Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
  • Contact

Texte libre

Recherche

Courriel

 

 

 

 

Articles RÉCents

29 novembre 2018 4 29 /11 /novembre /2018 23:44

 

Les gouvernants français sont sourds devant la colère des manifestants

 
Le mouvement des Gilets jaunes est issu de l’entêtement des dirigeants politiques français et européens à maintenir des politiques d’austérité économique. Cela est bien expliqué par Bruno Moschetto, responsable des questions économiques au Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), dans le texte publié sur le site du MRC le 26 novembre 2018. Voir aussi une vidéo de Xerfi Canal (10 octobre 2017) : Crises financières et régulations bancaires.

Austérité économique et crise financière

L'austérité économique est une dure réalité alors qu'une nouvelle crise financière est plus qu'une probabilité. D’ailleurs celle-là risque d’appeler celle-ci. D’où la nécessité de réduire l’une pour évacuer l’autre.   
L'austérité économique ne date pas d'hier. Elle est apparue progressivement après l'épuisement du long fleuve tranquille des trente glorieuses et l’aboutissement de la longue marche vers la monnaie unique. Depuis trente ans, la France comme nombreuses de ses pareilles vit dans un contexte de désinflation compétitive. Certes celle-ci a réussi puisque les taux d'inflation et par là d'intérêt, sont devenus quasi nuls, voire négatifs.  
Mais chacun sait que la prospérité économique s'extériorise par la population en quasi plein emploi et les prix à la consommation légèrement orientés à la hausse. Nous sommes bien loin et même très loin de ce contexte. D'où une érosion régulière des revenus des ménages dont la contraction a déclenché le mouvement des gilets jaunes, nos sans culottes d'aujourd'hui. La hausse des taxes sur les carburants n’est qu’un épiphénomène et un révélateur de la profondeur du malaise social.  Il est grand temps d'adopter une politique économique réaliste de nature à tempérer la colère des manifestants et d’améliorer leur pouvoir économique de vivre. 
D’ailleurs l’irruption soudaine et brutale des revendications des gilets jaunes, cette crise de nature tout à fait nouvelle -atomisée et disséminée par les réseaux sociaux et véhiculée par les téléphones mobiles- a tétanisé le gouvernement ainsi que l’avait fait en Mai 68 la conjugaison des mouvements étudiants et ouvriers. Mais à l’époque la réponse du gouvernement fut immédiate et déboucha sur les Accords de Grenelle, à concertation tripartite sous l’animation de Georges Pompidou lesquels se traduisirent par une augmentation de tous les revenus et en particulier du SMIC de 30%. Une telle relance ouvrait une période de prospérité d'une quinzaine d'années jusqu’à l'ouverture de tous les facteurs de production, capital et travail, à la mondialisation lors du tournant libéral de 1983.  
A l’heure actuelle il se révèle important d’avoir un œil critique sur la notion de pouvoir d’achat qui relève de la seule économie de marché. Pour acheter il faut disposer d’avoirs monétaires -en poche ou en compte- utilisables sur les marchés des biens et des services. Pour les plus modestes d’entre nous, ce n’est malheureusement pas le cas.  Les ressources non monétaires nécessaires pour vivre ne peuvent provenir que des prestations sociales : chômage, santé et retraites, opportunément financées par les prélèvements obligatoires alors que leur contraction est régulièrement réclamée. Une telle réduction des services publics -par définition non marchands- ne fait qu’ajouter la crise à la crise.  
L’augmentation des revenus directs ou de transferts entraînerait un retournement de ce cycle déflationniste et permettrait ainsi le financement de l'économie réelle, vocation première des banques commerciales.  Cela nécessite le retour à une inflation maîtrisée après laquelle court désespérément Mario Draghi, en dépit des conseils que lui avait prodigués il y a une demi-douzaine d’années, l'économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), Olivier Blanchard, pour lequel le taux d'inflation cible devait être porté de 2% à 4,5 %. La pratique d’une politique de bas taux d’intérêt n’a pas entraîné une relance de la demande de consommation et par là d’investissement. Notre corps économique se situe dans un état d’encéphalogramme plat.   
Une inflation significative appelant des hauts taux d’intérêt tirerait l'économie vers le haut et notamment la masse salariale et impliquerait naturellement d'abandonner, ne fut-ce que pour deux ou trois semestres, une politique trentenaire de l'offre et de la remplacer temporairement par une politique de la demande à fondement keynésien. L’adoption d’une telle « autre » politique nécessite le rejet absolu des contraintes européennes issues de Maastricht, c’est-à-dire le triple fixisme cambiaire, monétaire et budgétaire et de jeter celles-ci momentanément à la rivière. Une telle politique répondrait à un premier impératif : sacrifier la monnaie pour sauver l'économie. 
Une crise financière, pour l'instant seulement potentielle, pourrait apparaître rapidement au coin de la rue et ce dans des contextes nationaux différents. D’abord un foyer de crise pourrait survenir en Italie où les banques commerciales – en particulier la plus ancienne d’entre-elles la Monte di Paschi di Sienna - ont financé l'austérité économique par des crédits qui se sont transformés en créances compromises et dont le montant se situerait à plus de 350 milliards d'euros. Un tel chiffre donne le vertige compte tenu de la modestie des fonds de sauvetage des banques, qu’ils soient italiens ou européens. Après la Grèce, l'Italie aurait à connaître des plans significatifs de financement des pertes bancaires par l’État c’est-à-dire par le contribuable, avant qu'un tel schéma ne touche la France par contagion due à l'interconnexion des banques européennes et mondiales entre elles. Cela serait la réalisation de l’hypothèse du fameux risque systémique.   
Le second foyer de crise financière se situerait au sein des banques allemandes notamment régionales à vocation mutualiste et surtout la Deutsche Bank, la première des banques commerciales à rayonnement international, lesquelles ne pourraient faire face à un risque de liquidité et de solvabilité dû au fait que les activités de marché n'ont pas été séparées des activités bancaires. En effet, la directive Barnier dont c'était la finalité, a été bloquée par les lobbies bancaires - allemands et français - défenseurs inconscients du modèle des soi-disant banques universelles qui sont aussi des banques d’investissement et surtout des banques de marché. En effet, l’on sait que ce sont les pertes nées des opérations de marché qui ont conduit il y a dix ans les plus grandes banques mondiales, notamment aux États-Unis, au Royaume Uni, à la faillite ou à leur nationalisation.   
En filigrane, après la série d’ajustements austéritaires, apparaît la nécessité d’adopter   un deuxième impératif : transformer la monnaie unique en monnaie commune ainsi que le préconise depuis plus d’un septennat le MRC dont la martingale gagnante a été reprise par le prix Nobel d’économie, Josef Stiglitz dans son dernier ouvrage de 2016 : « L’euro menace l’Europe »   
Il appartient à nos dirigeants de prendre la mesure de la réalité de l'austérité générale imposée aux populations, et d'adopter une politique de relance de la croissance qui s'impose afin d'inverser cette tendance mortifère, avant que l'éclatement des crises financières en Italie et en Allemagne n’entraîne tout vers le chaos. Pour l’instant en guise de réponse, nos dirigeants, sourds à la colère des manifestants, affirment qu’ils maintiendront le cap, qu’ils ne changeront pas de politique à court terme et choisissant de pérenniser la disette, menace la sauvegarde de la planète à long terme. Ce sont les conséquences d’un tel arbitrage qui sont difficilement admissibles par un grand nombre de citoyens.   
Face à un tel « non » à tout changement de politique, il appartiendra au pays réel (le peuple) de changer le pays légal (ses représentants). 

