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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 22:03

La Fondation Res Publica organise un colloque sur ce thème le 13 avril 2015

 

 

La Fondation Res Publica * propose un colloque sur le thème de la Grèce et de l'euro lundi 13 avril à 18h, 28 rue Saint-Dominique, 75007 Paris.

 

L'euro est-il soutenable ? Le nouveau test de la Grèce.

 

Avec la participation de : 

 

Thanos Contargyris, Attac Grèce 


Dominique Garabiol, professeur associé à Paris 8, membre du Conseil scientifique de la Fondation 


Jean-Michel Quatrepoint, membre du Conseil scientifique de la Fondation, journaliste économique, auteur de "Le Choc des Empires" (le débat Gallimard ; mars 2014) 


- et Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica.

 

* Voir Présentation de la Fondation Res Publica

 

Rappel (mai 2014, Jean-Michel Naulot, membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica) :

 

Crise de l'euro : regarder les réalités en face 

 

(…) La position des dirigeants européens qui consiste à dire qu’il n’y a qu’une seule politique possible, qu’il faut à tout prix sauver l’euro, qu’il n’y a pas de place pour un débat sur la monnaie unique, devient de moins en moins acceptable. Il faut arrêter de faire de l’euro une religion, un sanctuaire dont on n’aurait pas le droit d’approcher. La monnaie unique est un système monétaire comme un autre. On doit pouvoir en discuter comme de n’importe quel problème économique.

 

L’euro est à la croisée des chemins. Un débat doit s’engager dans toute la zone euro pour savoir comment on réoriente l’Europe, comment on essaye de la réconcilier avec les citoyens. Tous les pays doivent se faire entendre. Le discours officiel n’est pas réservé à la Commission, à la BCE et à l’Allemagne. La relation franco-allemande doit notamment être beaucoup mieux équilibrée. De temps en temps, il faut savoir taper du poing sur la table. Si le Général de Gaulle n’avait pas pratiqué la politique de la chaise vide en juin 1965, pendant près d’un an, les agriculteurs français ne bénéficieraient pas aujourd’hui de la politique agricole commune. 

 

Pour se faire entendre, la France a des atouts. Elle doit arrêter de faire des complexes. Comment ne pas rappeler d’abord que la France contribue, avec le Royaume Uni, de manière substantielle à la sécurité de l’Europe. Elle consacre aux dépenses militaires un montant par habitant deux fois supérieur à celui de l’Allemagne. Elle peut être fière de cette contribution au moment où il apparaît que les conflits potentiels n’ont pas disparu du continent européen. La France a une démographie forte. Si les tendances actuelles se poursuivent, la population française aura rattrapé la population allemande d’ici une trentaine d’années. Les ménages français ont une épargne record au sein de la zone euro. Le taux de dette des ménages français est un des plus faibles. Ce sont des éléments de bonne santé économique. Celle-ci ne se mesure pas simplement avec le relevé des ratios de dette publique. 



Mais pour se faire entendre la France doit faire des réformes de structures, de vraies réformes, pas de nouveaux prélèvements sur les revenus. Sinon, elle sera inaudible. Son objectif en Europe doit être d’obtenir une relance de la croissance de la part de l’Allemagne. Si cela n’est pas possible, dans un délai rapproché, il faudra avoir le courage de prendre des décisions politiques beaucoup plus fortes, de réformer les traités. Il faudra assouplir le système monétaire actuel, lui donner de la flexibilité. C’est ce que l’on appelle la monnaie commune. 



Par rapport au système actuel, le changement majeur serait le retour à des monnaies nationales avec un ajustement des parités à intervalles réguliers en fonction des écarts de compétitivité, par exemple tous les ans ou tous les deux ans. Ce sont les gouvernements de la zone euro qui décideraient d’un commun accord de la politique de change. Il y aurait un élément de continuité avec la situation actuelle puisque ce sont les gouvernements qui sont aujourd’hui en charge de la politique de change de l’euro avec l’article 219 du traité de Lisbonne, en concertation avec la Commission et la BCE, un article qui n’a malheureusement jamais été appliqué. Autre élément de continuité, l’euro serait conservé pour les transactions externes à la zone euro, transactions commerciales et financières. 



Si ce système, qui avait été imaginé autrefois par des dirigeants politiques comme Edouard Balladur et John Major, ne pouvait être instauré en raison d’une insuffisante volonté politique des gouvernements de la zone euro, il serait possible d’envisager un changement plus important, sans drame, la fin concertée de l’euro. La fin de l’euro ne serait pas le chaos. La dette publique française est en effet entièrement libellée en euros, pas en dollars ou en yens. Son montant serait par conséquent inchangé pour les emprunteurs au premier rang desquels l’Etat français, contrairement à ce que l’on dit parfois.

 

Mais, naturellement il faudrait que cette période soit soigneusement préparée, avec autant d’attention que celle que l’on a mise pour créer la monnaie unique. Les banques notamment devraient gérer leurs risques en anticipant toutes les hypothèses. Si l’euro avait implosé en mai 2010, la crise aurait été véritablement systémique puisque les banques considéraient à cette époque qu’une créance sur la Grèce ou sur l’Italie, c’était comme une créance sur l’Allemagne. Aujourd’hui, elles gèrent beaucoup plus attentivement leurs risques, à l’image de ce que font les grandes entreprises industrielles. Certains économistes et dirigeants critiquent l’actuelle fragmentation des marchés, la renationalisation de la dette souveraine, mais cette renationalisation s’impose au nom de la prudence dans la gestion des risques. Piloter le passage d’un système de monnaie unique à un système de parités flexibles reviendrait en définitive à aligner le système monétaire de la zone euro sur le système international. 

 

La seule question que devraient se poser les dirigeants européens, c’est de savoir si la zone euro est bien une zone économique optimale. C’est en principe pour cela qu’ils ont décidé de faire l’euro... A cette question économique, ils doivent apporter une réponse économique. Autrement, nous risquons d’entrer dans un monde absurde. Nous y sommes peut-être déjà. Ce monde pourrait ressembler à celui des Shadoks. On dirait : « il faut pomper, il faut pomper ! Même si cela ne marche pas ! Au moins, on a le sentiment que l’Europe existe ! ». L’Europe mérite tout de même mieux que cela ! 

 

Regardons les réalités en face, acceptons de débattre de toutes les hypothèses, sans préjugé politique. L’engagement européen ne se mesure pas à l’aune d’un système monétaire qui n’est qu’un moment dans la vie des peuples. Le monde de 2014 n’est plus celui des pères fondateurs de l’euro.

 

Et prenons garde à ce fossé qui ne cesse de se creuser entre les dirigeants et les citoyens. En d’autres termes, au nom de l’Europe n’affaiblissons pas le projet européen et notre démocratie. 



Voir la note de lecture par Baptiste Petitjean, directeur de la Fondation Res Publica 

 

Cet article est le 197ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

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Published by Michel SORIN - dans CHEVENEMENT
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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 11:31

 

Les électeurs de gauche lancent des messages de détresse à l'équipage

 

Les 22 et 29 mars, les élections départementales* ont mobilisé la moitié des électeurs français et, parmi ceux qui ont voté, le nombre de bulletins blancs ou nuls indique aussi une insatisfaction. C'est un appel de détresse que ne veut pas entendre le chef du gouvernement. Les citoyens - qui ont cru dans le plan de vol que le futur président a présenté au Bourget en 2012 - sont désemparés par l'orientation que prend le président de la République. Ils se posent des questions sur la personnalité des pilotes. Voici le billet d'humeur (et d'humour) du MRC 53.

 

Elections départementales : les électeurs lancent un appel de détresse

 

Sommes-nous encore en démocratie ? Formellement, oui, mais dans une démocratie bien malade dans laquelle la moitié des électeurs ne vote pas aux élections départementales, et l'autre moitié se divise en trois parties inégales (droite, gauche, FN) quand ont été mis de côté les nombreux votes blancs ou nuls, qui sont aussi le reflet du malaise des électeurs.
 
Une démocratie dans laquelle le chef du gouvernement de gauche n'a aucun scrupule à utiliser des moyens de coercition parlementaire pour faire adopter par sa majorité chancelante une loi qui comporte des volets déconstruisant le droit social et libéralisant les pratiques économiques.
 
 
Nous sommes dans une démocratie qui est affaiblie par la crise économique et sociale et qui ne peut prendre les moyens de se soigner, ceux-ci lui ayant été confisqués de son plein gré par une Union européenne qui répand la maladie dans tous ses membres.
 
Le Premier ministre parle souvent de République, mais sans reconnaître au peuple français sa qualité de souverain. Il fait des discours en ne cessant de parler de lui et en affirmant sa volonté de continuer, quoi qu'il en coûte, sa politique car il est persuadé qu'elle portera ses fruits, tôt ou tard. Il prend ses désirs pour la réalité.
 
