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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 11:15

Les producteurs de lait luttent pour être reconnus

Dans ce communiqué de presse, la fédération des associations de producteurs de lait indépendants (Apli)* rebondit sur la décision prise par trois Conseils régionaux (Aquitaine, Basse-Normandie et Pays de la Loire) de suspendre les négociations avec Lactalis, le géant de l’industrie laitière, dont le siège et les origines sont à Laval, en Mayenne.

 

Ce vendredi 2 mars, dans un communiqué de presse, les régions Basse-Normandie, Pays de la Loire et Aquitain, ont annoncé avoir suspendu leurs négociations avec le géant laitier Lactalis en vue d'investissements industriels, évoquant des "zones d'ombre" et le blocage du processus de contractualisation avec les producteurs. 

 

Aujourd’hui, nous producteurs de lait, saluons cette décision politique prise par ces trois régions. Elles reconnaissent ainsi la justesse de notre combat de producteurs, la nécessité de préserver des exploitations à taille humaine dans les territoires, l’importance de l’emploi qu’elles génèrent de manière directe ou indirecte. 

 

Avec un ultimatum au 31 Mars, ce géant de l’industrie laitière fait actuellement pression sur ses producteurs afin qu’ils signent leur contrat. Contrat unilatéral comme tous les contrats proposés actuellement, ces contrats sont tous irrecevables puisqu’ils permettent seulement aux industriels de garantir leur approvisionnement sans aucune reconnaissance du producteur en tant qu’acteur à part entière dans la filière. Au nom de la compétitivité de la filière laitière française sur la scène mondiale, c’est le premier maillon qui devra s’adapter en cédant sa production à vil prix aux transformateurs. La contractualisation a déjà entrainé les producteurs suisses dans la tourmente, le système danois au nom du libéralisme est en faillite, en revanche, les Etats Unis ont compris les méfaits de ce système et reviennent à une régulation de la production. 

 

Il est de NOTRE DEVOIR de producteur d’alerter et de dénoncer les risques de la dérégulation, l’effondrement des prix qui en découlera n’ayant aucune garantie dans ce type de contrat. Un médiateur a été nommé afin de recenser les remarques des producteurs sur les contrats reçus, sur les pressions exercées. Il est URGENT de lui faire remonter toutes nos réflexions, toutes nos interrogations à l’adresse suivante : http://agriculture.gouv.fr/mediateur-contrats ou http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/formulaire_me_diateur_des_contrats.pdf 

 

Pendant tout le salon de l ‘agriculture à PARIS, nous avons alerté les politiques sur le respect « gagnant-gagnant « de ces contrats ; même Bruno LE Maire ne comprend pas la pression de LACTALIS et nous assure prendre le dossier en mains afin de trouver une solution. Espérons que cela ne soit pas qu’une promesse avant les élections….. 

 

Depuis des mois, avec l’Office du lait nous dénonçons ces contrats et avons proposé avec France Milk Board, le seul contrat écrit par des producteurs pour une juste répartition de la valeur ajoutée entre tous les acteurs de la filière. Le seul contrat qui permet aux producteurs de garder la gestion de la production laitière, de vivre décemment de la vente de leur production, de maintenir des producteurs sur les territoires. 

 

Notre combat est aussi celui du consommateur afin qu’il puisse accéder à une alimentation saine pour un prix juste (comme au Canada). Pour ce faire, nous venons de créer un site internet www.sauvonslelait.fr afin qu’ensemble nous puissions choisir l’agriculture de demain et non pas être les vaches à lait de la finance. 

Ensemble, nous pouvons agir pour rééquilibrer la filière laitière, d’abord en s’inscrivant sur le site pour soutenir les producteurs puis par des actions de boycott.

 

Ensemble, producteurs, consommateurs, choisissons notre avenir 

* http://www.apli-nationale.org  

Voir Salon de l'agriculture : les producteurs de lait alertent les consommateurs - 25 février 2012625/02/Fév/201223:07

Cet article est le 293ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 22:22

Le MRC fait le choix de la dynamique politique

Le Conseil national du Mouvement Républicain et Citoyen a adopté, ce 4 mars, le projet d’accord politique portant sur la prochaine législature 2012-2017.

Ce texte doit être ratifié par le bureau national du PS avant d’être publié. Pas question de le dévoiler mais de dire seulement sur quelles bases il a été élaboré, ce qui fait son originalité. Il contient des convergences mais aussi des divergences.

Plus précisément, il y a les marqueurs de l’identité du MRC, qui étaient présents dans la motion du congrès de juin 2008. Les divergences sont clairement notifiées (indépendance énergétique, charte des langues régionales, vision de l’avenir de l’Europe), les convergences aussi.

La partie la plus novatrice, ce sont les ouvertures afin de dépasser les oppositions de Maastricht. Pour les deux partis, le traité européen du 2 mars est inacceptable et la réorientation de la construction européenne nécessaire.

Cet accord politique est complété par un accord électoral portant sur les élections législatives, qui n’est pas tout à fait finalisé. Il y aura une dizaine de circonscriptions avec candidats MRC soutenus par le PS, mais aussi une centaine de candidatures autonomes MRC.

Cet article est le 99ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national .

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 12:16

Richard Blanc a convaincu la majorité des adhérents de l’Apli

 

Le 28 février à Commer, avait lieu une réunion importante pour l’avenir de l’association départementale des producteurs de lait indépendants (Apli 53). En assemblée générale extraordinaire, il fallait prendre la décision d’adopter ou non les nouveaux statuts de l’association, celle-ci devenant, au niveau national, une fédération d’associations de producteurs de lait indépendants (voir Assemblée des producteurs de lait Apli : une nouvelle équipe en place - 5 février 2012).

 

AGE Apli Plessis-Macé 310112 002 TLe Bureau de l’Apli 53 n’avait pas souhaité convoquer une assemblée générale départementale avant l’AG nationale (voir Les producteurs de lait indépendants (Apli) réunis en AG le 31 janvier - 30 janvier 2012), considérant que les adhérents n’avaient pas eu le temps d’examiner ce qui était présenté au vote.

 

La présence de Richard Blanc* (photo), actuel vice-président national (mais président au moment du congrès national), était justifiée pour expliquer la situation de l’association et les nouveaux textes, ce qu’il a très bien fait.

 

Le vote a donné une nette majorité pour les statuts adoptés au plan national mais certains membres du bureau ont démissionné, en désaccord avec cette décision. Une nouvelle assemblée générale devra être convoquée, tenant compte de cette situation, afin de procéder au renouvellement des instances départementales (conseil d’administration, bureau).

 

* Richard Blanc (Nord) président de l'Apli après Pascal Massol (Aveyron) - 18 décembre 2011 

 

Cet article est le 292ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 22:46

La recomposition du travail obéit à la logique financière

 

Universite-d-ete-MRC-2011-012--Copier-.jpgCe colloque doit beaucoup à Patrick Quinqueton, qui a rappelé à quels titres, à partir de son expérience personnelle, il intervenait dans ce débat :

 

Vu par l'ancien inspecteur du travail que je suis, mais qui n'exerce plus dans cette fonction depuis vingt ans, le cadre économique, social et donc aussi juridique du travail s'est beaucoup complexifié, avec une effectivité qui n'est pas toujours au rendez-vous.

