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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 21:35

 

Rejeter le traité transatlantique pour défendre l'intérêt des peuples européens

 

Nous vivons une crise démocratique qui aurait pu être évitée si les partis au pouvoir avaient su tenir compte du résultat du référendum du 29 mai 2005 (54,5 % des votants contre la ratification du traité constitutionnel européen). Or, d'un commun accord, UMP et PS ont franchi la ligne blanche en tenant pour nul le vote des Français et en acceptant, en février 2008, de ratifier le traité de Lisbonne - qui reprenait pour l'essentiel le même texte - par la voie parlementaire.

Rappel : 29 mai 2005 : le NON du peuple français était visionnaire et déterminé (29 mai 2015)

 

Les trois députés du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC)* ont adressé une lettre à leurs collègues de l'Assemblée nationale, dans laquelle ils constatent que "faute d’avoir été écouté, le peuple français se tourne vers des apprentis sorciers", et notamment le FN. Mais ils ouvrent aussi des perspectives en appelant leurs collègues à se mobiliser aujourd'hui contre le traité transatlantique qui "ne peut être accepté, écrivent-ils, les yeux fermés par notre gouvernement et notre Parlement."

* Marie-Françoise Bechtel, députée de l'Aisne, Christian Hutin, député du Nord et Jean-Luc Laurent, député du Val-de-Marne.

 

Cette lettre est reproduite sur le site de Marianne (30 mai 2015) sous le titre : 29 mai 2005 – 29 mai 2015 : et maintenant ?

 

Chers collègues,

Le 29 mai 2005, le peuple français dans sa majorité disait « non » au projet de Constitution européenne. Dix ans après, la portée de ce vote crève les yeux.

D’abord, par la justesse du diagnostic populaire. A travers la mobilisation d’un électorat à la fois progressiste et républicain, majoritairement composé de jeunes actifs, s’exprimait le rejet d’une Europe dans laquelle ni la démocratie, ni la prospérité n’avaient trouvé leur compte.

Prémonitoire, cet avis de tempête l’était effectivement. Depuis 2005, la crise aidant, l’affaissement de nombreuses économies européennes, l’incapacité de ses institutions à donner un projet d’avenir à l’Union européenne, la grave crise de l’euro qui n’est pas terminée, tout cela questionne en profondeur le projet européen lui-même.

Qui pourrait feindre de ne pas voir les conséquences de ces dérives ? Les tendances centrifuges, souvent contradictoires, qui travaillent des Etats membres de l’UE (Grèce, Royaume-Uni, Europe du Nord, demain peut-être l’Espagne), n’existeraient pas sans la panne du projet européen. De même d’ailleurs, la conscience par l’Allemagne de sa position dominante fonde une nouvelle politique d’intérêt national bien loin de la « solidarité européenne », branche morte à laquelle on ne s’accroche plus que par peur du vide.

 

En France, cette tendance centrifuge est incarnée par le Front national. Il est inutile de rappeler combien la progression de ce parti doit à ses choix anti-européens. Mais il est juste aussi de constater que le détournement de la volonté populaire n’a pas été pour rien dans ce succès. En votant le traité de Lisbonne, la classe politique et notamment les grands partis de gouvernement ont assumé une responsabilité politique très lourde.

C’est bien parce que cette même classe politique ne veut pas poser le problème européen dans les bons termes qu’elle laisse un boulevard au Front national, lequel pose ce problème dans les mauvais termes.

Seul le diagnostic est juste : l’abandon de la Nation, renforcé par la mondialisation, est organisé par l’Europe contre les peuples au détriment de la prospérité. Mais le Front national ne fait qu’alimenter de faux espoirs. Il n’offre aucune alternative quant à ce que pourrait vraiment devenir l’Europe : une Europe démocratique, progressiste, respectueuse des souverainetés, ce qui ne l’empêche nullement de coopérer étroitement dans de grands projets d’avenir. Les solutions du Front national sont irresponsables. Mais le danger est là. Faute d’avoir été écouté, le peuple français se tourne vers des apprentis sorciers.

 

Et maintenant ? Dix ans après le déni infligé par le Congrès à la souveraineté populaire, il n’est plus temps de se morfondre. Il est temps pour une classe politique dont l’opinion publique se méfie et, au besoin se venge, de redresser la tête. Une occasion lui est donnée aujourd’hui de le faire.

Le traité transatlantique négocié en lieu et place des Etats par une Commission européenne tout acquise à la domination américaine ne peut être accepté les yeux fermés par notre gouvernement et notre Parlement. Car de quoi s’agit-il réellement ? D’offrir aux Etats-Unis un complément au Trans-Pacific Partnership (TPP)  lancé en 2011 permettant à ce pays d’assurer son hégémonie des deux côtés du monde. Simultanément, nous sommes au cœur de l’offensive des grandes firmes internationales pour s’affranchir de ce qui reste de la tutelle des Etats. L’agriculture, l’industrie, la santé, les services publics, la défense même, tout est dans le paquet. L’alignement total de l’Europe sur l’ordre libéral s’achèvera avec la possibilité de permettre aux grands groupes multinationaux de contester devant les tribunaux de leur choix ce qui restera de la réglementation des Etats. Ce serait rendre définitivement impossible « l’Europe européenne », ce continent qui pourrait faire briller dans le monde un modèle différent,  fondé sur ses grandes conquêtes sociales, technologiques et culturelles.

Ensemble, ne renonçons pas. Appelons l’exécutif et le législateur, chacun dans le cadre ses compétences, à veiller de la manière la plus active à ce que les intérêts du peuple français et des peuples européens ne soient pas une fois encore foulés aux pieds.  

Voilà un projet qui rassemblerait les Français. Il devrait parler à tous ceux qui, de bonne foi, ne veulent pas l’abaissement de notre continent, pas plus que celui de notre pays. Quel message ce serait pour un peuple en perte de repères !

 

Voir aussi (Claude Nicolet) : - 29 mai 2005-29 mai 2015, la République piégée et confisquée

- (Francis Daspe, l'Humanité, 26 mai 2015) : La gauche et le trou noir du 29 mai

- (Coralie Delaume , 29 mai 2015) : Référendum volé de 2005 : joyeux anniversaire à tous les démocrates !

 

Cet article est le 139ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 23:35

 

La méthode communautaire et la stratégie fédéraliste sont dans une impasse

 

Le NON retentissant (à 54,5%) du peuple français à la ratification du traité constitutionnel européen, le 29 mai 2005, fut l'un des hauts faits de l'histoire de France. Nous en étions conscients, comme le montre le communiqué de presse du MRC 53, publié le lendemain du référendum. Voir Bilan du référendum européen 2005 - MRC 53

C’est une véritable performance électorale que les Français ont réalisée le 29 mai en refusant de ratifier le traité institutionnel, qualifié abusivement de « Constitution européenne ». 

Ce NON retentissant restera dans l’histoire comme la première intrusion des peuples dans la construction européenne et le début de la résistance populaire au néo-libéralisme en Europe. 

Enfin, l’Europe va entrer de plain-pied dans le débat politique national, ce qui n’était pas le cas en 2002 lors de la calamiteuse élection présidentielle sans débat, dominée par le verrouillage Chirac-Jospin. 

La gauche a manqué de lucidité, puis de courage politique, dans les années 1980 et surtout 1990, face à la dérive néo-libérale des institutions communautaires européennes. Sa politique s’est limitée à l’accompagnement de la mondialisation. 

 Le 29 mai ouvre de nouvelles perspectives pour la gauche.  

Il lui faut être fidèle à ses principes, à ses valeurs, et faire preuve d’imagination et de détermination afin de bâtir un projet répondant aux attentes citoyennes et apte à rassembler les énergies populaires.

C’est le début de la reconquête du pouvoir, un peu comme dans les années 1970, lorsque les socialistes se sont rassemblés autour d’un projet fédérateur.

On parlait alors de changer la vie et de rompre avec la logique capitaliste.  Il s’agit aujourd’hui de refonder la gauche sur des bases républicaines et de ne pas décevoir l’espérance du peuple, quand elle sera aux responsabilités aux niveaux national et européen.

 

Dix ans après, l'urgence de repenser l'Europe va finir par s'imposer, du moins peut-on l'espérer. Mais nous n'y sommes pas, comme l'écrit Jean-Pierre Chevènement dans une Tribune publiée par le quotidien La Croix ce 29 mai 2015. Voir Une décennie après, repenser l'Europe

Le rejet du projet de traité constitutionnel européen par le peuple français, par 55 % des suffrages exprimés, a exercé sur le gouvernement français un effet de tétanie jusqu’à l’élection présidentielle de 2007. Il est vrai aussi que le camp du non n’a pas su proposer une alternative sérieuse, faute que son candidat naturel, Laurent Fabius, se soit porté candidat à l’élection présidentielle de 2007. 
Candidat à l’élection présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy prétendait surmonter la difficulté par un « court traité ». En fait, le traité de Lisbonne, adopté en 2008 quand il fut élu président, a repris la quasi-intégralité du texte du « projet de traité constitutionnel », répondant ainsi au vœu exprimé par Angela Merkel d’en voir préservée « la substance ». Un Congrès fut réuni à Versailles pour adopter à la majorité des deux tiers la révision constitutionnelle nécessaire. Il faut le dire : ce véritable déni de démocratie n’a été rendu possible que par l’accord de l’UMP et du PS, et d’abord de leurs chefs. 