 
Au président de la République, qui n'a pas quitté la cabine de pilotage, les passagers demandent de tenir compte des appels électoraux qui lui sont adressés et de revenir au plan de vol annoncé au Bourget avant le départ. Il n'est pas trop tard pour nommer un nouveau copilote, plus représentatif de sa majorité présidentielle, qui sera capable d'éviter les obstacles et de regagner la confiance des électeurs, embarqués dans ce périlleux voyage commencé en 2012 et programmé sur cinq ans.
 
 
Concernant les élections départementales, lire le communiqué de presse du président MRC au niveau national, Jean-Luc Laurent, député du Val-de-Marne, membre du Bureau de l'Assemblée nationale, publié le 29 mars : Élections départementales : la gauche se cogne
 
 
En Mayenne, les résultats sont sans surprise. La coalition UDI-UMP a bénéficié de conditions favorables (opposition au gouvernement, union bien perçue par les électeurs mayennais, centrisme porteur en Mayenne). La gauche subit les conséquences d'une politique gouvernementale qui incite les électeurs de gauche à rester chez eux. C'est toute la gauche qui est malade de cette politique néolibérale et perverse, imposée par les 3 B (Bruxelles, Berlin, Bercy). Si, d'ici l'été, le PS ne retire pas son soutien à cette politique masochiste, les citoyens devront prendre directement leurs affaires en mains.
 
 
Concernant la position du MRC 53, dans le cadre du congrès du Mouvement Républicain et Citoyen en juin 2015, voici le texte proposé par Michel Sorin et Gérard Beillard, à voir sur le blog du MRC 53 (28 mars 2015) : Congrès MRC 2015 : le débat aura lieu sur l'orientation du Mouvement
 
 

 

Voir aussi, Laurent de Boissieu, 31 mars 2015 : Élections départementales 2015

 

Cet article est le 38ème sur ce blog dans la catégorie MRC 53 et Pays de la Loire

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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 17:42

La motion Maupouet-Sorin vise à mieux valoriser le logiciel Chevènement

 

Le congrès du Mouvement Républicain et Citoyen aura lieu les 13 et 14 juin 2015 à Paris-Bercy. Le but est de renouveler les orientations, la stratégie et les moyens du MRC, en même temps que les responsables à tous les niveaux, qui seront élus pour deux ans.

Les militants avaient jusqu'au 27 mars pour faire remonter au niveau national des contributions au débat, qui seront ensuite transmises aux adhérents. Lors du Conseil national du 12 avril, la répartition entre contributions et motions sera effectuée. Celles-ci, qui devront être signées par, au moins, dix membres du Conseil national, seront soumises au vote des adhérents, lequel déterminera la composition du Conseil national, qui est, en quelque sorte, le parlement du MRC. Le président est élu lors du congrès. Il demande au congrès de voter en faveur de l'équipe de direction qu'il propose (le secrétariat national).

Jean-Luc Laurent, Georges Sarre, Jean-Pierre Chevènement, puis Jean-Luc Laurent, se sont succédé à la tête du Mouvement depuis qu'il a pris le relais du Mouvement des Citoyens, en janvier 2003, après l'épisode du Pôle républicain pendant la campagne de l'élection présidentielle en 2002.

Ce congrès devra prendre position sur la stratégie à adopter en vue de l'élection présidentielle de 2017, le précédent congrès ayant validé l'accord signé avec le PS avant les élections de 2012.

 

Plusieurs textes ont été transmis à la direction nationale. Le secrétariat national fera le tri lors de sa prochaine réunion, mercredi 1er avril. Voici le texte porté par deux membres du Conseil national, Serge Maupouet (Charente-Maritime) et Michel Sorin (Mayenne). Ceux-ci veulent provoquer une mutation du MRC, afin de le rendre visible et réellement influent dans le paysage politique national. Pour cela, ils veulent prendre appui sur le logiciel républicain, résultat de 50 ans d'action politique de Jean-Pierre Chevènement, et en faire un outil politique entre les mains des citoyens.

 

Motion présentée par Serge MAUPOUET et Michel SORIN, membres du Conseil national

 

Voir (27 mars 2015, blog MRC 53) la 1ère partie : Congrès 2015 MRC : le débat s'organise autour de textes d'orientation. Voici la suite.

 

La question de la laïcité et de la République - les deux étant indissociables - se pose avec encore plus d'acuité depuis le début de l'année. Les leçons des évènements de janvier 2015 doivent être tirées. Voir Congrès MRC 2015 : la France citoyenne en marche depuis le 11 janvier

 

Nous devons prendre en compte les leçons des attentats de janvier 2015 à Paris, comme l'a fort bien indiqué Jean-Pierre Chevènement lors du colloque organisé par le Comité laïcité et République le 14 mars 2015. Crise de la laïcité, crise de la République, crise de la démocratie. Relevons le défi. Voir Nous sommes confrontés à une immense crise de la démocratie

 

« L'idéal laïc doit nous aider à relever le défi. La laïcité, c'est la croyance en la raison naturelle et en la capacité des citoyens à s'entendre sur une idée du bien commun dans un espace public soustrait à l'empire des dogmes (...).

La crise de la démocratie est plus sensible encore dans une République laïque comme la nôtre. Le triomphe d’idéologies obscurantistes résulte de l’abandon ou de la méconnaissance de la laïcité comme condition de validité de la formation d’une volonté générale, d’un bien commun à tous les hommes. 
C’est cette idée d’un bien commun qu’il faut relever. J’ai dit « un bien commun à tous les hommes » et non à une partie des hommes, par exemple à l’Occident. Il faut rejeter l’occidentalisme et penser un avenir de progrès pour tous, y compris le monde arabo-musulman qu’il faut réconcilier avec la modernité (Palestine, Iran). Mais cette modernité, avons-nous su la rendre aimable ? Poser la question c’est y répondre : la modernité du capital financier mondialisé suscite partout un immense rejet. C’est une autre modernité qu’il faut faire aimer (…). 

 

Il faut aussi expliquer la République et la laïcité, redonner sens au combat républicain - inséparable du combat pour la justice - en France et dans le monde. Ce qui unit doit être plus fort que ce qui divise. Relever l’Ecole de la République n’est pas possible si on ne relève pas la République elle-même (...) »

 

Le MRC est l'héritier de cinquante ans de militantisme socialiste et républicain autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Un parcours parsemé de succès et d'échecs, une ligne politique constante et un logiciel républicain qui s'est affirmé au cours du temps et dont la validité est confirmée par les évènements.

Nous disposons d'une mine documentaire avec les écrits de Jean-Pierre Chevènement depuis le CERES jusqu'au MRC, en passant par le Mouvement des Citoyens. Voir Congrès MRC 2015 : les livres de Chevènement, source d'inspiration

 

En 1969-1971, le CERES avait contribué à changer profondément la nature du Parti socialiste, ce qui ouvrait la voie au rassemblement de la gauche, préalable à la conquête du pouvoir.

 

En 2015-2017, le rôle du MRC est de rendre possible l'alternative républicaine et citoyenne par le rassemblement politique de la gauche, à tous les niveaux institutionnels, de la commune à la nation :

- autour du concept de nation citoyenne, fondateur de la République en 1792,

- autour de la souveraineté nationale et populaire, à redéfinir en récusant l'idéologie néolibérale et sa créature institutionnelle européenne,

- autour des idées qui ont permis au Conseil national de la Résistance de forger le compromis politique du redressement national à la Libération,

- autour du lien entre politique et économie productive à tous les niveaux institutionnels territoriaux.

 

La mission historique du MRC est d'amorcer le rassemblement des citoyens pour construire une alternative sociale et républicaine à la politique libérale en vigueur depuis 1983. Le congrès 2015 doit être décisif sur ce point. Sans attendre le mois de juin, le MRC pourrait soutenir l'idée - qui a été lancée par Le Monde Diplomatique - d'organiser des manifestions autour du 10ème anniversaire du refus du peuple français de ratifier le traité constitutionnel européen. Le NON républicain et le NON antilibéral auraient ainsi l'occasion de se rapprocher en vue de préparer ensemble un projet social et républicain, en rupture avec les politiques néolibérales.

 

Le rôle du MRC est de confronter le logiciel Chevènement au vécu des citoyens et d'inventer avec eux le projet social républicain adapté à notre temps et à notre pays.

 

Les idées politiques que Jean-Pierre Chevènement porte depuis cinquante ans sont le logiciel du MRC. Il doit être mis à la disposition des citoyens par l'intermédiaire des militants dans les départements, animateurs de groupes locaux de citoyens et, à partir de là, s'enclenchera une dynamique militante. Le logiciel peut être enrichi à la demande des groupes, si les arguments qu'ils avancent sont pertinents.

N'oublions pas les concepts que nous avions forgés dans les années 1970 : le mouvement d'en bas à relier au mouvement d'en haut, l'autogestion de l'entreprise. Réactualisons, innovons, accueillons les idées nouvelles, par exemple la revalorisation du travail du salarié, producteur de richesse économique et sociale, dont la qualification doit être reconnue et protégée. C'est le travail qui permet de produire la valeur économique correspondant au salaire, mais aussi la valeur sociale sous forme de cotisation. C'est ainsi que l'économie et le social sont étroitement liés. C'est le développement de l'économie qui conditionne la protection sociale.

