aux communes pour définir un accord sur la composition du futur conseil communautaire. Du fait de la promulgation de la loi "Richard" qui assouplit les règles sur ce sujet, les élus disposaient de peu de temps pour boucler ce dossier.
Comme les sénateurs l'ont fait en première lecture, les députés ont décidé de supprimer l'écrêtement des indemnités des élus locaux cumulant plusieurs mandats. Alors qu'aujourd'hui la somme écrêtée peut être reversée à d'autres élus, après délibération de l'assemblée concernée, elle reviendrait, si l'amendement devait connaître un sort favorable, à la collectivité où la personne concernée a été élue le plus récemment.

 

L'objectif de la majorité est de promouvoir la parité homme-femme au sein des assemblées départementales où, actuellement, seulement 13,5% des élus, globalement, sont des femmes. On imagine que cette perspective ne puisse réjouir les conseillers généraux (hommes) en place. La question du redécoupage des cantons est délicate car elle doit prendre en compte l’équilibre démographique, pour des raisons constitutionnelles, qui heurte les élus des cantons ruraux les moins peuplés, tout en étant très étendus en superficie.

Aux élections municipales, les changements portent essentiellement sur l’abaissement du seuil de la proportionnelle (actuellement communes de 3 500 habitants, ce sera ramené à 1 000 ou 500 habitants) et sur le mode d’élection des conseillers communautaires (structures intercommunales : communautés urbaines, d’agglomération ou de communes, selon la population concernée).

 

Cet article est le 53ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 19:14

Groupes CiViQ pour rassembler la gauche et les républicains

 

Dans la période troublée que nous allons vivre (affrontements sociaux de grande ampleur pour le maintien de l’emploi dans les entreprises, affrontements européens entre politiques de croissance et d’austérité, affrontements politiques entre gauches gestionnaire et radicale en France), il y aura besoin d’un lieu pour réfléchir et débattre entre citoyens sur les conditions de la réussite du changement, aux niveaux économique et social.

Voir Michel Sorin : pour rassembler la gauche, il faut une initiative citoyenne - 2 février 2013.

 

Nous étions quelques-uns à avoir anticipé, en décembre 2002, en créant l’association CIVIQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne), née de l’aspiration profonde à rénover la vie politique par la volonté et la participation des citoyens.  

 

Voici quelques liens rappelant ce que nous avons réalisé lors de ces Rencontres CIVIQ :

 

Le premier invité de l’association fut Anicet Le Pors, ancien ministre, conseiller d’Etat, auteur du « Que sais-je ? » sur la citoyenneté (voir La citoyenneté selon Anicet Le Pors - 15 mai 2003 à St-Berthevin).

 

Puis, il y eut l’Intervention de Bernard TEPER (UFAL) - Rencontre CIVIQ - 20 avril 2006 -17 07 06.

 

Et le débat contradictoire sur les énergies :

Exposé de Gérard Pierre sur les énergies - rencontre CIVIQ 26 10 06 St-B - 21 04 07

Exposé de Michel Lemosquet sur les énergies - rencontre CIVIQ St-Berthevin - 21 04 07 

 

Le 2 février 2012, Jean-Pierre Fourré racontait le grand Jean Jaurès :

Rencontre CiViQ Saint-Berthevin : Jaurès en représentation le 2 février - 6 janvier 2012 

Rencontres CiViQ à Saint-Berthevin : une assistance à la citoyenneté - 23 janvier 2012 

Jean-Pierre Fourré a raconté Jean Jaurès à Saint-Berthevin le 2 février  - 13 février 2012 

Rencontre CiViQ à Saint-Berthevin : Jean-Pierre Fourré raconte Jaurès - 14 février 2012 

 

Nous proposons que cette association CiViQ accueille les groupes locaux et départementaux de citoyens qui seront créés dans le même esprit, comme je l’ai indiqué dans mon intervention lors du congrès MRC à Paris, le 15 décembre 2012. Voir Congrès MRC 2012 : intervention de Michel Sorin, délégué du MRC 53 - 22 décembre 2012.

 

Les orientations du Mouvement Républicain et Citoyen pourront servir de base aux réflexions des membres de l’association, mais elles ne seront pas les seules à nourrir les débats. Les groupes CiViQ seront indépendants du MRC, comme de tout autre parti politique. Ils auront pour objectif la mobilisation des citoyens pour la République et le redressement national, afin de réussir le changement.

 

A celles et ceux qui portent un intérêt à cette démarche politique associative - peu importe leur lieu de résidence - je leur demande de me signaler cet intérêt en vue d’un contact à établir entre nous. Mon adresse est sorinmichel@wanadoo.fr.

 

Chacun doit savoir que j’ai pris mes dispositions pour avoir la disponibilité nécessaire. C’est, pour moi, une façon de transmettre mon savoir-faire, résultat de 40 ans de vécu politique à différents niveaux : responsable PS local (1973-79) ou départemental (1979-83, 1997-2001), puis au MRC depuis 2004 (délégué national à l’agriculture de 2006 à 2008, puis secrétaire national de 2008 à 2012), maire de Saint-Berthevin (1990-2001), conseiller régional des Pays de la Loire (1998-2004). J’ai un statut de retraité, après avoir exercé mon activité professionnelle en tant que cadre dans une Coopérative agricole (j’ai un diplôme d’ingénieur agronome).

 

Depuis 2006, j’ai tenu un Blog (MRC 53 - CIVIQ) à peu près quotidiennement (2 400 articles) sur l’agriculture et des thèmes variés, en pensant être utile aux lectrices et lecteurs par des synthèses et des liens. Une nouvelle période s’ouvre, je l’espère, avec celles et ceux qui veulent faire partie de l’attelage. Et un nouveau site Internet, à créer. Il y a tant à faire !

 

Cet article est le 2ème paru sur ce blog dans la catégorie Réseau CiViQ

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 12:02

La gauche doit gérer le changement avec les citoyens

 

Qui ne perçoit les risques d’affrontements politiques et syndicaux entre la gauche gestionnaire, qui serait libérale, et la gauche d’opposition, qui serait radicale ?

La première a le pouvoir mais elle est pétrifiée devant la finance mondialisée et l’Europe néolibérale. La seconde a raison sur le fond mais elle n’a pas le pouvoir.

