Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
  • Contact

Texte libre

Recherche

Courriel

 

 

 

 

Articles Récents

24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 22:13

 

Les trois motions s'accordent sur la communication défaillante du MRC

 

A la suite de la mise en ligne des informations sur le congrès MRC 2015, publiées sur le blog du MRC 53, un citoyen se présentant comme un sympathisant du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) a pris l'initiative de proposer ses idées aux signataires de la motion 3 « Le Courage d'Avancer ».

Dans le cadre des relations que nous avons établies, il a rédigé un résumé des trois motions, qui peut être utile à toutes celles et ceux qui ne liront pas l'ensemble des textes, sans prétendre à l'objectivité.

Rappel : Voir (21 mai) : Congrès MRC 2015 : les adhérents votent pour l'une des trois motions

- Motion 1 : « La gauche républicaine - Résister, transmettre, inventer », présentée par Jean-Luc Laurent et le Secrétariat national élargi,

- Motion 2 : « Notre chemin », présentée par Claude Nicolet, Marie-Françoise Bechtel et Christine Meyer,

- Motion 3 : « Le courage d’avancer », présentée par Hugo Prod’homme, Jean-Pierre Lettron et Michel Sorin.

 

Résumé de la motion 1

 

1) Le constat : Cycle néolibéral depuis 30 ans.

La gauche, emmenée par F. Hollande ne s’est jamais montrée à la hauteur et doit assumer son échec. Jamais les inégalités n’ont semblé si fortes, entre pays comme au sein de chacun d’eux.

- Jusqu’au-boutisme technocratique, démocratie bafouée. Dix ans après le déni majeur du référendum, notre industrie s’est en grande partie évaporée, chômage de masse (5,3 millions demandeurs d’emploi).

- Recul net des services publics, sous injonction européenne, perte de confiance dans l’impôt et dans l’école.

Une source d’espoir : la mobilisation historique du 11 janvier 2015.

François Hollande a été élu sur le rejet de son prédécesseur et sur la promesse de réenchanter le rêve français.

Causes de l’échec des trois premières années de François Hollande : orientation économique erronée, valeurs trahies, renoncement à gouverner, à choisir et à faire acte d’autorité.

Réforme « Macron » : catalogue de « réformes structurelles » destiné à la Commission européenne.

L'électorat ouvrier, ainsi que les jeunes de plus en plus précarisés, ont déserté la gauche. La gauche dans son ensemble est sanctionnée, que ses composantes soient membres ou non de la majorité.

Dans un tel contexte, le MRC ne doit pas se dérober devant ses responsabilités.

Nos désaccords ont été vus et entendus, jusqu’au plus retentissant et symbolique d’entre eux : nous n’avons pas accordé notre confiance au gouvernement Valls II à l’occasion de l’opération de « clarification de ligne politique » menée à la rentrée 2014. La stratégie d’influence n’a pas porté ses fruits. Toutefois, Rien ne serait pire que l’isolement.

Les Français, peuple politique, veulent être la souveraineté nationale, budgétaire, économique, culturelle.

 

2) L’avenir :

Seules deux options sont possibles : présenter notre propre candidature à l'élection présidentielle ou soutenir une candidature alternative à gauche.

Il faut chercher également des moyens originaux de faire campagne (par les réseaux sociaux, d’autres formes de meeting, une communication tournée vers Internet, etc.) pour sortir des sentiers battus et renouer un lien avec les citoyens.

2017 sera sans aucun doute l’occasion d’interroger la pratique politique qui suscite aujourd’hui déception et rejet.

Une candidature présente en outre l’intérêt majeur de fournir une tribune à notre discours sans être contraints à la concession.

Elections présidentielle et législatives de 2017 : une présence à ces scrutins est donc

indispensable pour créer une dynamique autour de notre projet.

Nous ne serons audibles par les Français qu’en leur proposant des solutions concrètes et actuelles aux problèmes de notre société : la « République en vrai » passe par cela.

 

Résumé de la motion 2

 

1) Le constat :

Réformes de structures » voulues par un gouvernement néo-libéral pour complaire à Bruxelles et à Berlin. Comme le peuple n’accepte pas que sa souveraineté soit bafouée, il se rappelle au bon souvenir de ceux qui l’ont trahi et le font souffrir.

Concernant la Grèce, tout semble indiquer que cette alliance repose sur une volonté politique structurante qui pose comme préalable stratégique que la reconquête de la souveraineté nationale grecque et de la dignité du peuple est intrinsèquement liée à la possibilité pour ce même peuple de reprendre le chemin du progrès social.

Est-il possible aujourd’hui de réunir les conditions politiques indispensables à la réussite d’un tel rassemblement d’intérêt national qui soit en capacité de proposer un projet pour la France ?

 

2) L’avenir :

Nous ne pouvons pas savoir si des primaires seront organisées à gauche. C’est une perspective qui dépend de la volonté de François Hollande de se présenter. Si des primaires devaient être organisées, la présence du MRC y aurait toute sa justification et il serait opportun de s’y préparer.

Nous devons également nous interroger sur la nature de notre relation avec le peuple. Cette question est également déterminante dans la mesure où il nous faut apporter des réponses aux questions que se posent nos concitoyens sur leur vie quotidienne.

A l’image du Rassemblement qui a présidé à l’élaboration du programme du Conseil National de la Résistance, il doit être sans exclusive républicaine. Il s’adresse certes à la gauche, mais pas uniquement. Il doit aller au-delà, sur des bases républicaines, sociales, patriotiques et

internationalistes. Nous devons donc rencontrer et ouvrir un large débat, devant les Français avec celles et ceux qui seraient d’accords pour entamer la discussion sur ces bases politiques, sans préjuger de son résultat immédiat. Il faut donc, à partir de la France et de la République que nous acceptions d’analyser et discuter pour rouvrir la porte de l’avenir et ainsi nous permettrons au pays de reprendre sa marche en avant.

Il faut éviter de planer dans une stratégie du futur sans mettre les pieds dans la glaise du réel. Notre mouvement a perdu beaucoup de militants. Un travail patient de reconquête est nécessaire.

Il est tout à fait inutile d’espérer élargir notre audience et notre champ d’action si nous n’avons plus ou quasiment plus comme aujourd’hui ni cadres, ni militants ni structure active dans la capitale. Cette reconquête du terrain perdu a aussi un aspect interne : créer enfin le réseau interactif sans lequel les échanges entre le national et les fédérations ou entre celles-ci restent enfermés dans un modèle très formel.