Or, c’était bien le manque de démocratie des institutions européennes qui était la principale motivation des partisans du non. Le message était clair : il n’y a pas de démocratie qui vaille en dehors d’un puissant sentiment d’appartenance que la France suscite mais que l’Europe – qu’on le déplore ou qu’on s’en félicite – ne suscite pas. 
Le déni de démocratie qu’a constitué le traité de Lisbonne ne pouvait qu’en aggraver la crise. Nous y sommes. Quel parcours chaotique depuis dix ans ! Crise économique de 2009, crise de l’euro depuis 2010, traité budgétaire européen coercitif en 2012 dépouillant les Parlements du cœur de leurs prérogatives, signé par Nicolas Sarkozy en mars et adopté tel quel en octobre sans avoir été renégocié. Sous la pression de la Commission européenne, le chef du gouvernement italien et le président grec sont remplacés. 
En 2015, la Grèce vote Syriza mais Bruxelles et Berlin, « les puissances décisionnaires », restent sourdes à l’expression de la volonté populaire. « Il n’y a pas de démocratie, déclare le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, en dehors des traités européens. » Par ailleurs, la crise ukrainienne, parfaitement évitable, aboutit à un conflit qui dresse l’Europe contre la Russie, inféodant ainsi durablement la première aux États-Unis. La sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne (le « Brexit ») fera l’objet d’un référendum en 2016 ou 2017. 
Le centre de gravité de l’Europe s’éloigne ainsi toujours plus vers l’est, loin de la France et de ses intérêts fondamentaux. 
Cette impasse impose que la construction de l’Europe soit, pour l’avenir, entièrement repensée. Pour renouer avec la démocratie, il faut à la fois un objectif et une méthode. 
Un objectif : « L’Europe européenne » qu’appelait jadis de ses vœux le général de Gaulle, alliée mais non vassale des États-Unis, bref maîtresse de ses décisions. 
Une méthode : la démocratie et par conséquent la méthode confédérale, s’appuyant sur les nations où vit la démocratie, et donc à géométrie variable. Une Europe recentrée sur l’essentiel : l’économie, l’emploi, l’industrie, l’énergie, la défense et la politique extérieure. À partir d’un noyau dur : celui de l’Europe originelle à Six mais sans exclusive. 
Si on veut mettre de l’ordre dans la maison européenne, il faut outiller le seul organe légitime – le Conseil européen – pour qu’il puisse donner une impulsion politique continue, ramener la Commission à un rôle d’administration, rapprocher le Parlement européen des parlements nationaux et surtout transformer la monnaie unique en monnaie commune, réservée aux échanges internationaux. 
En réintroduisant de la flexibilité à l’intérieur du système monétaire européen grâce à un SME bis, on redonnera à chaque pays la compétitivité qui était la sienne en 1999. On fera l’économie de dévaluations internes ruineuses et désta­bilisatrices. Au lieu que l’euro fracture l’Union européenne, comme aujourd’hui, une monnaie commune permettra à chaque nation de retrouver un équilibre entre la valeur de sa monnaie et son niveau d’activité. En même temps un signe fort sera donné : le cap de l’unité européenne sera maintenu. 

Enfin, il va de soi qu’une « Europe européenne » doit se faire en partenariat avec la Russie, en faisant de l’Ukraine un terrain de coopération plutôt que d’affrontement. 
Le choix de la méthode confédérale peut aller de pair avec la reprise du legs communautaire dans ce qu’il a d’essentiel : le marché commun et les normes communes qu’il implique. Mais la méthode communautaire, elle, a fait son temps, c’est-à-dire la captation du pouvoir par vingt-huit commissaires que, dans la meilleure hypothèse, personne ne connaît et qui appliquent aveuglément des traités néolibéraux obsolètes et n’expriment en rien une quelconque volonté populaire.

Voir aussi (Jean-Luc Laurent, président du MRC) : 2005-2015 : Bastille ou Versailles

Le 29 mai 2005, les Français choisissaient de dire « non » à la Constitution européenne. Nous célébrons aujourd’hui une grande victoire démocratique contre la fatalité et la résignation, contre la fuite en avant obligée vers le fédéralisme européen, ce qu’on appelle l’européisme. 

Déjugé par le peuple, vaincu, le camp du « oui » n’a jamais cherché à en tirer les conséquences ou à répondre au rejet de la construction européenne libérale. Le camp du « oui » a temporisé un peu et saisi la première occasion pour faire adopter un Traité de Lisbonne en 2008. La méthode retenue pour déjuger le peuple souverain fut celle de la ratification par le Parlement réuni en Congrès à Versailles pour déjuger le peuple souverain : Versailles contre la Bastille. 

L’Europe n’est pas un complot extérieur, à chaque grande étape nous retrouvons des Français aux postes-clefs : Jean Monnet, Jacques Delors, Valéry Giscard d’Estaing… Bercy et Bruxelles vivent en symbiose depuis longtemps. L’Europe n’est pas un complot extérieur mais le champ de bataille d’une impitoyable lutte des classes, bien mise en évidence par le scrutin du 29 mai 2005. 

Depuis la crise des dettes souveraines, le leadership allemand est assumé et le couple franco-allemand n’est plus qu’un fantôme. Nicolas Sarkozy a consacré le suivisme français. Le traité budgétaire TSCG a été négocié à la va-vite pour finir de verrouiller les souverainetés budgétaires nationales. En 2012, la promesse non-tenue de renégociation constitue comme une réplique de la trahison de 2008, moins grave sur le plan des principes mais plus lourdes de conséquences. Depuis trois ans, ce renoncement européen condamne la gauche à décevoir et à mener des politiques contre-nature sous le drapeau de la « modernité » et de la « réforme ». La situation du pays est calamiteuse, celle de la gauche est le simple reflet de cette impasse. 

Le 29 mai 2005, les Français ont porté un coup à l’européisme. On n’entendra pas parler de si tôt de Constitution ou d’Etat européen mais l’adversaire s’est vite rétabli. Le combat continue contre une Europe qui se fait dans le dos des peuples, contre les peuples. Faire avancer l’Europe en 2015 implique de sortir des politiques d’austérité et transformer la monnaie unique en monnaie commune.

Et le courrier des députés MRC, Marie-Françoise Bechtel, Christian Hutin et Jean-Luc Laurent, aux députés au sujet des 10 ans du "non" au traité constitutionnel européen. Voir 29 Mai 2005 29 Mai 2015 Et Maintenant

Cet article est le 138ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 23:54

 

Sauver la politique en créant un parti de citoyens, républicains de gauche

 

Ce 28 mai, les adhérents mayennais* du Mouvement Républicain et Citoyen étaient réunis en congrès départemental avant le congrès national qui aura lieu les 13 et 14 juin 2015 à Paris.

Ils ont débattu à partir des textes d'orientation (motions) avec les explications de Michel Sorin, responsable MRC 53 et membre du Conseil national.

Rappel : (21 mai) :Congrès MRC 2015 : les adhérents votent pour l'une des trois motions  :

- Motion 1 : « La gauche républicaine - Résister, transmettre, inventer », présentée par Jean-Luc Laurent et le Secrétariat national élargi,

- Motion 2 : « Notre chemin », présentée par Claude Nicolet, Marie-Françoise Bechtel et Christine Meyer,

- Motion 3 : « Le courage d’avancer », présentée par Hugo Prod’homme, Jean-Pierre Lettron et Michel Sorin.

 

C'est la motion 3 qui a emporté les suffrages, à l'unanimité. Voir les arguments en faveur de cette motion : Congrès MRC 2015 : pourquoi voter la motion 3 (Hugo Prod'homme) - 27 mai 2015.

 

Michel Sorin sera délégué du MRC 53 au congrès. Il portera les idées développées dans la motion 3 en recherchant un accord avec les représentants des deux autres motions.

Le but est de mettre le MRC en capacité de jouer un rôle moteur dans la refondation d'une gauche proche du peuple et capable de rassembler les citoyens sur le thème du redressement national, dans le cadre d'une Europe réorientée, respectant la démocratie qui vit dans les nations qui la composent.

La synthèse doit se faire au congrès sur le diagnostic de l'état de la politique en France. Il faut sauver la politique et en discuter avec les citoyens, car la reconstruction se fera avec les citoyens, ce qui est le principe de base de la République.

Les partis ont failli, en s'éloignant des citoyens et en se rapprochant d'une Europe néolibérale. Mais tout n'est pas à jeter dans leurs propositions. Le débat doit avoir lieu avec les organisations de gauche qui partagent le diagnostic du MRC. Sur quelles bases réformer le pays, réorienter l'Europe ? Comment faire une vraie politique sociale, qui respecte la responsabilité des citoyens, et qui réduise effectivement les inégalités sociales, tout en favorisant le développement économique ?

* Rappel de la réunion précédente : voir MRC 53 : débat sur le rôle du MRC afin de peser sur la politique en 2017 (29 avril 2015)

Cet article est le 40ème sur ce blog dans la catégorie MRC 53 et Pays de la Loire

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 23:25

 

On ne peut plus attendre, les citoyens demandent l'alternative républicaine

 

Les congrès départementaux précèdent le congrès national du Mouvement Républicain et Citoyen, qui aura lieu à Paris les 13 et 14 juin 2015. Trois motions sont en compétition. Ce sont les adhérents qui, par leur choix, contribuent à définir l'orientation qui sera donnée au MRC lors des deux prochaines années.

Rappel : (21 mai) :Congrès MRC 2015 : les adhérents votent pour l'une des trois motions  :

- Motion 1 : « La gauche républicaine - Résister, transmettre, inventer », présentée par Jean-Luc Laurent et le Secrétariat national élargi,

- Motion 2 : « Notre chemin », présentée par Claude Nicolet, Marie-Françoise Bechtel et Christine Meyer,

- Motion 3 : « Le courage d’avancer », présentée par Hugo Prod’homme, Jean-Pierre Lettron et Michel Sorin.

Concernant la motion 3, voir le résumé des motions pour le vote des adhérents (24 mai) et le texte de la motion, réparti en 4 articles (25 et 26 mai) : Congrès MRC 2015 : motion 3 (Prod'homme, Lettron, Sorin) - partie 4.

 

Hugo Prod'homme (Nord), premier signataire de la motion 3, a transmis aux autres signataires ce texte dans lequel il indique les arguments qui incitent à voter cette motion.

 

Pourquoi voter et faire voter pour la Motion « Le Courage d'Avancer » ?

