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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 23:43

Les citoyens ont le devoir de remettre la finance à sa place

 

Mes relations avec Didier Minot ont commencé au moment de la coopération en Algérie (formation des étudiants de l’Institut de Technologie agricole de Mostaganem), au début des années 1970. Puis, en 1981, alors qu’il était au cabinet de la ministre de l’agriculture, Edith Cresson, je lui faisais remonter les problèmes des agriculteurs en difficulté financière (c’était mon activité professionnelle en Mayenne).

 

Après l’échec de la gauche, en 2002, nous avons réfléchi ensemble à la création d’une association d’éducation citoyenne. Ce fut RECit à laquelle je continue d’adhérer, au nom de l’association CIVIQ. Didier était l’un des intervenants lors de la Rencontre CiViQ du 20 avril 2006 à Laval (Mayenne) - voir  Didier MINOT (Réseau des écoles de citoyens) - 17 juillet 2006.

 

Voir aussi cette vidéo du blog2roubaix rencontre avec didier minot quand il était intervenu au nom de nombreuses associations, adhérentes de RECit (voir Circulaire du 18 janvier 2010 : le tout marché étendu aux associations - 23 avril 2010).

Didier Minot est intervenu récemment pour traiter le problème de la crise financière. Comprendre la crise et en sortir.

Voici un résumé du document de RECit N°20 Pourquoi la crise financière, comment s’en sortir ? Didier Minot, 76 pages, janvier 2012.

Nul ne peut être indifférent aujourd’hui à la crise financière. Il a paru opportun de donner à comprendre la crise financière en rassemblant des extraits de quelques textes parmi les plus éclairants, est en les simplifiant pour les rendre plus accessibles à des non spécialistes.

L’objectif est de permettre au lecteur de mieux comprendre les événements que nous vivons, prendre conscience de la folie collective qui s’est développée à l’échelle mondiale, afin d’entrevoir les solutions qui existent et pouvoir agir collectivement. Il n’y a pas de fatalité, nous pouvons trouver l’énergie pour agir.

"Pourquoi la crise financière" : grandes lignes de l’exposé introductif de la soirée du 14 février 2012

 

1- Historique de l’évolution du capitalisme financier

Pour comprendre la crise financière, il faut remonter en arrière, aux évolutions et aux décisions prises dans les années 70 et 80, qui ont permis le développement d’un capitalisme dérégulé :
 L’interdiction faite aux banques centrales de financer les états, en se reposant exclusivement sur la création monétaire par les banques privées
 Le développement des marchés à terme lié à l’instauration des taux de temps de change flottants en 1971, facteur d’instabilité financière dans les échanges internationaux
 L’émergence d’un marché financier mondial lié à l’évolution des technologies et notamment à la révolution d’information
 La possibilité ouverte aux opérateurs financiers de conclure des marchés de gré à gré sans passer par une instance officielle, d’où une opacité du marché
 La possibilité offerte de se sur-assurer pour couvrir les risques d’un marché à terme, puis de s’assurer sur un bien qu’on ne possède pas, c’est-à-dire de faire des paris sur les évolutions économiques financières (produits dérivés)
 La mise en place de produits financiers de plus en plus complexes, dans lesquels il devient difficile d’apprécier la part de risque face à des rentabilités élevées.
 La possibilité de souscrire des produits dérivés « à nu » est source de manipulations et manoeuvres frauduleuses. Quand il est possible de « prendre des paris sur la maison du voisin, puis d’y mettre le feu », il est tentant d’agir pour que la catastrophe arrive. Ce qu’a fait Goldman Sachs par exemple.

 

2- Explication de la crise financière actuelle

La crise financière actuelle a débuté avec le développement incontrôlé du marché hypothécaire américain, notamment en direction des ménages les moins solvables (subprimes), et s’est propagée de façon explosive.
 Dans les années 2000, on a fait des prêts à remboursement différé à des ménages insolvables, en accordant tous les 3 ans un nouveau prêt plus important basé sur l’augmentation du prix de l’immobilier. Quand le marché s’est retourné, des millions de ménages ont été en faillite (crise des subprimes)
 Les institutions financières se sont retrouvées prises au piège des règles comptables (enregistrement des biens à la valeur de marché et non à la valeur d’acquisition) lorsque les créances qui figuraient dans leurs comptes sont devenues sans valeur.
 La crise s’est propagée parce que les créances avaient été transformées en titres (un titre = plusieurs milliers de créances), eux-mêmes agrégés par tranches de crédit les uns aux autres (dans des CDO) dans une opacité de plus en plus totale. De ce fait, la perte de confiance s’est propagée à l’ensemble des titres de l’ensemble des banques et a conduit à un blocage du système bancaire par manque de confiance réciproque.
 De ce fait, de nombreuses banques se sont retrouvées en difficulté avec des pertes colossales.
 Le gouvernement américain a renfloué les premières banques, mais a refusé de renflouer la banque Lehman Brothers. Cette faillite a provoqué une panique qui a obligé l’ensemble des gouvernements à injecter des sommes massives pour renflouer les banques afin d’éviter l’écroulement total de l’économie comme en 1929.
 Cependant, tout le monde n’a pas été perdant : les institutions financières qui avaient parié sur l’effondrement ont gagné des sommes colossales en peu de temps.
 Les agences de notation, qui sont payés par les banques, mesurent le niveau de risque financier pris non pas par les investisseurs mais par les spéculateurs (autre nom des 700 institutions financières dominantes qui contrôlent 80 % des transactions). Elles ne sont pas indépendantes, et provoquent par leurs annonces les phénomènes qu’elles prétendent conjurer (« les thermomètres qui rend malade »).

 

3- Comment les banques ont entraîné les Etats dans leur chute

Le sauvetage des banques en 2008 s’est fait sans conditions, alors qu’il aurait été possible pour les Etats de reprendre en main ce secteur en instaurant des règles, en imposant des administrateurs ou en les nationalisant. Loin d’être reconnaissantes aux Etats, les banques ont utilisé les fonds qui leur étaient prêtés pour reprendre les spéculations et acheter des dettes d’État (c’est-à-dire prêter à un taux d’intérêt élevé l’argent que les Etats leur avaient prêté à taux nul). Bien plus, les banques ont utilisé les agences de notation pour souligner que les Etats risquaient de ne jamais pouvoir rembourser leurs dettes. Cela a permis aux banques et aux institutions financières d’exiger des taux d’intérêts beaucoup plus élevés en s’appuyant sur l’abaissement des notes financières (alors que les banques ne courent aucun risque si les États renflouent les banques défaillantes, trop grosses pour faire faillite). En 2010, on s’est aperçu que les États s’étaient beaucoup trop endettés. La dette liée au remboursement des banques s’étaie ajoutée aux autres dettes publiques accumulées. L’accroissement de la dette publique provient des intérêts payés pour la création monétaire depuis des décennies, du ralentissement de l’économie liée à la crise financière et économique, mais également de la contre-révolution fiscale qui s’est traduite par une suppression d’un tiers des recettes de l’État entre 1982 et 2009. Les institutions financières ont alors exigé que les gouvernements mettent en place des plans d’austérité dans tous les pays européens, et surtout dans les pays les plus fragiles, en diminuant les salaires et les dépenses publiques, sans toucher aux revenus du capital ni aux privilèges des institutions financières et des grandes entreprises. L’austérité est une solution suicidaire qui aggrave la récession, puisque les mesures imposées se traduisent par un ralentissement de l’économie, de moindres rentrées fiscales et un accroissement de la dette. Mais si la dette s’accroît et si les taux d’intérêt augmentent parce que le risque augmente, les profits des institutions financières s’accroissent, tout du moins tant que le système n’explose pas. Pourquoi les gouvernements européens mènent-ils une telle politique ? L’aveuglement idéologique et la bêtise ne sont pas à exclure comme en témoigne la crise des années 30. Cependant, la crise constitue également un effet d’aubaine pour tous ceux qui veulent remettre en cause les droits sociaux et le modèle social européen hérité de la 2e guerre mondiale.

 

4- Quelques références historiques

Il n’est pas inutile de rappeler quelques références historiques :
 L’exploit de Nathan Rothschild en 1815 lui a permis de construire sa fortune sur un coup de bluff lié à une meilleure information quant à l’issue de la bataille de Waterloo
 La crise de 1929 aux États-Unis reste une référence qu’il faut connaître, car la crise actuelle présente de grandes similitudes. Il est essentiel de voir comment les États-Unis et le monde sont sortis de cette crise, d’abord à travers le New Deal (avec des résultats mitigés) mais ensuite par la 2e guerre mondiale. Cette référence historique est essentielle pour s’interroger sur les sorties de la crise actuelle.
 L’Argentine a connu une série de crises financières, dont elle s’est sortie en 2001 en refusant le diktat du FMI et en se déclarant en cessation de paiement de façon à renégocier sa dette. Le peso a été dévalué de 30 %, les monnaies locales ou régionales ont été mises en place au plus fort de la crise, les entreprises en faillite ont été reprises par leurs travailleurs, le gouvernement a mis en place une politique de relance qui a permis rapidement de retrouver le chemin de la reprise des activités.
 A l’inverse, la Grèce n’en finit pas d’être étranglée pour ne pas savoir dire non. Les événements de ces derniers jours confirment l’impasse dans laquelle s’est engagé le pays pour ne pas avoir su suivre l’exemple de l’Argentine. Mais l’histoire n’est pas finie.

