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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 21:06

 

La question grecque peut être résolue par une autre politique européenne

 

La Fondation Res Publica * proposait lundi 13 avril un colloque sur le thème L'euro est-il soutenable ? Le nouveau test de la Grèce. Avec la participation de :

Jean-Michel Quatrepoint, membre du Conseil scientifique de la Fondation, journaliste économique, auteur de "Le Choc des Empires" (le débat Gallimard ; mars 2014) 

- Olivier Delorme, écrivain et historien, ancien maître de conférences à Sciences Po, auteur de « La Grèce et les Balkans, du Vème siècle à nos jours » (Folio Gallimard, 2013, 3 tomes)

Thanos Contargyris, dirigeant de Dialogos Ltd, Attac Grèce 
Dominique Garabiol, professeur associé à Paris 8, membre du Conseil scientifique de la Fondation 
- et Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica.

Rappel (31 mars 2015) : La Grèce est un test de la validité de l'euro et des solutions possibles

* Voir Présentation de la Fondation Res Publica

Les interventions de Jean-Michel Quatrepoint, de Dominique Garabiol et de Jean-Pierre Chevènement, ont été rapportées précédemment. Voir (24 avril 2015) : Colloque Res Publica du 13 avril 2015 : le test de la Grèce pour l'euro.

Et aussi celle d'Olivier Delorme. Voir (25 avril) : Colloque Res Publica 13 avril 2015 : la Grèce piégée (Olivier Delorme)

Pour prendre connaissance de l'ensemble des interventions lors de ce colloque, consulter les Actes qui seront publiés par la Fondation dans quelques semaines.

 

Voici, maintenant, un résumé de ce qu'a dit Thanos Contargyris*.

 

Le problème de la Grèce, c'est la dette publique (passée de 129 % du PIB à 176%, suite au traitement qui lui a été appliqué pendant 5 ans), mais c’était en 2009 aussi le déficit de sa balance des paiements (-15%) et le déficit de ses comptes publics (-15%). Elle était et reste dans l'impossibilité de rembourser. Certes ses déficits ont été résorbés: celui de sa balance des paiements est de -2,4% et son déficit public est de -3,5% en 2014. En cas de sortie de l'euro, la dette disparaît et le déficit public aussi (les intérêts de la dette sont supérieurs à 3,5%) ; seul le déficit de la balance des paiements (-2,4%) reste.

En 2008, le gouvernement socialiste n'a pas vu venir la crise. George Papandréou a été débarqué en 2011, 24 heures après avoir proposé un référendum. Il a été remplacé par des gens « plus sérieux »au pouvoir.

La pression sur les électeurs grecs a été inimaginable (la presse, les allemands, les financiers). Dans un premier temps, ils ont cédé. Leur soumission a duré un an et demi.

Syriza a progressé très rapidement au niveau électoral (4 %, puis 15, puis 25, puis 35 %). Il est composé de gens de gauche, d'écologistes, d'anciens socialistes. Il a eu besoin d'un parti de centre droit pour atteindre la majorité parlementaire.

Le gouvernement grec est soutenu par 60 % de la population. Selon un sondage, 42 % font confiance au gouvernement et 17 % à l'opposition (Nouvelle Démocratie).

Le gouvernement grec est seul, ou presque, en Europe. L'Italie et, c'est plus inattendu, la Grande-Bretagne, lui accordent un soutien modéré. La France l'a lâché. La domination allemande se fait à visage découvert.

Mais il faut distinguer Mme Merkel, qui intègre d'autres éléments que son ministre des finances, lequel dirige la politique européenne.

Depuis 5 ans, la Grèce a radicalement changé. Elle dégage des excédents primaires. L’État grec peut faire face aux dépenses directes (charges de l’État et retraites). Même si les dysfonctionnements continuent. Par contre, ce n'est pas possible de rembourser la dette. Il lui faut emprunter pour rembourser Mais la Grèce n'est pas la seule dans ce cas…

Le problème de la dette est un cercle vicieux, dont la Grèce essaie de sortir. Il est possible de résoudre la question grecque. Le problème est politique. Il y a des alternatives. La solution devrait être européenne. Une d’elle serait de transformer la monnaie unique en monnaie commune.

La Grèce peut tenir encore quelques semaines (mi-mai). Ensuite, il y a deux possibilités :

- faire défaut,

- ou payer avec une nouvelle monnaie interne (une partie des salaires des fonctionnaires et des pensions pourront être payés avec cette nouvelle unité monétaire, ce que n'interdisent pas les traités). Le problème est de bien doser le rapport entre monnaie molle et monnaie dure par un mécanisme technique bien au point.

 

* Voir - le blog de Coralie Delaume (20 avril 2015) : « Un défaut partiel de la Grèce est possible »

- L'Humanité (26 janvier 2015) : Thanos Contargyris

- ATTAC France (21 février 2014) : Thanos Contargyris.

 

Cet article est le 200ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

Thanos Contargyris, le 13 avril 2015, lors du colloque Res Publica à Paris

Thanos Contargyris, le 13 avril 2015, lors du colloque Res Publica à Paris

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Published by Michel SORIN - dans CHEVENEMENT
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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 23:13

 

Le MRC a un avenir comme fer de lance du rassemblement de la gauche

 

La préparation du congrès du Mouvement Républicain et Citoyen, qui aura lieu à Paris les 13 et 14 juin 2015, était le thème de la réunion des membres du MRC 53 ce 29 avril à Saint-Berthevin (Mayenne), sous la présidence de Michel Sorin.

Le congrès doit déterminer la ligne politique du Mouvement pour les deux ans à venir, ce qui inclut les élections nationales de 2017.

Le 12 avril, le Conseil national en a débattu, les responsables de motions s'exprimant à ce sujet. L'ancien ministre, Jean-Pierre Chevènement, a proposé qu'un groupe de travail soit constitué pour préparer une motion unique au congrès. Voir (26 avril) : Congrès MRC 2015 : Chevènement avec les responsables des motions.

Ce groupe s'est réuni le 27 avril. Michel Sorin était l'un des deux représentants de la motion « Le Courage d'Avancer ». Chacun a pu s'exprimer., dans un excellent climat, sans rien cacher des différences de points de vue.

Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du MRC, a présenté sa contribution, très charpentée, construite en trois points : 1- L'analyse de la crise. 2- L'alternative républicaine. 3- Quelle stratégie ?

Jean-Luc Laurent, président du MRC, a remis le texte de sa motion, complété en tenant compte des débats récents (Conseil national, secrétariat national élargi). C'est la motion adoptée par la majorité de la direction sortante.

A partir de là, comment faire entrer les travaux du groupe de travail dans le déroulement prévu du congrès ? La présence de Jean-Yves Autexier, au côté de Jean-Pierre Chevènement, se révèle très utile puisqu'il accepte de réaliser une nouvelle mouture à partir des textes en présence, Celle-ci sera communiquée avant le 4 mai aux responsables des trois motions.

Lors du secrétariat national élargi, le 6 mai, les responsables de motions devront dire s'ils acceptent la mouture Autexier, éventuellement amendée - leur motion étant alors réduite au statut de contribution, non soumise au vote des adhérents - ou s'ils maintiennent leur motion.