Comme élu local d'une région industrielle, la Lorraine, et plus précisément d'une commune et d'une communauté d'agglomération du bassin sidérurgique lorrain, j'y observe que le travail industriel s'est largement évaporé – tout en produisant d'ailleurs autant d'acier, mais avec dix fois moins de salariés – et a laissé place à la migration quotidienne de quelque 100 000 Lorrains vers le Luxembourg, qui a lui-même troqué voici quelques décennies une partie de sa sidérurgie contre ce qu'il est convenu d'appeler "l'industrie financière".

Mais l'employeur social que je suis aussi – comme président du CA d'une union d'associations actives dans le logement des jeunes (l'UNHAJ) d'une part et de la caisse de sécurité sociale des marins (l'ENIM) d'autre part – observe un relatif dynamisme des salariés pour s'adapter dans leur travail.

Enfin, le conseiller d’État, délégué général de la section sociale, observe non pas tant une accumulation de textes législatifs ou réglementaires – qui ne sont pas si nombreux que cela – par rapport à d'autres domaines comme la santé ou l'environnement, qu'une absence de cohérence et de ligne directrice, quels que soient les gouvernements.

Voici les actes de ce colloque : Une politique du Travail - 9 janvier 2012

Accueil par Patrick Quinqueton, Conseiller d’Etat, membre du conseil scientifique et administrateur de la Fondation Res Publica

Étrangement, la crise du travail donne lieu à peu de discussions, peu de controverses, dans la sphère politique, dans le débat public. Les entreprises se débattent dans des contraintes dictées par les marchés financiers et le travail n’en est souvent que la résultante. Les syndicats essaient de sauvegarder un modèle social en régression et, ce faisant, sont parfois sur la défensive.

Quant aux gouvernements, ils ont assez souvent une politique de l’emploi, une politique de la formation professionnelle, parfois une politique de la négociation sociale, une politique des salaires ou des revenus : politiques qui ne brillent pas toujours par leur capacité de renouvellement ni même par leur pertinence mais qui existent et dont le débat public se fait l’écho. Ils ont plus rarement quelque chose qui ressort d’une politique du travail.

Étonnamment, des questions comme le désintérêt pour le travail industriel, le mal être au travail ou encore l’incidence des moyens de communication électroniques sur le temps de travail sont généralement traitées sur le mode individuel : Comment s’adresser à la personne ? Comment influer sur ses comportements ? Comment la soutenir dans ses difficultés ? Elles sont rarement envisagées comme des phénomènes collectifs qui interrogent l’organisation du travail elle-même et pourraient faire l’objet de politiques publiques plus construites. Il est vrai que dans ce domaine l’individualisation des problèmes est parfois une façon d’éluder le conflit.
Or la réalité, que le langage convenu nomme « les risques psycho-sociaux », pose clairement la question de l’organisation du travail et des effets qu’a sur elle la globalisation financière que nous connaissons.

La dernière politique d’envergure que l’on puisse repérer date des années 1970, elle visait l’amélioration des conditions de travail. Elle a fait long feu et s’est heurtée à la montée du chômage de masse et du coup à une espèce de politique centrée sur l’emploi et non plus sur le travail.
Ces questions se sont ensuite traduites par une profusion de directives européennes sur les aspects techniques de la sécurité et de la santé au travail.

Par ailleurs, on peut constater que les 35 heures, dont on a dit qu’elles avaient été l’occasion d’une réorganisation du travail, ont certes suscité une réorganisation du temps de travail mais n’ont pas donné lieu à une réflexion sur l’organisation du travail.

C’est pourquoi il a semblé au conseil scientifique de la Fondation Res Publica que le moment était venu d’organiser un colloque sur la politique du travail. En effet, ici et là, des réflexions apparaissent et des pratiques nouvelles s’engagent. Parmi les réflexions stimulantes, citons les livres de Danièle Linhart : « Travailler sans les autres ? » (1) ou de Matthew Crawford : « Eloge du carburateur : essai sur le sens et la valeur du travail » (2). Mais c’est un livre d’humeur qui m’avait accroché au début de l’année dernière, celui d’un de nos invités d’aujourd’hui, Yves Clot, titulaire de la chaire de psychologie du travail du CNAM, livre intitulé « Le Travail à cœur, pour en finir avec les risques psycho-sociaux » (éditions la Découverte, mai 2010). Le point de vue d’un sociologue, Philippe Zarifian, avait été sollicité. Malheureusement son état de santé l’a empêché de répondre à notre invitation.
Nous avons voulu avoir aussi le point de vue d’acteurs de ces questions sur lesquelles travaillent aujourd’hui les organisations syndicales et patronales. Par exemple une délibération sociale (pour employer le langage officiel) est projetée par les partenaires sociaux au niveau national interprofessionnel, sur un intitulé un peu curieux : « La qualité de vie au travail ». Cette formulation est un peu ambigüe mais peut-être a-t-elle un contenu et peut-être nos débatteurs vont-ils ce soir lui en donner un.

Si certaines entreprises innovent, d’autres se laissent porter par la vague compassionnelle – ce qui n’est déjà pas si mal – et beaucoup se demandent comment se débrouiller avec les obligations légales récentes sur la pénibilité ou sur les risques psycho-sociaux.
Il nous a semblé intéressant d’entendre le Président de l’Association nationale des DRH, Jean-Christophe Sciberras, lui-même directeur des ressources humaines d’un grand groupe industriel.

La CGT, la CFDT, d’autres organisations syndicales réinvestissent peu à peu, dans des formes et selon des modalités différentes, la question du travail. Il nous a semblé que le point de vue de l’UGICT (Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens CGT) qui travaille de longue date sur ce sujet, dans ses différents développements, pourrait être intéressant. C’est pourquoi nous écouterons son Secrétaire général adjoint, Jean-François Bolzinger.

On voit que
le sujet de l’organisation du travail semble en tout cas à nouveau en débat. La crise du travail touche bien entendu à de nombreux autres sujets qu’on pourra d’ailleurs aborder ici et là, mais il nous a semblé qu’il fallait essayer de cibler au moins un sujet central. Il y a bien entendu les évolutions du droit du travail. Il y a la rémunération du travail, sujet actuel. Je ne parle pas du discours déjà ancien sur la « fin du travail » qui risque d’être rattrapé par nos débats d’aujourd’hui.

Bref, la question est sans doute celle des effets de la crise financière sur le travail et sur notre vision du travail. Il nous a semblé urgent d’identifier les termes actuels d’une action des forces vives de ce pays sur l’organisation du travail, c’est-à-dire ceux d’une véritable politique du travail.

Qu’est devenue la qualité du travail ? : Intervention d'Yves Clot, Titulaire de la chaire de psychologie du travail du CNAM, auteur de Le Travail à cœur

Les risques psychosociaux : Intervention de Jean-Christophe Sciberras, Président de l’Association nationale des DRH (ANDRH)

Réconcilier le travail et l’emploi : Intervention de Jean-François Bolzinger, Secrétaire général adjoint de l’UGICT

Une politique du Travail : Intervention de Patrick Quinqueton

Débat final

Conclusion de Jean-Pierre Chevènement

Le cahier imprimé du colloque "Une politique du Travail" est disponible à la vente dans la boutique en ligne de la Fondation

 

Cet article est le 92ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie 

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 23:31

Cette banque illustre la dérive de la finance dérégulée

 

« Le collectif pour un Pôle Public Financier au service des droits regroupe une trentaine de syndicats et associations dédiés à la mise en réseau d'institutions financières dans lesquelles l'État dispose  d'une  influence certaine, directement ou indirectement, afin de les mettre réellement au service du financement de l’économie et de la satisfaction des besoins sociaux ».