 

Sous l'emprise du capitalisme financier, l'emploi enferme la valeur économique dans une logique marchande et devient une variable d'ajustement des dividendes pour les actionnaires.

 

La République doit faire de l'emploi, notamment dans l'économie productive, de la qualification professionnelle, de la qualité de l'instruction et d'une formation initiale ambitieuse pour tous, l'objectif n° 1.

 

Le MRC doit prendre l'initiative d'organiser le dialogue entre les citoyens et les professionnels par secteur d'activité afin de favoriser la démocratie économique et l'efficacité des secteurs productifs.

Il faut aussi réfléchir aux conséquences sociales du développement accéléré de l'économie numérique dans les secteurs des communications, de l'énergie et des transports. Ce peut être le moyen d'affaiblir le capitalisme financier et d'aller vers une économie plus citoyenne.

Le Mouvement Républicain et Citoyen est devant une responsabilité historique.

 

Ce congrès clôt une longue période de 50 ans de vie politique active de Jean-Pierre Chevènement. Il va continuer à être présent mais différemment. Nul doute que ses analyses politiques seront toujours aussi appréciées. Mais il ne sera plus en première ligne. Il avait espéré que le Temps des Citoyens viendrait dans les années qui ont suivi la création du Mouvement des Citoyens, en 1993. Il a tout fait pour mettre la citoyenneté et la République en avant lors de la campagne de l'élection présidentielle de 2002. Ce n'était pas encore l'heure. Celle-ci est peut-être venue. C'est le moment de donner un coup de jeune à notre Mouvement et de le relancer.

Lors de notre congrès 2010, nous avions conclu notre contribution par ces quelques mots qui restent valables aujourd'hui (voir Congrès MRC : l'intervention de Michel Sorin).

« Au moment où les faits nous donnent raison, notre priorité doit être de rassembler et d'organiser nos forces, afin de donner du souffle à notre combat politique. Il nous manque un peu de confiance en nous, en notre capacité militante de convaincre. Donnons-nous les moyens collectifs d’être nous-mêmes, sans complexes, le parti de rassemblement de la gauche républicaine.  

Sortons de l’isolement en multipliant les contacts avec les autres forces progressistes, qu’elles soient politiques, syndicales et associatives.  Attaquons-nous aussi à l’isolement des militants en mettant en œuvre la dialectique entre le mouvement d’en haut et le mouvement d’en bas. Organisons des déplacements de « mousquetaires » nationaux dans les départements, Jean-Pierre Chevènement montrant l’exemple. 

Valorisons mieux les capacités militantes, en les sollicitant, pour utiliser Internet et d’autres moyens de communication.  Faisons davantage confiance aux militants dans les régions et les départements. Ne sous-estimons pas, au niveau de la direction nationale, le rôle politique déterminant de la coordination, de l’animation et du développement des fédérations départementales. La formation des militants et des élus nécessite une structuration au niveau national et des relais dans les régions.  

Pratiquons la démocratie interne, en faisant vivre le bureau national élu par les régions et les départements. Avec le Conseil national, qui est réuni trois ou quatre fois par an, le Bureau est l’instance « parlementaire » chargée de contrôler l’exécutif, c’est-à-dire la direction (le secrétariat national). Concrètement, rassemblons dans l’action tous les militants de toutes les fédérations, par le dialogue et le souci de dépasser les clivages anciens. »

 

Revenons à Jean Jaurès, qui a su rassembler les socialistes au début du XXème siècle en s'appuyant sur la République. Ce serait un bon moyen de renforcer les fondations historiques du Mouvement au niveau des militants et de favoriser le rassemblement des citoyens autour d'un projet social républicain se substituant au social libéralisme qui est aux commandes de notre pays et qui a échoué.

Le congrès du MRC, à Paris-Bercy, doit être le moment de mettre en valeur l'apport politique de Jean-Pierre Chevènement ces 50 dernières années et d'adopter un projet politique ambitieux et rassembleur, ouvrant enfin des perspectives sociales et républicaines crédibles et porteuses d'avenir pour notre pays.

 

Serge Maupouet et Ricardo Mella (Charente-Maritime) - Gérard Beillard et Michel Sorin (Mayenne)

 

Cet article est le 153ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

Serge Maupouet et Michel Sorin, le 8 juin 2011 à Surgères (17)., lors d'une réunion sur le thème de l'agriculture et de l'alimentation. Voir l'article Agriculture et alimentation : intervention de Michel Sorin à Surgères (17)

Serge Maupouet et Michel Sorin, le 8 juin 2011 à Surgères (17)., lors d'une réunion sur le thème de l'agriculture et de l'alimentation. Voir l'article Agriculture et alimentation : intervention de Michel Sorin à Surgères (17)

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 23:30

Serge Maupouet et Michel Sorin signent un texte de débat et de combat

Serge Maupouet et Michel Sorin, responsables du Mouvement Républicain et Citoyen en Charente-Maritime et en Mayenne, veulent provoquer une mutation du MRC, afin de le rendre visible et réellement influent dans le paysage politique national. Pour cela, ils veulent prendre appui sur le logiciel républicain, résultat de 50 ans d'action politique de Jean-Pierre Chevènement, et en faire un outil politique entre les mains des citoyens.

Les militants avaient jusqu'au 27 mars pour faire remonter au niveau national des contributions au débat, qui seront ensuite transmises aux adhérents. Lors du Conseil national du 12 avril, la répartition entre contributions et motions sera effectuée. Celles-ci, qui devront être signées par, au moins, dix membres du Conseil national, seront soumises au vote des adhérents, lequel déterminera la composition du Conseil national, qui est, en quelque sorte, le parlement du MRC. Le congrès aura lieu les 13 et 14 juin 2015 à Paris-Bercy.

Voici des extraits du texte que Serge Maupouet et Michel Sorin ont transmis ce 27 mars à la direction nationale du MRC.

Ce congrès clôt une longue période de 50 ans de vie politique active de Jean-Pierre Chevènement. Il va continuer à être présent mais différemment. Nul doute que ses analyses politiques seront toujours aussi appréciées. Mais il ne sera plus en première ligne. Il avait espéré que le Temps des Citoyens viendrait dans les années qui ont suivi la création du Mouvement des Citoyens, en 1993. Il a tout fait pour mettre la citoyenneté et la République en avant lors de la campagne de l'élection présidentielle de 2002. Ce n'était pas encore l'heure. Celle-ci est peut-être venue. C'est le moment de donner un coup de jeune à notre Mouvement et de le relancer.

Il n'y a désormais plus de doute. La gauche ne pourra gagner l'élection présidentielle 2017 que si elle présente un candidat commun dès le premier tour et si - mais cela va de pair - elle est capable de rassembler son électorat autour d'un projet social et républicain de redressement de la France.

 

Ce n'est pas la voie choisie par le Président de la République, qui a opté pour un gouvernement dont la ligne politique est minoritaire à gauche. Celle-ci consiste à satisfaire les volontés des forces libérales au sein des institutions européennes, ce qui va à l'encontre des attentes de l'électorat de gauche et des intérêts du peuple français.

La division des forces politiques de gauche, que l'on a constatée encore lors des élections départementales le 22 mars, s'explique par la nature de la politique économique menée par le gouvernement, qui refuse le principe même d'une confrontation au niveau européen.

Le choix de soumission aux trois B - Bruxelles, Berlin, Bercy - est contraire aux engagements électoraux du président et se révèle mortifère pour la gauche et pour la France. Mais il serait encore possible de modifier le cours des choses lors du congrès du Parti socialiste en juin 2015, si les membres du PS en avaient vraiment l'intention et le pouvoir.

 

La responsabilité des militants du Mouvement Républicain et Citoyen est de réussir leur congrès, une semaine après celui du PS, c'est-à-dire faire émerger un MRC dont les trois lettres préfigurent le mouvement républicain et citoyen dont la gauche et les Français ont besoin.

Voir nos interventions lors des précédents congrès :

- 29 juin 2010, Congrès MRC : l'intervention de Michel Sorin, présentant sa contribution.

- 22 décembre 2012, Congrès MRC 2012 : intervention de Michel Sorin, délégué du MRC 53.

Depuis sa création en janvier 2003, le MRC s'est positionné sur une ligne politique républicaine de gauche, dans le sillage de Jean-Pierre Chevènement, en développant une stratégie d'influence auprès du Parti socialiste. Celle-ci a montré ses limites, qui se situent à l'Assemblée nationale. Les trois députés MRC s'expriment librement au sein du groupe SRC (Socialiste, républicain et citoyen), mais sans pouvoir infléchir la politique de la majorité gouvernementale. Celle-ci ne cherche pas à se soustraire à l'emprise du capitalisme financier, qui se manifeste essentiellement par le biais des institutions européennes, dominées par l'idéologie néolibérale.