 

- Tout d'abord, parce qu'il y a des éléments d'analyse de la situation de notre pays qui sont absents des autres motions, ou trop insuffisamment développées :

La France est devenue une nation désunie. Il existe une rupture profonde en son sein, entre les citoyens, et ce qu'on peut nommer la « communauté politique ». Cette « communauté » se compose évidemment des élites politiques, économiques et médiatiques, mais, beaucoup plus largement, tous les élus (nationaux ou locaux), tous les partis et même tous les syndicats y sont inclus. Ils sont tous désavoués par les citoyens, par le peuple, qui ne voient plus en eux des représentants, mais seulement une « oligarchie » qui se sert avant de servir la Nation.

Cette rupture est visible dans les urnes, évidemment, avec des records d'abstention, et un vote Front National qui est un vote contestataire. Elle est visible également au contact des citoyens, qui ne se sentent souvent plus concernées par les décisions politiques, car ils ne les voient pas comme les décisions de notre nation, mais comme celles des marchés financiers, des technocrates de Bruxelles ou de Bercy, ou encore des « experts » soit-disant indépendants.

Et pourtant, la volonté de changement existe. Le peuple a vu alterner des gouvernements de « droite », de « gauche », mais l'alternative n'est jamais venue ! Et pourtant, cette alternative est présente chez nos concitoyens. Au lendemain du 7 janvier, nous étions nombreux à descendre dans la rue pour défendre des idées communes, simples mais fortes : liberté, égalité, fraternité et laïcité. Ces attentats meurtriers ont rappelé au peuple français pourquoi il s'est organisé en République, et pourquoi ce projet est toujours actuel.

 

- Ensuite, parce que dans les textes qui nous ont été proposés, il est question d'attendre le moment opportun. Celui où, enfin, nous pourrons être écoutés. Ce moment est arrivé ! Il ne faut plus attendre ! Le peuple français demande la République ! Dans une étude d'entretiens réalisés avec un échantillon de français des classes moyennes, ils sont nombreux à demander une alternative républicaine. Avec comme marqueurs forts, notre devise, nos valeurs premières. Mais cette alternative ne viendra pas par le haut ! Ce n'est pas Hollande, ce n'est pas Valls, ce n'est pas Sarkozy qui nous écouteront, au pied du mur. Ce sont les français ! Ce sont les citoyens. Car ces mêmes interrogés n'ont plus aucune confiance en nos élites. Ils demandent même un « coup d'état citoyen ».

La motion Courage d'Avancer porte cette idée que le temps est venu. Que nous ne devons plus attendre, et que notre parti se doit de revenir vers le peuple, lui faire prendre conscience qu'en République, il est souverain. Et pour cela, nous devons en appeler aux citoyens. Car c'est la communauté des citoyens qui sera seule capable de faire revenir la souveraineté du peuple et de la nation. Souveraineté du peuple face au capital, à la richesse, et souveraineté de la Nation face aux technocrates de Bruxelles, et à tous ceux qui veulent imposer aux peuples leurs idées.

Mais pour revenir aux citoyens, nous devons être fiers du projet que nous portons, et de lui être fidèle. Nous devons être fiers de dire que l'intégrisme et le communautarisme doivent être combattus. Nous devons être fiers de dire que l'Ecole doit former des citoyens libres, égaux et émancipés de leurs conditions, de tout dogme et de tout stéréotype. Nous devons être fiers de dire que ce ne sont pas les actionnaires, les créanciers, mais les travailleurs et les forces productives qui doivent maîtriser l'outil de production. Nous devons être fiers de dire qu'avoir la même monnaie que la Lituanie, qui a un salaire minimum de 300€ et un salaire moyen de 3,44€ euros brut de l'heure est inacceptable et intolérable si le marché doit être commun.
Et nous devons être fidèles à ce projet, car nous ne devons plus accepter l'inacceptable sous prétexte qu'il n'y aurait pas d'autres alternatives. Nous reprochons à nos élites de nous asséner cette assertion de Margareth Thatcher, mais nous-mêmes nous l’assénons en nous imposant, encore et toujours, de rester la caution républicaine et souverainiste d'un parti libéral de droite complexé. C'est pourquoi la motion « Courage d'Avancer » propose d'abord de rompre avec la majorité de François Hollande. Parce que nous ne pouvons pas apparaître en quelque point similaire de nos gouvernants, ou des aspirants gouvernants comme Jean-Vincent Placé, Benhamias et consorts... Les français ne pourraient que nous rejeter. Et ils auraient raison de le faire.

 

- Enfin, il faut voter et faire voter pour la motion Courage d'Avancer parce que nous portons l'idée que notre parti peut et doit sortir de l'idée, fataliste, que nous ne sommes là que pour gérer le patrimoine intellectuel de Jean-Pierre Chevènement. Nous ne sommes pas que des avoués qui récolteraient quelques intérêts (quelques strapontins) à gérer, du mieux possible, l'héritage intellectuel et politique de JPC. Car Jean-Pierre Chevènement n'est pas éternel, et que notre Nation lui survivra. Et que ce capital s'éteindra au fur et à mesure que de nouvelles générations de citoyens qui n'ont jamais connu Jean-Pierre Chevènement ministre, ou candidat à la présidentielle, peupleront les bureaux de vote. C'est ici la raison de notre engagement dans ce congrès, et du titre de notre motion. Nous voulons que notre parti avance, et nous voulons lui donner le courage qu'il lui faut.

 

Cet article est le 168ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 17:44

Réviser le fonctionnement interne et fixer un calendrier à l'horizon 2017

Le congrès du Mouvement Républicain et Citoyen aura lieu à Paris les 13 et 14 juin 2015.

 

Rappel : (21 mai) :Congrès MRC 2015 : les adhérents votent pour l'une des trois motions  :

- Motion 1 : « La gauche républicaine - Résister, transmettre, inventer », présentée par Jean-Luc Laurent et le Secrétariat national élargi,

- Motion 2 : « Notre chemin », présentée par Claude Nicolet, Marie-Françoise Bechtel et Christine Meyer,

- Motion 3 : « Le courage d’avancer », présentée par Hugo Prod’homme, Jean-Pierre Lettron et Michel Sorin.

 

Après la 1ère partie de la motion 3 (Prod'homme, Lettron, Sorin) - partie 1,

Et la 2ème partie de la motion 3 (Prod'homme, Lettron, Sorin) - partie 2,

Puis la 3ème partie de la motion 3 (Prod'homme, Lettron, Sorin) - partie 3,

Voici la 4ème et dernière partie de la motion 3 « Le courage d’avancer », présentée par Hugo Prod’homme (Nord), Jean-Pierre Lettron (Hauts-de-Seine) et Michel Sorin (Mayenne).

3. Réviser le fonctionnement du parti

Le fonctionnement interne de notre mouvement, au regard de nos ambitions nouvelles, demande à être revu. Il nous faut permettre aux militants de débattre de nos orientations, et aux nouveaux adhérents de mieux s'y intégrer. En dehors du Secrétariat national, le débat est quasiment inexistant. Notre communication doit être portée à un meilleur niveau, rendue plus claire et efficiente. Nous ne réussissons guère à informer les adhérents des initiatives des militants du parti et à porter nos idées fortes auprès des citoyens.

 

Voici quelques pistes afin de retrouver efficacité et clarté.

 

a) Restructurer le MRC

La restructuration interne du MRC passe par plusieurs points. Nous devons respecter nos statuts, en consacrant les Congrès et les Conventions nationales comme des instances ultimes de décision. Le Conseil national, parlement du parti, doit être plus mobilisé par la direction.

Nous proposons :

- de construire une véritable démocratie interne. Les fédérations et comités doivent tous être en mesure de prendre part au débat, à la discussion avec le Secrétariat National. L’élaboration d’une plateforme intranet nous permettrait de solliciter le plus souvent possible l’opinion des adhérents du MRC ;

- d'associer pleinement les comités locaux et nationaux du MRC à l’action du parti. Le « Citoyen Militant » doit relayer les actions des instances locales (comités, fédérations, unions régionales) et nationales (association des élus, comité jeunes, secteur monde du travail...), et les contributions des militants. Des rencontres régulières entre les représentants de ces instances et le Secrétariat national sont nécessaires à la vie de notre mouvement.

 

b) Repenser notre communication

Le MRC n'est pas suffisamment efficace en matière de communication. Nous restons largement inconnus du grand public. Nous n'évoquons pas suffisamment les actions concrètes que nous avons portées et fait avancer dans les exécutifs locaux ou au sein des différents gouvernements auxquels nous avons participé.

Aussi :

- notre communication globale doit se montrer plus dynamique. Pour défendre efficacement nos positions et les intérêts des citoyens, il faut mettre fin à la tempérance qui nous caractérise depuis trop longtemps et partir à la conquête des médias. Sans présence médiatique, nous n’existons pas dans l'opinion publique, et nous serons incapables, sur le long terme, de porter notre message au peuple. Les tours de passe-passe sémantiques n’ont aucun pied dans la réalité ;

- mettons en avant nos propositions et nos actions passées et présentes. Lorsque nous sommes invités à débattre dans un média, ou lors des interventions à l’Assemblée Nationale, revendiquons notre programme. Il faut mettre en exergue les actions des exécutifs locaux où le MRC est présent et celles de nos précédents ministres.

 

4. Fixer un calendrier pour l’horizon 2017

 

Notre dernière pleine campagne présidentielle remonte à 2002. Pour réitérer, obtenir les 500 signatures requises est difficile, que ce soit par manque de visibilité du MRC, ou que ce soit par lien avec nos alliances politiques.

Pour les présidentielles, le candidat investi ou soutenu devra d'abord avoir une vision de l'avenir, une capacité à fixer les repères, des compétences, ne pas être la femme ou l'homme d'un groupe fermé et bien évidemment disposer de talents d’orateur, de communicant et de charisme, capable de porter ce constat que le MRC, ayant toujours refusé les abandons, est un parti de l'avenir.

Voici quelques pistes que nous proposons pour surmonter ces obstacles :

- fixer un calendrier rigoureux. Nous ne pouvons envisager la campagne présidentielle à la légère. Non seulement cela nécessitera une organisation exigeante, mais aussi de préparer des événements, des coups médiatiques, afin de peser constamment lors des futurs débats ;

- investir ou soutenir un candidat qui « rafraîchisse » l’image du parti. C’est à travers l'excellente image de Jean-Pierre Chevènement que les gens connaissent le MRC, mais nos détracteurs nous reprochent souvent d’être un club de réflexion désuet.