Voir Présidentielle : des syndicats pour la création d'un pôle financier public - 3 février 2012

 

Ce collectif a pris position sur la situation de Dexia (Wikipédia).

Voir Dexia, les dessous d'un scandale d'Etat (Le Point, 20 janvier 2012).

Voir aussi, plus récemment En pertes historiques, Dexia interpelle Bruxelles (Les Echos, 23 février).

 

Voici le communiqué de presse publié le 28 février par le "collectif pour un pôle public financier au service des droits" sur l'affaire DEXIA.

Le collectif pour un Pôle Public Financier ne peut se satisfaire du traitement du dossier DEXIA.  Cette faillite est un exemple éclatant des errements de la finance lorsque celle-ci n’est pas contrôlée par la puissance publique. Issue de la privatisation d’une activité exercée initialement par la Caisse des Dépôts (Crédit local de France), cette banque illustre les dérives d’une finance dérégulée et la complicité de certains responsables politiques, les gouvernements français et belge ayant toujours été représentés au sein de son conseil d’administration. Par ailleurs, la dimension de cette faillite ne doit pas escamoter la question des personnels dont le sort reste incertain.

 

Dans un premier temps nous demandons à ce que toutes les leçons soient tirées de cette catastrophe financière qui dépasse par son ampleur celle du Crédit Lyonnais et met une fois encore la collectivité à contribution. Contribution très lourde en 2012, au beau milieu d’une crise économique et sociale, puisqu’au delà de la garantie de plus de 30 milliards d’euros apportée par l’Etat français, la Caisse des Dépôts va devoir s’endetter pour  apporter 11,5 milliards d’euros à DEXIA Municipal Agency pour pallier ses besoins de liquidité immédiats.

 

Il nous paraît donc nécessaire qu’une commission d’enquête parlementaire, consacrée  spécifiquement aux causes et aux conséquences de la faillite de DEXIA (12 milliards d’euros  de pertes en 2011 qui s’ajoutent aux 6 milliards perdus précédemment), soit constituée  pour déterminer les responsabilités sur ce dossier et qu’elles  soient sanctionnées.

 

Dans un deuxième temps, il faudra que cette commission tire les conséquences de l’affaire DEXIA afin qu’elle ne se reproduise plus. Force est de constater que le montage qui est proposé pour la partie financement des collectivités locales et autres acteurs publics (notamment les hôpitaux publics) ne garantit pas suffisamment que les mêmes problèmes ne ressurgissent. Il n’y a en effet aucun contrôle public et démocratique de la structure qui sera gérée en petit comité entre l’Etat, la Caisse des Dépôts et La Banque Postale.

 

http://pourunpolepublicfinancier.org/

Association internationale des techniciens et chercheurs (AITEC) – ATTAC – DAL - Fondation Copernic - Marches Européennes - Résistance sociale - Convergence pour les Services Publics – Etats Généraux du Service Public - Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité - Fédération CGT Finances - INDECOSA CGT - Fédération SUD PTT - Union des syndicats de la CGT du groupe Caisse des Dépôts - SNUP Caisse des dépôts et consignations – FSU - SNP FO Caisses d'épargne - CGT Agence française de développement - Collectif national CGT Caisses d'épargne - CFE/CGC Crédit Foncier - CFTC Crédit Foncier - CFDT Crédit Foncier de France (sous délégation SPUCE) - CGT Crédit Foncier - SU-SNA Crédit Foncier - Union Syndicale SOLIDAIRES - SUD Crédit Foncier - FO Crédit Foncier - CGT BANQUE DE France - SPUCE (Paris - Ile de France : Banque de France, Caisses d'épargne, Crédit Foncier, Agence Française de développement)

 

Cet article est le 91ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 18:50

Agriculture, crise financière et Chevènement, le plus souvent

 

Depuis 53 mois, au début de chaque mois, nous reprenons les titres des articles parus le mois précédent sur ce blog (voir Titres des articles du mois précédent). C’est l’occasion d’adresser un courriel aux amis inscrits sur les listes de distribution, afin de les informer des thèmes abordés sur ce blog. Ceux-ci évoluent dans le temps, selon l’actualité et nos priorités.   

 

Michel SorinDepuis 5 ans et demi, 2073 articles - classés en 50 catégories - ont été publiés sur ce blog.

 

Les  32 titres en février se répartissent ainsi :

 

- Agriculture, filière laitière principalement (12 articles),

- Europe, euro, Grèce, banques, dette (9 articles),

- Chevènement - Sénat et présidentielle (5 articles),

- CiViQ : Jaurès à St-Berthevin (2 articles),

- Le candidat François Hollande en Mayenne (1 article),

- Réforme territoriale, intercommunalité en Mayenne (1 article),

- Céas, démographie de la Mayenne (1 article),

- Législatives en Mayenne (1 article).

 

Titre des articles parus en février 2012 sur http://mrc53.over-blog.com

Actes du colloque de la Fondation Res Publica : réformer les banques (29)

Sénat : les interventions très argumentées de Chevènement sur le MES (29)

Didier Minot : un exposé pour comprendre d'où vient la crise financière (28)

Terre nourricière, livre de Robert Levesque, pour mieux répartir la terre (27)

L'accès à la terre, un problème pour l'installation des jeunes agriculteurs (26)

Salon de l'agriculture : les producteurs de lait alertent les consommateurs (25)

François Hollande était à Laval et dans une ferme à Parné le 23 février (24)

Mikis Theodorakis : appel à l'union du peuple grec contre l'austérité (23)

Agriculture : les propos de Chevènement le 30 nov. 2011 en Mayenne (22)

Refonte de la carte intercommunale : Chevènement rassuré au Sénat (21)

Fédération nationale Apli : André Lefranc (50) succède à Richard Blanc (21)

Mécanisme européen de stabilité : vote des députés français le 21 fév. (20)

Législatives 2012 en Mayenne : suspense dans la 2ème circonscription (19)

La réforme territoriale est l'un des enjeux des élections nationales 2012 (19)

Producteurs de lait : André Lefranc (Sud Manche) élu président de l'Apli (18)

La Grèce, test européen de mesure de la pression limite sur les peuples (17)

Moody's et la Grèce : une histoire datant de 1931 selon Xavier Tracol (16)

Lancement du collectif local pour un audit citoyen de la dette (CAC 53) (15)

L'avenir de la zone euro : la gouvernance fédéraliste de Jean Arthuis (15)

Rencontre CiViQ à Saint-Berthevin : Jean-Pierre Fourré raconte Jaurès (14)

Jean-Pierre Fourré a raconté Jean Jaurès à Saint-Berthevin le 2 février (13)

Office du lait : les consommateurs invités à le rejoindre au Salon le 26 (12)

L'Apli (EMB) est engagée dans un projet de coopérative lait équitable (11)

Jean-Pierre Chevènement au Sénat sur l'industrie automobile française (10)

JP Chevènement au Sénat critique la politique étrangère de la France (09)

Pflimlin aux députés européens : non à la politique laitière libérale (08)

André Pflimlin : les producteurs de lait danois et l'héritage de Mariann (07)

Filière laitière (AG Apli, Tardieu) : la connivence FNSEA-coopératives (06)

Assemblée des producteurs de lait Apli : une nouvelle équipe en place (05)

Céas 53 : deux siècles d'évolution de la démographie en Mayenne (04)

Présidentielle : des syndicats pour la création d'un pôle financier public (03)

Jean-Pierre Chevènement renonce à être candidat à la présidentielle (02)

Cet article est le 53ème paru sur ce blog dans la catégorie Titres des articles du mois précédent

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 23:47

Réforme bancaire et politique monétaire vont de pair

 

Le grand mérite de la Fondation Res Publica est d’organiser des colloques qui font intervenir des experts sur un thème précis. Voir Colloques de la Fondation.

