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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 23:52

Un interventionnisme expéditif, improvisé et incohérent

 

Lors du débat de politique étrangère du Sénat, le 7 février, Jean-Pierre Chevènement a mis en évidence les incertitudes et les risques de dégradation des situations en Libye et en Syrie, avec des conséquences sur la rivalité entre l’Iran et l’Arabie Séoudite. Le sénateur semble ne pas croire qu’il s’agit bien de la politique d’Alain Juppé, soupçonnant (sans le dire) l’empreinte du président de la République.

 

Chevènement Le Mans 280111 002 TPar rapport à sa précédente intervention (voir Libye et Afghanistan : les sages conseils du sénateur Chevènement - 15 juillet 2011), la tonalité est plus critique. Jugez-en par sa conclusion, que voici : 

Cette politique porte la marque d’une improvisation et d’une incohérence qui ne vous ressemble pas. Il serait temps que la France revienne à une politique à la fois plus réaliste et plus proche des principes qui sont traditionnellement les siens : refus de l’ingérence, respect de l’autodétermination des peuples et protection égale de tous. Un certaine retenue accompagnée d’un effort lucide d’impartialité et d’objectivité, seraient plus conformes à nos intérêts qu’une diplomatie qui semble puiser son inspiration dans une forme d’interventionnisme expéditif, proche de celui pratiqué en 2003 par les néoconservateurs américains beaucoup plus que dans la tradition réaliste de notre politique étrangère dont nous pensions qu’elle était aussi la vôtre.

Lire le reste de l’intervention : Notre politique étrangère porte la marque d’une improvisation et d’une incohérence

Monsieur le Ministre d’Etat,

Je souhaite attirer votre attention sur la situation passablement chaotique qui se développe en Libye depuis la chute de Mouamar Khadafi :
Arrestations arbitraires, actes de torture relevés par des organisations humanitaires comme Amnesty International ou Human Rights Watch, comme ceux qui ont laissé mort l’ancien ambassadeur libyen à Paris, M. Brebech à Zentane, le 20 janvier 2012, ville où par ailleurs se trouve détenu Saïf Islam Kadhafi, traitement racistes de travailleurs africains, heurts armés, ainsi dans la ville de Beni Oulid, où un «
Conseil des Anciens » issu de la tribu des Warfalla semble désormais s’être affranchi du gouvernement de transition, développement des féodalités locales fragmentant le pays, dissémination d’armes dans la bande sahélienne, avec les menaces qui recommencent à peser sur le Mali, le Niger, le Tchad, dissensions enfin à l’intérieur du Conseil National de Transition qui vient d’adopter une loi électorale fondée sur un système de listes pour élire la prochaine assemblée constituante. Or ce système de listes adopté sous la pression des Frères musulmans ne peut évidemment que leur profiter. Le CNT a aussi décidé de faire de la charia la source principale du droit et d’autoriser à nouveau la polygamie que la Libye était avec la Tunisie le seul pays arabe à avoir aboli.

Vous nous confirmerez, M. le Ministre, si là était bien le résultat recherché et, sinon, quelles démarches le gouvernement français a entrepris auprès des autorités libyennes pour faire respecter les doits de l’Homme dont se réclamait la révolution libyenne soutenue par l’OTAN. Nous ne pouvons que nous interroger sur le fait de savoir s’il n’eût pas mieux valu à l’été 2011 rechercher une issue politique, comme il semble que cela eût été possible, sous l’égide de l’Union africaine.

Vous-même, dans votre intervention du 12 juillet à la tribune du Sénat déclariez : «
L’intervention militaire n’est qu’un moyen et non une fin ; la fin c’est la recherche d’une solution politique et nous y travaillons d’arrache-pied ». Vous évoquiez « un processus politique » et souhaitiez qu’une force de stabilisation internationale, de préférence une force de l’ONU, soit dépêchée sur place. C’eût été la sagesse pour favoriser une paix sans exaction, sans vengeance et sans esprit de revanche.

 

En réalité, nous sommes allés bien au-delà de la « responsabilité de protéger » qui était au fondement de la résolution 1973 adoptée le 17 mars 2011 par le Conseil de sécurité de l’ONU.

Vous avez interprété la résolution 1973 comme si elle fondait un droit d’ingérence pour permettre le fameux
regime change, le changement de régime contraire au principe de non ingérence qui, jusqu’à nouvel ordre, guide la doctrine de l’ONU et constitue un principe de notre politique extérieure, réaffirmé y compris par l’un de vos prédécesseurs, M. Kouchner, à l’occasion d’un communiqué franco-chinois signé en avril 2009. J’ai encore dans l’oreille la déclaration du Premier ministre le 22 mars 2011 devant le Sénat : « Nous appliquons toute la résolution 1973 et rien que la résolution 1973 ». Or nous l’avons interprétée de manière très extensive.

Ce jusque-au-boutisme a favorisé le désordre actuel.

Vous me direz sans doute, monsieur le Ministre d’Etat, qu’il est trop tard pour revenir sur le passé.
Eh bien non ! Il n’est pas trop tard, car en allant bien au-delà de la résolution 1973, vous avez discrédité la notion de «
responsabilité de protéger » que l’ONU avait adoptée en 2005, notion qu’elle distinguait bien évidemment du prétendu « droit » ou « devoir d’ingérence ». Distorsion telle que l’un des vrais concepteurs du principe de la responsabilité de protéger, l’ancien ministre des Affaires étrangères australien, M. Gareth Evans, s’en est ému dans un article récent.

Et nous voilà projetés au cœur du drame syrien où la «
responsabilité de protéger » serait bien utile mais ne peut s’exercer du fait de l’obstruction au Conseil de Sécurité de pays comme la Chine et la Russie qui s’étaient abstenus, le 17 mars 2001, sur la résolution 1973 relative à la Libye. Le précédent libyen pèse lourd en Syrie.

La Russie soutient, certes pour des raisons intéressées, le régime de Bachar El Assad contre ce qu’elle appelle «
l’ingérence étrangère » laquelle est en fait une révolution populaire où s’affirment des éléments islamistes extrémistes. Au-delà de la revendication de la liberté et de la démocratie pour le peuple syrien, n’y a-t-il pas des forces qui veulent transformer la Syrie en champ clos d’une rivalité autrement plus décisive entre l’Iran et l’Arabie Séoudite ? Et ne peut-on craindre, en toute lucidité, à la lumière de l’évolution de l’Irak, les conséquences qui s’ensuivront à terme pour des minorités, notamment chrétiennes, au sort desquelles la France déclarait n’être pas indifférente ?

On en vient ainsi naturellement à l’Iran. La France se situe à l’avant-garde de l’embargo décrété par l’UE sur le pétrole iranien, au prétexte de conduire l’Iran à la table des négociations et d’éviter ainsi des frappes israéliennes. Cette attitude qui s’insère dans une logique de surenchère ne garantit pas la suite et comporte dans l’immédiat un effet certain qui ira l’inverse du but recherché : les puissances asiatiques, à commencer par la Chine, occuperont la place laissée vide par les Occidentaux.

Le Golfe arabo-persique cesserait ainsi, par la force des choses, d’être essentiellement orienté vers le monde occidental.

Une nouvelle étape de la désoccidentalisation du monde se profile ainsi à l’horizon ce qui explique une plus grande retenue américaine. Dans le même temps, dans le contexte des retraits occidentaux d’Afghanistan, se lève chez les Iraniens la crainte d’un encerclement de leur pays par un intégrisme sunnite dominé par l’alliance du Pakistan et de l’Arabie Séoudite. La France a-t-elle bien mesuré les risques d’engrenage ?

