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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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Articles Récents

9 octobre 2018 2 09 /10 /octobre /2018 16:50

 

Le bureau MRC favorable à une alliance avec La France Insoumise

 

Avant de présenter ses nouvelles orientations au Conseil national le 14 octobre, le président du Mouvement Républicain et citoyen s’est assuré, hier soir, de l’accord du Bureau.

- Pas de difficultés pour avancer dans des rencontres à la base dans le cadre de « Nos Causes Communes » avec les partenaires de « L’union & l’Espoir » et de « République & Socialisme ».

- Accord général également pour engager le MRC sur la liste de La France Insoumise aux élections européennes.

- Le troisième point ne fait pas l’unanimité et sera débattu dans le cadre du congrès qui aura lieu à Paris les 1er et 2 décembre 2018. Il y a une majorité favorable au niveau du Bureau.

Ce 3ème point, c’est la création d’une force politique nouvelle en 2019, qui pourrait être proposée au MRC par la composante de gauche du PS, « L’Union & l’Espoir », si celle-ci venait à décider de quitter le PS. La décision sera prise très prochainement.

Rappelons que le MRC est présidé par Jean-Luc Laurent, ancien député, conseiller municipal du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne). Il est secondé par Catherine Coutard, vice-présidente, chargée des relations extérieures, conseillère municipale de Montélimar (Drôme) et par Bastien Faudot, porte-parole, conseiller départemental et municipal de Belfort (Territoire-de-Belfort). Le MRC compte deux parlementaires, Christian Hutin, député du Nord, et Sabine Van Heghe, sénatrice du Pas-de-Calais.


Cet article est le 3098 ème sur le blog MRC 53 - le 235ème dans la catégorie MRC national

Jean-Luc Laurent, président du MRC, le 7 septembre 2018 à Marseille, ouvrant l'université de rentrée de "Nos Causes Communes"

Jean-Luc Laurent, président du MRC, le 7 septembre 2018 à Marseille, ouvrant l'université de rentrée de "Nos Causes Communes"

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7 octobre 2018 7 07 /10 /octobre /2018 22:46

 

Un MRC rassemblé, condition de la refondation républicaine de la gauche

 

Serge Maupouet et Michel Sorin étaient les initiateurs des rencontres MRC Ouest à Saintes. Voir A Saintes, le 29 septembre 2018, le MRC Ouest a débattu de son avenir

Ils récidivent en proposant une contribution - pouvant se transformer en motion - dans le cadre du congrès du Mouvement Républicain et Citoyen, qui aura lieu à Paris les 1er et 2 décembre 2018.

Rassembler, dynamiser, continuer le MRC pour agir et peser : un impératif pour la refondation républicaine de la gauche

En 2003, la qualité des fondamentaux mis en œuvre par Jean-Pierre Chevènement donnait au Mouvement Républicain et Citoyen deux décennies d’avance ; les faits ont validé nombre des analyses et la pertinence de la ligne politique que le MRC porte indéfectiblement. Notre doctrine sociale et républicaine, notre objectif de Salut public, notre volonté de refondation républicaine et de reconquête par la France de la maîtrise de son destin sont en prises avec les exigences du temps présent. Les constats qui ont conduit à la nécessité de former le Mouvement des Citoyens puis le Mouvement Républicain et Citoyen restent tangibles. Seul le MRC assume pleinement le positionnement politique qui est le sien. Ce positionnement spécifique du MRC le place au cœur des recompositions politiques en cours. Les clivages politiques actuels rendent encore plus nécessaires et pertinentes l’existence et l’action du MRC en tant que parti.


Depuis sa fondation, le MRC n’a jamais organisé de Congrès aussi important que celui de 2018, les 1er et 2 décembre à Paris. Pour mener à bien une stratégie de refondation républicaine de la gauche, deux voies se dessinent.

Une voie, ouverte par la direction sortante de notre Mouvement, propose de s'inscrire dans une alliance à gauche, mais en orientant le MRC vers une existence à court terme, qui ne serait plus conçue que dans l’attente d’un congrès fondateur d’une nouvelle formation politique. Le MRC en serait de fait dévitalisé. En réaction, l’un des participants au séminaire de Direction, le 3 octobre, a déclaré s’opposer à ce que le MRC soit placé sous euthanasie, début 2019, au moment du congrès fondateur d'une telle nouvelle formation politique.

L'autre voie, que nous proposons au Congrès d'ouvrir, doit conduire à ce que la mutation du MRC, engagée depuis 2015, aboutisse à lui donner l'ensemble des caractéristiques et tous les atouts d’un parti politique de plein exercice. Le MRC aurait alors toute capacité à rechercher les rapprochements et alliances nécessaires dans le cadre de le refondation républicaine de la gauche, à participer à un rassemblement des forces progressistes et républicaines, mais en garantissant solidement son identité, sa structure et sa ligne politique. En effet, quelles garanties plus efficaces à la promotion de nos principes fondateurs et à la mise en œuvre de notre projet politique que le maintien de l'identité et de la structure du MRC en tant que parti politique à part entière ? Et ce y compris dans le cadre stratégique de rapprochements ou d'alliances politiques ? S'allier pour se renforcer : oui ! S'allier en risquant sciemment la disparition de notre ligne politique : non !