 

Le 23 janvier 2012, c’était La réforme des banques qui était au programme. Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation, ne pouvait être présent en raison de la campagne électorale.

 

Universite-d-ete-MRC-2011-008-T-copie-1.jpgDominique Garabiol, directeur de banque, administrateur et membre du conseil scientifique de la Fondation, se chargeait de l’Accueil. Voici des extraits de son intervention.

 

La problématique de la réforme des banques

Une réforme fondamentale du système bancaire avait été annoncée par le G20 de Londres d’avril 2009. Les États-Unis ont engagé une réforme qui reste limitée (Dodd Frank Act). L’Union européenne a aussi traité un volet institutionnel (création d’autorités de régulation bancaire et de marché au niveau européen) mais les principales questions sont restées sans réponse novatrice. Le comité de Bâle, l’assemblée des régulateurs bancaires, a proposé des adaptations du cadre prudentiel sans en changer la philosophie. Les débats s’articulent finalement en deux thèmes majeurs que sont l’architecture des structures du système bancaire et les nouvelles règles de gestion de la politique prudentielle (…).

Le principe d’une régulation internationale et européenne

Les mouvements de capitaux étant globalisés, il apparaît d’évidence que la régulation doit l’être tout autant. Les deux objectifs légitimes d’une globalisation de la régulation sont à la fois d’éviter des arbitrages réglementaires, les intermédiaires financiers pouvant localiser leurs opérations chez le moins disant réglementaire, et de préserver l’équité concurrentielle entre les banques et entre les systèmes bancaires nationaux.

Mais le niveau international est aussi le niveau de régulation le plus faible. Le jeu des négociations rend les régulateurs très vulnérables aux pressions des lobbies, ne serait-ce qu’en raison de la technicité de la matière et l’importance des intérêts en jeu. Le souci d’arriver à des accords alors que les situations nationales sont fatalement très diverses, amènent aussi les régulateurs au plus petit dénominateur commun. Les grands groupes bancaires sont attachés à la dimension internationale de la régulation par souci d’optimisation des coûts réglementaires mais aussi parce que c’est le process qui aboutit systématiquement aux solutions qui leur laissent le plus de marge de manœuvre.

Les modèles de financement des économies sont très différents d’un pays à l’autre, 70 % étant assuré par l’intermédiation bancaire en Europe continentale alors que c’est l’intermédiation de marché qui assure cette part dans les pays anglo-saxons. Il est donc très incertain qu’une même régulation soit efficace à la fois sur la stabilité financière et sur l’équité concurrentielle. Des régulations s’appliquant à toutes les opérations dans le pays d’activité (par opposition au pays d’origine) seraient a priori plus efficaces en matière de stabilité financière mais elles seraient aussi plus coûteuses pour les intermédiaires financiers et donneraient par nature un avantage aux intermédiaires domestiques. Le choix est de nature politique : veut-on privilégier l’ouverture financière au risque de l’instabilité financière ?

Enfin, la grande limite de la régulation internationale réside dans la « flexibilité » de son application effective. Les États-Unis qui ont inspiré les règles comptables des IFRS et les règles prudentielles de Bâle II ne les appliquent pas. L’Europe qui est elle-même traversée par une hétérogénéité de cultures financières n’a pas de corps de règles en propre et applique scrupuleusement les normes internationales qui n’ont guère d’échos ailleurs. L’Europe n’est-elle pas le dindon de la farce de la régulation internationale ? Par souci d’ouverture, l’Europe n’offre-t-elle pas son marché aux quatre vents ?

L’articulation avec la politique monétaire

La mise en cause de la responsabilité des banques dans la crise renvoie aux explications comportementales de la succession des crises financières qui secouent la mondialisation depuis vingt-cinq ans. Chaque crise serait liée à un comportement déviant des gouvernements, des courtiers de crédits (cf. subprimes), des banques, des comptables (cf. affaire Enron et la bulle internet)… Si lors de chaque crise apparaît un maillon faible, son élimination ne saurait suffire à éviter la prochaine crise si la tension continue de croître sur la chaîne des circuits financiers. Cette tension naît de l’endettement global qui n’est plus maîtrisé depuis une douzaine d’années (abrogation du Glass Steagall Act). C’est l’explication systémique de la crise par opposition à l’explication comportementale.

La déstabilisation du système financier est alimentée par la canalisation des ressources monétaires vers les marchés financiers dès lors que les banques centrales s’autocensurent en considérant que seule l’inflation des biens et services est dans leur champ de compétence et qu’elles peuvent négliger avec dédain l’inflation des actifs patrimoniaux. Les incitations prudentielles à orienter les crédits vers les agents financiers ou vers les titres financiers ferment la boucle du dérapage de la globalisation financière. A tel point que l’heure est maintenant à la réduction urgente des effets de levier (deleveraging), aux désendettements, à la réduction des bilans bancaires.

Pour assainir les circuits financiers, il faudrait que ce désendettement soit focalisé sur les actifs patrimoniaux. Il faudrait, au contraire de la démarche du comité de Bâle, privilégier l’approche systémique des risques en inversant la hiérarchie de leur pondération et pas seulement en augmentant le niveau du ratio de solvabilité. Michel Aglietta proposait ainsi d’introduire les pondérations discrétionnaires sur les actifs bancaires.

Dans un rapport récent du Conseil d’Analyse Economique, Dominique Plihon propose d’utiliser les réserves obligatoires sur les actifs bancaires, tombées en désuétude depuis l’introduction de l’euro, pour différencier les différentes catégories de contreparties, entreprises ou agents financiers notamment. En tout état de cause, repenser la politique monétaire semble un corollaire nécessaire à la réforme des systèmes bancaires. Comme peut-être sur l’euro, on a une urgence mais une impréparation du débat public à ces questions.

Les autres interventions

Comment réguler le système bancaire et financier: derrière les aspects très techniques, de vrais débats politiques

 

Intervention d'Olivier Pastré, Economiste, professeur à l’Université Paris XIII.

Etant donné l’ampleur de la crise financière il faut mener de front plusieurs réformes pour encadrer l’activité bancaire 

Intervention de Jean-Michel Naulot, Membre du collège de l’Autorité des Marchés Financiers.

Une banque d’investissement indépendante peut-elle survivre en France ou en Europe continentale ?

Intervention de Jean-Baptiste Bellon, Analyste financier spécialiste du secteur bancaire (Trapeza Conseil).

Les crises financières : comportement des banques ou épuisement du système?

