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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 20:41

La nécessité d’un vrai dialogue entre les civilisations

 

Le 15 avril 2013, la Fondation Res Publica (pour faire connaissance, voir Présentation de la Fondation Res Publica, par Jean-Pierre Chevènement) organisait un colloque sur le thème  

La Charia: qu'est-ce à dire?

 

Les actes de ce colloque ont été publiés le 5 juin 2013. En voici les titres.

Accueil de Jean-Pierre Chevènement 

Accueil de Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica

Pour une herméneutique de la Charia

Introduction de Sami Nair, membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica

La Charia en dix points… et quelques raccourcis

Intervention de Baudouin Dupret, directeur du centre Jacques Berque (Rabat), directeur de recherche au CNRS

De la nature de la Sharia: Loi de Dieu ou loi des Hommes ? 

Intervention de Naïla Silini, islamologue et professeur de civilisation islamique, Université de Sousse (Tunisie)

Actualité de la référence à la sharî’a en France et en Europe : controverses, débats et perspectives

Intervention de Franck Frégosi, chargé de recherche au Centre National de Recherche Scientifique

Tour de table final

Difficile d’aller plus à fond sur cette question particulièrement délicate. Avec des intervenants de très haut niveau. Parmi eux, une femme, Naïla Silini, qui fait partie d’un groupe de Tunisiens, auteurs d’une « Etude critique du Coran » en langue arabe. « Nous avons terminé cet ouvrage, qui comprend environ 3500 pages, à la veille de la révolte tunisienne. Avec la montée de l’islamisme, il n’est plus possible d’éditer cette encyclopédie en Tunisie ni en Orient ».

 

Chevènement Le Mans 280111 002 TVoici les propos de conclusion de Jean-Pierre Chevènement (extraits).

 

Jean-Pierre Chevènement

(… ) Mais je constate que le courant fondamentaliste s’est développé et semble l’avoir emporté, en Iran en 1979 et, sous une forme très aseptisée, en Turquie par la voie des élections. Ce qu’on a appelé les « révolutions arabes » met aujourd’hui au premier plan la question de l’islamisme. L’Afrique noire n’est pas épargnée, comme en témoigne l’affaire du Mali. Une chaîne de télévision francophone d’Al-Jazeera va être lancée à Dakar très prochainement.

Nous assistons à des mouvements, des mutations, dont nous ne sommes pas vraiment maîtres et qui nous interpellent. Un ancien directeur général de la sécurité extérieure, M. Brochand, nous a livré son interprétation : selon lui, l’islamisme est l’une des formes de réaction des sociétés musulmanes, plus particulièrement porteuses de la tradition. Il y a d’autres traditions, chrétienne, juive, orthodoxe… mais l’islam réagit en tant que porteur de la tradition de sociétés souvent antérieures à l’islam lui-même, tradition patriarcale, tradition de l’hétéronomie totale, reposant sur des interdits sexuels extrêmement forts. Cette réaction se manifeste sous différentes formes : l’islamisation des mœurs, en sourdine, l’islamisme politique qui veut conquérir le pouvoir politique par la voie des élections, les différentes formes de salafisme, piétiste ou violent, et puis le djihadisme armé qui s’en prend naturellement aux intérêts de la France, des États-Unis, d’autres puissances européennes ou occidentales, et même – en priorité – à des régimes considérés comme impies (kufr), comme on l’a vu avec l’attentat de Tiguentourine. L’Algérie a payé un lourd tribut au terrorisme.

Il me semble qu’il faut avoir une lecture politique de tout cela et savoir où on fait passer le trait. En effet, l’islam est une puissante réalité : 1 200 millions d’hommes très divers. Il n’y a pas beaucoup de rapports entre l’islam d’Afrique noire et ce qui se passe en Indonésie, en Malaisie, en Asie centrale, dans l’islam turc, l’islam perse et l’islam du monde arabe. Même dans ce monde arabe, cœur du monde musulman, le Maghreb et le Machrek, les pays du Golfe… sont assez différents.

La question que je pose est celle de la coexistence pacifique des hommes, au sens générique, bien entendu. C’est une question difficile. Nous avons eu l’idée de ce colloque pour essayer de mieux comprendre ce qui se cache derrière le mot « charia ». Il va falloir faire avec le monde musulman tel qu’il est, avec ses tensions, ses contradictions. J’ai déjà exprimé l’idée que nous ne pouvions pas être indifférents à ce qui s’y passe et à ce que comporte l’islamisme du point de vue politique :

Celui-ci crée-t-il politiquement des situations irréversibles ? Ouvre-t-il, ou plutôt ferme-t-il, la possibilité d’alternances politiques ? Le problème du statut personnel et particulièrement du statut de la femme – que vous avez traité tout à l’heure, Madame – est au cœur du débat. Ces questions sont devant nous. Ce sont des problèmes qui sont, hélas, à mon sens, loin d’être résolus.

 

(…) Pour conclure, en présence de M. Baudouin Dupret (qui dirige le Centre Jacques Berque de Rabat), je voudrais rappeler la pensée de celui-ci : Chaque peuple doit prendre appui sur ses propres motivations pour trouver le chemin des valeurs universelles, dans le respect de ce qu’il est, de son « authenticité ». Dans les rapports qu’un pays comme la France peut entretenir avec des nations majoritairement ou entièrement musulmanes, nous n’avons pas à « exporter » la démocratie, que ce soit sur le mode « bushien » ou sur un autre mode, mais nous devons nous tenir fermes sur les valeurs de la République et nous appuyer sur la capacité des peuples, et notamment du peuple tunisien, je le dis en présence de Madame Silini, professeur à l’université de Sousse. Il faut faire confiance et, naturellement, appuyer de notre sympathie ceux qui se battent pour une société ouverte qui ne rompe pas le fil de sa tradition, car chaque pays a la responsabilité de faire sa propre Histoire.

J’ai entendu ce qui s’est dit tout à l’heure sur les différents niveaux de croyance. Il est vrai que demander aux imams d’enseigner un islam totalement déconnecté des textes « sacrés » n’a pas de sens. Moi-même qui suis, bien que vieux laïque, catholique romain « sociologiquement parlant » (comme aurait dit Jacques Berque), je perçois que la foi de mon Haut-Doubs natal n’a pas grand-chose à voir avec la pensée des théologiens.

Je reste fidèle à l’idée que, dans les relations internationales, il faut éviter ce qui ressemble à de l’ingérence, il faut respecter la volonté des peuples, ce qui n’empêche pas, au niveau des sociétés civiles, que s’établissent des liens tendant à encourager ceux qui se battent pour les valeurs de liberté et d’égalité.