- Dans le premier cas, il n'y aura qu'un texte soumis au vote des adhérents, la mouture Autexier, qu'ils pourront amender (ce qui s'est fait à chaque fois depuis le congrès fondateur de St-Pol-sur-Mer en janvier 2003).

- Dans le second cas, il y aura, au moins, deux motions soumises au vote et des amendements seront également possibles.

Dans les deux cas, lors du congrès, la commission des résolutions examinera les amendements et recherchera un accord général sur la motion qui sera adoptée par le congrès.

 

Le MRC 53 a pris bonne note de ces informations puis a débattu sur le fond des questions concernant la ligne politique du MRC et de sa pratique dans les deux ans à venir.

Le MRC a une carte à jouer pour rassembler la gauche sur une ligne commune, chaque partenaire acceptant des compromis pour aboutir à cette coopération entre les organisations politiques de gauche. Le peuple est dégoûté par l'incapacité des partis à s'unir sur des questions vitales pour le redressement économique et social du pays. Cela conduit à l'abstention beaucoup trop importante de l'électorat de gauche et au glissement vers le vote FN d'une partie de l'électorat de droite. On l'a vu lors des élections départementales : quand la gauche s'est présentée unie, elle a bien résisté.

 

Le MRC 53 souhaite que le MRC organise des rencontres avec les autres partis qui sont prêts à réfléchir avec lui sur des questions structurantes telles que l'articulation entre la question sociale et la question nationale, le passage de la monnaie unique à la monnaie commune en Europe, les moyens à prendre pour le redressement économique et social du pays.

 

N'attendons pas que le FN soit au pouvoir, associé à la droite, pour réagir et enclencher un processus de convergences entre les partis et organisations de gauche, afin d'en finir avec les politiques néolibérales et la suprématie de la logique actionnariale dans l'économie.

 

Le capital financier, qui se soucie uniquement du profit à court terme, ne fait pas bon ménage avec l'entreprise, qui a besoin d'investissement à long terme, de la recherche, de la formation des salariés, de qualité des produits. Il faut promouvoir un nouveau statut de l'entreprise, dans laquelle les salariés auront toute leur place.

 

De même, il faut définir ce qu'est aujourd'hui un Etat social, avec ses services publics, notamment l'école et l'hôpital, ainsi que la sécurité sociale. C'est autour d'un projet social et républicain que la gauche se retrouvera. Le MRC peut y contribuer.

 

Rappel (28 mars) : Congrès MRC 2015 : le débat aura lieu sur l'orientation du Mouvement

 

Cet article est le 39ème sur ce blog dans la catégorie MRC 53 et Pays de la Loire

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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 18:21

 

Une réunion utile dans le but de préparer le texte qui sera adopté au congrès

 

Lors du Conseil national du 12 avril, le président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen, Jean-Pierre Chevènement, avait plaidé en faveur de la réunion dans les meilleurs délais d'un groupe de travail en vue de réfléchir à la préparation de la motion d'orientation qui sera adoptée par le congrès le 14 juin 2015.

Le secrétariat national, le 15 avril, a validé l'existence de trois motions :

- celle de Jean-Luc Laurent, président, signée par la majorité du secrétariat national,

- celle de Hugo Prod'homme, « Le Courage d'Avancer » qui a intégré celle de Michel Sorin,

- celle de Claude Nicolet « L'autre chemin » qui est issue du regroupement des textes de Marie-Françoise Bechtel et de Christine Meyer avec celui de la Fédération du Nord.

 

Le 27 avril, il y aura une concertation, à l'initiative de Jean-Pierre Chevènement, afin de préparer les conditions d'une affirmation claire de la position du MRC lors du congrès.

A partir des différentes contributions et motions, il est possible d'aboutir à une orientation forte et mobilisatrice pour les militants. C'est ce que devrait permettre cette réunion du groupe de travail composé de deux représentants par motion, autour de Jean-Pierre Chevènement.

Rappel :

- 20 avril 2015 : JP Chevènement : bâtir une alternative républicaine au néolibéralisme

 

- 17 avril 2015 : Congrès MRC 2015 : l'intervention de Michel Sorin au Conseil national

 

- 16 avril 2015 : Congrès MRC 2015 : la direction face à deux autres motions d'orientation

 

- 13 décembre 2014 : Crise politique française. Pour une alternative républicaine et citoyenne

Cet article est le 159ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

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Published by Michel SORIN - dans MRC national
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25 avril 2015 6 25 /04 /avril /2015 17:41

 

La Grèce, une histoire particulière, un pays à part en Europe

 

La Fondation Res Publica * proposait lundi 13 avril un colloque sur le thème L'euro est-il soutenable ? Le nouveau test de la Grèce. Avec la participation de :

Jean-Michel Quatrepoint, membre du Conseil scientifique de la Fondation, journaliste économique, auteur de "Le Choc des Empires" (le débat Gallimard ; mars 2014) 

- Olivier Delorme, écrivain et historien, ancien maître de conférences à Sciences Po, auteur de « La Grèce et les Balkans, du Vème siècle à nos jours » (Folio Gallimard, 2013, 3 tomes)

Thanos Contargyris, dirigeant de Dialogos Ltd, Attac Grèce 
Dominique Garabiol, professeur associé à Paris 8, membre du Conseil scientifique de la Fondation 
- et Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica.

Rappel (31 mars 2015) : La Grèce est un test de la validité de l'euro et des solutions possibles

* Voir Présentation de la Fondation Res Publica

Les interventions de Jean-Michel Quatrepoint, de Dominique Garabiol et de Jean-Pierre Chevènement, ont été rapportées précédemment. Voir (24 avril 2015) : Colloque Res Publica du 13 avril 2015 : le test de la Grèce pour l'euro.

Pour prendre connaissance de l'ensemble des interventions lors de ce colloque, consulter les Actes qui seront publiés par la Fondation dans quelques semaines.

Voici, maintenant, un résumé de ce qu'a dit Olivier Delorme, auteur du livre « La Grèce et les Balkans », dont le 3ème tome (écrit en juin 2013) se termine par ce paragraphe :

« Dans ce sombre tableau, la Grèce, entrée dans la CEE juste avant le virage néolibéral des années 1985-1995, faisait figure d'exception et de modèle à atteindre. La stratégie du choc qui lui est appliquée depuis 2010 change la donne : le programme de l'Europe n'est plus de tirer la Bulgarie ou la Roumanie vers le niveau où était parvenu la Grèce ; c'est de refouler la Grèce vers celui de la Roumanie et de la Bulgarie. Peut-être devrait-on cependant se souvenir à Paris, à Berlin et à Bruxelles, où l'on répète à l'envi que la construction européenne a garanti la paix du continent, que les guerres de Yougoslavie ont commencé par le refus des Slovènes et des Croates (soutenus par l'Allemagne)de continuer à payer pour ces fainéants de Monténégrins, de Kosovars et de Macédoniens. A moins qu'il ne soit déjà trop tard, parce que, sans qu'on s'en soit aperçu, l'Europe dont on parle est déjà morte de ne pouvoir remettre en cause ses certitudes néolibérales – comme le véritable décès de l'URSS ne date pas de 1991 mais du moment où elle récusa le réformisme krouchtchévien pour s'enfoncer dans la glaciation brejnévienne ».