 

5- Une réflexion sur les causes est nécessaire

Cette réflexion est à peine esquissée. À ce stade, nous avons pointé :
 Si les mutations technologiques, très rapides avec la révolution de l’information et des transports, auraient pu être mises au service du bien commun et résoudre une grande partie des problèmes de l’humanité, elles ont, au contraire, été mises au service du profit qui secrète de nouvelles inégalités mais aussi la crise financière actuelle.
 Le fanatisme de marché dénoncé par Joseph Stieglitz, Patrick Viveret, et bien d’autres…
 Une logique de marchandisation jusqu’au plus intime de nous-mêmes, gravé dans le marbre par l’organisation mondiale du commerce.
 Les vices de construction de l’union européenne, construction déséquilibrée, acceptée passivement par la France et par l’équipe de Jacques Delors sous les diktats successifs de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne, concrétisée par les traités de Maastricht et de Lisbonne, dont on voit aujourd’hui les résultats. La crise actuelle favorise la fragmentation de l’Europe.

 

6- Que faire pour mettre la finance au service de la société ?

Cette réflexion est inachevée car l’actualité apporte tous les jours des éléments nouveaux. Par ailleurs, les solutions à la crise financière ne sont pas seulement financières. On peut néanmoins synthétiser quelques éléments.

Que peuvent faire les citoyens ? Les citoyens et les organisations doivent se mobiliser à leur niveau pour faire pression sur les gouvernements et pour faire émerger des alternatives :
 Il est possible de se mobiliser contre la dette, en participant au comité pour un audit citoyen de la dette publique, en exigeant plus de lumière sur les causes de cette dette.
 Il est possible d’agir avec les collectivités locales, qui ont été flouées par les banques (Dexia et d’autres) en souscrivant en toute confiance à des prêts très toxiques.
 Il est essentiel également de défendre le rôle des services publics, des associations au service de l’intérêt général, et de toutes les actions contribuant au bien commun.
 Il est possible, comme cela se fait déjà aujourd’hui, de multiplier les actions porteuses d’alternatives sur le terrain afin de tester aujourd’hui des solutions pour demain et de convaincre la population qu’il est possible d’agir autrement (…).

 

Rappel : Lancement du collectif local pour un audit citoyen de la dette (CAC 53) - 15 fév. 2012 

 

Cet article est le 121ème paru sur ce blog dans la catégorie Capitalisme

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 22:51

Refaire le monde, protéger les ressources naturelles

 

J’ai fait la connaissance de Robert Levesque lors d’une réunion du Mouvement agricole et rural solidaire (Mars) - voir L'accès à la terre, un problème pour l'installation des jeunes agriculteurs - 26 février 2012.

En fin de réunion, il a présenté, brièvement, son livre TERRE NOURRICIERE, un livre sur le lien entre les usages de la terre et le réchauffement climatique. Aux éditions L’Harmattan, 2011.

 

Voir ROBERT LEVESQUE. Présentation du livre par agter-video (synthèse vidéo de la réunion thématique organisée par l’association aGter le 7 décembre 2011 avec Robert Levesque).

 

La préface de l’ouvrage est signée par Hubert Cochet, Président d’AGTER, professeur d’agriculture comparée à AgroParisTech.

 

C’est un ouvrage important, qui traite de questions beaucoup trop peu développées jusqu’ici, et qu’il est pourtant extrêmement urgent de traiter avant qu’il ne soit trop tard. Le sous-titre, Halte au pillage des biens communs, laisse entrevoir l’angle avec lequel Robert Levesque a choisi de traiter le sujet. Il nous offre à la fois le regard d’un scientifique, avec un examen lucide et très bien documenté des questions agronomiques, et il est en même temps capable de souligner toute l’absurdité des règles et des pratiques d’exploitation des ressources naturelles qui dominent le monde d’aujourd’hui.

 

Hubert Cochet souligne dans la préface que ce "… livre résonne comme un cri d’alarme …". "Il n’est désormais plus possible d’envisager l’avenir de l’humanité comme un chemin unilatéral vers le « développement », la « croissance », - à laquelle toutes les énergies humaines seraient consacrées - étant supposée conduire à une satisfaction toujours plus grande et toujours plus élargie des besoins"

"Sans verser pour autant dans un malthusianisme pourtant revigoré aujourd’hui par la prise de conscience du caractère fini des ressources de notre Terre, Robert Levesque propose plutôt de renouveler notre rapport à la nature et d’asseoir cette renaissance sur un ensemble de politiques foncières pensées à l’échelle mondiale et visant à réguler l’utilisation du sol dans le sens de l’intérêt général et partagé de l’humanité. Il écarte, non sans raison, les tentatives de marchandisation de la nature qui, au nom d’une « valorisation » de cette dernière et pour en promouvoir le meilleur usage possible, affectent un prix, mesuré en unités monétaires, à la nature. Parce qu’un tel calcul financier implique nécessairement de se soumettre à la tyrannie de l’actualisation, il conduit de facto à sacrifier le long terme au court terme, alors même que les services multiples apportés par la « terre nourricière » dans le futur n’ont pas moins de valeur que ceux qu’elle est en mesure d’apporter aujourd’hui." (…)

 

Le chemin d’un développement plus conforme à l’intérêt général "passe par une meilleure répartition de la terre entre tous les humains, entre les agriculteurs d’une part - et ceci pose en termes renouvelés la question de la réforme agraire -, entre les consommateurs d’autre part, afin que chacun ait une empreinte comparable sur la planète, la plus raisonnable possible. Tel est le formidable défi posé par ce livre, balisant le chemin à parcourir pour changer notre rapport à la nature et passer ainsi de l’Anthropocène à l’Ecolocène."

 

Voici le commentaire et le résumé publiés par la maison d’édition L’Harmattan dans le comité de presse relatif à la parution de l’ouvrage.

Ce livre fait le point sur les contraintes auxquelles la production alimentaire mondiale se trouvera confrontée : le réchauffement climatique, le manque de terre « nourricière », la pénurie d’éléments fertilisants, l’érosion de la biodiversité. Mais il est avant tout une invitation à la vie, contre « l’utopie du toujours plus », contre le suicide collectif de l’humanité. Il se veut positif, et indique des voies pour sortir de l’impasse socio-écologique dans laquelle l’humanité s’est engouffrée.

Le constat est sans appel : nous vivons au-dessus des moyens que la nature met à notre disposition, et aux dépens des générations futures. Le « toujours plus » en matière de consommation d’énergie fossile, de terres bétonnées et bitumées, de biens matériels utilisant des ressources naturelles non renouvelables est impossible durablement pour l’humanité. L’homme s’est mis en tête de dominer la nature, de la mettre à son service. Ce faisant, non seulement il se comporte comme une espèce invasive qui épuise les ressources naturelles dont il a besoin pour vivre, mais il modifie également les caractéristiques de la biosphère à tel point qu’il est susceptible de rendre invivable la planète pour son espèce. Ce « toujours plus » ne peut que conduire à de graves conflits sociaux, des guerres que personne ne pourra gagner.

Avant tout, pour sortir de l’impasse écologique dans laquelle l’humanité s’est engouffrée et donc pour le bien-être de chacun, il faut changer de paradigme. L’homme doit abandonner l’idée de dominer le reste de la nature. De la domination de la nature, de la destruction de la biosphère, nous devons passer à une symbiose entre l’homme et le reste de la nature. De la compétition, de l’individualisme, nous devons aller à la coopération, à la solidarité, au partage y compris avec les générations futures.

La nature ne négocie pas. Aux hommes de négocier entre eux l’accès aux ressources naturelles, notamment à la terre nourricière. Pour nourrir l’humanité, une gouvernance démocratique mondiale des biens communs de l’humanité, notamment des ressources naturelles (la biodiversité, les espaces naturels, le climat, les réserves minières) doit se mettre en place en lien avec les politiques locales. La propriété de ces biens doit être encadrée sur la base de la déclaration des droits de l’homme qui prévoit des limites à la propriété dans l’intérêt général. Au lieu de laisser faire la course mondiale aux hectares naturels, des réformes agraires doivent être engagées pour permettre aux affamés de se nourrir.

Ce livre propose des pistes de solutions, une voie pour atteindre l’Ecolocène, l’ère de la symbiose entre l’homme et le reste de la nature. Le temps est compté. C’est sans doute la première fois que l’humanité dans son ensemble est susceptible de se détruire. L’état d’urgence socio-écologique doit être décrété. Un futur apaisé doit nous faire rêver et nous motiver à le construire.