 

Hassan Fodha
Merci, Monsieur le Président, d’avoir organisé cette réunion très intéressante, très utile, très instructive.
J’ai beaucoup aimé la qualification de la charia, par M. Dupret, de « slogan politique », ce qu’elle est, en effet. En terre d’islam, si vous demandez à un musulman s’il croit en la charia, il répond que la charia, qui est le fait des hommes, est critiquable. En revanche, il croit en l’islam car, pour lui, le Coran n’est pas critiquable. Cette nuance, en terre d’islam, permet de mettre la charia en seconde position par rapport au Coran. C’est bien un slogan politique, la preuve en est que, dans les pays qui ont subi la révolution (Tunisie, Égypte et Libye), on demande aujourd’hui l’inscription de la charia dans les constitutions, non pas au nom de la religion mais au nom de « l’identité ». Par ce mot, la religion est associée au patriotisme. Aujourd’hui, les médias tunisiens et égyptiens sont pleins de chants patriotiques et d’appels à l’identité nationale pour justifier la demande des partis religieux d’inscrire la référence à la charia dans la constitution. Donc la charia n’a pas de définition, surtout juridique, dans le monde arabe et dans le monde musulman. En tout cas, c’est mon point de vue.

L’utilisation de la charia comme slogan politique dans les pays où il y a eu la révolution, est une manière de rejeter les valeurs « occidentales ». Pour la même raison, en Égypte et en Tunisie, on refuse d’inscrire dans la constitution la référence aux valeurs universelles reconnues. En même temps, en Occident, on fait l’amalgame entre charia et Coran, entre charia et islam, pour démontrer que l’islam n’est pas compatible avec les valeurs républicaines. Deux discours s’opposent : d’un côté on dit que l’islam n’est pas compatible avec les valeurs républicaines, de l’autre on essaie de faire passer le message qu’en terre d’islam on ne reconnaît pas les valeurs universelles. Si nous n’arrivons pas à sortir de ce malentendu, nous allons vers la guerre des civilisations. C’est très grave.

Jean-Pierre Chevènement
Je crois que vous avez très bien situé les choses : deux fondamentalismes s’opposeraient. C’est une vision que nous devons combattre. Si ce débat, qui a fait naturellement apparaître des opinions diverses, contribue à nous convaincre de la nécessité d’un vrai dialogue entre les civilisations, les cultures, et les nations, il aura eu son utilité.
Je veux remercier les intervenants, en particulier Mme Silini, venue tout exprès de la Tunisie chère au cœur des Français. Merci de votre concours

Cet article est le 24ème paru sur ce blog dans la catégorie Laïcité et communautarismes.

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 20:17

Le séparatisme culturel, à l’origine du malaise populaire

 

Le malaise de la société française est lié au fait qu’elle est devenue multiculturelle sans se le dire, la République ayant maintenu l’illusion sur sa capacité à prolonger, comme par le passé, « l’assimilation républicaine ». Tel est le diagnostic de Christophe Guilluy dans un article publié sur le site du quotidien Le Monde en commentaire du rapport de l’Institut Montaigne sur les banlieues (voir Banlieues (Kepel) : failles des politiques publiques, montée de l'islam - 6 octobre 2011).

Voir aussi Nouvelle géographie sociale et cohésion nationale. Intervention de Christophe Guilluy, géographe-consultant (cabinet Maps), co-auteur avec Christophe Noyé de "L’Atlas des nouvelles fractures sociales en France" (éd. Autrement, 2006), au séminaire de la Fondation Res Publica le 30 novembre 2009 sur le thème « Que sont devenues les couches populaires ? »

 

Christophe Guilluy : "La fable de la mixité urbaine"  (Le Monde, 13 octobre)  

 

Islamisation des cités : mythe ou réalité ?

Plus que son contenu, c'est d'abord la surmédiatisation du rapport de l'Institut Montaigne qui est frappante. Le constat, celui d'une forme d'islamisation de certains territoires, n'est pas véritablement une découverte. On rappellera à ce titre que le rapport Obin de l'éducation nationale montrait déjà, en 2004, le débordement dans l'espace public des pratiques communautaires dans les établissements scolaires situés dans des communes à forte population musulmane.

Rien de bien nouveau donc, le problème est en réalité sur la table depuis au moins dix ans. Cette question culturelle et identitaire est d'abord le fruit d'une dynamique démographique. La question de l'islam ne serait pas aussi présente si elle ne s'inscrivait pas dans un contexte démographique, celui de la croissance forte et récente du nombre des musulmans en France et en Europe.

Rappelons ici que les communes ciblées par l’Institut Montaigne se caractérisent d’abord par une transformation démographique sans précédent. Entre 1968 et 2005, la part des jeunes d’origine étrangère (dont au moins un parent est né à l’étranger) est passée de 22% à 76% à Clichy-sous-Bois et de 29% à 55% à Montfermeil. Ce basculement démographique est un point fondamental. Une majorité de ces jeunes est musulmane ou d’origine musulmane.

 

La visibilité de l’islam et de ses pratiques est ainsi directement liée à l’importance de la dynamique démographique : flux migratoires et accroissement naturel. La question est d'autant plus sensible qu'elle s'inscrit dans un contexte démographique instable où les "minorités" peuvent devenir majoritaires et inversement. Sur certains territoires, les populations d'origine musulmane sont donc devenues majoritaires. C'est le cas à Clichy et Montfermeil. La passion qui entoure les débats sur l'islam est directement liée à la croissance du nombre de musulmans. La question du débordement des pratiques religieuses interroge l'ensemble des Français musulmans ou non.

Au-delà, ce débat interroge aussi la question du multiculturalisme. Ainsi, si l'on remplaçait demain les 6 millions de musulmans par 6 millions de sikhs, les controverses sur le port du kirpan (comme cela a été le cas au Québec), poignard mais aussi symbole religieux pour la communauté sikh, se multiplieraient.

L'importance des réactions suscitées par le rapport Kepel révèle en filigrane le malaise de la société française face au surgissement d'une société multiculturelle encore impensée. Il faut dire que, en la matière, nous nous sommes beaucoup menti. Convaincus de la supériorité du modèle républicain, en comparaison du modèle communautariste anglo-saxon, nous nous sommes longtemps bercés d'illusions sur la capacité de la République à poursuivre, comme c'était le cas par le passé, "l'assimilation républicaine".

La réalité est que, depuis la fin des années 1970, ce modèle assimilationniste a été abandonné quand l'immigration a changé de nature en devenant familiale et extra-européenne (pour beaucoup originaire de pays musulmans). Alors que l'on continuait à s'enorgueillir du niveau des mariages mixtes, les pratiques d'évitement explosaient.

Aujourd'hui, le séparatisme culturel est la norme. Il ne s'agit pas seulement d'un séparatisme social mais d'abord d'un séparatisme culturel. Pire, il frappe au coeur des classes populaires. Désormais, les classes populaires d'origine étrangère et d'origine française et d'immigration ancienne ne vivent plus sur les mêmes territoires. Les stratégies résidentielles ou scolaires concernent une majorité de Français, tous cherchent à ériger des frontières culturelles invisibles. Dans ce contexte, la fable des mariages mixtes ne convainc plus grand monde et ce d'autant plus que les chiffres les plus récents indiquent un renforcement de l'endogamie et singulièrement de l'homogamie religieuse.