On comprend la circonspection de la Turquie de M. Erdogan. Celle-ci a pris une position d’arbitre. La Turquie est évidemment une puissance d’équilibre dans la région. Etait-il bien judicieux de nous la mettre à dos par le vote d’une loi prétendant écrire l’Histoire ?
(…)

Cet article est le 26ème paru sur ce blog dans la catégorie Chevènement sénateur

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 10:06

La Commission européenne n'en a pas fini avec le néolibéralisme  

 

AG Office du lait Avranches 221111 032 TAndré Pflimlin* s'insurge contre les propositions validées par deux institutions européennes (la Commission et le Conseil des ministres de l'agriculture) visant à déréguler le marché laitier. Le Parlement européen, dont les options sont tout aussi libérales que les deux autres institutions, est appelé à valider à son tour la réforme privatisant le secteur laitier. Espérons que la raison prévaudra et que ce "paquet lait" ne sera pas voté.

 

L’Europe laitière s’engage dans une compétition suicidaire

 

Le 13 février prochain, le Parlement Européen devrait adopter le « paquet lait » déjà validé par la Commission et par le Conseil des ministres  en décembre dernier et  boucler ainsi la dernière étape de la dérégulation du marché laitier votée en 2003. Pourtant, les arguments majeurs justifiant cette réforme laitière libérale ont été sévèrement critiqués  par les plus hautes instances européennes de conseil et de contrôle et ont infirmé par les faits. La crise plongeant à nouveau  une large part de l’Europe dans la récession et le chômage, il parait inconcevable de poursuivre cette privatisation du secteur laitier, destructrice d’emplois et de biens publics. Un recentrage sur le marché européen est souhaitable, non seulement  pour les producteurs et les consommateurs mais aussi pour la préservation de la nature, de la diversité des territoires et des savoirs faire locaux. Tout cela reste encore possible, sans  surcoût budgétaire , si le Parlement  Européen en décide autrement.

 

Cette reforme laitière était justifiée par trois affirmations inexactes ou non démontrées par les faits.

 D’abord l’alignement inéluctable de la PAC sur le marché mondial selon les règles de l’OMC avec la fin des protections aux frontières. Or non seulement les négociations  à l’OMC n’ont pas avancé depuis plus de 10ans mais il se trouve de plus en plus de grands pays, notamment les Etats Unis et l’Inde, cherchant à classer  les produits laitiers dans les produits sensibles, voire à les sortir des discussions  de l’OMC.  De plus, alors que l’Europe libéralise et privatise son marché laitier, les Etats-Unis  font l’inverse en  préparant  une loi de sécurité laitière visant à renforcer les garanties de  marge  de tous leurs producteurs  sans limite de taille de troupeau  et  assortie d’une régulation des volumes par ferme ! .

 Ensuite, cette réforme devait être bénéfique au  consommateur du fait d’une baisse des prix résultant d’un marché ouvert. Plusieurs études  basées sur  l’analyse des faits dans une dizaine de pays, démontrent qu’il n’en est rien  et que ce sont les maillons intermédiaires, transformation et distribution qui empochent la marge (1)

Enfin, face à une demande mondiale croissante, la réforme devait stimuler la compétitivité  de toute la filière  laitière européenne  pour reconquérir  notre part du marché  mondial largement érodée depuis la mise en place des quotas. S’agissant principalement  d’exportation de poudre de lait et de beurre, largement subventionnées jusqu’à ces dernières années, il faudra  maintenant se battre en direct et sans filet de protection, avec les Néozélandais et d’autres concurrents n’ayant pas nos contraintes environnementales et sociales. Pour la Cour des Comptes Européenne et pour le Conseil Economique et Social  ce pari de compétitivité parait peu crédible  et même incompatible avec  les objectifs affichés par la Commission pour un développement rural durable et l’équilibre des territoires. Ces deux rapports publiés fin  2009 début 2010, n’ont pas modifié la position de fond de  la Commission  sinon quelques  concessions  mineures au Conseil des ministres de l’Agriculture et au Parlement Européen.

Pourtant, dans une Europe en crise, avec un taux de chômage à plus de 10%, voire 20% en Espagne, et une disparité croissante entre régions riches et pauvres, laisser faire le marché  c’est inévitablement encourager la concentration dans les régions les plus favorisées qui produisent déjà plus de la moitié du lait sur moins de 10% du territoire, avec toutes les conséquences sociales et environnementales associées.

 

Cette réforme va encourager un modèle de production laitière industriel  avec de grands troupeaux  dans des stabulations  de plus en plus automatisées pour l’alimentation et  la traite, nécessitant  de moins en moins de main-d’œuvre. Elle va aussi réduire la place des prairies et du pâturage  au profit du maïs ensilé, des aliments achetés et du soja importé, pour des vaches  encore plus granivores, plus productives et plus fragiles ! Tout cela pour des revenus de plusen plus aléatoires face à la volatilité des prix  comme le montre la quasi faillite des l’élevage  laitier danois, notamment les plus modernisés car les plus endettés (2),  qui avaient pourtant servi de modèles à la Commission pour préparer la sortie des quotas !

 Malgré  toutes ces  réserves, cette double évolution, avec de grands élevages industriels se concentrant dans les zones labourables, pourrait être particulièrement rapide dans certains pays de l’Est de l’Europe où l’on voit se développer des unités de 1000 vaches  ou plus, avec le soutien des  grands groupes laitiers européens, privés ou coopératifs. Il y a même quelques exemples plus près de nous, en Picardie ou en Angleterre  avec des projets à 1000 et 8000 vaches respectivement. C’est  malheureusement aussi le cas dans les pays pauvres où les très petits troupeaux assurent encore l’essentiel de la production comme en Afrique et en Asie.

Ainsi depuis quelques années, Nestlé et Danone, en parallèle de quelques actions de soutien aux petits producteurs  bien médiatisées, soutiennent le développement de grands, voire très grands troupeaux  en Europe de l’Est, en Afrique du Nord, au Moyen Orient avec des cofinancements nationaux publics ou privés, notamment dans les pays pétroliers avec des fermes laitières géantes implantées en plein désert, avec irrigation de luzernières à partir de l’eau des nappes non renouvelable !

  De même, la coopérative néo-zélandaise Fonterra, déjà présente dans la plupart des pays en développement avec des usines de reconstitution de lait à partir de sa poudre,  soutient la constitution de très grands troupeaux en Chine et en Inde  mais aussi en Argentine, au Chili, au  Brésil où elle encourage ses producteurs néozélandais à reprendre des fermes dans ces pays où le foncier et la main d’œuvre sont bon marché.

Il y a aussi des multinationales de l’agroalimentaire tels Pepsico et General Mills ainsi que des acteurs financiers qui estiment que la filière  laitière représente un nouveau secteur porteur .Au Vietnam des banques privées ont lancé un projet de plusieurs dizaines de milliers de vaches importées de Nouvelle Zélande, avec un objectif affiché d’assurer à terme 30% de la consommation nationale. En  bref, l’industrialisation de la production laitière  est en train de suivre celle de la production porcine qui a installé des unités géantes en Asie du  Sud-Est  d’abord puis  partout ailleurs, là où il n’y avait pas ou peu de législation environnementale et sociale.

 

Le modèle industriel américain est un « paquet technique» séduisant pour des gouvernements en quête de résultats spectaculaires, sans risques sanitaires pour l’approvisionner les villes. C’est tentant non seulement pour les pays émergents ou pétroliers mais aussi  ici, en Europe. Ainsi pour assurer toute la collecte-laiterie de la Roumanie, il suffirait  de trois unités laitières  comme celle de la ferme géante de  Fair Oaks avec ses 30 000 vaches, à 100 km de Chicago! Et avec quelques unités supplémentaires de ce type on pourrait remplacer tout le « lait informel » des circuits locaux alimentés par près d’un million de petits troupeaux à moins de 5 vaches ! Mais qui prendra en charge  ce million de familles où les quelques litres de lait vendus chaque jour représentent la principale recette pour survivre?

. En fait ce lait informel dit «lait populaire» représente près de 80 % de la production en Roumanie, 85% en Inde, voire plus au Pakistan, au Bengladesh, en Afrique de l’Est. Et le prix de ce lait populaire est  souvent deux fois plus faible pour le consommateur que le lait  collecté et traité par les laiteries(3).Or  pour un même volume de lait,  par exemple un million de litres, ce lait populaire permet de faire vivre ou survivre, 500 familles en Roumanie ou en Inde avec 2 vaches  contre une seule une famille au Danemark, surendettée de surcroît !