La conséquence est facile à prévoir. Ce sera l’échec, une fois de plus, de la gauche au pouvoir. Car la gauche ne peut gérer le changement sans le peuple.

Comment éviter l’échec ? En ramenant le débat au niveau des citoyens afin de contraindre la gauche à se rassembler autour d’une politique républicaine de redressement national.

C’est le sens de la réflexion menée en Mayenne par trois militants de la gauche républicaine, qui sont amis depuis longtemps, sans partager le même avis sur beaucoup de points, notamment au niveau de l’action syndicale, mais ils ont en commun de vouloir un vrai changement de politique économique et sociale.

Voici le texte que Gérard Beillard*, Georges Minzière** et Michel Sorin***, soumettent à la réflexion de qui voudra, dans le but d’avancer sur le chemin du changement réel qu’attend avec une grande impatience le monde du travail.

Réfléchir à une initiative citoyenne et républicaine

 

La France a voté en 2012 pour le changement de président et de politique. Dans le cadre d’une Europe qui n’a pas changé et ne veut pas du changement. Les grands principes néolibéraux (dérégulation et affaiblissement des Etats, libre-échange dogmatique, primat des oligarchies financières, bureaucratie institutionnelle) continuent d’imprégner les élites politiques européennes. Le fossé s’est creusé entre ces élites et les peuples, ceux-ci ayant constaté que les grandes décisions leur échappent, y compris au niveau national.

 

Dans ces conditions, comment le changement en France pourrait-il s’effectuer ? Ici, nous parlons du changement de politique économique et sociale qu’attendent les classes populaires (ouvriers et employés, notamment). Ce sont les emplois, la formation, l’innovation, l’investissement productif, qui permettent le développement économique et le maintien d’un haut niveau de protection sociale et la réduction des inégalités.

 

Nous sommes, en Mayenne, membres depuis longtemps d’un parti politique (le Parti socialiste depuis les années 1970 ou 1980, puis le Mouvement Républicain et Citoyen depuis 2004).

 

- En décembre 2001, le PS délaissant les milieux populaires (l’orientation du gouvernement Jospin était clairement libérale - voir le livre « La flamme et la cendre » de Strauss-Kahn en 2002), nous l’avons quitté, à regret, car il ne portait plus l’espoir du changement.

 

- En décembre 2012, lors du congrès du MRC, nous avons approuvé la motion d’orientation mais regretté le manque de propositions concrètes en direction des citoyens. Voir Congrès MRC 2012 : intervention de Michel Sorin, délégué du MRC 53 - 22 décembre 2012. Extrait. 

 

« Nous voulons le rassemblement des républicains progressistes mobilisés pour le redressement du pays, ce que nous appelons « l’alliance des productifs ». Mais comment nous faire entendre de celles et ceux qui partagent cet objectif ? Notre Mouvement doit se mobiliser pour y parvenir.

 

Le MRC, c’est trois mots qui ont chacun leur importance et aucun ne doit faire défaut : Mouvement, Républicain, Citoyen. Pour que notre parti soit en mouvement, il faut qu’il marche sur ses deux jambes : la République et les citoyens.

Républicains, nous le sommes.

Il manque les groupes de citoyens, les réflexions politiques décentralisées qui inciteront des citoyens à se mobiliser avec nous pour la République et le redressement national. Il manque les troupes de citoyens républicains ».

 

Ce que nous avons constaté au MRC est le problème de tous les partis politiques. L’influence des citoyens dans la vie politique française est trop faible. C’est encore plus vrai au niveau européen.

Cela nous conduit à réfléchir à une initiative citoyenne de grande ampleur. Nous avions anticipé, en décembre 2002, en créant l’association CIVIQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne), née de l’aspiration profonde à rénover la vie politique par la volonté et la participation des citoyens.  

Le premier invité de l’association fut Anicet Le Pors, ancien ministre, conseiller d’Etat, auteur du « Que sais-je ? » sur la citoyenneté (voir La citoyenneté selon Anicet Le Pors - 15 mai 2003 à St-Berthevin).

 

Le moment est venu de proposer une initiative innovante de réseau citoyen associatif, indépendant des organisations politiques et syndicales, doté d’un nouveau site Internet. De nombreux articles, publiés depuis 2006 sur le Blog MRC 53 - CiViQ, seront une base d’information et de réflexion pour les membres du réseau.

Le nom de ce réseau sera choisi par l’équipe qui en assurera le lancement. D’ores et déjà, les noms de CiViQ et de RéCiF (Réseau citoyen français) sont mis sur la table des propositions.

 

Le réseau sera ancré sur le territoire, les adhérents étant membres de groupes locaux, s’intéressant à la vie publique territoriale dans une démarche autogérée, sous la responsabilité de citoyens délégués (animation, compte rendu, remontée des conclusions). Les réformes en cours et les échéances électorales (municipales et européennes en 2014, départementales et régionales en 2015) constituent autant d’opportunités pour créer ces groupes de réflexion politique. Avec la participation, notamment, de jeunes et de femmes, de citoyennes et de citoyens qui veulent prendre en mains leur destin collectif.

 

L’objectif est de peser sur le renouvellement et la dynamisation de la vie publique, en renforçant le rôle des citoyens et la place des milieux populaires dans l’engagement politique.

 

Dans tous les pays qui composent l’Union européenne - ceux qui formaient le noyau initial à l’ouest, comme ceux qui les ont rejoints plus récemment à l’est - les difficultés des citoyens pour travailler et vivre décemment sont de plus en plus grandes. Le chômage et la précarité sévissent, ce qui incite au repliement sur soi et au rejet des responsabilités liées à la citoyenneté. C’est une réaction humaine qu’on peut comprendre mais qui est fort préjudiciable sur le plan de la démocratie.

 

Nous voulons contribuer à rassembler les citoyennes et citoyens qui, refusant les politiques néolibérales, veulent le redressement national sur la base d’une politique européenne réellement réorientée autour de projets répondant à l’intérêt général des peuples européens.

Nous voulons servir la République (voir Constitution de la République française, notamment, les trois premiers articles). La République a été mise à mal par des années de laisser-faire politique devant les intérêts dominants du capitalisme financier. Les membres du réseau, en participant activement à la vie publique locale, apporteront leur contribution à la reconquête républicaine de la démocratie.

