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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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Articles RÉCents

5 décembre 2017 2 05 /12 /décembre /2017 09:13

 

La feuille de route du président de la République, par Lucien Bourgeois


Le 11 octobre 2017, le président de la République s’est exprimé longuement à Rungis sur ce qu’il retenait des Etats Généraux de l’Alimentation.

Voir Discours du Président de la République aux États Généraux de l’Alimentation

Voir aussi États Généraux de l'Alimentation

Etats généraux de l'alimentation : le donnant-donnant de Macron aux agriculteurs

 
Dans l’édito du bulletin de AGIRAGRI (A VRAI LIRE, n° 10, novembre-décembre 2017), Lucien Bourgeois (membre de l’Académie d’Agriculture) commente ce discours de Rungis.

Etats généraux de l’alimentation : la feuille de route du Président

"Je n'ai jamais entendu un agriculteur... demander des aides". C’est là une des phrases prononcées le 11 octobre par Emmanuel Macron à mi-parcours des Etats généraux de l’alimentation (EGA). Dans ce long discours fleuve sur un sujet agricole inhabituel pour un Président de la République, on note une tonalité différente des propos sur la politique agricole. Après des décennies de baisse des prix pour cause de mondialisation mal maîtrisée et de crises du revenu agricole, le chef de l’Etat remet l’accent sur une politique de "prix en fonction des coûts de production". Il semble même accepter l’idée - ô combien iconoclaste auparavant - d’interprofessions autorisées à limiter les volumes pour permettre une «montée en gamme» et donc de meilleurs prix.

Il est vrai que le contexte économique change rapidement. Les revenus agricoles plongent à cause

d’une volatilité excessive des prix . Les modèles de production peu durables sont critiqués. La demande exponentielle de produits Bio peine à être satisfaite par l’offre nationale. Les industries de transformation y compris coopératives adoptent une stratégie d’approvisionnement et de

développement à l’échelle mondiale. Le modèle des hypermarchés en dehors des villes est concurrencé par les petits magasins de centres-villes et les magasins collectifs de producteurs d’une part, et par Amazon d’autre part.

 

Les EGA ont pour objectif de faire émerger une stratégie à moyen terme pour ne plus se contenter d’une gestion de crises à court terme. Pour ce faire, le Président propose de favoriser l’organisation économique des producteurs. On a tellement entendu ce refrain dans le passé avec si peu de résultats concrets ! Mais c’est la première fois que l’on parle d’une notion jusqu’à maintenant taboue qui relève de la répartition des rôles entre le Ministre de l’agriculture et le Ministre de l’économie.

 

Depuis que le contrôle des prix a été supprimé, le Ministère de l’économie a laissé faire une concentration plus importante qu’à l’étranger des centrales d’achat.

Emmanuel Macron reconnaît dans son discours qu’il y avait deux poids, deux mesures en matière de droit de la concurrence et que le procès intenté aux producteurs d’endives semble incongru. Grâce à la pression de la Grande Distribution, la baisse systématique des prix des produits alimentaires a

limité l’inflation mais elle a aussi été néfaste pour les stratégies industrielles. Le rôle du Ministre de l’agriculture était de panser les plaies ouvertes par cette politique. Les accords de l’OMC et la réforme de la Pac de 1992 ont accentué cette dérive avec les conséquences que l’on sait sur le

revenu des agriculteurs.

 

Après le Brexit, le budget agricole de l’UE risque de baisser. Sous les assauts de la concurrence de l’Ukraine, sera-t-il encore possible d’exporter du blé ? Comment endiguer le déficit croissant de nos échanges de fruits et légumes ou des produits de la pêche ? Autant de questions pour la deuxième phase des EGA.

 

Ensuite, il faudra passer aux actes car "Nos vœux sur des discours ont peine à s’assurer", disait

Molière. On risque de s’apercevoir alors que les agriculteurs ont plus de facilité à changer de stratégie que le Ministère de l’économie ou la Commission européenne.


 

A noter que l’association MARS | Mouvement Agricole Rural Solidaire organise une réunion sur le thème des Etats généraux de l’Alimentation le 5 décembre à Paris, plus précisément sous ce titre : Pour une politique des prix et de partage des marges équitables dans les filières alimentaires Quels outils existants ou à construire ?

Ce sera un échange avec Philippe BOYER, secrétaire général de l’observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires.

Rappel (24 octobre 2017) : Association MARS : où va la Politique Agricole Commune (PAC) ?

Cet article est paru le 4 décembre 2017 sur le blog CiViQ. Voir Etats Généraux de l'Alimentation : le discours de Macron (L. Bourgeois)


Cet article est le 3027ème sur le blog MRC 53 - le 432ème en catégorie AGRICULTURE et PAC

 

Lucien Bourgeois, le 7 novembre 2011, lors du colloque de la Fondation Res Publica sur le thème de l'agriculture

Lucien Bourgeois, le 7 novembre 2011, lors du colloque de la Fondation Res Publica sur le thème de l'agriculture

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1 décembre 2017 5 01 /12 /décembre /2017 16:17

 

Contribuer au rapprochement des républicains de gauche

 

Ce blog existe depuis 2006. Plus de 3 000 articles ont été publiés. Il a continué d’exister après une suspension en 2014, le temps du lancement du blog de Réseau CiViQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne)plus de 400 articles publiés.

 

Le rythme de parution des articles est variable. Après les Titres des articles parus en septembre et octobre 2017, voici les titres des articles publiés en novembre 2017.