Résumé
Le dérèglement climatique auquel nous assistons et participons se traduit par une augmentation des tempêtes, des inondations, des sécheresses et des canicules. Il fait baisser les rendements agricoles alors que la concurrence entre les productions de biomasse alimentaire, énergétique et de biomatériaux commence à faire rage et pèse sur l’équilibre alimentaire mondial. Pour satisfaire les besoins alimentaires futurs de l’humanité, il faut équilibrer au plus vite émissions et capture des gaz à effet de serre. Il y a urgence. La crise énergétique n’est pas celle du manque d’énergie fossile, mais bien celle de l’excèdent de la demande par rapport à l’offre en énergies renouvelables. Les économies d’énergie, premier gisement à exploiter, et la progression des énergies renouvelables doivent mobiliser tous les investissements en matière énergétique.

 

Autre aspect trop souvent délaissé, les rendements agricoles ont augmenté avec l’utilisation d’engrais azotés de synthèse, fabriqués à partir de gaz naturel, et de ressources minières, ressources naturelles non renouvelables et non substituables entre elles. Il faut donc inventer, en quelques décennies, une agriculture durable, en recyclant les éléments comme les phosphates et la potasse.

Compte tenu de la lutte à livrer contre le réchauffement climatique, nous devons nous contenter des surfaces arables actuelles. Nous pouvons envisager de développer des systèmes agro-forestiers mais aussi de diminuer, dans les pays riches, notre consommation de viande et de calories. Par contre, mettre en culture de nouvelles surfaces en libérant du carbone supplémentaire dans l’atmosphère ne pourrait nous conduire qu’à une victoire à la Pyrrhus ! (…)

 

Cet article est le 291ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 23:02

Informations sur le foncier agricole (INSEE, SAFER et MRJC)

 

C’est en participant aux réunions du Mouvement Agricole et Rural Solidaire que j’ai bénéficié de la documentation du Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC) et de celle de Robert Levesque, ingénieur agronome et dirigeant de la Fédération nationale des Sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural (SAFER), concernant les problèmes de foncier agricole.

Que font les Safer ? Les Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer) permettent à tout porteur de projet viable - qu'il soit agricole, artisanal, de service, résidentiel ou environnemental - de s'installer en milieu rural. Les projets doivent être en cohérence avec les politiques locales et répondre à l'intérêt général. En savoir plus

 

Le 7 février, Robert Levesque a présenté les cartes relatives aux marchés fonciers ruraux régionaux. Voir Les marchés fonciers ruraux régionaux entre dynamiques des exploitations agricoles et logiques urbaines - document publié par l’INSEE Insee - Économie et Statistique - 444-445 - février 2012.

Résumé

La terre et le bâti agricoles sont l'objet de nombreuses convoitises qui se manifestent sur le marché foncier rural.

La terre, lorsqu'elle est achetée à fin d'usage agricole, est l'objet de concurrences entre agriculteurs déjà en place dans une stratégie de consolidation ou d'agrandissement de l'exploitation et candidats à l'installation.

Mais la terre agricole constitue aussi une réserve foncière pour l'implantation d'infrastructures et l'extension urbaine et rurale non agricole ; le bâti agricole est particulièrement recherché pour être transformé en résidence, tandis que de nombreuses parcelles sont achetées en vue d'agrandir l'espace privatif autour des maisons individuelles.

Deux dynamiques géographiques entrent ici en résonance : d'une part, celle de l'agriculture qui recoupe les modes de faire-valoir, la spécialisation des terroirs et des systèmes de production, la prévalence des formes d'exploitations individuelles ou sociétaires, etc. et, d'autre part, celle de l'urbanisation qui répond à des critères tout autres : proximité des axes de communication et des bassins d'emploi, attractivité liée au soleil, au littoral, à la qualité du bâti et au paysage, etc.

La conjonction de ces deux dynamiques a des conséquences directes sur l'accès à la terre des agriculteurs, l'évolution des marchés fonciers, les formes d'urbanisation du territoire, et le maintien de l'agriculture dans certaines zones sous forte pression urbaine. Le mitage de l'espace rural prend une ampleur bien différente selon les régions, en fonction des revenus dégagés par l'agriculture et de la mise sur le marché de biens bâtis. Les marchés fonciers ruraux régionaux, analysés au crible des dynamiques agricoles et des logiques urbaines, révèlent en filigrane les grandes tendances régionales d'aménagement du territoire et d'évolution des paysages ruraux.

Quelques extraits de l’intervention de Robert Levesque :

 

La part du fermage dans la SAU (Surface agricole utile) a fortement augmenté : de 49% en 1979 à 74% en 2007. Les agrandissements se font en fermage, pour l’essentiel. Les propriétaires, en devenant retraités, louent les terres aux successeurs. Une exploitation qui a beaucoup de propriétaires est plus difficile à vendre. On va vers un émiettement progressif de la propriété par rapport à l’exploitation et vers l’accroissement des formes sociétaires. En 2007, la surface moyenne des exploitations, au niveau national, était 55 hectares.

La pression foncière non agricole est de plus en plus forte. En 7 ans, c’est presque l’équivalent de la surface d’un département qui sort de l’agriculture. 70 000 à 80 000 ha par an sont perdus par l’agriculture, principalement autour des bourgs et des hameaux (phénomène de mitage, à l’origine de problèmes de cohabitation entre résidents et agriculteurs). Perte d’un potentiel agronomique (ce sont les meilleures terres, bien souvent) et d’une part (15%) de la réserve utile en eau. La surface urbanisée a doublé entre 1960 (2,5 millions d’hectares) et actuellement (environ 5 millions). Dans les 30 prochaines années, 2,5 à 3 millions d’hectares seront urbanisés.

 

MRJC : le foncier au cœur du développement agricole et rural

 

Mathieu Salvi a présenté l’analyse et les propositions de la commission Foncier du MRJC pour améliorer la gestion du foncier et faciliter l'installation. L'accès aux moyens de production, et notamment à la terre, est ciblé comme la difficulté principale pour l'installation des jeunes en agriculture. Ce travail a été réalisé par un groupe de jeunes du MRJC qui est allé à la rencontre d'experts de la question et d'expériences innovantes dans ce domaine.
Voir Le MRJC présente son analyse sur la gestion de l'espace et l'accès et à la terre

 

Extraits (portant sur les constats)

 

La surface occupée par l’habitat a augmenté environ 5 fois plus vite que la population au cours des deux dernières décennies. Cette pression accrue sur les sols et l’espace s’explique par la conjugaison de plusieurs facteurs : l’augmentation du nombre de ménages, l’agrandissement des logements et des espaces attenants, ainsi que l’essor de l’habitat individuel, en particulier dans les zones rurales (…).

 

Notre manière d’habiter est symptomatique de notre manière de consommer. Depuis plusieurs décennies, afin de favoriser la consommation de masse, se sont installées en périphérie des villes d’immenses zones commerciales. Des axes de transport ont été créés afin de les desservir. Des zones d’activité se sont implantées à proximité de gros centres urbains et des infrastructures routières. Ces tendances existent encore aujourd’hui et ont un impact majeur sur la consommation de foncier.

 

En France, l’artificialisation des sols s’accélère : en moyenne annuelle, 61 000 ha par an entre 1992 et 2003 ; 86 000 ha par an entre 2006 et 2009, dont 90% étaient des terres agricoles et souvent sur des terres avec un potentiel agronomique important. Entre 1992 et 2004, la grande majorité de cette artificialisation était due à l’habitat individuel, puis les infrastructures routières et les équipements de sport et de loisir.

Les raisons de préserver les espaces naturels sont multiples :

-          protéger l’environnement, lutter contre le changement climatique, préserver nos ressources,

-          maintenir un cadre de vie agréable et des paysages diversifiés,

-          relever le défi d’une souveraineté alimentaire partout dans le monde.

La terre est un Bien Commun à préserver. Elle n’est pas un bien comme les autres. Il doit être protégé car essentiel pour l’avenir de l’humanité.

Pour information, lire l’article paru le 25 février sur le site du quotidien Le Monde (rubrique culture et idées) sous le titre : Le paysage français, grand oublié des politiques d'urbanisation

(…) "Aujourd'hui, chacun constate les ravages du paradoxe français qui veut que l'on consomme plus d'espace que tous nos voisins mais que l'on manque toujours cruellement de logements, explique le paysagiste Bertrand Folléa. On "artificialise" 60 000 à 70 000 hectares chaque année, essentiellement des terres agricoles. Cela correspond à un département français tous les sept à dix ans. Par comparaison, l'Allemagne consomme 20 000 à 30 000 hectares. Les Français voulaient des maisons individuelles ? On a fait le choix de l'étalement urbain, en oubliant que l'espace était une ressource non renouvelable."

 

Cet article est le 290ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 23:07

L’Apli et l’Office du lait se démènent pour « sauver le lait »

 

Dimanche 26 février, à partir de 9h, à l’entrée du Salon de l’agriculture, Porte de Versailles, une distribution de lait sera organisée afin de sensibiliser les visiteurs à l’action menée par les producteurs en direction des consommateurs de produits laitiers.