 

Ainsi les choix semblent plus clairs. Soit on opte pour la compétition libre et l’industrialisation avec un nombre minimum de troupeaux pour produire le lait, dans les régions les plus favorables, en Europe ou ailleurs selon les opportunités et dans une stricte logique de rentabilité financière des groupes laitiers. Et on laisse aux finances publiques etaux contribuables la charge des dégâts collatéraux sociaux et environnementaux, en Europe et ailleurs dans le monde. 

 Soit on opte pour la souveraineté alimentaire de l’Europe -respectant en retour celle des autres pays-  et pour un développement régional durable avec un  nouvel équilibre économique, social et environnemental, avec des éleveurs nombreux et des produits laitiers typés et diversifiés.  Ce qui justifie un soutien plus important aux régions à vocation herbagère, non concurrentes  pour les cultures céréalières et préservant au mieux des biens publics tels l’eau, le sol, la biodiversité, les paysages et le stockage de carbone par les prairies.

La douzaine de multinationales laitières, coopératives incluses qui collectent  près de la moitié du lait européen n’ont apparemment pas pour mission (4) de répondre à ces questions  politiques, d’aménagement du territoire européen, de développement durable, d’environnement et bien être social.

Il appartient donc aux politiques de fixer le cadre dans lequel les acteurs économiques peuvent agir. Et aussi de redéfinir le ciblage des aides  en fonction de la coproduction de biens publics. Pour l’Europe, la réforme laitière avec la fin des quotas va supprimer le cadre de régulation entre pays et laiteries puisque le « paquet lait »  fait l’impasse sur la régulation globale (hormis les AOP- IGP qui ne pèsent que quelques % du lait européen). La possibilité pour les producteurs de se regrouper en organisations de producteurs (OP) pour mieux négocier avec les laiteries est parfaitement illusoire sans cadre européen de régulation entre pays, régions et laiteries. L’expérience  de la Suisse montre clairement que même dans un petit pays plutôt consensuel,  la contractualisation  et  les OP n’ont pas permis de maitriser l’offre et d’éviter la baisse du prix du lait à la ferme, en dessous des coûts de production. Pour l’Europe des 27 ce sera pire vu l’extrême diversité des élevages et des contextes. Ce sera la guerre entre groupes laitiers aux dépens de tous les producteurs, surtout des plus petits mais aussi aux dépens des régions défavorisées où le lait reste encore la base de l’économie locale, souvent faute d’autres choix que la forêt.

Ce lundi 13 février, les députés européens, conscients de ces enjeux, ne peuvent pas adopter ce paquet lait, synonyme d’une politique laitière absurde et suicidaire pour la majorité des éleveurs européens  mais aussi pour l’avenir de l’Union !

     

 * André Pflimlin, auteur de  Europe laitière, valoriser tous les territoires pour préserver l’avenir; Editions France Agricole 2010   [afpflimlin@yahoo.fr]

1. Mercier-Gouin,  2008 ; Boussard et al  2010;  Kroll et al 2010;

        2.  Danemark : avec un million de litres de lait par ferme, pas de  revenu en 2008 et 2010  et une perte de    40 000€ par UTA familiale en 2009. Et une dette moyenne de 20 000€ par vache.

3. La grande arnaque du lait ( industriel ): Grain 2011

4. La filière laitière française, la compétitivité aura un prix. HCCA-Coop de France 2010

 

    Cet article est le 283ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

 

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 12:34

La Commissaire européenne à l’agriculture et la fin des quotas

 

Ce commentaire signé André Pflimlin* - paru sur le site de l’Apli ASSOCIATION NATIONALE DES PRODUCTEURS DE LAIT - met en évidence le rôle joué par Mme Fischer Boel dans la décision de libéraliser la filière laitière. Voir aussi André Pflimlin, expert pour l'EMB, en Bretagne sur la politique laitière - 16 janvier 2012.

* André Pflimlin ancien ingénieur à l’Institut de l’élevage, coordinateur des projets européens jusqu’en 2009. Auteur de « Europe laitière". Valoriser tous les territoires pour construire l’avenir. Editions France Agricole 2010.

LIRE ou TÉLÉCHARGER L'ARTICLE

AG Office du lait Avranches 221111 032 T« Mariann et le pot au lait »

En février 2010, l’effigie de Mariann Fischer Boel était brûlée sur la Grand-Place de Bruxelles. Les éleveurs laitiers européens fêtaient ainsi le départ de la Commissaire sortante, tenue pour responsable de la dérégulation du marché laitier, cause de la chute des prix et des revenus en 2009. Pendant cinq ans, elle a incarné la technocratie bruxelloise dans ses pires travers, maintenant le cap sur l’OMC pendant que les Américains renforçaient leurs protections et leurs soutiens internes. Elle a même repris la main sur le groupe des experts de haut niveau que le Conseil des ministres a tenté de lui imposer. Ce qui nous vaut ce mini-paquet lait qui va nous mener tout droit à la situation suisse de sortie des quotas décriée par tous.

Mais qui est donc cette Mariann danoise qui nous a laissé cette bombe à retardement ?

Après des débuts dans l’exportation, elle rejoint le parti libéral, entre au parlement où elle préside la commission alimentation et agriculture, puis devient ministre de l’agriculture du Danemark. Elle est ainsi la candidate parfaite pour le poste de Commissaire à l’agriculture lors du renouvellement de la Commission en 2004, qui a besoin d’une poigne pour mettre en œuvre la réforme de 2003, si brutale pour les producteurs de lait !

Mariann connaît la musique. Elle a été au cœur des débats de la filière laitière danoise, qui ont abouti, dès 1997, à la libéralisation complète de la filière du marché national des quotas et à une restructuration accélérée afin de se préparer à l’après-quotas. Pour les seules années 1998 et 1999, un tiers des vaches danoises a été relogé dans de nouvelles stabulations à plus de cent places. La fin des quotas décidée en 2003 devait permettre ainsi aux Danois de conforter leur avance par une restructuration plus complète de toute leur filière. Jusqu’en 2005, ce modèle très productif en volume de lait, mais très coûteux, a permis de dégager un revenu tout juste égal à celui des éleveurs français avec trois fois moins de vaches. 2007 a été nettement plus favorable aux Danois mais elle a été suivie par trois années avec un revenu nul ou très négatif, avec des pertes proportionnelles au volume de lait. Et les prévisions ne sont guère beaucoup plus optimistes pour 2012 et 2013 pour les plus gros troupeaux !

Mariann coule aujourd’hui une retraite confortable, mais son rêve s’est transformé en cauchemar pour les éleveurs danois. Et elle hante maintenant tous les éleveurs européens, petits et grands, de plaine ou de montagne, qui se sentent poussés sur une même autoroute dans une course folle, suicidaire pour la plupart. « C’est la loi du marché », nous disait Mariann ! Sauf que son modèle a explosé en vol, sans attendre son soft landing sur la terre promise de l’après-quotas. Comme pour Perrette, le pot au lait s’est brisé et, avec lui, beaucoup de rêves et de vies humaines. En programmant la fin des quotas sans prévoir une autre forme de régulation entre les pays et entre les régions, Mariann et tous ceux qui l’ont suivie ont fait preuve d’une démission politique inacceptable, renforçant ainsi les risques d’éclatement d’une Union européenne déjà bien malade par manque de solidarité.

Cet article est le 282ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 23:25

Un rapport du HCCA pour imposer la contractualisation

 

AGE-Apli-Plessis-Mace-310112-042-T.jpgDans le cadre de l’AGE de l’Apli au Plessis-Macé (Maine-et-Loire), le 31 janvier (voir Assemblée des producteurs de lait Apli : une nouvelle équipe en place - 5 février 2012), le président Richard Blanc a demandé à Roland Tardieu, ancien agriculteur et syndicaliste FDSEA dans le Cantal (producteur de lait en GAEC père-fils), de faire l’historique des relations entre le syndicalisme majoritaire (FNSEA et FNPL) et la Coopération laitière (FNCL), afin de comprendre comment a été introduit le concept de contractualisation laitière sur proposition du Haut Conseil de la Coopération agricole (HCCA).