 

Le MRC doit en tirer les enseignements dans la perspective des prochaines échéances électorales nationales. Sans remettre en cause la stratégie d'influence, qui a son intérêt au sein des institutions démocratiques nationales, il s'agit de faire en sorte qu'elle s'appuie sur les citoyens, afin d'établir un rapport de forces qui soit favorable.

 

Pour cela, nous devons dire clairement que le maintien de la France et de l'Union européenne dans un état de semi-apesanteur démocratique n'est plus acceptable.

Disons clairement que la France doit reconquérir la plénitude de sa souveraineté politique, ce qui peut être compatible avec des délégations de souveraineté consenties par référendum. Le contre-exemple a été fourni par le traité européen de Lisbonne, dont la légitimité n'est pas assurée car sa ratification par le parlement français est contestable, après la non ratification du traité constitutionnel européen - dont il avait repris l'essentiel - par le peuple français, lors du référendum le 29 mai 2005.

 

Plutôt que de laisser le débat politique se décentrer autour de la peur de l'accession au pouvoir d'un parti populiste en France, il faut prendre les moyens politiques faisant régresser définitivement son audience nationale. L'implantation de ce parti est le symptôme de l'épuisement de partis politiques qui se sont dévoyés en mentant sur la réalité de leur politique européenne, contraire aux intérêts nationaux des peuples européens.

L'abstention et la démotivation citoyenne sont les conséquences de la dérive du système politique qui s'est davantage préoccupé de lui-même dans un souci carriériste de ses membres que de porter les problèmes et difficultés des citoyens dans la vie quotidienne.

Plutôt que d'avoir peur des marchés financiers, il faut créer les conditions du développement de l'économie française. Le capitalisme financier néolibéral est à l'origine des divisions et des frustrations qui traversent la société. Il a réussi à provoquer le morcellement politique et syndical afin d'empêcher que se forme une alternative à la politique de soumission à ses intérêts. Notre réponse doit être de reconstruire à la fois la défense des salariés en tant que citoyens au travail et la défense des entreprises contre leur spoliation par des actionnaires n'ayant aucun souci de l'intérêt général et de l'importance de l'économie réelle dans la vie d'un pays.

Cet article est le 152ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

Serge Maupouet et Michel Sorin, le 8 juin 2011 à Surgères (17), lors d'une réunion sur le thème de l'agriculture et de l'alimentation.

Serge Maupouet et Michel Sorin, le 8 juin 2011 à Surgères (17), lors d'une réunion sur le thème de l'agriculture et de l'alimentation.

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 22:59

Le réseau FEEL a publié des résultats tenant compte de la diversité des alliances

 

Comme lors de chaque scrutin, le Ministère de l’Intérieur a établi des résultats agrégés au niveau national du premier tour des élections départementales par force politique. Depuis dimanche soir, cette présentation des résultats a été largement remise en question par les responsables politiques car elle repose sur un ensemble de choix discutables.

Depuis la publication du fichier des candidatures par le Ministère de l’Intérieur, plusieurs spécialistes des élections et chercheurs membres du réseau Futur des Etudes Electorales (FEEL) de l’Association Française de Science Politique ont conjugué leurs efforts et passé en revue l’ensemble des binômes afin de mieux prendre en compte la réalité de l’offre électorale. Cette note présente les premiers résultats de ce travail collectif, qui permet de questionner avec beaucoup plus de précision l’état des rapports de force électoraux en France.

La totalisation des résultats des forces politiques au niveau national pour ce premier tour des élections départementales n’est pas un exercice facile : ce sont en fait 2 054 élections différentes qu’il faut agréger (1 995 sur le territoire métropolitain). Mais cet effort est incontournable pour analyser la manière dont les électeurs ont voté, et notamment pour mesurer les dynamiques nationales qui ont été à l’œuvre.  

Le nuancier établi avant le scrutin par le Ministère de l’Intérieur, qui a été appliqué aux binômes de candidats au niveau des préfectures, joue ce rôle. Cependant, le codage des candidatures, indispensable pour agréger les résultats, ne va jamais de soi. Certaines candidatures sont difficiles à caractériser, et les erreurs sont fréquentes, notamment (mais pas seulement) en ce qui concerne les divers gauche, divers et autres divers droite. Par ailleurs, comme tout nuancier, celui du Ministère de l’Intérieur correspond à des choix pour rendre compte de l’offre politique. Il est ici insatisfaisant pour avoir une vision précise des rapports de force électoraux nationaux car il ne permet pas de rendre compte de l’ensemble des stratégies d’alliances entre les partis. Et ce d’autant que l’instauration d’un scrutin binominal offre des possibilités importantes d’alliances.

Pour ces élections départementales, la problématique principale concerne la gauche, compte tenu de la forte fragmentation de ses candidats et les logiques différenciées d’alliances entre ses diverses composantes. Or c’est à gauche qu’il existe un enjeu à comparer les résultats des forces politiques puisque de nombreuses organisations (PCF, PG, EELV, etc.) cherchent à concurrencer la position nationale dominante du PS. A droite, l’UMP, l’UDI et le MoDem ont davantage été dans une logique de coopération et d’unité, les enjeux concurrentiels relevant le plus souvent de confrontations locales et de personnes (comme en Haute-Savoie par exemple). Seuls Debout la France et bien sûr le Front National ont été dans une logique d’affrontement, mais l’identification de leurs binômes ne pose pas de problème (...).

Les résultats du premier tour des départementales de 2015 selon les logiques d’alliance (métropole)

 

 

Résultats (%)

Nombre de cantons

Votants

50,3

1 994

Blancs

1,6

 

Nuls

0,8

 

Exprimés

47,9

 

Extrême gauche

0,1

41

Front de Gauche

5,5

1 075

Front de Gauche - EELV

2,8

427

EELV

1,9

362

PS-PCF

1,3

98

PS-EELV

3,0

204

PS-PCF-EELV

0,4

22

PS-PRG

20,1

1 525

DVG

1,8

270

Régionalistes

0,5

59

Ecologistes divers

0,1

17

Divers

0,4

113

UMP-UDI-MoDem

33,3

1 926

DVD

2,9

389

DLF

0,4

156

FN

25,7

1 897

Extrême droite

0,1

21

NB : Les résultats sont en pourcentage des inscrits pour les votants, les blancs, les nuls et les exprimés, en pourcentage des exprimés pour les binômes de candidats.

 

Les binômes Front de gauche correspondent aux binômes investis soit par le seul PCF, soit par le seul PG, soit par ces deux partis en même temps (avec aussi la présence moins significative de la troisième composante du Front de gauche, Ensemble). Ils totalisent 5,5 % des suffrages exprimés avec une présence dans un peu plus d’un canton sur deux (1 075 sur 1 995).

Les binômes FG-EELV se distinguent des binômes FG par le fait qu’ils sont également soutenus par EELV. Ces binômes ont obtenu 2,8 % des suffrages exprimés avec une présence dans près d’un quart des cantons, avec parfois des concurrences entre un binôme PG-EELV et un binôme PCF.

Les binômes EELV sont ceux qui ont été investis par EELV sans le soutien d’une composante du FG et sans le soutien du PS. Certains de ces binômes sont aussi investis par des petits partis comme Nouvelle Donne. Les binômes EELV ont recueilli 1,9 % des suffrages exprimés avec une présence dans moins de deux cantons sur dix.

Le cumul des voix des binômes FG, FG-EELV et EELV indique que la gauche autonome du PS totalise 10,1 % (sans compter 0,1 % pour l’extrême gauche quasi absente dans ce scrutin) pour une présence dans 1 546 cantons sur 1 995.

Les binômes PS-PRG correspondent à des binômes investis par le PS, avec ou sans le PRG. Les binômes PRG sans soutien du PS ont été agrégés à la catégorie DVG (seulement 20 cas et 30 000 voix environ). Les binômes PS-PRG n’ont pas reçu le soutien du FG ou d’EELV. Ils totalisent 20,1 % des suffrages exprimés avec une présence dans un peu plus de trois-quarts des cantons.

Les binômes PS-PCF, PS-EELV et PS-PCF-EELV correspondent à des binômes qui ont reçu l’investiture de ces différents partis. Dans certains cas, l’une des composantes de ces alliances se contente d'apposer son logo ou de présenter un suppléant. Dans certains cas, le soutien est encore plus discret. Ces binômes sont présents dans à peine plus de 15 % des cantons. Ils totalisent 4,6 % des suffrages exprimés.

L'agrégation des différents binômes soutenus par le PS amène à un score de 24,7 % pour une présence dans 1 849 cantons sur 1 995.

Mais d’autres agrégations peuvent paraître légitimes, notamment celle qui agrègent les binômes PCF, PCF-PG, PCF-PG-EELV, PCF-PS, PCF-PS-EELV avec un score de 9,4 % pour une présence dans 1 542 cantons sur 1 995.

Il en va de même pour le total des candidats soutenus par EELV avec les binômes EELV, EELV-FG, EELV-PS, EELV-PS-PCF avec un total de 8,0 % pour une présence dans 962 cantons sur 1 995.