Ce congrès clôt une longue période de 50 ans de vie politique active de Jean-Pierre Chevènement. Il va continuer à être présent mais différemment. Nul doute que ses analyses politiques seront toujours aussi appréciées. Mais il ne sera plus en première ligne. Il avait espéré que le Temps des Citoyens viendrait dans les années qui ont suivi la création du Mouvement des Citoyens, en 1993. Il a tout fait pour mettre la citoyenneté et la République en avant lors de la campagne de l'élection présidentielle de 2002. Ce n'était pas encore l'heure. Celle-ci est peut-être venue. C'est le moment de donner un coup de jeune à notre Mouvement et de le relancer ;

- rendre accessible notre programme. Notre lutte contre le communautarisme, notre position envers l’Union Européenne, nos propositions sur la sécurité, la justice, l’organisation territoriale, sont des éléments majeurs qui nécessitent un travail d'explicitation poursuivi dans la durée. Utiliser, dans notre communication, un langage à la fois précis, clair et accessible est une nécessité absolue pour partager avec tous nos concitoyens, sans exclusive, et convaincre.

 

Conclusion

Le MRC et la France sont à la croisée des chemins. Comme le disait Gramsci, « La crise consiste dans le fait que l'ancien se meurt, le nouveau ne parvient pas à voir le jour, et c'est dans ce clair-obscur que naissent les monstres ».

Revenons à Jean Jaurès, qui a su rassembler les socialistes au début du XXème siècle en s'appuyant sur la République. Ce serait un bon moyen de renforcer les fondations historiques du Mouvement au niveau des militants et de favoriser le rassemblement des citoyens autour d'un projet social républicain se substituant au social libéralisme qui est aux commandes de notre pays et qui a échoué.

L'idéologie libérale est consciemment organisée de façon autonome pour faire pression sur les pouvoirs et les gouvernements. Le MRC doit être un outil efficace permettant l'entrée en scène des citoyens dans le champ politique en tant qu'entité collective.

Nous devons être les militants du réel en politique, dans les domaines qui comptent : le travail et la formation dans le cadre d'une économie en harmonie avec la société, la démocratie nationale dans le cadre d'une Europe européenne, respectueuse des peuples qui la composent, le vivre ensemble dans le cadre républicain laïque.

Au moment où les libéraux conservateurs s'habillent en « Républicains » et les socialistes se comportent comme des démocrates à l'américaine, et que l'extrême droite populiste est en crise identitaire, nous devons être les « Citoyens », porteurs de la reconstruction du pays après l'avoir libéré de son emprise néolibérale et financière sur les rouages économiques.

Soyons à l'initiative du mouvement citoyen d'en bas qui va conduire au rassemblement de la gauche, celle qui aura rompu avec la logique du capitalisme financier.

Vive le parti des citoyens !

Cet article est le 167ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 23:13

Clarifier et actualiser le message politique de la gauche républicaine

 

Le congrès du Mouvement Républicain et Citoyen aura lieu à Paris les 13 et 14 juin 2015.

 

Rappel : (21 mai) :Congrès MRC 2015 : les adhérents votent pour l'une des trois motions  :

- Motion 1 : « La gauche républicaine - Résister, transmettre, inventer », présentée par Jean-Luc Laurent et le Secrétariat national élargi,

- Motion 2 : « Notre chemin », présentée par Claude Nicolet, Marie-Françoise Bechtel et Christine Meyer,

- Motion 3 : « Le courage d’avancer », présentée par Hugo Prod’homme, Jean-Pierre Lettron et Michel Sorin.

 

Après la 1ère partie de la motion 3 : Congrès MRC 2015 : motion 3 (Prod'homme, Lettron, Sorin) - partie 1 (25 mai),

 

Et la 2ème partie de la motion 3 : Congrès MRC 2015 : motion 3 (Prod'homme, Lettron, Sorin) - partie 2 (25 mai),

 

Voici la 3ème partie de la motion 3, présentée par Hugo Prod’homme (Nord), Jean-Pierre Lettron (Hauts-de-Seine) et Michel Sorin (Mayenne).

QUELLE PLACE POUR LE MRC ?

1. La perspective de la présidentielle en 2017

Si la situation n'évolue pas, le parti socialiste ne pourrait gagner l'élection présidentielle en 2017 que s'il réunissait la gauche dès le premier tour et s'il était capable de rassembler son électorat autour d'un projet social et républicain de redressement de la France. Ce n'est pas la voie choisie par le Président de la République, qui a opté pour un gouvernement dont la ligne politique est minoritaire à gauche. Celle-ci consiste à satisfaire les volontés des forces libérales au sein des institutions européennes, ce qui va à l'encontre des attentes de l'électorat de gauche et des intérêts du peuple français. La division des forces politiques de gauche, que l'on a constatée encore lors des élections départementales le 22 mars, s'explique par la nature de la politique économique menée par le gouvernement, qui refuse le principe même d'une confrontation au niveau européen.

 

2. Redéfinir notre ligne politique

Nous devons clarifier et actualiser notre message politique. Pour faire face à la démission de la majorité socialiste, mais aussi au pillage – purement rhétorique – de concepts pourtant nés à gauche par les forces les plus réactionnaires, notamment par le Front National qui récupère ainsi des électeurs de gauche en les trompant sur ses objectifs véritables. Le MRC porte, lui, véritablement et inlassablement, les valeurs de la gauche républicaine : nous devons nous réapproprier nos valeurs, et avoir le courage d’avancer.

 

a) Redonner à notre message sa clarté

Le MRC manque de visibilité : sa position au sein de la majorité et son alliance avec le Parti socialiste ont brouillé notre position sur l’échiquier politique. Les alliances avortées avec le Front de Gauche en 2009 ou Debout la République en 2014 n'ont fait qu'accentuer ce flou tactique. Pour retrouver une ligne politique claire, nous devons nous réaffirmer : nous sommes un parti d'avenir ambitieux.

Voici ce que nous proposons pour atteindre ces objectifs :

- prendre acte que la majorité présidentielle n'est plus représentative de l'accord PS-MRC de 2012.

C'est la majorité socialiste qui nous a quittés ! La « reprise en main des acteurs de la finance », la « politique de croissance » de l'activité, la « justice fiscale », la « réindustrialisation », « une parité monétaire plus juste », sont autant de « clés de notre avenir » qui n'ont pas été respectées. L'accord a été sacrifié sur l'autel de la règle des 3 % et du néo-libéralisme imposés par la commission européenne. Rappelons que cet accord qualifiait d'« inacceptable » le pacte européen, signé par François Hollande après sa prise de fonction. Cette majorité nous a trahis. Nous devons en prendre acte, publiquement et fortement, dès maintenant et refuser toute alliance avec des partis qui n'ont aucun regard critique sur le tournant libéral de 1983 et sur la construction d'institutions néolibérales et anti-démocratiques à l'échelle européenne. Nous devons dire clairement que le maintien de la France et de l'Union européenne dans un état de semi-apesanteur démocratique n'est plus acceptable. La France doit reconquérir la plénitude de sa souveraineté politique, ce qui impose la vigilance face à des délégations de souveraineté consenties par référendum ;

- vérifier si des convergences sont possibles avec des partis ou mouvements de la gauche de la gauche , avec ceux qui, au parti socialiste, savent que les engagements n'ont pas été tenus et que le prix à payer est lourd.;

- tant que le monde et l'Europe restent dominés par le libre-échangisme, affirmer que nous défendons un protectionnisme raisonné devant se construire prioritairement dans l'espace européen et qui ne saurait se confondre avec le protectionnisme isolationniste de l'extrême droite ;

- être les meilleurs défenseurs de la laïcité et de la République.

Nous devons prendre en compte les leçons des attentats de janvier 2015 à Paris. Crise de la laïcité, crise de la République, crise de la démocratie. Relevons le défi. L'idéal laïque est un point d'appui essentiel. La laïcité est la croyance en la raison naturelle et en la capacité des citoyens à s'entendre sur une idée du bien commun dans un espace public soustrait à l'empire des dogmes. La crise de la démocratie est plus sensible encore dans une République laïque comme la nôtre. Le triomphe d’idéologies obscurantistes résulte de l’abandon ou de la méconnaissance de la laïcité. C’est cette idée d’un bien commun qu’il faut relever. Un bien commun à tous les hommes et non à une partie des hommes, par exemple à l’Occident. Il faut rejeter l’occidentalisme et penser un avenir de progrès pour tous, y compris le monde arabo-musulman. La modernité du capital financier mondialisé suscite partout un immense rejet. C’est une autre modernité qu’il faut promouvoir. Il faut aussi expliquer la République et la

laïcité, redonner sens au combat républicain – inséparable du combat pour la justice – en France et dans le monde. Ce qui unit doit être plus fort que ce qui divise ;

- faire le lien entre politique et économie productive à tous les niveaux institutionnels

territoriaux.

La République doit faire de l'emploi, notamment dans l'économie productive, de la qualification professionnelle, de la qualité de l'instruction et d'une formation initiale ambitieuse pour tous, l'objectif n° 1 ; relever en même temps l’École de la République et la République elle-même pour ouvrir les portes de l'avenir à la jeunesse ;

- réfléchir aux conséquences sociales du développement accéléré de l'économie numérique dans les secteurs des communications, de l'énergie et des transports.

Ce peut être le moyen d'affaiblir le capitalisme financier et d'aller vers une économie plus citoyenne ;

- définir les grandes lignes de notre programme sous forme de slogans forts, les répéter, sont des éléments basiques pour retrouver une clarté politique. Chaque thématique politique ou économique doit trouver une accroche qui fait écho à une de nos propositions, afin que les citoyens puissent cerner le mieux possible qui nous sommes.