La Grèce est sortie quasi détruite de la 2ème guerre mondiale, ayant subi une occupation parmi les plus féroces d'Europe (baisse de 8 % de la population grecque). Puis deux ans (1947-1949) de guerre civile ont fait 150 000 morts. Sa population est descendue en-dessous de 10 millions d'habitants. Elle est restée sur les mêmes structures jusqu'à la fin de la dictature militaire en 1974 : pas d’État social, très fortes inégalités, fiscalité directe réduite. C'est une économie de petits propriétaires terriens, suite à une réforme agraire réalisée avant 1920, dont les points forts sont le commerce et l'armement maritime, défiscalisé en 1945. La résistance fiscale est une pratique habituelle, face à un Etat souvent illégitime (il n'est pas défenseur du bien commun).

La période 1955-1963 a été marquée par une bonne gestion de Konstantinos Karamanlis : taux de croissance de 7 % par an, pas d'inflation ni endettement. Mais il n'y a pas de système de soins universel. Les syndicats sont hors la loi. La dépendance à l'égard des USA est très forte.

C'est pour desserrer l'étreinte de l'ami américain que Karamanlis se rapproche de la CEE, avec l'appui de la France (de Gaulle). En 1959, la Grèce est candidate à une association avec la CEE. Le processus, suspendu pendant la dictature militaire, entre 1967 et 1974, reprendra ensuite et, avec le soutien de la France (Giscard d'Estaing), aboutira en 1979 et sera effective en 1981.

Les grecs sont partagés sur l'adhésion à l'Europe. Ce n'est pas vraiment la leur. Un rideau de fer s'est abattu en 1947-1949. La Grèce sera un membre à part. Le PASOK (gauche radicale) militait contre l'adhésion à l'Europe. Les sondages indiquaient une légère majorité contre l'adhésion. Les transferts de l'Europe vers la Grèce (entre 5 et 7 % du PIB) sont importants. Le pays se transforme. Mais l'économie grecque reste faible et vulnérable (choix de l'industrie lourde des années 1960, petites entreprises dans l'habillement et l'agroalimentaire). Elle n'est pas adaptée aux nouveaux choix économiques européens (libre-échange généralisé, concurrence non contrôlée) qui font que l'Europe change de nature.

De plus, l'investissement social arrive à contre-temps (1978-1985), dans une période de dépression mondiale, ce qui oblige la Grèce à s'endetter. Les salaires étaient trop bas mais devenaient trop hauts, par comparaison avec ceux des pays des Balkans, de Roumanie, de Turquie. Des entreprises se délocalisent. La dette, qui avait été multipliée par 4 du temps des colonels, prend de l'ampleur avec l’État social (79,6 % du PIB en 1990).

L'entrée dans la zone euro aura un effet délétère sur l'économie grecque. Repoussée en 1999, à cause de fraudes dans ses déclarations (en réalité, des habillages que d'autres pays pratiquent aussi), elle est effective en 2000, les mesures d'austérité décidées ayant eu des résultats visibles. L'inflation baisse, la dette aussi (de 110 à 100 % du PIB). La Grèce est acceptée parce que l'Europe voit les inconvénients à la laisser dehors.

L'euro a contribué à augmenter la dette de la Grèce. Sa surévaluation (il vaut 1,6 dollar à son lancement et il reste longtemps à 1,3) pénalise la Grèce qui vit du tourisme et dont 65 % du commerce extérieur est réalisé hors zone euro. En outre, les exportations agroalimentaires vers la Russie sont bloquées par l'embargo.

La baisse des taux d'intérêt a un effet morphine sur l'économie grecque, qui a la possibilité d'emprunter aux mêmes taux que l'Allemagne. L'endettement privé augmente de 20 à 30 % par an dans la première décennie 2000, sous l'effet de l'importation de produits allemands (auparavant, le crédit était très limité, il n'y avait pas de chèques).

Ajoutons-y les Jeux Olympiques et l'explosion des marchés de l'armement (+ 35 % entre 2004 et 2009).

Pas possible de dévaluer. Pas possible de monétiser la dette. Pas possible de faire de l'inflation (qui réduit la valeur réelle de la dette). La Grèce a les mains liées face aux spéculateurs, n'ayant plus l'arme monétaire en 2009 pour lutter contre la spéculation. C'est pourquoi elle fait appel à Bruxelles afin d'obtenir des financements (FMI, BCE, CE).

 

Cet article est le 199ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

Olivier Delorme, lors de son intervention.

Olivier Delorme, lors de son intervention.

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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 17:47

Jean-Pierre Chevènement : le problème n'est pas la Grèce, il est celui de l'euro

 

La Fondation Res Publica * proposait lundi 13 avril un colloque sur le thème L'euro est-il soutenable ? Le nouveau test de la Grèce. Avec la participation de :

Jean-Michel Quatrepoint, membre du Conseil scientifique de la Fondation, journaliste économique, auteur de "Le Choc des Empires" (le débat Gallimard ; mars 2014) 

- Olivier Delorme, écrivain et historien, ancien maître de conférences à Sciences Po, auteur de « La Grèce et les Balkans, du Vème siècle à nos jours » (Folio Gallimard, 2013, 3 tomes)

Thanos Contargyris, dirigeant de Dialogos Ltd, Attac Grèce 
Dominique Garabiol, professeur associé à Paris 8, membre du Conseil scientifique de la Fondation 
- et Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica.

Rappel (31 mars 2015) : La Grèce est un test de la validité de l'euro et des solutions possibles

 

* Voir Présentation de la Fondation Res Publica

 

Voici des extraits des interventions de Jean-Michel Quatrepoint, de Dominique Garabiol et de Jean-Pierre Chevènement. Pour prendre connaissance de l'ensemble des interventions lors de ce colloque, consulter les Actes qui seront publiés par la Fondation dans quelques semaines.

 

- Jean-Michel Quatrepoint constate que l'Union européenne a mis en place un système de nœud coulant appliqué à la Grèce (réformes souhaitées par Berlin et Bruxelles contre financements par la BCE et le FMI). Avec Syriza, la donne a changé. C'est devenu une question politique. La crainte de l'UE est la contagion à d'autres pays européens. Elle n'admet qu'une seule politique possible, la sienne.

La Grèce a surestimé l'influence des socialistes français dans l'UE (or, l'Europe est allemande). Et elle a refusé d'utiliser la sortie de la zone euro comme force de dissuasion. Ses marges de manœuvre sont réduites. Elle a besoin de consolider ses dettes, en les transformant en prêts remboursables dans deux ou trois ans. La Russie ne fera pas ces financements, même si elle peut aider autrement. La Chine pourrait le faire. Après la réussite de la Banque asiatique d'investissement qu'elle vient de créer, elle pourrait avoir l'idée de lancer une banque de développement pour faciliter les investissements en Europe. Ce serait un excellent ballon d'oxygène pour les grecs.

 

- Dominique Garabiol observe qu'avant le traité de Maastricht, l'Europe fonctionnait de manière confédérale (respect des intérêts de chaque pays membre). Maintenant, elle accepte qu'il y ait des perdants. Le problème, c'est comment les gérer ? Selon Mundel et les « zones monétaires optimales » (qui ne sont pas optimales pour tous), les perdants doivent être socialement gérés. Cela suppose la mobilité des travailleurs. Dans la réalité, en France, il a fallu 100 ans pour gérer les zones déstabilisées (exemple, les zones rurales). Au niveau de l'Europe, les conditions ne sont pas remplies actuellement.