Intervention de Dominique Plihon, Professeur d'économie financière à l'Université Paris XII, membre du Conseil scientifique d’Attac.

Débat final

Cet article est le 122ème paru sur ce blog dans la catégorie Capitalisme

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 17:12

Les socialistes n’ont pas rompu avec le traité de Lisbonne

 

Le Mécanisme européen de stabilité (MES) a été adopté au Sénat, comme à l’Assemblée nationale, la plupart des parlementaires socialistes et radicaux de gauche s’abstenant, ce qui est une façon de laisser passer le texte, sans perdre leur « respectabilité » européenne. Car, comme au Parlement européen (le « paquet lait » qui valide la dérégulation du secteur laitier européen), les socialistes sont favorables au traité de Lisbonne.

A noter que 23 députés du groupe PS avaient voté contre à l’Assemblée nationale, comme l’ont fait Pierre-Yves Collombat, Marie-Noëlle Lienemann (PS) et Jean-Pierre Chevènement (RDSE) au Sénat.

Les votes des sénateurs résultent d’un clivage qui remonte au référendum 2005 de ratification du traité constitutionnel européen, suivi de l’adoption du traité de Lisbonne en 2008 - que de nombreux juristes considèrent comme un coup d’Etat, car gommant la volonté du peuple souverain.

Voir Scrutin n° 111 - séance du 28 février 2012 - Sénat et Feu vert du Parlement au mécanisme européen de stabilité (site du Nouvel Observateur, 28 février).

 

MRC national 002Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, est intervenu deux fois le 28 février, expliquant sa position et justifiant ses votes contre le Mécanisme Européen de Stabilité. Extraits.

Le Mécanisme européen de stabilité: un pare-feu illusoire et une procédure détournée

Intervention de Jean-Pierre Chevènement au Sénat sur le Mécanisme européen de stabilité, 28 fév. 2012.

Nous sommes saisis de deux projets de loi, l’un autorisant la ratification du traité instituant le mécanisme de stabilité, l’autre autorisant la ratification de la décision du Conseil européen modifiant l’article 136 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne.

I- s’agissant de la création du MES, je me bornerai à deux observations :

  • Le MES est partie intégrante du dispositif mis en place par le TSCG (Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union économique et monétaire) qui prévoit notamment l’intégration de la prétendue « règle d’or » dans un texte « de préférence constitutionnel ». Ce texte, s’il était adopté, nous ferait plonger dans une récession prolongée à l’échelle de la zone euro toute entière.
  • Seconde observation : le MES est un mécanisme opaque qui n’assure nullement le contrôle par le Parlement des fonds publics potentiellement mis à disposition par la France soit 142 milliards d’euros (…).

II - J’en viens maintenant à la modification de l’article 136 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne qui fait l’objet du second projet de loi par la voie dite de la « révision simplifiée ».

(…) Il n’est pas contestable que le traité concernant le MES diminue les pouvoirs des Etats membres et augmente les compétences attribuées à l’Union, en particulier les pouvoirs de la Commission européenne. Le projet de loi qui modifie l’article 136 du TFUE vise donc à permettre une extension des compétences de l’Union européenne. La révision simplifiée prônée par le TFUE n’est donc pas possible en la circonstance.

Le transfert, en toute illégalité, à des autorités européennes et internationales qui ne sont soumises à aucun contrôle démocratique de pouvoirs qui relèvent pas nature de la souveraineté populaire s’apparente à un véritable coup d’Etat. Toute cette construction porte la marque de la précipitation. Aucune réflexion d’ensemble, aucun débat argumenté n’ont eu lieu sur les causes profondes de la crise de l’euro.

L’Europe croit se sauver en violant sa propre légalité. En réalité elle persévère dans l’erreur. Il serait plus sage de reprendre un peu de distance pour ne pas s’enfermer toujours davantage dans l’exercice consistant à vouloir remplir un puits sans fonds. Mais c’est un autre débat que nous aurons ce soir sur la préparation du Conseil européen qui doit se tenir les 1er et 2 mars prochains.


Pour toutes ces raisons de forme et de fonds, je voterai donc contre les deux projets de traité concernant le prétendu « mécanisme européen de stabilité ».

Il faut organiser en Europe non pas la récession mais la croissance

Intervention de JP Chevènement au Sénat sur la préparation du Conseil européen des 1 et 2 mars, 28 fév. 2012.

1) Le Conseil européen des 1er et 2 mars va se pencher sur la récession qui, selon la Commission, frappera la zone euro en 2012. La zone euro est la seule zone du monde qui verra diminuer son PIB de 0,3%, alors que, partout ailleurs, il augmente : pays émergents de l’Asie, 7,3%, Chine : 8,2%, Amérique latine : 3,8%, Russie : 3,3% et même aux Etats-Unis : 1,8% alors que leur dette, leur déficit public et leur balance extérieure sont beaucoup plus dégradés que ceux de la zone euro.

2) Il n’y a pas besoin de chercher bien loin l’origine d’un tel état de fait ; c’est la logique de l’euro elle-même. La monnaie unique comporte un vice congénital : elle juxtapose, en effet, dix sept économies hétérogènes à l’ombre d’une Banque centrale européenne copiée sur le modèle de la Bundesbank allemande. La priorité donnée à la seule lutte contre l’inflation enferme la zone euro dans une croissance lente et un chômage de masse : environ 10% de la population active. La surévaluation de l’euro, depuis son lancement, en 1999, a creusé avec les Etats-Unis et la Chine dont la monnaie est arrimée au dollar, un écart de compétitivité de 30%.

Au sein même de la zone euro, la politique salariale déflationniste mise en œuvre par l’Allemagne, depuis le début des années 2000, a accru l’écart de quinze points entre ce pays et le reste de la zone euro, écart auquel a contribué aussi la polarisation naturelle qui s’effectue au sein de toute zone monétaire entre la partie riche, industrialisée et excédentaire, et la partie la plus pauvre, dominée par une économie de services et déficitaire.

 

3) L’endettement d’Etats de moins en moins solvables devrait aboutir à la crise des dettes souveraines. Le cas de la Grèce n’est qu’un cas extrême, car la crise est générale : le Portugal ne peut plus emprunter qu’à 11 % l’an, l’Espagne et l’Italie à 5,5 %. Cette situation n’est pas tenable dans la durée.

4) Le MES n’est pas un pare-feu suffisant. A supposer qu’il réussisse à lever 500 milliards d’euros sur les marchés financiers, comment ferait-il face à un possible défaut de l’Italie, dont la croissance, en 2012, sera négative (-1,8 %), alors que sa dette publique atteint 1900 milliards d’euros dont près de 300 devront être levés cette année? M. Cohn-Bendit veut faire croire que ces cinq cents milliards pourraient servir d’amorce à la solidarité des peuples européens. Au mieux, ils ne serviront qu’à renflouer les banques. M. Draghi, le Président de la BCE, peut bien mettre le malade sous morphine en ensevelissant non pas les Etats mais les banques sous des montagnes de liquidités, les vices structurels de la monnaie unique n’en seront pas corrigés pour autant, tandis que les effets pervers de ce traitement sous morphine ne manqueront pas d’apparaître. Mal pensée, dès le départ, la monnaie unique se révèle être un tonneau des Danaïdes où s’engloutira toujours davantage l’argent des contribuables.