 

* Accord interprofessionnel Wagram : le point de vue de Gérard Beillard - 21 janvier 2013 

** Salmson à Laval (suite) : Georges Minzière fait part de ses souvenirs - 1er janvier 2013

*** Articles parus en janvier 2013 sur le blog du MRC 53 (Michel Sorin) -1er février 2013   

 

Cet article est le 1er paru sur ce blog dans la catégorie Réseau CiViQ

 

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 21:49

Agriculture, économie et Chevènement : titres les plus fréquents

 

Depuis 64 mois, au début de chaque mois, je reprends les titres des articles parus le mois précédent sur ce blog (voir Titres des articles du mois précédent). Puis j'adresse un courriel aux amis inscrits sur mes listes de distribution, afin de les informer des thèmes abordés sur ce blog. Ceux-ci évoluent dans le temps, selon l’actualité et mes priorités. Certains portent sur la situation nationale, d'autres sur des questions plus locales.    

Depuis 2006, 2408 articles - classés en 50 catégories - ont été publiés sur ce blog.- sans compter les récapitulatifs mensuels. 

 

Michel SorinLes 33 titres en janvier se répartissent ainsi :

- Agriculture et PAC, filière laitière (12 articles),

- Economie, banques, marché du travail (5 articles),

- Chevènement, travaux de la Fondation Res Publica (5 articles),

- Chine (2 articles),

- Intervention militaire de la France au Mali (1 article),

- Soutien à la filière solaire, la ministre Batho en Mayenne (1 article).

- Rapport Commission Jospin (1 article),

- Palestine (1 article),

- Crédit Immobilier de France, Yannick Borde PDG (1 article),

- Salmson Laval, souvenirs de Georges Minzière (1 article),

- Réforme des élections locales (1 article),

- Dépense publique, Jacques Fournier (1 article),

- Vœux 2013 de Jean Rivon (1 article).

 

Titres des articles parus en janvier 2013 sur http://mrc53.over-blog.com

MRC Pays de la Loire : Bruno Chevalier (44) succède à Michel Sorin (31 janvier)

Assemblée nationale : Le Foll répond à une question sur le prix du lait (31)

Dans ses voeux 2013, Jean Rivon livre sa méthode pour affronter la vie (31)

L'esprit du redressement productif - séminaire Res Publica - 26 11 2012 (30)

Réforme bancaire : le projet de loi ne déclare pas la guerre à la finance (29)

Marché du travail : M Abhervé a lu le rapport de la Cour des comptes (28)

Crédit Immobilier de France : nouveau PDG et bras de fer avec l'Etat (27)

André Pflimlin a fait le tour des politiques laitières le 15 janvier à Laval (26)

Elections Chambres : l'Apli appelle les producteurs de lait à voter utile (25)

Elections Chambres d'agriculture : la Coordination rurale est confiante (24)

L'agriculture mayennaise est forte, grâce à l'élevage, mais en difficulté (23)

Accords de Wagram : l'édito de Marinette Bache (Résistance sociale) - (22)

Accord interprofessionnel Wagram : le point de vue de Gérard Beillard (21)

Flexibilité et sécurité de l'emploi : accord entre le patronat et 3 syndicats (20)

La France engagée en urgence dans une guerre pour protéger le Mali (19)

Les propositions de la Confédération paysanne pour sauver l'élevage (18)

Confédération paysanne : sauvons l'élevage français, qui est en danger (17)

Confédération paysanne : un meeting en Mayenne avec Gérard Durand (16)

A propos de la dépense publique : les précisions de Jacques Fournier (15)

Philippe Collin (Confédération paysanne) déplore le libéralisme effréné (14)

Euro monnaie commune : le point de vue de Jean-Pierre Chevènement (13)

Res Publica : de l'euro monnaie unique à l'euro monnaie commune (12)

Le jeu subtil entre les USA et la Chine tournera en faveur de la Chine (11)

Jean-Yves Autexier (Fondation Res Publica) pour l'Europe des projets (10)

Palestine : Mahmoud Hamshari, tué il y a 40 ans à Paris, témoignage (09)

Panneaux solaires : la ministre Delphine Batho chez MPO en Mayenne (08)

Jacques Morineau, agriculteur en Vendée, fait déjà de l'agro-écologie (07)

Morgane Simon : l'engagement des agriculteurs se fait par cooptation (06)

Rapport de la Commission Jospin : 35 propositions remises à Hollande (05)

Projet de réforme des élections locales : ce qu'en dit La Lettre du Céas (04)

L'APLI Bretagne cible les syndicalistes (FDSEA 22) qui font le dos rond (03)

Nous importons de nombreux produits issus des camps de travail chinois (02)

Salmson à Laval (suite) : Georges Minzière fait part de ses souvenirs (01)

 

Le lancement de l’initiative citoyenne, promise début janvier, est imminent.

 

Cet article est le 64ème paru sur ce blog dans la catégorie Titres des articles du mois précédent

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 23:08

Le Mouvement sera Républicain et Citoyen en Pays de la Loire

 

Le  Mouvement républicain et citoyen (Wikipédia) a renouvelé ainsi ses instances régionales :

 

En date du 29 janvier 2013, le MRC a désigné conformément à ses statuts et à la suite de son Congrès National de décembre 2012, le bureau de l’Union Régionale des Pays de Loire :

 

Secrétaire Régional : Bruno Chevalier (44)

Trésorière : Annick Bolo (44)

Secrétaires : Michel Sorin (53) et Daniel Salé (49)

Membre de Droit : Christine Meyer - Secrétaire Nationale (Conseillère Régionale Pays de la Loire)

 

Voir Renouvellement des Instances Régionales du MRC Pays de Loire - 30 janvier 2013

 

Cantonales-Riaille-180311-006-T.jpgBruno Chevalier (photo), sur le blog du MRC 44, a apporté un commentaire personnel à l’article paru sur le site de Ouest-France. Voir Le Mayennais Michel Sorin passe la main (30 janvier 2013).