 

 

Titres des nouveaux articles publiés en novembre 2017 sur le blog du MRC 53

 

Michel Sorin (MRC 53) s'active pour rassembler les républicains de gauche (30 novembre)

Didier Motchane a contribué au rapprochement des chevènementistes (28 novembre)

MRC 53 ; contribuer à réunir la gauche républicaine, laïque et sociale (24 novembre)


 

Cet article est le 3026ème sur le blog MRC 53 - le 75ème, catégorie Titres des articles du mois précédent

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30 novembre 2017 4 30 /11 /novembre /2017 20:42

 

Rapprocher les militants de la gauche républicaine et sociale

 

L’ancien maire (1990-2001) de Saint-Berthevin n’a plus de mandat électif depuis 2004 (il était conseiller régional des Pays de la Loire de 1998 à 2004). Le même, ancien responsable départemental du Parti socialiste, a quitté son poste et ce parti en décembre 2001.

C’est en tant que blogueur (http://mrc53.over-blog.com et http://civiq.over-blog.com) et en tant qu’adhérent - et responsable départemental et régional du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) fondé par Jean-Pierre Chevènement en 2003 - que le retraité Michel Sorin a été présent en politique ces dernières années. Voir MRC 53

 

Dans un texte du 15 octobre 2017 - adopté sur sa proposition le lendemain par le secrétariat national du MRC, dont il est membre - il affirmait que « cette année 2017 a été celle de la clarification politique après plus de 30 ans de confusion programmatique entre droite et gauche au gouvernement, liées par leur engagement européen ».

 

« Ainsi, cette année 2017 restera dans l’Histoire comme la fin d’un partage du pouvoir entre deux grands partis politiques libéraux et européens, ne s’opposant que sur des questions subalternes dans l’attente de la prochaine échéance électorale ».

 

Ce qui a caractérisé leur action, c’est le non-dit sur l’essentiel : l’influence croissante des institutions européennes, limitant leur pouvoir réel. Cela, les citoyens l’ont ressenti de plus en plus, depuis 25 ans : du référendum de ratification du traité de Maastricht, en 1992, qui créait la monnaie unique (l’euro) - et entérinait l’acte unique (marché libre) voté par le Parlement français en 1987 - aux traités de mise sous tutelle budgétaire de la représentation nationale en 2012, en passant par le traité de Lisbonne, en 2007, ratifié par le Parlement en 2008, qui reprenait l’essentiel de ce que le peuple français avait refusé de ratifier par référendum le 29 mai 2005.

 

Le PS de 1971 est quasiment mort de ce refus réitéré de dire la vérité aux citoyens. Ceux-ci ne sont pas dupes. Ils voient bien l’échec de la construction européenne telle qu’elle s’est effectuée depuis les années 1984-1985, quand ont été lancés les projets de marché et de monnaie uniques.

 

C’est une construction qui a été faite pour les entreprises multinationales, pas pour les citoyens. Elle a favorisé le libre-échange commercial au niveau mondial et la concurrence entre pays membres et entre groupes sociaux, dans le but d’augmenter les profits d’une minorité de capitalistes, au détriment du niveau de vie des classes populaires et du monde du travail.

Une nouvelle donne avec Macron ?

 

Bénéficiant de circonstances favorables, un homme jeune et peu connu a surgi de l’entourage du pouvoir en place et du monde de la finance. Il a saisi l’opportunité de se positionner en dehors des clivages traditionnels afin de donner un espoir de changement (...).

Macron s’est lancé dans la campagne présidentielle avec l’idée qu’il pouvait réussir à sauver le navire européen, à condition de réaliser les réformes libérales exigées par l’Allemagne et les institutions européennes. Il compte aussi sur les plus fortunés pour investir leurs capitaux dans l’économie, en leur accordant des avantages fiscaux.

 

C’est donc la même politique, européiste et libérale, mais avec des moyens différents pour parvenir à la mettre en œuvre dans cette France qui, jusqu’à présent, a toujours voulu préserver son modèle social républicain. Ce que veut Macron est irréaliste car il part d’une erreur de diagnostic. Il ne s’agit pas de faire une République fédérale d’Europe, comme se sont faits les Etats-Unis d’Amérique.

Macron persiste dans l’erreur car il ne part pas des réalités européennes. Il part d’une idéologie qui a décrété la fin des nations européennes. Les peuples ne veulent pas l’effacement des nations. Ils souhaitent qu’elles coopèrent entre elles pour résoudre les problèmes de leur niveau de vie et de l’avenir de leurs enfants.

 

La question posée aux militants de la gauche républicaine que nous sommes – que ce soit au Mouvement Républicain et Citoyen ou dans d’autres formations politiques - est simple dans sa formulation. « Comment, sur quelles bases, fonder une stratégie de conquête du pouvoir à moyen terme (cinq ou dix ans) ? »

 

Dans une note du 24 novembre 2017, qu’il a présentée au secrétariat national du MRC quelques jours plus tard, Michel Sorin propose de prendre contact avec « les militants de la gauche républicaine et sociale en vue d’un rapprochement qui pourrait déboucher sur la création d’une nouvelle organisation de la gauche républicaine, laïque et sociale.

Nous souhaitons un avenir politique aux idées républicaines et sociales développées à l’initiative de Jean-Pierre Chevènement et de Didier Motchane depuis les années 1960 (à partir du CERES - Centre d’études, de recherche et d’éducation socialiste).

 

Face à la stratégie du pouvoir issu des élections 2017, qui conduit à la régression sociale, il est urgent d’articuler les luttes sociales avec des initiatives d’éducation populaire en vue de préparer les idées à un rassemblement politique de l’ensemble de la gauche ».

 

Le projet du MRC

L’élection du nouveau président de la République a relevé d’un besoin réel de renouveau de la vie politique. Mais cette attente ne pourra être satisfaite, le nouveau pouvoir ne faisant qu’approfondir les politiques néolibérales qui ont été lancées il y a plus de 30 ans.

Contrairement à ce qui est proclamé, nous n’allons pas assister à la fin du clivage gauche-droite. L’émergence d’un pôle libéral issu de la droite et de la gauche donne à celle-ci la possibilité de se refonder sur des bases nouvelles, républicaines et sociales.