 

b) Autour du MRC, construire une dynamique de rassemblement

La reconquête de l’opinion publique ne doit pas être vue comme une démarche électorale,mais comme la diffusion de nos idées, de débats de fonds, d’implication dans la vie citoyenne locale, afin de permettre le rassemblement des Français autour de ce qui les unit, alors que les partis majoritaires concourent à leur division.

Le MRC doit :

- s’impliquer dans les collectifs anti-TAFTA. Ses élus locaux doivent porter le débat au sein des assemblées locales où ils siègent. Le vote de motions anti-TAFTA, bien que symbolique, peut être un bon moyen de diffuser l’alerte sur ce traité qui détruira notre modèle social et économique ;

- retrouver l’esprit des clubs de réflexions propre à la France, notamment lors de la Révolution de 1789. Cela passe par l’implication de politiques au sein d’associations locales, aussi bien citoyennes que culturelles, afin de nourrir débat, clé de voûte d'un renouveau politique en France ;

- encourager les fédérations à soutenir les initiatives locales, notamment celles qui visent le rassemblement des citoyens, par exemple la tenue de référendums locaux lorsque les élus bafouent les intérêts de leurs administrés. La mission historique du MRC est d'amorcer le rassemblement des citoyens pour construire une alternative sociale et républicaine à la politique libérale en vigueur depuis 1983. Le congrès 2015 doit être décisif sur ce point ;

- mobiliser autour du 10ème anniversaire du non au Traité constitutionnel. Le MRC pourrait soutenir l'idée – lancée par Le Monde Diplomatique – d'organiser des manifestions autour du 10ème anniversaire du refus du peuple français de ratifier le traité constitutionnel européen. Le non républicain et le non antilibéral pourraient se rapprocher afin de préparer ensemble un projet social et républicain, en rupture avec les politiques néolibérales. Le MRC doit discuter avec le plus grand nombre et faciliter le débat démocratique ;

- permettre aux fédérations de s'impliquer dans l'élaboration de listes citoyennes aux élections régionales. Cette démarche doit permettre de populariser nos positions auprès des citoyens et de créer des dynamiques autour des idées du MRC. Notre congrès donne mandat aux délégués régionaux pour explorer cette voie. Le Conseil National d'automne devra se réunir afin de débattre du compte rendu de ces démarches.

 

Cet article est le 166ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 21:37

 

Un sursaut citoyen républicain pour une alternative au capitalisme financier

 

Le congrès du Mouvement Républicain et Citoyen aura lieu à Paris les 13 et 14 juin 2015.

 

Rappel : (21 mai) :Congrès MRC 2015 : les adhérents votent pour l'une des trois motions  :

- Motion 1 : « La gauche républicaine - Résister, transmettre, inventer », présentée par Jean-Luc Laurent et le Secrétariat national élargi,

- Motion 2 : « Notre chemin », présentée par Claude Nicolet, Marie-Françoise Bechtel et Christine Meyer,

- Motion 3 : « Le courage d’avancer », présentée par Hugo Prod’homme, Jean-Pierre Lettron et Michel Sorin.

 

Après la 1ère partie de la motion 3 : Congrès MRC 2015 : motion 3 (Prod'homme, Lettron, Sorin) - partie 1 (25 mai),

 

Voici la 2ème partie de la motion 3, présentée par Hugo Prod'homme (Nord), Jean-Pierre Lettron (Hauts-de-Seine) et Michel Sorin (Mayenne) : « Le courage d'avancer »

 

UN SURSAUT CITOYEN : SUR QUELLE BASE ?

a) Une alternative républicaine

L'alternative républicaine et citoyenne ne pourra émerger qu'en constituant un rassemblement politique autour :

- du refus du libre échange généralisé qui est un échec en acceptant la confrontation avec les marchés financiers pour changer les règles du jeu,

- d'une alternative au capitalisme financier,

- de la souveraineté nationale et populaire, en récusant l'idéologie néolibérale et le lien que la construction européenne entretient dans l'opacité avec les grands groupes économiques et

financiers. Il faut rediscuter les conditions dans lesquelles le traité de Lisbonne a été adopté après l'échec de la ratification du traité constitutionnel européen,

- du concept de nation citoyenne,

- d'un contrat social, inspiré par celui du Conseil National de la Résistance,

- du lien entre politique et économie productive à tous les niveaux institutionnels territoriaux.

En 2011, dans La France est-elle finie ?, Jean-Pierre Chevènement ne dressait qu'une seule perspective pour empêcher la France de « sortir de l'histoire » : qu'elle devienne une « nation libre et consciente d'elle-même », qui « continue son histoire, sans renoncer jamais à la maîtriser » et qui choisisse « d'être un modèle républicain pour les autres Nations, et l'âme d'une Europe résiliente ». C'est cette perspective que nous devons dessiner pour la France. Et nous devons la mettre en oeuvre sur la base d'un sursaut citoyen.

 

b) La nation citoyenne

Cette citoyenneté fut définie par Jean-Pierre Chevènement, par exemple en 1993 dans « Le Temps des Citoyens » : « C'est, bien sûr, l'exigence d'une participation active et responsable aux décisions qui vous touchent au plus près. C'est aussi le sens de l'universel (…). Au coeur de la citoyenneté, je mets l'invention en commun de l'avenir : ce que j'ai appelé un nouveau modèle de développement, un pacte social renouvelé, une nouvelle ère républicaine, une Europe européenne ».

C'est cette idée de la Nation citoyenne qui permettra de mettre à mal l'Europe post-démocratique.

Sans une nouvelle ère républicaine, nous ne pourrons guère que remplacer des technocrates libéraux par d'autres qui le seront un peu moins. Mais au-delà de l'orientation politique et économique de l'Union Européenne, c'est son système institutionnel que nous voulons renverser.

 

c) Un vrai sursaut républicain

Ce sursaut citoyen ne doit pas être pour le MRC qu'une lettre d'intention. Nous devons, dès maintenant, aller à la rencontre des citoyens, du monde associatif, des forces économiques et sociales, pour en créer les conditions. Il faut non seulement écouter, mais donner la parole aux acteurs de la société civile. Inlassablement, nous devons purger les démons inculqués par les médias et la classe politique (FN en tête ; mais aussi conspirationnistes comme Dieudonné et consorts), afin de permettre un débat politique sérieux et argumenté en France. Certains sont déjà mobilisés. Les collectifs contre le TAFTA, et les autres traités commerciaux, négociés dans l'ombre et sans débat démocratique, doivent être (ré)investis par le MRC. Il doit surtout profiter de l'anniversaire des 10 ans du référendum sur le TCE pour rappeler aux citoyens ce premier acte émancipateur de notre Nation envers la construction européenne libérale. Il doit également souligner que les citoyens furent muselés par la classe politique. La gauche républicaine ne doit pas laisser aux extrêmes l'exclusivité de la critique de l'Union Européenne.

 

d) S'appuyer fortement sur notre lucidité rétrospective et combattre le Front National

Le bilan du libéralisme de droite et de gauche est désastreux et laisse à découvert un vaste champ politique, dans lequel s’est engouffrée l’extrême droite. Les arguments pour la combattre, n’empêchent pas sa progression. Pourquoi ? Parmi les raisons, le fait que les partis politiques qui prétendent lutter contre le Front National ont perdu toute crédibilité, s’agissant de répondre aux défis de l’emploi et de la démocratie, et sont même pour certains gangrenés par ses idées extrémistes. L’extrême droite serait-elle, demain, en situation d’arriver au pouvoir notamment au sein d’une coalition ? Ce risque justifie que nous demeurions fidèles au principe d'un Front Républicain.

Les faits ont démontré que le projet républicain reste la clé de l’avenir et la meilleure réponse au défi de la mondialisation. Fort de sa lucidité rétrospective, le MRC est parmi les plus légitimes pour combattre les mensonges éhontés du Front National. Quelle crédibilité peut avoir ce parti xénophobe et raciste qui est passé du libéralisme le plus échevelé, au social-nationalisme le plus démagogique ? Le Front National est un pompier pyromane. C’est aujourd’hui un parti populiste attrape-tout, surfant sur la misère sociale et portant la marque indélébile de son adhésion, de longue date, aux thèses ultra-libérales qui ont conduit à la catastrophe que nous vivons.

Concernant l’économie, cette empreinte génétique reste évidente : dénonciation de l’assistanat, vive opposition aux syndicats et aux luttes sociales, politique fiscale libérale… Certains de nos concitoyens vont vers le Front National car ils ont vu leurs efforts et leurs espérances trahis par les dissimulations et les mensonges. Demain, il en serait de même avec un Front National parvenu au pouvoir, dont la gouvernance conduirait à l’effondrement économique et social de notre pays.

Depuis plus de 20 ans, contre vents et marées, malgré de dures attaques et critiques, en refusant les compromissions, le MRC a tracé et maintenu les repères de la République. Il revendique d’être un vrai défenseur des valeurs républicaines et de la lutte contre la mondialisation et l’Europe libérale. La colère dévoyée est mauvaise conseillère et fait le lit des idées xénophobes et d’exclusion menaçant la cohésion sociale. A ceux qui se lamentent et se désespèrent, le MRC pose une question simple : qui a eu raison ?

Les travailleurs, ayant rompu avec la gauche, peuvent donc se reconnaître dans le combat que mène le MRC pour un autre monde. Sur la base de notre positionnement fructueux et de notre projet constant, nous appelons les citoyens à placer le raisonnement et le jugement au-dessus des simplifications trompeuses. Faisons-les juges. Avec le MRC, menons une lutte déterminée contre le Front National et renvoyons ses idées dans leur nuit. Cela passe par une lutte idéologique et la résolution des problématiques laissées ouvertes depuis des décennies, qui paupérisent et « insécurisent » nos concitoyens.

Plutôt que de laisser le débat se décentrer autour de la peur de l'accession au pouvoir d'un parti populiste en France, il faut prendre les moyens politiques faisant régresser définitivement son audience nationale. L'implantation de ce parti est le symptôme de l'épuisement de partis politiques qui se sont dévoyés en mentant sur la réalité de leur politique européenne, contraire aux intérêts nationaux des peuples européens.