 

L’enjeu du Congrès est ainsi clairement souligné. Il s'agit de choisir la voie qui permet d'ouvrir un véritable avenir à la ligne politique que tous les militants portent en héritage.
Le projet qui a été présenté le 3 octobre par la direction comporte plusieurs volets qui correspondent à ce qui était attendu après l’Université de rentrée organisée à Marseille les 7,8 et 9 septembre, avec des membres du PS se reconnaissant de la sensibilité « L’Union & l’Espoir » animée par Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann. Le choix de La France insoumise pour engager des discussions en vue des élections européennes est cohérent avec le rapprochement opéré à Marseille. Mais
l’organisation d’un congrès fondateur d’une nouvelle formation politique dès le début de l’année 2019 pour répondre à une demande de nos partenaires de « L’Union & l’Espoir », soumet le MRC à des controverses internes qui risquent de marquer les débats du Congrès. On peut comprendre le besoin ressenti par nos partenaires – s’ils décident de quitter le parti socialiste dans les semaines qui viennent – de créer une structure de remplacement. Mais, dans la mesure où ils affirment vouloir le faire avec le MRC, il ne faut pas agir dans la précipitation. Il convient d'une part de prendre le temps de parler avec nos partenaires, de confronter nos positions et de travailler à l’établissement de convergences dans le cadre de colloques. Il convient d'autre part d'avoir en interne une communication et une attitude qui montrent aux militants qu’ils sont parties prenantes et agissantes d'un mouvement de transformation, ce qui n'est pas le cas du processus tel qu'il est engagé. Il convient enfin de prendre en compte cette évidence que le MRC existe et qu’il peut naturellement accueillir de nouveaux adhérents. Se précipiter, c’est risquer de heurter une grande partie des adhérents du MRC qui redoutent de voir se dissoudre les idées républicaines que Jean-Pierre Chevènement a portées pendant cinquante ans, d’abord à l’intérieur du Parti socialiste (CERES puis Socialisme et République), ensuite à l’extérieur à partir de 1993 (Mouvement des Citoyens puis Mouvement Républicain et Citoyen). Ce risque peut être évité en rassemblant les militants sur des modalités stratégiques largement partagées afin que le MRC sorte renforcé du Congrès. Renforcé pour mieux porter son projet politique.


Le 29 septembre, à Saintes (Charente-Maritime), les militants et responsables du MRC dans les régions de l’ouest de la France (Grande Aquitaine, Pays de la Loire, Normandie), après un débat qui a duré plus de quatre heures, se sont mis d’accord « pour le maintien, la continuation, le développement militant et de l’action du MRC, pour demander au MRC national l’organisation d’un colloque sur l’Europe (...), pour constater la nécessité de contributions thématiques nombreuses pour le Congrès (...), pour demander une formation interne renforcée et décentralisée, dont sur le positionnement concernant la monnaie européenne, pour constater à nouveau la nécessité de concilier le mouvement d’en-haut et le mouvement d’en-bas et d’assurer une animation nationale plus efficiente. » La volonté militante de maintenir et développer le MRC, outil au service d'une ligne politique base de leur engagement, s’exprime clairement et ouvre sur la voie à suivre conduisant à faire du MRC un parti politique à part entière, à réaffirmer la validité de sa ligne politique, à affermir notre confiance dans sa capacité à jouer un rôle en tant que parti acteur des recompositions politiques en cours afin de contribuer à engager la Nation vers un meilleur avenir. Des débats militants peut donc sortir la capacité propulsive nécessaire pour faire du Congrès de décembre un moment fort d'échanges conduisant au rassemblement et à la dynamisation du MRC. Afin de lui donner, et à sa ligne politique, à la fois un débouché politique efficient et une force nouvelle, en achevant sa mutation en parti politique de plein exercice.

 

Construire ensemble un MRC renforcé parce que rassemblé, dynamisé par une animation militante placée au cœur de son nouvel essor, capable de fédérer autour de ses principes et analyses au lieu de se dissoudre dans d’autres, ayant évidemment la volonté de participer à des rapprochements, des alliances, des rassemblements, lorsque c’est possible et nécessaire, mais sans jamais renoncer à porter les principes et la ligne politique qui font sa raison d’être pour ses militants, ses sympathisants et pour nos concitoyens. Rassembler, dynamiser, continuer le MRC, pour que son projet politique prenne toute sa place, joue tout son rôle dans la refondation de la gauche républicaine, c'est non seulement possible mais encore c'est indispensable.

 

Le MRC s’est donné pour mission de refonder la gauche républicaine afin de permettre le rassemblement de la gauche dans son ensemble. Ce congrès doit être le moyen de nous unir par un effort, de nous concentrer sur l’essentiel. Le projet qui est présenté par la direction n'est pas à prendre ou à laisser. Il doit être l’occasion de rechercher un compromis dynamique pour nous renforcer, et donner aux principes, aux analyses, à la ligne politique que nous assumons collectivement au MRC les meilleures conditions de réussite.


 

Cet article est le 3097 ème sur le blog MRC 53 - le 234ème dans la catégorie MRC national

Serge Maupouet et Michel Sorin, le 8 juin 2011 à Surgères (Charente-Maritime) lors de la réunion sur le thème de l'agriculture et de l'alimentation

Serge Maupouet et Michel Sorin, le 8 juin 2011 à Surgères (Charente-Maritime) lors de la réunion sur le thème de l'agriculture et de l'alimentation

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2 octobre 2018 2 02 /10 /octobre /2018 15:32

 

La question de la refondation républicaine de la gauche se pose maintenant

 

Ce blog existe depuis 2006. Plus de 3 000 articles ont été publiés. Il a continué d’exister après une suspension en 2014, le temps du lancement du blog de Réseau CiViQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne). Plus de 400 articles publiés sur ce blog CiViQ.