 

Le Mayennais Michel Sorin n’est plus secrétaire régional du Mouvement républicain et citoyen (MRC), le parti de Jean-Pierre Chevènement. Le Ligérien Bruno Chevalier lui succède. Michel Sorin demeure secrétaire.

Ancien socialiste, maire de Saint-Berthevin de 1995 à 2001 Michel Sorin explique vouloir se « mettre en retrait des responsabilités au MRC, en dehors du MRC 53 ». Il indique également qu’il se réserve pour « une initiative » qu’il dévoilera prochainement. (OUEST FRANCE)

 

Commentaire du nouveau secrétaire régional Bruno Chevalier : c'est une lourde tache que de prendre la suite de Michel, tant il a marqué le MRC Régional par son dynamisme, sa rigueur et ses capacités de rédacteur qui font que son blog est un des plus lus du MRC.

Sa connaissance de la Mayenne et des Mayennais sera précieuse pour moi et je sais qu'il m'épaulera efficacement au sein du Bureau Régional.

 

Pour rétablir la vérité historique, je dois rectifier un point de l’article de Ouest-France : j’ai été maire de Saint-Berthevin (Mayenne) de 1990 à 2001 (élu municipal de 1983 à 2003). Je complète, car cela m’est apparu comme une fonction importante : j’ai été conseiller régional des Pays de la Loire de 1998 à 2004.

Adhérent du PS en 1973, 1er secrétaire départemental de 1979 à 1983, puis de 1997 à 2001, j’ai démissionné du PS en décembre 2001 alors que j’avais été réélu 1er secrétaire en 2000. Plusieurs raisons, certaines tenant à des comportements locaux. Mais la principale était la perception d’une dérive libérale de la ligne politique nationale, non conforme à mes engagements socialistes.

 

Pourquoi je me retire de la responsabilité régionale au sein du MRC ?

C’est la conséquence logique du congrès de décembre 2012. J’avais clairement fait part au président national, Jean-Luc Laurent, de ma disponibilité pour renforcer l’action du MRC auprès des citoyens sur le terrain. Le MRC doit marcher sur ses deux jambes, républicaine et citoyenne.

Ne pouvant le faire au sein de la direction nationale (j’avais été nommé au secrétariat national, en 2008, par Jean-Pierre Chevènement et Jean-Luc Laurent m’avait reconduit en 2010), je vais proposer avec mes amis mayennais une initiative citoyenne que j’avais annoncée lors du congrès de Paris. Cette initiative est appuyée, notamment, par mes amis de Loire-Atlantique et du Maine-et-Loire. Je la dévoilerai très prochainement. Mon intention est de m’investir à fond dans cette démarche innovante. C’est pourquoi je me suis déchargé de la responsabilité régionale.

 

Cet article est le 37ème sur ce blog dans la catégorie MRC 53 et Pays de la Loire

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 21:14

Question de Clotilde Valter, députée PS du Calvados

 

Le président de l’Association des producteurs de lait indépendants (APLI), André Lefranc (Sud Manche), est en relation avec la députée de la 3ème circonscription du Calvados. Celle-ci a posé en séance une question orale sans débat au ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, Stéphane Le Foll, le 29 janvier 2013. Voici la question de la députée et la réponse du ministre, que l’on trouve (ainsi que les vidéos) sur le blog de la députée Clotilde VALTER.

 

Ma question à Stéphane LE FOLL sur le prix du lait

 

M. le président. La parole est à Mme Clotilde Valter, pour exposer sa question, n° 102, relative à l’évolution du prix du lait.

 

Mme Clotilde Valter. Monsieur le ministre de l’agriculture, les producteurs de lait sont une nouvelle fois confrontés à une baisse du prix du lait alors même que leurs coûts de production augmentent. Lors de la grève du lait en 2009, ils exigeaient un prix du litre de lait de quarante centimes. Aujourd’hui, le prix moyen européen est de vingt-sept centimes alors que la hausse des coûts de production nécessiterait un prix de quarante-cinq centimes pour assurer une juste rémunération des éleveurs laitiers.

 

Face à cette situation, nombre d’entre eux ont d’ores et déjà décidé d’arrêter leur production. Si chaque producteur a un prix dépendant de sa propre situation et de celle de l’entreprise à laquelle il livre, il existe cependant plusieurs échelons collectifs dans la fixation du prix du lait à la production en France. Dans mon département, le Calvados, le groupe coopératif Agrial a fixé le tarif du litre de lait à trente centimes pour janvier 2013, soit le même qu’en 2003, en dépit de l’augmentation du coût de la production et en particulier des matières premières.

 

Quelles mesures pourraient être engagées rapidement pour pallier ces difficultés, en particulier au niveau européen, par exemple une régulation de la production ou un rééquilibrage des aides européennes vers l’élevage... Je vous remercie. 

 

M. le président. La parole est à M. le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt.

 

M. Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt. Vous évoquez, madame la députée, un effet de ciseaux entre le prix du lait, qui se stabilise à un niveau bas, et le coût de production, qui a augmenté en raison de l’accroissement du coût des céréales, qui semble se stabiliser lui aussi sur le marché mondial, voire baisser, effet de ciseaux qui nous oblige à prendre des mesures.

 

Un certain nombre de producteurs laitiers réclament un prix à quarante centimes. Avec un tel prix à l’échelle européenne, certains producteurs pourraient poursuivre leur activité mais d’autres auraient une rémunération que nous ne pouvons accepter. Il y a des écarts énormes. Il est très difficile de fixer un prix à l’échelle européenne.

 

Toute la bataille que nous devons mener à l’échelle européenne est de faire comprendre à un certain nombre de nos partenaires que nous avons besoin d’une régulation du marché, que nous devons essayer de mieux organiser les producteurs et que nous ne pouvons pas laisser des industriels, voire les grandes coopératives, fixer les lignes stratégiques de la production laitière, surtout que ces dernières se tournent souvent vers l’exportation. Si, un jour, un marché à l’exportation ne trouve pas de débouchés, toute la production revient sur le continent européen, ce qui fait baisser les prix.

 

Nous devons donc être capables, ensemble, surtout avec la perspective de sortie des quotas de 2015, de rediscuter d’un certain nombre de mécanismes. Nous avons mis sur la table des idées pour réguler le marché du lait à l’échelle européenne. Je vous avoue que ce n’est pas facile, mais la France est à l’initiative.