 

Nous avons un défi à relever : inventer une alternative au modèle libéral, lequel mine le corps social et dévitalise la démocratie. Avec un double impératif : la stratégie de l’unité de la gauche et la redéfinition de ce qu’est le progrès social au XXIème siècle.

La crise politique est d’abord une crise de la pensée politique. Les libéraux ont imposé une hégémonie intellectuelle, culturelle et morale, qui soumet nos vies à la loi du marché. C’est par le débat - et la compréhension du monde tel qu’il est - qu’il sera possible de préparer un projet crédible pour la France et, par conséquent, de mettre l’Europe au service des peuples qui la composent.
 

Le Mouvement Républicain et Citoyen souhaite contribuer à l’émergence d’une force politique, républicaine, laïque et sociale, qui aura pour ambition de rassembler toute la gauche.

 

Cet article est le 3025ème sur le blog MRC 53 - le 86ème catégorie MRC 53 et Pays de la Loire

 

Michel Sorin, lors de la campagne des élections régionales 2015

Michel Sorin, lors de la campagne des élections régionales 2015

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28 novembre 2017 2 28 /11 /novembre /2017 18:40

 

Organiser la reconstruction de la gauche avec les citoyens

 

Avec le Centre d'études, de recherches et d'éducation socialiste (CERES) et le courant Socialisme et République au sein du PS jusqu’en 1993, de nombreux militants - dont je suis - se sont formés au contact de Didier Motchane et de Jean-Pierre Chevènement. Ensuite, il y a eu le Mouvement des citoyens (MDC) puis la campagne présidentielle en 2001-2002 dans le cadre du Pôle républicain. Et, enfin, le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) depuis son congrès fondateur en janvier 2003.

 

Parmi les anciens du CERES, peu nombreux sont ceux qui se retrouvent actuellement au MRC. Didier Motchane, grand militant du lien entre socialisme et République nous a quittés il y a un mois. Jean-Pierre Chevènement a pris du champ il y a deux ans à l’égard du parti qu’il a fondé.

 

Donner un avenir politique aux idées républicaines et sociales de Jean-Pierre Chevènement et de Didier Motchane de ces 50 dernières années, tel est notre objectif.

 

C’est le sens de l’appel que j’ai lancé le 15 octobre. Voir :

- Michel Sorin opte pour que les républicains de gauche se rapprochent (19 octobre 2017)

- Un texte de Michel Sorin a été retenu par le secrétariat national MRC (16 octobre 2017)

 

Voir aussi (24 novembre) : MRC 53 ; contribuer à réunir la gauche républicaine, laïque et sociale

 

Au moment où s’opère une recomposition politique de grande ampleur, le MRC se tourne vers les citoyens et militants de la gauche républicaine, laïque et sociale, et leur propose de se rapprocher afin d’organiser une réflexion commune lors du premier trimestre 2018.

 

Une réponse positive a été donnée par République et socialisme. A partir de là, une dynamique doit s’enclencher. C’est ce que souhaiterait Didier Motchane.

 

La gauche a un avenir politique en France. A condition d’en prendre les moyens, en se réformant complètement. Et en s’appuyant sur la citoyenneté.

C’est le moment !

 

Cet article est le 3024ème sur le blog MRC 53 - le 164ème catégorie Gauche France

Didier Motchane, le 19 septembre 2014 à Caen, la veille de l'université de rentrée du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC)

Didier Motchane, le 19 septembre 2014 à Caen, la veille de l'université de rentrée du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC)

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24 novembre 2017 5 24 /11 /novembre /2017 23:16

 

Faire vivre les idées de Chevènement et de Motchane

 

Le 2 novembre 2017, en mairie de Montreuil (93), Jean-Pierre Chevènement a rendu hommage à Didier Motchane. Voir sur le blog de Jean-Pierre Chevènement le texte de son intervention : Voici venu le moment de nous séparer...

 

Voici les orientations proposées par le MRC 53 pour donner une suite concrète à la proposition de Michel Sorin le 15 octobre :

Michel Sorin opte pour que les républicains de gauche se rapprochent (19 octobre 2017)

 

Projet Gauche républicaine - 24 novembre 2017

 

Aux niveaux départemental, régional et national : contact avec les militants de la gauche républicaine et sociale en vue d’un rapprochement qui pourrait déboucher sur la création d’une nouvelle organisation de la gauche républicaine, laïque et sociale (voir texte du 15 octobre 2017).

Nous souhaitons un avenir politique aux idées républicaines et sociales développées à l’initiative de Jean-Pierre Chevènement et de Didier Motchane depuis les années 1960 (à partir du CERES - Centre d’études, de recherche et d’éducation socialiste).

 

Un effort est à faire - notamment en valorisant les travaux historiques sur la Révolution française, les pensées de Marx, Jaurès, Gramsci, les luttes du mouvement ouvrier, les critiques du capitalisme - pour rassembler les idées-force de la gauche républicaine et sociale.

 

Les principes de la République (le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple) et de la souveraineté nationale (elle appartient au peuple, qui l’exerce par ses représentants ou par la voie du référendum) doivent être rappelés et appliqués, de même que la devise de la République et la loi de 1905 sur la laïcité. Aujourd’hui, le combat est à mener contre le multiculturalisme et le communautarisme, qui remettent en cause l’existence même de la République.

 

Face à la stratégie du pouvoir issu des élections 2017, qui conduit à la régression sociale, il est urgent d’articuler les luttes sociales avec des initiatives d’éducation populaire en vue de préparer les idées à un rassemblement politique de l’ensemble de la gauche.

Il faut approfondir la réflexion sur les questions liées à l’environnement et aux énergies, sur les questions du travail et de l’économie productive, notamment l’industrie et l’agriculture, sur l’avenir des institutions européennes, en introduisant la démocratie et la souveraineté des peuples. Cela pose la question de la validité de l’article 88-1 de la Constitution de la Vème République quand la volonté populaire n’a pas été respectée (traité de Lisbonne). Il faudra procéder par référendum afin de vérifier la validité des traités européens.

