Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
L’évolution des comptes de l’agriculture française Le Salon international de l’agriculture a ouvert ses portes ce matin à Paris. C’est le moment où la presse évoque les questions agricoles. Cette année, chacun s’interroge sur la succession du président Chirac. Mais aussi sur l’avenir de l’agriculture française, laquelle semble à la croisée des chemins. On a observé en 2006 un retournement de situation en faveur des agriculteurs (voir, sur ce blog, les articles du 26 décembre et du 22 janvier derniers, concernant le revenu agricole). Feu de paille ou évolution durable ? En fait, l’ampleur de ce rebond (+15%) est due, pour une bonne part, à l’accumulation des baisses de revenu (-30%) lors des sept années précédentes. Mais la décision d’affecter des surfaces et produits agricoles à la fabrication d’énergie n’y est pas pour rien ! On peut prévoir que cette tendance va se prolonger plusieurs années. Allons plus au fond du diagnostic de l’agriculture française, avec Lucien Bourgeois (APCA) qui a présenté, le 10 janvier 2007, devant ses collègues de l’Académie d’Agriculture de France, des documents chiffrés, introduits par ce titre optimiste « Le pire n’est pas toujours certain ». Ce qui ressort de ces tableaux de l’agriculture - Le revenu agricole (plus précisément, le revenu net d’entreprise agricole par actif non salarié) s’est éloigné du revenu disponible par habitant depuis 1999. Auparavant, un rapprochement s’était opéré depuis 1994, après vingt ans d’un écart persistant entre les deux courbes. - La viticulture a tiré le revenu agricole moyen vers le bas depuis 1998 après l’avoir tiré vers le haut auparavant, depuis 1990. - Les disparités de revenu entre les exploitations (selon le type de production : céréales-oléagineux-protéagineux, maraîchage-fleurs, vins AOC, fruits, bovins lait, bovins viande, ovins, productions hors-sol – porcs, volailles) se sont réduites de 1998 à 2005, pendant que le revenu agricole moyen baissait de 30%. - L’emploi agricole (salarié et non salarié) a moins baissé depuis 1998, mais il est passé de 3,3 millions en 1960 à 2,3 millions en 1973, puis 1,3 million en 1992 et 870 000 en 2005. L’emploi salarié, entre 1960 et 2005, a beaucoup moins diminué (de 550 000 à 274 000) que l’emploi non salarié (de 2 700 000 à 596 000). - La productivité du travail a presque triplé de 1980 (indice 100) à 2006 (indice 262) pendant que celle du capital et des consommations intermédiaires est restée stagnante. - Les aides publiques (9,8 milliards € d’aides directes et de subventions en 2005) semblent avoir été intégralement réinvesties dans la consommation de capital fixe (équipements, matériels). - Le revenu net agricole annuel est passé de 31 à 12 milliards € entre 1970 et 2005 (monnaie 2005), pendant que les aides publiques augmentaient de 9 milliards et les investissements se maintenaient (8 à 10 milliards). - Le prix des terres agricoles (en euros constants 2005) a augmenté de 1960 à 1980, puis baissé jusqu’en 1995, avant de remonter depuis dix ans. - Les excédents agroalimentaires proviennent principalement des secteurs viticole (6,7 milliards € en 2005) et céréalier (3,5 milliards) mais, en 1993, les deux secteurs étaient à égalité. Les vins et spiritueux formaient les deux tiers du solde des échanges agroalimentaires français en 1994. Ils en font 90% en 2005. Lors de la séance du 10 janvier de l’Académie d’agriculture, Lucien Bourgeois a conclu ainsi sa présentation. Les enseignements à tirer de l’actualité agricole 2006 Le volume de la production agricole « L’opportunité énergétique montre que l’équilibre production - consommation est fragile et peut se retourner rapidement. Malgré la mauvaise coordination antérieure entre les politiques des céréales et celles de l’élevage en France, cela donne un sursaut conjoncturel pour les productions végétales affectées par la suppression des restitutions. Ce sursaut ne sera durable que si cela permet enfin une amélioration des liaisons entre ces deux secteurs en particulier sur la gestion des coproduits. L’importance du secteur viticole La viticulture est désormais l’atout majeur de la compétitivité de l’agriculture française sur les marchés extérieurs. Même en période de crise, l’excédent s’améliore. Il importe de faire un bilan objectif de cette performance atypique dans le développement récent de l’agriculture française. Ce secteur a apporté la preuve qu’on pouvait augmenter la valeur ajoutée et être compétitif à l’extérieur sans augmenter les volumes de production Il serait dommage de s’en remettre aux solutions faciles de la grande distribution (GMS) pour sortir de la crise par une stratégie de volumes à bas prix. La restructuration des exploitations L’agriculture française est désormais une des mieux structurées d’Europe. Néanmoins, la fuite en avant vers l’agrandissement, encouragée par le système d’aides, permet certes d’augmenter la productivité du travail mais pas celle des consommations intermédiaires et du capital. Il est étonnant de voir que, même pendant les phases de diminution du revenu, l’investissement reste orienté à la hausse. La restructuration pousse aussi à l’extensification des systèmes de production et donc à la spécialisation des agriculteurs sur la fourniture de matières premières. L’expérience montre que, dans un pays comme les USA, le nombre des exploitations ne baisse plus depuis 15 ans. Il y aurait donc une limite à la diminution. Mais la restructuration était un élément essentiel de la politique des revenus agricoles. Comment peut on maintenir les revenus sans cette diminution ? L’avenir de la production bovine La montée des cours des bovins est une conséquence favorable de la crise ESB (« vache folle ») à cause des abattages de vaches mais aussi une conséquence de la restructuration du troupeau laitier. Ces deux phénomènes sont conjoncturels. La persistance de cours favorables suppose un maintien efficace de la protection communautaire face aux importations. Elle suppose aussi une bonne coordination avec l’engraissement en Italie. Toutes ces raisons militeraient pour un renforcement de la construction européenne. Or elle semble en panne, en particulier sur le plan économique. Une chose est sûre, la re-nationalisation serait une impasse. Il ne suffira pas de recourir à la seule stratégie « nationale » de type VBF (viande bovine française) quand l’essentiel de la production d’animaux maigres est exportée en Italie. Les effets induits de la politique agricole Les aides de la politique agricole sont mieux utilisées qu’on ne le pense car elles favorisent en fait un effort étonnant d’investissement. Cela permet de maintenir et d’améliorer l’outil de production pour lui permettre de répondre au moindre coût à la demande des industries agroalimentaires (IAA). Non seulement cela procure une source de devises appréciable mais cela a un effet d’entraînement pour un circuit économique sophistiqué de nombreuses PME réparties sur tout le territoire. Mal connu par le système statistique actuel, la création d’emplois dans « l’alimentation » est actuellement parmi les plus performantes ».