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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 18:27

 

Reprendre le fil d'un engagement politique initié il y a près de 50 ans

 

Pour Michel Sorin, avec le printemps, est venu le temps du réengagement politique en Mayenne. A un an de l'élection présidentielle, il reprend le fil d'un cheminement commencé début mai 1973 - au lendemain de la sépulture de Robert Buron - et mis en pointillé depuis sa démission du PS en décembre 2001.

- Le 11 avril, il a été L'invité de la rédaction, du journaliste Jean-Yves Delort, ancien rédacteur en chef du Courrier de la Mayenne, qui invite des Mayennais à s'exprimer pendant une dizaine de minutes sur la radio associative mayennaise RFM (Radio Fidélité Mayenne).

- Le 21 avril, après avoir rencontré des jeunes engagés dans le mouvement Nuit Debout, il a publié sa lettre ouverte aux jeunes mayennais engagés dans Nuit Debout.

- Le 28 avril, le site mayennais leglob-journal a publié, à son initiative et sous sa responsabilité, des extraits de ce texte dans sa rubrique Politique sous le titre :

Tribune Libre - Lettre ouverte aux jeunes engagés dans « Nuit Debout » et aux autres

 

Cette Tribune Libre a été écrite par Michel Sorin un certain 21 avril, et elle est publiée aujourd’hui 28 avril, jour de manifestation nationale en France. Ce n’est certainement pas un hasard. Le 16 avril 2016 Michel Sorin rencontrait, à Laval en Mayenne, des jeunes qui participaient à une « Nuit Debout, 24h de l’éducation populaire contre la loi travail et son monde. » Michel Sorin explique avoir échangé avec eux : « Ils m’ont dit le sens de leur mouvement qui n’est pas seulement contre la loi travail mais aussi une envie de se réapproprier la parole et l’espace politique afin de construire un autre monde. Dans l’immédiat, poursuit l’ancien Maire de Saint-Berthevin et ancien responsable du Parti Socialiste en Mayenne, il s’agit de contrer la politique du pouvoir, ensuite, il faudra décider des orientations du mouvement après un débat général. » Lettre ouverte aux jeunes, et aux autres.

 

Tribune Libre Par Michel Sorin* - 21 avril 2016

 

Avec cette Lettre aux jeunes, j’ai voulu faire le lien entre deux engagements, celui des jeunes actuellement dans « Nuit Debout », [mais aussi dans les manifestations, qui me fait penser à ce que j’ai connu en mai 1968, dans des conditions très différentes, et qui a été à l’origine de mon propre engagement politique.

Leur démarche me fait penser à ce que j’ai vécu quand j’étais étudiant et que commençait le mouvement de mai 1968. Les jeunes avaient envie de liberté individuelle dans leur vie sociale, et de pédagogie plus participative dans l’enseignement. Et puis, la contestation est devenue plus économique et sociale, avec des grèves dans les entreprises pour augmenter les salaires et accorder plus de place aux syndicats.

Le pouvoir autour du président de Gaulle a fini par chanceler avant de réagir par la dissolution de l’Assemblée Nationale, accompagnée d’une énorme manifestation, ce qui mit fin au mouvement social. Il y eut des conséquences politiques, mais pas immédiates.

La gauche a mis du temps avant de se réformer. Il a fallu le congrès du PS rénové, en 1971, et l’arrivée de François Mitterrand aux commandes avec une stratégie de rassemblement de la gauche qui lui a permis d’accéder au pouvoir dix ans plus tard. Comme pour beaucoup de jeunes de cette époque, c’est le mouvement social de mai-juin 1968 qui a favorisé ma prise de conscience politique.

Après mon service national, sous la forme d’une coopération enseignante en Algérie, j’ai été repéré par les amis de Robert Buron à Laval [qui animait] Objectif socialiste, en tant que lecteur assidu de la revue du CERES (Centre d’étude, de recherche et d’éducation socialiste). Ils m’ont proposé d’adhérer au PS.

Pour Robert Buron (1910-1973), « Être socialiste, c’est admettre d’abord que l’économique doit être soumis à la règle de l’intérêt général, entendu comme celui des plus grands nombres, y compris les générations futures. (…) La classe dirigeante ne se laissera jamais déposséder de ses responsabilités au nom de l’intérêt général. Il est donc nécessaire de transformer profondément les structures sociales. Il faut passer au socialisme ».

Dans un livre publié en janvier 1973, sous le titre Par goût de la vie qui résume la vie de Robert Buron, le chapitre de conclusion rédigé par Robert Buron est justement intitulé Lettre ouverte aux jeunes qui veulent changer le monde. Ce n’est pas par hasard. L’économiste de formation recommande aux jeunes en écrivant ceci : «  Investissez votre vie dans une entreprise qui en vaille la peine : le changement du monde et de vous-même ».

43 ans plus tard, c’est ce qui m’a donné l’idée de cette Lettre ouverte aux jeunes, de la même façon que j’avais proposé au Conseil municipal de Saint-Berthevin - ma ville, où j’ai été maire de 1990 à 2001 - de s’inspirer du titre de son livre Par goût de la vie pour le slogan de la ville, ce qu’il avait fait en optant pour « Saint-Berthevin, le goût de la vie » (le site actuel de Saint-Berthevin ne le mentionne plus).

Robert Buron était un homme gai, non conformiste, qui avait vraiment le goût de la vie et, aussi, de la politique. Il en avait fait un métier, de 1945 (son premier combat aux élections à l’Assemblée constituante, en Mayenne, sur le conseil de l’oncle de sa femme, qui était mayennais) à 1973 (son dernier combat, malade, alité, aux élections législatives en Mayenne, alors qu’il était maire de Laval ; la campagne est alors menée par son suppléant). Son parcours, exceptionnel, est inimitable : des "Camelots du Roy", de sa jeunesse - mais déjà anticapitaliste - à l’engagement socialiste et au discours de clôture du congrès PS historique à Épinay-sur-Seine, en 1971.

Pour vous, les jeunes, le plus important est de savoir ce qu’est le néolibéralisme, comment il a diffusé dans les corps sociaux soumis aux régimes capitalistes. D’abord, c’est une idéologie qui fait prévaloir la dimension économique sur la dimension politique. Elle veut imposer la loi marchande dans toutes les activités humaines. Et elle cherche à convertir les dirigeants politiques par tous les moyens, qui vont de la persuasion à la corruption, le but étant d’affaiblir la résistance des États aux lois du marché mondialisé et au libre-échange intégral.

Ce qui a fait le « malheur français », selon Marcel Gauchet ( Comprendre le malheur français, Stock, 2016), rédacteur-en-chef de la revue Le Débat « c’est que la France entre dans la mondialisation sous le signe du néolibéralisme, compte tenu de son histoire nationale.(...) La seule réforme qui peut traiter le mal français, c’est une réorientation politique de grande ampleur, remettant en cause les choix européens d’ouverture à la mondialisation néolibérale. »

En bref, fermer la « parenthèse libérale », ouverte par François Mitterrand en 1983. Comment ? En réajustant notre rapport à l’Europe. Il faut le repenser de fond en comble, en faisant le bilan de ses acquis et de ses impasses. C’est la France qui fut à la base du projet européen. C’est elle qui a la responsabilité de corriger son erreur !

Le département de la Mayenne a été marqué par l’expérience politique de Robert Buron mais, depuis longtemps, il est sous l’emprise d’un parti centriste conservateur, l’UDI, très éloigné des idées progressistes de Robert Buron. Le parti de Jean Arthuis, qui a fait clairement allégeance à la droite, milite pour une Europe fédérale mettant en œuvre des politiques néolibérales. C’est ce parti qui a supplanté l’ex-UMP en Mayenne et conquis les principaux centres de pouvoir, bénéficiant de l’affaiblissement des autres partis, en dehors du FN.