 

Roland Tardieu a commencé par décrire l’évolution de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) depuis sa création en 1947. Le premier président, fondateur, était Eugène Forget (FDSEA du Maine-et-Loire). Il a toujours existé une tension entre les puissants céréaliers et les éleveurs, plus nombreux.

 

En 1970, la dévaluation du franc (12,5%), décidée par le président Pompidou, eut des conséquences catastrophiques pour l’élevage mais très heureuses pour les grandes cultures. Lors de son congrès à Lyon, le conflit entre éleveurs et céréaliers a conduit à la mise en place du Fonds d’aide à l’élevage (gestion par Unigrains), l’émission télévisée « Adieu coquelicots » présentée par de Virieu ayant contribué à rapprocher les deux camps.

 

En 1992, face à la réforme de la PAC, le président de la FNSEA, l’humaniste Lacombe, n’a pas eu la capacité de dire non, malgré une manifestation de 300 000 paysans à Paris. Les aides aux prix sont devenues des aides directes aux producteurs.

A l’intérieur de la FNSEA, le clivage était entre les partisans des aides réparties sur tout le territoire (Tesseydou et Lapie, respectivement n°2 et n°3) et les libéraux, qui l’ont emporté par connivence entre les céréaliers et les bretons, et aussi entre syndicalisme et coopération. Luc Guyau a été élu président (Tesseydou et Lapie n’ont même pas pu présenter le rapport qu’ils avaient préparé pour le congrès).

 

Le rapport du Haut Conseil de la Coopération Agricole avait été demandé par le Premier ministre Raffarin à l’ancien président de la FNSEA, Guillaume. Il s’agissait de mettre de l’ordre dans la Coopération laitière. L’Union Laitière Normande avait fait faillite et SODIAAL avait de grosses difficultés (son fleuron, Yoplait, allait être largué aux capitaux privés).

Xavier Beulin et Christiane Lambert étaient les personnalités influentes de la réflexion qui a été menée dans différentes instances (HCCA,, filière laitière, filière porcine, Comité économique et social).

 

« La compétitivité aura un prix. Des choix inéluctables ». L’orientation de ces rapports était claire. Il fallait intégrer la notion de volatilité des prix et les échanges mondiaux (qui ne représentent pourtant que 6% de la production). La France devait faire un effort supplémentaire (car elle avait pris du retard dans libéralisation) dans la compétitivité des prix. Eloge du Danemark, où la coopération est très forte et les exploitations ont été restructurées. Il fallait s’aligner sur les prix de la Nouvelle-Zélande, les plus bas du monde.

 

Les retards dans l’accès aux marchés sont dus aux quotas laitiers, aux AOC. Le prix du lait est beaucoup trop élevé en France. C’est le choix de la gestion territoriale des quotas laitiers (raisonnement anti-économique) qui est la cause de l’éloignement des marchés.

 

La grande idée, c’est mettre les producteurs et les régions en concurrence, ce qui se fait au Danemark et aux Pays-Bas. Ce qui freine, c’est la complicité entre les producteurs et les pouvoirs publics, les accords au CNIEL qui bloquent tout et pénalisent l’industrie laitière (prix du lait trop élevés, même en 2009…).

 

Le rapport préconise les restructurations. On a vu l’alliance entre SODIAAL et Entremont, la reprise de Parmalat par Lactalis, la 3A qui a avalé des AOC, le GLAC qui a repris des AOC et pratiqué l’union entre privés et coopératives. Les Coopératives sont pressurées (contraintes territoriales). Il faut développer les bassins laitiers, conquérir les marchés (export).

 

Il faut changer de gouvernance, aller vers le capitalisme coopératif (avec directoire et conseil de surveillance). Il faut sortir des quotas, intégrer les filiales, pratiquer la contractualisation et l’alliance entre coopératives et privés, fermer des sites, ne plus collecter des producteurs, remettre en cause le CNIEL (interprofession laitière).

 

Le territoire laitier comprend trois grandes zones :

-          le grand ouest, qui a une énorme capacité de production (un seul problème, l’environnement) en consommant des oléoprotéagineux et du maïs,

-          le sud-ouest (maïs),

-          la montagne, comme le Cantal (60% en AOC), le reste en production de viande bovine (vaches allaitantes, broutards engraissés dans des zones maïs et oléoprotéagineux).

 

Il y a trois catégories de producteurs : ceux qui ne sont pas assez productifs, qu’il faut accompagner vers la cessation, ceux qu’il faut aider à être plus productifs et ceux qui n’ont pas besoin d’aide.

 

C’est ce schéma qui vous est proposé.

 

L’intervention de Roland Tardieu a été enregistrée (voir ASSOCIATION NATIONALE DES PRODUCTEURS DE LAIT) :

1

http://www.youtube.com/watch?v=75IvXMKKabc

2

http://www.youtube.com/watch?v=IRKAj02kIl4

3

http://www.youtube.com/watch?v=ERTqD4t-a28

4

http://www.youtube.com/watch?v=5Nb889sckWA

5

http://www.youtube.com/watch?v=ZAXmcl1V8mE 

 

Cet article est le 281ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 23:54

Le président Richard Blanc : simplicité et efficacité

 

AGE Apli Plessis-Macé 310112 002 TC’est dans une belle salle de la commune du Plessis-Macé (49), au nord d’Angers, qu’avait lieu le 31 janvier l’assemblée générale « extraordinaire » de l’Association des producteurs de lait indépendants (Apli). Voir Les producteurs de lait indépendants (Apli) réunis en AG le 31 janvier - 30 janvier 2012. Extraordinaire, en raison de la modification des statuts inscrite à l’ordre du jour.

 

Environ 200 producteurs, délégués départementaux et régionaux, étaient présents. Certains, venant du sud-est de la France, avaient dû rebrousser chemin en raison de la neige. Pour la première fois, Richard Blanc en assurait la présidence. Il l’a fait avec son style d’homme du Nord, bien différent de celui de l’Aveyronnais Pascal Massol, son prédécesseur, à l’origine de l’Apli, en 2008 et des grèves du lait en septembre 2009.

 

Dans son rapport d’orientation, Richard Blanc n’a pas manqué, en faisant l’historique de l’Apli, de rendre hommage à Pascal Massol. Il a souligné le caractère astreignant de ce métier de producteur de lait (90% des producteurs se sont installés après leurs parents).

Le Canada est la référence, car c’est le seul pays au monde (avec Israël) où les producteurs de lait gagnent bien leur vie.

Le marché du lait est, essentiellement, européen. C’est pourquoi il convient d’adapter la production à la consommation à ce niveau. Il ne s’agit pas de fermer les frontières.  C’est en Allemagne qu’avaient commencé les grèves du lait, en 2008, ouvrant la voie aux grèves de livraisons du lait dans 14 pays européens, en septembre 2009 (30% des producteurs avaient jeté, au moins, une traite).

 

La loi de modernisation de l’agriculture (LMA) est de la poudre aux yeux. C’est pour aller dans le sens d’une bonne organisation de la filière laitière, aux niveaux national et européen, que l’Apli a créé l’Office du lait, en mai 2010 (président Paul de Montvalon) et le contrat France MilkBoard (FMB) dans le cadre de l’EMB (European MilkBoard).

 

Les producteurs suisses nous ont appris à compter le prix du lait en centimes au litre, afin de nous faire mieux comprendre des consommateurs. Il ne suffit pas de dénoncer, il faut proposer, c’est plus difficile. Les canadiens nous ont appris à nous prendre en mains, ce qu’ils ont fait en mettant en place une organisation qui répartit équitablement le bénéfice, sans que le prix soit plus élevé pour le consommateur. Il a conseillé à chacun de lire le site de l’Apli nationale, au moins un quart d’heure par jour, car c’est le journal de l’Apli.