Cet article est le 3 117 ème sur le blog MRC 53 - le 147ème catégorie Travail Economie

Les Gilets jaunes, le 17 novembre 2018, au rond-point du Châtelier, à Saint-Berthevin (entrée de l'agglomération de Laval en Mayenne)

Les Gilets jaunes, le 17 novembre 2018, au rond-point du Châtelier, à Saint-Berthevin (entrée de l'agglomération de Laval en Mayenne)

Partager cet article
Repost0
25 novembre 2018 7 25 /11 /novembre /2018 23:26

 

Ne mettez pas tous les politiques dans le même sac, certains ont alerté

 

Après plusieurs visites sur le site du rond-point du Châtelier à Saint-Berthevin (Mayenne) où les Gilets jaunes ont établi un de leurs campements, je puis affirmer que ce mouvement social est représentatif de la colère qui envahit beaucoup parmi nos compatriotes à l’égard de leurs gouvernants nationaux.

Voir cet article du blog MRC 53, publié le 19 novembre 2018 après la mobilisation réussie du samedi précédent, sous le titre : Les Gilets jaunes pourraient faire converger les électorats populaires.
 

Le comité de la Manche du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), par l’intermédiaire de son responsable, Jacques Declosmenil*, a un message politique à adresser aux manifestants. Le voici.

 

AUX GILETS JAUNES ET A CEUX QUI LES SOUTIENNENT

Le MRC a salué la légitimité de votre mouvement de rébellion "d'en bas" qui peut devenir un acteur significatif durable de la vie sociale (Cf. communiqué de presse du 19 novembre – voir Réflexions du comité MRC 50 relatives au mouvement des Gilets jaunes et, au niveau national, GILETS JAUNES : LE GOUVERNEMENT DOIT CESSER DE MÉPRISER LES FRANÇAIS !).

Ce mouvement est toutefois menacé par la récupération de la droite et de l’extrême droite. Il s'affiche aussi comme rejetant sans nuance le monde politique et notamment la gauche traditionnelle accusée de ne rien comprendre aux préoccupations des gens simples. Une stratégie politique claire fait défaut et vous renvoie vers une forme de "jacquerie ".

Face à un discours qui met tout le monde dans le même panier, nous tenons à affirmer que certains sont bien davantage coupables et responsables que d'autres. En effet, de longue date, le MRC a affirmé que la souveraineté populaire doit être être défendue, que l'économie de production doit être libérée de la rapacité de la finance mondialisée, que les services publics sont une identité positive pour la France et que la fracture territoriale de la République est insupportable...

Sur les préoccupations des gens simples, nous renvoyons à la profession de foi du candidat MRC aux élections législatives de juin 2017 dans la 1ére circonscription de la Manche qui, indiscutablement, portait la parole du peuple : " Tous les mêmes, tous pourris, avec ma retraite je ne m'en sors plus, j'ai peur de ne plus pouvoir assurer l'éducation de mes enfants, au travail c’est subir et se taire, je n'arrive plus à me soigner correctement..." Cette réalité nous la vivons, nous la connaissons et nous proposions des solutions :" Taxer les profits des grands groupes, des banques, des multinationales et pas les salariés, lutter contre la fraude et l'optimisation fiscale, limiter l’action des lobbys, plan de santé en faveur des hôpitaux publics..."