(...) Le combat politique doit être mené par les partis qui veulent reconstruire la gauche sur des fondements républicains, en visant à reconquérir la souveraineté nationale afin de retrouver la possibilité de conduire des politiques sociales. Tout n’est pas à condamner dans ce qui est fait par la majorité au pouvoir depuis 2012. C’est la finalité politique qu’il faut repenser, le rapport à la citoyenneté. Et toute la stratégie. Le Parti socialiste est sorti de la route depuis longtemps, la route du socialisme, j’entends.

J’ai adhéré, en 1973, (…) le mot socialiste avait alors une signification. (…) Maintenant, tout est à repenser puisque c’est l’économie, par sa composante financière, qui a pris le contrôle de la politique, scellant ainsi le triomphe du néolibéralisme. La sortie de route du PS a, de fait, semé le trouble sur ce qu’est la gauche au 21e siècle. (…)

A un an de l’élection présidentielle, le divorce entre les citoyens et les dirigeants politiques du pays ne fait plus aucun doute. Il faut donc investir dans du neuf. Faisons-le ensemble. En commençant à l’échelle du département qui avait accueilli Robert Buron, le parisien jeune et dynamique, même si ce fut difficile.

Cet extrait de son livre Par goût de la vie nous décrit, nous les mayennais, de manière très réaliste. « Il faut dire de la Mayenne que les gens y ont un tempérament dur et attachant. Il n’y a pas l’ombre d’une sentimentalité apparente dans leurs manifestations. Ce sont des gens tenaces, travailleurs, laborieux, et qui ont un goût de réel et du concret et, par conséquent, il n’y a pas d’échange affectif très poussé avec eux, sauf exception. Il faut savoir les gagner (...). Pour y réussir, il faut le mériter ».

 

* Michel Sorin, 70 ans, ingénieur agronome, maire de Saint-Berthevin (1990-2001), conseiller régional (1998-2004) des Pays de la Loire, responsable PS en Mayenne (1979-1985, 1997-2001), actuel responsable MRC Mayenne et Pays de la Loire, président de Réseau CiViQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne).

Rappel (31 oct. 2014) : Michel Sorin a répondu aux questions du site mayennais leglob-journal

 

Cet article est le 40ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités et célébrations

Michel Sorin, le 23 avril 2016, mairie de Caslino d'Erba (Italie) devant le marbre rose de Saint-Berthevin, cadeau offert par la mairie de Saint-Berthevin, lors du jumelage entre les deux communes en 1996

Michel Sorin, le 23 avril 2016, mairie de Caslino d'Erba (Italie) devant le marbre rose de Saint-Berthevin, cadeau offert par la mairie de Saint-Berthevin, lors du jumelage entre les deux communes en 1996

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21 avril 2016 4 21 /04 /avril /2016 23:23

 

Ce mouvement, comme les débuts de mai 1968, incite à la réflexion politique

 

Le 16 avril 2016, à Laval, j'ai rencontré des jeunes qui participaient à Laval - Nuit Debout, les 24h de l'éducation populaire contre la loi travail et son monde. Nous avons échangé, ils m'ont dit le sens de leur mouvement, qui n'est pas seulement contre la loi travail mais aussi une envie de se réapproprier la parole et l'espace politique afin de construire un autre monde, en finir avec cette société de marché, qui laisse de côté le social et l'humain. Dans l'immédiat, il s'agit de contrer la politique du pouvoir, ensuite il faudra décider des orientations du mouvement après un débat général.

 

Leur démarche me fait penser à ce que j'ai vécu quand j'étais étudiant et que commençait le mouvement de mai 1968. Les jeunes avaient envie de liberté individuelle dans leur vie sociale, et de pédagogie plus participative dans l'enseignement. Et puis, la contestation est devenue plus économique et sociale, avec des grèves dans les entreprises pour augmenter les salaires et accorder plus de place aux syndicats.

Le pouvoir autour du président de Gaulle a fini par chanceler avant de réagir par la dissolution de l'Assemblée nationale, accompagnée d'une énorme manifestation, ce qui mit fin au mouvement social. Il y eut des conséquences politiques, mais pas immédiates. La gauche a mis du temps avant de se réformer. Il a fallu le congrès du PS rénové, en 1971, et l'arrivée de Mitterrand aux commandes avec une stratégie de rassemblement de la gauche, qui lui a permis d'accéder au pouvoir dix ans plus tard.

 

Comme pour beaucoup de jeunes de cette époque, c'est le mouvement social de mai-juin 1968 qui a favorisé ma prise de conscience politique. Après mon service national, sous la forme d'une coopération enseignante en Algérie, j'ai été repéré par les amis de Robert Buron (Objectif socialiste) à Laval en tant que lecteur assidu de la revue du CERES (Centre d'étude, de recherche et d'éducation socialiste). Ils m'ont proposé d'adhérer au PS.

Mon engagement socialiste date du début mai 1973, au lendemain de la sépulture de Robert Buron à Villaines-la-Juhel, en présence de François Mitterrand. Le centriste, républicain populaire (MRP), avait rallié le PS au congrès refondateur de 1971, après avoir été ministre sous la IVème et la Vème République. Il s'était éloigné du centre droit après avoir été l'un des négociateurs de la fin de la guerre d'Algérie, en 1962 (accords d'Evian) à la demande du général de Gaulle, et après avoir été président du Centre de développement de l'OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économique), ce qui l'avait beaucoup marqué car son action était tournée résolument vers le tiers-monde.

 

Dans un livre publié en janvier 1973, sous le titre « Par goût de la vie », Robert Buron (1910-1973) répondait à la question « Etre socialiste, en 1973, cela signifie quoi ? ». « Etre socialiste, c'est admettre d'abord que l'économique doit être soumis à la règle de l'intérêt général, entendu comme celui des plus grands nombres, y compris les générations futures. C'est lutter, non pas pour qu'une partie de la société – fût-elle importante – bénéficie du progrès, mais pour que le progrès permette une « avancée humaine » à laquelle tout le monde participe, même les plus défavorisés » (…).

« On ne peut pas vouloir à la fois que le progrès de la société entraîne tout le monde, les plus défavorisés y compris, et faire confiance à la recherche du profit, même contrôlée, pour obtenir ce résultat » (…).

« La classe dirigeante ne se laissera jamais déposséder de ses responsabilités au nom de l'intérêt général. Il est donc nécessaire de transformer profondément les structures sociales. Il faut passer au socialisme ».

Dans ce livre, qui résume sa vie, le chapitre de conclusion est intitulé « Lettre ouverte aux jeunes qui veulent changer le monde ». Ce n'est pas par hasard. L'économiste de formation recommande aux jeunes « Investissez votre vie dans une entreprise qui en vaille la peine : le changement du monde et de vous-même ».

Robert Buron était un homme gai, non conformiste, qui avait vraiment le goût de la vie et, aussi, de la politique. Il en avait fait un métier, de 1945 (son premier combat aux élections à l'Assemblée constituante, en Mayenne, sur le conseil de l'oncle de sa femme, qui était mayennais) à 1973 (son dernier combat, malade alité, aux élections législatives en Mayenne, alors qu'il était maire de Laval; la campagne est alors menée par son suppléant).

Son parcours, exceptionnel, est inimitable : des "Camelots du Roy", de sa jeunesse - mais déjà anticapitaliste - à l'engagement socialiste et au discours de clôture du congrès PS historique à Epinay-sur-Seine, en 1971.

 

La vie politique de l'économiste Robert Buron renvoie à la période des "trente glorieuses". Elle s'arrête au moment où commence à souffler le vent néolibéral sur le monde capitaliste.

Pour vous, les jeunes, le plus important est de savoir ce qu'est le néolibéralisme, comment il a diffusé dans les corps sociaux soumis aux régimes capitalistes. D'abord, c'est une idéologie qui fait prévaloir la dimension économique sur la dimension politique. Elle veut imposer la loi marchande dans toutes les activités humaines. Et elle cherche à convertir les dirigeants politiques par tous les moyens, qui vont de la persuasion à la corruption, le but étant d'affaiblir la résistance des Etats aux lois du marché mondialisé et au libre-échange intégral.