 

e) Des comités de citoyens actifs

Les comités citoyens locaux, encouragés par notre parti, ne devront pas être absents en 2017. L'élection présidentielle est l'élection « mère ». C'est le moment, en France, avec les référendums, où nous pouvons débattre, insuffler des idées nouvelles. Mais c'est une élection qui demande, pour tous ceux souhaitant y jouer un rôle, de nombreux efforts dans la durée. Aussi, nous devons faire en sorte de palier à toute éventualité. Le travail fait par nos députés ces dernières années, mais aussi celui reconnu de Jean-Pierre Chevènement depuis plus de 40 ans, doit être valorisé. Et nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes pour le faire. La gauche ne débat guère que sur la réduction ou l'augmentation des dépenses publiques. Il est essentiel que la discussion soit fortement orientée sur la construction européenne, sur la contestation par les traités européens de notre souveraineté nationale, et sur le rôle de l'Etat-Nation, Ces questions doivent être analysées dans la perspective d'apporter des réponses au problème numéro un, celui de l'emploi (...).

 

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 16:52

 

Le contexte et le bilan du Mouvement Républicain et Citoyen depuis 2012

 

Le congrès du MRC aura lieu à Paris les 13 et 14 juin 2015.

 

Rappel : (21 mai) :Congrès MRC 2015 : les adhérents votent pour l'une des trois motions  :

 

- Motion 1 : « La gauche républicaine - Résister, transmettre, inventer », présentée par Jean-Luc Laurent et le Secrétariat national élargi,

- Motion 2 : « Notre chemin », présentée par C Nicolet, Marie-Fr Bechtel et Christine Meyer,

- Motion 3 : « Le courage d’avancer », présentée par H Prod’homme, JP Lettron et M Sorin.

 

Voici la 1ère partie de la motion 3, présentée par Hugo Prod'homme (Nord), Jean-Pierre Lettron (Hauts-de-Seine) et Michel Sorin (Mayenne) : « Le courage d'avancer »

 

LE CONTEXTE

a) De la reconstruction à aujourd'hui

En France, la période de reconstruction après la Seconde Guerre mondiale se fit sous l'égide du programme du Conseil National de la Résistance (CNR). Ce programme était un réel pacte social écrit par des Français, patriotes, qui résistaient à l'oppression nazie. Le programme comportait notamment de nombreuses nationalisations. La croissance de l'activité permit à la France de retrouver le plein-emploi (après le marasme des années 1930), de faire progresser le pouvoir d'achat et de réduire les inégalités. L'existence du bloc socialiste facilita aussi les concessions faites à la social-démocratie. Après les crises pétrolières des années 1970, la baisse structurelle du secteur industriel s'accompagna d'une hausse de celui des services, ce qui fit croire à beaucoup qu'il ne s'agissait que d'un remplacement. Ceux-là ont envisagé une société « post-industrielle », de la « connaissance ». En réalité, la baisse du secteur industriel s'est surtout accompagnée d'un chômage de masse. Le secteur des services a développé la paupérisation des employés : leurs salaires se sont rapprochés de plus en plus souvent du minimum obligatoire.

La société française, au lieu de s'homogénéiser au sein d'une seule classe moyenne, s'est en fait polarisée. Les classes populaires sont fortement touchées par le chômage, n'ont plus accès qu'à des emplois précaires et peu rémunérés. Les classes moyennes craignent que leurs enfants et leurs petits-enfants subissent un déclassement social aujourd'hui accentué. Cette insécurité économique et sociale a fait le lit, depuis plusieurs années, du repli identitaire nationaliste et de son pendant communautariste, avec pour conséquence la fracturation violente de la société. Ces classes populaires et moyennes sont divisées par des élites politiques, médiatiques et économiques, qui profitent du marasme économique pour exacerber les différences entre les populations et les dresser les unes contre les autres. Les citoyens ne sont plus émancipés, solidaires, mais réduits à leur condition sociale, à leur communauté, à leur confession. L'idée de les réunir autour d'un projet commun s'est perdue, tandis que se banalisent la haine, l'envie, la stigmatisation et la discrimination.

Au lieu de chercher des solutions concrètes et de longue durée aux problèmes et difficultés des citoyens dans leur vie quotidienne, le système politique s'est davantage préoccupé de lui-même, dans un souci carriériste de ses membres : l'abstention et la démotivation citoyenne sont les conséquences de cette dérive.

 

b) Les marchés financiers

Le manque d'argent n'est pas à l'origine des difficultés économiques et de la longue dépression. Les chiffres le montrent : les dividendes versés aux actionnaires se maintiennent à un haut niveau alors que les investissements baissent.

Plutôt que d'avoir peur des marchés financiers, il faut créer les conditions du développement de l'économie française. Le capitalisme financier néolibéral est à l'origine des divisions et des frustrations qui traversent la société. Il a réussi à provoquer le morcellement politique et syndical afin d'empêcher que se forme une alternative à la politique de soumission à ses intérêts. Notre réponse doit être de reconstruire, à la fois, la défense des salariés en tant que citoyens au travail, et la défense des entreprises contre leur spoliation par des actionnaires n'ayant aucun souci de l'intérêt général et de l'importance de l'économie réelle dans la vie d'un pays.

 

c) Rien n'est inéluctable

Rien n'est inéluctable. Les 10 et 11 janvier 2015, à la suite des attentats contre Charlie Hebdo et contre l'« Hyper Cacher », des millions de Françaises et de Français se sont rassemblés pour défendre la liberté d'expression et la laïcité. Les citoyens ont montré que le sentiment d'unité nationale et la Fraternité n'avaient pas déserté la France. Face à la violence, à la haine, nous avons répondu par la solidarité et la dignité. Cette émotion ne doit pas s'arrêter là. Une réflexion, doit être engagée avec les citoyens sur nos valeurs, la République et la démocratie. Retrouver l'esprit des agoras, redonner la parole au peuple est incontournable pour faire renaître un véritable mouvement de citoyens et est la condition sine qua non pour éviter que notre pays s'enlise dans l'impasse post-démocratique.

 

d) Un débat politique confisqué

Le débat politique est largement confisqué par des appareils politiques tournant à vide. Les postures symboliques et médiatiques ont remplacé les projets de société et l'éducation populaire. Les élections sont le théâtre d'alliances à la carte, sans aucune ligne directrice, ni fond programmatique. Alors que l'abstention atteint des scores jamais connus auparavant, les partis se disant « anti-système » récoltent des millions de suffrages. Les partis politiques dominants accentuent la fracture en se méfiant du peuple : volonté d'enlever aux collectivités élues au suffrage direct des compétences en matière d'action publique pour les confier à des établissements publics ou à des rassemblements d'établissements publics; pouvoirs de plus en plus transférés à des institutions supra-nationales anti-démocratiques. Symbole de ce mépris du peuple : en 2008, les parlementaires ont approuvé un projet de traité européen, largement rejeté par référendum, brisant ainsi le principe même de la République. La fracture est confortée par les classes dirigeantes, qui asservissent les élus et tirent parti de l'étouffement de la démocratie.

Il revient au MRC, et plus largement aux républicains, d'agir pour redonner la parole et le pouvoir aux citoyens. Une politique de véritable transformation sociale ne peut être appliquée qu'avec un soutien populaire. Nous devons regarder avec attention les expériences en Amérique du Sud, la constitution des coalitions de progrès comme en Grèce et, peut-être, en Espagne prochainement.

 

LE MRC : QUEL BILAN ?

N'oublions pas les concepts que nous avions forgés dans les années 1970 : le mouvement d'en bas à relier au mouvement d'en haut, l'autogestion de l'entreprise. Depuis 1992, le MDC, devenu MRC, porte l’ambition de relever la France avec la gauche. Depuis plus de 20 ans, les principes, le programme et les orientations que défend le « chevènementisme » ont apporté la preuve de leur pertinence : dénonciation, dès 1983, du tournant libéral du Parti socialiste ; mobilisation des nations européennes ; non au traité de Maastricht, à la guerre en Irak ; monnaie commune et non pas monnaie unique ; France puissance d’équilibre ; mesures efficaces contre l'insécurité et la délinquance ; refus du communautarisme ; sauvegarde des services publics ; citoyenneté et intégration ; politique migratoire sérieuse ; transmission des savoirs et autorité des maîtres... Quel parti politique peut se prévaloir d’un tel bilan au service de la République ?

 

En décembre 2012, le MRC tenait son congrès. François Hollande venait de mettre un terme à cinq ans de sarkozysme. Nous avions l'espoir que le président de la République prenne conscience du mur vers lequel les gouvernements de droite et de gauche nous entraînaient. François Hollande a refusé l'évidence. La construction européenne libérale et antidémocratique crée un carcan politique et économique, carcan dont aucun État ne peut s'émanciper. La politique monétaire est sous la férule de la Banque Centrale Européenne. La politique budgétaire est désormais surveillée, encadrée. La France n'est plus souveraine. Elle est sous la tutelle d'une « ruche » de technocrates, qui n'a aucune conscience des conditions de vie des citoyens, et aucun respect de la souveraineté des peuples.

 

Au contraire de ses engagements, François Hollande ne fut pas le président du changement de cap européen. Aujourd'hui, loin de saisir la chance que constitue l'arrivée dans l'Union Européenne d'un gouvernement d'union nationale grec, critique du dogme libéral, le président français choisit de maintenir son alignement sur les positions allemandes. Son proche et ancien ministre des Finances, Pierre Moscovici a pris le rôle du gendarme libéral au sein d'une commission européenne, présidée par le promoteur de l'évasion fiscale européenne !