Enfin, à gauche, les binômes divers gauche correspondent à des binômes sans étiquette ou de petits partis tels que le MRC ou Nouvelle Donne (mais aussi le PRG) qui ne bénéficient pas du soutien du PS, du FG ou d’EELV. On retrouve aussi dans cette catégorie les candidats PS dissidents ou ex-socialistes en rupture de banc (candidats soutenus par Philippe Saurel dans l’Hérault, candidats de la Force du 13 de Jean-Noël Guérini dans les Bouches-du-Rhône).

Parmi les candidats inclassables à gauche ou à droite, on retrouve les binômes divers, régionalistes (notamment en Corse, dans les Pyrénées-Atlantiques, en Savoie et en Bretagne) et écologistes divers.

Les binômes soutenus par l’UMP, l’UDI ou le MoDem (parfois en concurrence) permettent de saisir l’état de l’opposition de droite modérée qui se présentait nationalement sous une forme relativement unie, sans véritable logique de concurrence, ni l’UDI ni le MoDem ne contestant la position hégémonique de l’UMP (contrairement à la période passée en ce qui concerne le MoDem, qui a par ailleurs rompu avec son discours ni gauche ni droite). Ces binômes totalisent 33,3 % avec une présence quasi systématique.

Les binômes Divers droite sont réduits à des binômes non soutenus par l’UMP, l’UDI ou le MoDem : ils correspondent soit à de petits partis (comme l’UPR), soit à des dissidents.

Les binômes Debout la France se présentaient de façon autonome systématiquement. Il en va de même pour les binômes du FN, qui ne posaient aucun problème de recodage. Ils recueillent 25,7 % en France métropolitaine, avec une présence dans 95 % des cantons.

 

Florent Gougou et Simon Labouret, avec le groupe de travail FEEL

 

Voir slowpolitix: Les résultats du premier tour des élections départementales de 2015

 

Rappel  (23 mars 2015) : Elections départementales 2015 : l'abstention est plus forte à gauche

 

Cet article est le 50ème paru sur ce blog dans la catégorie Collectivités territoriales

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 23:39

La soumission à l'Europe libérale est à l'origine des difficultés du PS

 

Après les résultats du premier tour des élections départementales, le 22 mars 2015, la gauche est en grande difficulté et risque de perdre la majorité dans une vingtaine de départements, dont le Nord et les Bouches-du-Rhône, qui étaient des fiefs très anciens du Parti socialiste. Voir les résultats : Elections départementales 2015 : le FN en tête des partis au 1er tour.

 

Un politologue, Thomas Guénolé, a montré que la participation électorale a été particulièrement faible dans les départements dont la population est plus jeune et plus pauvre. Voir cet article publié sur le site du Point : Thomas Guénolé : "Les jeunes et les plus pauvres sont en décrochage civique".

Il met l'accent sur la division de la gauche et prévient que celle-ci ne pourra l'emporter en 2017 que si elle est parfaitement unie. Extrait :

« Le score du PS et de ses alliés montre que si la gauche sociale-démocrate unit ses forces dès le premier tour de 2017, elle peut gagner de justesse, avec une probabilité très incertaine. Hollande pourrait renouer avec les écologistes et négocier avec les frondeurs, mais ça ne suffirait pas pour assurer la qualification au second tour : la gauche n'est certaine d'y être qu'intégralement unie. Cela repose la question de la négociation urgente d'un programme commun entre toutes les forces de gauche, des sociaux-libéraux jusqu'aux communistes, en passant par les sociaux-démocrates et les socialistes ». 

Rien n'est dit sur les causes de la division de la gauche. On les trouve dans le communiqué du président du Mouvement Républicain et Citoyen, le député du Val-de-Marne, Jean-Luc Laurent. Voir Le problème de la gauche n’est pas la division mais la soumission

Au soir du premier tour des élections départementales, il faut se garder de tirer des leçons définitives. Il est toutefois clair que la gauche est en grande difficulté. 

Dans de nombreux cantons, le candidat de gauche est éliminé dès le premier tour, non pas en raison de la division ou des divergences mais d’une abstention plus grande des électeurs de gauche, orphelins de 2012.

Aucune voix ne doit aller au Front National qui nourrit la crise autant qu’il s’en nourrit et ne représente pas une alternative. Dans des territoires souvent marginalisés, les citoyens ont la responsabilité de ne pas apporter de reconnaissance institutionnelle à un parti dangereux pour la démocratie. Le refus de distinguer la gauche du Front national prôné par Nicolas Sarkozy est irresponsable. 


La gauche ne mobilise pas parce que les résultats ne sont pas au rendez-vous et que le Président de la République échoue à traduire en actes « le changement » annoncé en 2012. Sur trop de questions, souvent les plus centrales, la continuité l’emporte sur le changement. La France est sortie de la route des 3% sans en tirer aucun avantage et sans amorcer une dynamique économique bénéfique pour le pays. Depuis trois ans, la stratégie de non-confrontation au niveau européen est perdante. Exemple récent, l’attitude du gouvernement depuis la victoire de Syriza en Grèce ne fait que confirmer cette politique de soumission.

Les causes de la démobilisation citoyenne de l'électorat de gauche se situent dans la politique gouvernementale, qui se veut en parfaite harmonie avec les instances européennes. La gauche ne pourra gagner en 2017 que si elle se rassemble autour d'un projet social républicain dans lequel toutes ses composantes seraient impliquées. Voir, 22 mars 2015, la contribution Maupouet-Sorin pour le congrès MRC : Congrès MRC 2015 : pour un parti citoyen d'alternative au libéralisme

Cet article est le 49ème paru sur ce blog dans la catégorie Collectivités territoriales

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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 18:16

La contribution Maupouet-Sorin veut un MRC plus ambitieux et plus militant

 

Le congrès du Mouvement Républicain et Citoyen aura lieu les 13 et 14 juin 2015 à Paris-Bercy. Les motions et contributions doivent être transmises avant le 28 mars au secrétariat national.Celui-ci les examinera le 1er avril et le Conseil national, le 12 avril, après débat, retiendra les motions et contributions qui seront transmises aux adhérents.

Voici la contribution d'orientation politique générale rédigée par Serge Maupouet (Charente-Maritime), Gérard Beillard et Michel Sorin (Mayenne), dans la perspective qu'elle serve de base à la rédaction d'une motion d'orientation.

Rappel concernant les congrès précédents :

Voir, 29 juin 2010, Congrès MRC : l'intervention de Michel Sorin, présentant sa contribution. Voir aussi, 22 décembre 2012, Congrès MRC 2012 : intervention de Michel Sorin, délégué du MRC 53.

Contribution de Serge MAUPOUET et de Michel SORIN, membres du Conseil national

Ce congrès doit être l'occasion de réfléchir à une stratégie plus ambitieuse pour notre Mouvement, avec la volonté de créer les conditions d'en faire un parti citoyen porteur de propositions pour remettre la France dans le sens de sa marche républicaine, commencée en 1792, afin de la conduire vers un avenir correspondant aux attentes du peuple français.

 

Depuis sa création en janvier 2003, le MRC s'est positionné sur une ligne politique républicaine de gauche, dans le sillage de Jean-Pierre Chevènement, en développant une stratégie d'influence auprès du Parti socialiste. Celle-ci a montré ses limites, qui se situent à l'Assemblée nationale, les trois députés MRC s'exprimant librement au sein du groupe SRC (Socialiste, républicain et citoyen), mais sans pouvoir infléchir la politique de la majorité gouvernementale, qui se maintient sous l'emprise du capitalisme financier, par le biais des institutions européennes.

 

Le MRC, lors du congrès 2015, doit en tirer les enseignements dans la perspective des prochaines échéances électorales nationales en 2017. Il n'est pas possible d'infléchir, de l'intérieur de la majorité, la ligne politique présidentielle, sans s'appuyer sur les citoyens.

L'option qui reste est de conduire une alternative républicaine et citoyenne en faisant du MRC la base d'un rassemblement politique:

- autour du concept de nation citoyenne, fondateur de la République en 1792,

- autour de la souveraineté nationale et populaire, à redéfinir en récusant l'idéologie néolibérale et le lien que la construction européenne entretient dans l'opacité avec les grands groupes économiques et financiers, et en revenant sur les conditions dans lesquelles le traité de Lisbonne a été adopté après l'échec de la ratification du traité constitutionnel européen,

- autour des idées qui ont permis au Conseil national de la Résistance de forger le compromis politique du redressement national à la Libération,

- autour du lien entre politique et économie productive à tous les niveaux institutionnels territoriaux.

 

Plutôt que de laisser le débat politique se décentrer autour de la peur de l'accession au pouvoir d'un parti populiste en France, il faut prendre les moyens politiques qui feront régresser définitivement son audience nationale. Plutôt que d'avoir peur des marchés financiers, il faut créer les conditions du développement de l'économie française.

Le capitalisme financier néolibéral est à l'origine des divisions et des frustrations qui traversent la société. Il a réussi à provoquer le morcellement politique et syndical afin d'empêcher que se forme une alternative à la politique de soumission à ses intérêts.