Ce qui a fait le "malheur français", selon Marcel Gauchet (lire son livre très instructif, "Comprendre le malheur français", Stock, 2016), c'est que la France entre dans la mondialisation sous le signe du néolibéralisme, compte tenu de son histoire nationale.

C'est ce qui a causé la coupure entre les élites - individualistes, adeptes de la mondialisation - et le peuple, ancré dans la citoyenneté républicaine.

Vouloir imposer la loi du marché dérégulé dans ce pays attaché à la suprématie du politique, c'est la grave erreur européenne, qui était déjà présente dans la méthode Monnet, et qui a pris son envol avec le néolibéralisme des années 1980. Les réformes pour adapter le pays à l'Europe et à l'économie mondialisée, sans tenir compte de son histoire, sont rejetées par le peuple.

La seule réforme qui peut traiter le mal français, c'est une réorientation politique de grande ampleur, remettant en cause les choix européens d'ouverture à la mondialisation néolibérale.

En bref, c'est fermer la « parenthèse libérale », ouverte par François Mitterrand en 1983.

Comment ?

- Rien ne sera possible sans réajuster notre rapport à l'Europe. Il faut le repenser de fond en comble, en faisant le bilan de ses acquis et de ses impasses. C'est la France qui fut à la base du projet européen. C'est elle qui a la responsabilité de corriger son erreur.

- Notre pays acceptera les réformes à partir du moment où ses dirigeants diront la vérité et s'attaqueront à la fracture morale qui sépare le peuple des élites.

- Et on ne réforme pas un pays contre son histoire. Il y a des méthodes pour mettre en valeur les projets collectifs. C'est vrai aussi pour le gouvernement de la France.

La fâcheuse expérience néolibérale a montré ses limites et ses défauts. L'idée de la société qui marche toute seule, grâce aux marchés, n'est rien d'autre qu'une chimère autodestructrice.

Il va falloir refaire de la politique, c'est-à-dire, décider collectivement de notre sort. Nous devons retrouver le fil de notre histoire qui s'inscrit dans le cadre de l'histoire européenne.

 

Marcel Gauchet a raison. En France, les citoyens vivent plus mal qu'ailleurs la crise de la démocratie. Parce que la France est une nation fondée sur la citoyenneté. Beaucoup font la grève des votes. C'est le signe d'une maladie de notre système politique, d'une gravité sans précédent.

Les citoyens ont perdu confiance dans les dirigeants parce que ceux-ci, depuis les années 1980, ne disent pas la vérité sur la nouvelle donne générale qui influe sur la politique :

- l'individualisme ravageur, qui fait prévaloir l'intérêt personnel sur l'intérêt général,

- la puissance économique et financière des groupes capitalistes qui exercent une énorme pression afin de satisfaire les intérêts des actionnaires, ce qui pénalise l'entreprise,

- la mondialisation néolibérale, qui s'est imposée dans le monde capitaliste par ses relais politiques au sein des institutions supranationales, à l'abri de la souveraineté populaire.

Un bon exemple est fourni par les institutions européennes non élues (Banque centrale, Commission, Cour de justice) qui ont obtenu l'essentiel du pouvoir économique et financier, avec l'assentiment des Etats membres de l'UE, les peuples étant ainsi marginalisés.

 

Les principaux partis politiques français - qui ont accepté la domination du capitalisme financier et la primauté des institutions européennes sur l'organisation politique nationale - n'ont pas dit la vérité à leurs concitoyens concernant la nature de l'Europe, devenue néolibérale.

Leurs dirigeants ont fait semblant de gouverner comme s'ils avaient le pouvoir réel, ce qui n'est plus le cas. Les traités européens s'appliquent. La monnaie est unique. La discipline budgétaire est sous le contrôle de la Commission européenne.

Les Etats sont pris au piège de l'Europe. Les disparités entre les nations du nord et du sud européen s'accentuent. La concurrence régit le droit, évacuant la notion de service public. La coopération est un leurre car tous les systèmes sociaux et organismes publics sont contraints à « l'austérité » néolibérale.

En acceptant l'idée européenne, les citoyens espéraient que la France politique, avec son système social républicain issu de son histoire, allait s'affirmer dans l'espace européen. C'est le contraire qui s'est produit. La France est en cours de disparition par évaporation politique.

L'économisme a triomphé. L'Allemagne aussi - grâce à son économie qui a gagné en puissance depuis la chute du mur de Berlin, ses entreprises délocalisant certaines parties de leur production dans les pays du centre et de l'est de l'Europe - bien aidée par ses réseaux d'influence historique.

L'élargissement européen a déplacé le centre de gravité politique de l'Europe vers les pays anglo-saxons, l'éloignant de l'idéal gaullien d'Europe indépendante, de l'Atlantique à l'Oural.

La France est prise en tenaille par l'Allemagne et la Grande-Bretagne, qui privilégient l'alliance atlantique en économie autant qu'en défense. Au niveau international, dans tous les domaines, les dirigeants français et européens se calent sur la politique des USA, leur alignement ayant été particulièrement net dans la crise ukrainienne. La France a perdu son rayonnement attractif.

 

Quand on a constaté la spoliation de l'intérêt général par les intérêts capitalistes et la perte de souveraineté de notre pays, que fait-on ? C'est la question que j'ai envie de poser aux jeunes mayennais, et pas seulement à eux. Cette question nous concerne tous en tant que citoyens.

Si nous sommes d'accord sur le constat, encore faut-il décider d'agir pour que la France soit encore le creuset de la démocratie, ce qu'elle a cessé d'être depuis qu'elle s'est soumise au néolibéralisme.

Il nous faut reconstituer des repères qui ont disparu avec le déploiement du néolibéralisme car celui-ci n'accepte que les individus, définis par leurs droits et leurs intérêts. C'est à la base qu'il faut s'impliquer dans la vie collective, ne pas en rester à la critique permanente et attendre que d'autres mènent le combat à notre place. Il faut sortir de l'assistanat, ne pas laisser faire le néolibéralisme, qui avance sans faire de bruit.

Il existe un réseau créé en 2002 qui peut accueillir les citoyens qui s'engagent en ce sens.

Voir Réseau CiViQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne).

 

Le département de la Mayenne a été marqué par l'expérience politique de Robert Buron mais, depuis longtemps, il est sous l'emprise d'un parti centriste conservateur, l'UDI, très éloigné des idées progressistes de Robert Buron.

Le parti de Jean Arthuis, qui a fait clairement allégeance à la droite, milite pour une Europe fédérale mettant en œuvre des politiques néolibérales. C'est ce parti qui a supplanté l'ex UMP en Mayenne et conquis les principaux centres de pouvoir, bénéficiant de l'affaiblissement des autres partis, en dehors du FN.

Le combat politique doit être mené par les partis qui veulent reconstruire la gauche sur des fondements républicains, en visant à reconquérir la souveraineté nationale afin de retrouver la possibilité de conduire des politiques sociales.

Voir les sites : Mouvement Républicain et Citoyen: MRC et MRC 53

 

Tout n'est pas à condamner dans ce qui est fait par la majorité au pouvoir depuis 2012. C'est la finalité politique qu'il faut repenser, le rapport à la citoyenneté. Et toute la stratégie.

Le Parti socialiste est sorti de la route depuis longtemps, la route du socialisme, j'entends.

J'ai adhéré, en 1973, à un parti politique refondé lors de son congrès à Epinay-sur-Seine en 1971. Le mot socialiste avait alors une signification, comme l'a montré Robert Buron, qui avait nommé son mouvement "Objectif socialiste". Cela signifiait une orientation politique visant à maîtriser l'économie capitaliste. Tout est à repenser maintenant puisque c'est l'économie, par sa composante financière, qui a pris le contrôle de la politique, scellant ainsi le triomphe du néolibéralisme.

La sortie de route du PS a, de fait, semé le trouble sur ce qu'est la gauche au XXIème siècle. Ce trouble est lié à la construction européenne, au point qu'il y a un doute sur la réalité de la démocratie et de la citoyenneté républicaine dans notre pays.