L'Allemagne tient les cordons de la bourse, en étant le seul pays créditeur. Mais elle n'a pas conscience de partager un destin commun avec les autres membres de la zone euro. La force politique monétaire est considérable. Une même politique aura des effets expansionnistes pour les économies fortes et des effets récessionnistes pour les économies faibles. Les salaires augmentent là où ils sont les plus élevés, ils baissent là où ils sont les plus bas. C'est ainsi que l'Allemagne s'est enrichie quand la Grèce et l'Espagne se sont appauvries. La dévaluation interne a pour conséquence la baisse des revenus, pas des dettes. Les débiteurs s'appauvrissent alors que les créanciers s'enrichissent, ce qui est violent en terme d'impact social. La Grèce et l'Espagne ont des taux d'endettement plus élevés qu'en 2011.

En abaissant les taux d'intérêt jusqu'à 0 %, la Banque centrale européenne achète du temps mais laisse l'endettement s'accroître. On avance de crise en crise, sans trouver de solution, jusqu'à ce que la situation soit intenable. L'Allemagne voit arriver l'Espagne et Podemos derrière la Grèce et Syriza.

Il existe une alternative à une sortie de la zone euro. C'est la monnaie commune avec des monnaies internes au niveau national, seulement convertibles en euro, et un taux d'intérêt par pays. Il faut introduire de la flexibilité. Les monnaies internes pourraient être gérées au niveau européen. Le mécanisme existe, sans qu'il soit nécessaire d'établir le contrôle des changes (même si, dans le cas de la Grèce, elle aurait dû le faire pour limiter la fuite des capitaux).

L'euro n'est pas la monnaie européenne, c'est la monnaie de chaque pays. Si un pays sort de l'euro, ses créances sont converties en monnaie nationale, elle ne restent pas en euros.

Le cas de la Grèce est particulier, la dette grecque (les titres) ayant été remplacée par des prêts des institutions européennes. L'objectif de l'UE est de dissuader tout pays de sortir de l'euro. Elle veut pénaliser le pays qui sort. Mais le niveau de dette n'est pas tenable. C'est difficile d'admettre qu'il faut renoncer à une partie de la dette, ce qui a été fait pour l'Allemagne en 1953 (ce précédent a été mis en avant par la Grèce). L'Allemagne et la France ne peuvent rembourser leurs dettes. Pour la France, il est impossible de payer plus que les intérêts de la dette. Chaque remboursement de capital est suivi d'une nouvelle dette.

Il y a toujours une solution financière possible. S'il n'y a pas d'accord, il y a défaut. Après la Grèce, il y aura l'Espagne, l'Italie et la France (dont la dette va bientôt atteindre 100 % du PIB). L'adoption d'une monnaie commune serait une facilité pour la Grèce, qui n'aurait plus d'engagement européen. Il est compréhensible qu'elle ne veuille pas sortir de l'euro, mais on ne voit pas les solutions proposées par les grecs. La BCE tient le nœud gordien qu'elle a installé. A la demande de l'Allemagne, en cas de difficulté politique majeure pour elle, ou de sa propre initiative, elle peut dire stop.

 

- Jean-Pierre Chevènement observe que les Etats n'ont pas d'amis. Il y a deux moyens de venir à bout d'un pays : par les armes ou par la dette.

Le problème n'est pas la Grèce, c'est celui de l'euro et de son péché originel lié à l'hétérogénéité des pays de la zone euro.

L'euro, c'est le consensus des détenteurs d'actifs, même en Grèce. Mais c'est un problème pour les pays de sud de l'Europe, y compris la France.

L'Allemagne est le pays central, au coeur de l'Europe. C'est une trop grande puissance pour ne pas vouloir dominer l'Europe mais ce n'est pas une assez grande puissance pour y parvenir. Les allemands se considèrent meilleurs que les autres (ce qui les amène à se moquer des pays du club med puis des PIGS…). En fait, depuis très longtemps, leur industrie se situe sur des créneaux haut de gamme, ce qui lui donne des avantages compétitifs. Le SPD était le parti des créanciers, il est maintenant celui des contribuables.

La monnaie unique est entrée en contradiction avec la démocratie. On veut mettre le couvercle sur une Europe néolibérale. Cela ne peut pas durer. On approche de la zone des tempêtes car il va falloir trancher le nœud gordien. Dans son histoire, la France a fait 15 fois défaut. La dernière fois, c'était en 1797, avec l'affaire des assignats. La dette perpétuelle est une solution parce qu'il faut gagner du temps. L'Allemagne aurait une bonne idée en sortant de la zone euro mais elle ne le fera pas.

La solution, c'est d'introduire la monnaie commune, de la flexibilité pour desserrer le nœud coulant.

Cet article est le 198ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

Les intervenants autour du président Jean-Pierre Chevènement (de gauche à droite) : Jean-Michel Quatrepoint, Olivier Delorme, Thanos Contargyris, Dominique Garabiol

Les intervenants autour du président Jean-Pierre Chevènement (de gauche à droite) : Jean-Michel Quatrepoint, Olivier Delorme, Thanos Contargyris, Dominique Garabiol

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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 22:14

 

Le rassemblement des républicains face au capitalisme néolibéral

 

Je lis attentivement les interventions de Jean-Pierre Chevènement dans la presse et je l'ai vu s'exprimer lors du Conseil national du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) le 12 avril. Il multiplie les signes de sa détermination à initier une transmission de son idée de la République.

«  Tout n'est donc peut-être pas perdu si nous savons bâtir une alternative républicaine pour en finir avec le néolibéralisme ».

C'est la conclusion de l'entretien qu'il a accordé à Marianne le 17 avril (propos recueillis par Alexis Lacroix). Voir "Pour être fier d'être français, il faudrait déjà avoir de la mémoire". Extrait.

Rien ne sera possible tant qu'on ne rebattra pas les cartes de la construction européenne. Le cadenassage européen par des textes néolibéraux à valeur quasi constitutionnelle (Acte unique, Maastricht, Lisbonne) nous prive de notre liberté d'action. L'européisme, en renvoyant la France a un passé dépassé, sape l'estime de nous-mêmes sans laquelle notre peuple, pas plus que tout autre, ne pourrait continuer son histoire.

Contre cette tendance à l'amnésie généralisée, contre toutes les doctrines de la désappartenance et de la table rase, nous devons renouer avec la longue durée de notre histoire et travailler à sa transmission active.

La redécouverte du politique, si elle a lieu, sera la résultante des chocs inévitables qui nous attendent. Avant 1940, Aragon « conchi[ait] l'armée française », mais après le traumatisme de l'occupation nazie, il célébrait « [s]a France »'. Tout n'est donc peut-être pas perdu si nous savons bâtir une alternative républicaine pour en finir avec le néolibéralisme

 

Cette volonté de favoriser le rassemblement des républicains (au sens de Jaurès , qui disait « La République est un grand acte de confiance ») n'est pas nouvelle - Voir le Discours de Vincennes le 9 septembre 2001 - mais elle est aiguisée par la confirmation que la droite et la gauche conduisent des politiques économiques européennes également désastreuses.