DONS DE LAIT : Rendez-vous dimanche 26 à l’entrée du Salon de l’Agriculture à Paris

 

L’objectif du tout nouvel Office du lait (voir ASSOCIATION NATIONALE DES PRODUCTEURS DE LAIT) est d’amorcer un mouvement citoyen de grande ampleur, rapprochant producteurs et consommateurs, de manière à imposer un changement en profondeur dans la gestion de la filière laitière, non seulement au niveau national, mais aussi au niveau européen.

 

Depuis le début, le  combat  de l’Office du Lait (issu de l’APLI ) va au-delà  d’une simple revendication  sur le  prix du lait . C’est un changement de système que nous voulons instaurer en gérant les volumes de lait produits à l’intérieur de l’Europe. Seule une régulation gérée par les producteurs pourra assurer la survie des producteurs ici, sur tout le territoire, et là bas en refusant d’inonder les pays pauvres de nos surplus.

SAUVER la faim dans le monde tout en assurant le maintien des producteurs, COMBATTRE  la famine entretenue par la spéculation, font totalement  partie des missions qui nous sont imparties (…).

Notre action va également vers les consommateurs, car   producteurs et consommateurs, sont les 2 maillons fragiles de la chaîne, pris en tenailles entre  l'agroalimentaire et la grande distribution. Il faut redonner du pouvoir aux consommateurs et aux producteurs puisque les agro industries qui spéculent n’ont d’autre objectif que  le profit  au détriment, souvent, de la qualité des produits 

 

C’est pourquoi l’Office du Lait  National sera au Salon de l’Agriculture  de Paris , Porte de Versailles,  le dimanche 26 février  pour le lancement du  collège consommateurs et de son site Internet www.sauvonslelait.fr, lieu d‘échanges entre producteurs et consommateurs afin de lutter ensemble pour la garantie de la sécurité et de la souveraineté alimentaires de notre pays.

Il est temps de recréer un lien direct entre le producteur de lait et le consommateur.  Cette rencontre inédite entre  ruraux et citadins, sera l’occasion de décliner les grands axes de cette révolution citoyenne pour sauver le lait, qui tient en un sigle : a.s.s.é. (agir pour plus de transparence,  soutenir pour plus d’équité, sanctionner tout abus et dérive, expliquer pour retrouver le bon sens).

 

AG Apli 120911 001 TMêlez-vous, vite, de ce qui vous regarde… Mais de quoi donc ? De ce qui se passe dans votre bol de lait ! Le litre de lait entier coûte 42 cts à produire, est payé 31 cts au producteur, est acheté 100 cts par le consommateur.

NOUS, producteurs et VOUS, consommateurs, sommes les 2 maillons fragiles de la chaîne, pris en tenailles entre l'agro alimentaire et la grande distribution.

Et si on s'unissait ? Et si nous prenions les tenailles pour agir ? Nous avons la matière première, VOUS maîtrisez l'acte d'achat.

Nous, producteurs laitiers, nous vous proposons de relever un formidable défi : Instaurer un commerce équitable ICI ET MAINTENANT.

Cela va se traduire : pour les producteurs par un revenu viable, pour les consommateurs par des produits de qualité à un prix juste.

Voir www.sauvonslelait.fr- une vidéo montre ce qui se passe à la ferme, de la naissance du veau à la production du lait Le métier de producteur laitier

 

Rappel : Office du lait : les consommateurs invités à le rejoindre au Salon le 26 - 12 février 2012 

L'Apli (EMB) est engagée dans un projet de coopérative lait équitable - 11 février 2012

Paul de Montvalon, paysan, président : fédérer les producteurs de lait - 2 janvier 2012 

Cet article est le 289ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 23:37

Le candidat, à l’aise parmi les Mayennais, se veut rassembleur

 

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François Hollande et Guillaume Garot (photo Jean-Yves Delort)

 

Moins de deux mois avant le premier tour de l’élection présidentielle, François Hollande était attendu le 23 février à 12h30 à la salle polyvalente de Laval par plus de deux mille personnes, en majorité des retraités, disponibles et motivés par la perspective de renouveler la victoire socialiste de 1981. L’accueil de Guillaume Garot était chaleureux. Il avait bien préparé la salle et le candidat a pu rencontrer des sympathisants avant de s’adresser à tous pendant une demi-heure.

 

Voir François Hollande à Laval : « Nous allons gagner le 6 mai non pas pour la Gauche, mais gagner pour la France » (Ouest-France, 23 février)

Pour François Hollande à Laval (Mayenne) : « La bataille se jouera au premier tour. Je n’ai pas oublié le 21 avril » (OF, 24 février)

François Hollande à Laval : « Je n’ai pas oublié le 21 avril » [vidéos] (OF, 24 février)

 

Ensuite, accompagné par un essaim d’une centaine de journalistes, François Hollande se dirige vers le Vieux-Laval et, dans la cour du Vieux-Château, il rencontre le responsable des fouilles archéologiques.

 

La Mayenne agricole

 

Avant de quitter la Mayenne pour rejoindre Le Mans, le candidat avait un rendez-vous agricole à Parné-sur-Roc, près de Laval. La Mayenne avait été choisie pour parler d’agriculture.

 

Pas étonnant car Guillaume Garot se souvient de la visite régionale (ouest) de François Mitterrand, en avril 1981, dans une ferme à Méral (j’étais alors le responsable du PS mayennais, François Mitterrand était allé sur l’exploitation de Michel Gaultier avant la réunion publique à Cossé-le-Vivien où il avait présenté son programme agricole). Guillaume accompagnait son père, Georges Garot, qui fut par la suite responsable agricole du PS puis député au Parlement européen.

 

Rappel : le 30 novembre 2011, le candidat Jean-Pierre Chevènement a, lui aussi, visiter une ferme en Mayenne, à mon initiative (voir Agriculture : les propos de Chevènement le 30 nov. 2011 en Mayenne - 22 février 2012. 

 

A Parné-sur-Roc, François Hollande était accueilli par Michel Foucher, président du conseil d’administration de la Coopérative des agriculteurs de la Mayenne (CAM 53) et Germain Sauvage, membres d’un GAEC (Groupement agricole d’exploitation en commun, 4 associés) qui produit du lait (75 vaches, 600 000 litres de quota) et des céréales.

 

L’hebdomadaire « Le Courrier de la Mayenne » avait réalisé un entretien avec François Hollande avant son déplacement (article paru dans l’édition du 23 février). Voici le texte de cet entretien.

 

François Hollande est en visite en Mayenne ce jeudi

« Apporter l’espoir d’un changement »

 

Pourquoi avoir choisi de vous arrêter en Mayenne ?

La Mayenne est un département rural qui mérite toute mon attention. Il comporte une agriculture de qualité, un véritable développement industriel. J’ai des liens d’amitié avec Guillaume Garot et d’autres élus socialistes. Je viens pour visiter une exploitation agricole, pour être à l’écoute de cette profession.

 

L’agriculture sera le thème de cette visite. Pouvez-vous nous parler de votre programme sur ce sujet ?

La France a besoin de l’agriculture pour se nourrir, pour alimenter la planète. Elle doit s’appuyer sur une production forte. Je souhaite une agriculture diversifiée avec des exploitations de différentes tailles, avec différentes productions. Je souhaite une agriculture respectueuse de l’environnement, et des territoires. Sur ce domaine, il nous faudra être plus exigeants, pour être plus compétitifs à l’égard des pays extérieurs.

 

L’exploitation de Parné-sur-Roc que vous visitez répond donc à vos attentes ?

Elle fait partie d’un bon équilibre. L’agriculture doit vivre de sa production, tirer le plus de revenus qui lui est possible. Avec les aléas sur les prix, ce n’est pas toujours facile. Elle doit être de qualité, intégrer l’écologie et la préservation de l’environnement.

 

Un dossier environnemental fait parler beaucoup de lui en Mayenne, c’est Aprochim. Qu’en pensez-vous ?

Pour l’ensemble du territoire, l’histoire d’Aprochim a été un choc. Une dizaine de fermes ont été mises sous séquestre. Une information judiciaire est lancée. L’Etat doit continuer à faire son travail. Maintenant, il s’agit d’indemniser les agriculteurs et d’avoir une production industrielle respectueuse des normes. On doit aussi garantir la santé des personnes. Les tests actuels donneront une première idée. On doit garantir les activités agricoles du secteur, préserver l’emploi de l’entreprise bien sûr, mais aussi des exploitations agricoles.

 

Depuis quelques semaines, la carte scolaire provoque l’émoi en Mayenne. Quelles seront vos priorités en termes d’éducation ?