Le sens politique de ce blog est de contribuer à reconstruire la gauche en s’opposant aux politiques néolibérales que le peuple français subit depuis plus de trente ans. Les deux en même temps, selon l’expression à la mode…

Cette refondation républicaine de la gauche ne doit pas seulement se faire en haut, par les organisations politiques au niveau national, mais elle doit aussi se faire en bas, c’est-à-dire par les militants et les citoyens dans les communes et les départements. En même temps…

 

Le rythme de parution des articles est variable. Après les Titres des articles publiés en avril-mai 2018, voici les titres des articles publiés en juin, juillet et septembre 2018.

 

Titres des articles publiés en juin-juillet-août-septembre 2018 sur le blog du MRC 53

André Pflimlin décrit l'influence de la météo sur la crise laitière (30 septembre)

Alerte sanitaire lancée par le directeur général de l'alimentation DGAL (26 septembre)

Le boom du lait infantile en Chine : du rêve au cauchemar avec Synutra (25 septembre)

La politique agricole commune européenne (PAC), monument en péril (24 septembre)

En France, l'agriculture ne rémunère pas correctement ses paysans (23 septembre)

En souffrance, l'agriculture française produit plus pour gagner moins (22 septembre)

Le MRC 17 organise à Saintes une rencontre du MRC Ouest (13 septembre)

A Marseille, les gauches rassemblées par Nos Causes Communes (11 septembre)

Le MRC Manche pour un nouveau pacte départemental, agricole et rural (06 septembre)

Le MRC Ouest à Saintes le 29 septembre pour des échanges militants (06 septembre)

Nos causes communes pour l'alternative populaire dont la France a besoin (04 septembre)

Le député Christian Hutin a présidé la Commission d'enquête Lactalis (31 juillet)

Affaire Benalla-Macron : une motion de censure déposée par la gauche (30 juillet)

Le MRC, coorganisateur de l'université de rentrée à Marseille (8-9 sept) 19 juillet

Agrocarburants : la France et l'Europe sur des positions contradictoires (18 juin)

Le blocage FNSEA-JA des raffineries a été levé au bout de trois jours (16 juin)

Appel du 9 juin pour commencer à rassembler la gauche républicaine (11 juin)

Le MRC doit se ressourcer pour peser sur la refondation de la gauche (08 juin)

Publication INSEE 2018 sur les revenus et le patrimoine des ménages (06 juin)

Le MRC partie prenante de la rencontre-débat du 9 juin 2018 au Sénat (05 juin)

Cet article est le 3096 ème sur le blog MRC 53 - 81ème, cat. Titres des articles du mois précédent

Catherine Coutard (MRC) animait le débat principal de "Nos Causes Communes" le 9 septembre 2018 à Marseille

Catherine Coutard (MRC) animait le débat principal de "Nos Causes Communes" le 9 septembre 2018 à Marseille

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1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 22:13

 

Au prochain congrès, il sera question de refondation de la gauche républicaine

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen se préoccupe sérieusement de l’avenir de la France et de son peuple. Il réfléchit aux moyens à prendre pour mettre fin aux politiques néolibérales qui sont mises en œuvre dans le cadre des directives européennes. La première condition est de faire cesser la division des forces de gauche, afin de rendre possible une alternative populaire.

Dans l’immédiat, le MRC planche sur la refondation de la gauche républicaine. Pour échanger sur ce point, ses responsables départementaux de l’Ouest de la France (de l’Aquitaine à la Normandie) étaient réunis à Saintes, samedi 29 septembre, à l’initiative de Serge Maupouet et de Michel Sorin, responsables MRC Limousin-Poitou-Charentes et des Pays de la Loire. Comme le 8 juillet 2017.

Voir (13 septembre 2018) : Le MRC 17 organise à Saintes une rencontre du MRC Ouest

De quatre heures de discussion, dont il sera fait un compte rendu, ont émergé cinq points qui concernent l’organisation du MRC :

"Les responsables régionaux, départementaux et militants présents du MRC Ouest, réunis ce 29 septembre 2018, prennent position :
1 – pour le maintien, la continuation, le développement militant et de l'action du MRC,
2 – demandent au MRC national l’organisation d’un colloque sur l’Europe, après le Congrès national du MRC ; un événement pour le MRC, le MRC dans l'Ouest et le débat sur l'Europe,
3 – constatent la nécessité de contributions thématiques nombreuses pour le Congrès afin de préciser, enrichir, actualiser nos positionnements ; afin d’y contribuer, le comité de coordination du MRC Ouest est réactivé ;
4 – demandent une formation interne renforcée et décentralisée, dont sur le positionnement concernant la monnaie européenne ;
5 – constatent à nouveau la nécessité de concilier le mouvement d’en-haut et le mouvement d’en-bas et d’assurer une animation nationale plus efficiente."