5) On a voulu faire l’Europe en dehors des nations. Leur souveraineté monétaire a été aliénée à un aréopage de banquiers centraux qui n’ont de comptes à rendre à aucune instance procédant du suffrage universel. Des instances purement technocratiques – Commission européenne, Banque Centrale, Cour de Justice de l’Union européenne – aucune ne procédant de l’élection – se sont arrogées des pouvoirs exorbitants.

L’aliénation de la souveraineté monétaire par le traité de Maastricht devait inévitablement aboutir à l’aliénation de la souveraineté budgétaire. Nous assistons à la naissance d’une Europe post démocratique où le vote du budget sera soustrait au vote des Parlements, dont c’était depuis des siècles la raison d’être. Ainsi se vérifie la formule lancée au moment de la ratification en 1992 du traité de Maastricht par Philippe Seguin : « 1992 c’est l’anti 1789 ! ».

6) Certains nous parlent mielleusement de « grand saut fédéral » : trêve d’hypocrisie ! Le système dans lequel on nous propose d’entrer encore plus profondément est purement coercitif. Il ne comporte aucun élément de redistribution ou d’aménagement du territoire. L’Europe fédérale était sûrement le grand dessein ourdi depuis plus d’un demi-siècle par Jean Monnet et ses épigones. Mais le résultat, à l’arrivée, ne ressemble en rien aux promesses dont nous avons été rassasiés et que j’avais réunies dans un petit livre, publié en 1997, intitulé
« Le bêtisier de Maastricht ». Le florilège des mirages entretenus depuis vingt ans - prospérité, plein emploi, surclassement du dollar, avènement d’une Europe-puissance - montre à l’évidence que ceux qui ont conçu la monnaie unique n’en ont pas vu les conséquences et ne signeraient sans doute plus aujourd’hui le traité de Maastricht (…).

 

Rappel : Sénat : Chevènement opposé à la perte de la souveraineté budgétaire - 19 juin 2011

Chevènement, au Sénat, dans le débat sur le programme de stabilité - 30 avril 2011

Le sénateur Chevènement : la France devrait dire non à l'Allemagne - 18 février 2011 

 

Cet article est le 29ème paru sur ce blog dans la catégorie Chevènement sénateur

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 23:43

Les citoyens ont le devoir de remettre la finance à sa place

 

Mes relations avec Didier Minot ont commencé au moment de la coopération en Algérie (formation des étudiants de l’Institut de Technologie agricole de Mostaganem), au début des années 1970. Puis, en 1981, alors qu’il était au cabinet de la ministre de l’agriculture, Edith Cresson, je lui faisais remonter les problèmes des agriculteurs en difficulté financière (c’était mon activité professionnelle en Mayenne).

 

Après l’échec de la gauche, en 2002, nous avons réfléchi ensemble à la création d’une association d’éducation citoyenne. Ce fut RECit à laquelle je continue d’adhérer, au nom de l’association CIVIQ. Didier était l’un des intervenants lors de la Rencontre CiViQ du 20 avril 2006 à Laval (Mayenne) - voir  Didier MINOT (Réseau des écoles de citoyens) - 17 juillet 2006.

 

Voir aussi cette vidéo du blog2roubaix rencontre avec didier minot quand il était intervenu au nom de nombreuses associations, adhérentes de RECit (voir Circulaire du 18 janvier 2010 : le tout marché étendu aux associations - 23 avril 2010).

Didier Minot est intervenu récemment pour traiter le problème de la crise financière. Comprendre la crise et en sortir.

Voici un résumé du document de RECit N°20 Pourquoi la crise financière, comment s’en sortir ? Didier Minot, 76 pages, janvier 2012.

Nul ne peut être indifférent aujourd’hui à la crise financière. Il a paru opportun de donner à comprendre la crise financière en rassemblant des extraits de quelques textes parmi les plus éclairants, est en les simplifiant pour les rendre plus accessibles à des non spécialistes.

L’objectif est de permettre au lecteur de mieux comprendre les événements que nous vivons, prendre conscience de la folie collective qui s’est développée à l’échelle mondiale, afin d’entrevoir les solutions qui existent et pouvoir agir collectivement. Il n’y a pas de fatalité, nous pouvons trouver l’énergie pour agir.

"Pourquoi la crise financière" : grandes lignes de l’exposé introductif de la soirée du 14 février 2012

 

1- Historique de l’évolution du capitalisme financier

Pour comprendre la crise financière, il faut remonter en arrière, aux évolutions et aux décisions prises dans les années 70 et 80, qui ont permis le développement d’un capitalisme dérégulé :
 L’interdiction faite aux banques centrales de financer les états, en se reposant exclusivement sur la création monétaire par les banques privées
 Le développement des marchés à terme lié à l’instauration des taux de temps de change flottants en 1971, facteur d’instabilité financière dans les échanges internationaux
 L’émergence d’un marché financier mondial lié à l’évolution des technologies et notamment à la révolution d’information
 La possibilité ouverte aux opérateurs financiers de conclure des marchés de gré à gré sans passer par une instance officielle, d’où une opacité du marché
 La possibilité offerte de se sur-assurer pour couvrir les risques d’un marché à terme, puis de s’assurer sur un bien qu’on ne possède pas, c’est-à-dire de faire des paris sur les évolutions économiques financières (produits dérivés)
 La mise en place de produits financiers de plus en plus complexes, dans lesquels il devient difficile d’apprécier la part de risque face à des rentabilités élevées.
 La possibilité de souscrire des produits dérivés « à nu » est source de manipulations et manoeuvres frauduleuses. Quand il est possible de « prendre des paris sur la maison du voisin, puis d’y mettre le feu », il est tentant d’agir pour que la catastrophe arrive. Ce qu’a fait Goldman Sachs par exemple.

 

2- Explication de la crise financière actuelle

La crise financière actuelle a débuté avec le développement incontrôlé du marché hypothécaire américain, notamment en direction des ménages les moins solvables (subprimes), et s’est propagée de façon explosive.
 Dans les années 2000, on a fait des prêts à remboursement différé à des ménages insolvables, en accordant tous les 3 ans un nouveau prêt plus important basé sur l’augmentation du prix de l’immobilier. Quand le marché s’est retourné, des millions de ménages ont été en faillite (crise des subprimes)
 Les institutions financières se sont retrouvées prises au piège des règles comptables (enregistrement des biens à la valeur de marché et non à la valeur d’acquisition) lorsque les créances qui figuraient dans leurs comptes sont devenues sans valeur.
 La crise s’est propagée parce que les créances avaient été transformées en titres (un titre = plusieurs milliers de créances), eux-mêmes agrégés par tranches de crédit les uns aux autres (dans des CDO) dans une opacité de plus en plus totale. De ce fait, la perte de confiance s’est propagée à l’ensemble des titres de l’ensemble des banques et a conduit à un blocage du système bancaire par manque de confiance réciproque.
 De ce fait, de nombreuses banques se sont retrouvées en difficulté avec des pertes colossales.
 Le gouvernement américain a renfloué les premières banques, mais a refusé de renflouer la banque Lehman Brothers. Cette faillite a provoqué une panique qui a obligé l’ensemble des gouvernements à injecter des sommes massives pour renflouer les banques afin d’éviter l’écroulement total de l’économie comme en 1929.
 Cependant, tout le monde n’a pas été perdant : les institutions financières qui avaient parié sur l’effondrement ont gagné des sommes colossales en peu de temps.
 Les agences de notation, qui sont payés par les banques, mesurent le niveau de risque financier pris non pas par les investisseurs mais par les spéculateurs (autre nom des 700 institutions financières dominantes qui contrôlent 80 % des transactions). Elles ne sont pas indépendantes, et provoquent par leurs annonces les phénomènes qu’elles prétendent conjurer (« les thermomètres qui rend malade »).

