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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 20:48

L’Oribus : des recherches historiques pour la Mayenne

 

L-Oribus-Dloussky-mairie-Laval-061213-002-T.jpgLa conférence* de Jocelyne Dloussky, le 6 décembre 2013, en mairie de Laval, a attiré un nombreux public, ce qui montre l’intérêt des lavallois et des mayennais pour l’histoire de leur  ville et chef-lieu.

* Voir "Ces routes qui changèrent la ville" (FNAUT, Pays de la Loire, 1er décembre 2013). A l’occasion de la sortie de sa revue n°88 qui est consacrée aux grands travaux d'aménagement de la ville, lOribus organise une conférence intitulée "Ces routes qui changèrent la ville". Jocelyne Dloussky, Docteur en histoire, interviendra pour présenter cette période ou d'importants bouleversements ont modifié profondément la physionomie de la ville... Cette conférence a pour thème les grands travaux de Laval de 1760 à 1860 qui ont concerné l’aménagement de la nouvelle route Paris-Brest avec le Pont-Neuf (pont Aristide-Briand), la place de la mairie, la construction du chemin de fer et enfin la canalisation de la rivière La Mayenne.

 

Une bonne idée de cadeau pour les fêtes : « 1760-1860 : Laval et les routes du futur » (Imprimerie Guillotte, 37 Place Jean Moulin 53000 Laval, décembre 2013, 150 pages, 15 euros).

« Les ingénieurs des Ponts et Chaussées chargés de renforcer le réseau routier pour aller le plus vite possible d’une grande ville à l’autre et d’unifier le réseau des voies d’eau capable d’accélérer le développement économique, trouvent à Laval de quoi mettre en application les théories et les plans conçus dans les dernières années de l’Ancien Régime.

Il faut à la ville une grande traverse rectiligne, ce qui suppose un nouveau pont et une restructuration complète du cours de la Mayenne et de ses abords. Il faut aussi que la rivière soit aisément navigable de manière à avoir sa place dans une sorte de vaste maillage fluvial entre la Manche et l’Atlantique, voire la Méditerranée. Dans le même temps arrive un moyen de communication qui bouleverse complètement les transports : le chemin de fer ! Les travaux routiers, fluviaux et ferroviaires, conduits le plus souvent en parallèle, font du chef-lieu de la Mayenne un chantier permanent pendant une grande partie du 19ème siècle. Il en sort une ville nouvelle, une ville « moderne » apte à grandir.

Aujourd’hui où nous nous préoccupons de la construction d’autoroutes et de voies plus rapides encore pour le TGV, nous regardons avec intérêt ce siècle étonnant dont les réalisations préparent les aménagements d’aujourd’hui ». Page de garde.

 

Marie-Helene-et-Zik-StB-16-170213-023-T1.jpg1760-1860, ces chantiers qui ont transformé la ville (Ouest-France, Jean-François Vallée, 6 déc. 2013)

 

Une ville à l’allure médiévale. Au 18ème siècle, Laval est connue pour ses toiles de qualité, exportées jusqu’en Amérique du Sud. Mais cette ville d’environ 12 000 habitants a gardé une allure médiévale (…). « Qu’on s’imagine ! Avant la création du Pont-Neuf (le pont Aristide Briand maintenant), tout le monde passait par le Vieux-Pont, raconte l’historienne Jocelyne Dloussky. Il fallait ensuite grimper la Grande-Rue. Puis, redescendre par la rue Renaise, traverser le faubourg Saint-Martin avant de remonter rue de Beauvais » (…).

 

La rivière est détournée. La construction d’un nouveau pont s’impose. « A l’époque, la rivière formait un coude et passait là où sont maintenant la rue du Vieux-Saint-Louis et le cours de la Résistance », reprend Jocelyne Dloussky. On construit donc un canal de dérivation, côté rive gauche, dans des prés où séchaient les toiles. Un petit bout de cette rive gauche passe à droite (il forme maintenant la Place du 11-Novembre), on comble une partie de l’ancien lit. Reste à jeter un pont d’une rive à l’autre (…).

 

La gare. La gare est réalisée en 1855 en dehors de la ville, dans l’optique de la construction du viaduc en 1857. Ce dernier vient s’appuyer sur le rocher d’Hilard, rive droite. « Côté gauche, entre la gare et la rivière, il a fallu construire un énorme remblai d’un kilomètre de long pour atteindre la hauteur du viaduc, 29 mètres ». Des centaines d’ouvriers français et étrangers s’échinent. « C’est le chantier de la LGV avec des brouettes et des pelles », résume Jocelyne Dloussky.

 

Les grands chantiers. En 1860, la physionomie de Laval est complètement bouleversée : le Pont-Neuf est construit, la route Paris-Brest tracée, des quais enserrent la rivière, dont la navigation est facilitée par un système d’écluses, la gare et le viaduc sont réalisés. Tout est prêt pour le train et la voiture. Le 20ème siècle n’a plus qu’à arriver.

 

Il faut saluer le travail remarquable du Groupe de recherche sur le mouvement social en Mayenne, qui publie la revue associative L'Oribus depuis 1980. Le Céas 53 présente ainsi L'Oribus : L'association a pour vocation d'accueillir, dans ses colonnes, tous ceux qui désirent faire part de leurs recherches, découvertes et témoignages ou souvenirs sur le mouvement social en Mayenne. Comme le "mouvement social" n'est pas strictement défini, cela fournit un champ très large d'investigation. Pour faire bref, on pourrait dire que le Groupe de recherche sur le mouvement social en Mayenne s'intéresse plutôt aux XIXe et XXe siècles, alors que la Société d'archéologie et d'histoire de la Mayenne (SAHM) couvre plutôt les périodes antérieures, mais la frontière n'est pas imperméable. D'ailleurs, certains passionnés peuvent se retrouver dans l'une et l'autre association.

 

Cet article est le 22ème paru sur ce blog dans la catégorie Culture langue medias histoire

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 23:00

L’anglais n’est pas la langue universelle, la traduction est nécessaire

La question de la langue a été abordée lors du colloque de la Fondation Res Publica le 14 octobre 2013. Voir L'exception culturelle, thème du colloque de la Fondation Res Publica - 7 déc. 2013. Deux thèses se sont affrontées, soutenues l’une par Jean-Marc Daniel, professeur d'économie, qui est contre l’exception culturelle française, et l’autre par Jean-François Colosimo, ancien président du Centre national du livre, qui est favorable à L'exception culturelle.

L’attaque a été lancée par Jean-Marc Daniel. Voir  Pourquoi l’exception culturelle n’existe pas.