Cet article est le 3095 ème sur le blog MRC 53 - le 97ème catégorie MRC 53 et Pays de la Loire

Une partie des participants le 29 septembre 2018, lors de la réunion MRC Ouest à Saintes

Une partie des participants le 29 septembre 2018, lors de la réunion MRC Ouest à Saintes

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30 septembre 2018 7 30 /09 /septembre /2018 22:58

 

La gestion de la Commission européenne est vertement critiquée

 

André PFLIMLIN analyse la situation de la production laitière 2018 dans un texte daté du 26 septembre 2018. Il fait le point sur cette crise qu’il avait annoncée mais qui n’a pas eu lieu, en titrant « Collecte laitière européenne : de l’excédent à la «pénurie» mais toujours pas de pilote ! ».

Voir ces deux articles publiés sur le blog CiViQ les 28 et 30 septembre 2018.


 

Cet article est le 3094 ème sur le blog MRC 53 - le 453ème, catégorie AGRICULTURE et PAC

André Pflimlin, le 7 septembre 2015 à Bruxelles lors de la manifestation des éleveurs européens devant les locaux de la Commission européenne

André Pflimlin, le 7 septembre 2015 à Bruxelles lors de la manifestation des éleveurs européens devant les locaux de la Commission européenne

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26 septembre 2018 3 26 /09 /septembre /2018 22:04

 

Alimentation ultra-transformée : la DGAL appelle à anticiper les risques

 

Auditionné le 10 juillet 2018 à l'Assemblée nationale par la commission d'enquête sur l'alimentation industrielle, Patrick Dehaumont a lancé l'alerte sur les risques d'une alimentation ultratransformée. Pour le directeur général de l'alimentation (DGAL) au ministère de l'Agriculture, les doutes sur l'utilisation des auxiliaires, des additifs, des composés néoformés pourraient être comparés avec la situation des produits phytosanitaires.

Voir (Agri72, 10 juillet 2018) : Patrick Dehaumont appelle à anticiper les risques pour la santé

Cette information était reprise (édition du 20 juillet 2018) par l’hebdomadaire L’avenir agricole (Pays de la Loire).

Auditionné le 10 juillet à l’Assemblée nationale par la commission d’enquête sur l’alimentation industrielle, le patron de la Direction Générale de l’Alimentation (DGAL, Ministère de l’agriculture) Patrick Dehaumont a alerté les députés sur les risques d’une alimentation ultra-transformée.
« Il y a un champ d’investigation que l’on est en train de découvrir, et il faut s’y pencher de manière sérieuse si on ne veut pas avoir des lendemains qui déchantent », prévient-il.

Déjà, en février 2018, une étude des chercheurs de l’Inserm, de l’Inra et de l’université Paris 13, suggérait, sans pouvoir l’affirmer, un lien entre la consommation d’aliments « ultra-transformés » et un sur-risque de développer un cancer. Les chercheurs avaient eux-mêmes prévenu que les résultats devaient être considérés comme une première piste d’investigation, dans l’attente d’être confirmés dans d’autres populations d’étude.

Pour Patrick Dehaumont, les doutes liés à la multiplication des produits auxiliaires (non consommés), des additifs, des composés néoformés (produits apparaissant durant la transformation comme les acrylamides) pourraient être comparés avec la situation des produits phytosanitaires. « Nous avons une production végétale qui a pu être développée en quantité et en qualité grâce à l’usage de phytos », dit-il en rappelant que ceux-ci permettent de lutter contre des organismes nuisibles pour la plante, et parfois pour l’homme.

« Aujourd’hui, on déchante car d’autres signaux sur la santé apparaissent, avec les faibles doses, les effets cocktails, les combinatoires des effets biologiques… L’étude de l’Inserm et de l’Inra le montre bien. Dans la foulée, Patrick Dehaumont prévient. « J’ai l’impression que pour les aliments ultra-transformés, on pourrait se retrouver dans la même logique ». Quid de la « multiplication des auxiliaires,des additifs, des composés néoformés, de certains effets perturbateurs endocriniens », s’interroge Patrick Dehaumont ? « Je n’ai pas la réponse mais j’ai le sentiment qu’il qu’on se préoccupe de ces questions-là ».

Qu’est-ce qu’un aliment ultra-transformé ? L’étude conduite par l’Inserm, l’Inra et l’Université Paris 13 cite notamment les pains et brioches industriels, les barres chocolatées, les biscuits apéritifs, les sodas et boissons sucrées aromatisées, les nuggets de volaille et de poisson, les soupes instantanées, les plats cuisinés congelés ou prêts à consommer, et tous produits transformés avec avec ajout de conservateurs autres que le sel. Des colorants, émulsifiants, texturants, édulcorants et d’autres additifs, sont souvent ajoutés à ces produits.

Ce 26 septembre 2018, la presse a fait état des travaux de la Commission d'enquête sur l'alimentation industrielle. Voir (Le Monde, Pascale Santi) : Un rapport sur l’alimentation

Loïc Prud'homme, président de la Commission chargée d’enquêter sur l’alimentation industrielle (qualité nutritionnelle, rôle dans l’émergence de pathologies chroniques, impact social et environnemental de sa provenance) s’est exprimé sur la radio de service public. Après six mois de travail et une quarantaine d’auditions, la commission devait voter son rapport ce 26 septembre à l’Assemblée nationale. Additifs, aliments trop sucrés, trop salés, transformés sont dans la ligne de mire de cette commission, constituée à la demande du groupe de La France Insoumise (LFI).

Le rapport présente des pistes pour une alimentation plus saine, inciter le secteur agroalimentaire à mettre moins de sel, de gras, de sucre et d’additifs dans ses produits, et éduquer les enfants à bien manger.