Des partis politiques ayant une colonne vertébrale culturelle et historique ont compris et alerté quand d'autres soutenaient la mondialisation heureuse et promettaient l'Europe sociale. Cette alerte, le MRC l'a sonnée bien avant la montée des idées des extrême-droites. Nous n'avons donc pas à être mis au banc des accusés. Nous sommes fiers de nos engagements et de nos combats. Malheureusement nos idées n'ont donc pas eu d'écho au sein de la société et dans la sphère médiatique, qui est un support incontournable pour s'adresser aux citoyens. Les électeurs ont préféré les partis ralliés au libéralisme, l’abstention ou les extrêmes, avec les conséquences que nous vivons. Nous disions la vérité et nous devions être exécutés.

Nous sommes donc légitimes pour vous dire que fonder votre action sur la volonté d'agir sans les organisations politiques et syndicales et parfois contre elles est un chemin dangereux.

La victoire ne sera possible que si votre mobilisation ne rejette pas ceux qui, depuis toujours, ont résisté, ont été les acteurs des luttes et à qui nous devons un modèle social qui ne saurait être piétiné. Demain, pour faire fructifier leur héritage, toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans l'action des "gilets jaunes" auront besoin des syndicats et des organisations politiques qui ont toujours dit la vérité au peuple.

Ensemble, nous devons prendre en main notre destin, pour changer le présent et l'avenir, pour créer de nouvelles formes d'expression démocratique et de contestation. Ne pas créer de nouveaux clivages : corps intermédiaires contre le peuple, écologie punitive contre les automobilistes, métropoles contre le péri-urbain, populations défavorisées française et immigrés... et les dépasser est vital. C'est indispensable pour aller ensemble vers un nouveau développement réconciliant Homme et Nature, pour construire un rapport de force mettant un terme à une Europe écrasée par le totalitarisme du marché, à l'injustice fiscale, à la domination de la finance, au sentiment d'abandon, au chômage et aux atteintes au pouvoir d'achat.

Ensemble, soyons fermes sur des valeurs et des principes et rassemblons tous nos compatriotes qui considèrent que l'accomplissement de la République a besoin de citoyens éclairés refusant la fatalité de l'injustice sociale et la domination des conservatismes de tous bords.
 

* Voir (28 janvier 2012) : Saint-Lô (Manche) : itinéraire de Jacques Declosmenil, militant sincère
 

Cet article est le 3 116 ème sur le blog MRC 53 - le 154ème dans la catégorie France et Europe

Le 17 novembre 2018, au rond-point du Châtelier, qui marque l'entrée de l'agglo de Laval en venant de Rennes

Le 17 novembre 2018, au rond-point du Châtelier, qui marque l'entrée de l'agglo de Laval en venant de Rennes

Partager cet article
Repost0
20 novembre 2018 2 20 /11 /novembre /2018 23:41

 

Comment structurer la mobilisation populaire et élargir les enjeux ?

 

Après la mobilisation réussie du 17 novembre 2018 - voir Les Gilets jaunes pourraient faire converger les électorats populaires - les « Gilets jaunes » ne désarment pas. Moins nombreux, ils continuent leur présence active dans les rond-points des périphéries des villes et villages, comme je l’ai constaté ce 20 novembre à Saint-Berthevin à l’entrée ouest de l’agglomération de Laval, en Mayenne.

Je leur ai posé la question « Et maintenant, qu’allez-vous faire ? ». La réponse n’est pas évidente. Voici les réflexions du comité de la Manche du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), qui m’a été transmise par son responsable, Jacques Declosmenil. Voir (28 janvier 2012) : Saint-Lô (Manche) : itinéraire de Jacques Declosmenil, militant sincère.
 

 

 

ET MAINTENANT ?

Le prix des carburants et les taxes sont l’élément déclencheur d'un mouvement de contestation générale dont la lame de fond est la colère populaire en réponse à la politique fiscale menée par le gouvernement, marquée du sceau de l'injustice : alors que pouvoir d'achat du plus grand nombre est menacé, sur 5 ans les plus riches économiseront 25 milliards d'euros !

Concernant le carburant, les mesures de compensation annoncées devraient s'élever à 500 millions d'euros alors que la nouvelle hausse des taxes sur le gazole rapportera 2,25 milliards d'euros en 2019! Il y a aussi une grogne face au sentiment d'un abandon de la France péri-urbaine.

Pour beaucoup de nos concitoyens, la voiture est le seul moyen de transport à leur disposition pour se rendre au travail. La légitimité du mouvement de rébellion, claque à l'hyper-individualisme, ne saurait donc être contestée au nom d'une écologie fondée sur une "fiscalité verte".

Une véritable transition écologique ce serait :

- investir dans les infrastructures de transport public, seule réelle alternative à la voiture ;

- taxer les transports aériens, maritimes, les poids lourds et autocars qui consomment beaucoup plus de kérosène et de diesel que les automobiles ;

- conforter le fret ferroviaire ;

-préserver les services publics de proximité ;

-investir dans le logement pour que l'offre soit plus proche des lieux de travail...

On ne peut pas culpabiliser le peuple indéfiniment.

 

Et maintenant, comment structurer la mobilisation populaire et élargir les enjeux ?

La citoyenneté ne va pas sans abnégation parce qu'elle implique la préférence pour le bien collectif par rapport à l’intérêt individuel. Il revient à la gauche avec le peuple de rappeler que le ressort de la citoyenneté c'est l'exercice de la souveraineté et donc l'action politique. Celle-ci doit former le citoyen à juger ce qu'est l’intérêt général en prenant appui sur sa capacité à raisonner.