La promesse républicaine qui voulait que "l'autre", avec le temps, se fondît dans un même ensemble culturel, a vécu. Dans une société multiculturelle, "l'autre" reste "l'autre". Cela ne veut pas dire "l'ennemi" ou "l'étranger", cela signifie que sur un territoire donné l'environnement culturel des gens peut changer et que l'on peut devenir culturellement minoritaire. C'est ce constat, pour partie occulté, qui explique la montée des partis populistes dans l'ensemble des pays européens.

Si le rapport Kepel est "dérangeant", c'est d'abord parce qu'il nous parle d'un malaise identitaire qui touche désormais une majorité de Français. A ce titre, il faut relever l'importance de cette question pour l'ensemble des classes populaires d'origine française ou étrangère. C'est dans ce contexte qu'il faut lire la montée de l'abstention et de la défiance pour les grands partis aussi bien en banlieue que dans les espaces périurbains, ruraux et industriels.

Si un islam identitaire travaille les banlieues, l'adhésion pour les thèses frontistes d'une part majoritaire des classes populaires de la France périphérique souligne que la question sociale est désormais inséparable de la question culturelle.

 

Ouvrage : "Fractures françaises" (Bourin éditeur, 2010).

Voir à ce sujet Exclusif: les banlieues masquent les vraies fractures françaises (Marianne, Emmanuel Lévy, 21 octobre 2010)

 

 Cet article est le 23ème paru sur ce blog dans la catégorie Laïcité et communautarismes.

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 18:42

La religion s’est développée en l’absence de la République

Vingt-cinq ans après avoir publié une enquête référence sur la naissance de l'islam en France, intitulée Les Banlieues de l'islam (Seuil), le politologue Gilles Kepel est retourné dans les cités populaires de Seine-Saint-Denis pour comprendre la crise des quartiers.

La place croissante de l'islam en banlieue - LeMonde.fr (Luc Bronner, 5 octobre 2011)

 

Six ans après les émeutes causées par la mort de deux adolescents, en octobre 2005, son équipe a partagé le thé dans les appartements des deux villes, accompagné les mères de famille à la sortie des écoles, rencontré les chefs d'entreprise, les enseignants, les élus, pour raconter le destin de cette "Banlieue de la République" - c'est le titre de l'enquête, complexe et passionnante, publiée par l'Institut Montaigne.

 

Le sentiment de mise à l'écart a favorisé une "intensification" des pratiques religieuses, constate Gilles Kepel. Les indices en sont multiples. Une fréquentation des mosquées beaucoup plus régulière - les deux villes (60 000 habitants au total) comptent une dizaine de mosquées, aux profils extrêmement variés, pouvant accueillir jusqu'à 12 000 fidèles. Une pratique du ramadan presque systématique pour les hommes. Une conception extensible du halal, enfin, qui instaure une frontière morale entre ce qui est interdit et ce qui est autorisé, ligne de fracture valable pour les choix les plus intimes jusqu'à la vie sociale.

 

Les chercheurs prennent l'exemple des cantines scolaires, très peu fréquentées à Clichy en particulier. Un problème de coût évidemment pour les familles les plus pauvres. Mais la raison fondamentale tient au respect du halal. Les premières générations d'immigrés y avaient inscrit leurs enfants, leur demandant simplement de ne pas manger de porc. Une partie de leurs enfants, devenus parents à leur tour, préfère éviter les cantines pour leur propre descendance parce que celles-ci ne proposent pas de halal. Un facteur d'éloignement préoccupant pour Gilles Kepel : "Apprendre à manger, ensemble, à la table de l'école est l'un des modes d'apprentissage de la convivialité future à la table de la République."

 

Car le mouvement de "réislamisation culturelle" de la fin des années 1990 a été particulièrement marqué à Clichy et à Montfermeil. Sur les ruines causées par les trafics de drogue dure, dans un contexte d'effondrement du communisme municipal, face à la multiplication des incivilités et des violences, les missionnaires du Tabligh (le plus important mouvement piétiste de l'islam), en particulier, ont contribué à redonner un cadre collectif. Et participé à la lutte contre l'héroïne, dans les années 1990, là où la police avait échoué. Ce combat contre les drogues dures - remplacées en partie par les trafics de cannabis - a offert une "légitimité sociale, spirituelle et rédemptrice" à l'islam - même si la victoire contre l'héroïne est, en réalité, largement venue des politiques sanitaires.

 

L'islam a aussi et surtout fourni une "compensation" au sentiment d'indignité sociale, politique et économique. C'est la thèse centrale de Gilles Kepel, convaincu que cette "piété exacerbée" est un symptôme de la crise des banlieues, pas sa cause. Comme si l'islam s'était développé en l'absence de la République, plus qu'en opposition. Comme si les valeurs de l'islam avaient rempli le vide laissé par les valeurs républicaines. Comment croire encore, en effet, en la République ? Plus qu'une recherche sur l'islam, l'étude de Gilles Kepel est une plongée dans les interstices et les failles des politiques publiques en direction des quartiers sensibles... Avec un bilan médiocre : le territoire souffre toujours d'une mise à l'écart durable, illustrée ces dernières semaines par l'épidémie de tuberculose, maladie d'un autre siècle, dans le quartier du Chêne-Pointu, à Clichy, ghetto de pauvres et d'immigrés face auquel les pouvoirs publics restent désarmés (Le Monde du 29 septembre). Illustrée depuis des années par un taux de chômage très élevé, un niveau de pauvreté sans équivalent en Ile-de-France et un échec scolaire massif.

  

Clichy-Montfermeil forme une société fragile, fragmentée, déstructurée. Où l'on compte des réussites individuelles parfois brillantes et des parcours de résilience exemplaires, mais où l'échec scolaire et l'orientation précoce vers l'enseignement professionnel sont la norme. "Porteuse d'espoirs immenses, l'école est pourtant aussi l'objet des ressentiments les plus profonds", constatent les chercheurs. Au point que "la figure la plus détestée par bon nombre de jeunes est celle de la conseillère d'orientation à la fin du collège - loin devant les policiers".

 

Et pourtant, les pouvoirs publics n'ont pas ménagé leurs efforts. Des centaines de millions d'euros investis dans la rénovation urbaine pour détruire les tours les plus anciennes et reconstruire des quartiers entiers. Depuis deux ans, les grues ont poussé un peu partout et les chantiers se sont multipliés - invalidant les discours trop faciles sur l'abandon de l'Etat. Ici, une école reconstruite, là, un immeuble dégradé transformé en résidence. Un commissariat neuf, aussi, dont la construction a été plébiscitée par les habitants - parce qu'il incarnait l'espoir d'une politique de sécurité de proximité.