 

Cet article est le 3023ème sur le blog MRC 53 - le 163ème catégorie Gauche France

Didier Motchane, au côté de Jean-Yves Autexier, le 19 septembre 2014 à Caen, la veille de l'université de rentrée du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC)

Didier Motchane, au côté de Jean-Yves Autexier, le 19 septembre 2014 à Caen, la veille de l'université de rentrée du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC)

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1 novembre 2017 3 01 /11 /novembre /2017 13:50


 

En Marche à contre-sens, les républicains de gauche vont dans le bon sens

 

Ce blog existe depuis 2006. Plus de 3 000 articles ont été publiés. Il a continué d’exister après une suspension en 2014, le temps du lancement du blog de Réseau CiViQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne) - 400 articles publiés.

 

Le rythme de parution des articles est variable. Après les Titres des articles parus de mars à août 2017 - blog MRC 53, voici les titres des 11 articles publiés depuis le début septembre.

 

 

Articles publiés en septembre et octobre 2017 sur le blog du MRC 53

Didier Motchane, grand militant du lien entre socialisme et République (30 octobre)

Michel Sorin en marche avec les citoyens pour une nouvelle gauche (23 octobre)

Michel Sorin opte pour que les républicains de gauche se rapprochent (19 octobre)

Un texte de Michel Sorin a été retenu par le secrétariat national MRC (16 octobre)

Services publics : près de mille manifestants le 10 octobre à Laval (10 octobre)

En Mayenne, la fusion du pays de Loiron dans Laval Agglo en suspens (19 septembre)

France : élections sénatoriales sur la moitié des départements, dont 53 (18 septembre)

Début réussi de la mobilisation syndicale contre les ordonnances travail (13 septembre)

Le MRC s'oppose aux ordonnances Travail de la régression sociale (11 septembre)

Réduction des contrats aidés : les acteurs de la solidarité mécontents (08 septembre)

Réforme du code du travail : les ordonnances Macron vues par la CGT (06 septembre)


 

Cet article est le 3022ème sur le blog MRC 53 - le 74ème, catégorie Titres des articles du mois précédent

"Travailleurs de tous les pays, unissons-nous", après la manifestation contre la loi travail El Khomri le 14 juin 2016 à Paris

"Travailleurs de tous les pays, unissons-nous", après la manifestation contre la loi travail El Khomri le 14 juin 2016 à Paris

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30 octobre 2017 1 30 /10 /octobre /2017 21:46

 

Avec Chevènement, acteur influent du congrès refondateur du PS en 1971

 

Didier Motchane n’avait, certes, pas la notoriété de Jean-Pierre Chevènement avec qui il a mené ses combats politiques. Mais il avait de très grandes qualités humaines et intellectuelles, qu’il mettait à la disposition du collectif. Il est décédé le 29 octobre 2017, âgé de 86 ans.

 

C’est à Fabien Escalona, pour Mediapart, qu’il avait accordé récemment (25 mai 2017, après l’élection du nouveau président de la République) un entretien d’un grand intérêt politique. Voir Entretien avec Didier Motchane.

 

Il était intervenu en 2014 à Caen, au côté de Jean-Yves Autexier, à la veille de l’université de rentrée du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC). Voir Dîner-débat avec D Motchane et JY Autexier à Caen le 19 sept. 2014 - Michel Sorin

 

Gaël Brustier est, probablement, celui qui a eu le plus de contacts ces dernières années avec Didier Motchane car il a réalisé un important travail historique sur le CERES (Centre d’études, de recherches et d’éducation socialiste). Voir « CERES & Didier MOTCHANE ». Voici ce qu’il a écrit ce 30 octobre :

Didier Motchane s’est éteint ce dimanche. C’est un homme exceptionnel à tous égards qui s’en va. Une immense perte mais dont la pensée et l’action auront encore longtemps des répercussions heureuses pour qui s’emparera des idées d’émancipation pour les porter au pouvoir.

Didier a fondé avec plusieurs autres jeunes intellectuels et hauts-fonctionnaires le CERES, le Centre d’Etudes, de Recherches et d’Education Socialiste. C’était en 1964, les statuts furent officiellement déposés en janvier 1966. Parmi les fondateurs, on connait Jean-Pierre Chevènement mais on ne doit pas oublier Jacques-Arnaud Penant, Pierre Guidoni, Alain Gomez. Ils furent rejoints assez vite par Georges Sarre et ses postiers socialistes. Ce groupe ambitieux visait à susciter à l’intérieur même de la famille socialiste la détonation initiale d’une prise de conscience historique collective – mais aussi individuelle – qui dépassait mais comprenait la stratégie d’Union de la Gauche, le projet de transition au socialisme, l’adoption de l’autogestion comme objectif politique. Didier fit rajouter le É de CÉRES, tant il tenait à l’ambition d’autoformation du CERES contenue dès lors dans le mot « Etudes ». Commença une aventure intellectuelle et politique exceptionnelle. Didier a été à l’origine de différentes revues : Frontières, Repères, Non !, Enjeu pour la République et le Socialisme, République. Ces revues exprimaient une même ambition intellectuelle et politique.

Didier, dont la maman était pianiste et été la traductrice du Berlin AlexanderPlatz de Döblin, était virtuose des mots. Virtuose des mots et aussi des idées. Son phrasé et son écriture mêlaient en ce domaine une prudence et une forme de radicalité qui donnaient à sa pensée une forme aussi mélodieuse que soucieuse de vérité. Jeunes militants du MDC, comme auparavant jeunes militants de Socialisme et République ou du CERES nous attendions ses éditoriaux avec un mélange d’excitation et de gravité. C’était une symphonie mêlant concepts et analyses implacables. Ma première lecture de Didier fut celle d’un texte intitulé « radicalité et radicelles », à propose de la continuelle tentative de créer des pôles de radicalité à gauche.