Il lui revient aussi de souligner que l'agression subie par les gens modestes qui vivent de leur travail et les retraités a pour cause la course effrénée à la rentabilité financière inscrite dans la mondialisation libérale.

Les "gilets jaunes" doivent avoir bien conscience que le combat pour changer et parvenir à une juste répartition des richesses est un chantier immense. Une mobilisation forte et durable est indispensable pour inverser les politiques d'austérité imposées par les directives européennes, les banques, les multinationales et les grands groupes privilégiant les actionnaires.

 

L'Histoire nous enseigne que le bulletin de vote ne suffit pas et que le blocage des moyens de production par les syndicats est une arme essentielle pour y parvenir (1936, 1968). Sans nul doute, ceux qui ont manifesté le 17 novembre ont-ils de la défiance vis-à-vis de l'élite en général et le sentiment que la gauche politique et syndicale n'a pas été à la hauteur des enjeux. Ils ne doivent pas non plus sous-estimer les manoeuvres de l'extrême droite.

 

La République que veulent nos concitoyens, c'est le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple. La citoyenneté est à la recherche d'un nouveau souffle dont le creuset doit être l'éducation populaire.

S'agissant des luttes, le temps n'est-il pas venu que citoyens "apolitiques" révoltés, hommes et femmes insoumis, indignés ou capables de dire non, militants de syndicats, d'associations, d'organisations politiques attachés à la République et à la justice sociale, réfléchissent collectivement au développement d'actions revendicatives.

Localement des comités de base, s'appuyant sur des objectifs unitaires et progressistes et ayant pour finalité de parvenir à des convergences nationales, pourraient en être les animateurs (initiatives citoyennes, mobilisations dans les entreprises, pressions sur les élus des collectivités et sur parlementaires ...) ?
 

Cet article est le 3 115 ème sur le blog MRC 53 - le 153ème dans la catégorie France et Europe

Le 17 novembre au rond-point du Châtelier à Saint-Berthevin, entrée de Laval en venant de Rennes (Mayenne)

Le 17 novembre au rond-point du Châtelier à Saint-Berthevin, entrée de Laval en venant de Rennes (Mayenne)

Partager cet article
Repost0
19 novembre 2018 1 19 /11 /novembre /2018 14:54

 

L’impasse d’une transition écologique qui n’est ni claire ni juste

 

La colère populaire s’est propagée par Internet. Mais il y avait depuis longtemps un mécontentement à l’égard du pouvoir politique, jugé insensible à la dégradation des revenus des catégories populaires en raison de l’augmentation des dépenses obligatoires pour les transports et la fiscalité, notamment.

Voir à ce sujet les différences géographiques et sociologiques en France (Le Vent Se Lève, 7 février 2018, Oscar Bockel) : Les trois France : entre périphéries et métropoles

A côté d’une France Métropolitaine qui bénéficie de la mondialisation, coexistent deux France périphériques. La première, « hyper périphérique », cumule anomie et forte précarité. La seconde, parvient à mieux supporter la mondialisation grâce à la résistance de structures sociales fortes, et fait même preuve d’un remarquable dynamisme. On a pris l’habitude d’opposer deux France, il en existe en réalité pas deux, mais trois.

 
La fracture territoriale est prise en compte par le chercheur au CNRS, politologue, Romain Pasquier, qui s’exprimait ici avant la journée d’expression de la colère populaire le 17 novembre. Voir (France 3 Bretagne, 16 nov. 2018) : Romain Pasquier politologue à propos des Gilets jaunes

Contrepoints répondait, le 13 novembre, à la question : Mouvement du 17 novembre : où se situent politiquement les gilets jaunes

La raison principale de la mobilisation semble ne pas être une opposition politique à proprement parler mais plutôt une absence complète de confiance dans les promesses politiques formulées. Voir Contrepoints, 17 novembre, Paul Salaun : La colère des gilets jaunes, conséquence de l'enfumage politique

Le politologue Jérôme Sainte-Marie, fondateur de PollingVox, voit dans la mobilisation du 17 novembre un mouvement né à la base qui pourrait avoir une traduction politique de grande importance (FigaroVox, entretien, Guillaume Perrault, 18 novembre). Voir Les «gilets jaunes» font converger des électorats populaires jusqu’ici opposés. Extrait.

Quelles conséquences politiques et électorales peut entraîner ce mouvement ?

Rappelons un instant que l'accession au pouvoir par Emmanuel Macron s'est faite par la réconciliation d'électeurs issus du centre, de la gauche et de droite, mais que cette diversité politique s'est accompagnée d'une certaine homogénéité sociale. Il me semble que ce soit alors créé un «bloc élitaire», rassemblant l'élite proprement dite, ceux qui aspirent à en faire partie, et enfin, ceux qui lui délèguent volontiers la gestion des affaires publiques. Cette polarisation a mis en difficulté et le Parti socialiste et le parti Les Républicains, supplantés dans leur vocation gouvernementale. En face, le «bloc populaire» n'existait que sous une forme négative, partagé de manière irréconciliable entre lepénistes et mélenchonistes. L'existence de ces quatre oppositions sans aucune formule d'alliance concevable est la meilleure garantie de pérennité du macronisme. Cependant, le mouvement des «gilets jaunes» peut constituer une rupture décisive. Mobilisation surgie de la base même du pays, ignorant les identités politiques ou syndicales, elle produit sans même s'en soucier une forme de réunification sociale. De ce fait, la polarisation que tente Emmanuel Macron entre «progressistes» et «populistes» prend une dimension sociologique de plus en plus visible. Avec un bloc élitaire bien en place et représenté prioritairement par LREM et un bloc populaire en gestation, la transformation de l'ordre politique français se poursuit et s'accélère.
 