 

Le problème, montre Gilles Kepel, c'est que l'Etat bâtisseur ne suffit pas. Les tours ont été rasées pour certaines, rénovées pour d'autres, mais l'Etat social, lui, reste insuffisant. La politique de l'emploi, incohérente, ne permet pas de raccrocher les wagons de chômeurs. Les transports publics restent notoirement insuffisants et empêchent la jeunesse des deux villes de profiter de la dynamique économique du reste de la Seine-Saint-Denis. Plus délicat encore, la prise en charge des jeunes enfants n'est pas adaptée, en particulier pour les familles débarquant d'Afrique subsaharienne et élevés avec des modèles culturels très éloignés des pratiques occidentales.

 

Que faire alors ? Réorienter les politiques publiques vers l'éducation, la petite enfance, d'abord, pour donner à la jeunesse de quoi s'intégrer économiquement et socialement. Faire confiance, ensuite, aux élites locales de la diversité en leur permettant d'accéder aux responsabilités pour avoir, demain, des maires, des députés, des hauts fonctionnaires musulmans et républicains. Car, dans ce tableau sombre, le chercheur perçoit l'éveil d'une classe moyenne, de chefs d'entreprise, de jeunes diplômés, de militants associatifs, désireuse de peser dans la vie publique, soucieuse de concilier identité musulmane et appartenance républicaine.

L'urgence d'une action (Institut Montaigne)

Commanditaire et financeur de l'étude conduite par l'équipe de Gilles Kepel, l'Institut Montaigne appelle à une mobilisation des pouvoirs publics, des entreprises et des citoyens pour répondre aux difficultés des quartiers sensibles. "Par endroits, la situation économique, sociale et politique s'est tellement dégradée que personne ne voit plus vraiment comment mettre fin à des logiques d'enfermement et de communautarisation", s'alarment Claude Bébéar (ancien président d'Axa), l'économiste Nicolas Baverez, Lionel Zinsou (PAI partners), Henri Lachmann (Schneider Electric) et Philippe Wahl (La Banque postale), parmi les 15 signataires de l'appel, publié sur LeMonde.fr.

Sur LeMonde.fr : débat vidéo entre le politologue Gilles Kepel, Claude Dilain, maire (PS) de Clichy-sous-Bois, et Xavier Lemoine, maire (UMP) de Montfermeil.

Voir aussi Banlieues: "Le repli identitaire résulte d'une marginalisation" (L’Express, 6 octobre)

Rappel : Communautarisme contre République, la montée du FN a des raisons - 10 mars 2011 

             Cet article est le 22ème paru sur ce blog dans la catégorie Laïcité et communautarismes.

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 22:52

Les moyens d’intégration : travail, école, laïcité conquérante

 

La montée de Marine Le Pen dans les sondages est un évènement utile car il oblige à en rechercher les causes. Elles sont multiples. La principale est celle-ci : La France est malade des remèdes néolibéraux européens (M Sorin) - 9 mars 2011.

 

Mais l’Europe n’est pas seule en cause. Il faut chercher en France Que sont devenues les couches populaires ? | Fondation Res Publica.

 

Notre République est en panne parce que les dirigeants politiques, depuis plusieurs décennies, ne veulent pas voir les réalités en face. A cause de l’Europe qu’ils n’ont pas le courage d’affronter. A cause de la distance prise avec le peuple.

Le résultat, c’est une fuite en avant dans la cohabitation de catégories populaires qui ont bien du mal à vivre ensemble. Tel est le constat de Julien Landfried dans ce texte :

 

Communautarisme contre République: une menace en trois dimensions

Université d'été MRC 2011 004 TUne tribune de Julien Landfried, secrétaire national du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), auteur de Contre le communautarisme (Editions Armand Colin, 2007), parue dans le Journal Après-demain n°17 (« La République en danger », janvier 2011). Conclusion.

(…) Une insécurité devenue culturelle
Cela fournit l’une des dimensions d’une insécurité culturelle ressentie de manière particulièrement violente par les catégories populaires des Français de longue date, dominées sur le plan économique, méprisées par la culture des classes dominantes et, désormais, parfois soumises sur le plan culturel, au sein même des catégories populaires, en voie de communautarisation accélérée. A terme se pose la question de la réalité d’une culture commune, dans un pays où les classes populaires vivent désormais
« ensemble mais séparées », selon l’expression lucide de Christophe Guilluy (1).
(1)
Fractures françaises, Christophe Guilluy, Bourin éditeur, 2010.

 

La question de l’immigration doit être abordée sans tabou L'immigration, parlons-en ! (Paul Thibaud, Marianne, 6 février 2011).

Il faut, selon P Thibaud, sortir de la culpabilisation que nous impose le politiquement correct et partir des faits, aussi tristes soient-ils. Les moyens de créer du commun sont toujours les mêmes : le travail, l’école et une laïcité conquérante.

(…) On voit donc que le multiculturalisme souvent évoqué est le nom d’une séparation, d’un problème, et non d’une solution. Qu’il y ait, qu’il y ait toujours eu, de l’hétérogénéité sociale et culturelle n’empêche pas qu’il y a nécessité et urgence de développer du commun, faute de quoi le multiculturalisme produit une libanisation et non l’enrichissement mutuel promis.

Les moyens de créer du commun sont toujours les mêmes : le travail, l’école, une laïcité non pas défensive mais conquérante, interpellatrice, capable, s’appuyant sur la culture commune de faire bouger, de faire entrer dans une logique de dialogue civique les particularités culturelles et religieuses. Le dialogue du politique démocratique avec le religieux, qui s’est poursuivi d’une manière implicite quand il s’agissait du catholicisme, doit devenir explicite avec un islam qui vient de l’extérieur.

 

Cet article est le 21ème paru sur ce blog dans la catégorie Laïcité et communautarismes.

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 21:53

Une façon de provoquer le débat sur l’islam politique

 

Espace Charenton, Paris 12ème, 18 décembre 2010 : un mouvement de résistance est né dans le but de s’opposer à l’islam de conquête sur le continent européen. A la manœuvre, les duettistes Pierre Cassen (Riposte Laïque) et Christine Tasin (Résistance républicaine), alliés à Fabrice Robert (Bloc Identitaire). Au total, 32 organisations (partis, associations, sites Internet), qui ont soutenu l’initiative d’assises, au-delà de leurs différences.

 

Appel de Paris - Christine Tasin - Assises sur l’islamisation de l’Europe

Les Assises sur l’islamisation de l’Europe tenues à Paris, le 18 décembre 2010, sont un acte fondateur. Pour la première fois, des orateurs venus de toute l’Europe ont partagé une même tribune pour dénoncer l’islam de conquête à l’œuvre sur notre continent.

