Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
  • Contact

Texte libre

Recherche

Courriel

 

 

 

 

Articles Récents

19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 19:08

Le redécoupage produit ses effets sur les candidatures

 

Les élections nationales 2012 (présidentielle les 22 avril et 6 mai - et législatives les 10 et 17 juin) vont décider de l’avenir de la loi sur la réforme territoriale (voir La réforme territoriale est l'un des enjeux des élections nationales 2012 - 19 février 2012).

 

Le redécoupage des circonscriptions législatives de la Mayenne (voir Elections législatives 2012 - Préfecture de la Mayenne) a des conséquences sur les candidatures aux élections législatives, notamment dans le Sud Mayenne. C’est ce qui est souligné par Arnaud Bélier dans un article paru dans Ouest-France daté des 18 et 19 février, sous le titre « Attention à la nouvelle carte des circonscriptions ».

(…) La loi sur le redécoupage électoral adoptée le 21 janvier 2010 a redessiné la carte des circonscriptions législatives mayennaises, sans que les élus locaux, pas même les députés sortants, n’aient été consultés.

Conséquence : plusieurs cantons changent de circonscription. Le canton de Loiron passe de la 2ème (Château-Gontier) à la 3ème circonscription (Mayenne).

Le canton de Saint-Berthevin et, plus surprenant, celui de Laval Nord-Ouest (quartiers d’Hilard, Grenoux et Le Pecq) passent de la 1ère (Laval) à la 2ème (Château-Gontier).

Le canton de Laval Nord-Est (communes de Changé, Saint-Germain-le-Fouilloux, Saint-Jean-sur-Mayenne et quartiers lavallois des Pommeraies et de la gare) passe de la 3ème (Mayenne) à la 1ère  (Laval). 

 

Ce redécoupage est l’élément nouveau des élections 2012. Il concerne principalement la 2ème circonscription, celle du Sud Mayenne, où l’incertitude est la plus grande, tant en ce qui concerne les candidatures que les résultats.

 

Depuis deux mois (voir Elections législatives 2012 dans le Sud Mayenne (2ème c.) : suspense - 21 décembre 2011),  on n’en sait pas beaucoup plus sur les candidatures. L’UMP a désigné son candidat, Guillaume Chevrollier. Si la probabilité de la candidature d’Elisabeth Doineau est grande, on ne sait pas ce que feront Marc Bernier, député sortant (République Solidaire), et Philippe Henry, maire de Château-Gontier.

 

A gauche, si les candidatures du Front de gauche et EELV sont connues depuis longtemps, rien de nouveau du côté PS. Qu’en est-il de la candidature féminine recherchée ? Dans le cadre de la recherche d’un accord électoral national, le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) demande au PS de réserver cette circonscription à un candidat MRC, comme c’est le cas dans la 3ème circonscription avec EELV. On peut s’attendre à une décision dans les prochains jours.

 

  Cet article est le 30ème paru sur ce blog dans la catégorie Législatives 2007-2012

Repost 0
Published by SORIN Michel - dans Législatives 2007-2012
commenter cet article
19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 11:50

La fronde des élus locaux menace la majorité sortante

 

La réforme territoriale votée en 2010 ira-t-elle à son terme ou sera-t-elle emportée par le changement de majorité nationale en 2012 ? La réponse dans quelques mois, à l’issue des élections législatives des 10 et 17 juin. Dans l’immédiat, faisons le point de la situation, y compris au niveau local en Mayenne.

 

D’abord la carte de l’intercommunalité

 

Dans la Lettre des Acteurs publics, n° 419, 15 février 2012, on constate une prise en compte du mécontentement des élus locaux.

Les députés adoucissent le regroupement de communes
L’Assemblée nationale a voté, le 14 février, un assouplissement de la carte de l’intercommunalité pour apaiser la fronde des élus locaux inquiets de se voir imposer un regroupement par les préfets.
Lire la suite

 

En Mayenne (rappel : La carte remodelée de l'intercommunalité est esquissée en Mayenne - 12 janvier 2012), le préfet a proposé un regroupement autour du Pays de Mayenne qui ne semble pas du goût des élus concernés. Voici des extraits d’un article publié par Le Courrier de la Mayenne, le 9 février, sous la signature de Armel de Sansal.

 

Mayenne-Lassay-Le Horps : un seul territoire ? Elargir… Mais jusqu’où ?

 

Dans le cadre de la réforme de l’intercommunalité, il est désormais question d’un nouveau territoire de coopération qui s’étendrait jusqu’aux confins nord du département, liant ainsi les destinées de Sacé et Thuboeuf…

 

Passé presque inaperçu, un arrêté préfectoral publié le 29 décembre prévoit de fusionner l’intégralité de la communauté du Horps-Lassay (CCHL) avec la communauté du Pays de Mayenne (CCPM), dont le territoire s’étendrait dès lors jusqu’à la frontière nord du département. En décembre, la préfecture avait suggéré une dissolution de la CCHL, conduisant au rattachement du canton du Horps à la CCPM et de celui de Lassay à Villaines-les Avaloirs. Mais il semble que les réticences des élus de Villaines et des Avaloirs, qui ne souhaitent pas aller au-delà du rapprochement de leurs deux établissements, ont été entendues… Que faire dès lors du canton de Lassay ? Qu’à cela ne tienne, c’est désormais l’intégralité de la CCHL qui doit fusionner avec le Pays de Mayenne (…)

 

Le 12 mars, la CDCI (commission départementale de la coopération intercommunale) se réunira pour valider ou non le projet de fusion. Il faut l’opposition de 70% des membres pour faire obstacle au schéma proposé par le préfet. La commission compte 40 membres, parmi lesquels 10 sont concernés : Jean-Pierre Le Scornet (conseiller régional), Michel Burson (La Chapelle-au-Riboul), Jean-Pierre Bernard-Hervé (Mayenne), Alain Schmitt (Villaines-la-Juhel), Jean-Michel Crinière (Lassay-les-Châteaux), Michel Lambert (Avaloirs), Alain Dilis (CC de Villaines), Michel Angot (Pays de Mayenne), Patrick Soutif (Le Horps-Lassay), Guy Bourguin (syndicat mixte eau potable Nord Mayenne.