A noter la prise de position du Mouvement Républicain et Citoyen (Jean-Luc Laurent, 15 novembre) sous le titre 17 novembre, la colère est légitime et juste !

La hausse brutale et continue du prix des carburants et l'augmentation des taxes annoncée pour 2019 a entraîné un vaste mouvement d'exaspération et de colère des citoyens. Ce mouvement spontané du 17 novembre prévoit de bloquer les routes pour exiger que des mesures soient prises par le Gouvernement en faveur des automobilistes. Les réponses du gouvernement et du président de la République qui viennent d'être annoncées, ne sont pas à la hauteur du ras-le-bol qui s'exprime. 

Le prix des carburants et les taxes ne sont que l’élément déclencheur d’un mouvement de contestation générale dont la lame de fond est la colère populaire face à la politique, et principalement la politique fiscale injuste menée par le Gouvernement. Il faut rappeler que la suppression de l'ISF et de la flat tax représentent 25 milliards d'économies pour les plus riches sur 5 ans.  

La légitimité d’un tel mouvement ne peut pas être contestée ni disqualifiée sous prétexte de transition écologique. Bien au contraire, cette colère montre bien l’impasse d’une transition écologique hypocrite, fondée sur une « fiscalité verte » punitive pour les classes moyennes et populaires qui refuse de prendre à bras le corps les véritables problèmes : investissement public dans le logement pour permettre à nos concitoyens de se rapprocher de leur lieu de travail et investissement dans les infrastructures de transport public, seule véritable alternative à la voiture ! 

Les citoyens comprennent que la fiscalité supplémentaire sur les carburants constitue après les cadeaux fiscaux et dans le cadre d'une politique d'austérité, une aubaine pour l'Etat : un centime d'Euro de taxe sur le gazole c'est une recette supplémentaire de 350 millions par an ! Les mesures de compensation annoncées par le gouvernement outre qu'il s'agit d'une usine à gaz, devrait s'élever à 500 millions d'euros de dépenses alors que la nouvelle hausse des taxes sur le gazole de 6,5 centimes en 2019 rapportera 2,25 milliards d'euros de recettes supplémentaires auxquels il faut ajouter les recettes supplémentaires qui viendront de s taxes supplémentaires sur l'essence. 

Cette politique est la "goutte d'eau qui fait déborder le vase". Car pour beaucoup de nos concitoyens la voiture est toujours le seul moyen de transport à leur disposition pour se rendre sur leur lieu de travail. Ces hausses inconsidérées constituent donc pour eux une atteinte à la liberté de circuler doublée d’une atteinte au droit à travailler ! 

Et le Communiqué commun APRES / MRC : 17 novembre : l’exaspération populaire est une aspiration à la justice sociale

Cet article est le 3114 ème sur le blog MRC 53 - le 152ème dans la catégorie France et Europe

Les Gilets jaunes le 17 novembre en fin de matinée au rond-point du Châtelier (entrée de l'agglomération de Laval par l'ouest, commune de Saint-Berthevin)

Les Gilets jaunes le 17 novembre en fin de matinée au rond-point du Châtelier (entrée de l'agglomération de Laval par l'ouest, commune de Saint-Berthevin)

Partager cet article
Repost0
18 novembre 2018 7 18 /11 /novembre /2018 23:49

 

Les prélèvements fiscaux sur les carburants ont servi de détonateur

 

La colère populaire s’est propagée par Internet. Mais il y avait depuis longtemps un mécontentement à l’égard du pouvoir politique, jugé insensible à la dégradation des revenus des catégories populaires en raison de l’augmentation des dépenses obligatoires pour les transports et la fiscalité, notamment.

Voir à ce sujet les différences géographiques et sociologiques en France : (Le Vent Se Lève, 7 février 2018, Oscar Bockel) : Les trois France : entre périphéries et métropoles

A côté d’une France Métropolitaine qui bénéficie de la mondialisation, coexistent deux France périphériques. La première, « hyper périphérique », cumule anomie et forte précarité. La seconde, parvient à mieux supporter la mondialisation grâce à la résistance de structures sociales fortes, et fait même preuve d’un remarquable dynamisme. On a pris l’habitude d’opposer deux France, il en existe en réalité pas deux, mais trois.

 

 

La fracture territoriale est prise en compte par le chercheur au CNRS, politologue, Romain Pasquier, qui s’exprimait ici avant la journée d’expression de la colère populaire le 17 novembre. Voir (France 3 Bretagne, 16 nov. 2018) : Romain Pasquier politologue à propos des Gilets jaunes

Contrepoints répondait, le 13 novembre, à la question : Mouvement du 17 novembre : où se situent politiquement les gilets jaunes

La raison principale de la mobilisation semble ne pas être une opposition politique à proprement parler mais plutôt une absence complète de confiance dans les promesses politiques formulées.

Voir (Contrepoints, 17 novembre, Paul Salaun) : La colère des gilets jaunes, conséquence de l’enfumage politique

 

Le politologue Jérôme Sainte-Marie, fondateur de PollingVox, voit dans la mobilisation du 17 novembre un mouvement né de la base qui pourrait avoir une traduction politique de grande importance (FigaroVox, entretien, Guillaume Perrault, 18 novembre). Voir «Les «gilets jaunes» font converger des électorats populaires jusqu'ici opposés»

Extrait. Si l'on considère dans leur originalité radicale l'émergence de ce mouvement d'opinion puis la mise en place de modalités d'action déconcertantes, force est d'admettre la réussite de cette mobilisation. Il y avait un doute énorme avant le 17 novembre sur la concrétisation de ce mécontentement virtuel, il est désormais levé. Rappelons que ceux qui sont allés sur les ronds-points, les péages autoroutiers et autres lieux de rassemblement, ne savaient pas très bien qui ils allaient y trouver et comment les choses se dérouleraient. Ils étaient donc dans un contexte plutôt anxiogène, à l'inverse du confort qu'offrent les manifestations habituelles, depuis longtemps assujetties à un rituel bien connu de tous, organisateurs, participants et forces de l'ordre.