Didier a inventé le Poing et la Rose, c’est un fait. « Hic Rhodus hic salta », « Hier ist die Rose hier tanze ». Le sursaut de la décision et la transition à un monde meilleur. Il ne faut pas résumer son parcours politique et intellectuel ou son apport militant à cela. Didier Motchane a été, avec Daniel Bensaïd, l’un des intellectuels de gauche majeurs, essentiels, du demi siècle passé. Dans son « Voyage imaginaire à travers les mots du siècles », Didier rappelait ses rencontres entre Bensaïd et lui, leurs tours d’horizon commun.

Les mots ne perdaient jamais leur sens avec Didier. Socialisme, laïcité, République, autogestion, je ne vous livrerai que plus tard un aperçu personnel et kaléidoscopique du sens qu’il donnait à ces mots.

Un petit exemple: « SOCIALISME : Du socialisme, prescience d’une société dont chaque civilisation s’efforce, chacune à sa manière de prendre conscience, on pourrait dire qu’il serait non pas l’addition mais la fusion, la synthèse de la démocratie idéale et de l’aristocratie idéale, agora complète et permanente qui constitue la collectivité des citoyens en un seul corps, faisant de la reconnaissance et d’un adoubement des meilleurs par le peuple le petit nombre de fondé de pouvoir chargés d’une mission renouvelable et renouvelée pour les affaires de la cité »…

Didier était un politique exceptionnel mais aussi un homme de lettres remarquable. Son don pour la poésie mérite d’être connu. Il m’a ébloui comme son sens de l’amitié et sa générosité, son empathie, m’ont immensément touché. Intellectuellement, c’est mon maître. Humainement, c’est un ami qui, dans de sombres moments, a été présent, attentif et bienveillant. Sa parole sobre et chaleureuse a énormément compté.

La première rencontre avec Didier c’était d’abord ce regard magnifique qui était la promesse ensuite chaque fois renouvelée et exaucée d’un échange toujours respectueux et exigeant. Récemment nous devisions avec Didier sur ce qui fait le sens d’une vision politique, cette part d’utopie qui, disait-il, permet au « surlendemain de l’emporter sur le lendemain ». Nous nous sommes réellement connus après sa décision de ne plus exercer de responsabilité politique directe. A notre première rencontre, si intimidé que je fus, c’est sa volonté d’inscrire les mots, les paroles, les actes dans le temps long, un temps dépassant nos vies mais leur offrant quelques exaltantes missions, qui m'a marqué. Nous devisions ainsi sur la force des idées.

Le CERES avait suscité, bien au-delà de ses rangs historiques, des boutures intellectuelles et politiques plus lointaines. Ainsi nous échangions sur les revues comme Le Vent se lève et d’autres entreprises heureuses qui s’inscrivaient dans une perspective d’émancipation.

Didier nous a quittés mais il sera toujours présent car son intelligence rayonnera encore longtemps. Il manque déjà à tous ses amis, terriblement, tant il a été d’une si grande humanité. Des larmes oui. Courage à Dominique sa femme.


 

Voir également :

- MRC (Jean-Luc Laurent, 29 octobre 2017) : Mort de Didier Motchane, une perte immense pour la gauche française

- Jean-Pierre Chevènement, 29 octobre 2017 : Didier Motchane, un homme magnifique

- Claude Nicolet, 30 octobre 2017 : Didier Motchane est mort

- Le Monde, 29 octobre 2017 : Didier Motchane, figure du Parti socialiste et inventeur du logo « Le poing et la rose », est mort

 

Cet article est le 3021ème sur le blog MRC 53 - le 162ème catégorie Gauche France

Didier Motchane, le 19 septembre 2014, à Caen, au côté de Jean-Yves Autexier (université de rentrée du MRC)

Didier Motchane, le 19 septembre 2014, à Caen, au côté de Jean-Yves Autexier (université de rentrée du MRC)

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23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 17:52

 

Construire ensemble une République française souveraine
 

Moi aussi, je marche, mais ce n’est pas avec Macron, et ce n’est pas dans la même direction.

Je marche à gauche pour rétablir une République souveraine en France, une République laïque, démocratique et sociale, partie prenante d’une Europe refondée sur la base de la coopération entre nations démocratiquement engagées.

Le chamboule-tout électoral que nous avons vu se produire en 2017 m’a incité à me mettre en marche avec mes concitoyens qui partagent cette idée que notre République doit être consolidée, et que la démocratie doit être de plein exercice, portée par des citoyens responsables.

Ce qui me gêne le plus, c’est que, depuis plus de trente ans, nous avons concédé à nos représentants politiques le droit de prendre des décisions en notre nom dans le cadre européen. Et ils ont agi sans nous informer correctement des conséquences des décisions qu’ils ont prises dans des cercles restreints avec leurs collègues, dans le cadre des institutions européennes.

En 1987, quand le gouvernement a statué sur le projet européen de marché unique totalement ouvert (liberté des capitaux), sans aucune explication publique il a fait voter le Parlement dans la plus grande discrétion des parlementaires et des médias.

Certes, en 1992, le président Mitterrand a décidé que la ratification du traité de Maastricht (décision de créer une monnaie unique) se ferait par référendum et non par la voie parlementaire. Mais je me souviens qu’en dehors de quelques personnalités très engagées en faveur du Non (Séguin et Chevènement, notamment), tout a été fait à l’époque pour faire miroiter les avantages en termes de croissance économique et d’emploi - qui ne se sont pas concrétisés par la suite. Rien sur les inconvénients probables.