 

Le calendrier électoral incertain dans l’attente des élections 2012

 

Selon le Centre d'étude et d'action sociale de la Mayenne - Céas53 (Céas-point-com, n° 442, 3 février 2012), L’Express, dans son édition du 11 janvier 2012, se pose la question de la date des prochaines élections régionales - qui seraient plutôt, en l’occurrence, des élections territoriales...

La réponse serait évidente en temps ordinaire, précise Michel Feltin-Palas, mais cette fois-ci elle dépend des résultats de l’élection présidentielle. Si Nicolas Sarkozy est réélu, ce sera 2014 conformément à la loi sur la réforme des collectivités territoriales qu’il a voulue.

Par contre, François Hollande a annoncé que s’il l’emporte, il annulera cette réforme. Reviendrait-on alors à des élections régionales en 2016 (mandat de six ans) ? Problème, précise L’Express, car « cet allongement de deux ans pourrait se heurter à des problèmes juridiques »… L’entourage de François Hollande répond que le Conseil constitutionnel serait sondé pour choisir une date (2015 ?) qui ne risquerait pas d’être censurée...

 

L’avenir agricole, hebdomadaire régional d’informations agricoles et rurales, dont le siège est à Laval (voir L'AVENIR AGRICOLE EN LIGNE), a publié dans son édition du 13 janvier 2012, sous la signature de Christophe Zapata, cet article :

 

La réforme territoriale suspendue aux élections

 

La réforme territoriale, qui a commencé par la carte de l’intercommunalité, se poursuivra par la fusion région-départements en 2014, si la majorité actuelle est reconduite aux prochaines élections.

 

La réforme territoriale répond à trois objectifs : réduire l’empilement des structures (communes, syndicats intercommunaux, pays, etc.), simplifier la répartition des compétences, et réduire le montant global des dépenses des collectivités territoriales (…).

 

La réforme ira-t-elle à son terme ? Tout dépendra des élections du printemps 2012 car la gauche n’accepte pas la disparition des départements. « Ce serait une régression territoriale. La Région n’existe que sur la base d’une politique régionale et non sur une somme de politiques cantonales », déclarait le président de la Région des Pays de la Loire, Jacques Auxiette, lors d’un passage en Mayenne.

 

« Avec Maryline Lebranchu, nous avons travaillé sur un projet alternatif aboutissant à une nouvelle forme de décentralisation donnant une responsabilité accrue aux Régions, dans les domaines de l’emploi, de la recherche, de l’innovation et de financement des PME. Et nous abrogerons le projet actuel ». Et si les élections reconduisent l’actuelle majorité, l’intercommunalité devra être en place d’ici fin 2012 et la nouvelle assemblée territoriale, fusionnant Régions et Départements, devrait être élue en 2014 sur la base de cantons redécoupés. La loi encourage aussi la fusion entre départements (Alsace), voire entre Régions (Normandie).

 

Enfin, la loi crée les métropoles, à condition de regrouper au moins 500 000 habitants – disposition non applicable à l’Ile-de-France, qui fait l’objet  du projet du Grand Paris. La réalisation de tous ces projets dépendra du résultat des urnes au printemps.

 

Cet article est le 28ème paru sur ce blog dans la catégorie Collectivités territoriales

Repost 0
18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 18:09

Richard Blanc se retire après avoir assuré l’intérim

 

Comme il l’avait laissé entendre lors de l’assemblée générale extraordinaire de l’Apli le 31 janvier (voir Assemblée des producteurs de lait Apli : une nouvelle équipe en place - 5 février 2012), Richard Blanc n’a pas une santé assez solide pour être durablement président. Il reste vice-président.

 

AG-Office-du-lait-Avranches-221111-005-T.jpgLe nouveau président est un des principaux animateurs de l’Apli depuis la grève du lait en septembre 2009, André Lefranc, producteur à Vains (Sud Manche, près du Mont-Saint-Michel).

C’est lui qui était monté en première ligne pour convaincre ses collègues de modifier les statuts de l’association (voir Assemblée générale 2011 : l'Apli, après 2 ans d'existence, se structure - 18 septembre 2011) :

(…) L’idée d’une fédération est lancée. Cela signifie que quelques associations départementales doivent réviser leurs statuts (…). André Lefranc, qui a bien voulu hériter de cette patate chaude, s’attache donc à convaincre ses collègues de l’intérêt de ce dossier. « C’est d’abord pour protéger notre démarche. Mais il n’est pas question de perdre notre réactivité. On ne veut pas devenir comme les syndicats, dont l’organisation est trop lourde… »

 

André Lefranc était aussi parmi les organisateurs de l’assemblée générale de l’Office du lait, le 22 novembre 2011 à Avranches, près de chez lui (voir L'Office du lait veut être une interprofession laitière plus représentative - 21 novembre 2011) :

(…) Pour Pierre Bougeard et André Lefranc, ce qui est en cause c’est l’organisation de la filière laitière. Actuellement, c’est le Cniel, Centre national interprofessionnel de l’économie laitière, composé des producteurs de lait affiliés à la FNPL (fédération nationale des producteurs de lait) et des transformateurs, coopératives laitières et entreprises privées.

La FNPL prétend représenter tous les producteurs de lait car tous sont obligés d’y cotiser. Mais la FNPL est la branche laitière de la FNSEA. Par ailleurs, il y a des ambiguïtés. Le président de la FNPL est producteur mais aussi président d’une coopérative. Vendeur de lait et acheteur à la fois, ces deux casquettes posent question, surtout quand la contractualisation définira les rapports entre les producteurs de lait et les transformateurs.

La FNPL veut que les producteurs s’organisent en fonction de leur laiterie. Avec l’Office du lait, nous souhaitons créer l’organisation des producteurs la plus large possible pour peser dans les négociations du prix du lait, d’égal à égal avec les industriels (…).

 

AGE-Apli-Plessis-Mace-310112-024-T.jpgLe vice président, Richard Blanc, reste engagé dans le projet « lait équitable » (voir L'Apli (EMB) est engagée dans un projet de coopérative lait équitable - 11 février 2012).