Le second volet est celui d’une communication plus professionnalisée car notre défaut d’audience là où le Front National est entendu est un problème préoccupant.

 

Résumé de la motion 3

1) Le constat : 

Les citoyens ne sont plus émancipés, solidaires, mais réduits à leur condition sociale, à leur communauté, à leur confession. L'idée de les réunir autour d'un projet commun s'est perdue, tandis que se banalisent la haine, l'envie, la stigmatisation et la discrimination.

Le système politique s'est davantage préoccupé de lui-même, dans un souci carriériste de ses membres. Les dividendes versés aux actionnaires se maintiennent à un haut niveau alors que les investissements baissent. Le capitalisme financier néolibéral est à l'origine des divisions et des frustrations qui traversent la société.

La France n'est plus souveraine. Elle est sous la tutelle d'une « ruche » de technocrates, qui n'a aucune conscience des conditions de vie des citoyens, et aucun respect de la souveraineté des peuples.

Le MRC manque de visibilité : sa position au sein de la majorité et son alliance avec le Parti socialiste ont brouillé notre position sur l’échiquier politique.

Le MRC n'est pas suffisamment efficace en matière de communication. Nous restons largement inconnus du grand public.

 

2) L’avenir :

Notre réponse doit être de reconstruire, à la fois, la défense des salariés en tant que citoyens au travail et la défense des entreprises contre leur spoliation par des actionnaires n'ayant aucun souci de l'intérêt général et de l'importance de l'économie réelle dans la vie d'un pays.

Le mouvement d'en bas à relier au mouvement d'en haut, l'autogestion de l'entreprise.

Une réflexion doit être engagée avec les citoyens sur nos valeurs, la République et la démocratie.

Retrouver l'esprit des agoras, redonner la parole au peuple est incontournable pour faire renaître un véritable mouvement de citoyens et c'est la condition sine qua non pour éviter que notre pays s'enlise dans l'impasse post-démocratique.

Il revient au MRC, et plus largement aux républicains, d'agir pour redonner la parole et le

pouvoir aux citoyens.

La stratégie d'influence n'a de sens que si elle s'appuie sur les citoyens, afin d'établir un rapport de forces favorable au mouvement.

C'est pourquoi l'action du MRC se doit d'avoir comme feuille de route la constitution de comités citoyens, capables de porter à tous les niveaux politiques, une alternative à l'idéologie étouffante de nos élites politiques, économiques et médiatiques.

Réactualisons, innovons, accueillons les idées nouvelles. Les comités citoyens locaux, encouragés par notre parti, ne devront pas être absents en 2017. Nous devons nous réapproprier nos valeurs, et avoir le courage d’avancer.

Nous devons en prendre acte, publiquement et fortement, dès maintenant et refuser toute

alliance avec des partis qui n'ont aucun regard critique sur le tournant libéral de 1983.

Le MRC doit retrouver l’esprit des clubs de réflexions propre à la France, notamment lors de la Révolution de 1789. Notre communication globale doit se montrer plus dynamique.

 

Cet article est le 163ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

Repost 0
Published by Michel SORIN - dans MRC national
commenter cet article
21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 23:45

 

Le choix entre la continuité, le changement dans la continuité et le changement

 

Depuis le 19 mai, les adhérents du Mouvement Républicain et Citoyen ont commencé à voter en vue du congrès de Paris les 13 et 14 juin 2015. Les congrès précédents datent de 2008, 2010 et 2012 et le premier congrès, fondateur, a eu lieu à St-Pol-sur-Mer (près de Dunkerque) en janvier 2003. C'est la première fois depuis le congrès fondateur que les adhérents ont le choix entre plusieurs motions d'orientation, donc plusieurs stratégies, plusieurs façons de diriger.

 

Rappel des articles précédents, concernant ce congrès 2015 :

Nous, citoyens, pouvons faire émerger un rassemblement politique (19 mai)
Congrès MRC 2015 : le 1er congrès non piloté par JP Chevènement 16 mai)
Congrès MRC 2015 : le débat d'orientation se fera autour des 3 motions (12 mai)
MRC 53 : débat sur le rôle du MRC afin de peser sur la politique en 2017 (29 avril)
JP Chevènement : bâtir une alternative républicaine au néolibéralisme (20 avril)
Congrès MRC 2015 : Hugo Prod'homme est intervenu au Conseil national (19 avril)
Congrès MRC 2015 : l'intervention de Michel Sorin au Conseil national (17 avril)

Congrès MRC 2015 : la direction face à deux autres motions d'orientation (16 avril)

 

Les adhérents ont reçu les Cahiers du congrès, dans lesquels il y a les différents textes sur lesquels ils ont à voter (motions, modification des statuts) et les contributions utiles au débat, sur lesquelles ils ne votent pas. Lors des congrès départementaux, ils ont la possibilité de voter des amendements à la motion qui a leur préférence, parmi ces trois textes :

- Motion 1 : « La gauche républicaine - Résister, transmettre, inventer », présentée par Jean-Luc Laurent et le Secrétariat national élargi,

- Motion 2 : « Notre chemin », présentée par Claude Nicolet, Marie-Françoise Bechtel et Christine Meyer,

- Motion 3 : « Le courage d’avancer », présentée par Hugo Prod’homme, Jean-Pierre Lettron et Michel Sorin.

Ce sont les signataires de la motion 3 qui sont à l'origine de l'existence de plusieurs motions lors de ce congrès. Les équipes de Hugo Prod'homme et de Michel Sorin voulaient présenter une motion distincte de celle de la direction, afin de permettre le débat au niveau des congrès départementaux et du congrès national. Nous avons pu le faire en unifiant deux projets de motion, que Hugo et moi, avons présentés lors du Conseil national du 12 avril. Merci à Jacques Declosmenil qui avait pris l'initiative de fusionner les deux textes. Il en est résulté la motion 3, après que des militants, notamment Serge Maupouet, y ont apporté des compléments et amendements.

Ensuite, lors du Conseil national du 12 avril, il s'est produit un fait nouveau qui est à l'origine de l'existence de la motion 2. Marie-Françoise Bechtel et Jean-Pierre Chevènement se sont opposés - assez vivement - à Jean-Luc Laurent, contestant le niveau qualitatif de son texte et sa façon de diriger le MRC. Le président d'honneur a souhaité qu'il y ait une amélioration du texte de la direction sortante. Il a proposé que se réunisse un groupe de travail composé des représentants des motions, dans le but d'enrichir le texte devant devenir la motion du congrès, et lui-même présenterait une contribution.