Le référendum du 29 mai 2005 de ratification du traité constitutionnel européen n'a pas été suivi d'effet et, plus grave, a été contredit par le vote d'un nouveau texte - conforme au premier pour l'essentiel - par les parlementaires en 2008, les représentants du peuple s'étant arrogés le pouvoir de contredire frontalement le vote direct du peuple.

Avec cette Lettre aux jeunes, j'ai voulu faire le lien entre deux engagements, celui des jeunes actuellement dans Nuit Debout, qui me fait penser à ce que j'ai connu en mai 1968, dans des conditions très différentes, qui a été à l'origine de mon propre engagement politique.

Ma réflexion m'amène à proposer à tous les citoyens en Mayenne de réfléchir à deux points :

- La France, la nation française, creuset de la démocratie et de la citoyenneté.

Le Réseau citoyen CiViQ pourrait accueillir cette réflexion, ouverte à tous, qui devrait intégrer la question du rapport à l'Europe.

- La gauche, républicaine, patriote et sociale, moyen de locomotion pour revenir sur la route du socialisme.

Le Mouvement républicain et citoyen pourrait animer cette réflexion ouverte à tous ceux qui veulent oeuvrer à la construction d'une gauche de gouvernement, réaliste et progressiste.

A un an de l'élection présidentielle, le divorce entre les citoyens et les dirigeants politiques du pays ne fait plus aucun doute. Il faut investir dans du neuf. Faisons-le ensemble.

En commençant à l'échelle du département qui avait accueilli Robert Buron, le parisien jeune et dynamique, même si ce fut difficile. Cet extrait du livre "Par goût de la vie" nous décrit, nous les mayennais, de manière très réaliste.

"Il faut dire de la Mayenne que les gens y ont un tempérament dur et attachant. Il n'y a pas l'ombre d'une sentimentalité apparente dans leurs manifestations. Ce sont des gens tenaces, travailleurs, laborieux, et qui ont un goût de réel et du concret et, par conséquent, il n'y a pas d'échange affectif très poussé avec eux, sauf exception. Il faut savoir les gagner (...). Pour y réussir, il faut le mériter".

 

Cet article est le 39ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités et célébrations

Le 15 octobre 2010, les lycéens manifestaient à Laval (Mayenne) à propos des retraites

Le 15 octobre 2010, les lycéens manifestaient à Laval (Mayenne) à propos des retraites

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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 22:19

 

Une alliance entre les élus de l'UDI et le préfet de la Mayenne pour réformer

 

L'administration d’État a décrété que la communauté de communes du Pays de Loiron (14 communes rurales situées à l'ouest de l'agglomération de Laval, près du département d'Ille-et-Vilaine, 17 000 habitants) n'a pas la dimension suffisante pour exister. Il lui faut se fondre dans la communauté d'agglomération de Laval (20 communes autour de Laval, chef-lieu du département de la Mayenne, 97 000 habitants, dont 50 000 à Laval), les deux intercommunalités ayant déjà en commun un schéma de cohérence territoriale, le SCoT Laval Loiron.

Voir, à ce sujet, l'article publié le 20 mars sur le blog de Réseau CiViQ :

Coopération intercommunale en Mayenne : Laval Agglo absorbe la CCPL

 

Cette décision conforte les élus locaux et départementaux qui misent sur le développement économique du département, à partir de son principal centre urbain qu'est Laval.

Selon cette vision, portée par les leaders que sont Olivier Richefou, président du Conseil départemental, et Yannick Borde, vice-président de Laval Agglo, chargé du développement économique, les communes rurales ont intérêt à se lier au pôle urbain pour avoir quelques moyens d'exister. Ils ont pris les commandes du département depuis que Jean Arthuis s'en est allé au Parlement européen et que François Zocchetto est devenu maire de Laval et président de Laval Agglo. Ces trois-là pilotent aussi l'UDI, le parti de centre droit qui domine la droite dans ce département.

Quand on sait que la stratégie de l'UDI est de mettre en œuvre avec détermination la réforme territoriale décidée par le gouvernement Valls, l'alliance de ces élus avec le préfet de la Mayenne saute aux yeux. La logique de cette réforme est d'en finir avec les pesanteurs démocratiques, sociales et citoyennes, qui entravent le développement économique. C'est ce qu'on appelle une politique libérale.

Claude Le Feuvre et sa volonté de maintenir la vie et les services collectifs en milieu rural, grâce à la communauté de communes du Pays de Loiron, ne pèsent pas en face du pouvoir en place.

On retrouve ici l'opposition qui avait tant déplu au maire de Saint-Berthevin lors de la réunion publique du 1er octobre 2015 au Genest-Saint-Isle, quand il avait été empêché de s'exprimer pendant quelques dizaines de minutes par des citoyens très remontés contre le coup de force fomenté par les maires des deux communes dans le cadre de la procédure bien huilée (par le préfet) de création d'une Commune nouvelle, effaçant sans précautions plus de deux cents ans d'histoire.

Voir, 31 oct. 2015, (blog CiViQ,) : St-Berthevin et Le Genest : abandon du projet de commune nouvelle et (blog MRC 53) : Commune nouvelle : le projet de St-Berthevin avec Le Genest n'est plus.

Voir aussi, 9 octobre 2015 (blog MRC 53) : Communes nouvelles : Saint-Berthevin et Le Genest-Saint-Isle se lancent

 

Cette offensive conjointe des élus dominants et du représentant du gouvernement, au mépris des traditions démocratiques, crée un malaise politique en Mayenne.

Le premier à avoir réagi est Aurélien Guillot, élu minoritaire à Laval et dans Laval Agglo (Ouest-France, 17 mars 2016) :

Fusion : une décision « stalinienne » selon le Parti communiste français

Pour Aurélien Guillot, conseiller municipal de Laval (PCF) et conseiller communautaire, la fusion du Pays de Loiron avec Laval Agglomération est une démarche stalinienne du préfet. Non seulement à aucun moment le préfet ne pense à consulter les citoyens des collectivités concernées, non seulement il piétine l'avis des élus du Pays de Loiron et ceux de Laval Agglomération, qui se sont prononcés contre ce projet, mais en plus le préfet a été mis en minorité sur cette question lors de la CDCI, tacle l'élu communiste. Pour un tel projet, il est indispensable d'organiser un référendum de l'ensemble des habitants de Laval Agglomération et du Pays de Loiron. Pas de changement du périmètre de la démocratie sans démocratie ! 

 

Cet article est le 55ème paru sur ce blog dans la catégorie Collectivités territoriales

Le 1er octobre 2015, au Genest-Saint-Isle, 400 personnes étaient venues s'informer sur le projet de création d'une Commune nouvelle par fusion entre Saint-Berthevin et Le Genest-Saint-Isle, en Mayenne

Le 1er octobre 2015, au Genest-Saint-Isle, 400 personnes étaient venues s'informer sur le projet de création d'une Commune nouvelle par fusion entre Saint-Berthevin et Le Genest-Saint-Isle, en Mayenne

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17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 23:30

 

Défense de la République et de la laïcité par des personnalités de gauche

 

Le 11 mars, "Marianne" relaie l'initiative prise par des intellectuels, des politiques et des acteurs de la société civile qui se situent à gauche mais jugent la République et la laïcité aujourd'hui malmenées. Voici leur appel : Manifeste pour un printemps républicain

 

Deux membres de la direction du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) sont signataires de cet appel : Fatiha Boudjahlat et Thierry Cotelle. Bastien Faudot, porte-parole, candidat MRC à l'élection présidentielle 2017, leur a emboîté le pas. Voici la Tribune qui a été publiée sur le site de Marianne le 16 mars 2016.

 

COMME LA RÉPUBLIQUE, LA LAÏCITÉ SERA SOCIALE OU NE SERA PAS !

 

Cher Printemps Républicain,

Tu profites du retour des beaux jours pour affirmer ton attachement à l’idéal républicain et au régime de laïcité. Tu nous rappelles aussi que la nation est le lieu privilégié d’exercice de la démocratie. Ton appel ne pouvait que susciter mon adhésion tant il rejoint les principes qui guident mon engagement politique. J’ai donc signé ton manifeste sans réserve.