 

Au niveau national, dans un cadre de contractualisation que nous allons faire évoluer, nous avons pris des mesures pour permettre aux producteurs de s’organiser. Neuf organisations de producteurs ont d’ailleurs été reconnues, dont l’une fait partie de France Milk Board.

 

Nous essayons d’organiser la filière et, surtout, de donner du pouvoir aux producteurs. La réforme de la PAC devra tenir compte aussi, dans la répartition des aides, de la déprise laitière que nous constatons vous et moi dans le grand Ouest mais aussi partout ailleurs. Les producteurs laitiers arrêtent souvent la production laitière pour faire des céréales et il faut arrêter ce processus. Nous avons besoin de garder de l’élevage, de la polyculture élevage. Cela fera partie des propositions que j’ai faites et sur lesquelles j’ai obtenu, je le pense, une écoute favorable à l’échelle européenne ; il faut voir comment l’on peut primer les premiers hectares, ceux sur lesquels il y a de l’élevage, de l’emploi.

 

Tel est en tout cas tout le débat qui va nous occuper au cours de cette année 2013, la réforme de la PAC, la loi d’avenir agricole, sur lesquelles nous aurons bien sûr à revenir.

 

Cet article est le 374ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 19:07

Le progrès résulte d’un intense travail patient et collectif

 

C’est la 3ème fois que Jean Rivon m’adresse ses vœux sous la forme d’une réflexion sur la vie (voir Jean Rivon, dans ses voeux 2011, appelle à agir dans le cadre collectif - 30 janvier 2011). C’est un sage méthodique qui valorise son expérience professionnelle acquise en tant qu’expert comptable, réviseur des coopératives agricoles de l’ouest de la France.

 

Retraité, il est de retour depuis quelques années dans son Ain natal, dans un appartement donnant sur la Saône, avec vue privilégiée sur Mâcon.

 

Etudiants à l’Ecole nationale supérieure agronomique de Rennes (aujourd’hui Agrocampus), nous étions parmi les délégués des élèves, animateurs du mouvement aspirant à des réformes pédagogiques, en mai et juin 1968, dans cet établissement.

Ce texte doit être lu en se laissant porter par les mots, comme quand on écoute Michel Serres à la radio. Vous verrez, à la fin, vous aurez envie de retenir de bons conseils de philosophie de la vie et d’analyse de l’évolution du monde.

Meilleurs voeux pour 2013

 

Après des années de déferlement de pessimisme et de dénigrement sur « la France qui tombe dans un monde inhumain », pour préparer l’avenir efficacement et ne pas paniquer à tout propos, il est utile de retrouver cette image : un arbre qui tombe fait beaucoup de bruit, alors qu’une forêt qui germe ne s’entend pas.

 

Nous percevons difficilement ce qui germe car cela est petit et lent, de même que le bonheur se construit si lentement qu’on en prend conscience seulement lorsqu’il est parti, alors qu’un malheur est souvent brutal et inattendu.

Le développement fulgurant des médias par l’informatique est un progrès technique aussi important que l’imprimerie mais, comme souvent, un nouveau progrès est mal utilisé dans ses débuts. Parce que ceux qui vivent des médias croient que leur public, c’est-à-dire nous, ne nous intéressons qu’à ce qui est excitant, sensationnel ou effrayant. Les médias le croient et nous leur donnons souvent raison. Et comme nous écoutons béatement leurs pires prédictions, elles ont plus de chances de se réaliser : ce qu’on appelle des prévisions auto-réalisatrices.

 

Le progrès nécessite un intense travail patient et collectif que la confiance amplifie, alors que le pessimisme affaiblit nos capacités créatrices. Ce dont beaucoup de penseurs se doutaient, les neurosciences le prouvent maintenant. Il est donc temps de redresser la tête, d’être attentif à tout ce qui germe sous nos yeux et de le faire savoir.

 

Outre le développement des médias, des mutations gigantesques sont en cours qui nous font basculer vers un autre monde et certains considèrent même que la bascule en cours est aussi importante pour l’humanité que la maîtrise du métal il y a 20 000 ans environ.

 

Ces mutations, certes, portent autant de promesses que de menaces mais ne voir que les menaces conduit inévitablement à leur réalisation. Les menaces inquiètent ceux qui ont quelque chose à perdre alors que les promesses donnent du courage et de l’espoir aux plus démunis. Notre désespérance mondaine n’a pas cours chez les plus démunis qui, au contraire, misent tout sur ces mutations qui renverseront les blocages qui les maintiennent sous le seuil de pauvreté et dans la dépendance.

 

Déjà, elles leur permettent à l’évidence de vivre beaucoup plus longtemps qu’il y a quelques dizaines d’années. Ne nous laissons pas aveugler par les nouvelles difficultés (comme la malnutrition ou le chômage) qui résultent de la disparition d’épidémies ravageuses.

 

On pourrait développer une multitude d’évolutions qui prouvent cette raison d’espérer. Prenons une évolution qui nous touche de près : l’évolution de l’Europe.

50 ans après l’accord franco-allemand, les pessimistes ne voient que la lenteur des décisions, la tiédeur des opinions et les récriminations en tous genres sur l’ingérence de l’Europe dans notre vie quotidienne. Pourtant les fondateurs de l’Europe avaient trois objectifs :

 

- 1°objectif : qu’il n’y ait plus jamais la guerre : objectif atteint ; l’affaire du Kosovo a montré que l’Europe a tout fait pour étouffer ce conflit qui, en d’autres temps, pouvait embraser toute l’Europe. La guerre évitée, une compétition économique est apparue entre les nations car le marché et la monnaie unique ont été lancés sans l’harmonisation économique, financière et sociale qui avait pourtant été préconisée par les fondateurs. Cette erreur, due à l’idéologie libérale effrénée qui a sévi après la chute du mur de Berlin, est maintenant bien identifiée et les politiques commencent à faire des propositions pour y remédier,

 

- 2°objectif : que l’on mette en place une économie sociale de marché différente du capitalisme anglo-saxon ; cette option a été progressivement affaiblie par le cheval de Troie que constitue le Royaume Uni ; mais l’option est toujours en vigueur et raffermie par la crise financière due aux excès des banques américaines et anglaises. Le modèle anglo-saxon n’est plus mis en avant bien qu’il dispose encore de lobbys puissants contre lesquels même les USA luttent. De même, la réussite économique allemande masque une dégradation sociale qui se dévoile peu à peu,

 

- 3°objectif : que la démocratie soit la règle en Europe, ce qui est maintenant la règle partout au niveau des nations européennes ; reste à l’étoffer au niveau des institutions communautaires pour que les peuples se sentent réellement européens et non le jouet des technocrates libéraux bruxellois et des grandes banques internationales qui les conseillent.