 

C'est donc une démarche de type Conseil National de la Résistance que Jean-Pierre Chevènement préconise. Le commentaire du discours prononcé par Charles de Gaulle à Bayeux est significatif à cet égard. Voir cette intervention au Théâtre de Cergy (Val-d'Oise) le 8 avril 2015 : Commentaire du discours de Bayeux. Extraits.

(…) Les nations existent donc encore. La question est de savoir si la France peut encore avoir les moyens d’exister. L’Europe, c’est aussi un rapport de forces au sein du tandem France/Allemagne. Alors que dans l’Europe à six, la France jouait le premier rôle, l’Allemagne étant divisée, dans l’Europe à 28, l’Allemagne a une place centrale à la fois pour des raisons géographiques, géopolitiques, économiques, industrielles et politiques. Toutefois, la faiblesse de la France est un élément de déséquilibre de la construction européenne et constitue donc un problème très grave pour l’avenir de l’Europe toute entière (...). 

Il faut analyser l’état des pays, établir un diagnostic et comprendre leur projet. Quel est le projet de l’Allemagne ? Les Allemands exportent de plus en plus hors de l’UE, vers la Russie, la Chine, l’Inde, mais surtout vers les Etats-Unis. Cela explique beaucoup de choses par rapport au Traité Transatlantique. Les grands groupes allemands y sont en effet favorables car il leur permettrait de créer des plateformes à bas coûts à la frontière des Etats-Unis et du Mexique. Mais ce n’est peut-être pas dans l’intérêt de tous les Allemands de favoriser une politique qui va aboutir à la délocalisation de grandes unités de production aujourd’hui allemandes. Que va-t-il rester de la politique allemande dite du Standort Deutschland ? Parce qu’il y a des visions contradictoires dans la stratégie mondiale. La stratégie du capitalisme avancée avec le néo libéralisme a consisté à délocaliser une grande partie des unités de production vers les pays à bas coûts, tout en maintenant la centralisation des dividendes. Le capital ne reste pas dans les pays où il est investi, il revient. Mais en même temps, au bout de 20 ans, on s’aperçoit que la balance commerciale américaine est déficitaire de 500 à 600 milliards de dollars dont 200 par rapport à la Chine. M. Obama s’attache aujourd’hui à poursuivre une stratégie de relocalisation industrielle. Les systèmes économiques ne sont pas gouvernés par la raison politique, ils ont leur propre logique qui échappe à la volonté consciente des hommes. On devra s’interroger un jour, quand on fera le bilan, sur la signification de l’expérience néolibérale menée sous l’impulsion de Mme Tatcher, M. Reagan et plus particulièrement pour l’Europe continentale de M. Delors. 

Ce qui fait défaut à la France est une vision stratégique, une compréhension fine des objectifs poursuivis par les différents pays, pour mieux se positionner elle-même. La zone euro représente à peine 40% des débouchés de l’Allemagne. Cette dernière s’est servie de la zone euro comme d’un tremplin pour conquérir les marchés mondiaux, parce qu’elle est un acteur mondial, contrairement à la France, à l’Italie et à la Grande-Bretagne.

Les hommes politiques français ont une vision extrêmement étroite du champ des relations internationales, très politique. A titre d’exemple, le fait que le pouvoir européen serait concentré à la fois autour de l’Allemagne et de la France est un point de vue plutôt français, en démontre l’absence de traduction en allemand de l’expression « couple franco-allemand ». Nous ne pouvons actuellement parler de « politique industrielle européenne ». La France est aujourd’hui davantage dans une position de « suiveur ». Elle se voit imposer sans concertation des décisions qui ont été prises ailleurs (...).

Les membres du Conseil national du MRC ont vu et entendu le président d'honneur, Jean-Pierre Chevènement , faire un discours combatif, incitant à agir, à partir du MRC, en recherchant les convergences avec d'autres partis, considérant qu'elles sont possibles avec le Front de Gauche et avec ceux qui, au PS ou chez les Verts, n'acceptent pas la dérive différentialiste, mais aussi avec Debout la France, le dialogue avec les républicains de l'autre rive étant loin d'être épuisé.

Cette phrase a conduit l'un des participants à écrire sur son blog cet article publié le 16 avril sous le titre : Les Chevènementistes tendent la main à Nicolas Dupont-Aignan…

C'est une approche réductrice de ce qui semble être la stratégie de Jean-Pierre Chevènement. Nous ne tarderons pas à voir ce qu'il en est réellement. Dès le début de la semaine prochaine, se réunira le groupe de travail qu'il a demandé lors du Conseil national, qu'il présidera et qui sera composé de deux représentants de chacune des trois motions d'orientation (voir, à ce sujet Congrès MRC 2015).

Cet article est le 158ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

 

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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 16:09

Avec cette motion, nous souhaitons donner au MRC « Le Courage d'Avancer »

 

 

Le Conseil national du Mouvement Républicain et Citoyen était réuni le 12 avril pour débattre de la préparation du congrès qui aura lieu à Paris-Bercy les 13 et 14 juin 2015. Des textes d'orientation (motions) et contributions ont été enregistrés, tout en laissant un délai de trois jours aux signataires pour compléter la présentation de leurs documents et préciser les signataires des motions qui seront soumises au vote des adhérents.

Voir (16 avril) : Congrès MRC 2015 : la direction face à deux autres motions d'orientation

 

Les signataires du projet de motion Maupouet-Sorin se sont exprimés.

Voir (17 avril) : Congrès MRC 2015 : l'intervention de Michel Sorin au Conseil national

Voir (18 avril) : Congrès MRC 2015 : Serge Maupouet est intervenu au Conseil national

 

Hugo Prod'homme, signataire du projet de motion intitulé « Le Courage d'Avancer », était intervenu en début de séance. Voici le texte de son intervention.

Camarades conseillers, conseillères

Nous sommes réunis aujourd'hui pour préparer notre Congrès de juin, et j'interviens pour vous présenter le projet de motion « Courage d'Avancer ».

La situation politique, économique et sociale de notre pays nous impose d'avoir une discussion franche non seulement sur les causes de cette situation désastreuse, mais aussi sur les solutions que nous, à notre échelle, pouvons proposer et mettre en œuvre.

Notre société, je ne vous l'apprends pas, n'est pas devenue l'eden du tertiaire qualifié, ancré dans une mondialisation heureuse, où les hommes en plus d'être superbement qualifiés, sont libérés du diable travail à travers une liberté individuelle du temps de travail.

À la place de ce rêve post-industriel, que je caricature à peine, notre société s'est peu à peu retrouvée dans une situation d'extrêmes inégalités. Le chômage de masse, la paupérisation des travailleurs via un alignement sur le SMIC, l'insécurité de l'emploi, avec de plus en plus de contrats précaires (CDD, stages, emplois d'avenir, services civiques) contribuent à recréer une classe sociale de dominés, qui ne profitent pas de la mondialisation, sont extrêmement touchés par la compétition du moins-disant social en Europe et dans le monde ; Des « dominés » qui sont caractérisés par un manque de sécurité (économique, sociale, culturelle) qui les fait se replier parfois sur des identités individuelles ou communautaires, plutôt que sur la volonté commune et l'intérêt général.

L'offre politique n'a jamais paru aussi faible. D'ailleurs, les citoyens ne s'y trompent pas, les chiffres de l'abstention et des bulletins blancs ou nuls l'attestant.

