Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Appel aux militants de la gauche républicaine
Combien sont-ils les hommes et les femmes qui se reconnaissent dans la gauche républicaine et n’ont pas actuellement un parti politique avec lequel ils pourraient mener des actions qui aient un sens et soient utiles dans le cadre de la préparation des échéances électorales d’ici 2012 ?
Il y a un vivier de citoyennes et de citoyens qui ne se résignent pas à laisser se dégrader la situation économique et sociale, sans chercher à organiser la riposte et préparer l’alternative de gauche à la politique actuelle.
La bonne volonté existe mais elle ne suffit pas, à elle seule, pour agir à la hauteur des défis à relever. Car, nous sommes conscients que les problèmes politiques à résoudre ont pris une nouvelle dimension ces dernières années.
Les crises sont multiples et faut-il encore parler de crise ? Ce mot recouvre les mutations du système économique et social qui domine le monde actuel et porte le nom de capitalisme.
Le capitalisme est le régime économique dans lequel les moyens de production appartiennent à ceux qui ont investi des capitaux.
En février 2005, au cours d’une réunion du MRC 53, nous avions retenu la description suivante :
Selon Michel Beaud (le Seuil, Histoire du capitalisme de 1500 à 2000), « le capitalisme domine plus que jamais le monde et nos sociétés. Après le capitalisme marchand (14ème et 15ème siècles), le capitalisme manufacturier (17 et 18èmes), le capitalisme industriel (19 et 20èmes), le 21ème siècle s’annonce comme celui du capitalisme techno-scientique, élément décisif du basculement du monde en cours, dont on est loin d’avoir pris toute la mesure.
Il est devenu la principale force transformatrice des sociétés et du monde. C’est une réalité évolutive. La logique capitaliste engendre une totalité productive, marchande et monétaire, à la fois territorialisée et mondiale, en incessante mutation, de plus en plus autonome par rapport aux sociétés.
C’est pourquoi le capitalisme ne peut être réduit, ni à un mode de production, ni à un système économique ». C’est un système qui conforte les pouvoirs d’un petit nombre (oligarchie) et comporte des dynamiques, à la fois créatrices et destructives, qui doivent être bridées non seulement au niveau des nations mais aussi aux niveaux des continents et du monde.
Sinon, la destruction massive des ressources et des équilibres terrestres, le totalitarisme d’un marché dominé par quelques grandes firmes mondiales, l’instauration progressive à l’échelle planétaire d’un « apartheid » par l’argent, risquent de provoquer durablement un basculement de plus en plus difficile à contenir ».
Ceci est un extrait de l’article « Formation citoyenne - Définitions - MRC 53 - février 2005 », paru le 26 juillet 2006 sur ce blog de la gauche républicaine en Mayenne.
Vous avez bien lu : les dynamiques du capitalisme doivent être bridées au niveau des nations mais aussi des continents et du monde. Or, qu’ont fait les pouvoirs publics depuis vingt-cinq ans ? Ils ont lâché les brides. Pire : ils ont supprimé les brides qui tenaient en laisse les capitaux et ont affirmé que c’était nécessaire pour libérer la croissance économique.
Le projet de la gauche doit être de brider le système capitaliste, d’en corriger les effets profondément inégalitaires qui pervertissent les valeurs de la démocratie et de la République, et menacent les fondements de la cohésion sociale.
Le rôle du Mouvement Républicain et Citoyen est d’être le ferment du renouveau de la pensée de la gauche.
C’est ce que propose Jean-Pierre Chevènement quand il invite les républicains de gauche à participer aux débats des militants du MRC en vue du congrès des 21 et 22 juin 2008.
Une période nouvelle s'ouvre devant nous. Ce serait en effet une vue bien courte des choses de penser que la crise financière liée à l'endettement des ménages américains est désormais surmontée.
Cette crise a des causes infiniment plus profondes et anciennes : la principale est la fuite en avant de l'Hyperpuissance américaine dans l'endettement interne et externe et dans le recours à la force militaire qui débouche aujourd'hui sur l'enlisement au Moyen-Orient. Les Etats-Unis n'ont plus les moyens de dominer seuls le monde. Ils vivent depuis trop longtemps au-dessus de leurs moyens.
La crise économique se redouble en crise de l'hégémonie. Les Etats-Unis doivent donc accepter l'avènement d'un monde multipolaire et les règles qu'il implique, à commencer par l'obligation où ils sont de remettre de l'ordre dans leurs propres affaires. L'Histoire n'est pas finie, contrairement à ce qu'affirmait Francis Fukuyama au début des années quatre-vingt-dix. Et la crise systémique qui est devant nous, sera grosse de convulsions.
L'Europe libérale ne nous y prépare pas. Il faudra la réorienter. La responsabilité de l'Allemagne et de la France sera déterminante. La gauche française ne devra pas se mettre aux abonnés absents comme elle a tendance à le faire, si on en juge par le fade projet de déclaration de principes du PS.
Pour le MRC, le moment est venu d'un nouveau départ. Nos forces sont certes réduites. Nous disposons d'un réseau de 300 élus environ et de quelques places fortes (Belfort où nous avons remporté une belle victoire dès le premier tour, le Kremlin-Bicêtre, Saint-Pol sur Mer, Méry-sur-Oise, etc.). Mais nos militants sont surtout la pointe émergée de l'iceberg républicain. Nous ne sommes pas seuls. Nos sympathisants sont infiniment plus nombreux que nos adhérents. La culture républicaine est bien présente dans le pays. Et on peut même dire que sans l'appoint des deux ou trois millions d'électeurs « républicains », ceux qui se déterminent à l'aune de l'intérêt général, il n'y a pas de victoire possible pour la gauche comme pour la droite.
Ignorant les querelles de personnes qui agitent le PS, nous avons pris le parti d'intervenir dès notre prochain Congrès, les 21 et 22 juin prochains, en mettant l'accent sur les problèmes de fond.
La crise de la globalisation libérale offre à la gauche républicaine un espace nouveau. Un cycle se clôt. Il dépend de l'ensemble des progressistes, en France, en Europe et dans le monde qu'un nouveau cycle historique s'ouvre. C'est un « New Deal » dont il nous appartient de dessiner les contours pour un monde plus juste.
Pour mettre la gauche française à la hauteur des défis, nous proposons la création d'un grand parti de toute la gauche, sur la base d'Assises préalables auxquelles il incombera de définir les axes d'une refondation républicaine. Une analyse claire et partagée de ce qu'est le capitalisme financier d'aujourd'hui, est pour cela nécessaire.
Des initiatives sont prises. D'autres le seront à brève échéance. Il appartient au MRC d'être le catalyseur de ce vaste mouvement de refondation qui doit porter ses fruits à l'horizon 2012. Pour cela il ne faut pas baisser les bras mais redoubler d'ardeur, avec comme premier objectif de faire de notre Congrès des 21-22 juin au Kremlin-Bicêtre un signal fort que la gauche républicaine et donc l'espoir sont d'abord là où nous sommes.