Cette réunion du groupe de travail a eu lieu le 27 avril dans une bonne ambiance. La présence de Jean-Yves Autexier, au côté de Jean-Pierre Chevènement, a permis de trouver une réponse à la question : comment intégrer la contribution de Jean-Pierre Chevènement à la motion - à nouveau amendée - présentée par Jean-Luc Laurent au nom de la majorité du secrétariat national ? Jean-Yves Autexier a accepté de rédiger une synthèse à partir de ces textes distincts et d'en faire part avant la réunion du secrétariat national élargi, le 6 mai, qui devait décider des textes qui seraient présentés au vote des adhérents dans les congrès départementaux. Il a tenu parole en remettant son texte avant le 4 mai, permettant aux signataires des motions de préparer leurs positions en vue de la réunion décisive du 6 mai.

Le 6 mai, le secrétariat national s'est réuni comme prévu.

- Hugo Prod'homme et Michel Sorin, invités en tant que représentants de la motion « Le Courage d'Avancer », ont expliqué pourquoi ils voulaient le maintien de cette motion, le texte de Jean-Yves Autexier ne reprenant pas les points qui font son originalité.

- Bastien Faudot et d'autres membres de la direction ont plaidé également pour le maintien de la motion présentée par Jean-Luc Laurent et la majorité du secrétariat national.

- Par contre, Claude Nicolet et Marie-Françoise Bechtel ont souhaité retirer leur texte et le remplacer par celui de Jean-Yves Autexier.

Le président Jean-Luc Laurent a conclu en prenant acte d'une non synthèse, ce qui conduit au maintien des trois motions enregistrées lors du secrétariat national élargi le 15 avril. Le groupe de travail mandaté pour rechercher une synthèse entre les motions et la contribution de Jean-Pierre Chevènement, reste en place jusqu'au congrès.

Au moment des votes dans les congrès départementaux, la situation se présente ainsi.

- Jean-Luc Laurent et la majorité des membres de la direction sortante présentent la motion 1, qui représente la continuité dans la recherche d'une alliance à gauche tout en pesant sur les orientations du PS dans le sens d'une alternative républicaine souverainiste aux politiques néolibérales et européistes. Des améliorations du fonctionnement dans le sens d'une démocratisation interne sont prévues.

- Claude Nicolet, Marie-Françoise Bechtel et Christine Meyer, présentent la motion 2, à contre-coeur, car ils militent pour le texte de Jean-Yves Autexier, lui-même proche de la contribution de Jean-Pierre Chevènement. Ils sont dans la continuité de l'alliance avec le PS, tout en prônant une alternative républicaine ouverte aux républicains des deux rives, rejoignant ainsi le souhait de Jean-Pierre Chevènement de dialoguer avec les partis de gauche mais aussi avec Nicolas Dupont-Aignan. Ils veulent introduire davantage de débats ouverts dans le fonctionnement du MRC.

- Hugo Prod'homme, Jean-Pierre Lettron et Michel Sorin présentent la motion 3. Ils proposent de compléter l'action politique d'en haut par le rassemblement des citoyens autour d'un projet d'alternative républicaine porté par le MRC et les forces politiques qui militent pour une double souveraineté, celle du peuple face au capital et celle de la nation citoyenne face à une Europe technocratique. Les citoyens attendent cette nouvelle orientation politique, à la fois volontariste et sur une ligne de gauche, tout en prenant en compte les réalités du monde tel qu'il est. Ce congrès doit être le moment d'une véritable mue du MRC en parti des citoyens.

Cet article est le 162ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

Repost 0
Published by Michel SORIN - dans MRC national
commenter cet article
19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 23:52

 

En 2017, nous ne pouvons accepter de devoir choisir entre UMP, PS et FN

 

Quand un problème semble insoluble, il faut le poser différemment. Le peuple français attend autre chose en 2017 que d'avoir à choisir entre Hollande, Sarkozy et Le Pen. C'est en posant la question « Qu'attend le peuple français en 2017 ? » que le problème de la France pourra trouver une solution.

 

N'y aurait-il, en dehors de l'UMP, du PS et du FN, aucun recours possible, permettant de redresser le pays par la voie démocratique et en confortant notre système social, républicain, universaliste, fondé sur la communauté des citoyens ?

 

Dans quelques jours, le 29 mai, dix ans se seront écoulés depuis que le peuple français s'est exprimé majoritairement contre la ratification du traité constitutionnel européen. Ce qui s'est passé après - la ratification du traité de Lisbonne par la voie parlementaire et tous les traités européens qui ont suivi - n'est pas conforme à la volonté du peuple français. Il faut reprendre le problème tel qu'il était posé après le NON au référendum du 29 mai 2005. Qui va le faire ?

 

Nous, citoyens, nous pouvons faire émerger un rassemblement politique composé de citoyens, d'élus, de femmes et d'hommes qui ont assumé des responsabilités au sein de l'appareil d’État. Nous pouvons exiger de réfléchir ensemble à une autre politique que celle qui nous est proposée par l'UMP, le PS et le FN.

 

Ce n'est pas l'heure de décider qui sera le candidat de ce rassemblement citoyen en 2017. Par contre, c'est l'heure de s'engager sur la voie du rassemblement qui conduira à présenter une alternative républicaine aux Français quand nous serons à la veille des échéances électorales de 2017.

 

Il faut partir du vote républicain du 29 mai 2005 et du refus des traités européens tels qu'ils ont été imposés aux Français. Sur ce socle, le rassemblement est possible et souhaitable. Pour débattre et s'accorder sur des propositions communes à présenter en 2017. Ce doit être une initiative citoyenne, avec la participation sur une base égalitaire de toutes celles et ceux, de la base au sommet, qui veulent une alternative républicaine.

 

Demandons à Jean-Luc Mélenchon et à Jean-Pierre Chevènement de participer à ce rassemblement. Ils savent ce qu'est l'expérience du pouvoir et d'une candidature à l'élection présidentielle.

Autour d'eux, le rassemblement prendra forme et la discussion s'engagera. Soyons confiants dans la capacité des femmes et des hommes à s'entendre quand l'essentiel est en jeu.