A l’issue de ces assises, les 32 partis, organisations, associations, sites et blogs d’information qui en ont soutenu l’initiative s’accordent, au-delà de leurs divergences de positionnements, sur un manifeste commun :

• Nous nous élevons contre le prosélytisme agressif de l’islam, contre les occupations de l’espace public par la prière musulmane, contre le financement de ses lieux de culte sur fonds publics, contre la banalisation de la nourriture halal, contre le sort fait aux femmes dans l’islam, à l’opposé de notre principe d’égalité des sexes, et, plus généralement, contre toute avancée de l’islam sur le sol de l’Europe ;

• Nous réaffirmons face à l’islamisation de l’Europe notre indéfectible attachement à notre civilisation plurimillénaire, à ses valeurs et à ses traditions ;

• Nous invitons tous les peuples d’Europe et du monde à préserver l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants en se levant contre toutes les tentatives de remplacer les lois de leurs pays, fruit de leur histoire et garantes de leur équilibre social, par des règles venues d’ailleurs qui leur sont incompatibles ;

• Nous les invitons à défendre le droit des citoyens européens à la libre expression, au libre débat et au libre vote sur le sujet ;

• Nous les invitons à poursuivre leurs actions politiques ou éditoriales pour s’opposer aux exigences exponentielles de l’islam comme ils s’opposeraient à toute forme de totalitarisme ;

• Nous les invitons à refuser tout sectarisme ou toute revendication jalouse dans le combat contre l’islamisation, considérant que la désunion serait criminelle au peuple et à la patrie.

Nous invitons chacun à adhérer à une association ou à un parti qui mène ce combat, en fonction de sa propre sensibilité et à tisser des liens entre individus, groupes et pays pour que naissent des réseaux très forts. C’est seulement ainsi qu’ils seront capables de résister au totalitarisme islamique, sexiste et homophobe, qui cherche, par la démographie et l’intimidation, à faire disparaître une civilisation humaniste. Nous refusons l’obscurantisme, la superstition et la soumission aveugle de l’homme à des préceptes indignes et mortifères.

En ce jour, nous avons fondé une libre association d’organisations indépendantes. Nous formons une équipe. Nous avons un combat. Nous lançons ce jour un mouvement de résistance européen fondé sur la défense de notre civilisation face à un nouveau totalitarisme.

Toutes les interventions, écrites ou vidéo, des Assises internationales sur l’islamisation de nos pays (Pierre Cassen, Riposte Laïque) : http://www.ripostelaique.com/Les-24-intervenants-en-video.html

Pascal Hilout : l’islam n’a pas sa place en France : http://www.ripostelaique.com/Pascal-Hilout-l-islam-n-a-pas-sa.html

Jacques Philarchein : En soutenant l’islamisation de nos pays, la gauche trahit ses valeurs : http://www.ripostelaique.com/Jacques-Philarchein-En-soutenant-l.html

Halim Akli : Le couple identité-laïcité, un double rempart contre l’avancée islamiste : http://www.ripostelaique.com/Halim-Akli-le-couple-identite.html

Marie-José Letailleur : Comment s’organiser quand les salafistes veulent implanter une mosquée clandestine ? http://www.ripostelaique.com/Marie-Jose-Letailleur-Comment-s.html

Jean-Paul Gourevitch : Progression de l’immigration, et progression de l’islam : http://www.ripostelaique.com/Jean-Paul-Gourevitch-progression.html

Carl Pincemin : Syndicaliste, je constate la pression religieuse que subissent les entreprises : http://www.ripostelaique.com/Carl-Pincemin-Syndicaliste-je.html

Aldo Mungo Bruxelles : 40 % de la population, dont 2 enfants sur 3 de moins de 15 ans, sont musulmans : http://www.ripostelaique.com/Aldo-Mungo-Bruxelles-40-de-la.html

Tom Trento : Les Etats-Unis ont un sérieux problème avec les musulmans anti-occidentaux qui appliquent la charia : http://www.ripostelaique.com/Tom-Trento-Les-Etats-Unis-ont-un.html

Timo Vermeulen : Aux Pays-Bas, c’est de plus en plus dur pour les Juifs et les homosexuels : http://www.ripostelaique.com/Timo-Vermeulen-Aux-Pays-Bas-c-est.html

Message de Bat Ye’Or : Chers amis de la liberté, qui honnissez le racisme, je vous salue : http://www.ripostelaique.com/Message-de-Bat-Ye-Or-Chers-amis-de.html

Anders Gravers : Au Danemark, nous ne serons jamais des dhimmis ! : http://www.ripostelaique.com/Anders-Gravers-Au-Danemark-nous-ne.html

Message de Mauro Borghezio : En Italie, nous ne sommes pas décidés à nous laisser imposer la charia : http://www.ripostelaique.com/Message-de-Mauro-Borghezio-En.html

Michèle Vianès : Féminisme, laïcité, même combat contre les intégrismes : http://www.ripostelaique.com/Michele-Vianes-Feminisme-laicite.html

Arezki Bakir : Les kabyles de France ne réclament pas de mosquées, ils veulent la laïcité : http://www.ripostelaique.com/Arezki-Bakir-Les-Kabyles-de-France.html

Elena Tchoudinova : De la mosquée Notre Dame de Paris au processus de l’islamisation de la Russie : http://www.ripostelaique.com/Elena-Tchoudinova-De-La-Mosquee.html

René Marchand : Voilà comment l’islam nous mène la guerre, en France : http://www.ripostelaique.com/Rene-Marchand-voila-comment-l.html

Elisabeth Wolff : En Autriche, j’ai parlé de la réalité de l’islam, et je me retrouve devant les tribunaux : http://www.ripostelaique.com/Elisabeth-Wolff-En-Autriche-j-ai.html

René Stadtkewitz : En Allemagne, notre nom est un programme, longue vie à notre liberté : http://www.ripostelaique.com/Rene-Stadtkewitz-En-Allemagne.html

Oskar Freysinger : Le modèle suisse, une alternative à l’islamisation démographique de l’Europe : http://www.ripostelaique.com/Oskar-Freysinger-le-modele-suisse.html

Arnaud Gouillon : J’ai appris à connaître la réalité de l’islam au Kosovo : http://www.ripostelaique.com/Arnaud-Gouillon-J-ai-appris-a.html

Anne-Marie Delcambre : Il n’y a pas de différence entre islam et islamisme : http://www.ripostelaique.com/Anne-Marie-Delcambre-Ce-qu-il-faut.html

Anne Zelensky : Le féminisme contre la charia : http://www.ripostelaique.com/Anne-Zelensky-Le-feminisme-contre.html

Renaud Camus : La nocence, instrument du grand remplacement : http://www.ripostelaique.com/Renaud-Camus-La-Nocence-instrument.html

Fabrice Robert : Pour s’opposer à l’islamisation, il faut réactiver nos anti-corps identitaires : http://www.ripostelaique.com/Fabrice-Robert-Pour-s-opposer-a-l.html

Christine Tasin : La résistance républicaine pour répondre à l’islamisation de notre pays : http://www.ripostelaique.com/Christine-Tasin-la-resistance.html

Conclusion de Pierre Cassen : le succès de nos assises donne des responsabilités à tous pour 2011 : http://www.ripostelaique.com/Conclusion-de-Pierre-Cassen-Le.html

Le manifeste de Paris, lu par Christine Tasin : http://www.ripostelaique.com/Le-Manifeste-de-Paris-du-18.html

L’intervenant principal était le parlementaire suisse (canton du Valais) Oskar Freysinger, ovationné par le millier de participants à ces assises. Membre de l’Union Démocratique du Centre (UDC), il est le porte-parole de l’Initiative populaire contre la construction de minarets en Suisse, qui a été adoptée par votation le 29 novembre 2010 (57,5%). Voir son intervention, très appréciée par la salle : Assises de l'islamisation : Oskar Freysinger (Dailymotion).