Que des citoyens de gauche dépassent les clivages internes à notre camp est vraiment salutaire. Ces questions sont piégées depuis qu’une fraction de la gauche est travaillée par le relativisme culturel et le différentialisme. Faire de la « diversité » une valeur et un principe normatif, alors qu’elle n’est qu’un fait brut, est une erreur. Je ne t’apprendrai rien: la fétichisation des différences se fait souvent au détriment du « commun ». Transformer les différences, qui font la richesse d’un groupe, en un droit à la différence ouvre la voie à trop d’accommodements déraisonnables.

« Comme la République, la laïcité sera sociale ou ne sera pas. »

Nous devons défendre la laïcité contre les attaques dont elle fait l’objet, la défendre bec et ongles, mais la défendre pour ce qu’elle est : un moyen et non une fin. Comme le dit si joliment Régis Debray, « la laïcité c’est le cadre, ce n’est pas le tableau ». Elle ne peut suffire à elle seule à définir un horizon pour la France. La laïcité permet d’organiser, non la simple cohabitation des différences mais bien leur dépassement dans l’adhésion de tous à un projet commun. En revanche, elle n’est pas un étendard qu’il suffirait de brandir pour la faire vivre. Elle est un instrument très concret au service de la paix civile. Et c’est déjà beaucoup.

Comme le rappelait récemment un de tes signataires Marcel Gauchet, « tout le monde aime à se réclamer de la République ou de la laïcité, mais il reste peu de monde pour savoir encore les définir ». Il est donc temps d’en réactiver le sens, de leur donner de l’étoffe et de la chair, en commençant par énoncer les conditions de leur possibilité. Il nous faut aussi affronter les difficultés du quotidien, sans détourner le regard ou dissimuler des choix honteux. Vivre ensemble, ça n’est pas simplement vivre côte à côte avec des œillères.

Si elle n’est pas sociale, la République est un mensonge. Que serait une République qui tolérerait que certains de ses citoyens soient des acteurs de plein droit, pendant que d’autres, happés par l’insécurité économique et la précarité, seraient relégués au rang de spectateurs ? Quand les inégalités se creusent et le chômage croît sans discontinuer, la République se vide. Quand le gouvernement prétend remédier à cela avec une « loi travail » bâtie sur des préceptes néolibéraux d’un autre âge, il est temps de rappeler que la République ne se limite pas à la liberté – de conscience, d’opinion – mais que c’est aussi la justice et l’égalité.

 
« Il est temps pour cela que nous rompions avec cette Europe supranationale qui réduit la France à l’impuissance et la République à un théâtre d’ombres. »

Dans les débats qui font rage régulièrement, on hésite parfois à accoler un adjectif au mot laïcité, je vais pourtant m’y risquer. Comme la République, la laïcité sera sociale ou ne sera pas. Il existe des causes multiples au retour du religieux et des revendications identitaires. En France, par défaut d’intégration, par l’effritement des solidarités qui se tissent habituellement à l’école, puis dans le monde du travail, par un amoindrissement des possibilités de nouer des liens hors de sa supposée « communauté », on a créé des prisons identitaires. Ces prisons fermées à double tour par la religion offrent à certains de nos compatriotes une fraternité de substitution quand la fraternité républicaine est devenue vaine. Une religiosité très affirmée – et très incompatible avec la laïcité – devient une façon de renouer avec une image valorisante de soi-même. Elle signe le besoin de s’insérer dans un collectif auquel on s’identifie et qu’on accepte ainsi de servir. La République doit mener cette bataille de la fraternité.

La France ne sait plus s’aimer elle-même, condition intangible pour se faire aimer, et d’abord de ses propres citoyens. Ce manque de confiance en lui-même a conduit notre pays à tenter de se diluer dans l’Europe. Une Europe désormais en proie à des crises multiples : économique, démocratique, migratoire. Cette multicrise n’est pas une catastrophe naturelle qui nous tomberait dessus par le plus cruel des hasards : elle procède de la configuration de l’Europe telle que nous la connaissons. Celle-ci n’a pas été conçue pour rapprocher les nations et pour les faire coopérer, mais pour les dépasser et, au bout du processus, les effacer. Bien sûr, cela s’est fait contre les peuples, qui sont assez rarement candidats à leur propre dissolution…

Si comme tu le soulignes, la Nation est « une histoire et un destin commun », encore faut-il, pour avancer résolument vers ce destin, disposer de notre pleine et entière souveraineté. Il est temps pour cela que nous rompions avec cette Europe supranationale qui réduit la France à l’impuissance et la République à un théâtre d’ombres. Il est temps de lui substituer une Europe de la coopération, respectueuse de chacun des pays qui la composent, et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Poser la question laïque nous oblige donc à réexaminer l’ensemble du pacte civique qui fonde la République (...).

Cet article est le 72ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement

Bastien Faudot, le 29 février 2016, au Salon de l'agriculture, reçu au stand de la Confédération paysanne

Bastien Faudot, le 29 février 2016, au Salon de l'agriculture, reçu au stand de la Confédération paysanne

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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 23:37

 

La pression de l'Europe et du MEDEF pousse l’État à des mesures libérales

 

Les manifestations organisées par les syndicats ouvriers et étudiants ont amené le pouvoir politique français à lâcher du lest, sans remettre en cause l'essentiel du contenu du projet de loi Travail.

Voir (Le Monde, 14 mars 2016) : Prud’hommes, licenciement… ce qui change dans le nouveau texte de la loi travail

 

Voici le commentaire qu'en a fait Bastien Faudot, candidat MRC à l'élection présidentielle 2017.


LOI TRAVAIL : ET SI ON SÉPARAIT LE MEDEF DE L’ÉTAT ?

 

Sous la pression de la mobilisation sociale, le gouvernement annonce le retrait de certaines des dispositions les plus contestées de sa réforme du code du travail. Exit le plafonnement des indemnités prud'homales, qui ne serait plus qu’indicatif. Le gouvernement abandonne également les mesures concernant la durée maximale de travail, l’astreinte, le temps de travail des apprentis. Certaines propositions seront mieux encadrées, à l’instar du forfait jour accessibles pour les TPE et PME. Mais l’incertitude demeure quant à la facilitation des licenciements économiques. Et si de nouveaux droits pour les salariés sont à l’agenda, il reste que ces nouveaux droits sont largement fictifs en l’absence de décision concernant leur financement.

 

La flexibilité ne peut être la norme

Difficile donc de considérer comme suffisants ces aménagements, d’autant plus que l’esprit de la loi travail demeure. L’esprit de la loi travail, c’est la possibilité pour les entreprises d’aménager le droit du travail de façon dérogatoire par des accords d’entreprises ou de branches. Il est ainsi toujours possible, par accord d’entreprise, de moduler le temps de travail sur une période de trois ans. Mais que vaut le dialogue social dès lors que sévit dans le pays un chômage de masse et que les organisations syndicales restent faibles voire absentes au sein de nombreuses entreprises ? Loin de la « décentralisation » vantée par le Premier ministre, le chantage à l’emploi deviendrait demain la norme.

Sous la pression des institutions européennes et du lobbying du MEDEF, le gouvernement continue à mener la politique de la postdémocratie : alors que les salariés ont besoin de protection et de règles claires face à la mondialisation et à la concurrence déloyale, il continue à croire que la « flexibilité » peut créer de l’emploi et que la compétitivité peut relancer la croissance. Il en va de même pour les petits patrons, soumis à la pression des grands groupes et des banques. Les contre-exemples de nos voisins européens montrent pourtant que l’on obtient avec les plans de déflation salariale rien d’autre qu’une course au moins-disant social qui pèse sur l’activité économique.

Reconquérir notre souveraineté économique pour permettre la transformation sociale

Je renouvelle les propositions que je porte pour une autre politique du travail. Les accords d’entreprises doivent toujours rester plus favorables que la loi et les accords de branche. Les salariés doivent avoir une présence et un pouvoir significatifs dans les conseils d’administrations. Les règles de licenciements économiques doivent prendre en compte le niveau de dividendes versés. La lutte contre le burn out doit devenir une priorité. Exiger le retrait du texte est un impératif qui demeure aujourd’hui.