À droite et au centre, aucun projet, aucune idée neuve, aucune solution. Les postures d'opposant sont mises à mal par le fait que la politique suivie ne diffère pas vraiment de celle des dix dernières années, quand la droite gouvernait.

À gauche, le parti socialiste, schizophrène, qualifie d'extrême gauche les idées qu'il a pu défendre en 1981. Nationalisations, droits des salariés et conquêtes sociales sont des mots qui donnent de l'urticaire au gouvernement, et en premier lieu au ministre de l'économie et au Premier Ministre. Les postures de gauche fondent comme neige au soleil. Les masques n'en finissent plus de tomber. Un exemple : en 1992, elle avait promis que l'Europe, ce serait « plus d'emplois, plus de protection sociale, et moins d'exclusion » ; en 1999, elle soutenait sans sourciller le traité d'Amsterdam ; en 2005, elle nous disait que le non au référendum était du « populisme qui avait déjà mené l'Italie à ce que l'on sait ». Cela fait plus de 20 ans que Martine Aubry continue de montrer qu'elle n'est pas de gauche. Aujourd'hui, son soutien à la majorité du PS n'est en rien une nouvelle, une surprise. Il faut que les militants PS soient aveugles ! Ou qu'ils se cachent les yeux...

À gauche encore, il y a les écologistes, totalement divisés, illisibles et inaudibles sur des sujets qui méritent pourtant de meilleurs défenseurs.

Plus à gauche, le Front de gauche ! Réelle capture par Jean-Luc Mélenchon de l'appareil, de la force organisationnelle et du maillage territorial du PCF. Perclus de divisions entre pro et anti nucléaires, étatistes et associativistes, productivistes et décroissants, c'est aussi une résurgence de la bataille entre les deux gauches. C'est aussi devenu une réunion d'élites « bobo-ïsantes » tout aussi coupées des réalités que leurs adversaires PS. Ils n'ont toujours pas compris les exigences du peuple, qui ne sont pas de dévaloriser le travail et la force productive.

Enfin, à l'extrême droite, on tue le père. Et la rupture semble n'être que personnelle. L'extrême droite traditionnelle semble rester au sein du FN, auprès de la petite fille. Marine Le Pen va peut-être réussir son pari et abordera 2017 dans l'optique de son « rassemblement des patriotes » qui pourrait, après l'exclusion JM Le Pen, faire venir à eux une certaine frange de la droite. Il ne faut pas oublier que Nicolas Dupont Aignan avait dit que le seul obstacle qui s'opposait à une alliance avec le FN était Jean-Marie Le Pen ! Cet obstacle levé, il nous faudra observer leur comportement, alors que des rapprochements se font déjà à la base, comme à Béziers.

L'offre politique est dès lors bien maigre. De plus, la rupture entre les élites politiques et le peuple est bi-la-té-rale ! Si les élites ont oublié, méprisent le peuple, ce dernier n'a plus aucune confiance en ses élites ! La désaffection est profonde, et irrémédiable. La solution ne pourra pas venir d'une énième alliance d'appareils. Elle ne pourra venir que des citoyens, et d'un mouvement populaire qui défende les valeurs de notre République : Liberté, Egalité, Fraternité et Laïcité. Le MRC doit mettre en œuvre ce mouvement citoyen. Nous en sommes capables ! Nous avons un discours qui parle aux citoyens. Nous avons la responsabilité, en tant que républicains, de maintenir notre discours dans le débat public !

Cela fait trop longtemps que le MRC n'apparaît plus dans ce débat public. 2002 est loin ! En 2004, 2009 et 2014, nous n'avons pas su profiter des campagnes électorales pour transmettre notre discours sur l'Union Européenne. Nos campagnes pédagogiques de 2007 et 2012 n'ont jamais connu de succès populaire. D'estime, oui, mais pas populaire.

Et notre alliance avec le PS ne fait que brouiller notre positionnement. Le PS n'est même plus sur la ligne politique de notre accord commun. Nous devons finir la soumission librement consentie à un PS qui n'a plus les honneurs de ses débuts. Le PS est comme un fleuron industriel français, dont on a conservé la marque, mais qui décide sa stratégie dans son siège social bruxellois, et qui ne produit plus rien en France ! L'illusion ne perdure que par l'effet de marque. Nous ne pouvons plus nous allier avec le Parti Socialiste, car le PS n'est plus le parti socialiste.

Alors que la crise économique et sociale est la plus forte, où la France est au bord d'un double précipice : le Front National, ou l'abandon de souveraineté au profit d'une technocratie libérale. Deux voies qui nous emmènent dans une chute vertigineuse ! Aujourd'hui, nous ne devons pas être timides. Il nous faut nous présenter aux citoyens. Et cela passe certainement par 2017, et l'élection la plus suivie, et la plus populaire, au vu de la participation.

Mais pour être prêts à toute éventualité en 2017, il nous faut travailler dès maintenant. Le danger est présent au sein de notre parti, que nous fassions comme pour toutes les échéances électorales précédentes : que nous fixions un calendrier lointain, qu'il ne soit même pas respecté, et que, deux, trois mois avant l'élection, nous disions : nous ne sommes pas prêt, il faut trouver une autre solution.

Nous ne devons pas répéter nos échecs passés. La campagne pour les présidentielles doit commencer dès aujourd'hui, par des prises de contacts avec les nouveaux maires par la production de discours de proximité. Nous ne devons pas attendre. Les fédérations, les unions régionales doivent être encouragées, incitées à contacter les maires de leurs départements, de leurs régions. Les membres de la direction nationale doivent se déplacer, dans les comités locaux, pour organiser conférences, colloques, cafés-citoyens qui nous permettront une visibilité politique locale, mais aussi de transmettre à des invités de choix (les citoyens et les élus) les valeurs du MRC.

Camarades, ne cherchons pas à nous diviser pour nous diviser. Sans fuir le débat, il faut rassembler le parti pour qu'il soit uni. Les querelles personnelles n'ont pas lieu d'être. Il nous faut une direction nationale unie, mais surtout offensive et dynamique ! Nous avons intitulé notre motion le Courage d'Avancer parce que nous souhaitons donner à notre parti ce courage. Nous avons les armes. Fourbissons-les !

Cet article est le 157ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 12:08

MRC : développer les complémentarités et synergies pour aller de l'avant

 

La mutation du Mouvement Républicain et Citoyen a-t-elle commencé lors de son Conseil national du 12 avril ? Certains signes le donnent à penser, notamment la tonalité des interventions, qui met en évidence la volonté de certains responsables de débattre des orientations du Mouvement. L'existence de plusieurs motions* - ce qui ne s'était pas produit depuis le congrès de lancement du MRC, en janvier 2003 - montre qu'il existe un ferment démocratique.

* Voir (16 avril) : Congrès MRC 2015 : la direction face à deux autres motions d'orientation

 

Lors du Conseil national du MRC, le12 avril, le projet de motion Maupouet-Sorin a été présenté par Michel Sorin**, en début de séance, et illustré par Serge Maupouet, au cours des débats.

** Voir (17 avril) : Congrès MRC 2015 : l'intervention de Michel Sorin au Conseil national

 

Voici le résumé qu'en a fait Serge Maupouet le 17 avril sur le blog http://saintongejacobine.eklablog.com

De l'idée-force aux synergies, pour aller de l'avant !