 

On observe donc que les objectifs fixés il y a 50 ans sont toujours indiscutés et sont en grande partie atteints. On observe aussi que des puissances de culture non européenne ont tenté de les dévoyer mais que ces détournements ont conduit à des déboires évidents que nous sommes déjà en train de corriger en revenant aux objectifs initiaux.

 

D’où une méthode en 4 temps pour participer à la construction de l’avenir et pour ne pas se laisser envahir par la morosité, l’inquiétude et la déception :

 

- 1°temps : face à un problème, ne pas accorder trop d’importance aux dénigrements inévitables mais rechercher l’évolution profonde qui se cache derrière le symptôme,

- 2°temps : prendre du recul et mesurer le parcours positif accompli précédemment sur lequel se greffe le problème bruyamment médiatisé,

- 3°temps : rechercher la disposition technique qui a généré le problème (exemple : la dérégulation de l’endettement des ménages aux USA qui a généré les subprimes) et découvrir les intérêts particuliers qui ont oeuvré pour mettre en place cette disposition,

- 4°temps : agir à son niveau pour faire la clarté et promouvoir les solutions.

 

Trop difficile cette méthode ? Non car on trouve facilement sur Internet toutes les analyses nécessaires. Il faut simplement les trier sur les critères de cohérence et de modestie de l’analyse et non sur la brillance ou le caractère affirmatif qui cachent presque toujours un lobby en action. Il est en effet très facile de paraître avoir la solution d’un problème en ignorant une ou plusieurs données (exemple : y-a-qu’à faire comme les allemands pour résoudre le problème du chômage en France, en oubliant que les entreprises allemandes peuvent payer des mini-jobs à 400 euros par mois).

 

En appliquant cette méthode on retrouve le sens de l’évolution de l’humanité qui est l’accumulation de connaissances et de savoir-faire pour vivre mieux. Cette évolution n’est pas linéaire et peut donner le sentiment parfois d’assister à des reculs ; ces reculs sont dus à l’apprentissage des nouveaux progrès et aux résistances de ceux qui ne voient pas que le changement sera bénéfique même s’il faut modifier les habitudes. Ces résistances peuvent parfois être exacerbées par l’impatience et la violence de ceux qui sont pressés de mettre en oeuvre le nouveau progrès.

 

L’exemple de l’intégrisme musulman illustre parfaitement ce mécanisme et ce qui se passe aujourd’hui (le terrorisme djihadiste en réaction à l’évolution de sociétés trop longtemps figées ou contraintes) était largement anticipé par divers analystes, le plus clair d’entre eux étant en France Emmanuel TODD. Le même mécanisme est éclairant pour le changement climatique, l’énergie nucléaire, la mondialisation, les investissements collectifs, les assurances collectives, les nouvelles technologies, la maîtrise génétique, etc.

 

Parmi les nombreux germes qui poussent dans la forêt de l’évolution, citons l’apparition du « serment des scientifiques » proposé par Michel SERRES : « pour ce qui dépend de moi, je jure : de ne pas faire servir mes connaissances, mes inventions et les applications que je pourrais tirer de celles-ci à la violence, à la destruction ou à la mort, à la croissance de la misère ou de l’ignorance, à l’asservissement ou à l’inégalité, mais de les dévouer à l’égalité entre les hommes, à leur survie, à leur élévation et à leur liberté ».

 

Bonne germination 2013.  

Cet article est le 29ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités et célébrations 

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 12:43

La lente dégradation de notre appareil industriel

Colloque mondialisation Montebourg JPC 300811 007 TJean-Pierre Chevènement a accueilli Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, lors du séminaire de la Fondation Res Publica le 26 novembre 2012. A lire les Actes du séminaire de la Fondation Res Publica: L'esprit du redressement productif, on constate l’intérêt des échanges que les deux hommes d’Etat et les autres intervenants ont eus, ce soir-là (photo colloque mondialisation Paris, 30 août 2011).

Les actes du séminaire du 26 novembre 2012 sont en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.
Introduction de Jean-Pierre Chevènement

 

Cher Arnaud, Monsieur le ministre, nous vous sommes reconnaissants du temps que vous nous consacrez au soir d’une journée particulièrement chargée et difficile. Votre tâche est rude. Nous l’apprécions en connaisseurs : un ministre se meut dans un système complexe dont il ne maîtrise pas toutes les variables. S’il dispose d’une feuille de route (les engagements pris par le Président de la République), la vie est mobile, par définition, et les obstacles jonchent le chemin, les rapports de forces se nouent.

L’affaire Mittal est en soi un scandale. En effet, cette sidérurgie avait été nationalisée, de fait par Raymond Barre, juridiquement par le gouvernement de gauche auquel j’ai appartenu (1981). C’était difficile à une époque où on n’anticipait pas la reprise qui s’est produite ensuite. Privatisé en 1995, Usinor-Sacilor, est devenu Usinor en 1997 avant la fusion avec Arbed (groupe luxembourgeois) et Aceralia (groupe espagnol) qui, en 2001, aux conditions imposées par la Commission européenne, donnera naissance au groupe Arcelor. Je rappelle que les dernières participations que l’État possédait au capital d’Usinor avaient été liquidées dans les années 99-2000, ce qui nous privait de la petite minorité qui nous permettait d’avoir voix au chapitre. Et quand l’OPA de Mittal aboutit en 2006 à la fusion des deux groupes (Arcelor-Mittal), l’État était réduit au rôle de spectateur impuissant.
La situation est très difficile (…).

La question de l’industrie est plus vaste. Je vais vous donner tout de suite la parole pour que vous nous exposiez la manière dont vous voyez les problèmes de l’Industrie et du redressement productif dont vous avez la charge.