On n’accepte pas plus en Mayenne qu’en Corrèze les suppressions de postes, telles qu’elles sont annoncées. C’est la double peine pour les territoires ruraux. Avec la suppression des Rased, les élèves les plus en difficultés se voient les moins soutenus. J’ai pris l’engagement d’arrêter les suppressions de postes et de créer 12 000 emplois à l’année. Ils concerneront les enseignants mais aussi les encadrants. Il nous faut retrouver une école de la réussite. 150 000 jeunes sortent du système éducatif chaque année. Je veux réduire de moitié l’échec scolaire durant le quinquennat.

 

Dans le contexte économique actuel, ces créations sont-elles réalistes ?

Elles coûteront 500 millions d’euros par an. C’est l’équivalent du bouclier fiscal. Moi, je préfère protéger les enfants plutôt que les grosses fortunes.

 

La Mayenne est une terre centriste. En cas de victoire, ouvrirez-vous les portes à cette famille politique ?

Une élection se gagne avec les Français, pas avec des arrangements politiques. Je veux rassembler la gauche, mais sans tractations. Pour autant, je ne ferme pas la porte. Je ne considère pas que ceux qui ne pensent pas comme moi n’aiment pas la France. Un président est élu pour réunir et rassembler tous les Français.

 

Que pensez-vous du climat actuel de la campagne présidentielle ?

Je vois une grande inquiétude du candidat sortant. Je trouve des formules et des discours violents. Il ne m’entraînera pas sur ce terrain. Je préfère débattre, de son bilan par exemple. Je veux apporter des réponses concrètes aux Français, pas des réformes fracassantes, et des référendums qui sortent du chapeau. Je veux apporter du respect et l’espoir d’un changement.

 

Cet article est le 34ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 23:58

Les peuples européens doivent rejeter cette politique

Le compositeur Grec Mikis Theodorakis, ancien résistant et héros de la lutte contre le régime des colonels, aujourd’hui âgé de 87 ans, lance un appel à l’opinion internationale.

« Un complot international est en cours, visant à mener à terme la destruction de mon pays. Les assaillants ont commencé en 1975, avec comme cible la culture grecque moderne, puis ils ont poursuivi la décomposition de notre histoire récente et de notre identité nationale et aujourd’hui ils essaient de nous exterminer physiquement par le chômage, la famine et la misère. Si le peuple grec ne se soulève pas pour les arrêter, le risque de disparition de la Grèce est bien réel. Je la vois arriver dans les dix prochaines années. Le seul élément qui va survivre de notre pays sera la mémoire de notre civilisation et de nos luttes pour la liberté. »

Contre-Info, le 22 février, a publié le texte du compositeur (extraits), daté du 12 février 2012 :

Notre pays s’enfonce dans les ténèbres du Moyen Âge, par Mikis Theodorakis

(…) L’année passée, M. Juncker a déclaré qu’il avait remarqué lui-même l’hémorragie financière massive de la Grèce qui était due aux dépenses excessives (et forcées) pour l’achat de matériel de guerre - de l’Allemagne et la France en particulier. Et il a conclu que ces vendeurs nous conduisaient à un désastre certain. Hélas, il a avoué qu’il n’a rien fait pour contrecarrer cela, afin de ne pas nuire aux intérêts des pays amis !

En 2008, la grande crise économique est arrivée en Europe. L’économie grecque n’a pas été épargnée. Cependant, le niveau de vie qui était jusque-là assez haut (la Grèce se classait parmi les 30 pays les plus riches du monde), est resté pratiquement inchangé, malgré une augmentation de la dette publique. La dette publique ne se traduit pas nécessairement par une crise économique. La dette des grands pays tels que les États-Unis et l’Allemagne sont estimées à des milliers de milliards d’euros. Les facteurs déterminants sont la croissance économique et la production. Si ces deux facteurs sont positifs, il est possible d’emprunter auprès des grandes banques à un taux d’intérêt inférieur à 5%, jusqu’à ce que la crise soit passée.

En 2009, (en novembre), au moment de l’arrivée de G. Papandréou au pouvoir, nous étions exactement dans cette position. Pour faire comprendre ce que le peuple grec pense aujourd’hui de sa politique désastreuse, je cite deux chiffres : aux élections de 2009 PASOK - le parti politique de G. Papandreou - a remporté 44% des voix. Aujourd’hui, les sondages ne lui donnent plus que 6%.

M. Papandréou aurait pu faire face à la crise économique (qui reflétait celle de l’Europe) avec des prêts de banques étrangères au taux habituel, c’est-à-dire inférieur à 5%. S’il l’avait fait, notre pays n’aurait pas eu de problème. Comme nous étions dans une phase de croissance économique, notre niveau de vie se serait amélioré.

Mais M. Papandréou avait déjà commencé sa conspiration contre le peuple grec en été 2009, lorsqu’il a rencontré secrètement M. Strauss-Kahn, dans le but de passer la Grèce sous la tutelle du FMI. Cette révélation a été divulguée par l’ancien président du FMI (…).

Ensuite, M. Papandréou et le ministre des finances ont mené une campagne de discrédit pendant 5 mois, au cours de laquelle ils ont essayé de persuader les étrangers que la Grèce est, comme le Titanic, en train de couler, que les Grecs sont corrompus, paresseux et donc incapables de faire face aux besoins du pays. Après chacune de leurs déclarations, les taux d’intérêt montaient, afin que la Grèce ne puisse plus faire des emprunts et afin de donner un caractère de sauvetage à notre adhésion au FMI et à la Banque Centrale Européenne. En réalité, c’était le début de notre fin.

En mai 2010, un ministre, celui des finances, a signé le fameux Mémorandum (Mnimònio, en grec), c’est-à-dire notre soumission à nos prêteurs. D’après le Droit grec, l’adoption d’un tel accord nécessite d’être mis aux voix et d’être approuvé par les trois cinquièmes des députés. Donc, le Mémorandum et la Troïka qui nous gouvernent, fonctionnent illégalement - non seulement par rapport au Droit grec, mais aussi au Droit européen (…).

La production a été freinée, le taux de chômage a grimpé à 18%, 80’000 magasins ont fermé, tout comme des milliers d’usines et des centaines d’artisanats. Un total de 432’000 entreprises ont déposé leur bilan. Des dizaines de milliers de jeunes scientifiques quittent notre pays qui s’enfonce de plus en plus dans les ténèbres du Moyen Age. Des milliers de personnes qui étaient aisés jusqu’à un temps récent, sont maintenant à la recherche de nourriture dans les ordures et dorment sur le trottoir.

Entre temps, nous sommes censés vivre grâce à la générosité de nos prêteurs d’argent, les banques européennes et le FMI. En fait, l’intégralité du paquet de dizaines de milliards d’euros versé pour la Grèce, retourne à son expéditeur, tandis que nous sommes de plus en plus endettés à cause des intérêts insupportables. Et parce qu’il est nécessaire de maintenir en fonction l’Etat, les hôpitaux et les écoles, la Troïka charge la classe moyenne et inférieure de notre société de taxes exorbitantes qui mènent directement à la famine. La dernière fois que nous avons vécu une situation de famine généralisée dans notre pays était au début de l’occupation allemande, en 1941, avec près de 300’000 morts en six mois seulement. De nos jours, le spectre de la famine revient dans notre pays infortuné et calomnié (…).

La seule force capable de faire ces changements révolutionnaires, c’est le peuple grec uni en un Front de Résistance et de Solidarité pour que la Troïka (FMI et banques européennes) soit chassée du pays. En parallèle, il faut considérer comme nuls tous ses actes illégaux (prêts, dettes, intérêts, impôts, achats de la richesse publique). Bien sûr, leurs partenaires grecs - qui ont déjà été condamnés dans l’esprit de notre peuple en tant que traîtres -, doivent être punis.

Je suis entièrement concentré sur ce but (l’Union du peuple en un Front) et je suis persuadé que nous l’atteindrons. Je me suis battu les armes à la main contre l’occupation hitlérienne. J’ai vu les cachots de la Gestapo. J’ai été condamné à mort par les Allemands et j’ai miraculeusement survécu. En 1967, j’ai fondé PAM (Patriotikò Mètopo - front patriotique), la première organisation de résistance contre la junte militaire. Je me suis battu dans la clandestinité. J’ai été arrêté et emprisonné dans « l’abattoir » de la police de la junte. Finalement, j’ai encore survécu.

Aujourd’hui, j’ai 87 ans, et il est très probable que je ne serai pas vivant le jour du sauvetage de ma patrie bien-aimée. Mais je vais mourir la conscience tranquille, parce que je continuerai jusqu’à la fin de faire mon Devoir envers les idéaux de Liberté et de Droit.

 

Voir aussi Moody's et la Grèce : une histoire datant de 1931 selon Xavier Tracol - 16 février 2012 

L’Europe en route vers la dépression, par John Weeks

 

Le Portugal est la prochaine Grèce, par Ed Harrison

 

Cet article est le 49ème sur ce blog dans la catégorie Etats Union européenne

 

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 17:52

Capacité d’écoute, propositions simples et cohérentes

 

Entre 15h et 17h30, le 30 novembre 2011, Jean-Pierre Chevènement a été reçu par Hervé et Sylvie Delogé, exploitants agricoles au lieu-dit « Le Bas du Buis » à Commer, près de Mayenne, au nord de Laval (département de la Mayenne - 53, région des Pays de la Loire).