L’urgence pour notre vie économique, pour les salariés, pour les petites entreprises, c’est de séparer le MEDEF de l’État. C’est de reconquérir notre souveraineté économique pour permettre le redressement de l’activité. C’est de retrouver la maîtrise de notre monnaie et de notre budget en nationalisant l’euro. Il n’y a pas de projet de transformation sociale qui vaille sans souveraineté nationale et populaire.

Cet article est le 132ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

Bastien Faudot, le 29 février 2016, au Salon de l'agriculture, reçu au stand des Jeunes Agriculteurs par le président JA, Thomas Diemer

Bastien Faudot, le 29 février 2016, au Salon de l'agriculture, reçu au stand des Jeunes Agriculteurs par le président JA, Thomas Diemer

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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 23:09

 

Comment, par ce moyen, les USA assurent leur domination (JM Quatrepoint)

 

Les colloques de la Fondation Res Publica sont appréciés par la qualité des interventions, ce que chacun peut vérifier en consultant les Actes, qui sont publiés quelques semaines après les réunions.

Cette Fondation a été créée et est présidée par Jean-Pierre Chevènement. Voir, à ce sujet, la Présentation de la Fondation Res Publica.

 

Les Actes du colloque du 1er février 2016 sur L’extraterritorialité du droit américain ont été publiés. La première intervention, posant parfaitement le problème, était celle de Jean-Michel Quatrepoint, journaliste économique, membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica, auteur de "Alstom, un scandale d’État – Dernière liquidation de l’industrie française" (Fayard : août 2015).

 

Une offensive judiciaire globale

(…) Les États-Unis, forts de leur puissance, ont donc développé un arsenal juridique tous azimuts. Ils décident qui peut commercer avec qui. Ils peuvent décider aussi d’éliminer les concurrents. Les entreprises françaises en savent quelque chose avec l’Iran. À la différence de ce qui se passait dans les années 80-90, ils bénéficient de la position du dollar : 78 % des transactions mondiales se font en dollars et tout est compensé par les États-Unis.

Comme toutes les transactions en dollars transitent par les États-Unis, toute transaction en dollars est soumise à la loi américaine. Ils ont aussi les écoutes : on a découvert que la NSA et les services américains écoutaient systématiquement tout, y compris les chefs d’État… et personne n’a protesté.

Et surtout, cette extraterritorialité devient un extraordinaire business qui profite d’abord aux Américains. Les amendes proprement dites commencent à atteindre des montants conséquents. Pour les banques, le total des amendes infligées par la justice américaine est de 125 milliards de dollars, dont une bonne partie concerne les banques américaines. Mais les banques américaines ont été condamnées pour les affaires de subprimes (aucun banquier américain n’a fait de prison) tandis que les banques européennes et japonaises ont été condamnées pour avoir violé des embargos. Les banques suisses ont payé un très lourd tribut pour ne pas avoir communiqué à temps un certain nombre de données. 

On en est aujourd’hui à 35 milliards de dollars d’amendes pour les banques étrangères et une demi-douzaine de milliards de dollars pour les groupes industriels. Sur les dix premières amendes infligées, notamment pour des affaires de corruption, aux groupes industriels, neuf concernent des groupes étrangers. Le record va à Siemens (800 millions de dollars) suivi par Alstom (772 millions de dollars). 

Cet argent sert d’abord à l’auto-alimentation du système judiciaire américain (la SEC, le Trésor, le DOJ etc.) dont les coûts annexes sont considérables. Le système judiciaire américain, les centaines de milliers de lawyers des cabinets, sont embauchés par les entreprises et vivent « sur la bête ». L’argent des amendes fait donc vivre le système judiciaire américain au sens large. S’y ajoute la contestation de brevets etc. L’application de ce système de l’extraterritorialité est un formidable business qui alimente la machine judiciaire et juridique américaine. 

Les gens de BNP Paribas seront sans doute heureux d’apprendre qu’une partie de leur amende va servir à indemniser les citoyens américains qui avaient été victimes de la prise d’otages à l’ambassade des États-Unis à Téhéran en 1979. Plus de cinquante personnes, retenues pendant 444 jours, n’avaient jamais été indemnisées parce que, dans l’accord entre l’Iran et Ronald Reagan, l’Iran avait refusé de payer quelque indemnité que ce soit (l’une des raisons pour lesquelles les Iraniens avaient pris en otage les personnels de l’ambassade américaine était la « prise en otage » par les Américains des compte iraniens à la Chase Manhattan Bank…). Le Congrès a l’intention d’utiliser 1 à 2 milliards de dollars, pris sur l’amende de BNP Paribas, pour indemniser ces ex-otages américains. 

Plus grave : les accords que les entreprises étrangères sont contraintes de signer s’accompagnent généralement de la mise sous tutelle de fait de ces entreprises qui, de par le settlement, l’accord passé avec la justice américaine, subissent pendant six mois, un an, trois ans… la présence de contrôleurs indépendants chargés de vérifier que l’entreprise condamnée se conforme bien à toutes les règles de la compliance américaine.

Alcatel Lucent avait été condamnée il y a quelques années à une amende pour corruption à propos d’affaires qui remontaient au début des années 2000 (le montant, moins important que celui infligé à Alstom, s’élevait quand même à 170 millions de dollars). Contrainte d’accepter pendant trois ans la présence d’un contrôleur indépendant, Alcatel Lucent devait lui donner toutes les informations que ce contrôleur jugeait utiles à la réalisation de sa mission. D’aucuns disent que Alcatel Lucent a été ainsi pillée pendant quelques années par la justice américaine. Les secrets de fabrication et un certain nombre de données essentielles peuvent être transférés ainsi à une puissance étrangère. 

L’extraterritorialité du droit américain permet à la puissance américaine, sur les secteurs qu’elle estime stratégiques, d’asseoir sa domination

Rappel (10 août 2015) : Fondation Res Publica : le débat sur la réindustrialisation de la France

 

 

Cet article est le 209ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

Au premier plan, à gauche, Jean-Michel Quatrepoint est aux côtés de Jean-Pierre Chevènement, Arnaud Montebourg et Jacques Sapir, avant leur intervention lors du colloque Mondialisation à Paris le 30 août 2011

Au premier plan, à gauche, Jean-Michel Quatrepoint est aux côtés de Jean-Pierre Chevènement, Arnaud Montebourg et Jacques Sapir, avant leur intervention lors du colloque Mondialisation à Paris le 30 août 2011

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 23:53

 

Repenser le travail et l'entreprise dans une perspective républicaine de gauche

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) est, en Mayenne, représenté par Michel Sorin, ancien élu socialiste à Saint-Berthevin (conseiller municipal à partir de 1983 jusqu'en 2003, maire de 1990 à 2001), dirigeant du PS en Mayenne pendant dix ans (1979-1985 et 1997-2001), conseiller régional des Pays de la Loire entre 1998 et 2004.

Michel Sorin, membre du bureau national, anime la fédération MRC des Pays de la Loire depuis juillet 2015 et le comité départemental MRC 53, avec l'appui de Georges Minzière - ancien élu local, départemental et régional - et de Gérard Beillard, qui ont exercé des responsabilités dans le monde du travail industriel à Laval.

 

Le MRC 53 s'est réuni ce 10 mars 2016, au lendemain de la journée de manifestations contre le projet de loi sur le travail, initié par le gouvernement Valls.

Voir (9 mars) Ce sont les jeunes qui ont le plus manifesté contre le projet de loi travail.

 

Après avoir débattu de la situation politique nationale et fait le point sur la pré-campagne de Bastien Faudot, candidat désigné par le MRC pour l'élection présidentielle 2017 (voir FAUDOT 2017 | Bastien Faudot, la gauche avec le peuple), le comité MRC 53 a retenu les thèmes des actions qu'il va conduire en Mayenne ces prochains mois, en lien avec la campagne de Bastien Faudot. Ce sont la loi sur le travail, la protection sociale, les services publics, l'Europe.

