Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Par SORIN Michel
Une loi qui organise la dissémination des OGM
La conséquence la plus négative du projet de loi sur les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) est de rendre impossible le développement de l’agriculture biologique. C’est ce que constate Philippe Desbrosses, chargé de mission auprès du gouvernement pour la mise en œuvre du programme national « agriculture biologique » (Ouest-France, 11 avril 2008).
Le journaliste, Patrice Moyon, qui l’interroge, écrit « Faut-il enterrer le Grenelle de l’environnement ? On peut se poser la question. La violence des propos, la dureté des échanges à l’Assemblée nationale, lors du vote de la loi sur les OGM, préfigure de nouvelles controverses. Nicolas Sarkozy, lui-même, semble douter. Lorsqu’il s’est exprimé il y a quelques jours à Nantes devant les adhérents de la FNSEA, le président s’est bien gardé de revenir sur les engagements pris au mois d’octobre : diminuer de 50% les pesticides, multiplier par 3 les surfaces consacrées au bio… ».
Dans un communiqué de presse, le 18 avril, la Confédération paysanne est du même avis « Ce texte législatif, première concrétisation du Grenelle de l’environnement, marque une rupture certaine avec ce processus de concertation dont les conclusions voulaient préserver une agriculture et une alimentation sans OGM, de qualité et de terroir » (http://www.confederationpaysanne.fr).
Le syndicat agricole conclut « La crise alimentaire, qui explose actuellement, montre tous les dangers de ce modèle agricole industriel, dans lequel les OGM s’inscrivent ».
[La Confédération paysanne, le même jour, par l’intermédiaire de Régis Hochart*, son porte-parole, a signé un texte commun avec ATTAC, concernant la crise alimentaire. Voir, sur ce blog, l’article paru le 19 avril Michel Sorin appelle toutes les forces de progrès à s'unir face à la crise alimentaire.]
Pourquoi cette loi sur les OGM ?
L’explication se trouve dans l’article publié par le site Rue89 (http://www.rue89.com) sous la signature de Ophélie Neiman, le 8 avril dernier, dont voici des extraits.
« Le projet de loi relatif aux OGM débattu en ce moment à l'Assemblée nationale n'est pas le fruit du hasard. Ni même une volonté soudaine du gouvernement de légiférer sur ce point. Il s'agit surtout, pour la France, de rattraper son retard européen avant de prendre la présidence de l'Union. Et de transposer dans le droit français, enfin, la directive européenne de 2001 sur la dissémination des OGM. Cette dernière impose aux Etats de fixer un cadre légal pour la culture des OGM en plein champ -notamment les distances à respecter avec les cultures classiques ou les responsabilités en cas de contamination (…).
Pourtant, l'opinion publique dans l'Union est majoritairement opposée à la culture et à l'introduction de produits OGM sur le territoire. Plus radical encore, l'attitude des grands Etats face à la seule plante OGM autorisé à la culture dans l'Union: le maïs Mon 810.
En France, sa culture est suspendue depuis le Grenelle de l'environnement, durant lequel le gouvernement a décidé d'activer la clause de sauvegarde. Son cas n'est pas isolé. La Roumanie a fait de même, plus récemment, le 27 mars. Ces deux pays emboîtent le pas à la Hongrie, l'Autriche et la Grèce. L'Italie et la Pologne ont bien transcrit la directive, mais de telle manière que la culture est de facto interdite.
Avant d'intégrer l'Union, la Roumanie était le paradis des OGM, avait expérimenté le soja transgénique et avait cultivé 300 hectares de Mon 810 en 2007. Mais son entrée dans l'Union semble avoir changé la donne. C'est désormais l'Espagne qui est le premier producteur de maïs OGM en Europe, avec 60 000 hectares. Les autres producteurs, l'Allemagne, le Portugal et la République tchèque, ne dépassent pas 1 000 hectares (…).
Reste que la production d'OGM en Europe est dérisoire comparée au reste du monde. Soja, maïs, coton ou autres, les Etats-Unis en ont cultivé 58 millions d'hectares en 2007, l'Argentine 20 millions, le Brésil 15, et le Canada 7. Sur le continent asiatique, l'Inde a produit 4 millions d'hectares de coton transgénique en 2007. C'est 12% de plus qu'en 2006 ».
Pour en savoir plus sur les OGM, se reporter aux articles parus sur ce blog depuis un an :
- 14 mars 2008 La Coopérative agricole TERRENA a consulté ses adhérents sur les OGM
- 3 janvier 2008 Le gouvernement a confirmé la suspension du maïs transgénique Monsanto 810
- 10 août 2007 Le maïs transgénique Monsanto sème la zizanie dans le monde agricole
- 12 juillet 2007 Le maïs transgénique étend son emprise sur les terres agricoles en France
- 1 avril 2007 Intervention de Michel Sorin (MRC) sur l'agriculture - Libourne 16 mars 2007
- 20 mars 2007 Deux décrets publiés pour encadrer la dissémination des OGM en France
Puisque la grande question de l’heure est la crise alimentaire mondiale, les OGM sont-ils une solution ? Qu’en pensent les chercheurs ?
Le 31 janvier 2008, dans Le Monde, six biologistes et membres de l’Académie des sciences proclamaient leur foi dans les OGM, sous le titre « OGM : une responsabilité envers les générations futures. Nourrir 9 milliards d’humains en 2050 rend le recours aux biotechnologies végétales indispensable ».
Le 12 février 2008, Marc Dufumier, professeur à AgroParisTech, Pierre-Henri Gouyon, professeur au Muséum national d’histoire naturelle et à l’Ecole Polytechnique, et Yvon Le Maho, directeur de recherches au CNRS et membre de l’Académie des sciences, réagissaient dans le même quotidien en titrant « Les OGM, une solution à la famine ? Il y a des risques avérés et de nombreuses incertitudes liés à ce type de culture » et en reprochant à leurs collègues scientifiques de ne pas faire mention « des doutes ou des interrogations émis par leurs collègues travaillant dans d’autres champs disciplinaires ».
Je reviendrai, dans un autre article, sur les arguments de Marc Dufumier et de ses collègues, qui me semblent fort pertinents et rejoignent ceux de Michel Griffon :
- 12 avril 2007 Michel Griffon a répondu aux questions des internautes sur l'agriculture
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