(…) Nous devons redonner à la culture française une attractivité, ce qui ne peut se faire qu’en attirant davantage d’étudiants en France. La mesure la plus intelligente décidée par le gouvernement en place a été prise par Mme Fioraso quand elle a décidé d’introduire l’anglais dans les cours universitaires* : les cours seront donnés en anglais mais quand ils seront à Paris, les étudiants iront à la Comédie française entendre parler en français, argumentait-elle.
Si nous voulons garder une capacité d’audience au niveau mondial, nous devons avoir une capacité d’attractivité, c’est-à-dire faire en sorte que les gens qui nous regardent aient envie de venir nous voir. Il ne sert à rien de nous proclamer « exceptionnels » si nous sommes les seuls à le penser et si, à l’extérieur, on nous juge plutôt grotesques. Si être « exceptionnels » c’est être isolés, cette « exception » n’a absolument aucun avenir.
La première mesure à prendre est donc de généraliser l’attractivité intellectuelle et culturelle de notre pays.
Ceci passe par la généralisation de l’activité de notre enseignement, une amélioration conséquente de notre enseignement et une capacité à produire de l’enseignement dans la langue universelle mondiale qu’est devenue l’anglais. Quelqu’un a évoqué François Ier. Certes François Ier a imposé le français, Richelieu a fait l’Académie française mais on a continué à publier en latin. Aujourd’hui on publie en anglais. Si on veut se faire entendre, il faut être connecté avec le reste du monde (…).

Jean-François Colosimo a répondu ceci lors du Débat final :

Je voudrais répondre à M. Daniel qu’il y a une très bonne raison pour laquelle il ne faudrait pas enseigner en France en anglais. Ce n’est pas seulement notre mauvaise maîtrise de cette langue qui déprécie, appauvrit le plus souvent l’enseignement dispensé en anglais par un Français. C’est surtout qu’il ne faut pas rater le train de l’histoire ! Il y aura 600 millions de francophones en Afrique dans vingt ans. Allons-nous les inviter à passer à l’anglais ? Ce train de l’histoire, ce n’est pas la francophonie aux consonances un peu nostalgiques, ce sont ces centaines de millions de véritables francophones. Quel message leur envoyez-vous ?
Il n’est pas vrai qu’il faille écrire en anglais. Lorsque j’ai eu l’honneur de présider le CNL nous avons consacré plusieurs millions d’euros à la création (avec Cairn) d’un grand portail de sciences humaines et sociales, pour permettre à nos jeunes chercheurs d’être lus et évalués au niveau international. Toutes les publications scientifiques étant en anglais, ils étaient contraints d’écrire dans une sorte de pidgin pentecostal qui stérilisait leur pensée. En effet, nous parlons le monde avant de l’avoir pensé. Transférer sa pensée dans une autre langue, cela s’appelle la traduction. C’est pourquoi nous avions mis au point un grand plan pour traduire les sciences humaines et sociales françaises et d’expression française de manière à ce que nos chercheurs continuent à écrire en français des choses qui ne s’écrivent qu’en français – particulièrement en sciences humaines et sociales –, qui ne peuvent pas être conçues en anglais (c’est aussi cela la diversité culturelle). Leurs œuvres sont ensuite traduites dans le respect de leur pensée en raison de la domination de l’anglais. La domination n’entraîne pas que la soumission. Il faut être un peu plus astucieux … et l’astuce s’appelle la traduction. Or ce projet est aujourd’hui miné par Bruxelles et, pour une fois, pas par des mesures libérales : sous prétexte que les auteurs en sciences humaines et sociales ont été payés pour leurs recherches, Bruxelles considère que leurs articles doivent être gratuits. La seule expérience européenne pour contrer la domination de l’anglais va donc être annulée par une mesure technocratique totalement stupide. Et nous ne pourrons pas valoriser notre recherche en sciences humaines et sociales en raison d’une disposition vraisemblablement adoptée à l’unanimité de tous ceux qui parlent anglais.

 

Dans la salle, Madame Jennifer Low-Rouskov - professeur d’anglais pendant plus de 40 ans à Paris, elle a vécu toute sa jeunesse sous le régime de la ségrégation en Afrique du sud - a également réfuté les arguments de Monsieur Daniel, en ces termes (la salle a applaudi), tels qu’ils sont rapportés dans les Actes du colloque (Voir Débat final) :  

Je m’insurge contre l’idée que l’attractivité de la France dépende de l’utilisation de l’anglais.
D’origine sud-africaine, de langue anglaise, élevée dans une ferme au milieu de la brousse sud- africaine parmi les zoulous, je suis venue en France grâce à la lecture de Victor Hugo et de Rimbaud.
Je partage l’idée que la langue universelle est la traduction.
Celui qu’on nomme “le diable” est peut-être victime de son école de commerce. 
Je tenterai d’être claire et concise. C’est ce que la France m’a appris.
J’ai enseigné pendant plus de quarante ans à l’université à Paris, dans certaines grandes écoles de commerce et à l’E.N.A.
En Afrique du Sud, c’est quand les oppresseurs de langue afrikaans ont exigé des écoliers à Soweto d’apprendre les mathématiques en afrikaans qu’une révolte importante contre le régime de l’apartheid a commencé.
Je rends hommage à la France d’avoir traduit sitôt les romans d’André Brink. Ces romans ont eu une influence décisive dans la lutte contre le régime de l’apartheid.
L’Inde a subi deux cents ans de domination anglaise et c’est grâce à un groupe de poètes bengalis, prenant appui sur les textes du Veda en sanskrit, que le mouvement de libération de l’Inde a été déclenché.
Vive la France !

Depuis ce colloque, Madame Low-Rouskov m’a expliqué le fond de sa pensée. Ce débat sur la langue concerne la transmission des valeurs humaines. L’anglais, qui est une langue magnifique et riche (poésie, littérature) comme beaucoup d’autres, ne peut être la langue universelle. Il faut maintenir et développer la traduction, car on ne peut appréhender le monde et le réel qu’à travers sa propre langue. La réflexion passe par les mots et le raisonnement. Certains réduisent la langue anglaise à un outil de communication économique et commercial, dans un monde dominé par le libéralisme anglo-saxon et les valeurs marchandes. La réalité est plus complexe. Pour sa part, la France s’en tient à une politique humaniste de protection des cultures et des souverainetés politiques, ce qui passe par la sauvegarde des langues.

 

* Rappel : Projet de loi Fioraso : l'anglais devient langue de l'université française - 21 juin 2013

Projet de loi Fioraso (enseignement supérieur) : porte ouverte à l'anglais - 12 mai 2013 

 

Cet article est le 21ème paru sur ce blog dans la catégorie Culture langue medias histoire

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 23:52

La France croit-elle à l’avenir de la langue française ?

 

Selon Braudel, la langue française est à 80 % constitutive de notre identité. C’est ce qu’a rappelé Jean-Pierre Chevènement dans son intervention, le 19 juin 2013, au Sénat sur le projet de loi Enseignement supérieur et recherche*. Consulter le dossier législatif et lire les informations sur la Réforme de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Voir Enseignement supérieur : la loi Fioraso adoptée à l'Assemblée (Les Echos, 28 mai 2013).