En Mayenne (EN IMAGES - Plus de 2.000 gilets jaunes en Mayenne), la manifestation a dégénéré dans le centre ville de Laval. Voir la préfecture porte plainte pour dégradations.

Le parcours commençait par le rond-point du Châtelier à Saint-Berthevin, qui marque l’entrée de l’agglomération lavalloise. Les discussions avec quelques-uns des participants ont été intéressantes. Le président Macron et sa politique sont mises en cause. J’ai pu leur apporter quelques éléments d’information à ce sujet. Voir (21 avril 2018) : Pour une alternative républicaine au projet élitaire de Macron

Cet article est le 3113 ème sur le blog MRC 53 - le 151ème dans la catégorie France et Europe

Le 17 novembre 2018, vers 11 h, au rond-point du Châtelier, qui est l'entrée de Saint-Berthevin et de l'agglomération de Laval, en venant de Rennes

Le 17 novembre 2018, vers 11 h, au rond-point du Châtelier, qui est l'entrée de Saint-Berthevin et de l'agglomération de Laval, en venant de Rennes

Partager cet article
Repost0
12 novembre 2018 1 12 /11 /novembre /2018 23:46

 

Deux motions : ce congrès va trancher entre deux lignes politiques

 

Les 1er et 2 décembre 2018 à Paris, le Mouvement Républicain et Citoyen décidera de son proche avenir. Deux options stratégiques sont soumises au vote des adhérents, lors des congrès locaux qui seront réunis avant le 28 novembre.

La première option est présentée par Jean-Luc Laurent (motion 1), qui a dirigé le Mouvement depuis le précédent congrès en juin 2015. Elle a obtenu un vote majoritaire du Conseil national le 14 octobre et est quasiment entrée en application.

Préparée par des discussions avec Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann depuis une année, cette option est dans le prolongement du début de clarification stratégique opéré lors du congrès 2015 (ancrage à gauche du MRC et perspective de refonder la gauche sur des bases républicaines).

 

Il s’agit de cofonder dès le début de 2019 avec les ex-militants de l’aile gauche du Parti socialiste un nouveau parti, républicain, écologiste et socialiste, selon les qualificatifs donnés par Emmanuel Maurel, après avoir annoncé une scission du PS.

Dès juin, une initiative avait été lancée dans le cadre de l’association « Nos Causes Communes » sous la forme d’un débat au Palais du Luxembourg. Elle a été suivie d’une autre de plus grande ampleur les 7, 8 et 9 septembre à Marseille.

De plus, les futurs cofondateurs sont entrés en relation, ensemble et séparément, avec La France Insoumise dans la perspective des élections européennes de mai 2019. La liste complète sera soumise au vote des adhérents LFI avant la fin novembre.

La seconde option stratégique est présentée par Christian Hutin (motion 2), député MRC du Nord. Elle n’est pas favorable à la création d’un nouveau parti et réticente à la stratégie d’alliance durable avec La France Insoumise, préférant des alliances ponctuelles avec des partenaires selon les conditions électorales.

C’est donc l’avenir du MRC qui est en question.

Jean-Luc Laurent a précisé qu’un congrès fondateur d’une nouvelle formation politique serait organisé au début de l’année 2019. Les adhérents seraient invités à se prononcer sur cette question. Le MRC serait maintenu jusqu’au congrès de décembre 2020.

Il a laissé entendre que la question de la double appartenance (nouveau parti et MRC) serait du ressort des décisions de congrès. Le MRC 53 suggère aux congrès locaux de se saisir de cette question et de voter la double appartenance. Ainsi, la possibilité serait donnée pendant deux ans aux adhérents du MRC de se retirer du nouveau parti si les conditions leur apparaissaient insatisfaisantes. Ce filet de sécurité est sans doute nécessaire pour laisser le temps aux adhérents de mûrir leur décision définitive.
 

Cet article est le 3112 ème sur le blog MRC 53 - le 245ème dans la catégorie MRC national 

Bernard Thibault  (OIT), au côté de Patrick Quinqueton (MRC), le 7 septembre 2018 à Marseille, en ouverture des débats de "Nos Causes Communes"

Bernard Thibault (OIT), au côté de Patrick Quinqueton (MRC), le 7 septembre 2018 à Marseille, en ouverture des débats de "Nos Causes Communes"

Partager cet article
Repost0
1 novembre 2018 4 01 /11 /novembre /2018 13:28

 

De nombreux articles relatifs au congrès 2018 et aux projets du MRC

 

Ce blog existe depuis 2006. Plus de 3 100 articles ont été publiés. Il a continué d’exister après une suspension en 2014, le temps du lancement du blog de Réseau CiViQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne). Plus de 400 articles publiés sur ce blog CiViQ.