Et l'essentiel, c'est l'avenir de la démocratie, républicaine et sociale, dans notre pays.

 

Cet article est le 148ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche France

Repost 0
Published by Michel SORIN - dans Gauche France
commenter cet article
18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 23:44

 

Le ministre veut un capitalisme financier durable et des salariés précarisés

 

Dominique Plihon, auteur de nombreuses publications*, est professeur d’économie financière à l’université Paris XIII, président du conseil scientifique d’Attac. Dans Politis, le 7 mai 2015, il a publié un article intitulé Capital contre travail. En voici un extrait.

La stratégie d’Emmanuel Macron, ministre de l’économie, étoile montante de l’oligarchie politico-financière, est claire : la réindustrialisation de la France passe par la mise en place d’une nouvelle démocratie actionnariale**. Le développement industriel requiert un « capitalisme de long terme » favorable aux entreprises et à l’investissement grâce à des financements adéquats, dont la finance actionnariale doit être le principal vecteur. Trois leviers doivent être mobilisés pour développer l’actionnariat, et assurer le rebond industriel français. En premier lieu, il faut inciter les français à investir dans les entreprises, notamment par le biais de l’actionnariat salarié, par une fiscalité et une réglementation plus favorables aux actionnaires. Deuxièmement, remobiliser les investisseurs vers le financement de l’économie, par exemple en orientant les fonds des caisses de retraite vers la détention d’actions françaises, ce qui est un signal clair pour la promotion des fonds de pension et du financement des retraites par capitalisation. Enfin, il s’agit de promouvoir l’actionnariat de long terme, propice au financement des entreprises, en attribuant un droit de vote double aux actionnaires conservant leurs titres au moins deux ans. Selon Emmanuel Macron, ces mesures permettront l’émergence d’un nouveau capitalisme financier***, condition sine qua non d’un nouvel essor de l’économie française.

Cette vision d’Emmanuel Macron, qui sous-tend la politique du gouvernement Hollande, repose sur une erreur tragique de diagnostic. La chute inquiétante de l’investissement des entreprises françaises depuis le début de la crise ne provient pas de l’insuffisance de leurs financements, alors que l’économie est inondée de liquidités à bas taux d’intérêt. La cause principale de cet effondrement industriel réside dans la faiblesse de la demande adressée aux entreprises, aggravée par la politique de transfert massif de ressources des ménages … vers les entreprises.

Mais la stratégie du gouvernement comporte une deuxième contradiction majeure. L’un des objectifs de la loi Macron, supposée « libérer l’activité », est de « flexibiliser » le marché du travail. La philosophie « social-libérale » qui sous-tend cette réforme fait du travail une marchandise comme une autre. Le contrat de travail est considéré comme une simple relation de gré à gré « librement consentie » entre l’employeur et le salarié, qui devra être régie par le code civil, ce qui permet d’alléger la protection des salariés garantie par le code du travail. Ainsi, la réforme de la justice du travail organisée par la loi Macron donne un poids accru aux juges professionnels au détriment des juges prud’homaux.

Ici réside la deuxième contradiction : le capitalisme dont rêve Emmanuel Macron fait des relations de long terme entre actionnaires et entreprises la condition du « rebond industriel », mais transforme les salariés en acteurs précarisés, plus faciles à licencier. Le contraire d’une relation de long terme entre les entreprises et les travailleurs, principale source de création de richesse pour la société !

* Voir Politis, 28 août 2014 : Dominique Plihon : « Hollande et Valls ont tué toute tentative de mener une autre politique économique

** Voir Le Monde, 24 avril 2015 : Emmanuel Macron veut « retrouver l'esprit industriel du capitalisme

*** Voir Le nouveau capitalisme (Plihon, 2009, La Découverte). Le capitalisme se transforme en profondeur depuis le dernier quart du XXè siècle sous l’effet de la globalisation financière et des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Émerge ainsi un nouveau capitalisme qui consacre le rôle dominant de la logique boursière. En France, ce passage au « capitalisme actionnarial » s’est effectué à un rythme accéléré à la suite de la privatisation du système industriel et financier. L’emprise croissante de la finance internationale et le développement des NTIC transforment le fonctionnement des entreprises, fragilisent le salariat traditionnel et engendrent de nouvelles tensions, dont les crises économiques et financières du début du XXIè siècle sont l’une des manifestations.  Dans ce livre, Dominique Plihon analyse les mutations économiques et sociales à l’œuvre en montrant qu’elles sont de nature systémique. Il s’interroge également sur les modes de régulation et les réformes radicales susceptibles d’encadrer et de transformer le « nouveau capitalisme ». Le capitalisme sortira-t-il transformé de la crise commencée en 2007-2008 ?

Cet article est le 143ème paru sur ce blog dans la catégorie Capitalisme

Repost 0
Published by Michel SORIN - dans Capitalisme
commenter cet article
17 mai 2015 7 17 /05 /mai /2015 23:32

 

Le gouvernement et Syriza veulent faire reconnaître les intérêts du peuple grec

 

Le très mauvais traitement qu'a subi le peuple grec depuis 2010 par l'Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international (la troïka) est mis en évidence par la commission pour la vérité sur la dette grecque, mise en place à l'initiative du Parlement de ce pays. Éric Toussaint (voir Wikipédia) est coordinateur scientifique de cette commission.

Voir (31 mars 2015) : Eric Toussaint : L'audit révélera ce qui s'est réellement passé avec la Grèce ces dernières années

Eric Toussaint est maître de conférence à l’université de Liège, préside le CADTM Belgique et est membre du Conseil scientifique d’ATTAC France.

 

Voici le Communiqué d'Eric Toussaint suite à la rencontre avec le ministre Dimitris Stratoulis (publié le 15 mai 2015) :

Après une visite le vendredi 15 mai au ministère grec des pensions et une rencontre avec le ministre Stratoulis, voici ma déclaration concernant le contenu de notre échange fructueux.

Il est clair qu’il y a une relation directe entre les conditions imposées par la Troïka et l’augmentation de ladette publique depuis 2010. Le comité pour la vérité sur la dette grecque va produire en juin 2015 un rapport préliminaire dans lequel le caractère illégitime et illégal de la dette réclamée à la Grèce sera évalué. Il y a des preuves évidentes de violations de la constitution grecque et des traités internationaux garantissant les droits humains.