 

Face à la remise en cause des droits et des revenus des travailleurs dans les entreprises et dans les exploitations agricoles, il a été décidé de proposer aux citoyens de réfléchir à ce qui s'est passé depuis 50 ans dans l'économie productive, industrielle et agricole, puis de voir ensemble les directions à prendre au niveau politique, en intégrant les données nouvelles en matière de recherche et de technologie, notamment.

 

Rappel (extrait du communiqué du MRC, 2 mars 2016) :

Loi travail : contester, mobiliser et proposer

 

Les reculades du gouvernement n’y feront rien : les masques sont tombés. La jeunesse et le monde du travail qui ont contribué à l’élection de François Hollande demandent des comptes et exigent que leurs revendications soient enfin satisfaites. Contre les adeptes des petites manœuvres de couloirs, il faut tenir bon, c'est-à-dire contester le fond du texte, mobiliser la jeunesse et le monde du travail, mais aussi proposer d’ores et déjà l’alternative républicaine
Contester ce texte, mélange de cynisme et d’inconséquence, est finalement le plus facile. Celui-ci vise à la fois à diminuer les salaires par une baisse du taux horaire, à rendre possible l’allongement de la durée du travail, à faciliter les licenciements et à rendre quasi indolore les ruptures abusives. Bref, les élites incapables de protéger le peuple dans la mondialisation se retournent contre lui et l’accusent de tous les maux. C’est la politique de la post-démocratie. Mais, incapables d’assumer leur forfait jusqu’au bout, ces élites demandent aux organisations syndicales de faire « le sale boulot » par la généralisation d’accords d’entreprises dérogatoires aux accords de branche. 

 

Mobiliser l’ensemble de la jeunesse et du monde du travail dans la période est un impératif. Le MRC sera présent le 9 mars pour amplifier la contestation du texte initial et refonder la promesse républicaine d’égalité. Ce qui se joue en ce moment, c’est la possibilité de faire émerger à la suite des mouvements de contestation espagnol et grec une politique sociale et républicaine au service du peuple, contre les oligarchies dominantes et leurs serviteurs. 

 

Une politique républicaine du travail est nécessaire. Le MRC demande que plusieurs sujets soient mis à l’agenda par le gouvernement : l’intégration des jeunes, la sécurité au travail des intérimaires comme le montre les accidents mortels survenus à Arcelor, les temps partiels subis notamment par les femmes dans la grande distribution, la rénovation des conditions du chômage partiel incluant des volets de formation et/ ou de reconversion, la surtaxation des contrats courts, la reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle, le mandatement des délégués syndicaux dans les TPE, l’extension des administrateurs salariés.

Il faut voir loin et de manière anticipée en matière de politique du travail. Dans une société où le nombre de seniors s’accroît comme l’atteste les derniers chiffres de l’INSEE, un programme massif de prévention de l’usure au travail devra être conduit à l’instar de ce qui a été fait en Finlande ces dernières années, de manière notamment à réduire l’absentéisme dans les entreprises.

Par ailleurs nous devons faire de l’entreprise un nouveau « bien commun » pour éviter que cette dernière disparaisse du fait d’une financiarisation accrue qui limite l’investissement, l’innovation et la prise de risque réelle. Pour les grandes entreprises, aucun licenciement ne pourra être accepté si parallèlement le montant des dividendes continue de croître de manière indécente. 

Cet article est le 61ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC 53 et Pays de la Loire

Le 1er mai 2012, les syndicats devant l'hôtel de ville de Laval

Le 1er mai 2012, les syndicats devant l'hôtel de ville de Laval

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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 23:38

 

Bastien Faudot : il faut une traduction politique aux mouvements populaires

 

Le mauvais temps n'a pas empêché un bon millier de personnes, surtout des jeunes, de participer à la manifestation en fin de matinée ce 9 mars à Laval. Le MRC 53 était présent.

Voir, sur le site de Ouest-France : Loi travail: plus de 1000 manifestants à Laval

Tout est parti des étudiants de l'IUT qui ont allumé la mèche et rameuté les troupes. Ce mercredi matin, à 11h place du 11-Novembre à Laval, ils étaient entre 1000 et 1500 personnes, dont les trois quarts lycéens ou étudiants, à exprimer tout le mal qu'ils pensent du projet de loi réformant les règles du travail.

 

A Paris, Bastien Faudot était avec des jeunes militants du Mouvement Républicain et Citoyen. Sur son site de campagne (voir FAUDOT 2017 | Bastien Faudot, la gauche avec le peuple), on trouve, ce 9 mars 2016, la position du candidat à l'élection présidentielle 2017 concernant le projet du gouvernement sur le travail.

 

LOI TRAVAIL : DONNER UNE TRADUCTION POLITIQUE AUX MOUVEMENTS POPULAIRES

 

Le projet de loi sur le travail agit comme un puissant révélateur des dérèglements politiques de notre époque. Au plan économique et social d’abord, il consacre la mue idéologique de la gauche sociale-démocrate aux dogmes du libéralisme le plus décomplexé.

Cette mue aura sans doute été plus longue que celle d’une chenille : elle procède d’un déplacement tectonique de la deuxième gauche, celle que Jean-Pierre Chevènement qualifiait de « gauche américaine » à la fin des années 70. Le tournant de la rigueur de 1983 est l’acte de naissance de cette dérive. Ensuite, l’histoire politique de la gauche de gouvernement n’aura été, à de rares exceptions près, qu’une infinie succession de coups de canifs dans le projet de transformation sociale autour duquel elle s’était rassemblée en 1981. Celui-là même qui était sa raison d’être. De sorte qu’aujourd’hui, il reste au gouvernement une gauche sans raison d’être.

 

La plupart des grandes dispositions du projet de loi El Khomri témoignent du renoncement majuscule à l’œuvre : abrogation de fait des 35 heures, cadenassage des juridictions prud’homales avec le plafond d’indemnisation, réduction de la rémunération des heures supplémentaires (travailler plus pour gagner moins), assouplissement du licenciement, instauration du forfait jour pour les petites et moyennes entreprises, suppression de la garantie par la loi de la durée de congés en cas de décès d’un proche… 

 

Ceux qui prétendent que cette réforme instaure une « flexi-sécurité » à la française nous mentent : c’est en réalité une « flexi-flexi insécurité ». Imaginer que de telles dispositions seront créatrices d’emploi, c’est ne rien comprendre au mouvement global qui est engagé dans le cadre de la mondialisation.

La course effrénée à la compétitivité par la mise en concurrence des systèmes sociaux promet une mort lente et douloureuse : cela consiste à positionner le moins-disant social comme point de référence. Ce processus ne sera achevé que par la destruction à peu près complète des systèmes de solidarité et par l’essorage des agents de productions que sont les travailleurs.

C’est là qu’il faut changer d’angle. 

La déflation salariale sera aussi longtemps la « seule politique possible » tant que nous n’aurons pas retrouvé notre souveraineté monétaire et budgétaire. Sans elle, il n’y aura pas de justice sociale. La politique monétaire, comme la politique budgétaire et fiscale, sont des outils de régulation (contre la toute puissance du marché), de protection et de compétitivité pour inventer un modèle économique à la fois performant et émancipateur. Ceux qui à gauche, s’émeuvent du projet de loi El Khomri en réclamant simplement un compromis en termes de dosage font fausse route. Ils sont condamnés à s’indigner indéfiniment.

 

Dans l’immédiat, exiger le retrait du texte est impératif, pour protéger le monde du travail d’une attaque sans précédent, et peut-être aussi sans retour, contre lui.

Plus encore, au delà de la question économique et sociale, l’offensive du gouvernement révèle les failles de notre démocratie. Le projet de loi « travail » donne lieu à un échange très intéressant entre le nouveau monde et l’ancien. D’un côté, une pétition qui recueille plus d’un million de signatures et atteint ainsi une taille inédite, de l’autre des déclarations de responsables politiques qui, de tous horizons et depuis les différents palais de la République, croient défendre la démocratie représentative en méprisant, de manière franche et avouée, les pétitionnaires renvoyés à leurs canapés et à leurs irresponsabilité.