 

Photo : élus au Conseil d'administration AG 31 janvier 2012

 

Le nouveau bureau de la fédération des associations de producteurs indépendants (Apli) est présenté sur le site de l’ASSOCIATION NATIONALE DES PRODUCTEURS DE LAIT.

 

Voir Ouest-France : Lait. Le Manchois André Lefranc nouveau président de l'Apli

 

Nouveau bureau de la Fédération Apli Nationale élu le 16 Février 2012 à Paris :

 

Président : André Lefranc.
Vice Présidents : Richard Blanc - Philippe Grégoire - Denis Jehannin.
Trésorier : Frédéric Dubos.
 Trésorier Adjoint : Olivier Chambe.
Secrétaire : Thierry Olivier.
Secrétaire Adjointe : Isabelle Connan.

 

Cet article est le 286ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

Repost 0
Published by SORIN Michel - dans AGRICULTURE et PAC
commenter cet article
17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 23:20

La gauche devra prendre des mesures de salut public

 

Ce qui se passe en Grèce est très grave. Les erreurs du passé semblent se renouveler (voir Moody's et la Grèce : une histoire datant de 1931 selon Xavier Tracol - 16 février 2012). Et la France doit s’attendre à vivre sous une forme plus douce la même situation au cours des prochaines années, si ses dirigeants continuent la même politique.

 

Dans l’Edito Matières Premières*, tire la sonnette d’alarme (17 février) :

 

Ce jour-là, on se prendra le mur ; ensuite, nous agirons

 

Partout dans les journaux, à la radio, dans les débats... le drame grec fait la une
Appauvrissement
généralisé de la population, effondrement des salaires et pensions de retraite, chômage de 21% (45% chez les jeunes), dépôt de bilan de 25% de ses entreprises sur les dernières années... La Grèce va-t-elle faire défaut ? Plus personne ne lui prête sur les marchés... Va-t-elle sortir de l'euro ? Va-t-elle imploser sous la pression d'une révolution sociale ?

Tout le monde se penche sur le berceau grec, allant de ses conseils éclairés et opinions avisées. Nous regardons tous "de loin" le feuilleton grec se dérouler sous nos yeux... sans penser un instant qu'au beau milieu de la tempête, nous sommes dans le même bateau que la Grèce. La seule différence, c'est que la Grèce est tombée la première dans l'eau et se noie sous nos yeux.

Les autres se cramponnent encore aux cordages, à la proue, au mât, aux voiles... à tout ce qu'ils peuvent pour ne pas passer par-dessus bord. Ce qui m'interpelle, c'est que personne ne se pose la question de savoir "où va la France"
Car ce que vit aujourd'hui la Grèce, est ce que nous allons vivre dans les prochaines années en France, en plus "atténué". La Grèce est notre miroir ; un bien douloureux miroir...

Il y aura appauvrissement généralisé : jamais un Etat ne s'est enrichi pendant une cure de désendettement massif ; jamais un Etat ne s'est enrichi pendant une cure de " désintoxication" de l'accès à l'argent facile ; l'argent frais perpétuellement emprunté et distribué...  (…)

 

* Isabelle Mouilleseaux publie depuis 2007 une lettre électronique gratuite concernant les marchés de matières premières et de devises. 

 

Afin d’éviter la solution libérale, Attac fait des propositions (13 février) :

 

Grèce : la débâcle de l'austérité, le naufrage de l'Europe

 

Le Parlement grec a adopté hier un énième plan d’austérité négocié avec la Troïka. En échange, la BCE, le FMI et l’Union européenne accepteront de débloquer une nouvelle tranche de financement d’un plan que plus personne n’ose encore qualifier de «sauvetage».

Malgré les défections de ministres et de députés, les manifestations d'hier, d'une ampleur sans précédent, n'ont pas suffi à bloquer l'adoption du plan au Parlement, avec une majorité incluant le Parti socialiste, la droite classique et l'extrême-droite. La colère et le désespoir populaires vont encore s'amplifier.

L’économie grecque est littéralement laminée par les politiques d’austérité, dont le nouveau plan est une étape supplémentaire : baisse de 22 % du salaire minimum, ramené à 586 euros brut sur 14 mois, suppression dans l’année de 15 000 emplois publics, nouvelles coupes dans les pensions de retraite. Loin de jeter les bases d’une sortie de crise, les prétendues « cures » imposées par la Troïka entretiennent un cercle vicieux de récession et de chômage.

Le but de ces politiques: imposer une "dévaluation interne" par une baisse massive des salaires et des budgets sociaux, en préservant les intérêts des classes dominantes et du secteur financier. Les banques grecques seront recapitalisées par l'État mais resteront dans les mains de leurs actionnaires privés.

Selon le FMI lui-même, la saignée actuelle et la restructuration en cours de la dette grecque ne permettront dans la meilleure des hypothèses que de ramener la dette de 160 % à 120 % du PIB d'ici 2020.Les nouveaux prêts ne serviront qu'à rembourser les anciens, la restructuration de la dette ne servira qu'à maintenir à long terme le flux des intérêts qui saignent l'économie grecque en alimentant les banques européennes. La Grèce sera ramenée à une économie de subsistance et de tourisme à bas prix.

La crise est économique et sociale, mais aussi démocratique et politique. La classe politique grecque reste sourde aux exigences des citoyens, tandis que l'Union européenne exerce une violence sans précédent contre l'un de ses pays membres, prélude à d'autres violences contre d'autres pays. Il faut croire que la Grèce est pour les classes dominantes un laboratoire pour tester jusqu'où elles peuvent aller dans la pression exercée sur les peuples.

Parmi les mesures indispensables pour sortir la Grèce, mais aussi le Portugal, l'Espagne, l'Italie et l'ensemble de l'Europe de cette impasse, il faut d'urgence une reprise en main de la Banque centrale européenne par le politique, une réforme fiscale taxant les revenus financiers et les gros patrimoines, une annulation des dettes illégitimes, une politique européenne de convergence sociale vers le haut, des plans massifs d'investissement public pour la transition écologique...