* Rappel : Projet de loi Fioraso (enseignement supérieur) : porte ouverte à l'anglais - 12 mai 2013.

 

MRC national 002L’intervention du sénateur Chevènement - voir L’ambition ne va pas sans effort - portait sur l’ensemble du projet de loi présenté, au nom du gouvernement, par la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche (voir son blog : Geneviève FIORASO).

 

Voici l’extrait concernant l’introduction de l’anglais à l’université :

 

(…) Je voudrais pour terminer, Madame la Ministre, évoquer le problème de l’introduction d’enseignements en anglais, puisque c’est de cela qu’il s’agit, dans notre enseignement supérieur. Cet enseignement en anglais se fait dès aujourd’hui dans les grandes écoles -vous avez recensé 600 formations - et à l’université-vous en avez dénombré 190 - en parfaite contradiction avec notre Constitution- et pas seulement avec la loi Toubon. On aurait attendu de l’Etat qu’il réagisse. Il ne suffit pas de constater. Il y a là une grave faute du précédent gouvernement. Je souhaite que vous ne vous inscriviez pas dans sa continuité. Il faut distinguer en effet l’attractivité de nos universités et le souci de défendre et promouvoir la langue française, dont Braudel disait qu’elle était à 80% constitutive de notre identité.

L’attractivité de nos universités dépend de nombreux facteurs, à commencer par la politique des visas excessivement restrictive, comme j’ai pu le constater en Russie. Il y a dans ce grand pays 7 millions d’étudiants dont 800 000 apprennent le français. Or nous n’accueillons dans nos universités que 4000 étudiants russes contre 16 000 en Allemagne. Le taux de refus des visas atteint 37% en 2013, deux fois plus que l’année précédente. Nous ne devons pas rougir d’accueillir des étudiants venus du monde arabe et d’Afrique : ces pays connaîtront à leur tour le phénomène de l’émergence, et nous devons les y aider. Ce sera aussi une chance pour la France.

Certes je ne méconnais pas l’intérêt d’attirer des Indiens, des Pakistanais ou des Bangladais. Mais est-ce en organisant des cours en anglais que nous allons inverser les flux ? Je crains bien plutôt qu’en favorisant de trop larges exceptions au principe de l’enseignement obligatoire en français, nous ne donnions l’exemple d’un grand manque de confiance en nous et en l’avenir de la langue française.

Le sabir qu’est l’anglais international favorise l’imprécision des concepts. Même les Britanniques dans nos Congrès scientifiques réclament la traduction simultanée, car ils ne comprennent pas nos chercheurs quand ils croient s’exprimer en anglais. Le français doit pouvoir tout dire.

C’est pourquoi, sans exclure que des formations puissent être assumées dans une autre langue que le français à partir d’un niveau Master, j’ai déposé un amendement visant à restreindre le champ trop large des exceptions faites au principe constitutionnel de l’enseignement en français. J’ai bien noté qu’une mise à niveau en français des étudiants étrangers qui ne pratiquent pas notre langue serait assurée et qu’une « évaluation » serait faite à l’occasion de l’obtention du diplôme. Ce mot d’ « évaluation »est faible. Je préfèrerais qu’un pourcentage soit fixé pour l’enseignement dispensé en français et qu’une épreuve en français figure parmi celles qui conditionnent l’obtention du diplôme.

Ne donnons pas le signe fâcheux que nous ne croyons plus à l’avenir de la langue française. Je sais, Madame la Ministre, que tel n’est pas votre propos. Il ne faut pas polluer un débat essentiel sur l’excellence et l’attractivité de notre recherche et de notre enseignement supérieur par une disposition mal comprise. Il y a un juste équilibre pour permettre de mobiliser sur votre projet et sans restriction, toutes les forces de la France !

 

Voir aussi, dans la Lettre d'information de Mémoire des luttes (n° 33, juin 2013), le texte de Bernard Cassen, écrit le 22 mai 2013 : Soyons résolument « modernes » : des cours en chinois dans les facs françaises !

 

Cet article est le 20ème paru sur ce blog dans la catégorie Culture langue medias histoire

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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 22:02

Un parcours original raconté avec talent et précision

 

La soirée, organisée par l’ONG féminine Inner Wheel, s’est déroulée comme la présidente, Nelly Hamon, l’avait annoncé (voir Soirée organisée à Laval par l'association Inner Wheel avec Lise Tatin - 25 mai 2013) 

Nous avons fait le choix de recevoir Lise Tatin, mardi 28 mai, dans le magnifique cadre de la chapelle du lycée Ambroise-Paré, pour ce qu’elle représente, une femme hors du commun. Cette narratrice née viendra nous parler de sa vie de jeune provinciale arrivant à Paris, de sa rencontre avec Robert Tatin, de son rôle de femme auprès de l’artiste et de la création du musée Robert-Tatin.

 

Après le mot d’accueil de la présidente, Marie-Hélène Dubois présentait Lise Tatin et orientait, par ses questions, le contenu de son intervention. Le public était venu nombreux dans cette magnifique salle qui était, historiquement, la chapelle du lycée Ambroise Paré.

 

Lise a captivé son auditoire en parlant d’abord de son enfance dans une grande famille paysanne de Haute-Saône.

 

Ce qu’elle a dit n’étant pas public, je me limite à écrire ceci.

 

Lise a bien fait ressortir son besoin de liberté dans une famille joyeuse mais rigide (son père), qui ne comprenait pas ses aspirations.

 

A vingt ans, avec la complicité de son frère, elle est partie dans la région parisienne. Elle était attirée par l’art, voulait être chanteuse, mais les circonstances l’ont amenée à rencontrer Tatin à la sortie d’une exposition.

 

Hasard ? Pas tout à fait car elle voulait aller vers l’art et il souhaitait qu’elle s’intéresse à son activité de peintre. Il avait besoin de Lise, de sa jeunesse et de son énergie et, pour elle, c’était le moyen de vivre son rêve de liberté et de pratique de l’art.

 

Elle fut un parfait ouvrier, qui assurait aussi la gestion de la maison et était de plus en plus seule sur le chantier car, à la fin de sa vie, Robert était fatigué et avait besoin de peindre pour s’assurer d’un revenu. L’un ne pouvait se passer de l’autre. C’était une véritable symbiose.

 

Ce n’est pas facile d’être la femme d’un artiste. Quand il ne crée pas, c’est un enfant fragile et quand il crée, c’est l’enfer mais c’est extraordinaire. Elle en ressort enchantée de sa vie, cela lui a donné une force extraordinaire face aux aléas de la vie. Son plaisir, c’était d’aider l’artiste. C’était une forme de dévouement sans limites et sans en attendre de résultats.