A l'occasion du Conseil national du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), le 12 avril 2015, au Kremlin-Bicêtre, les différents projets de motions déposés en vue du Congrès de Paris-Bercy (juin 2015) ont été présentés par leurs initiateurs ou les militants choisis pour les porter à cette occasion. L'expression, les échanges, les débats, ont été pleinement permis.

Dans ce contexte, Michel Sorin ayant présenté le projet de motion Maupouet-Sorinil m'a semblé utile d'en mettre aussi en relief une ligne de force pour le moyen/long terme.

L'idée-force a consisté à développer cet impératif : la poursuite de l'Intérêt général, par le moyen de la mise en œuvre concrète de notre programme de Salut public, nécessite de faire du MRC un parti politique de pleine dimension, avec une assise militante et citoyenne la plus large. C'est pourquoi, le MRC a devant lui une "mission historique", celle "d'amorcer le rassemblement des citoyens pour construire une alternative sociale et républicaine à la politique libérale en vigueur depuis 1983. Le Congrès 2015 doit être décisif sur ce point."

Cette idée-force s'est appuyée sur trois messages :

- le premier : le MRC, c'est tous les militants au grand complet, c'est pourquoi il faut mieux valoriser "les capacités militantes, en les sollicitant" et rassembler "dans l'action tous les militants de toutes les fédérations [...]." En ce but, un-e Secrétaire national-e à la coordination, de plein exercice, est indispensable, avec les moyens d'agir dans la durée.

- le second : la persévérance au service de l'Intérêt général et la volonté de construire un mouvement citoyen dynamique, en situation de "confronter le logiciel Chevènement au vécu des citoyens et d'inventer avec eux le projet social et républicain adapté à notre temps et à notre pays", impose aux militants du MRC "la responsabilité [...] de faire émerger un MRC dont les trois lettres préfigurent le mouvement républicain et citoyen dont la gauche et les Français ont besoin." Pour permettre ce développement du mouvement, il faut repartir du terrain, des citoyens, avec lesquels nous devons établir des contacts concrets et directs par le moyen de "groupes locaux" et d'espaces de débats ouverts.

- le troisième : le MRC, c'est un programme de Salut public qui doit être mis en application jusqu'au niveau gouvernemental - au sein d'un exécutif où nous serions assez forts pour peser sur l'orientation politique -, ce qui nécessite de construire d'abord ce puissant mouvement citoyen pour ensuite créer les conditions de peser, sur le moyen et le long terme. Le MRC doit pour cela achever sa mue vers un parti politique ambitionnant de devenir un parti majeur.

La conclusion de l'intervention a découlé logiquement des trois messages appuyant l'idée-force : en bâtissant maintenant, au MRC, ce parti des citoyens dont la France a besoin, nous serons en mesure d'agir pleinement dans l'Intérêt général, pour la République, pour tous nos concitoyens !

Ainsi que Michel Sorin a pu l'écrire sur le blog qu'il anime  nous voulons "provoquer une mutation du MRC, afin de le rendre visible et réellement influent dans le paysage politique national".

Pour mener à bien cette ambition, après avoir entendu l'expression libre des uns et des autres au cours de ce Conseil national, le travail d'intégration progressivement concerté et travaillé entre les motions Maupouet-Sorin d'une part et "Le Courage d'avancer" présentée par Hugo Prod'homme d'autre part, a été validé par les militants impliqués dans ces deux textes. Les complémentarités et les synergies vont permettre d'aller de l'avant.

Cet article est le 156ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 23:54

Le MRC doit être le parti des citoyens et initier le rassemblement de la gauche

 

Lors de la réunion du 12 avril du Conseil national du Mouvement Républicain et Citoyen, les auteurs des motions d'orientation ont présenté leurs textes.

Voici l'intervention de Michel Sorin, qui a présenté la motion qu'il a déposée avec Serge Maupouet, dans la perspective d'une synthèse avec la motion « Le Courage d'Avancer ».

Voir les articles des 27 et 28 mars sur le blog du MRC 53 :

- Congrès 2015 MRC : le débat s'organise autour de textes d'orientation

- Congrès MRC 2015 : le débat aura lieu sur l'orientation du Mouvement

 

La gauche ne peut gagner en 2017 que sur la base d'un projet social et républicain de redressement de la France. Car, seul ce projet peut lui permettre de rassembler et de mobiliser son électorat dès le premier tour de l'élection présidentielle. Si la gauche a été divisée lors des élections départementales en 2015, c'était à cause de la politique du gouvernement socialiste. Pendant sa campagne électorale en 2012, le candidat François Hollande n'avait pas dit qu'il se soumettrait aux 3 B (Bruxelles, Berlin, Bercy). Et, pourtant, c'est ce qu'il a fait avec ses gouvernements Ayrault et Valls. C'est cette politique qui est mortifère pour la gauche et pour la France.

Notre objectif doit être de faire revenir la gauche et le président de la République au projet social et républicain que les Français attendent. Comment y parvenir ?

En comptant sur les citoyens, afin d'établir un rapport de forces au sein de la gauche, au sommet. Si nous nous limitons à notre stratégie d'influence à l'Assemblée nationale avec nos trois députés, nous pesons 1 %. Ce n'est pas suffisant. En utilisant l'effet de levier avec les citoyens, en étant présent auprès des divers partis et organisations de gauche, à tous les niveaux, notre force sera décuplée. C'est le seul moyen qui nous reste si nous voulons éviter d'être définitivement marginalisés, en n'ayant plus le choix qu'entre l'isolement et le ralliement au PS.

La question, maintenant, c'est comment les citoyens vont nous aider dans cet effet de levier . Nous devons aller vers eux, leur parler avec des mots qu'ils comprennent. Il faut simplifier notre discours, considérer les citoyens comme étant l'essentiel dans notre démarche politique républicaine.

 

- Nous devons leur dire clairement que l'état de semi-apesanteur démocratique de l'Europe n'est plus acceptable.

La France doit reconquérir la plénitude de sa souveraineté, ce qui est compatible avec des délégations de souveraineté consenties par référendum. Le traité de Lisbonne, copie conforme du traité constitutionnel européen, est un contre-exemple, dont la légitimité est contestable. C'est ce type de décisions qui est à l'origine de la montée du Front National. Nous ne pouvons l'accepter.

 

- Il faut dire de la même façon que la soumission aux marchés financiers est inacceptable. Même quand elle est relayée par les institutions européennes. C'est ce qui empêche une alternative démocratique. La responsabilité de l’État est de créer les conditions du développement de l'économie française. Ce n'est pas de relayer les messages des marchés financiers. Notre réponse à l'offensive du capitalisme financier doit être de reconstruire à la fois la défense des salariés, en tant que citoyens producteurs, et la défense des entreprises contre leur spoliation par certains actionnaires sans scrupules à l'égard de l'intérêt général.

 

- La 3ème chose la plus importante à dire aux citoyens, c'est que notre pays doit relever le défi républicain de la laïcité. Ce qui unit doit être plus fort que ce qui divise. C'est l'idée du bien commun qu'il faut relever. Nous souscrivons à ce qu'a dit Jean-Pierre Chevènement le 14 mars lors du colloque organisé par le Comité Laïcité et République. La crise de la laïcité, la crise de la République, la crise de la démocratie : tout est lié. Il faut relever le défi.