La mobilisation 2.0 est bien sûr salutaire, mais du point de vue de l’intérêt général son affrontement avec les palais de la République n’est vraiment pas satisfaisant. Le fossé se creuse et alimente la crise démocratique. Cette contradiction doit être dépassée. 

 

Il faut construire une traduction politique aux mouvements populaires, confrontés au déni de démocratie des caciques de gauche comme de droite.

Allons au-delà de la belle mobilisation populaire du 9 mars en proposant un chemin et un projet conséquent pour une gauche du XXIeme siècle. 

La crise de post-démocratie que nous traversons suppose en tout premier lieu, la reconquête de la souveraineté populaire et nationale. C’est pour défendre cette conviction de toujours que je me suis déclaré candidat à l’élection présidentielle le 7 février dernier.

 

Voir aussi la position du Mouvement Républicain et Citoyen, exprimée par Thierry Rochefort, secrétaire national du MRC au travail et à l'emploi, 2 mars 2016 : Loi travail : contester, mobiliser et proposer

Cet article est le 131ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

Le 15 octobre 2010, les lycéens manifestaient à Laval contre la réforme des retraites.

Le 15 octobre 2010, les lycéens manifestaient à Laval contre la réforme des retraites.

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 18:40

 

Dans les faits, la parité hommes-femmes est loin d'être respectée

 

Au niveau du principe, l'égalité homme-femme s'est imposée progressivement en France. Mais il reste beaucoup à faire pour la faire entrer dans la pratique.

C'est le sens de ce texte diffusé sur le site du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) par Martine Souvignet, secrétaire nationale à la citoyenneté, à la laïcité et à l'égalité :

 

Vous avez dit égalité réelle ?

 

En cette journée internationale des droits des femmes, le MRC réaffirme sa solidarité et son soutien à toutes les femmes qui luttent pour leur liberté et leurs droits fondamentaux en France et partout dans le monde : droit à disposer de son corps, droit à la contraception, droit à l’IVG, droit à l’éducation, droit au travail rémunéré, à travail égal, salaire égal, droit d’être éligible et d’être élue… 

En France, la laïcité, principe que le MRC a toujours voulu promouvoir en tout temps et en tout lieu, reste un bouclier pour les femmes contre la régression de leurs droits ; c’est un mode d’organisation de la société qui doit permettre aux femmes de prendre leur place dans l’espace public, dans le débat public, quelles que soient leur origine, leur histoire familiale. 

Et pourtant, les inégalités sociales et salariales persistent…L’accès aux responsabilités se heurte toujours au « plafond de verre »…Vous avez dit « égalité réelle » ? Beaucoup de chemin reste à faire en France aussi. 

Une société ne peut être juste que si les femmes y prennent leur juste place, aux côtés des hommes, à tous les niveaux de représentation sociale et démocratique ; en France, dans notre République, c’est la quête d’une représentation paritaire, principe inscrit dans la Constitution mais toujours loin d’être atteint, qui doit être notre objectif. 

La prochaine campagne pour l’élection présidentielle, avec Bastien Faudot, candidat du MRC, devra en être une étape supplémentaire et permettre de faire émerger une nouvelle génération de femmes politiques.

Le MRC a toujours dénoncé le relativisme culturel qui n’a pas sa place dans une société portant haut les valeurs républicaines. Oui, les femmes sont des citoyennes à part entière, elles ne sont pas « la diversité », elles sont le genre humain, elles sont l’Universel !

 

Cet article est le 19ème sur ce blog dans la catégorie Femmes

Martine Souvignet, le 24 mars 2013, intervenant lors d'une séance du Conseil national du MRC

Martine Souvignet, le 24 mars 2013, intervenant lors d'une séance du Conseil national du MRC

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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 22:24

 

Une crise agricole d'une gravité sans précédent, accentuée par la libéralisation

 

Le Salon International de l'agriculture, du 27 février au 6 mars cette année, reste « un rendez-vous d’amour entre les citadins et les ruraux avec pour unique fil rouge l’avenir de notre agriculture » (voir aussi les commentaires de RFI Salon de l'Agriculture en France: un bilan en demi-teinte).

La présence des organisations représentatives des agriculteurs Porte de Versailles à Paris a incité Bastien Faudot* à solliciter des rencontres avec leurs responsables. Cela s'est fait lundi 29 février avec l'ensemble des syndicats, la Confédération paysanne (CP), Jeunes Agriculteurs (JA), la Coordination rurale (CR), la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), le Mouvement de défense des exploitations familiales (MODEF), ainsi qu'avec l'Association des producteurs de lait indépendants (APLI).

Le 1er mars, il a publié sur son site de campagne (voir FAUDOT 2017 | Bastien Faudot, la gauche avec le peuple) le texte suivant.

LA SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE

COMME RÉPONSE À LA CRISE DU MONDE AGRICOLE

Bastien Faudot s’est rendu au Salon de l’Agriculture lundi 29 février 2016, arpentant les allées de la grand-messe annuelle du monde agricole français pendant près de huit heures.

Si le candidat à la présidence de la République n’a pas manqué de déguster les spécialités gastronomiques de nos terroirs, qui font la fierté de notre pays, ni d’admirer les animaux qui étaient exposés, il a choisi, dans un contexte de crise particulièrement prononcée de la profession, de prendre le temps d’échanger avec l’ensemble des organisations syndicales (Confédération paysanne, Jeunes Agriculteurs, FNSEA, Coordination Rurale, Mouvement de Défense des Exploitants Familiaux, Association des Producteurs de Lait Indépendants).

Si leurs pistes divergent pour sortir de l’impasse, l’ensemble des syndicats agricoles ont insisté sur la gravité d’une crise sans précédent de mémoire d’homme.

Tandis que la financiarisation rend les cours plus volatiles, la surproduction au niveau mondial a provoqué leur effondrement. La concurrence déloyale s’étend pendant que l’Union Européenne protège moins que jamais ses exploitants agricoles. Et alors que la grande distribution et les industriels pressurent les marges des producteurs comme jamais, beaucoup de ceux-ci sont confrontés à l’épuisement du modèle productiviste.

Dans cette superposition de crises, la responsabilité de la classe politique française est grande : ce sont eux qui se sont livrés, depuis plus de trente ans, à la libéralisation effrénée de l’agriculture française. Dans ce secteur économique comme dans les autres, la débâcle en est l’unique et prévisible résultat. Et ils voudraient aller encore plus loin dans l’échec avec le TAFTA !

Face à la menace de disparition pure et simple qui pèse sur de très nombreuses exploitations, l’urgence est à la mobilisation de tous les moyens pour en sauver le plus possible. Les producteurs doivent vendre au minimum à hauteur de leurs coûts de production, ce qui aurait comme incidence sur le prix seulement quelques centimes pour les consommateurs.

Mais une sortie de crise implique également d’inventer le modèle agricole des trente prochaines années.

Bastien Faudot a défendu sa vision, articulée autour de la souveraineté alimentaire de la France. Il a rappelé n’y avait pas d’indépendance nationale sans autosuffisance agricole. Il a affirmé la nécessité pour l’Europe de remettre à plat sa Politique Agricole Commune, sans écarter la possibilité pour la France de conduire à l’avenir de nouveau sa propre politique agricole nationale si un compromis conforme aux intérêts de notre pays était impossible à trouver.

Bastien Faudot continuera dans les prochains mois à aller à la rencontre du monde agricole dans le cadre de l’élaboration de son projet présidentiel. 

 

* Rappel (8 février 2016) : Bastien Faudot, candidat 2017 pour la République partout et pour tous

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Bastien Faudot, le 29 février 2016, en visite au Salon de l'agriculture, porte de Versailles à Paris

Bastien Faudot, le 29 février 2016, en visite au Salon de l'agriculture, porte de Versailles à Paris

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Published by Michel SORIN - dans AGRICULTURE et PAC
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