 

Lise se définit comme une révoltée en permanence qui a besoin de s’exprimer librement, qui voulait à ses côtés quelqu’un qui la surprenne tous les jours…

 

Nom : Henriot, épouse Tatin

Prénom : Elisabeth (Lise, pour beaucoup, Liseron pour Robert Tatin)

Née le 15 octobre 1939 à Champlitte (70600) ; 4ème d’une famille de 5 enfants

Jusqu’à 20 ans, Lise travaille à la ferme de ses parents

Départ pour Paris en février 1960

Rencontre de Robert Tatin en décembre 1961

Mariage le 11 mai 1962 à Vence (06140)

Arrivée à la Frénouse (Cossé-le-Vivien 53230) le 26 mai 1962

Décès de Robert Tatin le 16 décembre 1983

Départ de la maison de la Frénouse le 31 décembre 1987

 

Cet article est le 21ème paru sur ce blog dans la catégorie Culture langue medias histoire

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 23:40

L’ONG féminine veut mettre en avant la femme de Robert Tatin

 

Cette soirée aura lieu dans la chapelle du lycée Ambroise-Paré, rue du lycée, à Laval, mardi 28 mai 2013 à 20h (10 euros demandés à l’entrée pour soutenir l’association « Autisme Mayenne »). Nous en avons pris connaissance par cet article de Ouest-France, daté du 24 mai.

 

Rencontre avec Lise Tatin le temps d’une soirée

 

Trois questions à Nelly Hamon, présidente de l’association Inner Wheel.

 

Quel est le rôle de votre « club de femmes » Inner Wheel ?

 

C’est un mouvement associatif d’origine anglaise, créé en 1924 par des femmes, avec près de 100 000 bénévoles présentes dans 101 pays et regroupées en club. Le premier club français a vu le jour en 1950 à Valenciennes. Inner Wheel est la plus importante Organisation Non Gouvernementale (ONG) féminine dans le monde, reconnue par l’ONU et présente à Genève et à New-York dans toutes les commissions concernant les droits des enfants et des femmes, l’éducation et la famille.

Au niveau local, nous fêterons en 2014 notre 20ème anniversaire. Nous sommes 15 membres Inner Wheel et nous organisons des manifestations afin de collecter les fonds nécessaires à notre action de solidarité et aider différentes associations.

 

Pourquoi avoir fait le choix d’une conférence avec et autour de Lise Tatin ?

 

Nous avons fait le choix de recevoir Lise Tatin, mardi 28 mai, dans le magnifique cadre de la chapelle du lycée Ambroise-Paré, pour ce qu’elle représente, une femme hors du commun. Cette narratrice née viendra nous parler de sa vie de jeune provinciale arrivant à Paris, de sa rencontre avec Robert Tatin, de son rôle de femme auprès de l’artiste et de la création du musée Robert-Tatin.

 

Pourquoi reverser à l’association Autisme Mayenne l’intégralité des sommes récoltées lors de la soirée ?

 

Chaque présidente, élue pour une année, soutient une ou des associations caricatives de son choix. Nous avons pour but d’accompagner des actions de proximité, et, depuis deux ans, nous soutenons Autisme Mayenne. Ainsi la somme récoltée sera intégralement reversée à l’association et permettra, entre autres, d’aider les familles à suivre des formations, notamment celles consacrées à la fratrie.

 

Laval-Fevrier-Pierrick-Tatin-2013-6401-T.jpgBravo à cette association, dont j’ignorais l’existence, d’avoir eu l’idée d’inviter Lise Tatin, pour les raisons indiquées ci-dessus. C’est une femme hors du commun, qui a joué un rôle décisif dans l’existence du musée Robert-Tatin de Cossé-le-Vivien (photo : maison des "Illustres"). Voir, à ce sujet :

 

Comment est né le musée Tatin à Cossé-le-Vivien : Lise Tatin raconte - 12 mars 2013

Lise Tatin veut faire connaître l'ensemble de l'oeuvre de Robert Tatin - 10 mars 2013

Musée Robert Tatin : Lise Tatin souffre de l'attitude de la municipalité - 21 février 2013 

Robert Tatin, auteur du musée de Cossé-le-Vivien, artiste hors dogmes - 20 juillet 2012

Le musée Robert Tatin à Cossé-le-Vivien est une oeuvre à part entière - 1 janvier 2012 

Voir aussi cette vidéo (France 3 Ouest) fort intéressante : Le musée Tatin à Cossé-le-Vivien

La personne qui m’a signalé cette vidéo est une admiratrice de Lise Tatin. Elle m’a indiqué, notamment, ceci : 

Tatin et Lise n'auraient jamais dû être séparés de la réalisation de cette oeuvre monumentale qu'ils ont créée; Liseron n'aurait jamais dû avoir à quitter leur maison, ni laisser sa clé derrière elle. Si Tatin avait la tête de la créativité, Lise en était en très grande partie les bras et j'ai des photos qui le prouvent; non seulement ça, mais mon frère et moi avons travaillé à leurs côtés et croyez moi, Lise n'était pas la dernière à la construction.

 

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 23:51

La langue française en perte de vitesse, même en France

 

Les associations de promotion de la langue française sont entrées en résistance contre le projet de loi du gouvernement déposé par Geneviève Fioraso, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche. Les débats vont commencer le 22 mai 2013 au Parlement.

La raison : l’article 2 remet en cause la loi Toubon (1994), qui posaitcomme principe qu’en France, dans n’importe quelle école ou université publique ou privée, tous les enseignements devaient être dispensés en français, la langue de la République. A deux exceptions près : pour les cours de langues et lorsque l’enseignant est un intervenant étranger. Voir L'université française va-t-elle parler anglais ? (Libération, Marie Piquemal, 12 avril 2013)

 

L’association « Avenir de la langue française » (ALF) est contre le projet de loi Fioraso (Albert Salon, 8 mai 2013) :

 

Depuis janvier, notre ALF a puissamment contribué à lancer et à nourrir la campagne contre l’abrogation de fait de notre loi Toubon, par l’article 2 du projet de loi de Mme Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Vous avez pu suivre cette campagne vigoureuse sur notre site, dans nos bulletins, et surtout dans la grande presse pour une fois consciente de l’énormité de l’enjeu. Aujourd’hui, j’ai considéré que l’éditorial devait être consacré à cette même affaire.

Le 7 mai, en vue du débat parlementaire ouvert le 22 mai sur le projet de loi, nous avons adressé aux parlementaires, avec le Mémoire que nous avons élaboré et signé avec l’aide de 6 autres associations, la lettre ci-dessous, pour les placer devant leurs lourdes responsabilités.

Nous savons que même une loi votée et non censurée par le Conseil constitutionnel peut toujours être contestée, et qu’une contestation légitime, forte mais pacifique, peut changer sensiblement la manière dont elle est ou non appliquée (…).

 

Mesdames, Messieurs les Parlementaires,

Le 22 mai au Parlement doit s’ouvrir le débat sur le projet de loi présenté par Mme Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR).

Au nom des associations de promotion du français, j'ai l'honneur d'attirer à nouveau votre attention toute particulière sur l'article 2 dudit projet de loi.