Dès le 6 juin 2018, sur le site Nouvelobs.com, Anne Crignon expliquait Pourquoi il faut dire halte aux aliments ultra-transformés.

Chercheur en alimentation préventive nutritionnelle à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), Anthony Fardet était invité ce mercredi à l’Assemblée dans le cadre d'une commission d’enquête dirigée par Loïc Prud’homme. Cette commission va évaluer les travaux du chercheur sur les aliments ultra-transformés et leur rôle éventuel dans la survenue de plus en plus massive de maladies graves et chroniques - obésité, diabète, certains cancers.

Les parlementaires ont découvert les travaux de ce chercheur en janvier dernier à l’occasion d'un entretien à "BibliObs", suite à la parution de son livre "Halte aux aliments ultra-transformés". Une interview vidéo mise en ligne peu après a été vue 4,6 millions de fois sur Facebook. Le signe que les aliments ultra-transformés, déversés dans nos supermarchés depuis les années 80 et plébiscités jusqu’à remplacer peu à peu l’alimentation traditionnelle, suscitent le plus vif intérêt.

Dans Halte aux aliments ultra transformés ! Mangeons vrai, Anthony Fardet détaille la classification NOVA, qui ne tient pas compte des valeurs nutritionnelles mais du degré de transformation des aliments.

Les préconisations d’Anthony Fardet dans son livre :

  •  Réviser les recommandations nutritionnelles à la population française.

  •  Abandonner l’étiquetage nutritionnel Nutri-Score, non validé scientifiquement, pour un étiquetage beaucoup plus simple et beaucoup plus efficace basé sur le degré de transformation des aliments.

  • Encourager les industriels à proposer des aliments peu transformés, avec moins d’additifs.

     

    Cet article est le 3093 ème sur le blog MRC 53 - le 76ème dans la catégorie République Parlement

Patrick Dehaumont, actuel directeur général de l'alimentation (capture image 2010)

Patrick Dehaumont, actuel directeur général de l'alimentation (capture image 2010)

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25 septembre 2018 2 25 /09 /septembre /2018 22:50

 

Deux coopératives impactées, Maîtres Laitiers du Cotentin et Sodiaal

 

André Pflimlin observait, en 2015, que les éleveurs laitiers bretons s’étaient enflammés pour la conquête du marché laitier chinois et voulaient augmenter leur production, ce qui inquiétait l’observateur. Voir (blog CiViQ, 7 août 2015) : André Pflimlin et la guerre laitière

Voir aussi (blog CiViQ, 25 janvier 2018) : André Pflimlin : une nouvelle crise laitière

 

Durant cet été 2018, c’est l’inquiétude qui a submergé la Bretagne laitière. Voir L'usine de lait Synutra à Carhaix dans la tourmente. Véronique Le Floc’h, secrétaire générale de la Coordination Rurale, alertait le ministre de l’agriculture. Voir (27 août 2018) : Sodiaal-Synutra : attention, danger !

L’espoir lié à l’implantation de l’usine chinoise Synutra à Carhaix (Finistère), qui produit du lait infantile depuis 2016, se transforme en cauchemar. Voir (Ouest-France, 24 août 2018) :

Pour satisfaire le boom du lait infantile en Chine, les usines ont fleuri dans l’Ouest. Mais chez Sodiaal et les Maîtres Laitiers du Cotentin, le rêve vire au cauchemar.

Tous aux abris ! Les signes de difficultés rencontrées par Synutra, le partenaire chinois de deux des plus grosses coopératives présentes dans l’Ouest, se multiplient. Et de l’usine Synutra de Carhaix (Finistère) à celle des Maîtres Laitiers du Cotentin (MLC) à Méautis, dans la Manche, la consigne se répand d’observer le silence radio.

Pourtant, à coups de dizaines de millions d’euros d’impayés, Synutra est en train d’assombrir les perspectives de ce qui devait être l’eldorado du lait pour bébés chinois.

Sodiaal, tout d’abord. Le géant coopératif (5 milliards de chiffre d’affaires, 11 800 agriculteurs adhérents et 9 100 salariés), présidé par Damien Lacombe, n’a investi qu’à la marge dans l’usine de production de poudre de lait de Carhaix. Celle-ci, qui a coûté presque 200 millions d'euros, a été inaugurée en septembre 2016. Et c'est bien Synutra, qui s'est endettée pour la financer.

« Ça suffit ! »

De source proche du dossier, Sodiaal serait victime d'impayés, pour le lait livré, à hauteur de plus de 30 millions d'euros. Ceci motivant des tractations actuellement en cours, par lesquelles la coopérative récupèrerait sa mise sous forme de parts dans l'usine.

Les derniers comptes de Synutra France, fin mars 2017, font état de dettes fournisseurs de plus de 38 millions, d'une faible rentabilité opérationnelle ne permettant pas de faire face aux emprunts.

Synutra et Sodiaal ont d'un commun accord réduit de moitié les livraisons de lait à l'usine de Carhaix à compter de septembre 2017. Le nombre d'éleveurs mobilisés en Bretagne pour l'alimenter est donc passé de 700 à 350. Depuis un an, la situation financière de Synutra en France a donc difficilement pu s'améliorer.

Difficulté commerciale sur le marché chinois ou de mise au point de l'usine finistérienne ? Les deux peuvent être liées tant les autorités chinoises sont sourcilleuses sur la qualité des produits et donc les agréments qui leur ouvrent la porte du fabuleux marché chinois.