Le comité considère qu’il y a une relation directe entre les politiques imposées par les créanciers et l’appauvrissement d’une majorité de la population ainsi que la baisse de 25% du PIB depuis 2010. Par exemple, les fonds de pension publics ont subi d’énormes pertes suite à la restructuration de la dette grecque organisée en 2012 par la Troïka. Celle-ci a imposé une perte de 16 à 17 milliards d’euros par rapport à leur valeur originale de 31 milliards €. Les revenus du système de sécurité sociale ont aussi souffert directement à cause de l’augmentation du chômage et de la réduction des salaires comme conséquence des mesures imposées par la Troïka.

La dette grecque n’est pas soutenable, pas seulement d’un point de vue financier, puisque c’ est clair que la Grèce est par essence incapable de la rembourser, mais elle est aussi insoutenable du point de vue des droits humains. Plusieurs juristes spécialistes en matière de droit international considèrent que la Grèce peut se déclarer en état de nécessité. Selon le droit international, quand un pays est en état de nécessité il a la possibilité de suspendre le remboursement de sa dette de manière unilatérale (sans accumuler des arriérés d’intérêt) en vue de garantir à ses citoyens les droits humains fondamentaux, tels que l’éducation, la santé, la nourriture, des retraites décentes, des emplois,...

L’objectif du rapport préliminaire de la Commission pour la Vérité sur la Dette est de renforcer la position de la Grèce, lui donnant des arguments supplémentaires dans les négociations avec les créanciers. La Commission pour la Vérité sur la Dette aimerait organiser une visite publique avec des journalistes pour permettre au ministre de rendre public la relation directe entre les politiques imposées par la Troïka et les dégradations des conditions de vie de la majorité de la population et spécifiquement pour les pensionnés, qui ont vu leur pension réduite de 40% en moyenne depuis que la Troïka est active en Grèce.
Comme le ministre nous l’a déclaré, 66% des pensionnés reçoivent une retraite mensuelle de moins de 700 euros et 45% des pensionnés reçoivent une retraite inférieure au seuil de pauvreté qui est fixé à 660 euros par mois. 
Je réprouve totalement les nouvelles exigences du 
FMI et de l’Eurogroupe qui veulent imposer de nouvelles réductions des pensions, alors qu’il est clair que les politiques précédentes et actuelles imposées par les créanciers violent le droit des pensionnés à une retraite décente. Les pensions doivent être restaurées.

 

Complément d'informations concernant la situation de la Grèce :

 

- Le colloque de la Fondation Res Publica le 13 avril 2015.

Voir les articles publiés les 24, 25 et 30 avril :

Colloque Res Publica du 13 avril 2015 : le test de la Grèce pour l'euro

Colloque Res Publica 13 avril 2015 : la Grèce piégée (Olivier Delorme)

Colloque Res Publica 13 avril 2015 : la Grèce par Thanos Contargyris

- le blog de Coralie Delaume  L'arène nue. Elle publie chaque semaine la revue de presse grecque, à partir de la Grèce. Voir (10 mai 2015) : L'arène nue: Filikí Etería n°7 - la Grèce vue de Grèce. Voir aussi l'entretien qu'elle a accordé au site de Marianne, ce 17 mai : "L’Europe se désagrège et personne ne sait quel sera le premier domino à tomber" et, notamment, ce qui concerne directement la Grèce :

La crainte de perdre un nouveau pays peut-il amener les institutions européennes à adopter une attitude plus conciliante dans ses négociations avec le gouvernement d’Alexis Tsipras ?
Non, je n'en suis pas convaincue. « Les Européens » pourront tenter de faire des concessions mineures pour se laisser le temps de voir venir. C'est ce que fait d'ailleurs la BCE, contrainte et forcée. Au départ, elle a cru pouvoir faire mettre le gouvernement Tsipras à sa merci en fermant aux banques grecques l'accès au refinancement normal. Du coup, ces banques se refinancement uniquement via l'accès à la liquidité d'urgence (ELA). Mais c'est au tour de la BCE d'être à présent coincée, et elle n'en finit plus de devoir relever le plafond de l'ELA, en attendant mieux.
Il pourrait y avoir éventuellement le déblocage de la dernière tranche de l'actuel plan d’aide, de 7,2 milliards d’euros, ou la négociation d'un troisième plan d'aide à partir de juin. Ou, beaucoup mieux, une restructuration de la dette. Mais là, si la Grèce parvient à obtenir ça, il fait bien voir que ça donnera des idées à d'autres pays. En Espagne par exemple, le parti Podemos de manquerait pas de faire campagne sur l'idée d'obtenir les mêmes concessions que son parti frère Syriza.
En tout cas, il faut bien voir que depuis 2008, les décisions économiques qui sont prises constituent un bricolage. Cela permet d’ « acheter du temps », de faire tenir la zone euro, mais ça ne résout pas les problèmes de structure de celle-ci. Et les problèmes économiques deviennent politiques, avec la montée de l’eurosceptisme dans tous les pays. On sent de nombreuses forces centrifuges à l'œuvre. L’Europe se désagrège, et personne ne sait quel sera le premier domino à tomber…

- Le site de Syriza (17 mai) : GOUVERNEMENT GREC : LE PROGRAMME DE THESSALONIQUE EST EN ORDRE DE MARCHE

Résumé : « Tous les quatre piliers du programme de Thessalonique avancent à pas rapides en dépit des difficultés objectives ». Ceci est souligné par des sources grecques gouvernementales dans une dépêche informelle relative aux actions menées par le gouvernement de SYRIZA pendant les quatre premiers mois de son  mandat. Le nouveau gouvernement grec parachève quatre mois de responsabilités et, pendant ce court intervalle, il présente une œuvre importante dont le rendu fait apparaître l’intensité de l’effort déployé et le haut niveau de coordination.

Cet article est le 63ème sur ce blog dans la catégorie Etats Union européenne

Repost 0
Published by Michel SORIN - dans Etats Union européenne
commenter cet article
16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 23:53

 

La direction sortante face à deux motions qui proposent d'autres orientations

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen sera réuni en congrès* les 13 et 14 juin 2015 à Paris. Les adhérents sont informés des textes d'orientation sur lesquels ils auront à voter lors des congrès départementaux. Par courriel d'abord, puis par envoi postal. Ils recevront le « cahier du congrès » dans lequel sont insérés tous les documents de débat et de vote, relatifs au congrès (voir, ci-après).