Par nos associations comme par les réactions qu'il a suscitées en France et hors de nos frontières, vous savez déjà pourquoi il nous paraît, dans nos universités et grandes écoles d'abord, vider en fait de sa substance la législation française de protection de la langue de la République, en violation effective d'un autre article 2, celui de la Constitution qui dispose : "La langue de la République est le français".

Il n'irait plus de soi qu'en France les établissements publics de formation enseignent en français. Il s'agirait là, maintenant, d'un changement voulu, discret mais radical.

Nos associations de promotion du français et de la Francophonie ont réagi toutes ensemble. Sept d'entre elles, lors d'un entretien du 16 octobre 2012 au MESR, avaient déjà été édifiées par le peu de cas fait devant elles de la loi Toubon. Elles avaient, du reste, été invitées à présenter, comme à un juge, une sorte de "mémoire en défense". Elles ont alors élaboré et signé le Mémoire "Sciences et langue française" ci-joint, très solidement argumenté, parvenu au ministère donneur d'ordre juste avant la découverte, en janvier 2013, de ce qui était alors l'avant-projet de loi Fioraso. Or, son article 2 venait couronner les efforts de tous ceux qui, depuis le début du quinquennat précédent, s'efforçaient d'écarter l'obstacle de la loi Toubon pour pouvoir enfin enseigner "en langues étrangères et renforcer ainsi l' "attractivité" (sic) du territoire".

Depuis lors, l'Académie française, l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, l'Académie des Sciences d'Outre-mer, ont, dans leur langage mesuré, mis en garde contre les graves conséquences de cette disposition. Des mouvements politiques ont lancé des pétitions qui ont, malgré l'aridité du sujet, recueilli bien plus de 10.000 signatures. De nombreux organes audio-visuels et de la presse écrite, hebdomadaires tel le Canard enchaîné, et les plus grands quotidiens (Libération, Le Figaro le 18 avril, Le Monde le 26 avril) ont ouvert leurs colonnes aux réactions hostiles au projet. Pouria Amirshahi, député socialiste des Français de l'étranger, président de Commission, a exprimé courageusement son opposition. Vous avez lu les avis tranchés de très hautes personnalités, de Jean-Pierre Chevènement et Michel Serres à Jacques Attali (difficile "d'imaginer une idée plus stupide, plus contre-productive, plus dangereuse et plus contraire à l'intérêt national"), au Professeur au Collège de France Claude Hagège ("acharnement"...suicidaire"...).

Hors de nos frontières, nos compatriotes conscients, partout où ils œuvrent, de la voix de la France et de nos atouts à préserver, mais aussi nos amis étrangers, profondément étonnés, se sont émus et mobilisés au secours de notre langue. Au nom de toute l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), son Secrétaire général Abdou Diouf, ancien Président de la République du Sénégal, a envoyé dès mars une lettre remarquable au Premier Ministre de la France. Au point que des chefs d'État et de gouvernement de pays francophones, en Afrique, au Québec, ailleurs, s'en émeuvent directement auprès du Président de la République ou de son Premier Ministre.

En fait, tout le monde sent bien - Mme Fioraso l'a presque reconnu entre les lignes de sa défense peu convaincante dans Le Nouvel Observateur - qu'il ne s'agit même plus de concourir pour l'accueil de quelques étrangers supplémentaires (la France, avec plus de 200.000 étudiants non français, est déjà au troisième rang des pays d'accueil, en français pour l'essentiel !), mais de passer à l'anglo-américain - au "globish-pour-tous" - comme langue de l'enseignement supérieur, aussi pour les francophones tant étrangers que français, en attendant d'étendre nécessairement ce méfait au secondaire, puis au primaire, à la maternelle...

Il s'agit du changement, maintenant, de langue. Il s'agit de soumission à l'oligarchie mondialisée, non plus spontanée, au cours de siècles, aux Romains du moment, mais brutalement décidée, hic et nunc, par des clans minoritaires de mauvais bergers. Le Président fédéral Joachim Gauck ne le recommandait-il pas lui aussi le 22 février à son peuple allemand et aux peuples européens, dans un "Discours à la Nation allemande" devenu fort différent des "Reden an die deutsche Nation" de Fichte en 1807 ?

Anglais, quand tu nous tiens !...

Une France fidèle à elle-même, et aux amis qui, un peu partout, croient encore en elle, ne peut que refuser cet alignement général, cette dhimmitude, cet esclavage, ce suicide. A partir du 22 mai 2013, comme dans les "heures sombres" de juin-juillet 1940, les élites françaises, au premier chef tous les représentants élus de la Nation, sont placés devant leurs écrasantes responsabilités.

Ils ont avec eux, s’ils résistent, le sentiment profond du peuple, qu'il ne faut plus tromper. Haut les cœurs !

 

Voir aussi la prise de position de Claude Hagège, publiée par le quotidien Le Monde le 26 avril 2013 : Claude Hagège : Refusons le sabordage du français

 

Une pétition est proposée CONTRE la loi ESR "Fioraso", parce que POUR la langue française

 

Cet article est le 19ème paru sur ce blog dans la catégorie Culture langue medias histoire

 

 

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 20:02

Elle doit prendre les moyens de valoriser ses atouts

 

Les Français sont pessimistes parce qu’ils se rendent compte que l’environnement politique, lié à la finance, ne permet pas de valoriser les atouts de notre pays. C’est pourquoi nous, citoyens, devons prendre notre avenir en mains et imposer les orientations politiques dont la France a besoin.

 

Hervé Le Bras et Emmanuel Todd, démographes et historiens, auteurs du livre Le mystère français (France Inter, 21 mars 2013), expliquent que « La France ne va pas si mal », malgré la crise.

 

Hervé Le Bras a répondu aux questions de Bernard Le Solleu (Ouest-France, 8 avril 2013)

 

La crise est là mais « la France ne va pas si mal »

 

Entretien avec Hervé Le Bras, démographe et historien ; auteur, avec Emmanuel Todd, du Mystère français, éditions du Seuil, 311 pages, 17,90 €. En 1981, déjà avec Emmanuel Todd, il avait publié un livre remarqué : L'invention de la France (revu en 2012).

 

Croissance nulle, chômage record... Les Français sont pessimistes. Ils ont des raisons de l'être, non ?

Todd et moi, nous ne nions pas la crise. Tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais la France a les moyens de rebondir. Notre situation, objectivement, si l'on ne s'en tient pas au seul Produit intérieur brut (PIB), est bien supérieure à toutes celles que l'on a connues au long de notre histoire. Que ce soit dans le domaine de l'éducation, de la santé et de l'espérance de vie, du taux de natalité, de la place des femmes. Arrêtons de nous lamenter.

 

Les Français sont nostalgiques, en fait, des Trente glorieuses ?

Oui. Les trente dernières années sont, à leurs yeux, les trente piteuses ! Rien n'est plus faux. Le pays a changé pendant les Trente glorieuses, il s'est industrialisé. Mais les moeurs ont alors assez peu évolué. À partir de 1975, au contraire, on a assisté à un véritable décollage éducatif et à l'émancipation des femmes, notamment.