Les luttes sociales sont appelées à s'amplifier dans les mois à venir dans toute l'Europe pour stopper la spirale infernale de l'austérité et de la désagrégation, et imposer une réorientation solidaire de la construction européenne, à commencer par le rejet du « Pacte budgétaire ». Dans cette perspective, Attac France appelle à multiplier les initiatives de solidarité avec le peuple grec.  

 

Cet article est le 91ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

Repost 0
Published by SORIN Michel - dans France et Europe
commenter cet article
16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 16:40

De la république au fascisme, après une dégradation

 

Parmi les documents distribués le 9 février à l’entrée de la salle du Vieux Château à Laval par les membres du CAC 53 (collectif 53 pour l’audit citoyen de la dette) - voir Lancement du collectif local pour un audit citoyen de la dette (CAC 53), 15 février 2012 - il y en avait un, tiré du magazine Histoire(s) de la Dernière Guerre n°16 – janvier/février 2012 : d’hier à aujourd’hui « Moody’s et la Grèce » (page 84), signé Xavier Tracol.

 

Voici ce texte qui est utile pour comprendre la situation actuelle de la Grèce.

 

« En rétrogradant son rating de 19 places en deux ans, passant de A1 (qualité moyenne supérieure) à Ca (en défaut, avec peu d’espoir de recouvrement), Moody’s a grandement influencé les marchés, faisant fuir les investisseurs d’un pays qui, de 2000 à 2007, avait pourtant une des économies les plus dynamiques de la zone euro, avec un taux de croissance de 4,2%. Il existe d’autres agences de notation financière dans ce cas (Standard & Poors, Fitch Ratings Ltd.), mais Moody’s a un lointain passif avec la Grèce, puisqu’elle fut en partie à l’origine de l’arrivée au pouvoir du dictateur Metaxas, qui règnera sur le pays de 1936 à 1941.

 

En 1929, la crise boursière Wall Street touche l’Europe avec plusieurs mois de décalage. Mais en 1931, la jeune république grecque doit mener une série de réformes économiques en diminuant le nombre de fonctionnaires et en augmentant ses investissements pour relancer la consommation. C’est une erreur pour Moody’s Corporation, une agence d’analyse financière fondée en 1909 et qui a popularisé les symboles de notation « triple A to C ».

 

Moody’s dégrade alors la note de la Grèce, ce qui va avoir pour conséquence une funeste réaction en chaîne : les taux d’intérêt grimpent, faisant fuir les capitaux ; la drachme est finalement dévaluée et la dette nationale explose ; les banques étrangères (en particulier italiennes) ne peuvent bientôt plus récupérer leurs investissements et, début mars 1932, le pays fait défaut. Pour la population, c’est le début d’une longue et forte inflation. Malgré tous ses efforts, le gouvernement d’Elefthérios Venizélos – héros national depuis la révolte de Thérissos en 1905 – ne peut juguler la crise et doit bientôt faire face à une multiplication des émeutes. Fragilisé, il perd les élections de 1932, qui voient réapparaître sur le devant de la scène les mouvements royalistes et nationalistes  qui, trois ans plus tard, restaurent la monarchie. Pas pour longtemps : face à la montée du communisme, le nouveau roi Georges ii soutient en effet le coup d’Etat de son propre ministre  de la Guerre, le général Ioannis Metaxas. Le 4 août 1936, ce dernier décrète l’état d’urgence et suspend le Parlement sine die.

 

Fondateur d’un petit mouvement d’extrême droite, le Parti de la libre opinion, Metaxas  va s’inspirer du régime fasciste de Mussolini pour consolider sa dictature : salut romain, instauration d’organisations de jeunesse, fascination pour l’antiquité, censure, interdiction de la grève, etc. Environ 15 000 opposants vont passer par ses geôles durant les cinq années que durera son régime !

 

En 1936, la responsabilité de Moody’s est évidente dans l’effondrement politique grec. Devant une telle mauvaise publicité, la société s’empresse d’exprimer ses regrets et annonce qu’elle ne notera plus désormais les dettes des Etats… C’est un peu tard : en 1940, en effet, les relations entre Rome et Athènes se tendent et Mussolini prétextera le remboursement des sommes perdues en 1932 par ses banques pour attaquer militairement la Grèce à partir de l’Albanie

 

Histoire(s) de la dernière guerre - n°16 - janv. / fév. 2012

 

Cet article est le 48ème sur ce blog dans la catégorie Etats Union européenne

 

Repost 0
Published by SORIN Michel - dans Etats Union européenne
commenter cet article
15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 23:10

La crise d’un système financier dérégulé

 

Le 9 février, les participants à la réunion organisée salle du Vieux Château à Laval par la Maison de l’Europe en Mayenne (voir L'avenir de la zone euro : la gouvernance fédéraliste de Jean Arthuis - 15 février 2012) ont eu le plaisir d’être accueillis par le CAC 53, qui vient de se mettre en place en Mayenne (voir En bonne voie : le collectif 53 pour un audit citoyen de la dette publique - 4 janvier 2012). Au niveau national : Collectif pour un audit citoyen de la dette

 

Voici le texte du tract diffusé. 

  

« Crise de l'Euro » « Crise de la dette » « Nous avons vécu au-dessus de nos moyens » « Nous n'avons pas le choix » « Il faut rassurer les marchés »

Que n'entendons-nous pas pour nous faire accepter des mesures d'austérité en attendant des jours meilleurs ?

 

Et si nous remontions aux origines de « la crise » ?

 

 Années 80

Stagnation des salaires aux États-Unis, retraites par capitalisation

Recours massif à l'emprunt pour consommer, pression sur la rentabilité financière des entreprises

 

Extension du phénomène en Europe

Ouverture des marchés de biens et services

Délocalisations pour baisser les coûts de production

Ouverture des marchés des capitaux

Développement des produits dérivés spéculatifs

Baisse des impôts des tranches de revenus les plus élevés, niches fiscales pour les plus fortunés

Diminution des recettes des États.

 

C'est la crise d'un système financier dérégulé, mis en place par ceux-là même qui nous gouvernent depuis 30 ans.

 

Leur solution ?