 

La mission historique du MRC est d'amorcer le rassemblement des citoyens pour construire une alternative républicaine à la politique libérale en vigueur depuis 1983. Le congrès 2015 doit en être la base de lancement.

 

Nous disposons d'une mine documentaire avec les écrits de Jean-Pierre Chevènement depuis le CERES jusqu'au MRC, en passant par le Mouvement des Citoyens.

 

Une orientation politique puisée dans les livres de Jean-Pierre Chevènement : Voir Congrès MRC 2015 : les livres de Chevènement, source d'inspiration

Les leçons des évènements de janvier 2015 doivent être tirées. Voir Congrès MRC 2015 : la France citoyenne en marche depuis le 11 janvier

Le rôle du MRC est de confronter le logiciel Chevènement au vécu des citoyens et d'inventer avec eux le projet social républicain adapté à notre temps et à notre pays.

 

Les idées politiques que Jean-Pierre Chevènement porte depuis cinquante ans sont le logiciel du MRC. Il doit être mis à la disposition des citoyens par l'intermédiaire des militants dans les départements, animateurs de groupes locaux de citoyens et, à partir de là, s'enclenchera une dynamique militante. Le logiciel peut être enrichi à la demande des groupes, si les arguments qu'ils avancent sont pertinents.

N'oublions pas les concepts que nous avions forgés dans les années 1970 : le mouvement d'en bas à relier au mouvement d'en haut, l'autogestion de l'entreprise. Réactualisons, innovons, accueillons les idées nouvelles, par exemple la revalorisation du travail du salarié, producteur de richesse économique et sociale, dont la qualification doit être reconnue et protégée. C'est le travail qui permet de produire la valeur économique correspondant au salaire, mais aussi la valeur sociale sous forme de cotisation. C'est ainsi que l'économie et le social sont étroitement liés. C'est le développement de l'économie qui conditionne la protection sociale.

 

Sous l'emprise du capitalisme financier, l'emploi enferme la valeur économique dans une logique marchande et devient une variable d'ajustement des dividendes pour les actionnaires.

 

La République doit faire de l'emploi, notamment dans l'économie productive, de la qualification professionnelle, de la qualité de l'instruction et d'une formation initiale ambitieuse pour tous, l'objectif n° 1.

 

Le MRC doit prendre l'initiative d'organiser le dialogue entre les citoyens et les professionnels par secteur d'activité afin de favoriser la démocratie économique et l'efficacité des secteurs productifs.

Il faut aussi réfléchir aux conséquences sociales du développement accéléré de l'économie numérique dans les secteurs des communications, de l'énergie et des transports. Ce peut être le moyen d'affaiblir le capitalisme financier et d'aller vers une économie plus citoyenne.

Le Mouvement Républicain et Citoyen est devant une responsabilité historique.

 

Revenir à Jean Jaurès, qui a su rassembler les socialistes au début du XXème siècle en s'appuyant sur la République, serait un bon moyen de renforcer les fondations historiques du Mouvement au niveau des militants et de favoriser le rassemblement des citoyens autour d'un projet social républicain se substituant au social libéralisme qui est aux commandes de notre pays et qui a échoué.

Le congrès du MRC, à Paris-Bercy, doit être le moment de la décision d'adoption de ce projet politique ambitieux, valorisant tout ce qui a été fait depuis 50 ans par les militants autour de Jean-Pierre Chevènement et ouvrant des perspectives sociales et républicaines pour notre pays.

 

Cet article est le 151ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 12:20

 

La France doit mettre le citoyen et la République au centre de la vie publique

 

Gérard Beillard, Serge Maupouet et Michel Sorin ont préparé une contribution qui pourra être intégrée dans une motion d'orientation, dans le cadre du congrès du Mouvement Républicain et Citoyen, qui aura lieu les 13 et 14 juin 2015 à Paris-Bercy. Après la partie de cette contribution qui reprend des extraits de quelques livres de Jean-Pierre Chevènement (voir, 21 mars, Congrès MRC 2015 : les livres de Chevènement, source d'inspiration), voici la partie qui traite des évènements de janvier à Paris et de leurs enseignements.

Les leçons des évènements de janvier 2015 doivent être tirées.

Nous devons prendre en compte les leçons des attentats de janvier 2015 à Paris, comme l'a fort bien indiqué Jean-Pierre Chevènement lors du colloque organisé par le Comité laïcité et République le 14 mars 2015. Crise de la laïcité, crise de la République, crise de la démocratie. Relevons le défi. Voir Nous sommes confrontés à une immense crise de la démocratie.

« L'idéal laïc doit nous aider à relever le défi. La laïcité, c'est la croyance en la raison naturelle et en la capacité des citoyens à s'entendre sur une idée du bien commun dans un espace public soustrait à l'empire des dogmes (...).

La crise de la démocratie est plus sensible encore dans une République laïque comme la nôtre. Le triomphe d’idéologies obscurantistes résulte de l’abandon ou de la méconnaissance de la laïcité comme condition de validité de la formation d’une volonté générale, d’un bien commun à tous les hommes. 

C’est cette idée d’un bien commun qu’il faut relever. J’ai dit « un bien commun à tous les hommes » et non à une partie des hommes, par exemple à l’Occident. Il faut rejeter l’occidentalisme et penser un avenir de progrès pour tous, y compris le monde arabo-musulman qu’il faut réconcilier avec la modernité (Palestine, Iran). Mais cette modernité, avons-nous su la rendre aimable ? Poser la question c’est y répondre : la modernité du capital financier mondialisé suscite partout un immense rejet. C’est une autre modernité qu’il faut faire aimer (…). 

Il faut aussi expliquer la République et la laïcité, redonner sens au combat républicain - inséparable du combat pour la justice - en France et dans le monde. Ce qui unit doit être plus fort que ce qui divise. Relever l’Ecole de la République n’est pas possible si on ne relève pas la République elle-même (...). 

Comment voyons-nous l’avenir de notre société ? Et l’avenir du monde ? De quel projet sommes-nous porteurs ? La laïcité est un combat. C’est celui de la Raison qu’il faut remettre à l’œuvre dans l’Histoire, après trois décennies d’obscurantisme consenti, une histoire qui sera inséparablement la nôtre et celle des autres peuples. Enoncer ce défi est une manière d’en prendre la mesure. Comme dit l’adage « Il n’y a pas de cap pour qui ne connaît pas le port ». Ce cap c’est celui de la République et de la laïcité retrouvées ! »

 

La France citoyenne s'est levée le 11 janvier, comme l'a écrit Anne Françoise Franceschini :

(…) « Cette marche a permis à la République de revenir dans les consciences de chacun, dans les médias où la réflexion, les débats que l’on pensait d’un autre siècle ont animé durant plusieurs jours l’actualité, chez les citoyens à la maison, au bureau, entre amis ou chacun, à travers ses émotions, ses craintes, essayait de trouver des réponses au mal de notre société.

Ces débats, ces réflexions, ne doivent pas être remisés dans un coin de notre tête attendant le prochain traumatisme pour redevenir d’actualité. Nous devons continuer la marche du 11 janvier, nous devons revenir à l’essentiel, aux valeurs de la République et réfléchir au choix de société au regard de ses valeurs et de ce que la République considère comme son centre, sa base, le citoyen.

Le citoyen doit reprendre sa place ; le 11 janvier, des citoyens se sont unis pour dire ce qui leur était précieux, ils ont pris conscience de la puissance de cette union. Nous devons mobiliser les citoyens, leur redonner la parole, créer des agoras en dehors des partis politiques qui ne sont plus que des machines électorales, des courroies de transmission des élus, sans débats, sans idées. La République doit retrouver son essence, la Res Publica, la chose publique, qui appartient au peuple, qui est pour le peuple, les citoyens.

Les médias guident la pensée des citoyens en mettant en exergue tel évènement au détriment d’un autre, ou en le développant d’un unique point de vue, parfois ils deviennent les porte-parole de tel ou tel parti, ou de telle pensée idéologique ; les citoyens n’ont souvent pas le temps d’aller rechercher la contradiction et, inconsciemment, s’imprègnent de ces analyses et les admettent comme des évidences indiscutables, et qu’il n’y a pas d’autres alternatives. L’esprit critique du citoyen est annihilé.

Nous devons réveiller les esprits par des débats contradictoires, en apportant d’autres éléments à la réflexion de chacun, afin qu’il puisse se déterminer en toute conscience. C’est en cela que le citoyen reprendra sa place et son pouvoir, c’est en cela qu’il redeviendra maître de son destin, c’est en cela que la République retrouvera l’aura de 1792, c’est en cela que la France redeviendra le pays des droits de l’homme et du citoyen ».

Cet article est le 150ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 23:39
Jean-Pierre Chevènement, le 23 septembre 2014, lors d'un colloque de la Fondation Res Publica

Jean-Pierre Chevènement, le 23 septembre 2014, lors d'un colloque de la Fondation Res Publica

La contribution Maupouet-Sorin s'inspire des idées de Jean-Pierre Chevènement

 

Gérard Beillard, Serge Maupouet et Michel Sorin ont préparé une contribution qui pourra être intégrée dans une motion d'orientation, dans le cadre du congrès du Mouvement Républicain et Citoyen, qui aura lieu les 13 et 14 juin 2015 à Paris-Bercy. Voici la partie de cette contribution qui reprend des extraits de quelques livres de Jean-Pierre Chevènement.