 

3- Comment les banques ont entraîné les Etats dans leur chute

Le sauvetage des banques en 2008 s’est fait sans conditions, alors qu’il aurait été possible pour les Etats de reprendre en main ce secteur en instaurant des règles, en imposant des administrateurs ou en les nationalisant. Loin d’être reconnaissantes aux Etats, les banques ont utilisé les fonds qui leur étaient prêtés pour reprendre les spéculations et acheter des dettes d’État (c’est-à-dire prêter à un taux d’intérêt élevé l’argent que les Etats leur avaient prêté à taux nul). Bien plus, les banques ont utilisé les agences de notation pour souligner que les Etats risquaient de ne jamais pouvoir rembourser leurs dettes. Cela a permis aux banques et aux institutions financières d’exiger des taux d’intérêts beaucoup plus élevés en s’appuyant sur l’abaissement des notes financières (alors que les banques ne courent aucun risque si les États renflouent les banques défaillantes, trop grosses pour faire faillite). En 2010, on s’est aperçu que les États s’étaient beaucoup trop endettés. La dette liée au remboursement des banques s’étaie ajoutée aux autres dettes publiques accumulées. L’accroissement de la dette publique provient des intérêts payés pour la création monétaire depuis des décennies, du ralentissement de l’économie liée à la crise financière et économique, mais également de la contre-révolution fiscale qui s’est traduite par une suppression d’un tiers des recettes de l’État entre 1982 et 2009. Les institutions financières ont alors exigé que les gouvernements mettent en place des plans d’austérité dans tous les pays européens, et surtout dans les pays les plus fragiles, en diminuant les salaires et les dépenses publiques, sans toucher aux revenus du capital ni aux privilèges des institutions financières et des grandes entreprises. L’austérité est une solution suicidaire qui aggrave la récession, puisque les mesures imposées se traduisent par un ralentissement de l’économie, de moindres rentrées fiscales et un accroissement de la dette. Mais si la dette s’accroît et si les taux d’intérêt augmentent parce que le risque augmente, les profits des institutions financières s’accroissent, tout du moins tant que le système n’explose pas. Pourquoi les gouvernements européens mènent-ils une telle politique ? L’aveuglement idéologique et la bêtise ne sont pas à exclure comme en témoigne la crise des années 30. Cependant, la crise constitue également un effet d’aubaine pour tous ceux qui veulent remettre en cause les droits sociaux et le modèle social européen hérité de la 2e guerre mondiale.

 

4- Quelques références historiques

Il n’est pas inutile de rappeler quelques références historiques :
 L’exploit de Nathan Rothschild en 1815 lui a permis de construire sa fortune sur un coup de bluff lié à une meilleure information quant à l’issue de la bataille de Waterloo
 La crise de 1929 aux États-Unis reste une référence qu’il faut connaître, car la crise actuelle présente de grandes similitudes. Il est essentiel de voir comment les États-Unis et le monde sont sortis de cette crise, d’abord à travers le New Deal (avec des résultats mitigés) mais ensuite par la 2e guerre mondiale. Cette référence historique est essentielle pour s’interroger sur les sorties de la crise actuelle.
 L’Argentine a connu une série de crises financières, dont elle s’est sortie en 2001 en refusant le diktat du FMI et en se déclarant en cessation de paiement de façon à renégocier sa dette. Le peso a été dévalué de 30 %, les monnaies locales ou régionales ont été mises en place au plus fort de la crise, les entreprises en faillite ont été reprises par leurs travailleurs, le gouvernement a mis en place une politique de relance qui a permis rapidement de retrouver le chemin de la reprise des activités.
 A l’inverse, la Grèce n’en finit pas d’être étranglée pour ne pas savoir dire non. Les événements de ces derniers jours confirment l’impasse dans laquelle s’est engagé le pays pour ne pas avoir su suivre l’exemple de l’Argentine. Mais l’histoire n’est pas finie.

 

5- Une réflexion sur les causes est nécessaire

Cette réflexion est à peine esquissée. À ce stade, nous avons pointé :
 Si les mutations technologiques, très rapides avec la révolution de l’information et des transports, auraient pu être mises au service du bien commun et résoudre une grande partie des problèmes de l’humanité, elles ont, au contraire, été mises au service du profit qui secrète de nouvelles inégalités mais aussi la crise financière actuelle.
 Le fanatisme de marché dénoncé par Joseph Stieglitz, Patrick Viveret, et bien d’autres…
 Une logique de marchandisation jusqu’au plus intime de nous-mêmes, gravé dans le marbre par l’organisation mondiale du commerce.
 Les vices de construction de l’union européenne, construction déséquilibrée, acceptée passivement par la France et par l’équipe de Jacques Delors sous les diktats successifs de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne, concrétisée par les traités de Maastricht et de Lisbonne, dont on voit aujourd’hui les résultats. La crise actuelle favorise la fragmentation de l’Europe.

 

6- Que faire pour mettre la finance au service de la société ?

Cette réflexion est inachevée car l’actualité apporte tous les jours des éléments nouveaux. Par ailleurs, les solutions à la crise financière ne sont pas seulement financières. On peut néanmoins synthétiser quelques éléments.

Que peuvent faire les citoyens ? Les citoyens et les organisations doivent se mobiliser à leur niveau pour faire pression sur les gouvernements et pour faire émerger des alternatives :
 Il est possible de se mobiliser contre la dette, en participant au comité pour un audit citoyen de la dette publique, en exigeant plus de lumière sur les causes de cette dette.
 Il est possible d’agir avec les collectivités locales, qui ont été flouées par les banques (Dexia et d’autres) en souscrivant en toute confiance à des prêts très toxiques.
 Il est essentiel également de défendre le rôle des services publics, des associations au service de l’intérêt général, et de toutes les actions contribuant au bien commun.
 Il est possible, comme cela se fait déjà aujourd’hui, de multiplier les actions porteuses d’alternatives sur le terrain afin de tester aujourd’hui des solutions pour demain et de convaincre la population qu’il est possible d’agir autrement (…).

 

Rappel : Lancement du collectif local pour un audit citoyen de la dette (CAC 53) - 15 fév. 2012 

 

Cet article est le 121ème paru sur ce blog dans la catégorie Capitalisme

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 22:51

Refaire le monde, protéger les ressources naturelles

 

J’ai fait la connaissance de Robert Levesque lors d’une réunion du Mouvement agricole et rural solidaire (Mars) - voir L'accès à la terre, un problème pour l'installation des jeunes agriculteurs - 26 février 2012.

En fin de réunion, il a présenté, brièvement, son livre TERRE NOURRICIERE, un livre sur le lien entre les usages de la terre et le réchauffement climatique. Aux éditions L’Harmattan, 2011.