 

Pour pouvoir rencontrer l’administration et les élus politiques, l’Apli doit être en règle avec la loi. C’est pourquoi il est nécessaire de modifier les statuts, afin d’être en conformité avec les statuts d’une association.

 

Ce point est présenté par Dominique Galland, secrétaire de l’Apli. Chaque département dispose de trois droits de vote. C’est le contraire d’un système pyramidal. Le siège est en mairie de Luîtré (Ille-et-Vilaine).

 

Le nom  officiel est « Fédération des associations de producteurs de lait indépendants ». Seuls les départements qui ont adopté les statuts ont le droit de vote. Le mandat des délégués est deux ans, renouvelable une seule fois.

Dans les statuts départementaux, il est précisé que les délégués au niveau national ne peuvent être adhérents d’un syndicat ou administrateur de coopérative. Chaque délégué a un suppléant, qui peut le remplacer avec droit de vote. Il n’est pas attribué de pouvoir.

Une vingtaine de départements sont représentés valablement à cette Assemblée générale extraordinaire, soit 8 régions sur 9 (le sud-ouest n’a pas adopté les nouveaux statuts).

Certains, comme la Mayenne, ont différé leur adhésion, par manque d’informations. Ils attendent la venue du président Blanc pour les convaincre.

Un nouveau conseil d’administration est mis en place (vote à l’unanimité).

 

Voir l’article de Ouest-France, paru le 3 février, signé Xavier Bonnardel : Lait : l'Apli s'essouffle mais dérange encore    

 

Cet article est le 280ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

 

 

 

 

 

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 20:46

Un solde migratoire positif pour la 1ère fois depuis 50 ans

 

Dans le n° 278 (janvier 2012) de La Lettre du Céas (Centre d’étude et d’action sociale de la Mayenne Céas53), est rapportée l’estimation par les services de l’Insee de la population en Mayenne au 1er janvier 2010 : 306 800 habitants. On y trouve aussi les informations sur les facteurs qui influencent les évolutions* (mouvement naturel et solde migratoire). La population est également détaillée par tranche d’âge et par sexe.

 

* Soldes (naturel et migratoire) positifs

           

Chaque année, l’évolution de la population résulte de deux facteurs :

-          le solde naturel, différence au cours de l’année, entre le nombre de naissances et le nombre de décès domiciliés dans la zone géographique (statistiques de l’état-civil),

-          le solde migratoire, différence estimée, au cours de la même année, entre le nombre de personnes venues résider dans la zone (les entrants) et le nombre de personnes qui l’ont quittée pour résider ailleurs (les sortants).

 

Entre 1999 et 2008, en Mayenne, quand la population augmente de 100 habitants, 71 résultent de l’excédent des naissances sur les décès, et 29 de l’excédent des entrées sur les sorties.

Mouvement naturel : si le solde est globalement positif, les décès sont supérieurs aux naissances, entre 1999 et 2008, dans 46 communes (sur 261). La plupart sont situées au nord du département.

Solde migratoire : si le solde est également globalement positif, les sorties sont supérieures aux entrées dans 88 communes. Dans 15 communes, mouvement naturel et solde migratoire sont négatifs entre 1999 et 2008.

 

Le récent recensement de la population mayennaise a permis au Céas d’actualiser les données de la population légale 2009. Outil d'animation et de démocratie locale, le recensement dévoile la Mayenne. Accéder au document

 

Un siècle de déclin… Le cap des 305 000 habitants de nouveau franchi

 

Sur les deux derniers siècles, on peut distinguer trois grandes périodes dans l’histoire de la population mayennaise :

 

1) De 1801 à 1861 : le nombre d’habitants est passé de 322 000 en 1801 à 372 000 en 1861 (chiffre le plus élevé pour le département).

 

2) De 1861 à 1962 : en un siècle, la Mayenne perd près d’un tiers de sa population, atteignant son chiffre le plus bas en 1962 avec 250 000 habitants. Les saignées opérées par les guerres (près de 13 200 tués mayennais lors de la Première Guerre mondiale) n’ont fait qu’accentuer la tendance. Cette diminution s’explique surtout par les migrations vers des départements voisins ou la région parisienne.

Trois causes peuvent être avancées :

- Le déclin des industries rurales (notamment celle du lin), non compensé par la création d’emplois rémunérateurs dans les villes locales (industrie, tertiaire).

- L’utilisation des machines agricoles et l’extension des herbages qui ont réduit les besoins de main d’oeuvre dans l’agriculture.

- Le développement des voies de communication (réseau routier et voie ferrée Paris-Brest), qui a facilité les migrations.

 

3) De 1962 à ce jour : la population augmente de nouveau, certes proportionnellement de façon moins importante que dans les Pays de la Loire ou en France.

Cependant, la Mayenne a franchi le cap symbolique des 300 000 habitants entre 2006 et 2007, et celui des 305 000 entre 2008 et 2009.

À partir de 1962, la population mayennaise augmente grâce à un mouvement naturel (naissances/décès) positif, lequel couvre un solde migratoire (départs/entrées) négatif.

Depuis 1999, le mouvement naturel s’accroît par la reprise de la natalité (dès 1999) et surtout, ce qui constitue un renversement de tendance, par un plus grand nombre d’entrées dans le département que de sorties (solde migratoire positif).

Entre 1999 et 2009, la population mayennaise a augmenté d’environ 19 800 habitants. Les personnes de nationalité étrangère (près de 6 000 en 2008) y contribuent significativement : leur nombre a augmenté de quelque 3 300 en neuf ans.

L’augmentation entre 1999 et 2009 s’inscrit dans un mouvement général : 87 départements français ont enregistré un gain de population et seulement 9 une diminution.

 

Selon les projections de l’Insee, dans les trois décennies à venir, la population de la Mayenne devrait continuer à augmenter pour atteindre 340 000 habitants en 2040.

 

Coupeau Vicoin nouveau 210609 006 TSYNTHESE du document

Les recensements montrent des territoires qui gagnent ou qui perdent de la population. En aucun cas, un tel indicateur ne peut à lui seul évaluer des politiques de développement local. Sont en jeu trop de dynamiques, impliquant une grande diversité d’acteurs et avec des finalités différentes, certaines échappant largement au contrôle des acteurs locaux. D’ailleurs, gagner de la population n’est pas une fin en soi. On ne peut appréhender les évolutions de population qu’en mettant en perspective, entre autres, qualité de vie, bien-être, prise en compte du développement durable.

La Mayenne a perdu près d’un tiers de sa population entre 1861 et 1962, passant de 372 000 habitants en 1861 (le record) à 250 000 en 1962 (le chiffre le plus bas).

À l’instar des Pays de la Loire et de la France métropolitaine, le département voit sa population augmenter depuis 1962 (+ 55 100 habitants). La Mayenne a franchi le cap symbolique des 300 000 habitants entre 2006 et 2007, et celui des 305 000 entre 2008 et 2009. Cependant, l’évolution est moins forte que pour la région et le « poids » de la Mayenne dans les Pays de la Loire tend à diminuer (8,6 % en 2009).

Depuis 1962, la population mayennaise augmente grâce à un mouvement naturel positif (plus de naissances que de décès), lequel compense un solde migratoire négatif (plus de sorties que d’entrées). Cependant, la dernière période (1999 à 2008) est marquée par un renversement de tendance : le solde migratoire est positif – pour la première fois sur un demi-siècle.

Entre 1999 et 2009, la population augmente dans le territoire de tous les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), à l’exception de trois, notamment situés aux pointes nord-ouest et sud-ouest. Laval Agglomération regroupe 31 % de la population mayennaise… et contribue pour 34 % à l’augmentation totale de la population depuis 1999. Indépendamment des variations de population entre 1999 et 2009, l’est du département a des densités de population plus faibles que l’ouest.

Sur la base de trois indicateurs (fécondité, mortalité et migrations), à partir de la situation observée en 2007-2008 et antérieurement, l’Insee établit des projections de population qui donnent 306 000 habitants en 2010 dans le département, 318 000 en 2020 et 329 000 en 2030.