 

Beaucoup d’observateurs ont présenté ces assises en affublant les organisateurs du qualificatif d’extrême droite, en raison de la présence de membres du Bloc Identitaire, qui se situe sur des positions proches de la Ligue lombarde en Italie (voir Le Bloc identitaire, nouveau venu dans la famille de l'extrême droite (Jean-Yves Camus, Rue89, 19 octobre 2009).

Le point de vue de Pascal Hilout a été publié le 12 juillet 2010. Voir Riposte Laïque et les Identitaires.

(…) A Riposte Laïque nous sommes en guerre contre l’islam et contre l’islamisation très avancée, non seulement des esprits, mais aussi des espaces et de bien des territoires ; en France comme en Europe. Cette guerre va au delà de celle déclarée à l’islamisme que tout le monde combat. Nous menons un combat d’idées, un combat pour défendre la laïcité, mais aussi un combat féministe et un combat pour préserver les valeurs de la République : la Liberté, l’Egalité et la Fraternité.

Si depuis trois ans, je suis entièrement engagé dans une riposte laïque, féministe, républicaine et humaniste, je suis aussi prêt à dire non à tout rapprochement avec un quelconque combat ethnique et étroitement identitaire. Mon identité s’enracine ici et maintenant, dans des valeurs et des principes universels qui sont le fondement d’une République où les ethnies et les communautés doivent s’effacer pour laisser place à un pacte où ma couleur de peau et mon origine ethnique ou culturelle n’ont plus aucune espèce d’importance (…).

La récente votation suisse concernant l’expulsion des étrangers délinquants a été commentée par Ignacio Ramonet, président de l’association Mémoire des Luttes, dans un article publié le 28 novembre 2010. Voir Montée des xénophobies en Europe.

Cet article est le 20ème paru sur ce blog dans la catégorie Laïcité et communautarismes.

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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 23:53

Les USA jouent-ils la carte de la poussée de l’islam en France ?

 

La stratégie américaine dans les banlieues françaises avait été dévoilée (voir Les Américains tentent de recruter les leaders musulmans en France (Luc Bronner, pour Le Monde.fr, le 4 juillet 2010). Avec WikiLeaks, tout devient plus clair.  

Le site Politique-actu.com (9 décembre) commence par rappeler l’article précédent, concernant les USA, puis il dévoile le document révélé par WikiLeaks.

AVERTISSEMENT : Dans un article diffusé sur notre site, nous vous informions du rôle néfaste de l’ambassade américaine dans les banlieues françaises : « La CIA recrute dans les Banlieues françaises les futurs ennemis de la République ! »  

 

La CIA recrute dans les banlieues françaises : la SUITE grâce à WIKILEAK !

Charles Hammerman Rivkin, ambassadeur des États-Unis d’Amérique en France nommé par le président Barack Obama le 1er juin 2009, exprime sa stratégie dans un document confidentiel.

 

La stratégie de l’islam politique est connue, sans qu’il y ait besoin des services de WikiLeaks (voir Islam et République : l'évolution de l'islam politique face à la laïcité - 11 octobre 2010).

Les déclarations de Marine Le Pen, à Lyon, qui sentaient la volonté de marquer des points dans la compétition interne au Front national, ont provoqué le rejet unanime, toutes tendances politiques confondues (presse, principaux partis), parce que la relation était faite entre la situation de certaines rues occupées par des musulmans et d’autres occupations en temps de guerre. L’outrance est évidente, mais, curieusement, personne n’a noté le caractère inadmissible de l’occupation des voies publiques par des pratiques religieuses.

Pourtant, de nombreuses associations se mobilisent, comme le fait Riposte Laïque : Bien sûr que les prières dans la rue, les voiles, le halal et les mosquées sont des symboles d’occupation et de conquête ! (Numéro spécial occupation, 12 décembre).

Il sera intéressant de voir le résultat des assises internationales du 18 décembre à Paris, où de nombreuses personnalités interviendront, notamment Oskar Freysinger, animateur de la votation suisse contre les minarets. Voir http://www.ripostelaique.com/Le-programme-des-assises.html

 

Cet article est le 19ème paru sur ce blog dans la catégorie Laïcité et communautarismes

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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 22:38

Il y a un problème islam dans la société française

 

La décision du Conseil constitutionnel était attendue, après l’avis du Conseil d’Etat (voir Islam et République : l'islam doit s'adapter aux règles républicaines - 10 octobre 2010). Les tensions se multiplient entre les promoteurs d’un islam intégriste et expansionniste d’une part, et les républicains qui constatent le grignotage de principes qui ont fondé la laïcité à la française d’autre part.

 

Le dossier publié par l’Express le 6 octobre ne concerne pas que la France.

Voir Les pays où le débat sur l'islam s'envenime.

Des Etats-Unis à l'Europe, partout le débat s'envenime autour de la religion musulmane et des menaces que fait peser l'islamisme sur les sociétés occidentales. Un terrain fertile pour les amalgames, les manipulations, l'exploitation des peurs. L'Express décrypte ce dossier.

Deux témoignages :

Ayaan Hirsi Ali :"L'islam est avant tout une identité ethnique". Somalienne et musulmane, Ayaan Hirsi Ali s'est réfugiée aux Pays-Bas, en 1992, pour échapper à un mariage forcé. Devenue athée et... députée, elle s'est rendue célèbre par ses propos virulents sur "l'obscurantisme de l'islam". Menacée de mort, elle vit depuis 2006 aux Etats-Unis, sous protection constante.  

Abdennour Bidar : "Beaucoup de musulmans étouffent". Abdennour Bidar publie L'Islam face à la mort de Dieu (François Bourin Editeur), un essai magistral consacré au penseur Mohammed Iqbal. Il affirme, comme son mentor il y a un siècle, l'urgence de moderniser sa religion.  