Baisses des salaires, des pensions de retraite, fin de la sécurité sociale, vente du patrimoine national, hausse de la TVA. Pouvons-nous penser raisonnablement que la destruction du modèle social européen sera un facteur de développement économique ?

 

C'est pourquoi le CAC53 s'est constitué dans la mouvance d'un Collectif national pour un Audit citoyen de la dette.

 

Nous ne pensons pas que le sauvetage de quelques propriétaires de banques européennes justifie le sacrifice de notre modèle économique et social

Nous pensons que les Etats doivent se financer directement auprès de leur Banque centrale, comme c’était le cas en France avant la loi de 1973.

Nous voulons un débat démocratique sur les décisions politiques qui engagent l'avenir de l'Europe.

 

Prochain temps fort vendredi 30 mars à 20 H 30 - Maison de quartier d'Hilard

Débat-échange d'informations avec Jacques HAREL, animateur d'Attac Pays malouin-Jersey, qui travaille sur les paradis fiscaux

 

Le "collectif local pour un audit citoyen de la dette" comprend, en Mayenne :

Attac 53, Trois Mondes, CIVIQ, Résistance sociale, Confédération paysanne, Solidaires, FSU ; il est soutenu par PCF, EELV, PG, PS.

D'autres organisations, des personnes peuvent nous rejoindre. Pour plus d'informations : www.audit-citoyen.org

 

Cet article est le 120ème paru sur ce blog dans la catégorie Capitalisme

Repost 0
Published by SORIN Michel - dans Capitalisme
commenter cet article
15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 15:58

Transfert de souveraineté sans l'accord des citoyens

 

Le 9 février, avait lieu à Laval une réunion-débat à l'initiative de "La Maison de l'Europe en Mayenne", sur le thème "L'Europe en crise : comment en est-on arrivé là ? Quel avenir pour l'Europe ?"

Les intervenants : James Spence (ancien directeur à la Commission européenne) ; Thomas Hanske (journaliste du Handelsblatt), Henri de Bresson, journaliste (pendant 24 ans au quotidien Le Monde) et Jean Arthuis (sénateur, président du Conseil général de la Mayenne).

 

Ce même jour, Ouest-France publiait cet Entretien avec Jean ARTHUIS sur l'avenir de la zone euro  et l'hebdomadaire Le Courrier de la Mayenne, dans "L'interview de la semaine" posait cette question à Jean Arthuis : En quoi consiste votre mission gouvernementale sur la zone euro ?

Début novembre, le Premier Ministre m'a confié la mission de réfléchir sur l'avenir de la zone euro en répondant à deux questions : quelle gouvernance ? Quelles conditions à satisfaire pour assurer sa stabilité durable ?

J'ai rencontré de nombreuses personnalités, des économistes, des responsables politiques (Giscard, Delors, Attali...), des Parlementaires européens, des Commissaires européens... Je me suis rendu à Bruxelles, en Allemagne, en Italie, en Grèce, à Londres. Je dois aller en Espagne cette semaine et la semaine prochaine au Luxembourg. Ceci m'a amené à faire une hypothèse d'organisation de la gouvernance de la zone euro.

La note provisoire que j'ai rédigée souligne la nécessité d'avoir une gouvernance spécifique de la zone euro avec la constitution d'un Conseil des Chefs d'Etat et une instance de gouvernement constituée par les Ministres des Finances présidée par une personne indépendante. Elle serait une sorte de Ministre des Finances de la zone euro. Pour veiller à la bonne marche de ce conseil, il faut créer une commission de surveillance où siègeront des Parlementaires issus des Parlements nationaux car lorsqu'il y a une difficulté, comme avec la Grèce aujourd'hui, il est fait appel aux finances des pays. Il s'agira en fait d'une gouvernance économique et financière qui aura pour mission de faire converger les budgets des différents Etats membres et de stimuler la croissance et l'emploi. Mon rapport sera déposé début mars.

 

L'intervention de Jean Arthuis

 

Lors de son intervention, Jean Arthuis a justifié la création de la monnaie unique par  la nécessité de remédier à l'instabilité monétaire. Mais c'était un défi car la monnaie est une prérogative d'Etat, ce que n'est pas l'Europe, ni la zone euro. Le souci des Allemands était l'inflation et le problème de la France était dans la répétition des déficits publics, sanctionnés par des dévaluations. Le Pacte de stabilité n'avait pas prévu grand-chose pour la croissance. Il y avait des pénalités, non automatiques, en cas de non respect du Pacte. 

 

Depuis la création de la monnaie unique, le risque de dévaluation de la monnaie (la sanction des déficits) a disparu, ce qui a conduit certains pays à se relâcher. L'Allemagne a fait une réforme en profondeur. D'autres ont considéré que les dépenses de défense, de recherche et de développement, devaient être comptabilisées à part, s'éloignant de l'équilibre des comptes publics. En 2005, le Pacte de stabilité a été réformé. La Grèce a dissimulé, mais son adhésion était importante symboliquement (fondatrice de la démocratie, autre alphabet). En fait, elle n'a pas de cadastre, ni d'administration fiscale. Elle ne s'en sort pas au niveau de la croissance.

 

Dans le cadre de la mondialisation, les délocalisations ont concerné les économies européennes (sauf l'Allemagne). Les conséquences n'ont pas été tirées en ce qui concerne la gestion de la monnaie. Pas de gouvernement économique et budgétaire. D'où les difficultés. En Grèce, grâce à l'euro, les taux d'intérêt, dans un premier temps, sont passés de 15% l'an à 3%, ce qui a incité à la triche et au désordre.

 

Le partage d'une monnaie, c'est partager la souveraineté. Faut-il renoncer à l'euro ? Nous n'aurions plus accès aux marchés financiers. Certaines monnaies nationales s'apprécieraient, d'autres se déprécieraient, accentuant les problèmes de remboursement des dettes. Les créanciers étrangers prendraient des bouillons et ne voudraient plus financer les déficits. Nous avons intérêt à rester ensemble. En allant plus loin dans la gouvernance fédérale. Croissance, emploi, modèle social, paix, on ne peut pas faire marche arrière.