Nos représentants nationaux ont systématiquement dissimulé aux citoyens la vraie nature de l’Europe qu’ils étaient en train de construire, ce marché libre pour permettre aux entreprises multinationales de prospérer, cette monnaie unique pour contraindre les gouvernements nationaux à se ranger derrière la loi du marché et de la finance (l’austérité n’étant que pour les classes populaires et moyennes). Ils affirmaient que l’Europe, c’était la coopération et la solidarité mais, dans la réalité, c’est la loi de la concurrence qui s’applique partout, entre les nations et, aussi, entre les groupes sociaux.

Afin d’être sûrs que cette politique européenne ne soit pas remise en cause par une ou plusieurs majorités nationales, le cas échéant rétives suite à des élections, les dirigeants européens ont voulu que cette politique soit formalisée (gravée dans le marbre) dans un traité constitutionnel européen (TCE).

La ratification de ce traité n’a pas posé de problème dans les pays ayant adopté la voie parlementaire. Par contre, dans le cas des Pays-Bas et de la France, la ratification par référendum (choix du président Chirac pour la France) a conduit à des majorités pour le Non (en France, 54,5 % le 29 mai 2005). Les autorités européennes ont considéré que les termes de la question posée avaient été mal choisis par le président Chirac et, de ce fait, la réponse donnée ne pouvait être entérinée.

En 2007, les responsables politiques français et européens en ont déduit qu’ils pouvaient reprendre l’essentiel du traité (TCE) dans le traité de Lisbonne, ratifié en février 2008 par la voie parlementaire (congrès de Versailles, députés et sénateurs).

En 2012, le président Hollande - coresponsable avec le président Sarkozy du oui au traité de Lisbonne - s’était fait élire en annonçant qu’il ne signerait pas le traité budgétaire préparé par son prédécesseur sans qu’il soit amendé (ce traité, qui impose aux gouvernements de soumettre les projets de budgets à la Commission européenne avant de les transmettre aux députés nationaux, est équivalent à une mise sous tutelle). Il n’en a rien été, se soumettant au refus de l’Allemagne, pays disposant de l’autorité en ce qui concerne la politique économique et monétaire de l’Union européenne.

En 2017, le président Macron s’est fait le chantre d’une relance politique de l’UE, souhaitant que la souveraineté européenne prenne le dessus sur les souverainetés nationales. Comment et avec qui pourrait-il mettre en œuvre cette avancée dans la construction fédérale de l’Europe ? La question se pose encore plus depuis les élections législatives en Allemagne, en Autriche et en République tchèque, qui ont toutes été favorables aux partis eurosceptiques de droite.

Sous l’impulsion de l’Union européenne, ce que nous voyons se dérouler sous nos yeux en France est une fuite en avant dans la recherche de solutions de plus en plus libérales, toujours profitables aux firmes multinationales et à une minorité de bénéficiaires des effets de la mondialisation capitaliste, mais le plus souvent défavorables à la majorité du peuple.

En même temps, la société-marché étend son emprise sur la quasi-totalité des activités humaines. Tout est fait pour que la citoyenneté n’ait plus de raison d’être, la décision politique étant strictement encadrée par le marché et par l’Union européenne.

Je ne me suis pas engagé politiquement après mai-juin 1968 pour en arriver là. J’avais alors en tête d’agir pour encadrer politiquement le développement de l’économie capitaliste. Peine perdue. Le capitalisme, devenu financier, a pris le contrôle des instances politiques nationales par l’intermédiaire des institutions européennes, elles-mêmes habitées par l’idéologie néolibérale au service des entreprises multinationales.
 

C’est pourquoi je veux m’impliquer dans une démarche citoyenne appelant la gauche à se refonder en symbiose avec l’idée républicaine. J’appelle les républicains de gauche à se rencontrer et échanger leurs points de vue.

Voir (19 octobre 2017) Michel Sorin opte pour que les républicains de gauche se rapprochent, incluant cette première partie (16 octobre) Un texte de Michel Sorin a été retenu par le secrétariat national MRC

La situation politique est carrément nouvelle depuis les élections 2017. Je propose aux républicains de gauche de coordonner leurs actions en vue de peser sur l'élaboration de la future doctrine politique que la gauche adoptera pour se présenter aux élections dans cinq ans. Car il faudra qu'elle se présente unie si elle veut avoir des chances de gagner.

Face au fédéralisme européen et aux options néolibérales de Macron, la gauche doit se positionner et se rassembler sur la question de la République et de la souveraineté nationale.

On me dit : le clivage droite-gauche est fini, les partis sont finis, ce qui compte, c’est le rapport direct avec le peuple. Je réponds : le clivage droite-gauche est aboli dans la forme qu’il prenait depuis trente ans, parce que droite et gauche de gouvernement s’étaient ralliées au néolibéralisme européen.

Les partis concernés risquent de payer de leur vie ce ralliement contre-nature. Macron a clarifié la situation. Les partis sont confrontés à la recomposition politique, de toute façon nécessaire car ils ont perdu toute crédibilité au niveau des citoyens.

Le rapport direct des gouvernants avec le peuple n’est pas possible dans la durée. Il y a besoin de partis pour représenter les différentes sensibilités et permettre au gouvernement de diriger le pays en tenant compte de la volonté des citoyens.

Désormais, l'enjeu est d'amener l'ensemble de la gauche dans l'opposition à Macron. Pour cela, il y a besoin d'une gauche républicaine, composée des républicains de gauche et de toutes celles et ceux qui optent pour la souveraineté républicaine nationale, face au souverainisme européen néolibéral.

Comme il y a 45 ans, je milite pour la transformation sociale, c'est-à-dire le fait d'encadrer le capitalisme dans l'intérêt général, celui du monde du travail. Ce n'est possible que dans le cadre d'une majorité de gauche qui s'assure de la souveraineté du peuple et le meilleur niveau pour cela est le niveau national, là où fonctionne au mieux la démocratie.
 