Des faits précis montrent qu’il y a d’étranges comportements chez certains islamistes. Voir A Limoges, l'Islam dur descend dans la rue et c'est pas triste (Marianne2, Bénédicte Charles, 27 septembre 2010). Le 17 septembre dernier, les commerçants de Limoges, médusés, assistaient à un spectacle étonnant : une bande d'islamistes excités organisaient une manifestation sur la place du marché. Qui sont-ils? Enquête.

 

Ce sont ces dérives qui ont amené Riposte Laïque à s’engager à fond dans la mise en cause de l’islam, dans la mesure où il y a confusion entre religion musulmane et politique islamiste (voir Qui sommes-nous ? - Riposte Laique).  

J’ai salué le lancement par Christine Tasin de l’association Résistance républicaine (voir Christine Tasin et Riposte Laïque fondent Résistance Républicaine- 13 juin 2010). Ce 11 octobre, Christine lance l’Opération Résistance républicaine "non au halal" avec sa fougue habituelle. Elle veut provoquer des réactions et ce n’est pas sans effets.

 

Mais Pierre Cassen et Christine Tasin - Riposte Laique ont pris des risques en s’alliant à des groupes classés très à droite sur l’échiquier politique.

Voir Apéro géant: selon Pierre Cassen, seule l'extrême droite défend aujourd'hui la laïcité. Malheureusement. (Marianne, Bénédicte Charles, 17 juin 2010).

Pourquoi et comment des militants de la laïcité, à l'image de l'équipe de Riposte Laïque, en sont arrivés à s'allier avec un mouvement d'extrême droite comme le Bloc identitaire pour organiser un très provocateur apéro saucisson-pinard à la Goutte d'or ? Réponses de Pierre Cassen, rédacteur en chef de Riposte Laïque.

 

Riposte Laique et Le blog de Christine Tasin fourmillent de faits qui mettent en évidence des pratiques contraires aux principes de la République laïque. Les responsables politiques sont l’objet de toutes les attentions, sans aucun ménagement. Même Nicolas Dupont-Aignan et Jean-Pierre Chevènement ne sont pas épargnés.

 

Les déclarations du sénateur, président d’honneur du MRC, concernant l’islam, ont fortement déplu à Christine Tasin - elle ne se situe pas sur le même plan (elle ne prétend pas gouverner la France). Voir Jean-Pierre Chevènement sur l'Islam et l'identité nationale - vidéo, 15 décembre 2009).

 

Lors de son déplacement en Algérie et des deux conférences à Oran et à Alger sur le thème "République, laïcité et religion", l’ancien ministre a insisté sur la reconnaissance de la place de l’islam en France et sur le fait que la laïcité n’est pas incompatible avec l’islam. Voir Ayoub El Mehdi pour horizons-dz.com (20 septembre).

Jean-Pierre Chevènement cite très souvent Jacques Berque, islamologue (1910-1995) parmi les plus réputés, ethnographe, sociologue, linguiste et historien.

Cet article est le 18ème paru sur ce blog dans la catégorie Laïcité et communautarismes.

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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 23:52

Le Conseil constitutionnel a rappelé ces règles

 

Après la loi votée le 13 juillet par les députés (voir Les députés ont voté l'interdiction du voile intégral (Rue89, 13 juillet 2010), le Parlement a adopté le 14 septembre 2010 le projet de loi interdisant le port du voile intégral (« la dissimulation du visage ») dans l’espace public.

Les présidents des deux assemblées (Assemblée nationale et Sénat) ayant saisi le Conseil constitutionnel, celui-ci a rendu son avis le 7 octobre, validant la loi, car conforme à la Constitution, ce qui ouvre la voie à sa promulgation. L’interdiction du port du voile intégral n’entrera en vigueur qu’après six mois de médiation et de pédagogie, au printemps 2011.

Sur ce sujet, voir Communautarisme et port du voile intégral ne sont pas les bienvenus - 10 juillet 2009.

 

Concernant la décision du Conseil constitutionnel, une tribune a été publiée ce 10 octobre sur le site Marianne2 : Burqa: la République laïque confirmée par le Conseil constitutionnel. Elle est signée Jean-Louis Denier, journaliste indépendant.

A l’inverse de la position du Conseil d'Etat, le Conseil Constitutionnel, en validant l’interdiction du port du voile intégral dans l’espace public, réaffirme solennellement le caractère laïc et indivisible de la République Française (…).

FAVORISER L’EMERGENCE D’UN « ISLAM FRANÇAIS ET SECULARISE »

Au-delà de l’interdiction d’un symbole politique de radicalité antirépublicaine, il faut considérer l’option retenue par le Conseil Constitutionnel comme un message.
 
En l’occurrence ... la France n’a pas à s’adapter à l’Islam, il revient à l’Islam à s’adapter à la France, à ses lois, culture et coutumes.
 
L’Islam en France - comme avant lui le Catholicisme en tant qu’ancienne religion d’un Etat monarchique (passé) - doit donc trouver la voie de la sérénité, de la sécularisation et de la modernité à l’instar d’un Muhammad Iqbâl, philosophe et poète d’origine pakistanaise, qui dans un de ses ouvrages « 
Reconstruire la pensée religieuse de l’Islam » considérait que « La prétention de la génération actuelle des libéraux musulmans à réinterpréter les principes juridiques fondamentaux [de l’Islam] à la lumière de leur propre expérience et des conditions de la vie moderne est parfaitement justifiée. ».
 
Cette marche de l’Islam en France vers la modernité et la francisation, la République doit l’accompagner. Ceci ne peut se faire qu’en luttant contre les cercles intégristes (le plus souvent étrangers) issus de la Salafiya et du Wahhabisme afin de faire émerger un clergé musulman de France et intégrant dans ses vision et prêches un modèle d’Islam européanisé et non politique.

REFUSER TOUTE INGERENCE JURIDIQUE ETRANGERE ET COMMUNAUTARISTE

Ce refus de toute ingérence étrangère doit se manifester également dans la défense de notre modèle juridique de République laïque.  
La loi interdisant le port de la burqa dans l’espace public doit échapper à toute contradiction résultant du recours à une juridiction non française jugeant de la situation avec un corpus juridique et une conception, et du droit, et de la liberté vestimentaire « communautarisante » sans égard pour nos principes de laïcité et d’indivisibilité.  
Si cela advenait, il appartiendrait à l’un ou l’autre gouvernement de refuser ce résultat, fut-ce par voie de dénonciation de tel ou tel traité international liant la France. 

FAIRE APPLIQUER LA LOI SANS FAIBLESSE

Le droit étant dit, il revient maintenant au gouvernement actuel de faire appliquer la loi sans faiblesse ni recul. Car le texte sans volonté ne suffit pas. Les intégristes islamistes ont un projet pour la France : en faire une terre d’Islam soumise exclusivement à la loi coranique, laquelle, ne l’oublions pas, prévoit que les non-musulmans sont combattus et soumis à impôt pour avoir le droit de vivre. 
Il convient de contrecarrer ce projet - qui passe notamment par l’instrumentalisation du port de la burqa dans l’espace public - par une vigilance de tous les instants.