 

Maison de l'Europe et Arthuis : fuite en avant vers le fédéralisme

 

Cette soirée a montré un unanimisme des intervenants, chacun considérant que la cause de la crise européenne se situe dans le fait que les Etats européens n'ont pas été au bout de la logique fédérale de la création de l'euro, monnaie unique. Aucun n'a rappelé les débats qui ont précédé la ratification du traité de Maastricht. La question se posait alors du choix entre monnaie commune (maintien des monnaies nationales) et monnaie unique (effacement des monnaies nationales). Aujourd'hui, les partisans du fédéralisme veulent se servir de la crise pour imposer aux peuples européens leur vision de l'Europe. Mais ce n'est pas la seule option possible.

  

Cet article est le 90ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

Repost 0
Published by SORIN Michel - dans France et Europe
commenter cet article
14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 23:28

Extraits commentés du livre "Moi, Jaurès, candidat en 2012"

  

Après une première partie de la soirée qui a consisté à faire mieux connaissance avec Jean Jaurès (voir Jean-Pierre Fourré a raconté Jean Jaurès à Saint-Berthevin le 2 février), Jean-Pierre Fourré parcourt son livre (voir Editions de Matignon - Discours de Jaurès) et commente les citations les plus remarquables.

Sur la laïcité

« L’idée, le principe de vie qui est dans les sociétés modernes, qui se manifeste dans toutes leurs institutions, c’est l’acte de foi dans l’efficacité morale et sociale de la raison, dans la valeur de la personne humaine raisonnable et éducable. C’est le principe, qui se confond avec la laïcité elle-même, c’est ce principe, qui se manifeste, qui se traduit dans toutes les institutions du monde moderne. C’est ce principe qui commande la souveraineté politique elle-même…

Et la preuve c’est que la société moderne lorsqu’elle constitue les organes de sa souveraineté, lorsqu’elle met sa souveraineté propre en action, en mouvement, quand elle confère, quand elle reconnaît à tous les citoyens le droit de participer à l’exercice du pouvoir, à l’élaboration de la loi, à la conduite de la société, l’Etat ne demande ni au citoyen qui vote, ni au législateur qui traduit la pensée des citoyens : Quelle est votre doctrine religieuse ? Quelle est votre pensée philosophique ?

L’exercice de la souveraineté, l’exercice de la puissance politique dans les nations modernes n’est subordonné à aucune formule dogmatique de l’ordre religieux. »

Moi, Jaurès, candidat en 2012 – page 23

 

Sur les langues régionales 

 

« Puisque ces enfants parlent deux langues, pourquoi ne pas leur apprendre à les comparer et à se rendre compte de l’une et de l’autre ? Il n’y a pas de meilleur exercice pour l’esprit que ces comparaisons ; cette recherche des analogies et des différences en une matière que l’on connaît bien est une des meilleures préparations de l’intelligence. Et l’esprit devient plus sensible à la beauté d’une langue basque, par comparaison avec une autre langue. Il saisit mieux le caractère propre de chacun, l’originalité de la syntaxe, la logique intérieure qui en commande toutes les parties et qui lui assure une sorte d’unité organique.

Ce qui est vrai du basque est vrai du breton. Ce serait une éducation de force et de souplesse pour les jeunes esprits ; ce serait aussi un chemin ouvert, un élargissement de l’horizon historique…

Il y aurait pour les jeunes enfants, sous la direction de leurs maîtres, la joie de charmantes et perpétuelles découvertes. Ils auraient aussi un sentiment plus net, plus vif, de ce qu’a été le développement de la civilisation méridionale, et ils pourraient prendre goût à bien des œuvres charmantes du génie du Midi…

Même sans étudier le latin, les enfants verraient apparaître sous la langue française du Nord et sous celle du Midi, et dans la lumière même de la comparaison, le fonds commun de latinité, et les origines profondes de notre peuple de France s’éclaireraient ainsi, pour le peuple même, d’une pénétrante clarté.

Amener les nations et les races à la pleine conscience d’elles-mêmes est une des plus hautes œuvres de civilisation qui puissent être tentées. »

Jean Jaurès, 15 octobre 1911

Moi, Jaurès, candidat en 2012 – pages 76,78

 

Sur la retraite

 

« Mais je répète que, de toutes les formes d’assurance, celle qui a le plus de noblesse morale, c’est l’assurance contre la vieillesse, précisément parce qu’elle oblige l’esprit de l’homme à se préoccuper d’un objet lointain, et parce que, ne pouvant pas selon les lois de la nature, profiter individuellement à tous, elle a plus que toutes les autres formes d’assurance un caractère de mutualité.
Elle doit intervenir à un âge où l’ouvrier, où l’homme, s’il n’est pas prématurément usé, doit pouvoir travailler encore. La retraite conçue comme le brusque arrêt total de l’activité humaine me paraît une chose horrible, à la fois contraire aux intérêts économiques de la nation et à la santé de l’individu.
La vérité est qu’il faut qu’à l’heure où la force des travailleurs commence à fléchir, ils puissent se dire ceci : que s’ils sont, en effet, obligés de s’arrêter tout à fait, ils auront une retraite suffisante, ou que, s’ils ont seulement besoin de se ménager, de prendre quelques jours ou quelques semaines de relâche, afin de ne pas arriver à l’épuisement, ils le pourront grâce à leur retraite, sans s’infliger de trop dures privations. C’est dans cette pensée que nous demandons que l’âge de la retraite soit abaissé normalement à 60 ans, sauf à être abaissé davantage dans certaines industries, comme la verrerie, qui sont particulièrement épuisantes. »

Jean Jaurès – La Dépêche de Toulouse, 16 juin 1911

Moi, Jaurès, candidat en 2012 – page 45



Cet article est le 33ème paru sur ce blog dans la catégorie CIVIQ Rencontres CIVIQ  
Repost 0
Published by SORIN Michel - dans Rencontres CIVIQ
commenter cet article
13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 23:48

Aller à l’idéal et comprendre le réel, socle de la politique

 

Celle et ceux qui étaient présents au Centre de Rencontres de Saint-Berthevin le 2 février n’avaient pas eu peur d’affronter le froid et le vent de ce soir d’hiver (voir Rencontre CiViQ : Jean Jaurès (JP Fourré) à St-Berthevin le 2 février - 26 janvier 2012).