 

En 2012, nous appelions à une grande Convention nationale sur l'Europe, afin d'« entrer dans la bataille » des Européennes. L' « impasse » de l'abstention de 2004 et 2009 était « interdite ». Un an plus tard, notre Convention nationale appelait à des listes citoyennes. Pour proposer une réelle alternative à l'Union Européenne actuelle, il nous semblait que la seule solution était de revenir vers les citoyens. Et de citer, en clôture de notre convention, Louis Barthou : « La tour d'ivoire ne convient qu'aux poètes. Il est du devoir des autres hommes d'en descendre pour se mêler à l'action ». Mais en 2014, nous avons buté sur la présentation de listes citoyennes, à cause de l'ampleur du travail à mener pour déclencher un mouvement citoyen. Nous nous sommes égarés dans des discussions et des logiques d'appareils. Nous devons tirer un bilan de cet épisode politique pour éviter sa répétition. C'est en se tournant vers les citoyens que le MRC pourra rassembler, bien au-delà des appareils politiques, combattre les menaces portées contre la République et faire vivre notre projet commun : Liberté, Égalité, Fraternité et Laïcité.

 

Trois députés MRC ont été élus, sous l'étiquette de la majorité présidentielle, suite à une entente politique avec le Parti Socialiste. Il ne s'agissait pas d'un blanc-seing au gouvernement, mais d'une liste de points d'accords et de désaccords « charpentant » nos relations au sein de la majorité présidentielle. Ainsi, nos trois députés ont gardé leur liberté de vote. Nous pûmes aiguiller la majorité sur les questions européennes, l'École de la République; l'Unité et l'Universalité de la République, les questions énergétiques, la question sociale... Le travail acharné de nos quatre, puis trois, parlementaires permit à nos idées de vivre à l'Assemblée et au Sénat, et d'ouvrir le débat sur de nombreux sujets. Nous pouvons être fiers de leur action au quotidien pour faire vivre nos valeurs et nos analyses. Si certaines de nos positions ont pu être reprises par la majorité, les gouvernements de Jean-Marc Ayrault puis de Manuel Valls s'en sont le plus souvent éloignés. Le vote du TSCG (traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance) fut le pêché originel. La loi Macron, fourre-tout des technocrates néo-libéraux de Bercy et de Bruxelles, le péché mortel.

 

C'est sur ce texte, fondé sur une analyse économique erronée et aboutissant à des décisions contraires aux intérêts des travailleurs, que la majorité de Manuel Valls a vacillé. Incapable de réunir une majorité de députés de gauche, François Hollande menaça d'abandonner la France au Front National en déclenchant des élections anticipées. Si ce « chantage » fut efficace, les députés ne censurant pas le gouvernement, il demeure un signe fort du repli idéologique du gouvernement et de sa soumission aux injonctions du « Triple B » : Bercy, Bruxelles, Berlin. La preuve a été donnée que le débat est vidé de son sens. L'idée de représentation nationale des citoyens par l'Assemblée Nationale est bafouée. L'Assemblée est trop souvent une chambre d'enregistrement de décisions prises ailleurs.

 

Depuis sa création en janvier 2003, le MRC s'est positionné sur une ligne politique républicaine de gauche, dans le sillage de Jean-Pierre Chevènement, en développant une stratégie d'influence auprès du Parti socialiste. Celle-ci a montré ses limites, qui se situent à l'Assemblée nationale. Le MRC doit en tirer les enseignements dans la perspective des prochaines échéances électorales nationales. La stratégie d'influence, qui a son intérêt au sein des institutions démocratiques nationales, n'a de sens que si elle s'appuie sur les citoyens, afin d'établir un rapport de forces favorable au mouvement. C'est pourquoi l'action du MRC se doit d'être prioritairement recentrée sur la lutte contre la dépolitisation, et d'avoir comme feuille de route la constitution de comités citoyens, capables de porter à tous les niveaux politiques, une alternative à l'idéologie étouffante de nos élites politiques, économiques et médiatiques. Réactualisons, innovons, accueillons les idées nouvelles, mettons en avant la revalorisation du travail du salarié, producteur de richesse économique et sociale, dont la qualification doit être reconnue et protégée. C'est le travail qui permet de produire la valeur économique correspondant au salaire, mais aussi la valeur sociale sous forme de cotisation. C'est ainsi que l'économie et le social sont étroitement liés. C'est le développement de l'économie qui conditionne la sauvegarde de la protection sociale (...).

 

Cet article est le 164ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 22:13

 

Les trois motions s'accordent sur la communication défaillante du MRC

 

A la suite de la mise en ligne des informations sur le congrès MRC 2015, publiées sur le blog du MRC 53, un citoyen se présentant comme un sympathisant du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) a pris l'initiative de proposer ses idées aux signataires de la motion 3 « Le Courage d'Avancer ».

Dans le cadre des relations que nous avons établies, il a rédigé un résumé des trois motions, qui peut être utile à toutes celles et ceux qui ne liront pas l'ensemble des textes, sans prétendre à l'objectivité.

Rappel : Voir (21 mai) : Congrès MRC 2015 : les adhérents votent pour l'une des trois motions

- Motion 1 : « La gauche républicaine - Résister, transmettre, inventer », présentée par Jean-Luc Laurent et le Secrétariat national élargi,

- Motion 2 : « Notre chemin », présentée par Claude Nicolet, Marie-Françoise Bechtel et Christine Meyer,

- Motion 3 : « Le courage d’avancer », présentée par Hugo Prod’homme, Jean-Pierre Lettron et Michel Sorin.

 

Résumé de la motion 1

 

1) Le constat : Cycle néolibéral depuis 30 ans.

La gauche, emmenée par F. Hollande ne s’est jamais montrée à la hauteur et doit assumer son échec. Jamais les inégalités n’ont semblé si fortes, entre pays comme au sein de chacun d’eux.

- Jusqu’au-boutisme technocratique, démocratie bafouée. Dix ans après le déni majeur du référendum, notre industrie s’est en grande partie évaporée, chômage de masse (5,3 millions demandeurs d’emploi).

- Recul net des services publics, sous injonction européenne, perte de confiance dans l’impôt et dans l’école.

Une source d’espoir : la mobilisation historique du 11 janvier 2015.

François Hollande a été élu sur le rejet de son prédécesseur et sur la promesse de réenchanter le rêve français.

Causes de l’échec des trois premières années de François Hollande : orientation économique erronée, valeurs trahies, renoncement à gouverner, à choisir et à faire acte d’autorité.

Réforme « Macron » : catalogue de « réformes structurelles » destiné à la Commission européenne.

L'électorat ouvrier, ainsi que les jeunes de plus en plus précarisés, ont déserté la gauche. La gauche dans son ensemble est sanctionnée, que ses composantes soient membres ou non de la majorité.

Dans un tel contexte, le MRC ne doit pas se dérober devant ses responsabilités.

Nos désaccords ont été vus et entendus, jusqu’au plus retentissant et symbolique d’entre eux : nous n’avons pas accordé notre confiance au gouvernement Valls II à l’occasion de l’opération de « clarification de ligne politique » menée à la rentrée 2014. La stratégie d’influence n’a pas porté ses fruits. Toutefois, Rien ne serait pire que l’isolement.

Les Français, peuple politique, veulent être la souveraineté nationale, budgétaire, économique, culturelle.

 

2) L’avenir :

Seules deux options sont possibles : présenter notre propre candidature à l'élection présidentielle ou soutenir une candidature alternative à gauche.

Il faut chercher également des moyens originaux de faire campagne (par les réseaux sociaux, d’autres formes de meeting, une communication tournée vers Internet, etc.) pour sortir des sentiers battus et renouer un lien avec les citoyens.

2017 sera sans aucun doute l’occasion d’interroger la pratique politique qui suscite aujourd’hui déception et rejet.

Une candidature présente en outre l’intérêt majeur de fournir une tribune à notre discours sans être contraints à la concession.

Elections présidentielle et législatives de 2017 : une présence à ces scrutins est donc

indispensable pour créer une dynamique autour de notre projet.

Nous ne serons audibles par les Français qu’en leur proposant des solutions concrètes et actuelles aux problèmes de notre société : la « République en vrai » passe par cela.

 

Résumé de la motion 2

 

1) Le constat :

Réformes de structures » voulues par un gouvernement néo-libéral pour complaire à Bruxelles et à Berlin. Comme le peuple n’accepte pas que sa souveraineté soit bafouée, il se rappelle au bon souvenir de ceux qui l’ont trahi et le font souffrir.

Concernant la Grèce, tout semble indiquer que cette alliance repose sur une volonté politique structurante qui pose comme préalable stratégique que la reconquête de la souveraineté nationale grecque et de la dignité du peuple est intrinsèquement liée à la possibilité pour ce même peuple de reprendre le chemin du progrès social.

Est-il possible aujourd’hui de réunir les conditions politiques indispensables à la réussite d’un tel rassemblement d’intérêt national qui soit en capacité de proposer un projet pour la France ?

 

2) L’avenir :

Nous ne pouvons pas savoir si des primaires seront organisées à gauche. C’est une perspective qui dépend de la volonté de François Hollande de se présenter. Si des primaires devaient être organisées, la présence du MRC y aurait toute sa justification et il serait opportun de s’y préparer.

Nous devons également nous interroger sur la nature de notre relation avec le peuple. Cette question est également déterminante dans la mesure où il nous faut apporter des réponses aux questions que se posent nos concitoyens sur leur vie quotidienne.

A l’image du Rassemblement qui a présidé à l’élaboration du programme du Conseil National de la Résistance, il doit être sans exclusive républicaine. Il s’adresse certes à la gauche, mais pas uniquement. Il doit aller au-delà, sur des bases républicaines, sociales, patriotiques et

internationalistes. Nous devons donc rencontrer et ouvrir un large débat, devant les Français avec celles et ceux qui seraient d’accords pour entamer la discussion sur ces bases politiques, sans préjuger de son résultat immédiat. Il faut donc, à partir de la France et de la République que nous acceptions d’analyser et discuter pour rouvrir la porte de l’avenir et ainsi nous permettrons au pays de reprendre sa marche en avant.

Il faut éviter de planer dans une stratégie du futur sans mettre les pieds dans la glaise du réel. Notre mouvement a perdu beaucoup de militants. Un travail patient de reconquête est nécessaire.

Il est tout à fait inutile d’espérer élargir notre audience et notre champ d’action si nous n’avons plus ou quasiment plus comme aujourd’hui ni cadres, ni militants ni structure active dans la capitale. Cette reconquête du terrain perdu a aussi un aspect interne : créer enfin le réseau interactif sans lequel les échanges entre le national et les fédérations ou entre celles-ci restent enfermés dans un modèle très formel.