Cet article est le 3020ème sur le blog MRC 53 - le 161ème catégorie Gauche France

Manifestation à Paris le 14 juin 2016 contre la loi travail El Khomri

Manifestation à Paris le 14 juin 2016 contre la loi travail El Khomri

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19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 15:51

 

L’association intime entre la gauche et la République reste à faire

 

La Vème République gaullienne, née en 1958, modifiée en 1962, est - depuis cinq mois - chevauchée par un jeune président, bien peu républicain, plutôt tenté par le bonapartisme, manifestement pressé de faire glisser la souveraineté du peuple français vers une forme de pouvoir politique jupitérien qui serait post-démocratique, entrepreneurial et européen.

 

Emmanuel Macron a réussi un véritable exploit en s’emparant du pouvoir d’État avec une remarquable détermination. Qu’on s’en réjouisse ou non, cette année 2017 aura été celle de la clarification politique après plus de 30 ans de confusion programmatique entre droite et gauche au gouvernement, liées par leur engagement européen.


Voir, à ce sujet, le texte que j’ai proposé le 16 octobre à mes camarades du secrétariat national du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), et que je propose à tous les républicains de gauche, sous le titre « FAIRE VIVRE LA GAUCHE REPUBLICAINE AVEC UN PROJET POUR LA FRANCE ».


La première partie (description de la situation politique nationale) a été publiée le 16 octobre sur le blog du MRC 53 : Un texte de Michel Sorin a été retenu par le secrétariat national MRC

Voici la seconde partie, qui introduit la réflexion stratégique proposée aux républicains de gauche.

La question posée aux militants de la gauche républicaine que nous sommes - que ce soit au Mouvement Républicain et Citoyen ou dans d’autres formations politiques - est simple dans sa formulation :

Comment, sur quelles bases, fonder une stratégie

de conquête du pouvoir à moyen terme (cinq ou dix ans) ?

 

L’association entre la gauche et la République - laïque, démocratique et sociale – s’est limitée à de très courtes périodes de notre histoire nationale. Le projet de Jaurès reste à mettre en œuvre, avec conviction et méthode.

Mitterrand avait commencé le travail en 1981 mais il s’est vite détourné de l’objectif, se soumettant à la loi du néolibéralisme dès 1983 et s’en remettant à la virtualité européenne, comme substitut au socialisme, à l’opposé des idées de Jaurès, de la République et de la gauche.

Ce devait être une « parenthèse libérale ». En réalité, la gauche française s’est perdue, noyée dans le néolibéralisme européen. C’est pourtant elle, renouvelée, refondée sur des bases républicaines et populaires, qui pourra rassembler le peuple français autour d’un projet pour la France.

 

Comment créer les conditions de cette refondation ? Cela ne pourra se faire qu’en mettant sur pied un projet de redressement national, incluant à terme l’ensemble des forces représentatives du peuple français, notamment du monde du travail.

 

Dans l’immédiat, le mouvement de la gauche républicaine et citoyenne doit se régénérer en dialoguant avec les citoyens :

- Partir de l’analyse de la politique libérale et européenne de Macron, montrer en quoi elle ne peut résoudre les problèmes posés aux pays européens car elle est contraire au bon sens politique d’une vraie construction européenne.

- Ouvrir la perspective de maîtrise du destin du pays et introduire l’espoir pour les jeunes de peser par la politique sur l’avenir de la France et de l’Europe.

- Proposer un guide citoyen développant l’argumentation du mouvement.

- Organiser des rencontres locales citoyennes.

- Ces actions permettront de préparer les élections européennes de 2019.

 

C’est autour de la critique du projet libéral et européen de Macron que l’action militante des Républicains de gauche doit être conduite en priorité, en mettant en avant un projet de redressement économique et social du pays, avec un contenu républicain et citoyen reposant sur la laïcité.

 

Après les élections européennes de 2019, le moment sera venu de préparer le projet qui sera présenté aux Français lors des élections nationales de 2022. On y verra plus clair sur les possibilités de rapprochement avec d’autres composantes de la gauche. L’objectif sera de rendre souhaitable et possible une coalition de l’ensemble des formations de gauche.

 

Rappel (article du 21 avril 2017, avant le premier tour de l’élection présidentielle) :

La gauche aborde, dispersée, le premier tour de la présidentielle 2017

 

Cet article est le 3019ème sur le blog MRC 53 - le 160ème catégorie Gauche France

 

Michel Sorin, lors de la campagne des élections régionales en 2015

Michel Sorin, lors de la campagne des élections régionales en 2015

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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 22:56

 

Faire vivre la gauche républicaine avec un projet pour la France

 

Cette année 2017 aura été celle de la clarification politique après plus de 30 ans de confusion programmatique entre droite et gauche au gouvernement, liées par leur engagement européen.

 

Bénéficiant de circonstances favorables, un homme jeune et peu connu a surgi de l’entourage du pouvoir en place et du monde de la finance. Il a saisi l’opportunité de se positionner en dehors des clivages traditionnels afin de donner un espoir de changement.

 

En ayant la confiance des milieux d’affaires les plus engagés au sein du capitalisme financier mondialisé et des militants du projet fédéral européen, mais aussi le soutien de la majorité des médias, il a pu rassembler sur son nom un petit quart des suffrages exprimés. C’était suffisant pour le placer en tête du premier tour de l’élection présidentielle et pour l’emporter largement au second, face au FN.

 

Les élections législatives lui ont donné la majorité absolue à l’Assemblée nationale, les électeurs ayant été fort nombreux à refuser de prendre part aux votes. Cela ne doit pas être interprété comme un manque d’intérêt pour la démocratie. C’est plutôt une façon de laisser l’élection se faire avant de juger aux actes ce nouveau venu qui affiche une volonté de rupture avec le clivage droite gauche et avec les anciennes pratiques au sommet de l’Etat.

 

. Au bout de quelques mois d’exercice du nouveau pouvoir, il est clair que le président de la République met en œuvre ce qu’il avait annoncé.