 

Prenons l'école. On ne cesse de déplorer que le niveau baisse...

Baisse-t-il ? On n'en sait rien. Ce que nous montrons c'est que 70 % des jeunes accèdent au niveau bac. Que 40 % des tranches d'âges récentes ont fait des études supérieures. Du jamais vu ! La pyramide éducative s'est inversée. Au lendemain de la guerre, l'énorme masse des gens ne dépasse pas la communale. On compte peu de bacheliers. Aujourd'hui, la pointe est orientée vers le bas avec 10 % de sans diplôme.

 

Aujourd'hui un diplôme n'assure plus un emploi...

Le mouvement éducatif ascensionnel est en effet stoppé. Il stagne depuis 1995. La concurrence des diplômes a des incidences sur les emplois, les salaires. Le progrès éducatif extraordinaire des soi-disant trente piteuses, engendre de l'insatisfaction, mais c'est un atout formidable, l'un des ressorts de la France.

 

Il y a un pessimisme affiché et un optimiste inconscient dites-vous. Le vieux pays, dans ses profondeurs, résiste bien ?

Regardez le taux de natalité, le meilleur d'Europe. L'espérance de vie en bonne santé, l'un des meilleurs au monde. Le taux d'homicide : il est au plus bas. Le taux de suicide baisse... Dans cette crise économique, le modèle familial français résiste. C'est l'une de « nos couches protectrices », avec la persistance souterraine des valeurs traditionnelles de la religion - le sens de la communauté, de la solidarité - alors que la pratique religieuse, elle, est au plus bas, avec 5 % de pratiquants.

 

Certaines régions vont plus mal que d'autres ?

Les régions de grande tradition laïque, autrefois révolutionnaires, hormis Paris, ne vont pas très bien. Alors qu'au contraire les régions périphériques, autrefois de fortes traditions religieuses vont nettement mieux. C'est le cas de l'Ouest. Ce sont aussi des régions qui votent désormais majoritairement à gauche, alors que les vieilles régions égalitaires sont passées à droite, voire à l'extrême droite. Si l'on compare la carte de l'élection de Giscard d'Estaing, en 1974, et celle de François Hollande, en 2012, elles se sont quasiment inversées.

 

Certaines régions sont aussi plus frappées que d'autres, par la désindustrialisation ?

L'industrie a été divisée par deux en trente ans. Le tissu industriel au sud s'est effondré. Mais le pays dispose d'un socle de formation techniques, de brevets et d'industrie de pointe qui permettent une relance.

 

Nos blocages sont avant tout d'ordre politique ?

Faute d'une autorité politique claire, le pays risque de s'enfermer dans une non-croissance à la japonaise. On ne cesse de reporter les vraies réformes. Celle des retraites est toujours à reprendre. Pourquoi ? Parce qu'il ne s'agit pas d'abord d'élever l'âge du départ, mais de donner du travail aux seniors. Ensuite vous pouvez repousser l'âge. C'est ce qui s'est fait en Suède, en Finlande, au Danemark.

 

Comment fait-on pour accroître le taux d'activité des seniors ?

La clé, c'est la formation, la préparation à une seconde carrière. Notre système de formation est totalement bloqué. On y consacre beaucoup d'argent - 28 milliards - pour peu de résultats. Mais pour réformer il faut toucher à la gestion paritaire et, entre l'État, les syndicats, le Medef, les positions sont verrouillées. Alors qu'une part de cette formation permanente devrait être confiée aux universités. C'est le cas dans les pays anglo-saxons.

 

Un gouvernement affaibli ne peut pas réformer un pays ?

L'État doit être assez fort pour s'attaquer à des bastions, des lobbies, au nom de l'intérêt commun. S'il est à 30 % d'opinions favorables, cela devient difficile.

 

Voir aussi Hervé Le Bras et Emmanuel Todd: "La France ne va pas si mal" (L’Express, 29 mars 2013).

 

Cet article est le 18ème paru sur ce blog dans la catégorie Culture langue medias histoire

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 23:57

1968 - 1969 : de l’accord administratif à l’inauguration

 

C’était le 2 mars dernier. Lise Tatin m’a reçu chez elle à Ruillé-le-Gravelais (Mayenne). Nous en avions convenu le 16 février, à l’issue de la visite du musée Robert Tatin à Cossé-le-Vivien (53), le musée qui porte le nom de son illustre mari (1902-1983), que le couple Tatin a construit, à partir de 1962, autour de leur maison sur le site de la Frénouse.  

Elle avait accepté de présenter le musée à un petit groupe avec moi. L’employé à l’accueil, vacataire, ne la connaissait pas et l’avait confondue avec mes invités. Puis le directeur du musée l’avait ensuite croisée sans la saluer précisément. Tout cela est le signe de relations conflictuelles entre Lise Tatin et les dirigeants et actuels propriétaires du musée (la commune de Cossé-le-Vivien).

Voir Lise Tatin veut faire connaître l'ensemble de l'œuvre de Robert Tatin - 10 mars 2013 

Musée Robert Tatin : Lise Tatin souffre de l'attitude de la municipalité - 21 février 2013

 

Le 2 mars, j’ai pris des notes car Lise TATIN, à la suite de nos discussions du 16 février, voulait me parler de la création du musée, à laquelle elle prit une part considérable, à vrai dire décisive.

 

Quelques précisions avant de commencer le récit    

 

Lise est originaire de Haute-Saône. Ses parents, qui ont eu 5 enfants, étaient agriculteurs. Ils n’avaient pas souhaité que Lise fasse des études. Après son CEP, elle est restée à la ferme jusqu’à l’âge de 20 ans, apprenant à tout faire avec ses mains et aidant ses parents.

Lise a 22 ans quand elle rencontre Robert Tatin. Ils sont mariés quand ils arrivent à Cossé-le-Vivien, le 1er juin 1962. Elle n’avait pas accepté de vivre dans le Midi (son mari possédait une maison, près de Nice). En mai, ils avaient acheté une maison, un peu en retrait et indépendante des deux fermes de la Frénouse. Son mari n’avait pas l’intention de construire un musée à cet endroit. Il souhaitait que s’installent autour de la « maison des champs* »  des artisans créateurs et des entreprises. Il en avait parlé à la mairie mais ses interlocuteurs n’étaient pas motivés.