 

Ils en ont été récompensés par la remarquable prestation de Jean-Pierre Fourré, qui a su faire connaître et aimer Jaurès. Jean-Pierre Fourré avait été ingénieur dans une PME avant de devenir député de Seine-et-Marne (trois mandats, de 1981 à 1993).

 

Après la vie politique, le théâtre amateur avec la compagnie « Mots en scène » - voir Mots en Scène - Compagnie théâtrale (77 Noisiel) et l’interprétation du rôle de Jaurès dans « La dernière journée de Jean Jaurès », dont des représentations au Café du Croissant (Paris 2ème) et à Carmaux (Tarn).

 

Lors de la précédente élection présidentielle, Sarkozy avait cité abondamment Jaurès, considérant que celui-ci avait été abandonné par les socialistes. Raison suffisante pour relire Jaurès et retrouver dans ses textes ce qui a rapport avec l’actualité. D’où l’idée du livre, programme électoral pour un futur président et JP Fourré dans la peau d’un directeur de campagne.

 

Avec 30 thèmes d’actualité, en tenant compte de la chronologie. Jaurès évolue, selon ses rencontres. Il a commencé sa vie politique parmi les républicains « opportunistes », à la droite des radicaux. C’est en entendant Jamel Debbouze dire à la télévision « Je voterai Jaurès » que l’idée du titre est venue.

 

Jean Jaurèsémaillait ses discours de petites phrases qui introduisaient une perspective, une ligne directrice. Les vrais candidats ont reçu le livre. Certains ont répondu en indiquant ce que Jaurès représentait pour eux, aujourd’hui. Voir le site JAURES candidat - élection présidentielle 2012

 

Réponses de Nicolas Dupont-Aignan (qui fait le lien avec de Gaulle), Dominique de Villepin (la hauteur de vue de Jaurès), Jean-Pierre Chevènement (qui voit un Jaurès modeste), François Hollande (deux pages de commentaire), Jean-Luc Mélenchon (qui a pris Jaurès à son compte depuis longtemps).

 

JP Fourré a créé les éditions Matignon (du nom de sa ville natale, en Côtes-d’Armor, qui a donné son nom à l’Hôtel Matignon, résidence du Premier Ministre). « De Matignon à l’Elysée » : raccourci amusant.

 

La vie de Jaurès

 

Il est né à Castres (Tarn) le 3 septembre 1859 et est mort à Paris le 31 juillet 1914, assassiné par Raoul Villain. Très brillant à l’école, il est détecté par ceux qui recherchaient les meilleurs élèves de la République dans les écoles des villages. A 14 ou 15 ans, il a eu une prise de parole remarquée face au préfet du Tarn. Après les classes préparatoires, il est reçu 1er au concours d’entrée à l’Ecole Normale.

 

A 26 ans, il est élu député sur une liste républicaine. C’est un monde inconnu qu’il découvre à l’Assemblée nationale, où il n’est pas à l’aise. Il intervient peu. Non réélu en 1889, il devient professeur à l’université de Toulouse et commence, en parallèle, une carrière d’éditorialiste.

Maire-adjoint de Toulouse, il vit dans cette région où il connaît bien les milieux paysan et ouvrier, tout particulièrement les mineurs et verriers.

 

En 1893, sa vie politique change avec le combat des mineurs de Carmaux, qui font grève pour s’opposer au licenciement de leur leader, Jean-Baptiste Calvignac. Celui-ci avait été élu maire de Carmaux en 1892 et s’était absenté de son travail en raison de ses obligations municipales (voir Jean Jaurès). Le licencier était remettre en cause le suffrage universel et les droits réels de la classe ouvrière à s’exprimer en politique.

La grève et Jaurès feront pencher l’arbitrage du gouvernement en faveur du maire salarié, contre le patron de la compagnie des mines, le baron Reille, leader de la droite dans le département. Son gendre était le député de la circonscription, le marquis Ludovic de Solages, qui démissionne pour protester contre la décision du gouvernement.

Choisi par les ouvriers pour être leur candidat à l’élection partielle, Jaurès est élu en tant que socialiste indépendant et siège parmi les socialistes à l’Assemblée. Il sera l’homme de l’unité des socialistes. Il est sur une ligne non marxiste, contrairement à Jules Guesde. Mais il sera sensible aux idées de Marx. Sa pensée est très originale. Elle a du sens, y compris dans la société d’aujourd’hui.

 

Dans sa vie personnelle, Jaurès est marié à une femme très catholique. Leur fille, Madeleine, fait sa communion solennelle, ce qui lui vaut d’être attaqué par les anticléricaux et caricaturé en « traître ». En l’occurrence, il ne fait que respecter la décision de sa femme. Il résiste. En tant que philosophe, il fait très souvent référence à Dieu. Par exemple, sur la question de la peine de mort, il s’y oppose car « elle est contraire à la fois à l’esprit du christianisme et à l’esprit de la Révolution »… Son refus du dogme et de la religion, en tant qu’organisation, le conduit à être très ferme sur la laïcité.

 

En 1903, il devient vice-président de la Chambre des députés. De tempérament « bon vivant », costaud, il ne prend pas soin de son apparence, ce qui lui vaut d’être raillé par les journaux.

Le fait de présider l’Assemblée nationale (l’auteur en parle en connaisseur, il a été lui-même dans cette situation en 1985) lui fait prendre une nouvelle dimension - position gestuelle d’acteur qu’il cultive. Quand Jaurès parle, il se projette vers les gens, utilisant tous les moyens pour aller les chercher et convaincre son auditoire. C’est un tribun, qui parle occitan, la langue régionale. Il milite pour l’occitan en 2ème langue, laisser parler l’enfant car il faut faire évoluer son esprit et sa sensibilité. Mais, en tant que jacobin, attaché à la notion de nation, il veut que tous apprennent la langue nationale.