 

Cet article est le 31ème paru sur ce blog dans la catégorie CIVIQ Rencontres CIVIQ

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 23:25

Faire prévaloir l’intérêt général et les choix collectifs

 

Le 1er février, a été connue la démarche de syndicats et associations auprès des candidats à l’élection présidentielle pour obtenir la création d’un pôle public financier apte à garantir le financement des moyens permettant l'accès de TOUTES et TOUS aux Droits économiques et sociaux fondamentaux.

Voir les syndicats estiment urgente la création d'un pôle financier public (Politis, 3 février).

(…) Ce pôle financier public que nous appelons de nos voeux serait constitué par la mise en réseau d’institutions financières dans lesquelles l’État dispose d’une influence certaine, directement ou indirectement, même si les missions de ces établissements ont pu être dévoyées, l’objectif étant de faciliter la complémentarité de leurs interventions dans le cadre d’une cohérence globale. (…)

Voir http://pourunpolepublicfinancier.org

Laurent Mauduit, sur le site Mediapart, le 1er février :

Plaidoyer pour un véritable pôle public financier

C’est une initiative opportune qu’ont prise de nombreux syndicats et associations, dont Attac, la Fondation Copernic, le DAL et de nombreux syndicats de diverses sensibilités (CGT, CFDT, SUD, FO, Unsa…) en faveur d’un pôle public financier : ils ont adressé ce mercredi une lettre interpellant les différents candidats déclarés à l’élection présidentielle (à l’exception de celle du Front national) pour leur demander de se prononcer « pour un pôle public financier en faveur des droits ». Et ils ont décidé de former ensemble un collectif pour peser sur le débat public.

Dans le débat de la campagne présidentielle, cet appel risque d’avoir un large écho pour plusieurs raisons.

D’abord, la crise a mis en évidence la défaillance ou l’incurie des banques privées françaises en de nombreux domaines, celui en général du financement de l’économie mais aussi celui du financement de besoins sociaux de première urgence.

A gauche, tous les candidats ont donc ébauché des propositions plus ou moins précises tournant autour de l’idée de la création d’un pôle public financier pour répondre à ces missions. Mais d’un programme à l’autre, les contours de ce pôle ne sont pas toujours les mêmes, ou ils sont flous ; et les missions d’intérêt général qui pourraient être dévolues à ce pôle ne sont pas toujours bien définies.

 

Ainsi dans le projet de François Hollande, la proposition n°1 avance ceci : « Je créerai un banque publique d’investissement. A travers ses fonds régionaux, je favoriserai le développement des PME et je permettrai aux Régions, pivot de l’animation économique, de prendre des participations dans les entreprises stratégiques pour le développement local et la compétitivité de la France. Une partie des financements sera orientée vers l’économie sociale et solidaire. » Et la proposition n° 2 précise : « Je ferai des PME une priorité. Je mobiliserai l’épargne des Français en créant un livret d’épargne industrie dont le produit sera entièrement dédié au financement des PME et des entreprises innovantes. Pour cela, je doublerai le plafond du Livret de développement durable, en le portant de 6.000 à 12.000 euros. »

 

« Missions historiques »

 

De son côté, le « Programme du Front de gauche » (Editions Librio, 2 euros) porté par Jean-

Luc Mélenchon défend longuement la création d’un « pôle financier public par la mise en réseau des institutions financières publiques existantes (Caisse des dépôts, Crédit foncier, Oséo, CNP, Banque postale), des banques et des associations mutualistes dans le respect de leur statut, et la nationalisation des banques et des compagnies d’assurances ».

 

Face à la diversité de ces propositions, de nombreux syndicats implantés dans ces secteurs ou des associations qui couvrent des domaines de la vie sociale concernés par ce type de financements publics ont donc décidé de se regrouper pour peser sur ce débat et faire entendre leur voix.

Comme on peut le constater, la lettre aux candidats « pour un pôle public financier en faveur des droits » présente donc un double intérêt. D’abord, cet appel fait des suggestions précises sur les contours des établissements qui pourraient être englobés et il invite à réfléchir aux

missions d’intérêt général qui pourraient être assumées. Ensuite, il sera un révélateur de la volonté de dialogue avec le mouvement social des différents candidats.

 

Dans le premier cas, le collectif préconise que le périmètre du pôle public financier soit très large : « Il regrouperait donc des institutions financières publiques (Banque de France, Caisse des dépôts et ses filiales financières, Oséo, Société des participations de l’Etat, Banque postale, Ubi France, Agence française de développement, Institut d’émission des départements d’Outre-mer, CNP Assurance), ou dont l’activité est une mission de service public (Crédit foncier, Coface). En ferait bien évidemment partie, toute banque ou société d’assurances dans laquelle l’Etat viendrait à prendre une participation majoritaire ou à laquelle seraient attribuées des missions de service public. »

 

Le périmètre de ce pôle va donc bien au-delà de ce que préconisent les socialistes, qui le plus souvent n’incluent dans ce pôle que la Caisse des dépôts, Oséo et La Banque postale. Le collectif va même encore plus loin. Evoquant les établissements à qui pourraient être confiées des missions de service public, il ajoute : « Ce dernier point pourrait concerner en particulier les Caisses d’épargne, dont nous proposons qu’elles puissent renouer avec leurs missions historiques. »

 

La proposition retient l’attention, car sur l’initiative de Nicolas Sarkozy et de son ex-bras droit, François Pérol, les Caisses d’épargne ont fusionné avec les Banques populaires, pour donner naissance à BPCE. Et dans la foulée, le Livret A a été banalisé. En clair, la double mission d’intérêt général qu’assumaient les Caisses d’épargne (rémunération de l’épargne populaire, grâce à un monopole de distribution partagé avec La Poste et le Crédit mutuel)et la Caisse des dépôts (financement du logement social, grâce à l’épargne ainsi collectée) a en partie été remise en cause. Et c’est à une quasi-privatisation de l’un des pivots de l’économie sociale à la française à laquelle on a assisté au cours de ces dernières années.

S’il était élu, François Hollande accepterait-il de détricoter le géant bancaire BPCE qui a été construit par Nicolas Sarkozy, ou à tout le moins voudrait-il envisager que les Caisses d’épargne changent de statut, pour que lui soient de nouveau confiées des missions d’intérêt général ? Et lesquelles ? C’est, dans tous les cas, à un beau débat auquel invite ce collectif.

 

Le débat est d’autant plus important que le même collectif invite aussi à réfléchir aux « besoins sociaux » auxquels devraient répondre ce pôle financier public. On verra donc qu’il fait dans ce domaine de nombreuses suggestions. Pour améliorer le financement du logement social. Ou encore pour favoriser « l’inclusion bancaire », c’est-à-dire pour facilité l’accès des « populations les plus fragiles aux services financiers (droit au compte, accès aux moyens de paiement et au crédit…) ».

 

Du même coup, ces propositions vont donc aussi avoir valeur de test de la volonté de dialogue des différents candidats. Car s’il est assez probable que Jean-Luc Mélenchon verra ces suggestions d’un bon oeil, que répondra de son côté le candidat socialiste ? Ayant fait le choix de conduire une stratégie solitaire, sans se soucier d’engager une confrontation avec les autres composantes de la gauche et de l’écologie politique, voudra-t-il malgré tout engager le dialogue avec ces syndicats et ces associations, qui le bousculent sur sa gauche ? Comme, en ces temps de crise économique et sociale, il s’agit d’une question majeure, les réponses des candidats devront être analysées méticuleusement. Et même leurs silences…

 

Cet article est le 33ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 23:56

En trois mois, les lignes on bougé, ce n’est qu’un début…

 

La décision de retrait de candidature, prise le 1er février par Jean-Pierre Chevènement, était inéluctable car il n’avait pas les moyens d’aller au bout. Mais il n’est pas pour autant au terme de sa démarche.