« L'usine de Carhaix est un prototype, commente un éleveur adhérent, une raffinerie qui pousse très loin le cracking de la molécule de lait. Les dirigeants s'attendaient à dix-huit mois de rodage et de réglages avant qu'elle soit pleinement opérationnelle. Mais des problèmes techniques ont pu altérer les caractéristiques du produit final. »

Le dirigeant de Synutra France, Christian Mazuray, ancien dirigeant d'Entremont lorsqu'il a été repris par la coopérative, n'a pu être joint en dépit de nombreuses tentatives.

Du côté des éleveurs, Jean-Paul Prigent, président de la région Bretagne Ouest chez Sodiaal, annonce : « Nous communiquerons mercredi concernant le rapprochement entre Sodiaal et Synutra. Pas de commentaire à faire pour l'instant. Rien n'est signé, rien n'est contractualisé donc on ne peut rien dire. »

La perspective d'une transformation des dettes de Synutra en parts dans l'usine fait bondir la secrétaire générale de la Coordination rurale, Véronique Le Floc'h, connue pour sa vision critique de la gouvernance de Sodiaal « Depuis plusieurs années, on fait croire aux producteurs que perdre des plumes dans un projet, c'est normal, s'indigne la secrétaire générale de la CR. Pour nous, il est important d'alerter, de dire à tout le monde que ça suffit ! »

 

Lire aussi :

- (Ouest-France, 31 août 2018, Xavier Bonnardel) : Sodiaal confirme vouloir racheter l'usine géante de Synutra

- (Actu.fr, 14 septembre 2018) : Sodiaal va reprendre l'usine Synutra à Carhaix

- (Revue Laitière Française, 25 septembre 2018) : MLC et Sodiaal réagissent face au séengagement de Synutra

 

Cet article est le 3092 ème sur le blog MRC 53 - le 452ème, catégorie AGRICULTURE et PAC

Véronique Le Floc'h, le 1er mars 2016 lors d'un débat sur la crise laitière au Salon de l'agriculture

Véronique Le Floc'h, le 1er mars 2016 lors d'un débat sur la crise laitière au Salon de l'agriculture

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24 septembre 2018 1 24 /09 /septembre /2018 21:33

 

Le commissaire à l’agriculture Phil Hogan sera-t-il le fossoyeur de la PAC ?

 

En agriculture, les décisions sont prises au niveau européen. Voir (Wikipédia) Politique agricole commune. Cette PAC a été dévitalisée par les nombreuses réformes libérales adoptées par les ministres de l’agriculture depuis le début des années 1990.
Voir l’historique de la PAC et des propositions de réorientation (1er mars 2005) : Pour une nouvelle PAC - Michel Sorin

Autres articles permettant de comprendre l’évolution de la PAC et de l’agriculture :

- (12 juillet 2008) : Michel Sorin (MRC) : une nouvelle politique agricole et alimentaire

- (13 octobre 2014) : Lycée agricole Laval : 50 ans d'agriculture mayennaise (4) par M Sorin

- (26 janvier 2016) : Agriculture, élevage, alimentation, pour la France, l'Europe, le monde

- (30 avril 2016) : Rapport Eric Andrieu (PE) : la PAC a eu un impact négatif sur l'emploi

- (8 septembre 2017) : Les éleveurs laitiers européens veulent une réforme de la PAC

 
Récemment (13 juillet 2018), André Thomas a fait le point dans le quotidien Ouest-France sur l’importance de la PAC pour les paysans français et les conséquences des pourparlers engagés en vue de l’adoption du budget de la PAC à partir de 2021. La position de la Commission européenne est critiquée par la majorité des eurodéputés français. Voir

Sur les bancs du Parlement européen, étonnante communauté de vue entre eurodéputés, qu’ils soient de droite, de gauche ou écologistes. Pour tous, la Commission fait fausse route.

Pour les 453 100 agriculteurs français, comme pour les 10,4 autres paysans des 28 Etats membres, l’Europe, c’est du concret. Des règles environnementales à respecter. Des formulaires à remplir. Des marchés qui s’ouvrent à l’export (comme récemment vers le Japon et la Turquie, bientôt vers la Chine ) ou des importations qui menacent (viande bovine du Canada, peut-être d’Amérique du sud). Et des subventions : 8 milliards par an, qui complètent les 5 milliards venant de la France (surtout sous forme d’allègements de charges).

Essentiel pour 60 % des fermes

Cela peut paraître élevé pour un secteur qui génère pour 70 milliards de chiffre d’affaires. Ce soutien - en moyenne de 32 000 euros par an et par exploitation - ne suffit à assurer la prospérité des exploitations françaises : sans aides, 60 % d’entre elles auraient généré des pertes en 2016.

La donne risque de changer, à la baisse. La politique agricole commune (Pac) actuelle arrive à échéance au 31 décembre 2020. Il faut préparer la suivante, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2021 et durera 7 ans jusqu’au 31 décembre 2027. Logique, il en va de même du budget de l’Union européenne tout court, le Cadre financier pluriannuel (CFP), où l’on pioche celui de la Pac. Le CFP était, ces 7 dernières années, de presque 960 milliards, soit 142 en moyenne par an. La Pac y prélève 363 milliards sur 7 ans, soit environ 51 milliards par an.