Le second volet est celui d’une communication plus professionnalisée car notre défaut d’audience là où le Front National est entendu est un problème préoccupant.

 

Résumé de la motion 3

1) Le constat : 

Les citoyens ne sont plus émancipés, solidaires, mais réduits à leur condition sociale, à leur communauté, à leur confession. L'idée de les réunir autour d'un projet commun s'est perdue, tandis que se banalisent la haine, l'envie, la stigmatisation et la discrimination.

Le système politique s'est davantage préoccupé de lui-même, dans un souci carriériste de ses membres. Les dividendes versés aux actionnaires se maintiennent à un haut niveau alors que les investissements baissent. Le capitalisme financier néolibéral est à l'origine des divisions et des frustrations qui traversent la société.

La France n'est plus souveraine. Elle est sous la tutelle d'une « ruche » de technocrates, qui n'a aucune conscience des conditions de vie des citoyens, et aucun respect de la souveraineté des peuples.

Le MRC manque de visibilité : sa position au sein de la majorité et son alliance avec le Parti socialiste ont brouillé notre position sur l’échiquier politique.

Le MRC n'est pas suffisamment efficace en matière de communication. Nous restons largement inconnus du grand public.

 

2) L’avenir :

Notre réponse doit être de reconstruire, à la fois, la défense des salariés en tant que citoyens au travail et la défense des entreprises contre leur spoliation par des actionnaires n'ayant aucun souci de l'intérêt général et de l'importance de l'économie réelle dans la vie d'un pays.

Le mouvement d'en bas à relier au mouvement d'en haut, l'autogestion de l'entreprise.

Une réflexion doit être engagée avec les citoyens sur nos valeurs, la République et la démocratie.

Retrouver l'esprit des agoras, redonner la parole au peuple est incontournable pour faire renaître un véritable mouvement de citoyens et c'est la condition sine qua non pour éviter que notre pays s'enlise dans l'impasse post-démocratique.

Il revient au MRC, et plus largement aux républicains, d'agir pour redonner la parole et le

pouvoir aux citoyens.

La stratégie d'influence n'a de sens que si elle s'appuie sur les citoyens, afin d'établir un rapport de forces favorable au mouvement.

C'est pourquoi l'action du MRC se doit d'avoir comme feuille de route la constitution de comités citoyens, capables de porter à tous les niveaux politiques, une alternative à l'idéologie étouffante de nos élites politiques, économiques et médiatiques.

Réactualisons, innovons, accueillons les idées nouvelles. Les comités citoyens locaux, encouragés par notre parti, ne devront pas être absents en 2017. Nous devons nous réapproprier nos valeurs, et avoir le courage d’avancer.

Nous devons en prendre acte, publiquement et fortement, dès maintenant et refuser toute

alliance avec des partis qui n'ont aucun regard critique sur le tournant libéral de 1983.

Le MRC doit retrouver l’esprit des clubs de réflexions propre à la France, notamment lors de la Révolution de 1789. Notre communication globale doit se montrer plus dynamique.

 

Cet article est le 163ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 23:45

 

Le choix entre la continuité, le changement dans la continuité et le changement

 

Depuis le 19 mai, les adhérents du Mouvement Républicain et Citoyen ont commencé à voter en vue du congrès de Paris les 13 et 14 juin 2015. Les congrès précédents datent de 2008, 2010 et 2012 et le premier congrès, fondateur, a eu lieu à St-Pol-sur-Mer (près de Dunkerque) en janvier 2003. C'est la première fois depuis le congrès fondateur que les adhérents ont le choix entre plusieurs motions d'orientation, donc plusieurs stratégies, plusieurs façons de diriger.

 

Rappel des articles précédents, concernant ce congrès 2015 :

Nous, citoyens, pouvons faire émerger un rassemblement politique (19 mai)
Congrès MRC 2015 : le 1er congrès non piloté par JP Chevènement 16 mai)
Congrès MRC 2015 : le débat d'orientation se fera autour des 3 motions (12 mai)
MRC 53 : débat sur le rôle du MRC afin de peser sur la politique en 2017 (29 avril)
JP Chevènement : bâtir une alternative républicaine au néolibéralisme (20 avril)
Congrès MRC 2015 : Hugo Prod'homme est intervenu au Conseil national (19 avril)
Congrès MRC 2015 : l'intervention de Michel Sorin au Conseil national (17 avril)

Congrès MRC 2015 : la direction face à deux autres motions d'orientation (16 avril)

 

Les adhérents ont reçu les Cahiers du congrès, dans lesquels il y a les différents textes sur lesquels ils ont à voter (motions, modification des statuts) et les contributions utiles au débat, sur lesquelles ils ne votent pas. Lors des congrès départementaux, ils ont la possibilité de voter des amendements à la motion qui a leur préférence, parmi ces trois textes :

- Motion 1 : « La gauche républicaine - Résister, transmettre, inventer », présentée par Jean-Luc Laurent et le Secrétariat national élargi,

- Motion 2 : « Notre chemin », présentée par Claude Nicolet, Marie-Françoise Bechtel et Christine Meyer,

- Motion 3 : « Le courage d’avancer », présentée par Hugo Prod’homme, Jean-Pierre Lettron et Michel Sorin.

Ce sont les signataires de la motion 3 qui sont à l'origine de l'existence de plusieurs motions lors de ce congrès. Les équipes de Hugo Prod'homme et de Michel Sorin voulaient présenter une motion distincte de celle de la direction, afin de permettre le débat au niveau des congrès départementaux et du congrès national. Nous avons pu le faire en unifiant deux projets de motion, que Hugo et moi, avons présentés lors du Conseil national du 12 avril. Merci à Jacques Declosmenil qui avait pris l'initiative de fusionner les deux textes. Il en est résulté la motion 3, après que des militants, notamment Serge Maupouet, y ont apporté des compléments et amendements.

Ensuite, lors du Conseil national du 12 avril, il s'est produit un fait nouveau qui est à l'origine de l'existence de la motion 2. Marie-Françoise Bechtel et Jean-Pierre Chevènement se sont opposés - assez vivement - à Jean-Luc Laurent, contestant le niveau qualitatif de son texte et sa façon de diriger le MRC. Le président d'honneur a souhaité qu'il y ait une amélioration du texte de la direction sortante. Il a proposé que se réunisse un groupe de travail composé des représentants des motions, dans le but d'enrichir le texte devant devenir la motion du congrès, et lui-même présenterait une contribution.

Cette réunion du groupe de travail a eu lieu le 27 avril dans une bonne ambiance. La présence de Jean-Yves Autexier, au côté de Jean-Pierre Chevènement, a permis de trouver une réponse à la question : comment intégrer la contribution de Jean-Pierre Chevènement à la motion - à nouveau amendée - présentée par Jean-Luc Laurent au nom de la majorité du secrétariat national ? Jean-Yves Autexier a accepté de rédiger une synthèse à partir de ces textes distincts et d'en faire part avant la réunion du secrétariat national élargi, le 6 mai, qui devait décider des textes qui seraient présentés au vote des adhérents dans les congrès départementaux. Il a tenu parole en remettant son texte avant le 4 mai, permettant aux signataires des motions de préparer leurs positions en vue de la réunion décisive du 6 mai.

Le 6 mai, le secrétariat national s'est réuni comme prévu.

- Hugo Prod'homme et Michel Sorin, invités en tant que représentants de la motion « Le Courage d'Avancer », ont expliqué pourquoi ils voulaient le maintien de cette motion, le texte de Jean-Yves Autexier ne reprenant pas les points qui font son originalité.

- Bastien Faudot et d'autres membres de la direction ont plaidé également pour le maintien de la motion présentée par Jean-Luc Laurent et la majorité du secrétariat national.

- Par contre, Claude Nicolet et Marie-Françoise Bechtel ont souhaité retirer leur texte et le remplacer par celui de Jean-Yves Autexier.

Le président Jean-Luc Laurent a conclu en prenant acte d'une non synthèse, ce qui conduit au maintien des trois motions enregistrées lors du secrétariat national élargi le 15 avril. Le groupe de travail mandaté pour rechercher une synthèse entre les motions et la contribution de Jean-Pierre Chevènement, reste en place jusqu'au congrès.

Au moment des votes dans les congrès départementaux, la situation se présente ainsi.

- Jean-Luc Laurent et la majorité des membres de la direction sortante présentent la motion 1, qui représente la continuité dans la recherche d'une alliance à gauche tout en pesant sur les orientations du PS dans le sens d'une alternative républicaine souverainiste aux politiques néolibérales et européistes. Des améliorations du fonctionnement dans le sens d'une démocratisation interne sont prévues.

- Claude Nicolet, Marie-Françoise Bechtel et Christine Meyer, présentent la motion 2, à contre-coeur, car ils militent pour le texte de Jean-Yves Autexier, lui-même proche de la contribution de Jean-Pierre Chevènement. Ils sont dans la continuité de l'alliance avec le PS, tout en prônant une alternative républicaine ouverte aux républicains des deux rives, rejoignant ainsi le souhait de Jean-Pierre Chevènement de dialoguer avec les partis de gauche mais aussi avec Nicolas Dupont-Aignan. Ils veulent introduire davantage de débats ouverts dans le fonctionnement du MRC.

- Hugo Prod'homme, Jean-Pierre Lettron et Michel Sorin présentent la motion 3. Ils proposent de compléter l'action politique d'en haut par le rassemblement des citoyens autour d'un projet d'alternative républicaine porté par le MRC et les forces politiques qui militent pour une double souveraineté, celle du peuple face au capital et celle de la nation citoyenne face à une Europe technocratique. Les citoyens attendent cette nouvelle orientation politique, à la fois volontariste et sur une ligne de gauche, tout en prenant en compte les réalités du monde tel qu'il est. Ce congrès doit être le moment d'une véritable mue du MRC en parti des citoyens.

Cet article est le 162ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

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