Chaque adhérent est invité à se prononcer pour une seule motion ainsi que sur la proposition de modification des statuts. Les contributions sont quant à elles destinées à la réflexion et ne sont donc pas soumises au vote. Chaque adhérent peut proposer des amendements au texte de la motion qu’il choisit, ils seront transmis par le congrès local au congrès national.

 

* Rappel (12 mai) : Congrès MRC 2015 : le débat d'orientation se fera autour des 3 motions

 

Le « cahier » comprend trois parties :

 

Partie I : Motions d’orientation soumises au vote

- Motion 1 : « La gauche républicaine - Résister, transmettre, inventer », présentée par Jean-Luc Laurent et le Secrétariat national élargi,

- Motion 2 : « Notre chemin », présentée par Claude Nicolet, Marie-Françoise Bechtel et Christine Meyer,

- Motion 3 : « Le courage d’avancer », présentée par Hugo Prod’homme, Jean-Pierre Lettron et Michel Sorin.

 

Partie II : Proposition de modification des statuts adoptée par le Conseil national du 12 avril et soumise au vote.

 

Partie III : Contributions politiques et thématiques

- Contribution de Alban Busnel, Vincent Rousseau, Thomas Honnet, Arthur Blanchon, Eric Vezin et David Bouderballa

- Contribution de Thierry Cotelle

- Contribution de Catherine Coutard

- Contribution de Yvon Grinda

- Contribution de Christine Meyer

- Contribution de Patrick Quinqueton

Contribution de Gérard Rifle, Rolland Millet, Emmanuel Jallageas, Bruno Guillard, Alain-Yvan Moulinard et Gérard Pierre

- Contribution de Thierry Rochefort

- Contribution de Michel Sorin, Serge Maupouet, Ricardo Mella, Gérard Beillard et Eric Tollénaère

- Contribution de Martine Souvignet

 

Cet article est le 161ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

Repost 0
Published by Michel SORIN - dans MRC national
commenter cet article
15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 23:48

 

Les réponses sont dans les principes fondateurs républicains de la loi de 1905

 

L'Assemblée nationale a adopté en première lecture, le 13 mai 2015, un texte différent de la proposition de loi déposée initialement par le groupe des radicaux de gauche.

Voir cet article publié le 12 mai sur le site du quotidien Le Monde :

Laïcité : une proposition de loi débarrassée de ses aspérités

Extrait. Les uns reprochent au texte des radicaux de gauche une conformité douteuse avec les principes constitutionnels d’égalité et de liberté de conscience. D’autres le jugent contraire à l’esprit et à la tradition de la laïcité. Dans une atmosphère déjà empoisonnée par les propositions visant à interdire aux mères voilées d’accompagner les sorties scolaires ou à prohiber le voile à l’université, et avant les élections départementales, le gouvernement et les chefs de file socialistes de l’Assemblée avaient imposé un report de l’examen du texte au mois de mai.

 

La position du Mouvement Républicain et Citoyen a été présentée par Marie-Françoise Bechtel, députée de l'Aisne. Voir : Baby Loup : la laïcité consiste à construire la libre conscience de tous et d’abord de l’enfant

Votée ici même après des mois de débats passionnés, la loi de 1905 est aujourd’hui un véritable contrat démocratique et républicain, porteur de paix public et propagateur d’un civisme qui fut longtemps militant. 
Nous voyons donc bien la contradiction qu’il y aurait aujourd’hui à voir en elle un texte vivant, porteur de solutions, fussent-elles à inventer, et en même temps à céder à la tentation de refaire un grand texte, une sorte de charte de paix sociale qui serait au même niveau de pensée et de volonté. 
Il s’agit bien d’une contradiction : ou la loi de 1905 reste un socle républicain, ou elle ne l’est plus. Mais on ne peut pas, mon cher collègue Tourret, appeler de ses vœux un nouveau texte si l’on croit en la vie et en la réalité juridique de la loi de 1905, comme c’est le cas des députés du Mouvement républicain et citoyen. 
Pourquoi, d’ailleurs, faudrait-il un nouveau texte ? Parce que la laïcité à la française rencontre des difficultés dans un présent mondialisé, différentialiste, individualiste, avec des tendances à la communautarisation ? 
Mais c’est au contraire dans la loi de 1905 – et nous en ferons la démonstration à propos de la crèche Baby Loup – que nous trouverons les réponses que nous recherchons. Inspirons-nous donc de ses principes fondateurs et nous y trouverons la réponse aux questions qui se posent. 
Le cas de Baby Loup est significatif. Je ne reviens pas sur l’historique et je ne dis pas que d’autres difficultés ne suivront pas, mais en réglant ce cas, nous donnerons la mesure de ce que peut une loi fondatrice qui reste le socle de solutions véritablement républicaines, autrement dit une loi qui nous oblige, mais aussi une loi qui nous inspire.

La présente proposition de loi présentée par nos collègues radicaux de gauche, qu’il faut féliciter de leur initiative en y associant d’ailleurs la sénatrice Françoise Laborde – à l’origine d’un texte un peu différent, M. Tourret l’a très bien expliqué – est bien inspirée. 
Elle bien inspirée parce que, vous l’avez compris, elle reste à mes yeux dans les rails de la loi de 1905 tout en témoignant de la capacité inventive résultant des principes définis par cette loi. 
À cet égard, je me félicite de la prise de conscience du rapporteur, qui a admis que le plus sage est de fixer dans la loi une jurisprudence polie par le temps – que vous avez fort bien rappelée – et efficace pour résoudre les problèmes dont nous parlons. 
J’approuve donc la nouvelle rédaction qu’il proposera si j’ai bien compris par voie d’amendement à l’article premier, et je retirerai probablement mes propres amendements à ce même article. 
Supprimer le « caractère propre », concept flou et très conflictuel, est une bonne chose. 
Ensuite, et c’est plus hardi, cesser de se référer aux critères de financement, qui n’apportaient rien par rapport à l’article premier de la loi de 1905 prohibant déjà le financement des cultes, et se référer de façon plus hardie au service public me semble une initiative bienvenue. 
Ceci conduit à distinguer trois cas de figure pour résoudre le cas Baby Loup et tout ce qui peut y être connexe, selon le degré de proximité au service public : intégration au service public, participation plus ou moins précise au service public, personne privée qui n’est pas dans le service public. 
Cela a des vertus simplificatrices, cela est clair et, encore une fois, harmonieux avec la loi de 1905.