S’il a réussi à faire bouger les lignes du positionnement de François Hollande (prise de distance vis-à-vis des écologistes, énergie nucléaire, siège de la France à l’ONU, dissuasion nucléaire), le compte n’y est pas en ce qui concerne l’Europe, qui est le nœud du problème. Voir Pour Chevènement, l'Europe et l'euro sont l'enjeu de la présidentielle - 5 janvier 2012.

Le candidat socialiste veut ajouter quelque chose au traité européen, mais il ne conteste pas le traité. Lui-même et son entourage sont favorables au traité de Maastricht. La France est prise dans la récession européenne. Elle a un problème de compétitivité. Hollande n’a pas de réponse suffisamment forte sur ce point. Comment fera-t-il bouger les lignes en Europe, s’il est élu président ? On ne sait pas.

MRC national 002Lire la Déclaration de Jean-Pierre Chevènement

Je me suis porté candidat à la Présidence de la République le 5 novembre 2011, "pour faire bouger les lignes" et mettre la gauche et la France à la hauteur des défis qu’elles doivent relever.

Dans la grave crise à travers laquelle une construction européenne mal pensée dès l’origine, peut conduire la France à une position définitivement subordonnée, j’ai voulu, à travers cette "candidature pédagogique", rendre nos concitoyens attentifs à quatre enjeux majeurs de la période qui s’ouvre :


1) Pour réindustrialiser le pays, condition de la survie du modèle républicain, il faut, chose non suffisante mais indispensable, une monnaie moins chère que l’euro actuel.

2) Il est nécessaire, en second lieu, d’organiser la croissance en Europe et non pas la récession à perte de vue, comme nous y conduirait le projet de traité européen dont les grandes lignes ont été entérinées hier, le 30 janvier 2012, à Bruxelles. Si le gouvernement de Mme Merkel, qui prétend dicter sa loi au suffrage universel, n’acceptait pas la révision du traité pour étendre les missions de la Banque Centrale européenne et organiser la relance en Europe, mieux vaudrait alors transformer l’euro de monnaie unique en monnaie commune.

3) La souveraineté budgétaire et fiscale de la France doit rester dans les mains du Parlement français. Sa préservation est la condition, à tous égards, de notre indépendance future, y compris diplomatique et militaire.

4) Il est temps de redresser l’Europe à partir de ses nations. Celles-ci sont le cœur vivant de la démocratie. Le but est d’édifier une "maison commune européenne", ou comme disait le général de Gaulle, une "Europe européenne", ouverte vers la Russie à l’Est et vers la Méditerranée et l’Afrique, au Sud. Cette construction se fera avec les peuples, c’est-à-dire par la force des choses, à géométrie variable, avec ceux qui le veulent.

Ayant pu exercer, autant que je le pouvais, le rôle pédagogique que je m’étais assigné, et n’ayant plus aujourd’hui les moyens de continuer ma campagne, je décide de retirer ma candidature à l’élection présidentielle. Je continuerai cependant, demain comme hier, à faire entendre ma voix pour servir la République.

Dans les temps difficiles qui sont devant nous, rien n’est plus important que de maintenir un recours républicain. J’indiquerai bien sûr, le moment venu, le candidat à l’élection présidentielle auquel, les yeux ouverts, j’apporterai mon soutien.

Lire aussi l’entretien que JP Chevènement a accordé à l’Est républicain le 2 février : "Je vais bien sûr faire entendre ma voix, demain comme hier, au long de cette campagne"

Cet article est le 32ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 12:34

CiViQ, l’agriculture, l’euro et la présidentielle, le plus souvent

 

Depuis 52 mois, au début de chaque mois, nous reprenons les titres des articles parus le mois précédent sur ce blog (voir Titres des articles du mois précédent). C’est l’occasion d’adresser un courriel aux amis inscrits sur les listes de distribution, afin de les informer des thèmes abordés sur ce blog. Ceux-ci évoluent dans le temps, selon l’actualité et nos priorités.   

 

Depuis 5 ans et demi, 2040 articles - classés en 50 catégories - ont été publiés sur ce blog.

 

Michel SorinLes  32 titres en janvier se répartissent ainsi :

 

- Thèmes abordés par CiViQ : Jaurès à St-Berthevin, propositions Weil (9 articles),

- Agriculture, filière laitière principalement (5 articles),

- Euro, banques, marchés financiers, Europe (4 articles),

- Chevènement, MRC, élection présidentielle (3 articles),

- Emploi, chômage (2 articles),

- Ecole, collège (2 articles),

- Mamie Ranc (105 ans) à St-Berthevin (2 articles),

- Dépendance personnes âgées et handicapées (1 article).

- Le point sur l’évolution de l’intercommunalité en Mayenne (1 article).

- Collectif en Mayenne pour un audit citoyen de la dette (1 article).

- Itinéraire de Jacques Declosmenil, militant à St-Lô (1 article).

- Le musée Robert Tatin à Cossé-le-Vivien (1 article).

 

Titre des articles parus en janvier 2012 sur http://mrc53.over-blog.com

La FNAPEF rappelle les attentes des personnes âgées handicapées (31)

Les producteurs de lait indépendants (Apli) réunis en AG le 31 janvier (30)

Suivre l'Allemagne ou contester sa politique, enjeu des élections 2012 (29)

Saint-Lô (Manche) : itinéraire de Jacques Declosmenil, militant sincère (28)

Propositions du groupe Patrick Weil, 5ème partie : la frontière numérique (27)

80 propositions du groupe Patrick Weil, 4ème partie : recomposer l'Ecole (27)

Propositions du groupe Patrick Weil, 3ème partie : changer la vie sociale (27)

Rencontre CiViQ : Jean Jaurès (JP Fourré) à St-Berthevin le 2 février (26)

Propositions du groupe Patrick Weil, 2ème partie : défis économiques (25)

Propositions du groupe Patrick Weil, 1ère partie : démocratiser le pouvoir (24)

Rencontres CiViQ à Saint-Berthevin : une assistance à la citoyenneté (23)

80 propositions de Patrick Weil et ses amis pour relancer la démocratie (22)

Europe : le chômage en hausse et des statistiques qui maquillent le réel (21)

Repères techniques relatifs à l'activité de production laitière en France (20)

Deux grandes périodes dans l'évolution du monde agricole depuis 1945 (19)

Chevènement prépare une alternative réaliste à l'euro, monnaie unique (17)

André Pflimlin, expert pour l'EMB, en Bretagne sur la politique laitière (16)

Ecole : contribution Daspe-Chantelot à la critique du projet Sarkozy (15)

Mamie Ranc (105 ans) : la santé, le travail bien fait et le goût de la vie (14)

Zone euro : notes abaissées, dont la France, et menaces sur la Grèce (13)

La carte remodelée de l'intercommunalité est esquissée en Mayenne (12)

Mayenne : peu de chômeurs, ce sont surtout des femmes et des jeunes (11)

Marie Ranc à Saint-Berthevin : une longévité et des amis, un exemple (10)

Allemagne : des points communs avec la France, selon Jacques Omnès (09)

Le collège mis en cause par les libéraux : réflexions de Serge Maupouet (08)

Patrick Le Hyaric rend compte de la session du Parlement européen (07)

Rencontre CiViQ Saint-Berthevin : Jaurès en représentation le 2 février (06)

Pour Chevènement, l'Europe et l'euro sont l'enjeu de la présidentielle (05)

En bonne voie : le collectif 53 pour un audit citoyen de la dette publique (04)

Lettre du RAPSE (pcf) : bien distinguer banques et marchés financiers (03)

Paul de Montvalon, paysan, président : fédérer les producteurs de lait (02)

Le musée Robert Tatin à Cossé-le-Vivien est une oeuvre à part entière (01)

 

Cet article est le 52ème paru sur ce blog dans la catégorie Titres des articles du mois précédent

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 23:53

12 questions posées aux candidats à la présidentielle

 

Marc Reybaud m’a confirmé son accord de participation à la rencontre CiViQ* prévue le 28 février 2012 à Saint-Berthevin avec la participation de l’association Résistance Sociale. Son état de santé nous avait amenés à reporter le rendez-vous, initialement programmé le 27 septembre 2011 (voir Financement de la dépendance : débat le 27 septembre à St-Berthevin - 21 mai 2011).