 

* Voir Musée Robert Tatin. « En 1962, Robert Tatin achète, avec son épouse Lise, une petite maison ancienne au lieu dit La Frénouse sur la commune de Cossé-le-Vivien en Mayenne. Il imagine sa « Maison des Champs », une oeuvre monumentale ancrée dans la nature, qui se ferait le carrefour de toutes les civilisations à travers la création d'un langage universel, « un pont entre l'Orient et l'Occident ». Rapidement, les premières sculptures de ciment armé peint apparaissent dans ce qu'il appelle « Le Jardin des Méditations » qui constitue le coeur du musée. En 1967, le chemin communal qui mène à son espace de vie et de création se voit doté du premier des 20 « Géants » qui le bordent aujourd'hui. C'est le début de vingt et un ans de création, sculpturale, architecturale et picturale, en compagnie de Lise qui participe activement à la construction du musée. Robert Tatin décède en 1983. Depuis cette date, et hormis les campagnes de restauration qui se succèdent, cette oeuvre est restée la même... »

 

Marie-Hélène et Zik StB 16-170213 008 TComment ce site est devenu un musée 

 

Un jour de juin 1968, le préfet Bourgin (de la Mayenne) arrive dans la « maison des champs », sans prévenir ni frapper. Il est accompagné du sous-préfet Marmay (de Château-Gontier) et de deux hommes armés (de baïonnettes). Lise leur parle. Ils sont en plein milieu de la maison, pendant que Tatin continue d’écrire, sans les regarder. Puis, il dépose la plume et, théâtralement, il déclame « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon église »…

Le groupe sort de la maison. Lise les accompagne. Le préfet, avant de partir, la prend par le bras et lui dit « Je ne veux plus entendre parler de vous ! » Lise lui pose la question « Que faut-il faire pour que ce site soit d’intérêt public ? » Le préfet répond (il est dans la DS noire) « Il faut que ce soit un musée ».                                                                                                                           

 

Trois jours après, Lise Tatin téléphone à Bernard Anthonioz (neveu du Général de Gaulle) au ministère des affaires culturelles. Elle demande ce qu’il faut faire pour que le site de la Frénouse soit reconnu musée. Un rendez-vous est pris.

 

Lise se déplace à Paris le 13 juillet 1968 afin de rencontrer Bernard Anthonioz. Elle est dirigée vers la Direction des Musées de France, sans savoir à qui s’adresser. C’est difficile d’obtenir un rendez-vous. Elle décide d’y entrer comme si elle était une habituée de cette administration. Les huissiers la laissent passer. Puis elle pousse la porte d’un bureau et s’explique, provoquant l’hilarité dans le bureau. A une autre porte, elle est mieux reçue. On lui conseille de frapper à la porte 11. Dans ce bureau, un monsieur, administrateur du musée du Louvre, a la gentillesse de l’écouter. Compte tenu de la période de vacances, il lui recommande d’écrire le 26 septembre 1968.

 

De retour à la Frénouse, Lise Tatin déclare « y croire », sans convaincre son entourage. Elle adresse sa lettre à la date convenue. En réponse, elle reçoit un formulaire à remplir, ce qu’elle fait. On lui renvoie le document pour qu’y soient apportées des corrections, ce qu’elle fait également. Puis, plus de nouvelles, jusqu’au 24 décembre 1968. Par téléphone, l’administrateur affirme que la décision est prise : le site de la Frénouse est un musée de France !

 

En janvier 1969, Madame Masson, secrétaire de mairie de Cossé-le-Vivien, fait savoir que le préfet a manifesté son mécontentement d’avoir été court-circuité. Un nouveau dossier est établi par la mairie, avec visa du sous-préfet et du préfet. L’acte officiel de naissance du musée est daté du 1er janvier 1969.

 

Le musée fut inauguré le 14 octobre 1969. Le ministre de la culture, André Malraux, devait être représenté par le préfet Bourgin ou le sous-préfet Marmay (le préfet n’avait pas confirmé sa participation). En fait, il était bien là, le sous-préfet aussi. C’était une très belle inauguration, nocturne, par beau temps, un ciel étoilé, en présence de 200 personnes.

Le préfet était arrivé, très pressé avant d’avoir vu le site illuminé. Lise Tatin lui demande, au micro, s’il voulait que l’inauguration se fasse au pas de charge ou lentement. Par bonheur, il n’était plus pressé… et, dans son discours d’un bon quart d’heure, apparemment spontané, il reconnaissait s’être trompé quand il était venu la première fois et se déclarait très impressionné par ce qu’il voyait. D’ailleurs, il était revenu le lendemain afin de montrer le site à son épouse et, en l’absence des Tatin, avait laissé un petit mot, regrettant que le site ne soit plus illuminé…

 

manif Laval 230910 004 TLes commentaires et précisions de Lise Tatin

 

Robert Tatin regrettait beaucoup que son projet initial n’ait pu être réalisé. En arrivant à la Frénouse, Tatin était connu à plusieurs titres : il avait été artisan à Laval, il s’était implanté au Brésil, il avait prouvé ses capacités.

 

Le musée est l’œuvre du couple. Lise n’était pas une potiche. Sans elle, le musée n’aurait pas été fini. Ils ont été aidés, à certains moments, par des artisans. Tatin voulait que ce musée soit un lieu inaliénable, ouvert à tous. C’est pourquoi il l’a cédé à la commune.

 

Lise a été salariée, de 1976 à 2004 (retraite à 65 ans). En 1978, le musée recevait déjà 15 000 visiteurs par an. En 2004, il y en avait 20 000 (attestation de Lise, qui en était la directrice), comme actuellement (selon les chiffres annoncés par le sous-préfet, lors de l’inauguration de la « maison des illustres »).

 

Lise est usufruitière de la « maison des champs ». Elle éprouve certaines difficultés à consulter les documents qui sont conservés dans les réserves du musée. Au moment de la décision prise par Tatin et elle de céder le musée à la Commune, ils pensaient pouvoir conserver un droit de regard sur le devenir du site, ce qui n’est pas le cas, Lise ayant été écartée par la municipalité de tout ce qui concerne le musée.

 

Cet article est le 17ème paru sur ce blog dans la catégorie Culture langue medias histoire

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 23:38

Réhabiliter l’œuvre de toute la vie de Robert Tatin

 

J’avais relevé l’amertume de Lise Tatin, rapportée par l’hebdomadaire Le Courrier de la Mayenne (voir Musée Robert Tatin : Lise Tatin souffre de l'attitude de la municipalité - 21 février 2013). Elle n’est pas satisfaite de ses relations avec les gestionnaires du musée Robert Tatin à Cossé-le-Vivien (Mayenne) et de la façon dont ils conçoivent l’évolution du musée, sans concertation avec elle*.

 

Ayant reçu la visite de Jean-François Vallée, membre de la rédaction départementale du quotidien Ouest-France,  Lise Tatin a évoqué son projet de réaliser une exposition, à l’occasion du 30ème anniversaire - en décembre 2013 - de la mort de son mari, afin de mieux faire connaître l’ensemble de l’œuvre de l’artiste, notamment celle qui a précédé son arrivée à la Frénouse, en 1962. Voici l’article paru dans l’édition Mayenne du 10 mars 2013 de Dimanche Ouest-France.