 

Cela pose la question du MRC, des décisions à prendre par notre congrès pour faire émerger un MRC dont les trois lettres préfigurent le mouvement républicain et citoyen dont la gauche et les Français ont besoin.

Ce congrès est un point d'étape important car il vient après 50 ans de militantisme socialiste et républicain autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Un parcours parsemé de succès et d'échecs. Une ligne politique constante et un logiciel républicain qui s'est précisé au cours du temps et dont la validité est confirmée par les évènements.

 

En 1971, le CERES avait contribué à changer en profondeur la pratique du Parti socialiste à partir du congrès d'Epinay, lequel avait ouvert la voie au rassemblement de la gauche, préalable à la conquête du pouvoir, qui s'est effectuée en 1981.

 

En 2017, le rôle du MRC sera de rendre possible l'alternative républicaine et citoyenne, par le rassemblement de la gauche de bas en haut, de la commune à la nation, autour de quelques notions simples :

- le concept de la nation citoyenne, fondateur de la République,

- la souveraineté nationale et populaire, à redéfinir en récusant l'idéologie néolibérale et sa créature institutionnelle européenne,

- les idées qui ont permis au Conseil National de la Résistance de forger le compromis politique du redressement national à la Libération,

- le lien entre politique et économie productive, à tous les niveaux institutionnels de la République.

 

La mission historique du MRC est d'amorcer le rassemblement des citoyens pour construire une alternative aux politiques néolibérales en vigueur depuis 1983. Si nous avons l'objectif de créer des groupes locaux de citoyens et si nous en prenons les moyens dans notre organisation, il s'enclenchera une nouvelle dynamique militante.

 

N'oublions pas les concepts que nous avions forgés dans les années 1970. En les actualisant (mouvement d'en haut et d'en bas, autogestion de l'entreprise), nous redonnerons des perspectives au monde du travail : la revalorisation du travail, producteur de richesse économique, l'importance de la qualification professionnelle, la valeur sociale du travail sous la forme de la cotisation, le lien entre économie et social, l'importance du développement économique pour financer la protection sociale.

La notion d'emploi, sous l'emprise du capitalisme financier, est enfermée dans une logique marchande et devient une variable d'ajustement des dividendes pour les actionnaires. Revenons à tout ce qui favorise l'économie réelle.

Le dialogue entre citoyens et professionnels, par secteur d'activité, est à développer pour accroître l'efficacité des secteurs productifs et favoriser la démocratie économique.

Il faut aussi réfléchir aux conséquences sociales du développement accéléré de l'économie numérique, notamment dans les secteurs des communications, de l'énergie et du transport. Ce peut être le moyen d'aller vers une économie plus citoyenne, moins financière.

 

Le MRC est devant une responsabilité historique.

- Il nous faut mieux valoriser ce que nous sommes après 50 ans de construction d'une ligne politique et d'un logiciel, mais qui est trop peu utilisé. Notre référence, c'est Chevènement.

- Il nous faut, en même temps, nous ouvrir à toutes les organisations politiques, syndicales et associatives, qui veulent rompre avec la logique néolibérale et financière du capitalisme. Notre référence historique, c'est Jaurès, qui a su rassembler les socialistes en s'appuyant sur la République.

Nous devons être les militants du réel en politique, les citoyens porteurs de la reconstruction du pays après l'avoir libéré de son emprise néolibérale sur l'économie.

Nous devons être à l'initiative du mouvement citoyen qui va conduire au rassemblement de la gauche. Nous devons être le parti des citoyens !

 

Ce congrès doit être celui du sursaut pour notre Mouvement. Nous faisons trop appel à l'intellect. Ajoutons-y de l'affect. Nous donnons trop l'impression de nous adresser à l'élite politique. Ajoutons-y une présence militante près des citoyens. Nous nous limitons à la politique en haut. Ajoutons-y la politique en bas.

Avançons sans nous diviser mais en débattant de nos orientations, avec la volonté de nous rassembler lors du congrès. Là, nous prendrons ce qu'il y a de meilleur dans nos textes et nous choisirons notre route commune.

Il faut faire confiance aux militants. L'un d'eux a pris l'initiative d'intégrer notre projet de motion dans un autre. Nous avons décidé de suivre sa proposition et de constituer une motion à partir des deux textes.

Continuons à rechercher la synthèse entre les motions en présence, afin d'arriver à la motion du congrès qui sera portée par tous les adhérents de notre Mouvement et fera le lien entre l'idéal socialiste et la réalité républicaine.

Cet article est le 155ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 18:02

Ce sera le premier congrès sans Jean-Pierre Chevènement aux responsabilités

 

Le congrès du Mouvement Républicain et Citoyen aura lieu les 13 et 14 juin 2015 à Paris-Bercy. Voir (27 mars) Congrès 2015 MRC : le débat s'organise autour de textes d'orientation et (28 mars) Congrès MRC 2015 : le débat aura lieu sur l'orientation du Mouvement

Ce congrès clôt une longue période de 50 ans de vie politique active de Jean-Pierre Chevènement. Il va continuer à être présent mais différemment. Nul doute que ses analyses politiques seront toujours aussi appréciées. Mais il ne sera plus en première ligne. Il avait espéré que le Temps des Citoyens viendrait dans les années qui ont suivi la création du Mouvement des Citoyens, en 1993. Il a tout fait pour mettre la citoyenneté et la République en avant lors de la campagne de l'élection présidentielle de 2002. Ce n'était pas encore l'heure.

En janvier 2003, le Mouvement Républicain et Citoyen: MRC a pris le relais. Jean-Luc Laurent, en 2003 et 2004, Georges Sarre, de 2005 à 2008, puis Jean-Pierre Chevènement, de 2008 à 2010, et Jean-Luc Laurent, depuis 2010, se sont succédé à la tête du MRC. Jean-Pierre Chevènement en est le président d'honneur.

Le secrétariat national, le 15 avril, a validé la présence de trois motions d'orientation lors du congrès 2015, ce qui est le constat d'un renouveau démocratique. C'est, en effet, la première fois depuis le congrès fondateur de Saint-Pol-sur-Mer (Nord), en janvier 2003, qu'il y a plus d'une motion présentée au vote des adhérents.

- Le président Jean-Luc Laurent (Val-de-Marne), élu en 2010 et réélu en 2012, souhaitait rassembler à nouveau la direction sortante du MRC (le secrétariat national) autour de sa motion. Il n'y est pas parvenu (même s'il a le soutien de la majorité de ses membres) puisque des membres de cette direction ont signé l'un des deux autres textes :

- « Le Courage d'Avancer », qui est issu de la synthèse de deux projets de motion présentés, l'un par Hugo Prod'homme (Nord), et l'autre par Michel Sorin (Mayenne).

- « L'autre chemin », dont les premiers signataires sont Claude Nicolet (Nord), ainsi que Marie-Françoise Bechtel (Aisne) et Christine Meyer (Loire-Atlantique), qui avaient présenté des projets de motion distincts lors du Conseil national du 12 avril ;

D'autres articles vont suivre, concernant ce congrès MRC 2015.

Cet article est le 154ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

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