 

Voir aussi Le Céas53 fait le point sur la réforme de la dépendance, mise en attente - 3 décembre 2011

 

* Rappel : Rencontre CiViQ : Jean Jaurès (JP Fourré) à St-Berthevin le 2 février - 26 janvier 2012 

 

En tant que vice-président de la Fédération Nationale des Associations de Personnes Âgées Et de leurs Familles** (FNAPEF), Marc Reybaud m’a transmis le communiqué remis à la presse.

 

La FNAPEF s’adresse aux candidats à la présidence de la République

 

Les personnes âgées en situation de handicap après 60 ans et leurs familles demandent que soit rétablie l’égalité face au handicap quel que soit l’âge comme c’était le cas avant 1995 !

Elles se prononcent pour une cinquième branche de la sécurité sociale couvrant les besoins matériels, et humains du handicap.

 

Elles dénoncent : Des promesses, accompagnées d'effets d'annonce, sans cesse reportées depuis 2007. Le cinquième risque de protection sociale universelle, abandonné. Les textes législatifs européens et français de non-discrimination par l'âge remis en cause notamment :

- l’article 15 de la Charte sociale européenne révisée en 1996 : Toute personne handicapée a droit à l'autonomie, à l'intégration sociale et à la participation à la vie de la communauté.

- l’article 13 du traité d’Amsterdam et l’article 21 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne qui interdit toute discrimination fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, les origines ethniques ou sociales, les caractéristiques génétiques, la langue, la religion ou les convictions, les opinions politiques ou toute autre opinion, l'appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance, un handicap, l'âge ou l'orientation sexuelle.

- l’article 11 de la loi du 11 février 2005 « La personne handicapée a droit à la compensation des conséquences de son handicap quels que soient l'origine et la nature de sa déficience, son âge ou son mode de vie. » et l’article 13 :

« Dans un délai maximum de cinq ans, les dispositions de la présente loi opérant une distinction entre les personnes handicapées en fonction de critères d'âge en matière de compensation du handicap et de prise en charge des frais d'hébergement en établissements sociaux et médico-sociaux seront supprimées. »

 

Nous sommes des citoyens conscients des difficultés que traverse notre pays mais nous exigeons le respect des engagements pris par les représentants que nous avons élus (Article 13 loi du 11 février 2005).

Nous réaffirmons qu'au-delà de 60 ans nous comptons bien rester des citoyens à part entière. Nous dénonçons le système actuel qui nous condamne à une double peine, celle d'avoir pour certains d'entre nous la malchance de subir une altération de nos capacités physiques ou psychiques et celle de devoir assurer le financement de cette situation en utilisant la totalité de nos revenus, de notre patrimoine, jusqu'à faire appel à l'obligation du soutien financier de nos enfants, voire de nos petits enfants !

Nous refusons tout aménagement de l'APA (Allocation Personnalisée à l’Autonomie) véritable discrimination financière liée à l'âge : le financement de l'accompagnement au domicile avant 60 ans peut atteindre 10 000 €, alors que le montant maximum pour le même accompagnement après 60 ans est de 1261 €.

Nous n’ignorons pas que les besoins peuvent être différents en fonction du projet de vie et de l'âge de la personne, mais à projet de vie identique entre une personne touchée par un AVC, un accident de la route ou domestique avant ou après 60 ans, la réponse doit être la même au regard de son handicap pour compenser les actes de la vie quotidienne qu'elle n'est plus en mesure d'accomplir seule.

 

En tant que candidat à la Présidence de la République, que comptez-vous faire pour :

 

1) En priorité rétablir l'égalité de traitement du handicap sans discrimination d’âge et de territoire, sans recours sur les successions ni aux assurances privées.

 

2) Revoir et uniformiser les critères d’évaluation du handicap quel que soit l’âge.

 

3) Restructurer le secteur de l’aide à domicile : Imposer le régime d’autorisation et supprimer le droit d’option entre l’agrément et l’autorisation pour les interventions sur les personnes les plus fragiles. Mettre à leur disposition du personnel qualifié et en nombre suffisant pour répondre aux réels besoins d'accompagnement médico-social de leur handicap. Aujourd'hui l’accompagnement d’une lourde perte d’autonomie auquel s’ajoutent les frais courants, nécessite des revenus mensuels de 5000 à 7000 euros au minimum !

 

4) Résoudre le grave problème de la désertification médicale des zones rurales et des zones périurbaines qui nuit à toute politique du Bien Vieillir et donc de la prévention.

 

5) Réformer le mode de financement des établissements notamment au niveau du bâti, afin de ne plus faire supporter le poids des amortissements par les personnes accueillies. La collectivité qui finance les écoles, les collèges, les Universités, les gymnases, les hôpitaux publics … doit aussi financer les lieux de vie en faveur des personnes âgées. Il n’est plus acceptable pour les personnes en incapacités physique ou psychique contraintes d’entrer en EHPAD (Etablissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) de supporter 60% du budget global de leur établissement. En hôpital le forfait journalier est de 18 euros alors qu’en EHPAD le prix de journée est de 50 à 150 euros voire plus. Par ailleurs les EHPAD sont devenus progressivement des USLD (Unités de Soins de Longue Durée, anciens longs séjours) sans en avoir les moyens financiers.

 

6) Légaliser (Art. 4 - Loi n° 75-535 du 30 juin 1975) des ratios de personnel adaptés au degré de « dépendance » des personnes accueillies, a minima conforme aux objectifs du Plan Solidarité Grand Âge afin que chaque personne puisse bénéficier d’une écoute attentive, d’un accompagnement social et humain qui respecte son rythme.

 

7) Permettre aux EHPAD de garder les résidents jusqu’à la fin de leur vie, grâce à une véritable filière gériatrique, la généralisation de l’Hospitalisation A Domicile (HAD) et des moyens consacrés aux soins palliatifs.

 

8) Mettre fin aux expulsions arbitraires de résidents dans les EHPAD, notamment ceux qui sont désorientés. Ces résidents victimes de dysfonctionnements et de conflits qu’ils n’ont pas provoqués doivent être protégés et en mesure de faire valoir leurs droits.

 

9) Développer les établissements de proximité accessibles aux budgets moyens ce qui suppose un investissement dans le secteur public. Augmenter les accueils temporaires et de jour pour donner aux aidants familiaux des temps de répit indispensables au bien-être de tous.

 

10) Assurer la formation du personnel avant embauche. Imputer à 100 % sur le tarif soins les postes d’aides-soignants, d’ergothérapeutes, de psychologues, d’animateurs...

 

11) Imposer un contrat de séjour, de base, sans clauses abusives, à tous les établissements.

 

12) Faire respecter les 7 outils de la loi 2002-2. Donner au conseil de vie sociale les moyens d’être conforme à la loi : « Associer les personnes bénéficiaires des prestations au fonctionnement de l'établissement » (CASF art L 311-6). Assurer une formation aux candidats afin qu'ils remplissent pleinement leur mission auprès des résidents et des familles en recueillant l'ensemble des besoins, et en les informant.

 

Les personnes âgées handicapées après 60 ans et leurs familles attendent la mise en oeuvre d'une véritable branche de sécurité sociale fixant le cadre d'un accompagnement solidaire, matériel, humain et financier à la hauteur des besoins.

Elles regrettent le non-respect des engagements du Président Sarkozy : «Nous ne pouvons plus attendre. (…) Attendre encore serait une faute morale impardonnable, ce serait refuser de regarder la réalité en face, ce serait refuser d'assumer mes responsabilités.» ! ! ! (Palais d’Iéna 08/02/2011).

 

** Fédération Nationale des Associations de Personnes Âgées Et de leurs Familles Espace Associatif : 53 impasse de l’Odet – 29000 Quimper

 

Cet article est le 58ème paru sur ce blog dans la catégorie Santé et sécu sociale.

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Published by SORIN Michel - dans Santé et sécu sociale
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