Budget et Parlement pas synchro

Mais les rouages de l’Europe ne tournent pas tous à la même vitesse. Dans un peu plus d’un an, en mai 2019, on votera pour un nouveau Parlement européen, qui désignera une nouvelle Commission. Ces nouveaux eurodéputés, ces nouveaux commissaires et le successeur de l’actuel président de la Commission Jean-Claude Juncker, auraient 18 mois pour mettre au point un nouveau CFP et une nouvelle Pac. Et pourraient logiquement, durant le temps de leur propre mandat - 5 ans - mettre en cohérence leur politique avec leur budget.

Mais Jean-Claude Juncker met les bouchées doubles pour boucler un budget avant la fin de la mandature en cours. Concrètement, pour fin mars. Et son commissaire à l’Agriculture, l’Irlandais Phil Hogan fait de même pour la politique agricole commune. Là encore, c’est logique : la Pac, première dépense de l’Union européenne, consomme 37,8 % du budget de l’Europe. Peu importe que les recettes de l’Europe puissent varier de plus ou moins 10 milliards par an - ce que ne versera plus le Royaume-Uni - en fonction du type de Brexit qui sera tranché en octobre.

Budget en baisse

Du côté des Français, on s’inquiète. La France, première puissance agricole d’Europe, est aussi la première bénéficiaire de la Pac. La proposition de budget de Jean-Paul Juncker, à l’identique du budget antérieur, revient, avec l’inflation à venir, à des coupes de 17 % dans les aides agricoles. Pour les préserver tout en finançant de nouvelles missions (sécurité notamment), il faudrait faire passer de 1 à 1,3 % ce que l’Union prélève sur les richesses produites par les États membres. La Commission, le Parlement, les chefs d’Etats - par ailleurs sollicités pour rehausser leurs dépenses militaires au sein de l’Otan - sont condamnés à trouver un accord. Pas gagné.

 

Pour la suite de l’article, voir L'Europe va-t-elle bâcler sa politique agricole

 

- José Bové : "Introduire l'agriculture dans le Gatt a été une erreur historique"

- Eric Andrieu : « le marché ne régule pas les problèmes agricoles »

- Michel Dantin : « un déni démocratique »

- Michèle Rivasi : « libéralisme forcené et mondialisation sont incompatibles avec le bien des paysans et des consommateurs »

 

Cet article est le 3091 ème sur le blog MRC 53 - le 451ème, catégorie AGRICULTURE et PAC

La politique agricole commune européenne (PAC), monument en péril
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23 septembre 2018 7 23 /09 /septembre /2018 13:21

 

Les produits agricoles comptent peu dans les dépenses alimentaires

 

Au chevet de l’agriculture. Après l’article publié le 22 septembre (voir En souffrance, l'agriculture française produit plus pour gagner moins), voici des informations précisant la nature du mal profond qui ronge le moral des paysans. Voir, sur le site du ministère de l’agriculture (19 juin 2018) : Présentation du rapport 2018 de l'Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires

Rappel :

- l’exposé du directeur de cet Observatoire - voir (7 décembre 2017) L'association MARS pour des prix agricoles durablement plus élevés

- la publication des prix de revient du lait par l’organisation européenne d’éleveurs laitiers EMB (European Milk Board) - 9 mars 2018 : EMB la réalité des prix de revient du lait

- (MRC, 12 mars 2018) : Michel Sorin fait le point sur l'agriculture

 

Le quotidien régional Ouest-France a publié, le 20 juin 2018, un article de Nicole Ouvrard, directrice des rédactions de Réussir et Agrapresse, qui résume bien les travaux de l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires.

L’agriculture travaille officiellement à perte

Les chiffres sont têtus, surtout lorsqu’ils sortent de l’Observatoire de formation des prix et marges. La plupart des productions ne payent pas les paysans.

Un exemple criant : « Depuis que l’observatoire existe, jamais les prix de vente n’ont couvert les coûts de production en élevage spécialisé de bovins viande ». C’est le constat amer qu’a fait Philippe Chalmin, président de l’Observatoire de formation des prix et des marges, qui a présenté, hier, son rapport annuel*. Et cela fait huit ans que l’observatoire existe. Ainsi, pour 2017, l’observatoire a calculé des recettes de 231 € pour 100 kg de bovin vif (y compris subventions) alors que les coûts de production sont évalués à 249 €.

Qu’en est-il pour les autres productions ? Guère mieux. « On ne couvre pas la réalité des coûts de production », notamment en bovin lait, ovin et blé tendre, même si la rémunération s’est améliorée en 2017 par rapport à l’année précédente.

En exploitation laitière spécialisée en plaine (cas dans l’Ouest), les recettes ramenées à 1000 litres de lait sont de 450 € (vente du lait, des veaux, des vaches de réforme et aides). C’est mieux qu’en 2016, où ces recettes n’étaient que de 412 €. Mais c’est en-dessous des coûts de production, à 458 € en 2017 et 456 € en 2016. Précisons que ceux-ci incluent une rémunération de l’éleveur à l’équivalent de deux fois le smic brut, qui n’est pas toujours versée.

Pour 100 € d’alimentation, 6,5 pour les paysans

Dans le blé tendre, le même calcul permet d’observer un profit net de 20 à 38 € la tonne en 2010, 2011 et 2012, puis une dégringolade pour arriver à une perte nette de 7 € la tonne l’an dernier et le désastre de 2016 (60 € de perte la tonne) due à la météo.