 

Une orientation politique puisée dans les livres de Jean-Pierre Chevènement :

 

- « La France est-elle finie?» (Fayard, 2011, dernière page): devenir un modèle républicain.

 

«  Il n'y a pas d'avenir pour la France en dehors d'une réappropriation de son destin par la jeunesse. Emportée aujourd'hui par des vents contraires, la France va se trouver bientôt placée devant une alternative historique :

- Soit elle accepte de sortir de l'Histoire pour se fondre dans un magma sans tête, à la remorque d'une Allemagne incertaine (…),

- Soit elle devient, après une longue éclipse, une nation libre et consciente d'elle-même, choix selon moi beaucoup plus raisonnable dans un monde qui reste fait de nations. Bref, elle continue son histoire, sans renoncer jamais à la maîtriser. Elle choisit d'être un modèle républicain pour les autres nations, et l'âme d'une Europe « résiliente ». Convainquons-nous d'une chose : il n'y aura pas « d'Europe européenne » sans la France. Prix de nos efforts, elle viendra par surcroît ! »

 

- « Le Temps des Citoyens » (Editions du Rocher, 1993, page 350) : Le sens de l'Histoire.

 

« Face au désordre du monde et à la désagrégation qui menace notre société, l'exigence de la citoyenneté est la meilleure réponse que chacun peut apporter à la barbarie.

 

Qu'est-ce que la citoyenneté ? C'est, bien sûr, l'exigence d'une participation active et responsable aux décisions qui vous touchent au plus près. C'est aussi le sens de l'universel (…).

Au coeur de la citoyenneté, je mets l'invention en commun de l'avenir : ce que j'ai appelé un nouveau modèle de développement, un pacte social renouvelé, une nouvelle ère républicaine, une Europe européenne. L'articulation des fins et des moyens. Et, pour cela, on doit se poser la question de la France, notre responsabilité commune. Pour lui ouvrir une autre voie, des choix difficiles seront nécessaires.

Nos gouvernements successifs, par faiblesse, se sont donné trop d'objectifs contradictoires, qu'ils appellent « contraintes ». Il n'est que temps de hiérarchiser nos priorités : l'emploi doit devenir l'objectif auquel tous les autres doivent être subordonnés. C'est cela que nos concitoyens attendent et peuvent comprendre. Et c'est ainsi que la France reprendra confiance en elle-même (…)

 

La France a besoin de se retrouver pour repartir de l'avant. Le nationalisme professe la supériorité d'une nation sur les autres. Le patriotisme veut que la nation tende à l'exemplarité. C'est une tout autre démarche. Si les citoyens le veulent, la France ne sera pas seulement, au passé, « notre patrie ». En relevant les défis de notre temps, elle restera notre avenir.

Et si c'était cela, le « sens de l'Histoire » : faire advenir, à partir de la France, le temps des citoyens »

 

- « Défis républicains » (Fayard, 2004, page 19) : Revenir à Jaurès.

 

« Au lendemain des grandes catastrophes qui avaient marqué le XXème siècle, on pouvait se demander si le moment n'était pas venu de reprendre la marche en avant, non pas en répétant le passé, mais en inventant une voie originale au coeur même du monde développé. N'était-il pas temps de refermer la parenthèse ouverte par Lénine contre Marx, avec la révolution d'Octobre, que Gramsci avait justement qualifiée de « révolution contre le Capital » ? Bref, de revenir à Jaurès ? Simplement, il fallait penser ce renversement de perspective qui ne pouvait être seulement un « retour aux sources ». Cette tâche grandiose ne convoquait-elle pas notre jeunesse ?

C'est en 1967 que, pour nous faire les dents, Alain Gomez, Didier Motchane et moi-même publiâmes un petit pamphlet, « L'Enarchie ou les Mandarins de la société bourgeoise », critique de l'élitisme benêt et exhortation à reprendre le vieux combat républicain pour l'égalité, contre la bien-pensance installée. Pierre Viansson-Ponté n'avait pas encore écrit dans Le Monde « La France s'ennuie » (avril 1968), mais il y avait déjà dans l'air comme une odeur de poudre ».

 

« Défis républicains » (page 166) : Le cri de Jaurès en 1912.

 

« Dans le chaos grandissant, de l'Irak à l'Afghanistan, le cri de Jaurès en 1912 - « Le capitalisme porte en son sein la guerre comme la nuée porte l'orage » - apparaît toujours aussi prémonitoire. L'actualité des idées de la Révolution française, celle de la souveraineté des peuples, resurgira donc inévitablement (…).

L'horizon historique est-il le triomphe durable du capitalisme financier globalisé, à l'enseigne d'un empire universel, toujours plus coercitif et perfectionné ou, au contraire, une crise profonde dont l'humanité ne sortira qu'après avoir entièrement redéfini les règles du jeu de l'économie mondiale, pour forger un nouveau modèle de développement répondant aux vrais besoins des peuples ? »

 

- « Défis républicains » (page 19) : La question sociale.

 

« Depuis le début des années soixante, on pouvait à nouveau se poser la « question sociale » dans les sociétés développées, et d'abord en Europe : non pas seulement la question d'un partage plus équitable, mais surtout celle du pouvoir, bref, de ce qu'on appelle la démocratie, et cela dans toute la société.

Dans la triade mondiale - Etats-Unis, Japon, Europe - celle-ci, désormais reconstruite et à nouveau prospère, pouvait aspirer à être autre chose que la succursale et la pâle réplique des Etats-Unis.

 

Telle était l'intuition fondatrice du CERES (Centre d'études, de recherches et d'éducation socialistes) que je créai avec quelques amis après avoir adhéré, à la fin de 1964, au vieux Parti socialiste. C'était à nouveau en Europe, et d'abord en France, qu'il pouvait peut-être se passer quelque chose. Nous ne rêvions de rien de moins que de changer le monde à travers ce qu'André Gorz appelait des « réformes révolutionnaires ». Cette prétention de la jeunesse nous guiderait dans l'âge adulte ».

 

- « Le Temps des Citoyens » (page 132) : D'abord l'emploi.

 

« Le Mouvement des Citoyens s'enracine dans l'idée qu'on peut changer le cours des choses, qu'il y a une pluralité de possibles, que la volonté humaine n'est pas désarmée, que les hommes ont collectivement la liberté d'influer sur leur destin, qu'ils ne sont pas le simple reflet d'évolutions qui les dépassent. Qu'est-ce qu'être citoyen aujourd'hui ? C'est d'abord refuser la fatalité du chômage (…).

Il n'y a pas aujourd'hui de réponse purement économique au problème de l'emploi. La réponse que nous devons trouver est une réponse éminemment politique, qui implique une prise de conscience de la société, un travail de la société sur elle-même et par conséquent l'intervention d'une citoyenneté active, l'intervention de la démocratie même ».

 

- « Le Temps des Citoyens » (page 192) : L'exigence de citoyenneté.

 

«  Le Mouvement des Citoyens ne prendra son envol que s'il apporte une réponse convaincante aux questions que les gens se posent et d'abord à celle de l'emploi. Pour cela, il faut repartir de l'exigence de citoyenneté. La question sociale et la question nationale ne peuvent plus se laisser dissocier. C'est en effet dans le creuset de la nation que se forme pour l'essentiel le lien social et que se forge la volonté politique. Il nous faut inventer une conception dynamique de la France comme refus de l'exclusion, projet de citoyenneté active, volonté d'intégration, rêve d'universel (…)

 

(page 195) : «  Il faut refaire des citoyens. Aucune refondation républicaine ne pourra faire l'économie d'un immense effort d'éducation laïque, d'éducation à la liberté. Le Mouvement des Citoyens est un levier dans le débat démocratique d'où nous voulons faire surgir un nouvel acteur politique (…) ».

 

Cet article est le 196ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 23:51

« L'après-janvier : plus que jamais la République laïque »

 

Le comité Laïcité et République organisait un colloque le 14 mars 2015 sur ce thème. L'occasion pour Jean-Pierre Chevènement* de développer ses idées sur la laïcité dans le cadre d'une République à reconstruire. Voir des extraits de cet article sur son blog :

Nous sommes confrontés à une immense crise de la démocratie

Les attentats des 7, 8 et 9 janvier 2015 à Paris comportent une leçon essentielle : ils illustrent a contrario la pertinence de l’idéal laïc pour nous aider à relever le défi. 

I - La laïcité n’est pas tournée contre les religions. 

Définition de la laïcité : c’est la croyance en la raison naturelle et en la capacité des citoyens (formés par l’Ecole de la République) à s’entendre sur une idée du bien commun  (« Res Publica »), dans un espace public soustrait à l’empire des dogmes. 