 

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Photo : Jean-Pierre Chevènement avec Sylvie Delogé

 

Après une présentation de l’exploitation (système polyculture-élevage : production bovine - une trentaine de vaches laitières et une vingtaine de vaches allaitantes - et engraissement de porcs charcutiers) et une visite rapide des principaux bâtiments de ferme, le sénateur du Territoire de Belfort, qui était alors candidat à l’élection présidentielle 2012, répondait aux questions des représentants de la presse départementale et régionale (Ouest-France, L’avenir agricole, Le Courrier de la Mayenne, France Bleu Mayenne).

 

Puis il était invité à participer à un débat dans une salle avec des producteurs de lait, ayant des responsabilités dans différentes organisations professionnelles (Association des producteurs de lait indépendants, Organisation des producteurs de lait, Coordination rurale, Confédération paysanne).

 

Synthèse

 

Après la visite de la ferme en Mayenne, communiqué de Chevènement (4 déc. 2011)

 

Les échanges ont fait ressortir la nécessité de mieux réguler le revenu des producteurs en mettant en place une politique des prix rémunérateurs qui leur permette d’obtenir un revenu décent qui ne dépendra pas principalement des subventions.

 

Dans l’optique de la souveraineté alimentaire de l’Europe, Jean-Pierre Chevènement s’est prononcé pour la prolongation du système des quotas laitiers au-delà de 2015. Les aides directes de l’Europe pourraient mieux cibler l’emploi agricole qui doit cesser de baisser ainsi que des objectifs environnementaux. Le rôle directeur des prix permettrait aussi de faire financer la politique agricole autrement que par le canal budgétaire. Les agriculteurs, comme les finances publiques, trouveraient leur compte dans la révision devenue urgente d’une politique agricole commune qui, pour avoir trop déconnecté les revenus des prix, a sombré dans l’incohérence.

 

Interventions de Jean-Pierre Chevènement dans le débat avec les agriculteurs

 

Chevènement très à l'aise avec les agriculteurs à Commer en Mayenne - 30 nov. 2011

 

Jean-Pierre Chevènement souligne que la suppression des quotas laitiers a été obtenue grâce à la France qui s’est abstenue. Les responsables politiques n’ont aucune volonté de réformer le système bureaucratique inefficace de Bruxelles.

 

Jean-Pierre Chevènement constate que personne n’a fait l’effort de repenser la PAC. Il n’y a pas eu de prise de conscience politique. Le système est parti dans une logique absurde et folle. Comment la Commission européenne pourrait-elle porter l’intérêt général ? Elle en est bien incapable. Le système a été mal conçu. La PAC est bien loin de ses concepts d’origine. Il manque la vision large, la prise en compte de la sécurité alimentaire, la maîtrise de l’offre, la limitation des aides à six actifs par exploitation. Il faut revenir à un système de quotas.

 

Jean-Pierre Chevènement rappelle qu’il y aura des élections. La démocratie est dans un état de décomposition avancée. L’information est traitée superficiellement dans les grands médias. Or, c’est là que se forme l’esprit public. Les peuples doivent réagir.

Contrairement à ce qui est souvent dit, je ne suis pas antieuropéen. Je suis pour une autre politique au niveau européen. Il faut proroger le système de quotas laitiers jusqu’en 2017, ce qui laisse le temps nécessaire de la réflexion pour modifier le système et repenser la PAC. Son budget doit être réorienté au service de l’emploi. Il faut prendre en considération les contraintes de la production. Les vaches laitières, c’est un sacerdoce.

 

Jean-Pierre Chevènement note qu’il y a beaucoup à repenser. Il faut rémunérer correctement ceux qui produisent et dont les conditions de production sont difficiles. Il y a des problèmes de revenus. Il faut revenir aux principes de la PAC.

 

Les arguments agricoles de Chevènement, bien reçus par les éleveurs - 2 déc. 2011

 

Chevènement bat campagne en Mayenne (Ouest-France, Alan Le Bloa, 1er déc.)

 

Jean-Pierre Chevènement redit qu'il place sa campagne « au contact des forces productives ». Il prône le revenu, pas l'assistanat. « Le seul moyen d'assurer le revenu des producteurs, c'est de contrôler l'offre. Il faut rendre au prix son rôle directeur. » Opposant au traité de Maastricht en 1992, puis au traité constitutionnel européen en 2005, Jean-Pierre Chevènement critique encore et toujours « l'Europe libérale » et sa « monnaie unique » qu'il oppose à une « monnaie commune » à construire. Il défend la « souveraineté populaire », budgétaire et fiscale.

« Jean-Pierre Chevènement dans l’intimité d’une ferme » (L’avenir agricole, Frédéric Gérard, 2 déc.)

 

« Je suis là pour comprendre ». Le but de cette rencontre ne porte aucun enjeu électoral, assure-t-on : « Je suis venu enrichir ma perception de l’agriculture [au-delà de celle de la FNSEA, indiquera-t-il] pour la répercuter auprès des citoyens », explique ainsi lui-même le candidat à l’élection présidentielle de 2012. Son programme électoral est principalement axé sur la réindustrialisation du pays. Mais « les travailleurs de la terre sont utiles », et l’ancien ministre cherche à comprendre « pourquoi la première agriculture européenne est passée derrière celle de l’Allemagne, voire celle des Pays-Bas ».

 

Des membres de l’Apli mais aussi de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne sont là pour livrer leur analyse : le moins que l’on puisse dire, c’est que Jean-Pierre Chevènement a des arguments qui y font écho. « Il faut se donner plus de temps pour repenser la réforme de la PAC, une politique qui a perdu le sens qu’on lui avait donné autrefois. C’est devenu uniquement une chose très administrative, sans vue générale. On doit mettre en priorité la souveraineté alimentaire. Encadrer l’offre de production. Assurer des prix garantis. Plafonner des aides directes qui doivent avant tout servir l’installation et l’emploi ».

Au-delà de la politique communautaire, « il faut sortir les produits agricoles de l’OMC : les y placer a été une erreur monstrueuse ».

 

Face à des agriculteurs qui témoignent de résultats comptables tendus, et se privent de vacances, Jean-Pierre Chevènement pointe du doigt des dirigeants politiques « perdus face à la complexité de la mécanique bruxelloise ». Plus largement, le candidat du MRC appelle à être « pragmatique avec la construction de l’Europe : le modèle allemand ne peut être apposé à des pays structurés différemment. Qu’y souscrivent ceux qui veulent, et que les autres suivent plus ou moins, selon leur volonté ». En bref, que chacun avance à son rythme en Europe, avec des quotas agricoles pour tous ?



Rencontre entre Chevènement et des producteurs de lait en Mayenne - 9 déc. 2011

Le Courrier de la Mayenne, dans son édition du 8 décembre, a publié ce texte signé Françoise Nouar : Jean-Pierre Chevènement en campagne 



Cet article est le 288ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 22:39

Cette proposition de loi achève l’intercommunalité

 

Le principal acteur de la Loi relative au renforcement et à la simplification de la coopération intercommunale était très critique à l’égard de la réforme territoriale portée par le gouvernement (voir Sénat : Chevènement critique la réforme des collectivités territoriales- 3 juillet 2010).

 

Rappel : Intercommunalité en France (Wikipédia) et L'intercommunalité à fiscalité propre (Sénat).

 

Dans un précédent article, j’ai évoqué les réticences des élus en Mayenne, face aux propositions de modification de la carte intercommunale venant du préfet (voir La réforme territoriale est l'un des enjeux des élections nationales 2012 - 19 février 2012).

 

A l’initiative du président de l’association des maires de France, une proposition de loi a été déposée à l’Assemblée nationale afin de calmer les esprits dans cette période électorale.

 

MRC national 002Voici l’intervention de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, lors du débat au Sénat sur la proposition de loi "assouplir les règles relatives à la refonte de la carte intercommunale" (20 février).

L’intercommunalité: une œuvre de longue haleine

Il est bon que les dispositions relatives à l’intercommunalité puissent faire l’objet d’un vote consensuel.
Pour cela, le gouvernement a fait une concession importante. Il a de fait renoncé aux pouvoirs spéciaux accordés aux Préfets pendant l’année 2012. Le pouvoir d’avis et d’amendement des CDCI est prolongé jusqu’en juin 2013, tant qu’un schéma directeur de la coopération intercommunale n’a pas été adopté. Lors du débat organisé au Sénat, le 9 novembre 2010, je vous avais moi-même conseillé de renoncer à ces pleins pouvoirs préfectoraux qui ne conviennent pas à l’esprit de l’intercommunalité. Vous aviez choisi, vous disais-je alors, d’ « utiliser un marteau pilon pour écraser une mouche ».
Vous avez heureusement retiré de votre arsenal le marteau-pilon. Les préfets ont un pouvoir de conviction suffisant par eux-mêmes et les élus ont un sens de la responsabilité que nul ici ne contestera.