Le sens politique de ce blog est de contribuer à reconstruire la gauche en s’opposant aux politiques néolibérales que le peuple français subit depuis plus de trente ans. Les deux en même temps, selon l’expression à la mode…

Cette refondation républicaine de la gauche ne doit pas seulement se faire en haut, par les organisations politiques au niveau national, mais elle doit aussi se faire en bas, c’est-à-dire par les militants et les citoyens dans les communes et les départements. En même temps…

Le rythme de parution des articles est variable. Après les Titres des articles publiés en juin-juillet-sept 2018, voici les titres des articles publiés en octobre 2018.

Titres des articles publiés en octobre 2018 sur le blog du MRC 53

Le MRC reformule le projet qu'il présentera aux élections européennes (31 octobre)

Le MRC et APRES, prêts à fonder la Maison de la gauche républicaine (31 octobre)

David Cayla : amener l'économie à interagir avec les sciences sociales (28 octobre)

Coralie Delaume considère que le couple franco-allemand n'existe pas (27 octobre)

La retraite à points décortiquée par J-C Chailley (Résistance sociale) - 25 octobre

Bilan du MRC 2015-2018 par Alain Gély, membre du Conseil national (24 octobre)

Congrès MRC 2018 : les motions Laurent et Hutin validées, pas la 3ème (23 octobre)

Pour le bureau du MRC Lorraine, le congrès doit décider de l'agenda (21 octobre)

Le MRC national a voté pour un nouveau parti sans débat avec sa base (19 octobre)

Congrès 2018 : la motion Sorin-Maupouet pour la refondation du MRC (17 octobre)

Conseil national MRC 14 octobre 2018 : l'intervention de Michel Sorin (15 octobre)

Le Conseil national du MRC donne son aval aux projets de la direction (14 octobre)

Projet de motion Sorin-Maupouet au prochain congrès MRC 2018 (13 octobre)

Le congrès 2018 verra deux motions s'opposer sur le devenir du MRC (10 octobre)

Un nouvel avenir se dessine à gauche, avec la participation du MRC (09 octobre)

Congrès MRC 2018 : une contribution Sorin-Maupouet est proposée (07 octobre)

A Saintes, le 29 septembre 2018, le MRC Ouest a débattu de son avenir (01 octobre)
 

Cet article est le 3111 ème sur le blog MRC 53 - 82ème, cat. Titres des articles du mois précédent

Les 7, 8 et 9 septembre 2018, parc Chanot à Marseille, avait lieu l'université de rentrée organisée par l'association "Nos Causes Communes"

Les 7, 8 et 9 septembre 2018, parc Chanot à Marseille, avait lieu l'université de rentrée organisée par l'association "Nos Causes Communes"

Partager cet article
Repost0
31 octobre 2018 3 31 /10 /octobre /2018 23:12

 

Un texte d’orientation qui converge avec celui de La France Insoumise

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen dispose d’un texte de fond sur l’Europe depuis son adoption par le Conseil national, le 14 octobre 2018, avec des amendements qui ont été intégrés au texte et adoptés par la direction exécutive (secrétariat national) le 22 octobre.

Texte d’orientation du MRC pour les élections européennes 2019 :  Pour une Europe des peuples.pdf 

Pour une Europe des peuples !

Plan du document

De la crise de souveraineté à la tentation identitaire

Des « petits pas » à la mise au pas

Du rêve à la réalité

Changer de braquet

Rendre aux peuples la maîtrise de leur destin

Pour une Europe européenne

Pour une Europe confédérale

Pour une Europe du commun

Conclusion : L’heure du choix

Le projet européen est en danger de mort, pris en étau entre l’effondrement social et les résurgences identitaires. L’alternative est simple :

- ou bien il y a une prise de conscience qui assume un changement profond de la construction européenne, des objectifs qu’elle s’assigne et des moyens dont elle se dote,

- ou bien elle périra de ses contradictions originelles.

L’Europe de l’unique (politique monétaire unique, politique budgétaire unique) n’est pas viable. Plus qu’une correction de trajectoire, il faut une donne radicalement nouvelle dont l’ambition centrale doit consister d’abord à reconnecter le projet européen avec la souveraineté populaire, c’est-à-dire la démocratie et la puissance publique.

Il convient de s’entendre enfin sur la stratégie qui mérite d’être déployée. Plutôt que de s’inscrire dans une logique de négociation a priori, dans laquelle un gouvernement récemment élu tente de négocier pour obtenir des inflexions de Bruxelles et s’achève généralement par un échec, nous proposons d’y substituer la négociation a posteriori : d’abord une majorité élue sur un projet de rupture avec la mondialisation libérale met en œuvre son projet conformément au mandat qu’elle a reçu du peuple, ensuite vient le temps des négociations et des éventuels ajustements.

Ce processus du fait accompli vise à garantir le principe de primauté de la souveraineté populaire et nationale : c’est à l’Union européenne de s’adapter à la volonté des peuples et non l’inverse.
 

Cet article est le 3110 ème sur le blog MRC 53 - le 244ème dans la catégorie MRC national 

Catherine Coutard introduit la "table ronde" portant sur la souveraineté populaire face au marché. C'était à Marseille le 9 septembre 2018 dans le cadre de l'université de rentrée de "Nos Causes Communes"

Catherine Coutard introduit la "table ronde" portant sur la souveraineté populaire face au marché. C'était à Marseille le 9 septembre 2018 dans le cadre de l'université de rentrée de "Nos Causes Communes"

Partager cet article
Repost0
31 octobre 2018 3 31 /10 /octobre /2018 22:18

 

Convergence avec La France Insoumise pour les élections européennes

 

Sans attendre le congrès, qui aura lieu les 1er et 2 décembre 2018, le Mouvement Républicain est lancé sur la voie de la refondation de la gauche républicaine. Voir Le Conseil national du MRC donne son aval aux projets de la direction.