 

Un mot sur l’objet précis du texte

Mme Buffet l’a rappelé tout à l’heure : il s’agit bien de légiférer sur des lieux de travail, ce qui a suscité nombre de difficultés, s’agissant notamment des lieux de travail privés. 
Lorsque le travail consiste à encadrer des enfants, deux aspects doivent être mis en équilibre : la liberté du travailleur lui-même, du salarié, et la liberté de conscience des enfants, dont j’ai la faiblesse de penser qu’elle est le bien le plus précieux et – c’est ce qui me distingue de Mme Buffet – qu’elle doit être placée au-dessus de tout. 
Oui, le travailleur est libre de s’exprimer mais il l’est dans la limite de la liberté de conscience de l’enfant. Autrement dit, il l’est dans les limites de ce que peut interdire la laïcité. 
En effet, faire de la liberté individuelle du travailleur un principe absolu, comme l’a un jour fait bien malheureusement la Cour européenne des droits de l’homme – mais ce n’est pas son unique méfait – revient directement à nier le principe citoyen, le civisme républicain. Nous tombons forcément dans cette contradiction. 
La laïcité ne se réduit pas à une question de liberté individuelle : l’œuvre de la laïcité consiste à construire la libre conscience de tous et, d’abord, de l’enfant. 
Tel est l’édifice construit depuis 1905 à la hauteur duquel nous devons tous être aujourd’hui. Cela n’est pas facile, mais qui a dit que la République était facile ?

 

Rappel (14 mai 2015) : La laïcité, une originalité française, expliquée par Claude Nicolet (MRC)

 

Cet article est le 69ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement

Repost 0
Published by Michel SORIN - dans République Parlement
commenter cet article
14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 23:53

 

 

La laïcité n'est pas contre les religions, elle est pour la liberté de conscience

 

 

Le Parlement examine la proposition de loi des radicaux de gauche sur la neutralité religieuse dans les crèches privées, qui reprend la jurisprudence « Baby-Loup ». Voir (13 mai) : . Crèches et laïcité: Les députés votent la jurisprudence «Baby-Loup»

 

L'UFAL s'opposait à cette proposition de loi Tourret. Voir le communiqué de presse (13 mai) : Pas de financement public pour les crèches confessionnelles ! Non à la proposition de loi Tourret. Mais le contenu du texte voté par les députés satisfait l'Union des Familles laïques. Voir le communiqué de presse (14 mai) : La proposition de loi Tourret sur les crèches vidée de son contenu : l’Assemblée nationale choisit la voie de la sagesse

Finalement, l’Assemblée Nationale aura enterré avec les honneurs, ce 13 mai 2015, la proposition de loi Tourret qui, sous couleur d’« étendre l’obligation de neutralité à certaines personnes ou structures privées accueillant des mineurs » autorisait (comme nous l’avons montré) le versement de fonds publics aux crèches confessionnelles (...).

L'UFAL organise une conférence publique sur le thème de la laïcité le 30 mai 2015 à 17h à Paris. Voir www.ufal.org/laicite-liberte

La laïcité est un principe d’organisation politique qui repose sur la séparation de l’État et des Églises, la liberté de conscience étant le but, la séparation le moyen. Mais elle est aussi, et d’abord, une conviction que des militants défendent au quotidien, parfois au péril de leur vie. En organisant cette réunion publique, l’UFAL souhaite mettre à l’honneur ces militants et montrer, à partir d’exemples concrets, comment le militantisme laïque permet de défendre nos libertés et d’en conquérir de nouvelles. Liberté d’expression, liberté de « blasphème », émancipation par l’instruction, liberté de mourir dans la dignité, liberté sexuelle : autant de libertés que la laïcité rend effectives. Après l’attentat contre Charlie Hebdo et l’attentat de Copenhague, nous voulons montrer que les laïques n’ont pas l’intention de baisser les bras !

 

La position du Mouvement Républicain et Citoyen est conforme à la conception traditionnelle de la laïcité. Voir les prises de position successives de Claude Nicolet, secrétaire national en charge de la citoyenneté et de la laïcité - En savoir plus sur cet auteur

- Entretien de Claude Nicolet avec l'Est Eclair, 11 mai 2015 : "La France a besoin de réaffirmer sereinement son identité républicaine". Extrait :

Nous sommes en pleine confusion. La laïcité n'est pas contre les religions. La laïcité, c'est la liberté de conscience, l'égalité des droits et des devoirs, la recherche de l'intérêt général. C'est également comme le disait Jules Ferry, "ne rien faire qui puisse heurter la conscience des élèves". Je ne confonds pas avec les repas halal ou casher par exemple puisqu'il y a un abattage rituel avec un taxe prélevée dans un but religieux. Mais des repas de substitution doivent toujours pouvoir être prévus, pour des raisons de santé par exemple ou de choix personnel tout simplement. 

- Tribune de Claude Nicolet sur Marianne.net le 18 novembre 2014 : Les attaques contre la laïcité se multiplient : ça suffit ! Extrait.

Après le combat de la crèche Baby-Loup, après un rapport remis au Premier ministre Jean-Marc Ayrault en novembre 2013, après les déclarations de Madame Najat Vallaud-Belkacem sur le sorties scolaires, les attaques frontales contre la laïcité se multiplient et il faut bien le reconnaître, la réponse de l'Etat n'est pas à la hauteur de l'enjeu. 
Il est stupéfiant de devoir rappeler à celles et ceux qui en ont la charge, que ce sont les fondements mêmes de la République et de la citoyenneté qui sont mis en cause.

Les religions, si elles doivent être approchées dans le cadre scolaire, ne doivent l'être qu'en ce qu'elles sont un objet social, culturel, historique et anthropologique comme tous les autres. Elles ne peuvent donc être abordées qu'au titre d'objet scientifique et en aucun cas comme des croyances. Sinon il y aura automatiquement introduction d'une dimension morale qui renverrait de fait la liberté de conscience, l'agnosticisme, l'athéisme où le matérialisme à des croyances comme une autre. Voire même une discrimination vis-à-vis de ceux qui n'adhèrent pas à une religion. Et puis lesquelles enseigner ? 
Faut-il encore dire que la laïcité est la garantie de la liberté de conscience, indépassable outil au service de l'émancipation des hommes et des femmes, inséparable de l'esprit critique, ciment de la citoyenneté et de l'égalité de tous vis-à-vis de tous.