Les orientations de politique économique se situent dans la continuité néolibérale, avec des méthodes différentes de celles de ses prédécesseurs. La filiation européenne est plus clairement affirmée, avec l’objectif de faire en sorte que la souveraineté nationale s’efface progressivement devant la souveraineté européenne. Libéralisme économique et européisme sont les deux marqueurs les plus nets de ce début de quinquennat.

 

. Clairement aussi, les élections 2017 ont déstabilisé les trois partis politiques jusqu’alors dominants.

 

- Le PS est le plus abîmé, ayant perdu 90 % de ses députés. Son premier secrétaire a laissé la place à une direction collégiale pléthorique, chargée de préparer le congrès de refondation en février 2018. Le départ de ses deux candidats finalistes des primaires facilite la recomposition, celle-ci restant fort incertaine au niveau de son contenu. La tendance est au franc soutien du président de la République sur la question européenne et à des oppositions modérées sur la question économique.

 

- LR est en cours de redéfinition de sa ligne politique et de recomposition de sa direction, avec une échéance fixée en décembre 2017 lors d’un congrès. Le seul élément stabilisateur est le maintien - et même le renforcement - du contrôle du Sénat. Le point clé de l’avenir de ce parti est l’équilibre à trouver entre opposition et soutien au président de la République, afin d’atténuer l’attractivité de la majorité parlementaire.

 

- Le FN est également en cours de refondation après la contre-performance de sa candidate au second tour de l’élection présidentielle et le départ de son vice-président après les élections. La faiblesse de sa représentation parlementaire est un handicap, qui s’ajoute à la perte de présence médiatique et de crédibilité politique. Le retour vers le passé est pour ce parti un moyen de survie.

 

. Toute aussi claire est la percée de La France Insoumise en 2017, d’abord par l’audience électorale de son leader, mais plus encore par sa stratégie tous terrains qui donne des résultats probants : présence dynamique à l’Assemblée nationale, dans les médias et dans les rues. Mais les méthodes personnelles et les foucades de son président, son peu d’intérêt pour les alliances avec d’autres groupes politiques, tendent à atténuer le bilan positif de cette année 2017 pour ce Mouvement.

 

Ainsi, cette année 2017 restera dans l’Histoire comme la fin d’un partage du pouvoir entre deux grands partis politiques libéraux et européens, ne s’opposant que sur des questions subalternes dans l’attente de la prochaine échéance électorale.

 

Ce qui a caractérisé leur action, c’est le non-dit sur l’essentiel : l’influence croissante des institutions européennes, limitant leur pouvoir réel. Cela, les citoyens l’ont ressenti de plus en plus, depuis 25 ans : du référendum de ratification du traité de Maastricht, en 1992, qui créait la monnaie unique (l’euro) - et entérinait l’acte unique (marché libre) voté par le Parlement français en 1987 - aux traités de mise sous tutelle budgétaire de la représentation nationale en 2012, en passant par le traité de Lisbonne, en 2007, ratifié par le Parlement en 2008, qui reprenait l’essentiel de ce que le peuple français avait refusé de ratifier par référendum le 29 mai 2005.

 

Le PS de 1971 est quasiment mort de ce refus réitéré de dire la vérité aux citoyens. Ceux-ci ne sont pas dupes. Ils voient bien l’échec de la construction européenne telle qu’elle s’est effectuée depuis les années 1984-1985, quand ont été lancés les projets de marché et de monnaie uniques.

C’est une construction qui a été faite pour les entreprises multinationales, pas pour les citoyens. Elle a favorisé le libre-échange commercial au niveau mondial et la concurrence entre pays membres et entre groupes sociaux, dans le but d’augmenter les profits d’une minorité de capitalistes, au détriment du niveau de vie des classes populaires et du monde du travail.

 

C’est ce constat qui a empêché le président sortant de se représenter, ouvrant la voie à la candidature de son ancien collaborateur avec la réussite que l’on sait. Celui-ci avait pris la mesure de la difficulté croissante de cette construction européenne fondée sur le mensonge permanent.

Le Brexit et l’élection de Trump aux USA, ainsi que les résultats des élections dans les pays européens, sont des faits dont il faut tenir compte. Bien souvent, on constate que les classes populaires, le monde du travail en général, sont en voie de divorce avec leurs représentants politiques. Les politiques néolibérales sont contestées. L’Union européenne est rejetée.

 

Macron s’est lancé dans la campagne présidentielle avec l’idée qu’il pouvait réussir à sauver le navire européen, à condition de réaliser les réformes libérales exigées par l’Allemagne et les institutions européennes. Il compte aussi sur les plus fortunés pour investir leurs capitaux dans l’économie, en leur accordant des avantages fiscaux.

C’est donc la même politique, européiste et libérale, mais avec des moyens différents pour parvenir à la mettre en œuvre dans cette France qui, jusqu’à présent, a toujours voulu préserver son modèle social républicain. Ce que veut Macron est irréaliste car il part d’une erreur de diagnostic.

Il ne s’agit pas de faire une République fédérale d’Europe, comme se sont faits les Etats-Unis d’Amérique.

Macron persiste dans l’erreur car il ne part pas des réalités européennes. Il part d’une idéologie qui a décrété la fin des nations européennes. Les peuples ne veulent pas l’effacement des nations. Ils souhaitent qu’elles coopèrent entre elles pour résoudre les problèmes de leur niveau de vie et de l’avenir de leurs enfants.

 

La question posée aux militants de la gauche républicaine que nous sommes – que ce soit au Mouvement Républicain et Citoyen ou dans d’autres formations politiques - est simple dans sa formulation.

 

Comment, sur quelles bases, fonder une stratégie

de conquête du pouvoir à moyen terme (cinq ou dix ans) ?


 

Cet article est le 3018ème sur le blog MRC 53 - le 223ème dans la catégorie MRC national

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