Il est vrai que les militants socialistes - autour d’Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann - qui viennent de faire scission du PS sont pressés d’atterrir dans une nouvelle structure. Ils en ont fondé une mais elle est provisoire, dans l’attente de la création d’un vrai parti avec le MRC en 2019. Jean-Luc Laurent, président du MRC, lui a donné un nom : la Maison de la gauche républicaine.

Le Billet de Jean-Luc Laurent (28 octobre) est à lire ici, sur le site du MRC.

 

Il se passe quelque chose à gauche !

Lors de la conférence de presse organisée avec Emmanuel Maurel, Marie-Noëlle Lienemann, Bastien Faudot et Catherine Coutard, je suis intervenu sur les décisions du conseil national du MRC s’engageant dans un double processus : création d’une force politique nouvelle qui sera la Maison de la gauche républicaine et convergence pour les élections européennes avec la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon. 

Le MRC ne disparaît pas. Ses adhérents seront consultés et appelés à décider sur ce processus au congrès des 1er et 2 décembre prochain puis au congrès fondateur de la nouvelle force politique et au congrès ordinaire de 2020. 
Le MRC n’est pas dans l’A.P.R.E.S. qui est la structure créée pour les socialistes qui quittent le PS avec Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann. 

C’est au congrès fondateur de la nouvelle force politique en 2019 que nous choisirons ensemble avec les citoyens intéressés par cette démarche et les militants: le nom, la déclaration de principe, le mode de fonctionnement et les statuts, le texte fondateur de nos orientations. Dans cette période de décomposition politique, il est heureux qu’il se passe quelque chose à gauche ! 

Vous pouvez retrouver 
mon intervention ainsi que celles de Catherine CoutardBastien Faudot et Emmanuel Maurel

 

Cet article est le 3109 ème sur le blog MRC 53 - le 243ème dans la catégorie MRC national 

Jean-Luc Laurent, président du MRC, le 7 septembre 2018 à Marseille, ouvrant l'université de rentrée de "Nos Causes Communes"

Jean-Luc Laurent, président du MRC, le 7 septembre 2018 à Marseille, ouvrant l'université de rentrée de "Nos Causes Communes"

Partager cet article
Repost0
28 octobre 2018 7 28 /10 /octobre /2018 14:30

 

Les modèles économiques actuels n’embraient pas sur le réel

 

David Cayla est économiste à l’université d’Angers. Originaire de la région grenobloise, il étudie l’épistémologie et l’histoire de la pensée économique à l’université Paris 1, puis obtient un doctorat d’économie en 2007. Défenseur d’une économie hétérodoxe ouverte aux autres sciences sociales, il rejoint en 2013 le collectif des Économistes atterré. Il est l’auteur, avec l’essayiste Coralie Delaume de La fin de l’Union européenne (Michalon, 2017).

Son nouveau livre le place en bonne position parmi les économistes de la vague hétérodoxe.

Voir L'économie du réel (De Boeck Supérieur).

Cet ouvrage remet l’économie au cœur des sciences sociales et questionne certains « automatismes de pensée » que les économistes affectionnent. Les recommandations qu'ils en tirent ont tendance à justifier des politiques dont les effets sociaux ne sont pas neutres, privilégiant des intérêts minoritaires au lieu de construire une société économique où la richesse créée par la majorité profite au plus grand nombre.

L’économie ne parle plus du réel.

Malgré ses prétentions scientifiques, elle s’est perdue dans l’élaboration de modèles abstraits bien souvent incapables de présenter une vision adéquate du monde économique et de ses problèmes.

Est-on certain que les prix s’ajustent à l’offre et à la demande ? La concurrence se traduit-elle toujours par une efficacité accrue ? Les dysfonctionnements du marché du travail permettent-ils d’expliquer le chômage ?

Les réponses proposées par l’économie dominante se vérifient rarement dans les faits. Une vision économique étroite, centrée sur une représentation idéalisée des marchés, n’appréhende pas la complexité du monde telle qu’elle est vécue et induit des politiques aux résultats parfois désastreux. Il en va ainsi des politiques agricoles qui ont généré une catastrophe économique, sociale et environnementale, ou de la création du marché européen du carbone qui, malgré la complexité de sa mise en œuvre, n’est pas parvenu à limiter les émissions de gaz à effet de serre des industriels.

Il est plus que temps de revoir en profondeur la manière dont se construit la pensée économique. Nous avons besoin d’une véritable science économique qui comprenne le réel, c’est-à-dire la société humaine dans toutes ses dimensions.

 

Voir aussi :

- (Mr Mondialisation, 16 octobre 2018) : David Cayla, l'économiste iconoclaste

- (Le Vent Se Lève, 15 octobre 2018) : La « loi de l'offre et de la demande » sert surtout à justifier les inégalités

- (27 septembre 2018) : Polony TV - Entretien avec David Cayla

- (CiViQ, 5 décembre 2014) : Rencontre CiViQ 1er décembre St-Berthevin : David Cayla pédagogue

 

Cet article est le 3108 ème sur le blog MRC 53 - le 146ème catégorie Travail Economie

David Cayla le 9 septembre 2018 à Marseille, intervenant dans l'atelier de "Nos Causes Communes" sur le thème "L'économie est-elle une science ?"

David Cayla le 9 septembre 2018 à Marseille, intervenant dans l'atelier de "Nos Causes Communes" sur le thème "L'économie est-elle une science ?"

Partager cet article
Repost0