Sur le thème de la laïcité, la Fédération départementale de la ligue de l'enseignement (FAL 53) et la FSU53 invitent à une conférence d'Henri PENA RUIZ le 26 mai à 20h dans l'amphithéâtre du Lycée agricole à Laval (Mayenne).

 

Cet article est le 68ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement

Repost 0
Published by Michel SORIN - dans République Parlement
commenter cet article
12 mai 2015 2 12 /05 /mai /2015 23:02

Organiser le MRC pour en faire une force politique de libération nationale

Le Mouvement Républicain et Citoyen prépare son congrès 2015, qui aura lieu à Paris les 13 et 14 juin. Lors du Conseil national le 12 avril, plusieurs motions d'orientation avaient été enregistrées, ainsi que la création d'un groupe de travail - constitué par les responsables des trois motions et de Jean-Pierre Chevènement, qui en avait fait la demande - dans la perspective de réaliser une synthèse avant ou pendant le congrès.

Voir (26 avril) : Congrès MRC 2015 : Chevènement avec les responsables des motions

La réunion du groupe de travail, le 27 avril, a permis à chacun de s'exprimer dans un excellent climat. Il a été demandé à Jean-Yves Autexier, présent au côté de Jean-Pierre Chevènement, d'effectuer une synthèse des textes en présence, en vue de rapprocher les auteurs des motions et de préparer un accord.

           Voir (29 avril) : MRC 53 : débat sur le rôle du MRC afin de peser sur la politique en 2017

Le 6 mai, Jean-Luc Laurent, qui présidait le secrétariat national élargi, après avoir entendu les responsables de motions, a fait le constat qu'à ce stade de la préparation du congrès, il n'existe pas d'accord de synthèse. Il a déclaré en revenir à l'existence des trois motions enregistrées le 15 avril par le secrétariat national :

- celle de Jean-Luc Laurent, président, signée par la majorité du secrétariat national,

- celle de Hugo Prod'homme, « Le Courage d'Avancer » qui a intégré celle de Michel Sorin,

- celle de Claude Nicolet « L'autre chemin » qui est issue du regroupement des textes de Marie-Françoise Bechtel et de Christine Meyer avec celui de la Fédération du Nord.

Claude Nicolet et Marie-Françoise Bechtel, ainsi que Jean-Pierre Chevènement, qui avait transmis sa position, ont fait savoir leur accord avec le texte de Jean-Yves Autexier.

Les représentants des deux autres motions ont jugé préférable d'améliorer le texte en vue d'aboutir à un accord au congrès, le projet de synthèse étant un document de travail dans le cadre de la recherche de la synthèse.

Les trois motions, telles qu'elles avaient été enregistrées le 15 avril, vont être transmises aux adhérents, ainsi que les contributions, dont celle que Jean-Pierre Chevènement avait présentée lors de la réunion du groupe de travail le 27 avril.

 

Hugo Prod'homme et Michel Sorin ont présenté les positions des signataires de la motion « Le Courage d'Avancer, lors de cette réunion du 6 mai.  

 

- Le premier a montré ce qui fait la différence entre cette motion et les autres, notamment la description de la rupture dans notre pays entre la « communauté politique » (les élites politiques, économiques et médiatiques, mais aussi l'ensemble des partis politiques et des syndicats) et les citoyens.

Dans une étude publiée par Libération, les classes moyennes s'en remettent à une « alternative républicaine » portée par le mouvement citoyen.

A nous d'impulser cette dynamique. Il ne faut pas attendre « la bonne occasion », comme l'écrit Jean-Yves Autexier. C'est possible. Nous sommes attendus, à condition de ne pas continuer à soutenir le gouvernement, qui n'a mis ni l'intérêt général ni les citoyens au coeur de sa politique.

 

- Le second souligne l'originalité de cette motion, qui met en avant la question de l'organisation que le MRC doit adopter pour devenir une force politique autonome afin de mettre en œuvre son logiciel.

Comment être à l'initiative du rassemblement des citoyens qui portera l'alternative républicaine au néolibéralisme et à l'européisme ? Il évoque la reconquête d'une double souveraineté, celle du peuple français face au capital et celle de la nation citoyenne face à l'Europe.

L'enjeu n'est pas une alternance politique mais une libération, suivie d'une reconstruction du pays sur la base de l'intérêt général. La mue du MRC doit être pensée en fonction de cet objectif : être la base de la construction d'une gauche républicaine opérationnelle qui renoue avec le peuple (les classes populaires, le monde du travail) et avec la nation citoyenne.

 

Cet article est le 160ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

Repost 0
Published by Michel SORIN - dans MRC national
commenter cet article
1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 16:54

 

Préparation du congrès MRC 2015 et colloque de la Fondation Res Publica

Au début de chaque mois, je reprends les titres des articles parus le mois précédent sur ce blog (voir Titres des articles du mois précédent).

Depuis 2006, 2771 articles - classés en 50 catégories - ont été publiés sur ce blog.- en comptant les récapitulatifs mensuels. 

Rappel : Articles parus en mars 2015 sur le blog du MRC 53 (Michel Sorin)

 

Titres des articles parus en avril 2015 sur http://mrc53.over-blog.com

Colloque Res Publica 13 avril 2015 : la Grèce par Thanos Contargyris (30 avril)

MRC 53 : débat sur le rôle du MRC afin de peser sur la politique en 2017 (29 avril)

Congrès MRC 2015 : Chevènement avec les responsables des motions (26 avril)

Colloque Res Publica 13 avril 2015 : la Grèce piégée (Olivier Delorme) - 25 avril

Colloque Res Publica du 13 avril 2015 : le test de la Grèce pour l'euro (24 avril)

JP Chevènement : bâtir une alternative républicaine au néolibéralisme (20 avril)

Congrès MRC 2015 : Hugo Prod'homme est intervenu au Conseil national (19 avril)

Congrès MRC 2015 : Serge Maupouet est intervenu au Conseil national (18 avril)

Congrès MRC 2015 : l'intervention de Michel Sorin au Conseil national (17 avril)

Congrès MRC 2015 : la direction face à deux autres motions d'orientation (16 avril)

Traité transatlantique TAFTA : le point des négociations sur L'arène nue (07 avril)

 

Cet article est le 81ème paru sur ce blog dans la catégorie Titres des articles du mois précédent

Repost 0