Intervention d'Arnaud Montebourg (introduction)

Merci, cher Jean-Pierre. Je suis très heureux de vous retrouver et de rencontrer les membres de la Fondation Res Publica dont les publications ont nourri mes réflexions pendant la « primaire » du Parti socialiste. Depuis de longues années, j’ai lu, relu, travaillé à partir de l’expérience politique dont vous avez assuré et assumé la transmission à d’autres générations. C’est pour moi un plaisir et un honneur que d’être ici au milieu de ceux qui pensent et travaillent à vos côtés pour essayer d’améliorer le niveau du débat public et faire en sorte que notre pays trouve son chemin dans les nouveaux périls qu’il a à affronter.

Je tenterai d’être assez complet pour aborder l’esprit dans lequel je vois le redressement productif, mission qui m’a été confiée.

Peut-être pour commencer devrais-je dire que je suis l’un des rares ministres à voir dans l’intitulé de son ministère une obligation de résultat. Je le prends comme un défi mais aussi comme un hommage. C’est évidemment une obligation que de réussir à redresser l’économie productive de notre pays. Quels sont les critères du redressement ? Une balance commerciale hors énergie qui sera rééquilibrée et un emploi industriel qui aura recommencé à croître. Tout le reste n’est qu’apparences. C’est bien là l’enjeu de ces cinq années qui doivent nous mener à des résultats.

Nous partons de très loin. Les chiffres sont connus de chacun d’entre vous. Vous-même, cher Jean-Pierre, les exposez très souvent dans vos discours, cela depuis très longtemps. C’est le résultat de la lente dégradation de notre appareil industriel. Le rapport de Louis Gallois a permis de résumer assez clairement les choses en montrant que « la cote d’alerte a été franchie » et que nous sommes dans une situation de décrochage productif, industriel. Secteur par secteur, région par région, nous constatons sur le terrain qu’avec la crise et les dégâts qu’elle a occasionnés des pans entiers de l’économie industrielle ont disparu.

Certains secteurs se battent pour survivre, d’autres cherchent à innover pour se porter vers le futur. La France des métropoles, lieux de croissance, d’échanges, comme l’étaient les places de foires au Moyen-Age, est optimiste, voyage, paie des loyers élevés… et vote à gauche plus facilement qu’ailleurs. Cette France-là n’a rien à voir avec la France des petites villes et des villes moyennes qui ont payé très cher le prix de la crise et où ne viennent plus s’allouer les ressources nouvelles. J’ai présidé un département (1) qui réunit ces deux types de territoires : d’une part la vallée du Rhône, proche de Lyon, qui profite de cet afflux démographique donc économique, d’autre part une zone abandonnée dont la désertification économique précède la désertification humaine. Cette France-là, c’est la France du Front national, de l’inquiétude, de la violence sociale, économique, politique. Cette France-là est en passe d’être majoritaire dans sa sociologie. Nous avons donc le devoir de reprendre les leçons de Paul Delouvrier des années 45-50, de les confronter avec les analyses et les choix des années 80 afin d’identifier nos erreurs et de mesurer le rôle de tous les facteurs de la désindustrialisation. À cet égard, je dirai que Louis Gallois a été modéré dans son analyse du rôle de la monnaie car c’est un point central. Mais c’est un point sur lequel nous n’avons malheureusement guère de prise puisque nous l’avons concédé dans des accords internationaux européens. Cette question ne relève donc pas de notre politique mais de notre diplomatie. Voilà pourquoi elle a dû être un peu mise à l’écart, pourtant elle fait partie des problèmes que nous avons à résoudre.

Nous pâtissons d’un décrochage industriel et économique qui s’est aggravé dans la crise (tandis que l’Italie et le Royaume-Uni, sans parler de l’Allemagne, se réindustrialisent) en raison même de la gestion de la crise par nos dirigeants politiques. Ils ont pris des décisions inadéquates. Tel le choix de la stratégie des heures supplémentaires, pour un coût de quatre milliards chaque année. L’Allemagne a investi une somme équivalente dans le chômage partiel, ce qui a permis aux Allemands de conserver leurs outils de travail quand les carnets de commandes s’effondraient. Quand l’économie est revenue à une forme de normalité, sans toutefois rattraper le niveau antérieur, les Allemands ont augmenté leurs parts de marché et utilisé cette gestion astucieuse des difficultés que, plus encore que la France, ils avaient traversées. Les chiffres sont d’ailleurs assez impressionnants. Cette erreur-là nous coûte très cher en signes d’aggravation industrielle.

J’approuve sans réserve le diagnostic détaillé dans le rapport Gallois. Aussi ne m’y étendrai-je pas (…).
 

 

Cet article est le 160ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 00:01

Selon Gaël Giraud, la réforme n’est pas convaincante

 

Le ministre de l’économie et des finances, Pierre Moscovici, a présenté au Conseil des ministres du 19 décembre 2012 un projet de loi de séparation et de régulation des activités bancaires.

 

Le projet de loi tire les leçons de la crise financière en séparant les activités des banques pour limiter les risques pour les déposants. En effet la crise a montré les risques très élevés que présentent les opérations que les banques mènent sur les marchés financiers pour leur propre compte et pour leur seul profit, en mettant en risque les dépôts de leurs clients. Le projet de loi prévoit de cantonner ces activités dans une filiale séparée pour protéger la banque en cas de problème. A l’inverse, resteront dans la banque les activités utiles au financement de l’économie, et notamment des entreprises, qui peuvent légitimement s’appuyer sur les dépôts des clients. Le projet traduit ainsi dans les faits l’engagement du Président de la République d’une séparation des « activités des banques qui sont utiles à l’investissement et à l’emploi, de leurs opérations spéculatives ». Le projet de loi répond également au constat que les Etats ont été trop souvent contraints de voler au secours des banques pour sauver les dépôts de leurs clients et éviter la contagion et la matérialisation d’un risque systémique. Une banque prend des risques excessifs, lorsqu’elle se croit à l’abri de la faillite grâce à l’intervention de l’Etat (…).

 

Voir sur le portail du gouvernement Séparation et régulation des activités bancaires le projet de loi de séparation et de régulation des activités bancaires.