 

Lise veut réveiller la mémoire de Robert Tatin

 

En décembre prochain, on fêtera les 30 ans de la disparition de Robert Tatin. Sa femme se bat pour réhabiliter l’œuvre de son mari avec lequel elle a travaillé. Portrait

 

« Je suis entrée en Mayenne un jour où l’herbe était verte et les pommiers en fleurs », se souvient-elle. Depuis, Lise Tatin n’a plus quitté le pays de son illustre de mari (1). C’était en 1962. Cinquante années plus tard, c’est une petite dame volubile et alerte qui nous accueille dans sa maison de Ruillé-le-Gravelais. « Robert Tatin est en devenir. Je veux réhabiliter l’œuvre de toute une vie » ».

Robert Tatin est mort depuis 30 ans. Depuis, aucune rétrospective n’est venue nous éclairer sur la force et la richesse de son œuvre. On vient du monde entier visiter le musée de Cossé-le-Vivien. Mais hors les murs de la Frénouse, Robert Tatin semble glisser vers l’oubli. Et sa peinture n’est pas cotée. « Cela ne préjuge en rien de la qualité d’un artiste », modère Bruno Godivier, le directeur du site.

« Quand je l’ai connu, Robert pouvait exposer partout », rappelle Lise Tatin. C’est cet artiste-là qu’elle veut réhabiliter. Après guerre, Robert Tatin fréquente André Breton, Jean Dubuffet et Giacometti. L’ancien artisan est devenu artiste. Il travaille beaucoup, la sculpture, la peinture, la céramique. Et plusieurs voyages en Amérique du Sud installent sa réputation.

 

« Un artiste tourné vers le vivant »

 

Quand il revient à Laval en 1962, où il a commencé sa carrière comme peintre décorateur en 1930,  c’est un peu le retour du fils prodigue. « Robert Tatin a proposé au maire de l’époque, Francis Le Basser, le don de 400 œuvres, raconte Lise. En échange, la Ville s’engageait à soutenir un jeune artiste de milieu modeste ». L’élu refuse. L’espace dédié à la culture auquel Robert Tatin rêvait ne se fera pas à Laval.

Ce sera la chance de Cossé-le-Vivien. Le musée de la Frénouse est l’un des lieux les plus visités de la Mayenne (plus de 20 000 visiteurs par an). Un espace étonnant, passionnant, riche de références culturelles et spirituelles, sans doute le chef-d’œuvre de celui qui l’a pensé.

« Oui, mais c’est un mausolée, regrette Lise, Tatin voulait un village d’artistes, pas ce que le musée est devenu ».

Lise Tatin se vit en gardienne d’un temple dont elle n’a plus les clés. D’où le conflit qu’elle entretient avec la commune de Cossé-le-Vivien. Bruno Godivier, le directeur du musée, dit s’en attrister. Et défend ses choix. « Robert Tatin est un artiste tourné vers le vivant. Et le musée rend hommage à cela ».

Sans doute, mais son œuvre aurait besoin d’être revisitée dans son ensemble. Surtout celle d’avant la Frénouse. C’est pourquoi Lise Tatin aimerait qu’une exposition soit réalisée à l’occasion des 30 ans de la mort de son mari en décembre prochain. En attendant, elle essaie de réécrire la biographie de Robert Tatin afin de dire « qui il était » et comment son œuvre s’est construite.

Et peut-être de réhabiliter sa propre vie à elle, Lise Tatin. Car elle n’était pas seulement la muse de l’artiste. Ceux qui l’ont vu pousser la brouette sans relâche à la Frénouse peuvent en témoigner.

Il est temps de partir. Allons faire la photo de la dame devant la haute statue d’un couple enlacé qui est plantée dans le jardin. « Ah, vous avez une œuvre de Tatin, interroge-t-on, Oui, nous répond la dame dans un sourire. Une statue de Lise Tatin.

 

(1) Robert Tatin est né dans le quartier de l’Epine à Laval en 1902.

 

* L’association CiViQ soutient Lise Tatin dans ses démarches pour que soit connue - dans sa globalité sur l’ensemble de sa vie - l’œuvre de Robert Tatin et pour que soit reconnue la contribution de Lise à la réalisation du musée de la Frénouse à Cossé-le-Vivien.

 

Cet article est le 16ème paru sur ce blog dans la catégorie Culture langue medias histoire

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 18:03

Le château : mille ans d’histoire et d’architecture

 

Marie-Helene-et-Zik-StB-16-170213-023-T.jpgLa visite du Vieux-Château à Laval avec un guide s’impose quand on reçoit des amis. Ceux-ci ne seront pas déçus. Du donjon, qui surplombe la Mayenne, ils auront une magnifique vue de la rivière dans sa traversée de Laval (photo).

 

Le château ne peut être séparé des Guy de Laval qui sont une des plus longues lignées de nobles français, comtes de Laval. Voir Château de Laval (Wikipédia).

 

Voir aussi les belles photos rassemblées ici : BIBLIOGRAPHIE - Visite de Laval, dont Le Vieux-Château

 

Le château de Laval : 1000 ans d’Histoire et d’Architecture

 

Monument emblématique de Laval, le Vieux Château doit également être considéré comme l’acte fondateur de la cité.

 

Vers 1020, Guy de Dénéré établit son château à motte sur les flancs de la colline dominant la Mayenne, à proximité du gué franchi par une ancienne voie romaine reliant les antiques cités du Mans et de Corseul.

Cette première bâtisse de terre et de bois est par la suite supplantée par une forteresse de pierre, dont la pièce maîtresse est un donjon cylindrique élevé dans le premier tiers du 13ème siècle au moment où la seigneurie de Laval entre dans la sphère d’influence politique des Capétiens.

Cette tour, haute de 34 mètres, est couronnée d’une galerie à vocation défensive, appelé hourd, considérée comme l’une des pièces de charpente les plus anciennes de France (1219).

 

Combattant aux côtés de Jeanne d’Arc lors de la guerre de Cent ans, les seigneurs lavallois voient leur opiniâtreté récompensée lorsque Charles VII érige la baronnie de Laval en comté. De cette époque date la construction du bâtiment principal parallèle à la rivière.

 

A la Renaissance, sous l’impulsion de Guy XVI, pair de France et gouverneur de Bretagne, la façade du corps de logis s’ouvrant sur la cour est percée de grandes fenêtres ornées d’un riche décor de tuffeau, dont les motifs font référence, tantôt à la tradition gothique française, tantôt à l’Antiquité redécouverte à l’occasion des guerres d’Italie.

 

Au milieu du 16ème siècle, une galerie de plaisance d’un style architectural plus classique, aux volumes plus étudiés et au décor plus assagi, vient compléter l’ensemble castral au nord.

 

Devenue prison à la Révolution française, l’ancienne demeure des comtes de Laval accueille, depuis 1967, le premier musée d’art naïf d’Europe inauguré en l’honneur du Douanier Rousseau.

 

Cet article est le 15ème paru sur ce blog dans la catégorie Culture langue medias histoire

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