Seule une filière réalise des marges nettes positives en 2017 : la filière porcine, « en dépit de périodes où le prix du porc n’a pas été suffisant »,temporise l’économiste. Sur l’année 2017, le coût de production moyen a été de 1,40 € pour un prix de vente de 1,55 €.

Philippe Chalmin s’est félicité que le travail de l’observatoire ait permis d’éclairer le débat sur le juste équilibre de la répartition de la valeur entre agriculteurs, industriels et distributeurs, tel qu’il est posé dans le projet de loi Agriculture et alimentation, en débat au Sénat à partir du 26 juin. La loi vise notamment à inverser la construction des prix des produits agricoles en partant des coûts de production plutôt qu’en partant des prix à la consommation.

Le travail de l’observatoire rappelle que l’agriculture ne pèse plus grand-chose dans le prix final d’un produit alimentaire. Ainsi pour 100 € de dépenses alimentaires, la valeur ajoutée induite dans l’agriculture n’est que de 6,50 €, contre 11,90 € pour les industries agroalimentaires, 15,40 € pour le commerce et même 14,40:€ pour les services. Sans compter les importations qui pèsent 25,10 €. Finalement, « on mange de moins en moins de produits agricoles et deplus en plus de services », constate Philippe Chalmin.

Cet article est le 3090 ème sur le blog MRC 53 - le 450ème, catégorie AGRICULTURE et PAC

et le 441ème paru sur le blog CiViQ - le 156 ème en catégorie Agriculture Alimentation

En France, l'agriculture ne rémunère pas correctement ses paysans
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22 septembre 2018 6 22 /09 /septembre /2018 18:23

 

Des évolutions très inquiétantes de la valeur ajoutée agricole, plus volatile

 

Les chiffres globaux 2017 de l’agriculture française ont été publiés en juillet 2018. On retrouve l’essentiel dans un article publié par le quotidien régional Ouest-France (édition du 7-8 juillet) sous la signature de André Thomas. Ames sensibles, s’abstenir.

 

On assiste à une dégradation de la valeur ajoutée, partagée par des agriculteurs de moins en moins nombreux. Avec des crises de toutes causes qui se multiplient. Stagnation, voire baisse, de la valeur ajoutée globale, aucune croissance depuis 2000. Pour la première fois depuis 40 ans, la France importe plus de produits agricoles qu’elle n’en exporte. On s’alarmerait à moins.

 

L’agriculture française s’est requinquée en 2017, au regard d’une mauvaise année 2016. Mais sur la durée, certains indicateurs sont très inquiétants.

Subventions comprises, la valeur ajoutée brute (écart entre le chiffre d’affaires et le coût des engrais, pesticides, etc.), par emploi agricole, a grimpé de 8,6 % en 2017. Mais c’est une maigre satisfaction : l’année d’avant avait été si basse (crise du lait et mauvaise récolte de céréales due à la météo) que les chiffres ne pouvaient que remonter.

De plus, si la part de gâteau augmente un peu pour chacune des fermes françaises, c’est qu’elles sont chaque années moins nombreuses : 437 000 au dernier recensement, c’est 11 % de moins qu’en 2010.

Cependant, au delà de ce léger mieux, d’autres chiffres n’inspirent pas l’optimisme. Le graphisme ci-dessus illustre d’une part une énorme volatilité de la valeur ajoutée dans l’agriculture, qui subit régulièrement des crises (cours, météo, embargo, épidémies, etc) équivalentes à celle de l’effondrement des marchés de 2008.

Autre fait marquant, l’interminable stagnation, voir la baisse, de cette valeur ajoutée du secteur agricole. Pendant que l’agriculture ne connaissait aucune croissance depuis 2000, celle de l’économie française dans son ensemble était de 25 % sur 17 ans.

 

Produire plus pour gagner moins

 

Au moins n’est-elle plus en décroissance, comme ce fut le cas dans les décennies précédentes : on comptait de 50 milliards de valeur ajoutée dans les années 1970 (en euros constants) contre une trentaine de milliards depuis les années 2000.L’agriculture française a pourtant produit plus entre 1970 et les années 1990. Mais les prix, eux, ont chuté de quasiment 60 % entre 1970 et 1995, sans décoller vraiment depuis lors. Cela s’appelle produire plus pour gagner moins.

Autre voyant au rouge : cela fait quatre ans que les investissements sont en baisse (9,7 milliards en 2017). Les incertitudes sur le cours du lait, de la viande, les assauts des importations, les aléas météo sur le vignoble et les céréales, pèsent de tout leur poids. Signe des temps, pour la première fois depuis 40 ans, les importations de produits agricoles en France (fruits et légumes, porc d’Espagne, volailles de Pologne, soja d’Amérique du sud, etc.) sont supérieures aux exportations et ce, de 500 millions d’euros.

Les produits transformés - nos fameux fromages, vins et alcools en particulier - valent encore à la France un excédent commercial de 5,6 milliards sur l’agroalimentaire. Mais en 2012, l’agriculture à elle seule faisait plus du double.

 

Cet article est le 3089 ème sur le blog MRC 53 - le 449ème, catégorie AGRICULTURE et PAC

Cet article est le 440ème paru sur le blog CiViQ - le 155ème en catégorie Agriculture Alimentation

En souffrance, l'agriculture française produit plus pour gagner moins
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