La proposition de loi qui nous est transmise par l’Assemblée nationale doit sans aucun doute à M Pélissard et aux travaux de l’AMF. Elle doit beaucoup aussi à la proposition de loi sénatoriale de M Jean-Pierre Sueur dont je salue la contribution décisive. La commission des lois, selon le rapport de M Alain Richard, considère que les ultimes réglages, auxquels il a été procédé, remplissent l’essentiel des objectifs que la proposition de loi sénatoriale s’était assignés et qu’il n’y a donc pas lieu de prolonger le débat.

 

Les mandats des membres des bureaux des EPCI sont préservés jusqu’à 2014 dans des conditions qui seront réglées soit par délibération de l’EPCI soit à défaut, sur décision du Préfet.
Il en va de même pour les suppléants, les dispositions antérieures étant maintenues jusqu’en mars 2014.

Mais c’est évidemment la consultation obligatoire de la CDCI qui est le cœur du projet qui nous est soumis. La préservation de son pouvoir d’amendement est essentielle, y compris en l’absence de schéma arrêté. La proposition de loi prévoit aussi de porter de 3 mois à deux ans le délai fixé à l’EPCI à fiscalité propre résultant d’une fusion, pour se déterminer sur les compétences facultatives exercées précédemment par les groupements dissous, en lui ouvrant la possibilité de n’en exercer qu’une partie et de restituer le surplus aux communes : c’est le temps qu’il faut pour mener à bien les concertations nécessaires.

Je me réjouis de voir progresser ainsi l’intercommunalité. L’achèvement de la carte de celle-ci était certainement la partie de la loi portant réforme des collectivités territoriales qui posait le moins de problèmes. En tout cas, il est satisfaisant de saluer à ce jour la disparition d’une centaine d’enclaves ou de discontinuités territoriales, et l’entrée de 1200 communes isolées dans des intercommunalités, la réduction d’environ 20 % du nombre des EPCI et l’augmentation de 24 % de leur population moyenne vont dans le sens d’un progrès de la solidarité financière et de la cohésion territoriale.

Je me réjouis, par ailleurs, de voir qu’à ce jour huit pôles métropolitains ont été constitués. Cette formule donne une visibilité certaine à nos grandes agglomérations, même si par ailleurs, seule une métropole – celle de Nice – a été constituée. Faut-il s’en étonner ? Il fallait s’attendre à ce que les régions et les départements ne se laissent pas facilement étêter.

L’intercommunalité est une œuvre de longue haleine. Une première clause de rendez-vous a été fixée à 2015. C’est une bonne chose. Il y a toujours des progrès à faire : certaines communautés de communes ne disposent pas de ressources suffisantes, alors que d’autres, situées à proximité, sont beaucoup plus riches. Il y a encore des regroupements à opérer.

Ultérieurement à 2015, d’autres clauses de rendez-vous interviendront, à intervalle de six ans, c’est-à-dire l’année qui suivra le renouvellement des conseils municipaux. L’intercommunalité est une œuvre d’ampleur qui doit permettre un meilleur aménagement du territoire et la mise en œuvre de politiques permettant d’améliorer la mixité sociale, notamment dans le domaine de l’habitat. Surtout elle est, je le crois, la bonne réponse apportée au problème spécifique à la France des 36 600 communes. La commune doit rester l’échelon de base de la démocratie. Il faut la préserver. L’intercommunalité le permet en créant un échelon stratégique pertinent pour la mise en œuvre de politiques efficaces.

Mesurons le chemin parcouru en vingt ans depuis la loi de 1992 dite Joxe-Marchand-Baylet qui a été une réussite en milieu rural, la loi de juillet 1999 qui a permis la création de 170 communautés d’agglomérations et de plusieurs communautés urbaines nouvelles ainsi que de nombreuses intercommunalités autour de gros bourgs ou de villes petites et moyennes jusqu’à la loi du 16 décembre 2010 rectifiée qui va permettre d’achever sur tout le territoire la carte de l’intercommunalité. Et tout cela s’est réalisé avec des majorités très larges voire à l’unanimité des assemblées parlementaires. Veillons à ce que cet esprit consensuel se maintienne et se prolonge sur le territoire, car c’est le gage d’une réussite véritable.

 

Cet article est le 28ème paru sur ce blog dans la catégorie Chevènement sénateur

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 17:48

Une équipe dynamique pour « gagner le match »

 

L’Apli, association qui a été créée pour fédérer les producteurs de lait grévistes en septembre 2009, se structure en fédération des associations de producteurs de lait indépendants et se donne un nouveau bureau (voir Producteurs de lait : André Lefranc (Sud Manche) élu président de l'Apli - 18 février 2012).

 

AG Office du lait Avranches 221111 005 TLe nouveau président, André Lefranc, s’est présenté et a indiqué les priorités de son équipe en 2012. Voir le communiqué de presse (20 février) sur le site de l’ASSOCIATION NATIONALE DES PRODUCTEURS DE LAIT et ci-après.

 

L’APLI continue sa route

 

Notre Président, Richard Blanc, a souhaité quitter son siège pour se consacrer à plein temps à la mise en place du projet de lait équitable en cohérence avec l’EMB.

C’est au vu du dynamisme du nouveau Conseil d’Administration que j’ai accepté le poste de Président, pour un an. Je remercie cette équipe de m’avoir fait confiance avec une élection à l’unanimité. Car, pour moi, il s’agit bien d’une équipe où chacun, avec sa personnalité, joue solidairement pour « gagner le match »

Un grand merci à Richard et Dominique d’avoir accompli la prouesse, en un si court délai, d’achever le travail fastidieux des statuts tout en ayant réussi à redonner un nouvel élan.

 

Qui suis-je : André Lefranc vivant maritalement, trois garçons de 19 et 20ans, en GAEC avec Sylvie qui partage depuis le début mon engagement, gérant d’une SCL à trois associés et deux salariés. 950 000l sur 200ha

Depuis janvier 2011 nous avons fait le choix de transformer une partie de notre lait et de reconvertir notre ferme en BIO (mai 2011) : c’est une façon de changer de laiterie et de faire un pied de nez à Monsan….et Cie, sangsues des producteurs et des consommateurs.

Mon investissement pour la défense des producteurs de lait date de 2008 suite à une rencontre décisive avec ERWIN, « LE » Producteur Belge qui, lors de son intervention à Vire, posait cette question : « Livrer ou vendre son lait ??? »

 

Ce fut un vrai déclic qui m’a donné la rage d’essayer de solidariser les producteurs quelle que soit leur façon de produire ou leur appartenance syndicale. C’est donc tout naturellement que je me suis engagé dans l’APLI alors naissante Le changement d’orientation de production sur notre exploitation, ne change en rien ni ma motivation, ni ma détermination à défendre TOUS LES PRODUCTEURS. L’ APLI ne s’est pas construite pour dire aux producteurs comment produire. Chacun est libre d’adapter son système de production en cohérence avec son milieu et sa volonté.

 

Dons de lait, grève, épandage, CVO, autant d’actions menées avec force et énergie. Toutes ces luttes ont révélé tant de richesses humaines dans les rangs des producteurs. Tous ces combats sont des leviers importants mais le résultat ne dépend que de la faculté des producteurs à être prêts ensembles. Nous ne réussirons que si une grande majorité est capable de se mobiliser au même moment.

 

La création de l’Office du Lait National marque un tournant dans notre action. Nous nous sommes doté d’un instrument qui permet d’atteindre nos objectifs et de répondre aux exigences de la LMA. C’est ainsi que l’Office, avec France Milk Board, propose un contrat qui permet aux producteurs, de sauver leur indépendance et de valoriser dignement leur travail. Les contrats proposés par les industriels, au contraire, sont, eux, très proches de l’esclavage. Si vous êtes « tentés » de signer avec votre laiterie, demandez qu’elle vous montre ses contrats de vente avec la distribution pour voir si elle signe des contrats sans prix!!!

Notre combat est bien de se regrouper pour adapter l’offre à la demande au niveau européen. Afin d’avoir des prix qui couvrent les coûts de production.

 

2012 doit être l’année du changement

 

1) Nous avons d’abord RV le 26 février au Salon de l’Agriculture pour lancer le collège consommateurs de l’Office du Lait. (j’espère que la présence des producteurs sera à la hauteur de l’énergie dépensée par Paul et son équipe pour l’office du lait).

Nous devons instaurer un dialogue permanent avec les consommateurs, ils sont très importants et peuvent faire plier les industriels en boycottant ou achetant certains produits. Nous nous devons de nous unir car ensemble nous pourrons constituer un groupe de pression national, voire européen, pour assurer la qualité des produits mis en marché et rémunérer enfin les producteurs.

 

2) le lait équitable va voir le jour : un groupe de travail composé des représentants de chaque région et dirigé par Richard Blanc, qui est en contact avec l’EMB, va proposer un plan d’action dans les semaines à venir.

