Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Par SORIN Michel
L’agriculture sous la tutelle de l’OMC et de Mme Lagarde
La nomination de la nouvelle ministre de l’agriculture et de la pêche n’a pas pu se faire sans le feu vert de la FNSEA. D’ailleurs, le président de la République a reçu tout récemment Jean-Michel Lemétayer, qui préside le syndicat majoritaire des agriculteurs français et, depuis quelques semaines, est à la tête des agriculteurs européens. Celui-ci avait une double préoccupation : le maintien du ministère de l’agriculture et la position de la France dans les négociations commerciales à l’OMC. Avec la nomination de Mme Lagarde, il a obtenu une double satisfaction. L’ancienne ministre du commerce extérieur a suivi de près, avec son collègue de l’agriculture, tout ce qui touche à l’Organisation Mondiale du Commerce. Elle ne sera pas novice au moment de discuter avec le directeur de l’OMC, Pascal Lamy, et le commissaire européen chargé du commerce, Peter Mandelson, qui porte les intérêts européens dans ces négociations. Que fera la nouvelle ministre de l’agriculture ? Son parcours professionnel antérieur à son engagement ministériel est relaté par Michel Moine sur son blog www.michel-moine.net. Michel Moine est le suppléant du candidat Georges Sarre dans la Creuse (voir son blog http://www.sarrepourlacreuse.fr) « Une ultra-libérale atlantiste à la tête du ministère de l'Agriculture ? » « Je lis dans Le Monde la composition probable du futur gouvernement Fillon. Je réagis à "l'hypothèse" de voir le ministère de l'agriculture confié à Christine Lagarde, qui occupait dans le précédent gouvernement le portefeuille du commerce extérieur. On se rappelle la revendication du monde agricole français d'un "ministère de plein exercice" pour que la France "fasse en sorte que l'agriculture, à l'OMC, ne soit pas la cinquième roue du carrosse." Dans une précédente note, j'avais donc abordé ce sujet, qui appelait forcément une suite de ma part. Enfin, soyons exact, la suite, c'est surtout de la part des autorités qu'elle était attendue. C'est le sens du courrier adressé le 16 mai dernier par Jean-Michel Lemétayer au nouveau président de la République: " la FNSEA (...) tient tout particulièrement à attirer votre attention sur le dossier de l'OMC. En effet, se joue à Genève un jeu complexe où les Etats-Unis; comme nombre de pays émergents, ont choisi un seul mot d'ordre : brader le modèle agricole européen. Il est temps de reprendre l'initiative afin de faire avancer ce grand dossier international. Nous comptons sur votre fermeté et vos proposition pour que la mondialisation, spécifiquement en agriculture ne signifie pas destruction ou réduction, mais développement et équité." Les objectifs et l'adversaire sont clairement identifiés. Si les prévisions du Monde s'avèrent justes, il semble que la compétence du ministère de l'agriculture sera effectivement élargie aux négociations de l'OMC. Si on peut considérer que les questions agricoles seront au centre des préoccupations françaises, justifiant en cela l'articulation de ces deux compétences entre elles, on ne peut s'empêcher de remarquer que la problématique de l'OMC va bien au-delà des seules questions agricoles. Christine Lagarde sera-t-elle davantage ministre de l'agriculture ou ministre des négociations avec l'OMC ? Dans l'un ou l'autre cas, le parcours de Madame Lagarde ne manque pas de susciter perplexité et interrogations, voire inquiétude. Avocate spécialisée en droit social, elle a rejoint, en 1981, le cabinet Baker & McKenzie à Chicago et a poursuivi toute sa carrière aux États-Unis. Madame Lagarde militait aux États-Unis au Center for Strategic & International Studies (CSIS). Au sein de ce « think tank », elle co-présidait avec Zbigniew Brzezinski la commission Action USA/UE/Pologne et suivait plus particulièrement le groupe de travail Industries de défense USA-Pologne (1995-2002) et les questions liées à la libéralisation des échanges polonais. Or, dans ces instances, elle représentait les intérêts états-uniens contre ceux du Commerce extérieur français dont elle devint ensuite la ministre. Christine Lagarde intervint dans le dossier de la vente, en avril 2003, de 48 chasseurs F-16 Lockheed-Martin à la Pologne, nouvel entrant dans l'Union européenne, pour 3,5 milliards de dollars. Cette transaction provoqua la consternation en Europe dans la mesure où le gouvernement polonais payait cette commande... avec les fonds de l’Union européenne destinés à préserver son secteur agricole. Il s'agit là, semble-t-il, du contact le plus abouti de madame Lagarde avec la question agricole, qui ne lui suscita pas le moindre état d'âme ! Le choix présidentiel pour le ministère de l'agriculture ne manquera pas de plonger le monde agricole dans un certain désarroi. Alors qu'il semble accéder à sa demande, Nicolas Sarkozy fait rentrer le loup dans la bergerie et choisit pour incarner notre pays auprès de l'OMC une personnalité dont les choix professionnels ont toujours combattu les intérêts de la France au bénéfice de la vision ultra-libérale de l'Amérique. Autant arroser un incendie avec de l'essence ! S'il devait se confirmer demain, ce choix serait un très mauvais message adressé aux paysans français ».
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