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Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.

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OGM : des scientifiques et universitaires doutent que ce soit une solution à la famine


Risques avérés et incertitudes des cultures OGM

 

Dans un article daté du 31 janvier 2008*, paru dans les colonnes du quotidien Le Monde, des scientifiques (six biologistes et membres de l’Académie des sciences) exprimaient leur conviction de l’intérêt des technologies OGM pour faire face aux besoins nutritionnels d’une population mondiale en croissance (9 milliards d’humains en 2050, selon les prévisions de l’ONU).

 

« Les technologies des organismes génétiquement modifiés (OGM) sont maintenant mises en œuvre pour rendre les espèces cultivées plus résistantes à divers types de contraintes environnementales (déficit hydrique, température accrue, salinité et toxicité des sols, carences en éléments nutritifs, etc.). Grâce aux technologies OGM, un large éventail de possibilités s’ouvre pour contrer les effets néfastes des changements climatiques et de la raréfaction des ressources sur la production agricole. Ceci vaudra, en particulier, pour les pays en voie de développement (…) ».

 

L’autonomie alimentaire de la planète est un enjeu majeur, qui ne sera pas résolu de façon simpliste. Il faut nous y préparer, et encourager les recherches et les mises au point d’OGM permettant d’apporter une partie des réponses à ces questions cruciales (…).

 

Plusieurs grands pays développent en ce moment, avec un succès remarquable, ces recherches et leurs applications (…). Notre pays se doit à lui-même, et doit à ses futures générations de chercheurs scientifiques et aux populations menacées par la faim dans les décennies à venir, de reprendre un rôle de leader dans le domaine des biotechnologies végétales ».

Le ministre français de l’agriculture, Michel Barnier, s’exprimait dans le même sens quand, défendant le projet de loi sur les OGM, il répondait ainsi à la question « Faut-il autoriser les OGM pour la recherche ? » (www.lefigaro.fr, 14 avril 2008) :

« Évidemment. Mettons dans ce débat davantage de raison que de passion, et prenons garde de ne pas décourager les laboratoires publics et privés. Il n'est écrit nulle part qu'à l'avenir, les céréales devront être américaines, les biocarburants brésiliens, la recherche indienne ou chinoise et… la facture européenne ! Il serait aussi paradoxal que le combat des anti-OGM aboutisse à un monopole mondial d'une seule entreprise multinationale américaine, Monsanto** (…) ».

 

Dans un article daté du 12 février 2008 paru dans le journal Le Monde, Marc Dufumier, professeur à AgroParisTech, Pierre-Henri Gouyon, professeur au Muséum national d’histoire naturelle et à l’Ecole Polytechnique, et Yvon Le Maho, directeur de recherches au CNRS et membre de l’Académie des sciences, réagissent aux propos des « six éminents biologistes moléculaires qui vantaient les résultats spectaculaires de la biologie moléculaire des plantes » (Le Monde, 31 janvier).

 

Ils leur reprochent de ne pas faire mention « des doutes ou des interrogations émis par leurs collègues travaillant dans d’autres champs disciplinaires ». Sous le titre « Les OGM, une solution à la famine ? Il y a des risques avérés et de nombreuses incertitudes liés à ce type de culture », ils avancent des arguments qui justifient leurs réserves envers les OGM.

 

« Concernant les problèmes relatifs à la faim et à la malnutrition dans le monde, ce ne sont pas les disponibilités alimentaires qui font globalement défaut. La question est directement liée à l’inégale répartition des ressources. Une part croissante des céréales et des protéagineux produits dans le monde est destinée de préférence à l’alimentation animale plutôt qu’à la nourriture des moins fortunés. Les deux tiers des personnes qui souffrent de la faim dans le monde sont des paysans qui n’ont guère les moyens de produire par eux-mêmes de quoi s’alimenter correctement.