 

3) Les CVO suivent leur chemin avec des embûches de taille mais ébranlent sérieusement les institutions.

 

Les élections politiques arrivent. Il va falloir « secouer » tout ce monde plus attaché à la spéculation qu’à la production. Il est d’ailleurs très instructif d’aller voir sur le site de l’APLI la liste de ceux qui ont voté pour le « paquet lait »*. C'est-à-dire le paquet « cadeau » (pour les transformateurs), celui qui ouvre la voie de la libéralisation et réintroduit la vente de producteurs-esclaves aux industriels !!!

 

Nous avons une nouvelle équipe dynamique, pour le premier CA, délégués et suppléants étaient présents ce qui prouve la motivation, et je suis persuadé que tout sera mis en oeuvre pour assurer la meilleure circulation possible des informations (des départements vers le national, et inversement) et faire changer le système. Nous nous engageons à ce que tous les présidents des départements soient informés régulièrement et en détail de l’utilisation des fonds de la Fédération Nationale.

 

Aussi, je compte sur vous, producteurs. Pour NOUS donner, pour VOUS donner une chance de faire « exploser ce système », le minimum est d’adhérer à l’APLI, et à l’Office (FMB). Et aussi pour ceux qui le souhaitent, vous aurez la possibilité d’investir très prochainement dans le lait équitable.

 

Par ailleurs notre combat est universel, avec un prix du lait rémunérateur obtenu ici par la régulation des volumes produits, nous aurons une action significative sur la régression de la faim dans le monde en n’inondant pas les pays pauvres de nos excédents. Notre révolution va au-delà du prix du lait et devient humanitaire. Alors soyez actifs et prenez votre destin en main.

Nous aurons l’avenir que VOUS aurez choisi.

* Voir Le mini-paquet lait (Web Agri, 15 février) et Lait : une mauvaise décision des eurodéputés (Organisation des producteurs de lait, 17 février).

 Voir le résultat des votes au Parlement Européen pour le paquet lait :http://www.votewatch.eu/cx_vote_details.php?order_by=euro_tara_nume_de&order=ASC&last_order_by=euro_parlamentar_nume&id_act=2520&euro_tara_id=&euro_grup_id=&euro_vot_valoare=&euro_vot_rol_euro_grup=&euro_vot_rol_euro_tara=&vers=2&lang=fr<http://www.votewatch.eu/cx_vote_details.php?order_by=euro_tara_nume_de&order=ASC&last_order_by=euro_parlamentar_nume&id_act=2520&euro_tara_id=&euro_grup_id=&euro_vot_valoare=&euro_vot_rol_euro_grup=&euro_vot_rol_euro_tara=&vers=2&lang=fr>

Cet article est le 287ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 22:17

Coup d’Etat en préparation, les médias fort discrets

 

Rares sont les articles de presse évoquant la ratification du traité instituant le mécanisme européen de stabilité et la modification du traité de fonctionnement de l’Union européenne, qui seront votées par les députés en séance publique, mais en toute discrétion, mardi.

 

Assemblée nationale - 1ère lecture - Le Gouvernement a engagé la procédure accélérée sur ce projet de loi le 8 février 2012.

Mécanisme européen de stabilité : les députés se prononcent

Mardi 21 février en fin d'après-midi : discussion, après engagement de la procédure accélérée, du projet de loi autorisant la ratification du traité modifiant l'article 136 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne en ce qui concerne un mécanisme de stabilité pour les États membres dont la monnaie est l'euro et du projet de loi autorisant la ratification du traité instituant le mécanisme européen de stabilité.

En savoir plus

Projet de loi autorisant la ratification du traité instituant le mécanisme européen de stabilité, n° 4336, déposé le 8 février 2012 (mis en ligne le 8 février 2012 à 17 heures 15) et renvoyé à la commission des affaires étrangères

Extrait du compte rendu du Conseil des ministres du 08/02/12

Le ministre d'État, ministre des affaires étrangères et européennes, a présenté deux projets de loi autorisant l'un la ratification de la décision du Conseil européen modifiant l'article 136 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne en ce qui concerne un mécanisme de stabilité pour les États membres dont la monnaie est l'euro, et l'autre la ratification du traité instituant le mécanisme européen de stabilité.
Ces deux textes s'inscrivent dans le cadre de la stratégie globale mise en oeuvre afin de préserver la stabilité financière de la zone euro dans son ensemble. Ils permettent l'établissement d'une structure pérenne de réponse aux crises, destinée à remplacer le mécanisme provisoire du Fonds européen de stabilité financière créé en juin 2010.
Le mécanisme européen de stabilité (MES) sera une organisation financière internationale, sise à Luxembourg. Elle disposera d'une capacité initiale de prêt de 500 Mds €, sur la base d'un capital de 700 Mds € (80 Mds de capital libéré et 620 Mds € de capital appelable). Le MES pourra recourir à une large gamme d'instruments afin de contribuer par ses interventions à la stabilité financière de la zone euro dans son ensemble.

Chevènement Commer 301111 007 TCommentaires de Jean-Pierre Chevènement

Le débat interdit (10 février)

(…) A partir de quelles marges financières aujourd’hui écrasées de nos entreprises, de quelles aides publiques aujourd’hui taries, de quelle médecine de cheval, sinon celle d’une austérité à perpétuité inscrite dans le traité européen qui doit être signé le 1er mars prochain ?

Il est d’autant plus choquant qu’un journal comme Le Monde (certes depuis longtemps au cœur du "cercle de la raison" cher à Alain Minc) puisse appeler dans l’éditorial de première page de son édition du 10 février 2012 à "ne pas toucher au pacte budgétaire".
"Il ne faut pas rouvrir la négociation sur ce traité" intime Le Monde à François Hollande, à grand renfort d’arguments particulièrement spécieux.
Nos bien-pensants vont encore une fois invoquer "la parole de la France" (pour mieux enterrer celle-ci). Deux rappels historiques :
- Le Général de Gaulle n’a-t-il pas subordonné l’entrée en vigueur du traité du Marché Commun, signé en 1957, à l’adoption d’une politique agricole commune (1962) et à la reconnaissance d’un droit de véto (crise de la "chaise vide" en 1965) ?
- Deuxième exemple : le Général de Gaulle s’est-il senti "lié par la parole de la France" quand il a décidé en 1966 le retrait de notre pays des Etats-majors intégrés de l’OTAN (mis en place au début des années cinquante) après la ratification du traité de l’Atlantique Nord ?

On assiste là à un dévoiement par l’Establishment de la politique extérieure de la France. Celle-ci deviendrait ouvertement un carcan destiné à étouffer la voix du peuple français. C’est "le débat interdit". Et après cela, Le Monde viendra dénoncer la montée des "populismes"!

"M. Sarkozy a préparé un traité qui met la France à la merci des orientations de Mme Merkel"

Jean-Pierre Chevènement était l'invité d'Internationales sur RFI et TV5, dimanche 19 février 2012. Il répondait aux questions de Xavier Lambrechts (TV5 Monde) et Thomas Wieder (Le Monde). Extraits.

  • M. Sarkozy, qui fait une préemption de la France, oublie de nous dire qu'il a préparé un traité qui met en réalité la France à la merci des orientations de Mme Merkel et nous engage à réduire la dette publique à 60%. C'est la garantie de l’austérité à perpétuité. C'est un traité de déclin.
  • Séparer les activités spéculatives et celles de banque de dépôt ne suffit pas. Si on veut véritablement sortir le pays de l'ornière, il faudrait une monnaie moins chère, organiser la croissance en Europe et que la BCE appuie le mécanisme européen de stabilité dont il est question.
  • Qui va souscrire des obligations d'un mécanisme européen de stabilité dont le rôle sera de prêter aux États en difficulté ? Personne !

Marie-Noëlle Lienemann (Sénat, Paris) écrit à son parti, le PS (19 février) :

Pourquoi le PS doit refuser la ratification du Mécanisme Européen de Stabilité

J'ai récemment adressé aux sénateurs socialistes ainsi qu'aux membres du Bureau National du PS une lettre les appellant à voter NON aux deux projets de lois de ratification soumis au Parlement et instituant le Mécanisme Européen de Stabilité. Ce document ayant été diffusé dans la presse (dans un article de Marianne), j'ai décidé de le rendre public sur mon blog. Vous pourrez donc retrouver la lettre ainsi que la note que j'ai adressées ci-dessous. Ces deux projets de lois passeront mardi 21 février à l'Assemblée nationale puis mardi 28 février au Sénat. D'ici là, le débat continue.

 

Raoul Marc Jennar considère qu’Un véritable Coup d’Etat se prépare le 21 février et lance un appel aux citoyens : Interpellez votre député avant le 21 février

 

Résistance républicaine questionne « MES : quel est ce monstrueux traité que Sarkozy et Bruxelles veulent imposer à la France ? Journal des Résistants du 20 février - cliquez ici 

 

 Voir aussi La Grèce, test européen de mesure de la pression limite sur les peuples - 17 février 2012

 

Cet article est le 92ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

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