La laïcité n’est pas tournée contre les religions ; il y a une déontologie de l’Ecole laïque qu’on trouve dans la lettre de Jules Ferry aux instituteurs. Ne pas confondre laïcité à l’Ecole et liberté d’expression dans l’espace public. La seule limite à cette liberté c’est le refus de l’appel à la haine. Mais un professeur de dessin, à l’Ecole publique, ne peut caricaturer Mahomet. 

 

Manifestation du 11 janvier 2015 :  Ce que signifie « Je suis Charlie » : je n’admets pas qu’on porte atteinte à la liberté d’expression » et non « Je suis sur la ligne éditoriale de Charlie ». Encore moins « Je suis contre l’Islam ».

 

Les premières victimes du terrorisme sont les musulmans. Il ne m’appartient pas de dire ce qu’est l’Islam. Il y a de multiples interprétations. L’Islam n’est pas plus incompatible avec la laïcité que ne l’était le catholicisme. Dans leur immense majorité, les musulmans de France y voient une religion de paix et de miséricorde. Le Coran comporte très souvent un appel à la rationalité. Il incite à aller « chercher le savoir jusqu’en Chine ». 

II - Le terrorisme djihadiste est un défi que la République peut relever avec sang froid, sérénité et sur la base de ses principes. 

Ce défi du terrorisme djihadiste se situe à l’intersection des tensions qui traversent notre société et des conflits qui frappent le monde arabo-musulman (...). 

Il faut assécher le terreau où cette idéologie terroriste mortifère plonge ses racines. 

a) la fracture sociale ; le gouffre du chômage ; l’idéal laïc ne peut que combattre l’intégrisme « ordo-libéral » qui enferme l’Europe dans une stagnation économique à perte de vue. 

b) Les conflits qui frappent le monde arabo-musulman 

  • Un peu de culture historique : les deux réponses du monde musulman au défi de l’Occident ont été : 
    - la réponse modernisatrice (libérale ou socialiste : Wafd, Néo-Destour, nassérisme, Baath, etc.) 
    - la réponse identitaire : Les Frères musulmans créés en 1928, quatre ans après l’abolition du califat.

  • la guerre des Six jours signe la défaite du nationalisme arabe (1967)

  • l’échec ultérieur du processus de paix entre Israël et la Palestine est une blessure jamais refermée.

  • le basculement du centre de gravité du monde arabe vers le Golfe résulte des chocs pétroliers (1973-79).

  • le wahhabisme, le salafisme deviennent « hégémoniques »

  • les ingérences occidentales : 
    - 1990 : la 1ère guerre du Golfe signe la fin de la politique arabe de la France.

  • - A l’attaque contre les Twin Towers, (11/09/2001), les Etats-Unis apportent une réponse inepte : en 2003 c’est l’invasion de l’Irak et la destruction subséquente de l’Etat irakien. 
    - Avec l’effondrement de l’Irak et la prise du pouvoir par les Chittes, l’Iran devient la puissance régionale dominante.

  • S’ensuit le conflit chiites, sunnites (2005 : assassinat d’Hariri. Daesch fait main basse sur la partie sunnite de l’Irak.

  • les révolutions arabes débouchent sur une vague islamiste en Tunisie, en Egypte par la voie des urnes. En Syrie aussi, à travers une féroce guerre civile. 

    Comment faire face ? Retrouver une utopie de progrès partagée ; le binôme France/Algérie peut être structurant pour l’avenir. Il faut saluer les efforts accomplis à partir du voyage de François Hollande à Alger en décembre 2012. 

    Le legs diplomatique des Anglo-Saxons dans la politique menée vis-à-vis de l’Orient musulman : 
    - la subordination à l’Arabie Séoudite (et à Israël) au Proche et Moyen-Orient. 
    - Plus à l’Est, la création du Pakistan, Etat bâti sur la religion. 

    N’y a-t-il pas une autre manière, républicaine, d’affronter le défi ?

     

  • III – L’enjeu : la crise de la démocratie. 

    Trois crises se télescopent : 

  • La crise du monde arabo-musulman

  • Celle du capitalisme financier mondialisé. Une économie casino dominée par les gestionnaires de fonds où les préoccupations du court terme ont relégué à l’arrière plan le souci du long terme. Parallèlement a triomphé l’hyperindividualisme libéral qui dissout la République.

  • La crise d’une Europe hors sol, pensée en dehors des nations et de la démocratie. Cette conception d’une Europe « substitut » aux nations culmine dans le choix d’une monnaie unique. La crise de la monnaie unique fait ressortir le caractère technocratique des institutions européennes actuelles. 

    Nous sommes confrontés à une immense crise de la démocratie. 

  • L’idéologie dite des « droits de l’homme » (de l’individu seul « sujet de droit ») aboutit à la dissolution du « commun », c’est-àç-dire de la politique et des conditions mêmes d’exercice de la démocratie.

  • La pseudo souveraineté de l’individu aboutit à la dissolution du Peuple (des citoyens « en corps »), de la forme politique de l’Etat-nation, soit au nom de la « gouvernance » (européenne ou mondiale), soit au nom du « droit », voire du « devoir d’ingérence », dans l’ordre international.

  • Nous assistons au naufrage de la démocratie comme idéal de maîtrise collective et réfléchie de l’Histoire au nom d’une croyance anhistorique dans l’efficience des marchés. 

    La crise de la démocratie est plus sensible encore dans une République laïque comme la nôtre. Le triomphe d’idéologies obscurantistes résulte de l’abandon ou de la méconnaissance de la laïcité comme condition de validité de la formation d’une volonté générale, d’un bien commun à tous les hommes. 
    C’est cette idée d’un bien commun qu’il faut relever. J’ai dit « un bien commun à tous les hommes » et non à une partie des hommes, par exemple à l’Occident. Il faut rejeter l’occidentalisme et penser un avenir de progrès pour tous, y compris le monde arabo-musulman qu’il faut réconcilier avec la modernité (Palestine, Iran). Mais cette modernité, avons-nous su la rendre aimable ? Poser la question c’est y répondre : la modernité du capital financier mondialisé suscite partout un immense rejet. C’est une autre modernité qu’il faut faire aimer. 

    IV – Il faut faire aimer la République 

    La République porte des valeurs universelles, même si elle s’appuie sur des nations. La nation est l’espace privilégié de la démocratie et la brique de base de l’internationalisme. 

    Faut-il rappeler l’article 3 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul ndividu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. » 

    Naturellement la Nation procède de la France. C’est au moment où celle-ci est devenue adulte qu’elle s’est proclamée souveraine. Ce renversement de principe aboutit, trois ans après, à la proclamation de la République. Il y a donc à la fois une césure et un continuum que les fondateurs de l’Ecole publique ont su mettre en scène. 

    Si j’explicite ainsi le lien qui unit la République à la France, c’est pour mieux mettre en valeur les conditions du rétablissement de la République. 
    1. On ne peut pas aimer la République quand on n ‘aime pas sa langue et son Histoire. Comme ancien ministre de l’Education Nationale, j’observe :

  • l’abandon de l’étude des grandes œuvres dans l’enseignement ;

  • la disparition de fait, dans les programmes, de l’Histoire de France. 

    Or, un pays qui ne s’aime plus ne peut agréger de nouveaux citoyens

  • il faut faire aimer la France à travers sa littérature et le patrimoine des grandes œuvres

  • à travers son Histoire : le peuple qui a fait la Révolution française doit renouer avec un récit national non pénitentiel s’agissant de notre histoire au XIXe et XXe siècles. Il faut mettre en valeur non pas ceux qui ont failli mais ceux qui n’ont pas failli. 

    2. Il faut aussi expliquer la République et la laïcité, redonner sens au combat républicain – inséparable du combat pour la justice -, en France et dans le monde. Ce qui unit doit être plus fort que ce qui divise. Relever l’Ecole de la République n’est pas possible si on ne relève pas la République elle-même. Hannah Arendt disait : « On n’enseigne que cela à quoi on croît ». Ce n’est pas seulement l’affaire du ministère de l’Education nationale. L’enjeu, c’est la parole publique en tous domaines.

 

Que croyons-nous ?  Non pas contre – certes il le faut – Contre le Front National bien sûr, mais en positif : comment voyons-nous l’avenir de notre société ? Et l’avenir du monde ? De quel projet sommes-nous porteurs ? La laïcité est un combat. C’est celui de la Raison qu’il faut remettre à l’œuvre dans l’Histoire, après trois décennies d’obscurantisme consenti, une histoire qui sera inséparablement la nôtre et celle des autres peuples. 

Enoncer ce défi est une manière d’en prendre la mesure. Comme dit l’adage « Il n’y a pas de cap pour qui ne connaît pas le port ». Ce cap c’est celui de la République et de la laïcité retrouvées !

 

* Voir (7 février 2015) : Chevènement, père des frondeurs socialistes, est co-fondateur du PS

 

Cet article est le 195ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

Jean-Pierre Chevènement, le 6 avril 2014, lors d'une séance du Conseil national du MRC

Jean-Pierre Chevènement, le 6 avril 2014, lors d'une séance du Conseil national du MRC

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