 

L’accroissement de leurs revenus suppose bien un accroissement de leur productivité, mais les agronomes s’accordent pour dire que le potentiel génétique des plantes cultivées ne représente que très rarement le facteur limitant de celle-ci. Il existe d’ores et déjà des techniques qui leur permettraient d’accroître leurs rendements à l’hectare à des coûts monétaires et environnementaux relativement faibles. Mais la question n’est pas tant celle de l’amélioration variétale que celle d’une utilisation plus intelligente des cycles biologiques du carbone, de l’azote et de multiples éléments minéraux au sein des écosystèmes cultivés.

 

L’étude de la façon dont les OGM actuels sont en ce moment introduits dans les pays du Sud, montre les risques induits. L’extension de la monoculture du soja transgénique dans les savanes du Brésil jusqu’aux confins de la forêt amazonienne se traduit déjà par une dégradation des sols et des pertes considérables de biodiversité.

 

L’épandage des herbicides associés à ces OGM constitue une sérieuse menace pour les cultures vivrières environnantes. Si, dans l’avenir, on produisait des génotypes capables de résister à la sécheresse ou à la salinité des sols, il est exact que ces gènes pourraient être utiles, mais à la condition qu’ils soient fournis aux paysans et intégrés dans leurs variétés en conservant leur diversité.

 

Si, au contraire, comme c’est le cas avec les OGM pesticides, on les amène à ne cultiver qu’une ou quelques variétés industrielles sur de grandes surfaces, on les conduit à un désastre écologique à moyen terme. Ajoutons à cela le fait que les OGM sont brevetés, privant les paysans de la propriété de leurs semences. Il s’agit là de risques avérés, on n’est plus dans la précaution mais bien dans la responsabilité directe vis-à-vis des producteurs du monde entier.

 

Si l’on ajoute à cela qu’il existe des incertitudes concernant la toxicité pour les êtres humains ou les écosystèmes des pesticides produits par les OGM ou utilisés grâce à eux, on voit que le tableau idyllique où les biotechnologies constituent la solution aux problèmes de la production agricole mondiale s’effrite (…) ».

 

Lors d’un échange avec les internautes du Monde, publié sur www.lemonde.fr ce 24 avril, Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat à l’écologie, a tenu à justifier le bien fondé de la loi sur les OGM, telle qu’elle a été adoptée au Sénat, tout en reconnaissant que le système d’évaluation des OGM n’est pas satisfaisant.

« D'abord, sur les principes, ce texte est intéressant et assez fort, et je crois que le maintien de l'amendement Chassaigne est une bonne chose. Le Sénat a juste précisé cet amendement, et pas du tout dénaturé, comme l'ont dit certains (…).

Au total, en l'état, je trouve le texte correct compte tenu des contraintes. Mais il nous faut surtout desserrer la contrainte, et pour ceci, utiliser la présidence française de l'Union européenne. Nous avons commencé à le faire et à dire à la Commission européenne que le système d'évaluation des OGM n'était pas satisfaisant. 14 Etats membres européens nous suivent déjà (…) ».  

* Voir, sur ce blog, le précédent article paru le 23 avril 2008, sous le titre OGM : le Parlement s'efforce de transposer dans le droit français la directive européenne

 

** Monsanto : firme américaine productrice de semences OGM, qui mérite être mieux connue. Le 11 mars dernier, Arte a diffusé le film documentaire « Le monde selon Monsanto », réalisé par la journaliste Marie-Monique Robin, auteur également du livre, sous-titré « De la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien » (éditions La Découverte).

 

Pour en savoir plus, lire sur www.marianne2.fr l’article paru le 19 avril, dont voici quelques extraits.

ParlonsNet n°9 Présentation Marie-Monique Robin envoyé par FranceInfo
Marie-Monique Robin raconte dans quelles circonstances elle a été amenée à enquêter sur la multinationale Monsanto (…).

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S
Merci Christine. Je vois que tu as bien compris le sens de ma démarche. Sur des sujets compliqués, comme les OGM, j'essaie de mettre de la valeur ajoutée, afin que chacun puisse mieux comprendre et se faire sa propre idée sur la question.
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C
Bravo Michel puor ce souci d'objectivité qui t'honore et te pousse à rechercher des informations  qui nous permettent de mieux comprendre les enjeux des OGM.
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