 

Voir ROBERT LEVESQUE. Présentation du livre par agter-video (synthèse vidéo de la réunion thématique organisée par l’association aGter le 7 décembre 2011 avec Robert Levesque).

 

La préface de l’ouvrage est signée par Hubert Cochet, Président d’AGTER, professeur d’agriculture comparée à AgroParisTech.

 

C’est un ouvrage important, qui traite de questions beaucoup trop peu développées jusqu’ici, et qu’il est pourtant extrêmement urgent de traiter avant qu’il ne soit trop tard. Le sous-titre, Halte au pillage des biens communs, laisse entrevoir l’angle avec lequel Robert Levesque a choisi de traiter le sujet. Il nous offre à la fois le regard d’un scientifique, avec un examen lucide et très bien documenté des questions agronomiques, et il est en même temps capable de souligner toute l’absurdité des règles et des pratiques d’exploitation des ressources naturelles qui dominent le monde d’aujourd’hui.

 

Hubert Cochet souligne dans la préface que ce "… livre résonne comme un cri d’alarme …". "Il n’est désormais plus possible d’envisager l’avenir de l’humanité comme un chemin unilatéral vers le « développement », la « croissance », - à laquelle toutes les énergies humaines seraient consacrées - étant supposée conduire à une satisfaction toujours plus grande et toujours plus élargie des besoins"

"Sans verser pour autant dans un malthusianisme pourtant revigoré aujourd’hui par la prise de conscience du caractère fini des ressources de notre Terre, Robert Levesque propose plutôt de renouveler notre rapport à la nature et d’asseoir cette renaissance sur un ensemble de politiques foncières pensées à l’échelle mondiale et visant à réguler l’utilisation du sol dans le sens de l’intérêt général et partagé de l’humanité. Il écarte, non sans raison, les tentatives de marchandisation de la nature qui, au nom d’une « valorisation » de cette dernière et pour en promouvoir le meilleur usage possible, affectent un prix, mesuré en unités monétaires, à la nature. Parce qu’un tel calcul financier implique nécessairement de se soumettre à la tyrannie de l’actualisation, il conduit de facto à sacrifier le long terme au court terme, alors même que les services multiples apportés par la « terre nourricière » dans le futur n’ont pas moins de valeur que ceux qu’elle est en mesure d’apporter aujourd’hui." (…)

 

Le chemin d’un développement plus conforme à l’intérêt général "passe par une meilleure répartition de la terre entre tous les humains, entre les agriculteurs d’une part - et ceci pose en termes renouvelés la question de la réforme agraire -, entre les consommateurs d’autre part, afin que chacun ait une empreinte comparable sur la planète, la plus raisonnable possible. Tel est le formidable défi posé par ce livre, balisant le chemin à parcourir pour changer notre rapport à la nature et passer ainsi de l’Anthropocène à l’Ecolocène."

 

Voici le commentaire et le résumé publiés par la maison d’édition L’Harmattan dans le comité de presse relatif à la parution de l’ouvrage.

Ce livre fait le point sur les contraintes auxquelles la production alimentaire mondiale se trouvera confrontée : le réchauffement climatique, le manque de terre « nourricière », la pénurie d’éléments fertilisants, l’érosion de la biodiversité. Mais il est avant tout une invitation à la vie, contre « l’utopie du toujours plus », contre le suicide collectif de l’humanité. Il se veut positif, et indique des voies pour sortir de l’impasse socio-écologique dans laquelle l’humanité s’est engouffrée.

Le constat est sans appel : nous vivons au-dessus des moyens que la nature met à notre disposition, et aux dépens des générations futures. Le « toujours plus » en matière de consommation d’énergie fossile, de terres bétonnées et bitumées, de biens matériels utilisant des ressources naturelles non renouvelables est impossible durablement pour l’humanité. L’homme s’est mis en tête de dominer la nature, de la mettre à son service. Ce faisant, non seulement il se comporte comme une espèce invasive qui épuise les ressources naturelles dont il a besoin pour vivre, mais il modifie également les caractéristiques de la biosphère à tel point qu’il est susceptible de rendre invivable la planète pour son espèce. Ce « toujours plus » ne peut que conduire à de graves conflits sociaux, des guerres que personne ne pourra gagner.

Avant tout, pour sortir de l’impasse écologique dans laquelle l’humanité s’est engouffrée et donc pour le bien-être de chacun, il faut changer de paradigme. L’homme doit abandonner l’idée de dominer le reste de la nature. De la domination de la nature, de la destruction de la biosphère, nous devons passer à une symbiose entre l’homme et le reste de la nature. De la compétition, de l’individualisme, nous devons aller à la coopération, à la solidarité, au partage y compris avec les générations futures.

La nature ne négocie pas. Aux hommes de négocier entre eux l’accès aux ressources naturelles, notamment à la terre nourricière. Pour nourrir l’humanité, une gouvernance démocratique mondiale des biens communs de l’humanité, notamment des ressources naturelles (la biodiversité, les espaces naturels, le climat, les réserves minières) doit se mettre en place en lien avec les politiques locales. La propriété de ces biens doit être encadrée sur la base de la déclaration des droits de l’homme qui prévoit des limites à la propriété dans l’intérêt général. Au lieu de laisser faire la course mondiale aux hectares naturels, des réformes agraires doivent être engagées pour permettre aux affamés de se nourrir.

Ce livre propose des pistes de solutions, une voie pour atteindre l’Ecolocène, l’ère de la symbiose entre l’homme et le reste de la nature. Le temps est compté. C’est sans doute la première fois que l’humanité dans son ensemble est susceptible de se détruire. L’état d’urgence socio-écologique doit être décrété. Un futur apaisé doit nous faire rêver et nous motiver à le construire.

Résumé
Le dérèglement climatique auquel nous assistons et participons se traduit par une augmentation des tempêtes, des inondations, des sécheresses et des canicules. Il fait baisser les rendements agricoles alors que la concurrence entre les productions de biomasse alimentaire, énergétique et de biomatériaux commence à faire rage et pèse sur l’équilibre alimentaire mondial. Pour satisfaire les besoins alimentaires futurs de l’humanité, il faut équilibrer au plus vite émissions et capture des gaz à effet de serre. Il y a urgence. La crise énergétique n’est pas celle du manque d’énergie fossile, mais bien celle de l’excèdent de la demande par rapport à l’offre en énergies renouvelables. Les économies d’énergie, premier gisement à exploiter, et la progression des énergies renouvelables doivent mobiliser tous les investissements en matière énergétique.

 

Autre aspect trop souvent délaissé, les rendements agricoles ont augmenté avec l’utilisation d’engrais azotés de synthèse, fabriqués à partir de gaz naturel, et de ressources minières, ressources naturelles non renouvelables et non substituables entre elles. Il faut donc inventer, en quelques décennies, une agriculture durable, en recyclant les éléments comme les phosphates et la potasse.

Compte tenu de la lutte à livrer contre le réchauffement climatique, nous devons nous contenter des surfaces arables actuelles. Nous pouvons envisager de développer des systèmes agro-forestiers mais aussi de diminuer, dans les pays riches, notre consommation de viande et de calories. Par contre, mettre en culture de nouvelles surfaces en libérant du carbone supplémentaire dans l’atmosphère ne pourrait nous conduire qu’à une victoire à la Pyrrhus ! (…)

 

Cet article est le 291ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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