 

Il est constamment à la recherche du compromis afin de convaincre, ne supportant pas la violence. En 1899, il soutient Millerand (homme du cléricalisme et du militarisme), qui préside un gouvernement d’union, alors qu’il est contre le cléricalisme et le militarisme. La grande affaire, c’est l’affaire Dreyfus, qui était un militaire, grand bourgeois. Les socialistes ne le soutiennent pas, se référant à la lutte des classes (laissons-les régler leurs affaires entre eux). Jaurès prend la tête des dreyfusards, avec Charles Péguy (lequel n’hésite pas à faire le coup de poing contre les antidreyfusards).

 

En 1904, il crée le journal l’Humanité et rédige un éditorial chaque jour de la semaine. Il défend l’indépendance du journal, face aux grands groupes de presse. Il est partisan des coopératives ouvrières, avec des salariés actionnaires.

 

La prévention de la guerre a occupé les dernières années de sa vie. Il est ardemment pour la paix, mais sans faire preuve d’angélisme. Il a écrit un gros livre « L’armée nouvelle », dans lequel il présente, avec un grand souci du détail, l’organisation de la France. Sa conception de l’armée est l’armée de citoyens (Valmy). Il refuse le militarisme mais n’est pas antimilitariste. Les socialistes défendent la République, la France.

 

En 1913, il se bat contre la conscription de trois ans. A Pré-Saint-Gervais (célèbre photo), il fait un discours sur une butte devant 150 000 personnes (il avait des répétiteurs dans la foule). Il avait une trame dans la tête. Il préparait ses discours en marchant (pour cette raison, on le disait rêveur, il apparaissait chaleureux mais distant). D’abord philosophe, humaniste, il s’est forgé une pensée politique en apprenant de la vie, au quotidien. Il excellait dans les débats parlementaires sur des thèmes concrets (la situation des mineurs, le prix du vin).

 

Rien ne peut éviter la guerre. Le déclencheur est l’assassinat de François Ferdinand, l’héritier du trône autrichien. C’est l’union sacrée nationaliste. Les mentalités évoluent, la presse de droite et d’extrême droite est insultante et revancharde. Des gens comme Daudet, Maurras, écrivaient « Il faut fusiller Jaurès ». Péguy, lui-même, est pour la guerre. Raoul Villain, étudiant nationaliste mais non embrigadé, tire sur Jaurès, qui est attablé, fenêtre ouverte, au Café du Croissant, le 31 juillet 1914. « Ils ont tué Jaurès ! » (Jacques Brel).

L’assassin ne sera pas jugé tout de suite, en raison de la guerre. En 1919, il sera acquitté dans un contexte de fort nationalisme. Son épouse, partie civile, sera même condamnée aux dépens ! L’assassin sera fusillé en 1936 en Espagne par des anarchistes (sans savoir qui il était).

Enterré à Albi en 1914, Jaurès, qui ne le voulait pas (confidence faite à Aristide Briand), ira au Panthéon en 1934, porté par les mineurs.

 

Livre recommandé sur la vie de Jaurès : « Le grand Jaurès », de Max Gallo.

 

Dans une seconde partie de la soirée, Jean-Pierre Fourré parcourt son livre « Moi, Jaurès, candidat en 2012 » - mai 2011, Editions de Matignon (www.editionsdematignon.com) et commente les citations les plus remarquables.

 

Cet article est le 32ème paru sur ce blog dans la catégorie CIVIQ Rencontres CIVIQ

Repost 0
Published by SORIN Michel - dans Rencontres CIVIQ
commenter cet article
12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 14:57

Les producteurs ont besoin des citoyens-consommateurs

 

AG Office du lait Avranches 221111 029 TPaul de Montvalon, président de l’OFFICE DU LAIT NATIONAL FRANCE MILK BOARD, invite les consommateurs à le rejoindre au Salon de l’Agriculture, le 26 février, afin de créer le collège consommateurs.

 

Aujourd’hui, l’Office du Lait National aborde une nouvelle étape ; il active son collège consommateurs pour amorcer un mouvement citoyen d’ampleur et d’efficacité uniques.

 

Le lancement de ce collège consommateurs aura lieu : dimanche 26 Février 2012, au Salon de l’Agriculture à Paris.

 

L’Office du Lait poursuit donc inlassablement sa stratégie. Après avoir résolu les questions administratives et statutaires, nous avons créé l’Organisation de Producteurs transversale, France MilkBoard :

- La seule OP à avoir bâti une contre proposition aux contrats iniques des transformateurs.

-La seule OP à contre courant de «  la pensée unique », grippant des rouages esclavagistes que, il y a quelques mois encore, nous ne soupçonnions même pas.

Pour preuve : les gesticulations de plus en plus animées autour des coopératives, corroborées par les récentes révélations de l’APLI, apportant ainsi la preuve que la situation que nous connaissons n’est en rien le fruit du hasard, mais le résultat d’une lente et perfide machination où l’éleveur n’a d’autre avenir que celui de faire-valoir.

 

Cette volonté révélée de main mise du secteur végétal sur l’élevage vient simplement confirmer ce que nous percevions sur le terrain : tous les maillons de la filière laitière sont contre nous, de l’industriel au politique. Tous, sauf un : le consommateur. 92 % d’entre eux nous ont soutenus pendant la grève du lait.

 

A l’époque, et c’est excusable, nous n’avons pas su (ou pu…) créer un lien entre les deux extrémités isolées, spoliées mais ô combien primordiales de la filière laitière : nous possédons la matière première, les consommateurs ont un pouvoir qu’ils sous-estiment : le pouvoir d’arbitrer dans l’acte d’achat.  

Pour lancer le collège consommateurs nous avons donc choisi le Salon de l’Agriculture pour des raisons pratiques (présence des médias notamment), mais aussi pour la symbolique de la rencontre entre le monde rural et le citadin parisien.

 

Nous vous informerons dans les jours à venir des modalités pratiques de cette journée, et je vous invite d’ores et déjà à réserver cette date pour participer massivement à cette action que nous souhaitons inscrire comme le premier jour de la révolution citoyenne autour d’un thème : « Sauvons le lait ! ». Bien évidemment cette action est ouverte à tous, invitez sans modération, amis et famille à nous rejoindre.

 

 Cet article est le 285ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

Repost 0
Published by SORIN Michel - dans AGRICULTURE et PAC
commenter cet article