 

Cet article est le 17ème paru sur ce blog dans la catégorie Laïcité et communautarismes.

 

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10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 22:42

La République doit s’affirmer face aux intégrismes


Le temps du laisser-faire est révolu. De nombreuses associations se mobilisent face à la progression des communautarismes, ainsi que des pratiques sectaires et fondamentalistes, en France.


L’initiative des députés républicains - voir sur ce blog André Gerin (PCF) veut clarifier la question du port du voile intégral - 19 juin 2009 – fait suite à la pétition initiée par Riposte Laique concernant le port du voile intégral. Ce journal en ligne, dans son édition datée du 6 juillet, posait ainsi, très clairement, le problème.

(…) Nous savons que la gauche actuelle, dont nombre d’entre nous sont issus, a perdu tout repère républicain, et contribue, par dogmatisme et démagogie, à aggraver une situation déjà dramatique. Nous savons que l’irresponsabilité de cette gauche est une aubaine pour une droite qui, sous la direction de Nicolas Sarkozy, joue la carte de l’islam et du communautarisme pour en finir avec la République laïque et sociale.

Inutile de tourner autour du pot : c’est de la survie de la France, de la Nation, des acquis de l’histoire de notre République et avant tout de l’égalité des sexes et de la laïcité dont il est question, rien de moins !

L’islam et le libéralisme jouent de concert, pour en finir avec notre pays, et ses valeurs égalitaires, issues de la Révolution française.

Notre journal, avec ses faibles moyens, mais fort de la détermination de sa rédaction, de ses correspondants et des ses lecteurs, entend tout mettre en œuvre, lors de sa troisième année, pour impulser le réveil des consciences qui, seul, peut encore empêcher la catastrophe de se produire : une France communautarisée, où les enclaves musulmanes, de plus en plus imposantes, comme à Rotterdam, à Bruxelles, à Roubaix, et dans les périphéries des grandes villes, font la loi, et imposent la charia contre la République, la burqa et le voile contre la liberté des corps et des esprits.

Il faut que rapidement la Résistance républicaine et laïque, que nous appelons de nos vœux, soit plus forte que le fascisme politico-religieux, sinon, notre modèle, issu des Lumières, n’existera plus, et les régressifs nous renverront, nous et surtout nos descendants, au Moyen-Age (…).


Le volontarisme de Riposte laïque
ne laisse pas les parlementaires indifférents. Sur le site du quotidien Le Monde (2 juillet), Stéphanie Le Bars observait que, Du voile à l'école au port de la burqa, le débat a changé.


Hier, 9 juillet, elle présentait les premières réflexions de la mission Gerin La mission sur la burqa penche pour un état des lieux plutôt qu'une loi.

                Voir l’Intervention d’André Gérin, présentant la mission parlementaire sur le voile intégral


Auparavant, l’une des personnes auditionnées, Abdennour Bidar, s’était exprimée le 29 juin sur le même site : Aucune justification religieuse à la burqa, par Abdennour Bidar.

 


Sur le thème du communautarisme, je renvoie au livre* de Julien Landfried, qui avait été présenté le 24 novembre 2007, par Mireille Popelin dans le journal en ligne : Contre le communautarisme, de Julien Landfried - Riposte Laique.

* "Contre le communautarisme" Editions Armand Colin - de Julien Landfried : cofondateur de l’Observatoire du communautarisme (www.communautarisme.net).

Voir aussi une vidéo Julien Landfried - Actualité.

 

Cet article est le 16ème paru sur ce blog dans la catégorie Laïcité et communautarismes.

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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 18:46

Faciliter le vivre ensemble et l’égalité homme-femme

 

André Gerin a présidé le 16 juin 2009 son tout dernier Conseil municipal en tant que premier magistrat de la Ville de Vénissieux (Lire la suite ...). Mais c’est le député (PCF) André Gerin qui est à la une de l’actualité.

 

La proposition de résolution qu’il a signée (avec d’autres députés de divers horizons) vise à créer « une commission d’enquête parlementaire de trente membres afin de dresser un état des lieux de la pratique du port de la burqa ou du niqab par certaines femmes musulmanes, de mieux comprendre le phénomène et de définir des propositions afin de lutter contre ces méthodes qui constituent une atteinte aux libertés individuelles sur le territoire national ».

 

On peut se demander si cette initiative n’est pas en relation directe avec les déclarations de Barack Obama au Caire, suivies par celles de Nicolas Sarkozy à Caen (voir sur ce blog Le président Obama cherche à changer la donne au Proche Orient - 6 juin 2009).

 

Le président des USA s’est exprimé en faveur de la liberté des femmes : "Il importe que les pays occidentaux évitent d'empêcher les musulmans de pratiquer leur religion comme ils le souhaitent, par exemple en dictant ce qu'une musulmane devrait porter".

 

Et le président français a déclaré partager cet avis, omettant de « rappeler que les jeunes filles n'ont pas le droit de porter le foulard dans les écoles publiques » en France.

 

André Gerin est bien placé pour observer la tendance, dans certains milieux islamistes intégristes (ce sont souvent des femmes nouvellement converties), à marquer leur différence en portant des habits leur dissimulant (quasi) entièrement le visage.

 

Au nom de la liberté, on peut tout accepter. Mais, au nom de la conception qu’on se fait de la vie en société et des rapports égalitaires entre les hommes et les femmes, on peut aussi examiner cette question en vue de prendre une décision d’ordre réglementaire. La démarche parlementaire semble bien adaptée.

 

Voici des articles de presse qui évoquent cette question :

 

Burqa : vers un "islam apaisé et des lumières"  (Nouvel Observateur, 18 juin),

 

Burqa : le gouvernement n’écarte pas une loi (Libération, 19 juin),

 

Burqa : un vieux débat relancé, mais Sarkozy a changé de camp (Rue89, 18 juin),

 

En fait, l’initiative du député du Rhône et de sa soixantaine de collègues, en majorité UMP, n’est pas bien perçue à gauche, celle-ci étant très divisée à propos de la laïcité. Voici ce qu’en dit le journal en ligne Riposte Laique qui a édité le livre « Les dessous du voile » :

 

« Nous ne considérons pas que le combat laïque et républicain appartienne à la seule gauche. Nous connaissons de vrais laïques, qui ne votent pas à gauche, et qui pourtant défendent bec et ongles la séparation du religieux et du politique, et l’esprit de la loi de 1905, avec bien plus de pugnacité que nombre d’élus socialistes, communistes ou écologistes ».

 

La crainte de ce journal, concernant la proposition de André Gerin, est la récupération qu’en fera le président de la République (voir Le probable marchandage islamo-Sarko : interdire la burqa, mais financer les mosquées).


Cet article est le 15ème paru sur ce blog dans la catégorie
Laïcité et communautarismes.

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