Il est prévu que ce projet de loi soit présenté en séance publique à l’Assemblée nationale les 12, 13 et 14 février 2013.

 

François Hollande, discours du Bourget il y a un an

 

Sur le site de L’Expansion, un an après le discours du Bourget du candidat François Hollande, le ton était au persiflage. Le 22 janvier 2012, lors du discours du Bourget, François Hollande déclarait la guerre à la finance, qu'il voulait résolument au service de l'économie. Mais après un an de lobbying acharné, les banques n'ont plus grand-chose à craindre du chef de l'Etat.

Voir Guerre à la finance: le bilan de Hollande, un an après Le Bourget

 

Un spécialiste de la régulation financière critique sévèrement le projet

 

Les critiques les plus fortes viennent de Gaël Giraud (CNRS, Ecole d’économie de Paris, REFI Régulation financière), dont l’étude est résumée ainsi : On montre qu'il est nécessaire de scinder les activités bancaires pour au moins 5 motifs distincts, répondant à 5 problèmes majeurs qui affectent aujourd'hui l'activité bancaire et pénalisent l'économie française. On rappelle les différentes manières de scinder déjà envisagées (Volcker, Vickers, Liikanen, Glas Steagall Act), et on les compare au projet de loi actuel. L'examen de celui-ci révèle que, dans son état actuel, il ne résout aucun des 5 problèmes mentionnés, et s'avère même cumuler toutes les faiblesses des projets antérieurs sans hériter d'aucune de leur qualité. La note se termine par l'examen des objections formulées par le secteur bancaire à une scission effective, et conclut qu'aucune de ces objections ne légitime un refus de scinder les activités bancaires.

  

Voir Réforme bancaire : le ton monte-t-il ? (Arrêt sur images, Anne-Sophie Jacques, 21 janvier 2013)

 

A quelques jours de la discussion du projet de loi de réforme bancaire devant l’Assemblée, les voix critiques se font plus fortes, et certaines finissent par inquiéter Bercy, assure ce matin, dans sa chronique, le journaliste de France Inter Philippe Lefébure.

Bercy et les banques sont-elles fébriles depuis la diffusion d’un rapport qui assassine la future réforme bancaire ? Philippe Lefébure racontait ce matin l'histoire d'un petit grain de sable appelé Gaël Giraud. Jésuite, économiste, chercheur au CNRS et à l’Ecole d’économie de Paris, il est l’auteur d’une trentaine de pages torpillant le projet de loi de séparation et de régulation des activités bancaires souhaité par le gouvernement. Selon Lefébure, ce rapport, qui circule à l’Assemblée nationale avec un certain succès, mettrait l’accent sur "cinq dangers, parmi les lesquels les conflits d'intérêt, la menace sur les dépôts ou encore l'extension de la garantie de l'Etat, qui font qu'au final, ce sont les contribuables qui assurent les risques pris par les banques". Puis Giraud étudie le projet de réforme et le compare aux modèles étrangers (Volcker, Vickers, Liikanen et Glass-Steagall Act, modèles épluchés par l’éconaute dans cet article).

Verdict : la réforme cumule "toutes les faiblesses des modèles étrangers sans hériter d’aucune de leurs qualités". En effet, pour mémoire, la réforme envisagée exige que les banques créent d’ici juillet 2015 des filiales regroupant les activités de spéculation pour leur propre compte, tout en considérant que pourront rester au sein des établissements des activités spéculatives considérées comme "utiles" à l’économie réelle. Lesquelles ? On n’en sait rien.

Comme nous le racontions ici, les voix ne manquent pas pour juger cette réforme "cosmétique", et celle de Giraud tente de donner le coup de grâce. Histoire de se faire entendre, l’économiste a donc organisé une rencontre ce lundi matin à la Sorbonne autour de la question "le projet de loi de séparation sépare-t-il vraiment ?" A ses côtés, il avait convié Thierry Philipponnat de l’ONG Finance watch (longuement interrogé par l'éconaute), Olivier Berruyer, auteur du site les-crises.fr, et Michel Rocard, grand supporteur d’une séparation claire et nette des banques. Si l’ancien premier ministre ne s’est finalement pas rendu à cette matinée, le ministre de l’économie, Pierre Moscovici a, lui, envoyé son conseiller Thomas Philippon pour soutenir le projet de réforme. De la même façon, la direction du Trésor, mise en cause également par Giraud, a dépêché un représentant, en l’occurrence Hervé de Villeroché. Dans son rapport en effet, Giraud s’étonnait que ladite direction "ait formulé une proposition qui reviendrait, dans beaucoup de cas, à exiger simplement la reconduction du statu quo". En gros : ministère et administration sont tous les deux coupables d’une réforme qui ne réformera rien (…).

Les banques s’inquiètent d’un possible durcissement du texte
Réforme bancaire : les hedge funds dans le viseur (Le Figaro, Isabelle Chaperon, 20 janvier 2013)

Les banques françaises craignent que le Parlement ne veuille attaquer un symbole fort en leur interdisant de travailler avec les fonds alternatifs. La place de Paris est en émoi. Alors que le projet de loi visant à isoler les activités spéculatives des banques, dévoilé en décembre par le ministre des Finances Pierre Moscovici, avait été jugé équilibré par les grands établissements, les voilà de nouveau sur le pied de guerre. BNP Paribas, Société générale et autres Crédit agricole craignent, en effet, que le Parlement, sous l'impulsion de Karine Berger, la députée des Hautes-Alpes, rapporteuse du projet de loi, ne durcisse considérablement le texte.

 

Karine Berger est dans les starting-blocks. La députée (PS) des Hautes-Alpes a été officiellement nommée, mercredi 23 janvier, rapporteure du projet de loi de séparation et de régulation bancaire, dont l'examen débutera à l'Assemblée nationale le 12 février (Le Monde, 24 janvier 2013).

 

L’Europe commence à bouger 

 

La BCE accepte de séparer les activités bancaires à risque (Les Echos, 28 janvier 2013)

 

La BCE « voit un intérêt » à séparer certaines activités de trading très risquées des banques de leurs activités principales mais elle ne va pas jusqu’à apporter son soutien à une scission entre les activités de dépôt et la banque d’investissement (…).

 

Cet article est le 114ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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